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Toulouse,17-18ème. 2 Collèges rivaux

Toulouse (1604-1763). 2 Collèges rivaux. Suite de la chronique sur l’université de Toulouse au Moyen-âge et à l’époque moderne.

Diaporama de 15 photos (mai 2022).

Collège 1. En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance. Collège 2. Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne ont été appelés à Toulouse par l’archevêque  François de Joyeuse, et sont arrivés en octobre 1604. Par un bref du pape Grégoire XV, enregistré au Parlement de Toulouse le 1er octobre 1621, ils ont l’autorisation d’enseigner les arts libéraux.

La rivalité entre les deux Collèges s’exaspère au tournant du siècle. Elle ne s’éteint qu’en 1763 avec l’expulsion des Jésuites.

Dès le 16ème siècle, se pose la question des missions d’enseignement de l’université et de son rôle certificateur pour le baccalauréat, la licence, la maîtrise, le doctorat. Au 18ème siècle, les deux collèges toulousains ne se contentent pas de préparer au baccalauréat, mais empiètent sur les enseignements de la Faculté des arts, conduisant à l’obtention de la licence.

Les deux Collèges sont-ils des précurseurs du combat de ce blog pour la création d’Instituts d’Enseignement Supérieur (les IES en 20 propositions) ? Je le crois ! Il n’empêche que la tutelle de l’université demeure très présente au 18ème, malgré les crises que traversent les trois Facultés majeures (théologie, médecine, droit).

A la rentrée 2021, le lycée Pierre de Fermat de Toulouse, installé dans l‘ancien Collège des Jésuites, a accueilli un peu plus de 1 800 élèves dont 950 étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). La dépense par étudiant en CPGE est bien plus élevée que celle pour un étudiant inscrit à l’université. Pourquoi un tel privilège ?

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Partie 1. Le Collège des doctrinaires (1654-1792). Source : le collège de l’Esquile.

« Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne – doctrinaires et ursulines – se consacraient à la catéchèse et à l’enseignement religieux. Ils avaient l’autorisation d’enseigner les arts libéraux. Toulouse devient le siège d’une des trois provinces françaises des doctrinaires, qui ouvrent rapidement des maisons d’éducation dans la région, Ils créent d’importants collèges à Pézenas, Villefranche-de-Rouergue et Brive-la-Gaillarde.

En 1646, les capitouls songent à confier aux jésuites la direction du collège de l’Esquile, puis se tournent vers les doctrinaires auxquels ils donnent, par contrat du 1er avril 1654, un bail de quatre ans. Des travaux sont engagés durant un an pour la rénovation des bâtiments et le collège rouvre à la rentrée 1655, pour la Saint-Luc (18 octobre). Le bail sera renouvelé et sa durée augmentée : le dernier bail est signé en 1767, pour une durée de 30 ans« .

« Le personnel se compose de cinq professeurs pour les classes de grammaire, deux professeurs de rhétorique, deux de philosophie, un recteur et un économe, auxquels s’ajoutent un préfet des classes et un maître des pensionnaires. L’enseignement repose sur l’étude de la doctrine, Instruction des enfants baptisés par questions-réponses à l’usage du collège de l’Esquile de 1719. L’enseignement se poursuit dans les grandes classes par les humanités, la philosophie, l’histoire, la géographie et les sciences. Le cours de philosophie, particulièrement, fait la renommée du collège de l’Esquile. Il est ouvert aux étudiants de la faculté des Arts et même aux membres de l’élite toulousaine. L’année scolaire commence le 18 octobre et se terminait avant le 15 août. À cette occasion a lieu une joute littéraire, à laquelle sont invités le clergé, les capitouls, les parlementaires et les universitaires de la ville.

Les doctrinaires mènent plusieurs campagnes de travaux afin d’embellir et d’agrandir le collège. En 1701, ils décident le prolongement des bâtiments au sud et la construction du portail sur la rue de l’Esquile. Malgré l’opposition de l’université, car il faut détruire la salle de classe de la faculté des Arts, les travaux sont achevés en 1702« .

« Le Collège rentre rapidement en concurrence et en rivalité avec le Collège des jésuites. La popularité de l’enseignement de la philosophie par les doctrinaires attire de nombreux élèves. Mais en 1681, les jésuites obtiennent l’agrégation de leurs classes de philosophie et de théologie à l’université, et en 1689, ils font incorporer au collège une des chaires des arts de l’université, finissant de dépouiller le collège de l’Esquile de ses derniers privilèges. La rivalité des deux collèges repose sur des questions de préséance, car le collège de l’Esquile porte le qualificatif de primarium.

En 1716, les capitouls obtiennent par lettres patentes l’agrégation du collège de l’Esquile à l’université, rétablissant l’équité entre les deux collèges. C’est finalement l’interdiction des jésuites en France – le procureur du roi, Jean Gabriel Alexandre de Riquet de Bonrepos, est chargé de faire le réquisitoire devant le Parlement de Toulouse en février 1763 – qui met un terme à cette rivalité.

À la fin du XVIIIe siècle, le collège s’ouvre aux idées des Lumières : la bibliothèque s’enrichit du Journal encyclopédique de Pierre Rousseau et du Supplément à l’Encyclopédie en 1781, des œuvres de Jean-Jacques Rousseau en 1787, des Études de la nature de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre en 1789. Elle reçoit par ailleurs la Gazette de France, le Journal de Genève, le Mercure de France, la Feuille toulousaine de Baour et le Courrier d’Avignon.

En 1790, tous les professeurs de l’Esquile, sauf un, acceptent de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Un lycée provisoire est installé dans les mêmes locaux, tandis que l’enseignement s’enrichit de l’étude de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cependant, la fermeture définitive du collège de l’Esquile a lieu le 9 octobre 1792« .

Partie 2. Le Collège des Jésuites (1566-1763). Source : Pop Culture Gouv.

« En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance, et agrandissent leur domaine. Les bâtiments actuels, répartis autour de plusieurs cours, portent surtout la marque de la fin du 18e siècle et du 19e. Le grand portail datant de 1605 témoigne du goût baroquisant des mécènes d’alors.

Benoît Michel, Le collège des jésuites de Toulouse et la vie musicale toulousaine de la fin du 17ème siècle à 1762 in Anne Piéjus, Plaire et instruire, Le spectacle dans les collèges de l’Ancien Régime, Presses universitaires de Rennes, p. 271-285.

« Le théâtre, la musique et la danse, trois disciplines fondamentales dans l’éducation de la noblesse d’Ancien Régime, participaient, dans les collèges français, à l’élaboration de spectacles conçus pour les jeunes gens autant que pour un public avide de divertissement. La scène des collèges s’impose comme l’un des premiers lieux de création dramatique des XVIIe et XVIIIe siècles. Pourtant, ce répertoire, qui souffre de la disparition de nombreuses sources, est encore rarement appréhendé dans sa dimension spectaculaire. Ce théâtre hybride, souvent farci d’intermèdes chantés ou dansés, se présente comme un objet protéiforme, qui appelle une approche pluridisciplinaire ».

Partie 3. Lycée Pierre de Fermat. Source : article de Wikipédia.

« Le lycée Pierre-de-Fermat est un établissement d’enseignement secondaire et supérieur, situé parvis des Jacobins à Toulouse à proximité immédiate de la place du Capitole ».

  • Brève biographie de Pierre de Fermat, « né dans la première décennie du XVIIe siècle, près de Montauban, et mort le 12 janvier 1665 à Castres, est un magistrat, polymathe et surtout mathématicien. Il est aussi poète, habile latiniste et helléniste, et s’est intéressé aux sciences et en particulier à la physique ; on lui doit notamment le principe de Fermat en optique. Il est particulièrement connu pour avoir énoncé le dernier théorème de Fermat, dont la démonstration n’a été établie que plus de 300 ans plus tard par le mathématicien britannique Andrew Wiles en 1994″.

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1718-1720. La quadruple Alliance

Suite de la chronique. 4 janvier 1717, la triple Alliance

Partie 1. Le contexte est-européen : le conflit austro-turc (1715-1718)

Le président du conseil de guerre autrichien, le prince Eugène de Savoie (1683-1736), veut éviter le déclenchement d’un conflit en Italie. Il se préoccupe simplement de renforcer la défense de la ville de Naples aux mains des Habsbourg, mais qu’il juge menacée.

1716 (5 août). Après la défaite infligée aux Turcs (bataille de Petrovaradin) par les troupes autrichiennes commandées par le prince Eugène et la perte d’une grande partie des territoires occupés par l’Empire ottoman dans les Balkans, y compris Belgrade (27 juillet 1718), les puissances de la Triple-Alliance cherchent à arranger une paix entre l’Autriche et l’Empire ottoman afin d’engager l’Autriche dans la guerre contre l’Espagne.

1718 (21 juillet). Le traité de Passarowitz est conclu entre les deux belligérants.

Partie 2. Traité de la Quadruple Alliance (1718, 2 août).

Source 1. Article de Wikipédia.

Source 2. Aimé Richard, La Régence 1715-1723, Tallandier, Sciences humaines et sociales, 2003, 333 pages.

Bonnes feuilles de l’ouvrage, La quadruple Alliance, chapitre X1, pages 130 à 137.

Diaporama de 9 photos

L’abbé Dubois mène la négociation avec les Anglais

« Le traité est conclu à Londres entre le royaume de France, les Provinces-Unies, le royaume de Grande-Bretagne et le Saint-Empire romain germanique contre l’Espagne pour le maintien du traité d’Utrecht de 1713, de celui de Baden et la pacification de l’Italie.

Par ce traité, l’empereur Charles VI du Saint-Empire consent à reconnaître le roi d’Espagne, à condition qu’on lui remette la Sicile et que la Sardaigne soit donnée au duc de Savoie. On y convient aussi d’assurer à don Carlos la succession des duchés de Parme et de Plaisance et du grand-duché de Toscane.

Cette alliance est un accord entre les États qui aurait dû garantir l’équilibre des forces entre les puissances européennes. L’empereur Charles VI renonce à d’éventuelles prétentions sur le trône d’Espagne, se contentant d’un échange entre la Sicile, aux mains des Savoie, et la Sardaigne, et à l’arrivée d’une branche de la dynastie des Bourbons en Italie ».

Ces décisions doivent être proposées à l’Espagne à qui elles sont présentées avec la menace, en cas de refus, d’une déclaration de guerre ».

Partie 3. Guerre de la quadruple Alliance. Les batailles de 1718

« 1718 (3 Juillet). Sous le prétexte de l’hostilité du peuple sicilien à l’égard des savoyards, une armée espagnole débarque en Sicile qui appartient depuis peu au duché de Savoie et conquiert d’abord Palerme puis l’ensemble de la Sicile à l’exception de Messine qui est assiégée jusqu’en septembre. Le cardinal Alberoni conseille à Victor-Amédée II de s’unir à l’Espagne contre l’Autriche et de partager avec l’Espagne les territoires occupés.

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Tutelle financière royale à Toulouse

Dans la seconde moitié du 18ème siècle (sous Louis XV et Louis XVI), la tutelle financière royale est exercée par le Contrôleur général  des finances, qui a rang de ministre : Machault d’Arnouville (1745-1754), Terray (1769-1774), Turgot (1774-1776).

Comment s’articulent la tutelle royale et les pouvoirs municipaux (le Capitoulat) et provinciaux (États du Languedoc, Parlement) ? Cette chronique apporte des premiers éléments de réponse.

Partie A. La tutelle royale est relayée par l‘Intendant dans chacune des provinces.

Intendants du Languedoc

La résistance à une pression fiscale accrue peut être menée par la ville siège des États (Toulouse ou Montpellier), par les États (de Languedoc en l’occurrence), voire par le Parlement siégeant à Toulouse

Le trésorier de la ville est l’interlocuteur de l’Intendance.

Partie B. Toulouse et la tutelle financière royale au XVIIIe siècle : l’exemple d’une résistance (1688-1789), article de Mathieu Soula, Annales du Midi, Année 2007, 119-259, pp. 309-338. Article en ligne.

« Au cours du dernier siècle de l’Ancien Régime, la monarchie tente de rationaliser la pratique budgétaire des villes et des communautés dans l’espoir d’optimiser l’acquittement des impôts royaux, en s’appuyant prioritairement sur les intendants. Mais, à Toulouse, elle se heurte à la résistance des capitouls, jaloux de leurs prérogatives financières et peu enclins à accepter le contrôle de leur pratique budgétaire. La mainmise de l’intendant dépend surtout du degré de soumission du trésorier de la ville à son autorité. Ce rouage essentiel de l’administration capitulaire est ainsi, tout au long du XVIIIe siècle, l’enjeu d’une lutte de pouvoir à laquelle se mêle aussi le Parlement, créé au XVème ».

Bonnes feuilles de la 3ème partie de l’article (1748-1789). Une soumission négociée. Un consensus dans le choix des trésoriers (pages 331 à 338).

Début des Bonnes feuilles. « De 1748 à la Révolution, Toulouse n’a connu que deux trésoriers : Cominihan jusqu’en 1761, puis Prévost de Fenouilhet.

Leur nomination a chaque fois été l’occasion pour le pouvoir central de réaffirmer sa tutelle financière. À l’annonce de la prochaine démission d’Antoine Costos, le comte de Saint-Florentin (1705-1777) écrivit à l’intendant pour lui recommander Cominihan, homme qui a été subdélégué de l’intendance, avec une grande distinction, un grand nombre d’années sous M. de Bernage, plusieurs fois chef du Consistoire, et dans toutes les situations où il s’est trouvé, il a toujours été regardé comme un homme à talents et qui joignait à la probité et au désintéressement une capacité non commune.

Protégé par un ministre, estimé par l’ancien intendant, bon connaisseur de l’administration capitulaire pour avoir été capitoul à de nombreuses reprises (en 1719, 1728, 1739, 1740) et chef du Consistoire, Cominihan apparaissait comme l’homme idoine à une reprise en main des finances de la ville par le pouvoir central. Le Nain accéda naturellement à la requête du comte de Saint-Florentin et écrivit aussitôt aux capitouls pour leur demander de le nommer trésorier.

Joseph de Cominihan était issu d’une ancienne famille noble de Toulouse. Son arrière-grand-père, Mathieu de Cominihan, était receveur payeur général des gages. Il y eut plusieurs Cominihan avocats et docteurs en droit aux XVe et XVIe siècles, mais aussi trésoriers généraux aux XVIIe et XVIIIe siècles »…

Partie C. Le capitoulat toulousain à l’époque moderne.

« Le capitoulat de Toulouse est la forme d’administration communale qui a dirigé la ville de Toulouse aux périodes médiévales et modernes, de 1147 à 1789. Les magistrats de la ville étaient les capitouls, élus chaque année par les différents quartiers (ou capitoulats) de la ville, afin de constituer le conseil municipal ou Consistoire ».

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Cinq roués célèbres au 18ème siècle

Cinq roués célèbres au 18ème siècle. Source : extraits d’un article d’Académic.com.

Lire également la chronique du 15 mai 2022, Le supplice de la roue : Catherine d’Alexandrie

et celle du 16 mai 2022, Saint Georges, roué de coups.

« Le supplice de la roue procédait de la façon suivante : le condamné était attaché sur une croix de Saint-André pourvue d’encoches sur la longueur. À ces endroits, le bourreau frappait les membres avec une barre de fer pour les briser. Puis il défonçait la poitrine d’un grand coup. Il attachait alors le supplicié, bras et jambes repliés sous lui, sur une roue montée sur un essieu et le laissait ainsi exposé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Utilisé en Europe à partir du XVIe siècle, ce supplice fut réservé aux criminels depuis environ 1535 en France ; auparavant, ils étaient exécutés sur le bûcher qui, à partir de cette époque, fut réservé aux hérétiques. La roue fut le supplice réservé aux brigands, dont un exemple peut être Louis Mandrin en 1755.

Le 6 octobre 1791, l’Assemblée nationale votera le code pénal qui dispose, dans ses articles 2 et 3 de son titre premier, que « La peine de mort consistera dans la simple privation de la vie, sans qu’il puisse jamais être exercé aucune torture envers les condamnés » et que « Tout condamné à mort aura la tête tranchée », abolissant ainsi définitivement l’usage de la roue ».

Roués célèbres au 18ème siècle

1721 : Louis Dominique Cartouche, chef de bande de la cour des miracles, roué vif en place de Grève.

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1755 : Louis Mandrin, célèbre brigand, roué vif à Valence.

1762 : Jean Calas, accusé (à tort) d’avoir assassiné son fils, roué vif place Saint-Georges à Toulouse.

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Les Imlin : une dynastie d’orfèvres

« Strasbourg est un centre important de production d’orfèvrerie durant le 18ème siècle. Cette production était destinée aux familles aristocratiques allemandes, Hanau-Lichtenberg ou Hesse-Darmstadt, mais certaines pièces à usage liturgique partaient en Angleterre ou ailleurs en Europe.

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L’afflux d’une société aristocratique venant occuper des postes militaires ou civils, créés depuis l’annexion de Strasbourg en 1681, eut pour conséquence les commandes de nécessaires de toilette, de couverts armoriés, d’écuelles à bouillon, de nécessaires de chasse, livrés en général dans d’ingénieux écrins de cuir, autre spécialité strasbourgeoise ».

Quatre parties dans cette chronique :

  • La maison Imlin (30 place Kléber). Diaporama de 20 photos.
  • Les Imlin, orfèvres.
  • Un portrait de la famille Imlin.
  • La corporation de l’Échasse.

A. La maison Imlin, 1748-1749, style Rocaille strasbourgeois;

« Les ateliers les plus réputés sont aux mains de dynasties familiales, comme celles des Imlin, des Kirstein, des Fritz, dont les échoppes sont concentrées en principe dans la rue des Orfèvres et dont les demeures d’habitation sont parfois fort belles, telle la maison des Imlin, 30 place Kléber, édifiée en 1748 dans le style rocaille strasbourgeois« .

La maison Imlin fait partie des 39 édifices strasbourgeois, construits au 18ème siècle et photographiés par mes soins. Cliquer ici pour découvrir ces édifices dans quelques dizaines de chroniques et quelques centaines de photos.

B. Les Imlin. Source : extraits d’un article de Wikipédia.

« Plusieurs membres de la famille sont connus comme orfèvres d’art à Strasbourg, certaines de leurs œuvres inscrites aux Inventaire du Patrimoine culturel se trouvent dans des églises ou des musées, notamment au musée des arts décoratifs de Strasbourg.

Jean-Louis Imlin I (1663-1720), orfèvre.

Jean-Louis Imlin II (1694-1764), époux de Marie Boch, père de Jean-Louis III et grand-père de François Daniel, est reçu maître en 1720.

Jean Louis Imlin III, fils de Jean-Louis II Imlin, reçu maître orfèvre à Strasbourg en 1746, et actif jusqu’à sa mort en 1768 (ou 1769).

  • Jean Henri Alberti, qui était employé d’Imlin entre 1756 et 1764 a tenu l’atelier après la mort de Jean Louis, jusqu’à ce que François Daniel Imlin devienne orfèvre. Aussi, plusieurs objets qui portent le poinçon de Jean Louis sont-ils posthumes. Ainsi, un calice d’argent réalisé par son atelier et daté de 1779 se trouve-t-il dans les collections du Victoria and Albert Museum.

François Daniel Imlin, petit-fils de Jean-Louis II Imlin, neveu de Jean-Louis III.

Emmanuel Frédéric Imlin, né en 1757, devient maître orfèvre en 1780″.

C. Un Portrait de la famille Imlin. Source : extrait d’une notice des Musées du Grand-Est.

Scheibner, vers 1818, Verre églomisé, Largeur : 28, Hauteur : 23, Musée Historique de Strasbourg.

« Ce portrait de famille du dernier orfèvre connu de la dynastie des Imlin a été réalisé selon la technique des églomisés par Fr. W. Scheibner (né Potsdam en 1786). Les portraits des deux parents se détachent sur un fond d’or et sont encadrés par une frise de fleurs et feuilles dorées sur fond noir. Les silhouettes en noir de leurs 6 enfants s’inscrivent dans un médaillon ovale doré entourant le portrait des parents, le tout se détachant sur un fond noir.

L’auteur a rendu avec beaucoup de finesse les détails du costume, des bijoux et de la coiffure de chaque silhouette. La délicatesse du trait est rare dans l’art de la silhouette qui se répand au milieu du 18ème siècle et est considéré comme l’ancêtre de la photographie. Elle s’explique probablement par le statut social et la profession d’Emmanuel Frédéric Imlin qui a fait appel à un maître particulièrement raffiné pour effectuer ce précieux portrait ».

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1er mai 2022, manif à Strasbourg

Depuis 2009 et chaque année, chroniques et photos du blog dédiées à la manifestation du 1er mai à Strasbourg.

Temps maussade, 14 degrés. Départ de la place Kléber. Fin de la manif : place Broglie, deux heures plus tard.

Diaporama de 48 photos.

La bannière « Résistance » a déjà servi. Quiz : en quelle année ?

Celle pour la retraite à 60 ans est nouvelle. Mais il ne s’agit pas d’une bannière syndicale mais d’une bannière portée par des jeunes affiliés ou sympathisants d’un des partis de gauche.

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1 500 participants selon les nouvelles données à la radio à 13 heures.

Je me rends compte que d’une manif à l’autre depuis 2009, la première partie du défilé, celle conduite par les syndicats, est devenue minoritaire, faute d’être intersyndicale (absence de drapeaux de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC, du SNPTES). Parmi les présents, les militants cégétistes demeurent les plus nombreux. Les autres, militants de FO, de Sud-Solidarité, de l’UNSA, du SNES et de ses différentes branches, ne font pas masse.

Les salariés d’une entreprise privée (une seule), syndiqués à la CGT, affichent leurs objectifs, leurs revendications : Punch Powerglide. La formulation est offensive : ils demandent un partage équitable de la bonne santé de l’entreprise.

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Qui succédera à P. Mutzenhardt ?

Pierre Mutzenhardt a été élu président de l’université de Lorraine une 1ère fois en mai 2012, une 2nde fois en mai 2017. Toutes les chroniques d’Histoires d’universités sur Pierre Mutzenhardt. Photos.

« De nouvelles élections des conseils centraux de l’Université de Lorraine ont eu lieu mardi 5, mercredi 6 et jeudi 7 avril 2022 sur la plateforme en ligne.

Le 23 mai 2022, sera élu le nouveau président de l’Université. Seuls les 30 administrateurs participent à son élection : 20 membres du CA élus (dont 4 étudiants élus le 24 mars 2021) ; 10 personnalités désignées : 7 par les directeurs de collégium et de pôle scientifique, 3 par la Région Grand Est, l’Eurométropole de Metz et la Métropole du Grand Nancy ».

Les résultats des élections de 2022 aux Conseils centraux

Ils sont publiés sur Factuel, le Journal d’information en ligne.

Ils ne sont en aucun cas des procès verbaux réglementaires, distincts selon les trois collèges électoraux (2 pour les enseignants, 1 pour les personnels BIATSS). L’opacité de Factuel sur les résultats explique mon choix d’en faire un Billet d’humeur.

Certes, présenter également les résultats selon les deux grands sites géographiques (Nancy et Metz) aurait attiré l’attention sur les tensions passées et présentes entre les deux métropoles lorraines.

Les PV réglementaires doivent exister mais ils ne sont pas accessibles au commun des mortels. Le service d’authentification fait barrage. Pourquoi ?

Le monde économique, le monde politique, les citoyennes et les citoyens ne sont-ils pas sommés régulièrement de se mobiliser davantage pour l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation ?

Sur Factuel : « 6 920 électeurs étaient appelés à voter (personnels administratifs, enseignants, chercheurs et enseignants-chercheurs). Près de 60 % des personnels ont participé à ce scrutin. L’Université de Lorraine, avec son statut de grand établissement (décret du 22 septembre 2011), renouvelle ses conseils tous les 5 ans ».

Ce taux moyen de participation (près de 60% des personnels) est faible. Il l’est d’autant plus  que le scrutin a duré 3 jours et qu’il s’est déroulé sur une plate-forme en ligne. Il cache en fait des différences importantes de taux de participation dans les collèges enseignants (A et B) et BIATSS. Dans les universités, ce sont les enseignants et chercheurs de rang A (professeurs et directeurs) qui votent le plus (des scores de plus de 75% voire 80% sont banals). Qu’en a-t-il été chez les rangs A de Nancy et de Metz ?

Sur Factuel. « Dans le cadre de ces élections universitaires, les personnels de l’Université de Lorraine ont élu les nouveaux représentants du Conseil d’Administration, du Conseil Scientifique, du Conseil de Formation, Conseil de la Vie Universitaire, Sénat Académique.

Les résultats des élections au scrutin de liste avec répartition des sièges restant à la représentation proportionnelle au plus fort reste des membres du Conseil d’Administration :

  • La liste Avec Hélène Boulanger, pour une Université de Lorraine Solidaire, Ambitieuse et Responsable soutenue par SGEN-CFDT obtient 7 sièges sur 30 ;
  • La liste Confiance 2022 portée par Christophe Schmitt, candidat à la Présidence de l’université obtient 3 sièges ;
  • La liste UL-Ensemble avec Jean-Marc MARTRETTE obtient 2 sièges ;
  • La liste ESPOIR- Enseignement supérieur public ouvert, inclusif et rassembleur soutenue par CGT FERC Sup, SNESUP, SNASUB, SNCS, SUD-Education obtient 2 sièges ;
  • La liste EQUILIBRE obtient 0 siège ;
  • La liste SNPTES obtient 1 siège ;
  • La liste PERSONNELS BIATSS, MOBILISONS-NOUS pour ne plus être les 50% d’oubliés de l’université de Lorraine soutenue par UNSA ITRF BIO – A&I UNSA – SNIES UNSA EDUCATION obtient 1 siège ».

Deux candidats à la succession du Président Pierre Mutzenhardt

Christophe Schmitt (la liste qui le soutient a obtenu 3 sièges au Conseil d’administration), Hélène Boulanger (7 sièges au CA).

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1748. Saxe et Lowendal, maréchaux

1748. Maurice de Saxe et Ulrich Woldemar de Lowendal, maréchaux de Louis XV.

Jean-Pierre Bois, Maurice de Saxe et Ulrich Woldemar de Lowendal, deux maréchaux d’origine étrangère au service de Louis XV, Revue Historique des Armées, 255 | 2009,  pp. 3-14. Source : extraits de l’article en ligne sous openedition.org.

Maurice de Saxe par François Rude, 1838, plâtre (surmoulage), musée Rude (Dijon)

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« Maurice de Saxe (1696-1750) et Ulrich Woldemar de Lowendal (1700-1755), maréchaux du roi Louis XV, sont deux parfaits modèles du service étranger dans l’armée royale. Leurs vies et leurs carrières sont étonnamment comparables. Le premier saxon, le second danois, d’ascendance illégitime, ils choisissent le service au profit d’un prince étranger, démarche commune aux grandes familles princières ou nobiliaires au XVIIIe siècle.

Ulrich Woldemar de Lowendal, in Wikipédia

L’un et l’autre ont parcouru l’Europe avant de choisir la France, Maurice de Saxe en 1720, Lowendal en 1743. Ils sont ensemble les vainqueurs des plus grandes campagnes de la guerre de Succession d’Autriche, à l’apogée de leur art, Maurice de Saxe à Fontenoy, mai 1745, victoire qui provoque l’admiration, et Lowendal au siège de Berg-op-Zoom en septembre 1747, qui provoque l’indignation après une mise à sac furieuse.

La jalousie des gens de cour et leur enrichissement personnel alimente aussi bien des critiques. L’un et l’autre donnent une image réussie de la conduite de la guerre avant le temps des armées nationales ».

Plan de l’article

Deux princes bâtards au service en Europe, puis en France

Les deux vainqueurs de la guerre de Succession d’Autriche : Fontenoy (1745) et Berg-op-Zoom (1747)

« Déçus l’un et l’autre par les clauses de la paix d’Aix-la-Chapelle qui oblige à abandonner leur conquête, ils se placent en retrait de la vie de cour, que ni l’un ni l’autre n’ont jamais aimée, que ce soit à Versailles, Marly ou Fontainebleau. Maurice de Saxe et son complice Lowendal sont exilés, écrit d’Argenson. Ils préfèrent les chasses autour du domaine de Chambord, et pour Maurice de Saxe plus que pour Lowendal, qui a acheté le château proche de La Ferté-Saint-Aubin, à portée aussi du château de Ménard où ils peuvent rencontrer la marquise de Pompadour, la fréquentation assidue d’actrices et de courtisanes qui égayent l’ennui d’une vie maintenant éloignée des champs de bataille.

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1748. Siège de Maastricht

Siège de Maastricht (avril-mai 1748). Source : texte et illustrations de l’article de Wikipédia.

« Contexte général en 1747-1748. La guerre de Succession d’Autriche, commencée en 1740, est dans sa dernière phase. Des ouvertures de paix ont été transmises à Louis XV par Kaunitz, au nom de l’Autriche, dès la chute de Berg-op-Zoom à la fin de 1747″.

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« Les Hollandais redoutent une invasion de leur pays, les Anglais ne veulent plus continuer à financer une guerre coûteuse et perdue, et l’arrivée d’un corps de secours russe que l’impératrice Élisabeth s’apprête à envoyer à Marie-Thérèse d’Autriche inquiète autant les alliés que les Français.

Néanmoins, les premières ouvertures de paix ne sont suivies d’aucun accord. A Versailles, on décide au printemps 1748 de dénouer ce nœud diplomatique par une ultime effort militaire : le siège de la grande place hollandaise de Maastricht »…

… « Le siège de Maastricht. Une armée française placée sous le commandement du maréchal de Saxe et du maréchal de Lowendal assiège et capture la forteresse batave de Maastricht au cours des derniers mois de sa campagne aux Pays-Bas. Après un siège relativement long, la garnison de Maastricht capitule et sort de la ville avec les honneurs de guerre. Maastricht est rendue en même temps que les conquêtes françaises en Pays-Bas autrichiens conformément au Traité d’Aix-la-Chapelle signé en 1748″…

… « Le 29 avril 1748, Maurice de Saxe juge venu le moment d’en finir et de lancer l’attaque générale. Maastricht doit être enlevée au canon et à l’escalade des remparts, ce qui signifie qu’elle va subir le même sort que Berg-op-Zoom l’année précédente : le pillage et l’anéantissent de sa garnison.

L’assaut, cependant, n’aura pas lieu. Le même jour, l’accord s’est fait sur les préliminaires de paix. Aussitôt, lord Sackville, aide de camp du duc de Cumberland, porte au maréchal-général une proposition de reddition sans combat, pour épargner le sang. Maurice de Saxe accepte, Ayla signe la capitulation le 7 mai, après avoir consulté Guillaume d’Orange, le stathouder.

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Campus Condorcet. Balaudé écarté

Vendredi 1 Avril 2022, Jean-François Balaudé, Président de l’Établissement Public Campus Condorcet, a adressé un courriel à tous les personnels : Nouvelles concernant les instances de l’EPCC.

Décret n° 2017-1831 du 28 décembre 2017 relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’établissement public Campus Condorcet :

  • Article 6. Le conseil d’administration comprend huit personnalités qualifiées désignées de façon paritaire entre le nombre d’hommes et de femmes par le président de l’établissement après avis des autres membres du conseil.
  • Article 8. Le président de l’établissement public est élu à la majorité absolue des membres en exercice du conseil d’administration parmi les administrateurs, sur proposition des établissements et des organismes membres, pour un mandat de quatre ans. Il ne peut pas exercer plus de deux mandats consécutifs.

Décret no 2021-1315 du 8 octobre 2021 relatif à l’établissement public Campus Condorcet dans le cadre de la loi no 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à
2030.

  • S’agissant de sa gouvernance, l’établissement public Campus Condorcet est administré par un conseil d’administration et dirigé par un président, lesquels sont assistés par un conseil scientifique.
  • Le président de l’établissement, suppléé par un directeur général dans l’exercice de la fonction d’ordonnateur, est désormais nommé par décret pris sur le rapport des ministres de tutelle ;
  • ces derniers siègent au conseil d’administration
  • et désignent les personnalités qualifiées siégeant au conseil d’administration.

Point très important : un changement décisif concernant la liste des personnalités qualifiées : celles-ci ne sont plus désignées par le président de l’établissement après avis des autres membres du Conseil d’administration mais par les ministres de tutelle. Une centralisation étonnante qui va à l’encontre d’une autonomie minimale de l’établissement.

Partie 1. Deux extraits du courriel du Jean-François Balaudé. Chroniques d’Histoires d’universités sur l’ancien président de l’université Paris-Nanterre.

Paragraphe 1 du courriel. « Dans le nouveau cadre statutaire de l’EPCC, le CA est constitué d’élus, de représentants des membres, de représentants institutionnels, de personnalités qualifiées désignées par le ministère, et de 2 représentants de l’État« .

Paragraphe 4. « Bien que cette liste de Personnalités qualifiées ne soit pas encore stabilisée, j’ai été informé que je n’en ferais pas partie. Par conséquent, mon mandat en cours s’achèvera le jour où le nouveau président sera nommé par décret ».

Commentaire. Pour être élu président de l’EPCC, il faut être administrateur (sur ce point, le décret de 2021 ne change pas celui de 2017). Le président actuel de l’EPCC ne peut être futur administrateur qu’en tant que personnalité qualifiée. Il dit qu’il a été informé qu’il ne figurerait pas dans la liste de ces personnalités.

Il est donc privé d’une possibilité de réélection à la présidence du campus Condorcet sans que l’on sache ce que les ministres de tutelle lui reprochent. La démocratie universitaire n’est plus qu’un ersatz ; la clique des princes et consorts étend sa toile asphyxiante.

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