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Épitaphes pour Schoepflin et Koch

Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771) et Christophe-Guillaume Koch (1737-1813) ont été professeurs d’Histoire à l’Académie de Strasbourg.

Jean-Daniel Schoepflin. Cliquer sur les images pour les agrandir

Le second a succédé au premier, après en avoir été l’assistant et le bibliothécaire. Ils sont morts au même âge, 76 ans, et bénéficient tous deux d’un  monument funéraire dans l’église protestante de Saint-Thomas à Strasbourg.

Christophe-Guillaume Koch

Diaporama de 18 photos de Pierre Dubois (juin 2021).

Source de la chronique. Jean Arbogast, Christophe Hamm (photographie), Épitaphes et monuments funéraires de l’Eglise Saint-Thomas, Strasbourg, éditions du Signe, octobre 2013, 144 pages, 20 euros. Une dizaine de monuments concernent des personnalités actives au 18ème siècle (certaines le sont encore au début du 19ème).

4ème de couverture. « L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite une riche collection de monuments funéraires et épitaphes, dont le visiteur pressé ne soupçonne pas l’intérêt historique et religieux. À son intention, le pasteur Jean Arbogast, entouré de quelques amis, a entrepris d’en dresser l’inventaire et d’en décrypter les messages. Cette publication soutenue par le Chapitre de Saint-Thomas contient :  

Quelques repères historiques concernant les rites de la mort et leur évolution en Alsace depuis la période romaine jusqu’à la fin du XlXème siècle.

Une présentation chronologique de chaque monument avec reproduction photographique, transcription des épitaphes, traduction du texte en français, commentaires et indications bibliographiques.

Une brève analyse des structures des épitaphes pour comprendre les modes de communication, suivre l’évolution des pratiques et saisir l’importance des engagements du Chapitre de Saint-Thomas au service de l’éducation, et l’implication culturelle, politique et religieuse de ses membres les plus éminents.

Un tableau récapitulatif des emplacements des monuments, suivi d’un plan ».

A. Monument funéraire du professeur Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771)

Source : article de Wikipédia.

« L’œuvre principale de Schoepflin est l’Alsace Illustrée en deux volumes, associé à l’Alsace diplomatique, tous deux écrites en latin. Par son exhaustivité et la rigueur de ses démonstrations, elle constitue la plus importante compilation de données sur l’histoire alsacienne et reste aujourd’hui une référence, même si des découvertes postérieures ont permis d’en contester ou compléter certaines parties.

Schoepflin meurt le 7 août 1771 à Strasbourg, sans avoir pu exécuter son Alsace sacrée et son Alsace littéraire« .

L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite son monument funéraire. « Au centre d’un ensemble architectural en grès, une grande urne sépulcrale en marbre blanc repose sur un piédestal orné du portrait de Schoepflin, entre deux colonnes corinthiennes cannelées surmontées d’un fronton circulaire. Le médaillon est l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Pertois (1733-1812) ».

Épitaphe

à Jean-Daniel Schoepflin, enseveli en ce lieu, à l’initiative des premiers de la cité,

Sophie Elisabeth, sa sœur et héritière, fit ériger ce monument.

Il est décédé le 7 août de l’année du Christ 1771, à l’âge de soixante-seize ans, et onze mois.

B. Monument funéraire de Christophe-Guillaume Koch (1737-1813). Chronique du blog.

Source sur le monument funéraire et l’épitaphe : Jean Arbogast, op. cité, pp 96-97.

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Goethe et Koch (1737-1813)

Goethe (1749-1836) et Koch (1737-1813).

Goethe est inscrit en licence de droit à Strasbourg entre avril 1770 et août 1771. Il suit des cours de Koch, assistant de Schoepflin, professeur d’Histoire à l’université.

Schoepflin meurt le 7 août 1771 (à l’âge de 76 ans). Durant son séjour, Goethe a-t-il eu l’occasion de rencontrer le vieux professeur avant de rentrer en Allemagne ?

Portrait de Christophe-Guillaume Koch, anonyme d’après Robert Lefèvre, après 1807.

Notice de la gravure : Koch (33 ans en 1770) fut l’ami et le condisciple de Goethe (21 ans en 1770) durant ses études à Strasbourg, avant de devenir juriste et professeur à Strasbourg.

Source : Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

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« Christophe-Guillaume Koch est un juriste, universitaire et homme politique alsacien. Source : Article de Wikipédia. Il naît en 1737 à Bouxwiller dans une famille luthérienne au service de la régence des Hesse-Darmstadt qui ont succédé au dernier comte de Hanau-Lichtenberg, décédé sans héritier mâle.

1750. Études aux gymnases protestants de Bouxwiller puis de Strasbourg, où résident ses parents à partir de 1750.

1752-1762. Il étudie l’histoire et le droit à l’Université luthérienne de cette ville. Licencié en droit, il séjourne à Paris où il se perfectionne en français, fréquente la Bibliothèque Royale et divers savants.

1762. Docteur en Histoire. Commentatio historico-juridica de collatione dignitatum ac beneficiorum ecclesiasticorum in Imperio romano-germanico, 1762 (lire en ligne).

Élève, disciple et collaborateur pendant huit ans de Jean-Daniel Schoepflin, son cousin, Christophe-Guillaume est nommé bibliothécaire de la ville de Strasbourg.

Comme l’indique la liste des professeurs d’Universitas Argentinensis (ci-dessous), Schoeplin, de 1746 à 1756 est professeur d’Histoire et professeur d’Éloquence (son assistant, Lorentz, lui succède en 1756 sur la chaire d’Éloquence). De 1746 à la date de sa mort, Schoepflin (76 ans en août 1771) est seul professeur d’Histoire de l’université. Koch qui était également son assistant n’obtient cette même chaire d’Histoire qu’en 1772 et non sans mal (extrait du livre de Voss)

Extrait de Jean-Daniel Schoepflin. Un Alsacien de l’Europe des Lumières. par Jürgen Voss, 1999.

1772. Koch succède à Schoepflin à la direction de l’École diplomatique de la ville et y enseigne le droit public, le droit international et l’histoire des traités et des systèmes politiques à de jeunes nobles de toute l’Europe.

Il est nommé professeur extraordinaire de droit public à l’Université protestante de Strasbourg.

1773. Il obtient le doctorat en philosophie.

1776. Obtention du doctorat en droit.

1787 à 1788. Il est recteur de l’Université.

La révolution de 1789 ouvre une parenthèse politique dans la vie universitaire de Koch.

1792. A 55 ans,  il devient professeur titulaire d’histoire politique et de droit public et chanoine du chapitre de Saint-Thomas.

1802. Table des traités entre la France et les puissances étrangères : depuis la paix de Westphalie jusqu’à nos jours ; suivie d’un Recueil de traités qui n’ont pas encore vu le jour (lire en ligne).

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S. Werner (1720-1775), architecte

Suite des chroniques d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle.

Samuel Werner (1720-1775). Architecte de la Ville de Strasbourg et du Chapitre Saint-Thomas de 1770 à 1775. Source : citations d’Archi-wiki.

Samuel Werner (source : BNUS). Légende corrigée : merci pour le signalement

Samuel Werner est architecte de la ville depuis 1770 quand il fait construire la Maison des orphelins (1772-1775). Celle-ci deviendra le siège de l’Académie (appellation de l’université) à partir de 1824. Aujourd’hui ce bel édifice néo-classique du 18ème accueille le Lycée professionnel Jean-Frédéric Oberlin.

Diaporama de 13 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

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1720. Né à Strasbourg le 7 février, fils de Jean-Jacques Werner, maréchal-ferrant et de Catherine Marguerite Frantz.

1743 (23 ans). Mariage à l’église Saint-Pierre-le-Jeune avec Marie Marguerite Fischer, 11ème enfant de Laurent Fischer, aubergiste au Paysan Bleu et de sa deuxième épouse Anne Marie Schweighaeuser. Lors de son mariage, il est décrit comme tailleur de pierre et maçon ainsi que bourgeois.

1745 (25 ans). Échevin de la tribu des Maçons.

1757 (37 ans). Maître d’œuvre du « Mauerhof », il succède à François Pierre Pflug, inspecteur des Bâtiments de la Ville.

Il acheva d’abord l’ancien Hôtel de la tribu des Marchands, dit Poêle du Miroir (aujourd’hui maison Mozart) au 29, rue des Serruriers, commencé par son prédécesseur dans le style fleuri du rococo strasbourgeois. Cf. chronique du blog  1757-1759. Le Poêle du Miroir.

1760 (40 ans). Il construit sur ses propres plans la Maison de la Taille (2, rue du Vieux-Marché-aux-Grains), dans un style plus apaisé, si l’on fait abstraction de l’étonnant ondoiement des entablements de fenêtres du premier étage.

1763 (43 ans). Werner opte pour un parti plus classicisant : l’Hôtel Waldner de Freundstein (17, rue des Charpentiers) surprend par son austérité après les grâces et les opulences du rococo strasbourgeois.

1765 (45 ans). En dehors de Strasbourg, il reconstruit, avec des réemplois gothiques, l’église protestante de Schiltigheim.

1770 (50 ans). On lui confère le titre d’architecte de la Ville.

Il est également l’auteur des décorations éphémères (arcs de triomphe et portiques) élevées pour la réception de Marie Antoinette.

1772-1775 (52-55 ans). Maison des Orphelins (ou des enfants trouvés), aujourd’hui Lycée professionnel Oberlin, au n° 4 rue de l’Académie.

  • Plan classique en fer à cheval, retour à un décor d’une grande sévérité qui annonce le néo-classicisme.
  • A partir de 1824, l’Université de Strasbourg y est installée sous le nom d’Académie.
  • Louis Pasteur y donne des cours de 1848 à 1854.

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Académie Royale d’Architecture

L’Académie Royale d’Architecture a été créée en 1671 et supprimée en 1793. Source principale de la chronique : larges extraits de Wikipédia. En page 2 de cette chronique : liste des directeurs, des secrétaires généraux, des professeurs.

1671. L’Académie royale d’architecture est créée le 30 décembre par Louis XIV. Inspirée par Jean-Baptiste Colbert, elle a eu, pour premier directeur, l’architecte et théoricien François Blondel (1618-1686), architecte de la ville de Paris.

1692. Établie d’abord au Palais-Royal puis au Louvre, elle comporte une école d’architecture (chronique à venir).

L’académie se réunit une fois par semaine, discute des points techniques qui lui sont soumis, donne son avis sur des édifices quand il lui est demandé, fait la lecture des écrivains qui font autorité en architecture, les commente et les discute : Vitruve, Palladio Philibert de l’Orme, Scamozzi, Alberti, Serlio. Dès ses premières séances, elle a cherché à savoir s’il y avait des lois fixes pour le beau et traita du Bon Goust en architecture.

Pendant quarante-six ans, le roi donne des brevets à ceux qu’il juge dignes d’entrer dans cette compagnie, dont son premier architecte était le directeur (chronique à venir).

1699. Le 4 mai, le Surintendant des Bâtiments Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) réunit l’Académie.

Mansart peint par Rigaud (source Wikipédia). Cliquer sur les images pour les agrandir
  • Lire aussi Hyacinthe Rigaud in Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

Mansart fait part de la décision du roi de rétablir l’académie dans son premier état, à savoir:

  • sept architectes : Robert de Cotte, Pierre Bullet, Pierre Delisle-Mansart, Jacques V Gabriel, Thomas Gobert, Pierre Lambert, Pierre Le Maistre, avec Philippe de La Hire, professeur, et Jean-François Félibien, secrétaire.

mais en créant une seconde classe de dix architectes :

  • Pierre Cailleteau dit Lassurance, Nicolas II Delespine, Mathieu, Antoine Desgodets, Le Maistre le jeune, Jean-Baptiste Bullet de Chamblain, François Bruand, Cochery, Armand Claude Mollet, Pierre Gittard fils.

1717. Le duc d’Antin (1665-1736), surintendant des bâtiments royaux, fait confirmer l’Académie d’architecture par lettres patentes, avec des statuts et un règlement qui lui confère le droit de recruter par élection.

Le nombre des académiciens passe de 8 à 24, avec deux classes, la première composée de dix architectes, d’un professeur et d’un secrétaire, et la deuxième de douze architectes.

  • Lire aussi. 1671-1726. Cinquante années de l’Académie Royale d’Architecture
  • Procès-verbaux de l’Académie royale d’architecture (1671- 1793), publiés pour la Société de l’histoire de l’art français, sous le patronage de l’Académie des Beaux-arts, par Henry Lemonnier. T. I-IV (1671-1726), Journal des Savants, Année 1915, 10, pp. 445-460.

1728. La seconde classe est augmentée de huit membres.

1756. Elle en perd quatre qui passent dans la première.

1767. L’Académie est supprimée par le roi le 2 octobre, pour avoir protesté contre la nomination illégale de Charles de Wailly directement dans la première classe, sans avoir fait partie de la seconde, contrairement aux statuts de l’académie. Mais elle est rétablie peu après.

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1780. Paucton, père de la métrologie

Source : citations de Alexis Paucton (1732-1798), un mécontent, et un père de la métrologie scientifique moderne ; calculateur du Bureau du Cadastre de Gaspard Prony et pour la Connaissance des temps de 1794 à 1798, par Guy Boistel (Centre François Viète, université de Nantes), 12/03/2021. Publié dans Les procès-verbaux du Bureau des longitudes. Un patrimoine numérisé (1795-1932).

1732. Alexis Paucton est né le 10 février, en Mayenne près de Lassay, d’une famille très modeste. Remarqué par un ecclésiastique, c’est à partir de ses 18 ans qu’il fit ses études de mathématiques et de pilotage à Nantes où il dut manifester quelques talents. Puis il se rendit à Paris où il gagna sa vie en tant que précepteur.

1768. Il publie une Théorie de la Vis d’Archimède, peut-être destinée à concourir pour un prix proposé par l’Académie de Berlin.

1780. Il se fait très certainement connaître de l’Académie des sciences par son traité modèle, Métrologie ou Traité des mesures, poids et monnoies des anciens peuples & des modernes, dans lequel il défend l’idée d’une base métrologique commune partagée par les peuples anciens, idée forte de l’époque. En outre, Paucton suggère de rattacher les étalons métrologiques à des quantités prises dans la nature et propose un étalon de longueur lié de manière simple à la circonférence terrestre. Cet ouvrage forge la métrologie scientifique. Il est attesté que Lalande a contribué à cet ouvrage et l’a sans doute même encouragé.

1781. Il publie une Théorie des Lois de la Nature ou la Science des causes et des effets, suivie d’une dissertation sur les Pyramides d’Égypte dans lequel il poursuit ses considérations sur les normes de mesures antiques et tente de montrer que la coudée pharaonique se rattachait au degré de méridien terrestre.

La source du Bureau des Longitudes et la source Wikipédia ne mentionnent pas l’année de nomination de Paucton au professorat à Strasbourg. Elles divergent dans l’interprétation.

  • 1ère source. Ses qualités remarquables lui permettent d’obtenir une chaire de mathématiques à l’Université de Strasbourg.
  • 2nde source. Tous ses travaux améliorèrent peu la situation de Paucton ; il obtint seulement une chaire de mathématiques à Strasbourg.
  • Cette divergence est permise par une lacune documentaire : L’abbé Angot a fait faire des recherches infructueuses à Strasbourg par MM. Bezard pour y retrouver les traces du professorat d’Alexis Paucton.

1792-1793. La place de Strasbourg ayant été menacée d’un blocus par les Autrichiens, et le Magistrat ayant ordonné aux habitants de se pourvoir de vivres pour le temps du siège, ou de quitter la ville, Paucton, qui n’avait pas de quoi acheter des provisions d’avance, fut obligé de sortir de la ville avec sa femme et ses trois enfants.

Il se rend alors à Dôle où il trouve un emploi de précepteur chez un particulier dans des conditions déplorables qu’il fustige dans un opuscule intitulé Défense contre le citoyen F.

1794. Paucton se fâche avec son logeur qui veut le payer en assignats hors de cours, ce qui anéantit son salaire et le plonge dans une grande maladie.

De retour à Paris, il est recruté par Gaspard Prony pour calculer au Bureau du Cadastre dans l’ombre de Cornelier-Lémery et aux côtés des futurs calculateurs du Bureau, Jean-Baptiste Marion et Charles Haros.

1796. D’une certaine manière « père » de la métrologie moderne, évoluant au beau milieu de la révolution métrologique et de la réforme des poids et mesures, Paucton est dans la foulée élu membre associé non résidant de la section des Arts méchaniques de la 1ère Classe de l’Institut national, le 28 février 1796 (9 Ventôse an IV) et reçoit un secours de 3 000 francs de la Convention.

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Histoires d’universités a 12 ans

Le blog Histoires d’universités a 12 ans : 8ème saison en cours, près de 5 900 chroniques.

6 janvier 2009 : 1ère chronique du blog. J’y présentais aux établissements, à leurs personnels et à leurs étudiant(e)s mes Vœux pour l’année nouvelle (texte ci-dessous).

Début 2021, dans le contexte de la terrible pandémie en cours, que souhaiter aux uns et aux autres ? Tout faire pour garder la santé ou la retrouver ! Tout faire pour que l’enseignement supérieur puisse obtenir les conditions les meilleures pour remplir les missions confiées par la loi !

Article L. 123-3 du code de l’éducation : les missions du service public de l’enseignement supérieur sont :

  1. La formation initiale et continue ;
  2. La recherche scientifique et technologique, la diffusion et la valorisation de ses résultats ;
  3. L’orientation et l’insertion professionnelle ;
  4. La diffusion de la culture et l’information scientifique et technique ;
  5. La participation à la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  6. La coopération internationale.

Je ne crois pas que l’invitation du président de l’Université de Lorraine à participer, le 12 janvier 2021, à une cérémonie interactive 100% en ligne soit utile pour retrouver les conditions les meilleures pour l’exercice des missions énoncées ci-dessus. Le 100% en ligne est un ersatz de la cérémonie traditionnelle en présentiel. Et pourquoi ce slogan provocateur, ridicule ? Avec vous, faisons dialoguer les savoirs.

Texte de mes Vœux 2009. Les enseignants et les personnels techniques et administratifs ont élu en 2008 les conseils de l’université dans laquelle ils travaillent, conseils réformés par la loi Libertés et Responsabilités des Universités d’août 2007. Leurs représentants au conseil d’administration ont élu un président au pouvoir renforcé, pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Les conseillers, élus selon un scrutin de liste, se sont engagés sur un programme.

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18ème. Déclin de la maîtrise ès Arts

Boris Noguès, La maîtrise ès arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Rites universitaires, épreuves scolaires et usages sociaux d’un grade, in Histoire de l’éducation, 124 | 2009, Institutions et pratiques scolaires dans la longue durée (XVIe-XIXe siècles), p. 95-134.

L’article de Boris Noguès démontre une rupture dans la gouvernance du cursus universitaire au cours de l’époque moderne. La maîtrise ès Arts n’est plus sous le contrôle de la corporation universitaire, représentée par le Recteur élu ; elle passe sous la coupe du Chancelier de l’évêque. Le contrôle de l’église sur la collation des grades et les carrières professionnelles des diplômés auront raison de la collégialité des maîtres et de l’autonomie des universités à la mode médiévale. C’est ainsi l’église qui précipite la mort des universités ; c’est elle qui donne le champ libre à la Révolution pour décréter la fin des corporations (Loi Allarde de 1791, Loi Le chapelier de 1792), entrainant la fermeture des universités et la disparition de la maitrise (celle-ci ne réapparaitra qu’avec la réforme de 1966).

Extraits de l’article. « Quelles fonctions remplit la maîtrise ès arts aux XVIIe et XVIIIe siècles ? … Elle ne marque plus l’entrée dans la communauté des maîtres universitaires et ne représente plus la garantie d’un statut social ou d’un accès privilégié aux bénéfices ecclésiastiques. Si elle reste indispensable pour obtenir les degrés de certaines facultés supérieures, elle semble donc surtout révéler l’adhésion des récipiendaires aux valeurs universitaires et cléricales traditionnelles…

15. Le grade de maîtrise ne correspond plus aux XVIIe et XVIIIe siècles à aucune épreuve (ou simulacre d’épreuve), mais à une cérémonie fortement ritualisée autour duquel se nouent encore tous les enjeux liés à l’autonomie et à la nature de la corporation universitaire. Le futur maître s’approche du méritissime chancelier de l’Église et de l’université de Paris, s’agenouille et lui prête serment. Celui-ci prononce alors la formule consacrée : « En vertu de l’autorité apostolique, je te donne le pouvoir d’enseigner, de lire, de régenter et de faire tous les actes de la maîtrise ès arts, ici et partout ailleurs »… Il dépose alors le bonnet sur la tête du nouveau maître. Ce dernier est par la suite inscrit dans les registres de sa nation, signés du chancelier et du recteur, et se voit remettre un diplôme de maîtrise au nom de l’université.

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J-B. de La Salle (1651-1719)

Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719). Source de la biographie : article de Wikipédia

1651. Né dans une famille noble de juristes, aîné de onze enfants, il est le fils de Louis de La Salle, conseiller au Présidial de Reims, et de Nicole de Moët de Brouillet. La famille vit dans l’Hôtel de La Salle, encore visible, actuellement.

1662 (11 ans). Jean se sent la vocation religieuse. Tonsuré à 11 ans, il se destine à la prêtrise. Formé à la Sorbonne et au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, dont la spiritualité le marque profondément.

1667 (16 ans). Il devient dès janvier chanoine à Reims.

1670 (19 ans).  Il étudie la théologie à Paris à partir de 1670

1678 (27 ans). Il est ordonné prêtre le 9 avril.

1679 (28 ans). Dans sa ville natale, on lui confie la fondation d’écoles paroissiales pour enfants pauvres.

1680 (29 ans). Il est reçu docteur en théologie.

1683 (32 ans). Il résigne son canonicat.

1684 (33 ans). Il fonde la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes (chronique du blog). Par la suite, il ouvre des écoles professionnelles, des écoles du dimanche, des maisons d’éducation pour les enfants des rues. Beaucoup s’opposent à la fondation des Frères des écoles chrétiennes, mais Jean-Baptiste de La Salle insiste et va jusqu’au bout de son projet.

1688 (37 ans). Il ouvre les premières écoles à Paris, la première au 12 rue Princesse dans le VIe arrondissement, où il vient s’installer.

1692 (41 ans). Il ouvre à Vaugirard le premier noviciat. Il recrute de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisserait cependant leur caractère laïque. À leur intention, il rédige une sorte de règle dans cet esprit. Ainsi se forme le noyau du futur Institut des Frères des écoles chrétiennes, voué à l’instruction et à l’éducation des enfants des milieux populaires.

1694 (43 ans). Il est élu supérieur de la nouvelle congrégation et la dote d’une règle plus élaborée. Il poursuit son œuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d’ouvrages à l’intention des maîtres.

1695 (44 ans). Un des plus anciens traités de politesse, Les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne.

1698 (47 ans). Il achève de mettre au point les règles de la Congrégation.

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Les Frères des écoles chrétiennes

1680. Fondation à Reims de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes par Jean-Baptiste de la Salle. 1724. Reconnaissance de la congrégation par Louis XV. 1725. Reconnaissance par le pape Benoît XIII. Source : citations extraites de l’article de Wikipédia.

Album de 13 photos (juin 2020).

Reims. Hôtel des parents de Jean-Baptiste de La Salle

1680. Fondé à Reims par saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) et voué à l’enseignement et à la formation des jeunes, en particulier des plus défavorisés, l’institut des Frères des écoles chrétiennes est une congrégation laïque masculine de droit pontifical à vœux simples. Les frères ne sont pas prêtres. Aux vœux traditionnels de pauvreté, chasteté, obéissance, les frères ajoutent une consécration totale de leur personne à la Sainte Trinité qui conduit à un engagement de stabilité dans la société pour tenir ensemble et par association les écoles gratuites.

1719. A la mort du fondateur, 274 frères enseignaient à 9 885 élèves dans vingt-trois écoles.

1724. La Congrégation obtint de Louis XV des lettres patentes qui lui conféraient la personnalité civile.

1725. Le pape Benoît XIII, par la bulle In Apostolicae dignitatis solio, lui octroya le rang de congrégation religieuse.

Au cours du XVIIIe siècle, l’Institut se développa rapidement. Les programmes d’études étaient particulièrement innovants pour l’époque. Ainsi, au pensionnat d’Angers, comme à Saint-Yon de Rouen, outre le programme des écoles primaires, on enseignait : l’histoire, la géographie, l’histoire naturelle, l’hydrographie, la mécanique, la cosmographie et les langues. On y donnait des cours de sciences et de dessin industriel, des cours de mathématiques et d’architecture. On y pratiquait certains métiers : tissage, travail du fer et du bois.

Principales innovations. Jean-Baptiste de La Salle et ses premiers disciples n’ont pas ouvert un seul type d’école. Ils ont su répondre aux diverses demandes. Ils ont créé :

  • des écoles primaires, gratuites, organisées par classe, adaptées aux enfants : Jean-Baptiste de La Salle recommande l’apprentissage de la lecture dans la langue maternelle. Jusque-là, on apprenait d’abord à lire en latin. Chez les Frères, l’enseignement est simultané, les élèves sont groupés par niveau. Auparavant le maître, l’écolâtre, s’occupait individuellement des enfants.
  • des écoles normales. Jean-Baptiste de La Salle eut pour souci constant d’assurer une sérieuse formation des maîtres, une formation tout à la fois chrétienne et pédagogique, il inaugura un premier Séminaire (ou école normale) de maîtres pour la campagne, à Reims, en 1684 ; un second, en 1685, et un troisième, à Paris, en 1699, ce qui lui valut le titre d’Instituteur des Instituteurs.
  • des cours d’adultes qui permettent à l’ouvrier, à l’apprenti, après sa journée de travail, de perfectionner sa culture intellectuelle, en vue d’élever sa situation, ou tout au moins de l’améliorer. Ainsi des écoles dominicales sont-elles ouvertes, à Paris en 1698 et 1703.
  • des classes de formation professionnelles (préparant à un métier) pour les fils de bourgeois commerçants, où le sens pratique est développé. Les élèves travaillent sur des contrats, des imprimés et autres documents dont ils sauront se servir plus tard. La première école professionnelle est établie à Paris, à la paroisse Saint-Sulpice, en 1699, une seconde est créée à Saint-Yon en 1705.
  • des pensions de force pour la rééducation des enfants difficiles et des jeunes délinquants.

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1580-1765. Les Jésuites à Molsheim

Oswald (Grégory) et Schlaefli (Louis), Les Jésuites à Molsheim et ses environs (1580-1765), Société d’histoire et d’archéologie de Molsheim et environs, 2015, 128 pages.

1306. Jean de Dürbheim est chancelier de l’empereur Albert Ier, prince-évêque d’Eichstätt de 1305 à 1306 puis de Strasbourg de 1306 à sa mort (6 novembre 1328). Il fait construire un hôpital à Molsheim et y renforce les remparts. Il est représenté en gisant dans le transept sud de l’église des Jésuites.

1507-1541. Guillaume III de Hohnstein (mort à Saverne en 1541) est prince-évêque de Strasbourg sous le règne des empereurs Maximilien Ier de Habsbourg et Charles Quint, et les pontificats de plusieurs papes depuis Jules II à Paul III.  Durant plus de 20 ans (1518-1541), il est confronté à la Réforme ; il est en première ligne de l’opposition catholique.

1518. Les 24 propositions de Luther circulent dans Strasbourg.

1521-1529. Le protestantisme se répand en Alsace. Le Magistrat de Strasbourg y est favorable . Toutes les églises de la ville, même la cathédrale, passent à la Réforme. De ce fait, les ordres religieux mis en danger durent chercher un lieu de refuge dans une ville située au centre de l’Alsace, appartenant à l’évêque, suffisamment grande et bien protégée par un mur d’enceinte. Molsheim répondant à tous ces critères fut choisie. En 1529, une forte majorité du Magistrat de Strasbourg vote en faveur de l’interdiction de la messe catholique.

1539. Jean Calvin est accueilli dans la cathédrale de Strasbourg, devenu un temple protestant depuis 1529.

1549. Après sa victoire sur la ligue de Smalkalde (dont Strasbourg fait partie), l’empereur Charles Quint impose le maintien de trois paroisses catholiques dans Strasbourg.

1580. L’évêque de Strasbourg, Jean IV de Manderscheidt (né en 1538), appelle les Jésuites en Alsace. Il les installe dans la chapelle et le bâtiment de l’ancien hôpital. Ils fondent un Collège.

1592. Mort de Jean de Manderscheidt. Les factions catholiques et protestantes du Grand chapitre de la cathédrale choisissent chacune un évêque, l’un protestant, l’autre catholique. Il va en résulter une guerre entre ces deux évêques qui va ensanglanter la Basse Alsace.

1604. Le traité de Haguenau rétablit la paix. Charles de Lorraine devient évêque de Strasbourg

  • Charles de Lorraine, né à Nancy le 1er juillet 1567, mort à Nancy le 24 novembre 1607, est un prince de la maison de Lorraine qui fut cardinal, évêque de Metz de 1578 à 1607, primat de Lorraine de 1602 à 1607, et évêque de Strasbourg de 1604 à 1607.

1605. Les chanoines de la cathédrale de Strasbourg sont chassés par le Magistrat de la ville. Ils viennent trouver refuge derrière les murs de Molsheim. L’évêque de Strasbourg va alors s’appuyer sur les Jésuites se trouvant dans la ville épiscopale de Molsheim pour rétablir la foi catholique dans Strasbourg. La ville devient un bastion de de la Contre-Réforme (Concile de Trente, 1545-1563).

1613. Les Jésuites fondent un Séminaire.

1617. Ils créent l’Université de Molsheim.

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