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Univ. Strasbourg, reprise progressive

Texte du communiqué : 5 pages.

    Extraits. Après 8 semaines de confinement, l’Université de Strasbourg renoue partiellement avec une activité en présentiel sur ses différents campus. Après la distribution de 300 000 masques et solutions hydro-alcooliques ce lundi 11 mai et la diffusion des consignes sanitaires la semaine précédente, l’Université de Strasbourg sera accessible  à partir du 12 mai à certains personnels uniquement. Il s’agit en priorité de faire respecter les consignes nationales, d’accompagner tous les acteurs de l’université dans cette période délicate, et d’impulser une reprise progressive de toutes les activités possibles.

    Si le télétravail va perdurer pour une grande partie des agents, des activités de recherche en lien direct avec le CNRS et l’Inserm, certaines activités administratives, la gestion des bâtiments et des chantiers reprendront en présentiel selon un protocole strict respectant les mesures sanitaires et gestes barrière. Ces consignes s’appliquent à tous les personnels de l’université quels que soient leurs missions, professions, statuts. L’Université de Strasbourg reste attentive à toute situation individuelle et notamment aux personnels qui ont été isolés.

    Les étudiants quant à eux poursuivront leurs enseignements à distance, tout comme les évaluations dont les nouvelles modalités ont été récemment validées par la Commission formation et vie universitaire (CFVU).  

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    Qui présidera Bordeaux Montaigne ?

    Trois chroniques de ce 6 mai 2020 sur l’université Bordeaux-Montaigne

    Rappel des résultats des élections aux conseils centraux de l’université de Bordeaux Montaigne (11 et 12 février 2020). Chronique du blog : Deux gagnants ? L’élection du président, par le Conseil d’administration en formation complète (36 membres) devait avoir lieu le 25 mars. Suite à la crise sanitaire, elle a été reportée, un administrateur provisoire a été nommé par le Recteur (chronique à suivre)

    Courriel reçu le 10 mars 2020. Source : un universitaire de Bordeaux Montaigne commente les résultats et prévoit l’élection de Lionel Larré à la présidence.

    « Hier se sont déroulées les élections des quatre représentants extérieurs. Elles ont été favorables à Lionel Larré, qui s’oppose depuis le début de la campagne à l’équipe sortante.

    Quelques chiffres : Lionel Larré disposait chez les enseignants de huit élus (6+2), Patrick Baudry de sept (1+6), Laurent Coste de un.

    Les étudiants ont massivement suivi Lionel Larré : les quatre élus d’une association (rattachée à la FAGE), un élu de l’UNEF ont voté pour lui. Un élu d’extrême gauche a refusé de voter pour qui que ce soit. 5 voix pour Lionel Larré : les étudiants feront l’élection du président.

    Les BIATSS n’avaient pas donné d’indication sur leur vote à l’exception de l’UNSA qui, avant les élections, avaient annoncé qu’ils voteraient Lionel Larré (2 élus). La CGT (1) la FSU (1) ont voté à coup sûr Patrick Baudry, le SGEN (1 élu) sans doute aussi. L’élu dont la liste s’était rattachée à celle de Laurent Coste a voté une fois pour un extérieur présenté par la CGC (qui n’a obtenu que deux voix), trois autres fois pour ceux présentés par Patrick Baudry.

    Les quatre extérieurs institutionnels semblent s’être partagés à part égale, sans que l’on puisse être certains du sens de leur vote. La rumeur ambiante veut que le CNRS et le Conseil Régional aient voté pour les candidats de Patrick Baudry, la mairie de Bordeaux et Bordeaux Métropole pour ceux de Lionel Larré.

    En tout cas, la configuration du CA tel que complétée hier donne des résultats très nets : une élection dès le premier tour pour Lionel Larré.

    L’affaire n’est pas complètement jouée mais il faudrait de bien curieux retournements pour que le résultat final (prévu le 25 mars, hors coronavirus) s’inverse.

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    Classé dans C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes)

    Assurer la continuité pédagogique

    Les universités sont fermées jusqu’en septembre, me semblent abandonnées par le Ministère et par la Conférence des Présidents d’Université.

    Elles doivent cependant assurer la continuité pédagogique, c’est-à-dire organiser

    Des exemples d’adaptation des modalités de contrôle des connaissances dans 6 universités. Suite des chroniques MCC dans l’université de Lorraine.

    À l’Université de Lorraine, « beaucoup d’inconnues pour la rentrée », La semaine Metz, Nancy, Thionville par Camille Malnory, 24 avril 2020. Interview de Pierre Mutzenhardt, président de l’université de Lorraine. Partie consacrée aux examens.

    Extraits. La tenue des examens en présentiel aurait été trop compliquée, affirme le président de l’UL. « Il est possible de réduire les effectifs dans les salles mais il y a des incertitudes sur les équipements de protection. Il aurait fallu créer des files d’attente par exemple. Nous ne sommes pas non plus assurés que nos étudiants de l’étranger, ou ceux d’autres régions qui sont légitimement rentrés chez eux, pourront revenir en Lorraine pour composer. »

    Reste la question du type d’examen que passeront les étudiants à distance. « Nous devons nous adapter, notamment en proposant des devoirs à la maison ou des QCM. Certaines facultés ont opposé les risques de triche. Oui, les étudiants composeront en ayant accès aux documents. »

    Malgré tout, Pierre Mutzenhardt est opposé au recours aux logiciels de surveillance à distance. « Nous avons déjà des outils anti-plagiat pour minimiser ce type d’impact. Je suis persuadé que nos étudiants ne sont pas des tricheurs et si certains passent entre les mailles du filet, ce qui existe déjà lors d’examens en présentiel, cela se ressentira dans la poursuite des études une fois que tout sera revenu à la normale. »

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    Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

    Examens. F. Vidal botte en touche

    Suite des chroniques sur les Modalités de Contrôle des Connaissances (MCC) pour le second semestre 2019-2020.

    Dans un entretien avec une journaliste de l’Etudiant, la Ministre Vidal botte en touche : « les universités sont libres d’organiser les examens comme elles le souhaitent »… »Mais évaluer autrement ne signifie pas « moins bien évaluer ». C’est la qualité du diplôme national qui est en jeu »

    La déclaration de la Ministre est-elle d’une utilité concrète pour les universités ? La réponse est « NON » !

    Frédérique Vidal  :  l’important est de tenir compte du caractère exceptionnel de la crise, Pauline Bluteau, L’étudiant, 18 avril 2020.

    Concrètement, comment va se dérouler la fin de l’année pour les étudiants ?

    Comme l’a dit le président de la République, il n’y aura pas de reprise des enseignements en présentiel. L’année va se terminer par des cours à distance qui vont être organisés par les établissements.

    Même si les écoles et les universités sont libres d’organiser les examens comme elles le souhaitent, les formes d’évaluation choisies sont soit des remises de rapport, soit du contrôle continu, soit des examens en ligne, avec bien sûr, des modalités très différentes en fonction des disciplines et des effectifs. L’important est de diversifier les formes d’évaluation et de tenir compte du caractère exceptionnel de la crise que nous traversons.

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    David Lodge, 30 ans en 1965

    Lectures en confinement. Une fois lus les livres empruntés à la BNUS, les polars achetés à la Librairie Café La Tache Noire (Strasbourg), que lire ?

    J’ai choisi de relire certains romans de David Lodge, non seulement pour le plaisir de savourer son humour et sa satire, mais aussi pour y repérer les facettes de l’évolution de l’organisation des universités et des missions  des universitaires. David Lodge écrit en effet des Histoires d’universités et d’universitaires en crise, à partir de son expérience personnelle, de son autobiographie professorale, religieuse, familiale.

    J’ai relu quatre romans de David Lodge. J’aurais aimé relire Nice Work, 1988 (Jeux de Société, 1990), mais la police de caractères en livre de poche est trop petite, ce qui rend la lecture fatigante. Relire également Thérapie mais le roman drolatique sur le PIG, problème interne du genou, ne figure plus dans notre bibliothèque (un prêt ou un emprunt non rendu ?)

    Les 4 romans. 1980 (45 ans). How Far Can You Go ? Jeux de maux. Version française, Payot & Rivages, 1993

    1984 (49 ans). Small World. Un tout petit monde, Version française, Payot & Rivages, 1991

    1991 (56 ans). Paradise News. Nouvelles du Paradis, Version française, Payot & Rivages, 1992

    2008 (73 ans). Deaf Sentence. La vie en sourdine, Version française, Payot & Rivages, 2008;

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    Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

    Enterrer la Fondation MSH

    Objet. Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH). Rapport de la Cour des Comptes, 9 pages, 17 janvier 2020. Signalement par Michel Abhervé, blog Alternatives Économiques.

    Le Premier président de la Cour des Comptes à Madame Frédérique VIDAL, Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

    Héritière de la tradition d’excellence des sciences humaines et sociales françaises des années 60 et 70, la FMSH voit aujourd’hui sa spécificité et sa valeur ajoutée propre très fortement questionnées dans un contexte que l’ouverture du Campus Condorcet fait considérablement évoluer. Elle apparaît secouée par des crises multiples qui ont pour conséquence une perte d’influence et d’attractivité marquée. En l’absence, à ce stade, de toute orientation forte de la part des pouvoirs publics sur son positionnement, elle privilégie une stratégie autonome et aventureuse, radicalement différente de son ambition originelle.

    1. UNE INSTITUTION EN CRISE

    • 1.1. Une gouvernance défaillante et divisée
    • 1.2. Un climat social très dégradé
    • 1.3. Des activités à la peine

    2. UNE TENTATION DE FUITE EN AVANT

    • 2.1. Une absence anormale de pilotage de la part des pouvoirs publics
    • 2.2. Une volonté de positionnement autonome dans un environnement institutionnel et scientifique en très forte recomposition
    • 2.3. Une stratégie patrimoniale aventureuse

    3. UNE NÉCESSITÉ DÉSORMAIS URGENTE DE CLARIFIER L’AVENIR

    • 3.1. Un scénario a minima de redéfinition, à périmètre institutionnel inchangé, des modalités de fonctionnement et de financement de la FMSH
    • 3.2. Un scénario d’adossement universitaire: une entrée dans le droit commun synonyme de perte d’originalité scientifique
    • 3.3. Le scénario de l’ambition pour les SHS : l’apport des activités de la fondation au Campus Condorcet pour contribuer à la réussite de ce projet majeur.

    La Cour formule donc les principales recommandations suivantes:

    Recommandation n°1 (MESRI). Clarifier, au plus vite, la place et le rôle de la FSMH et de ses activités, en priorisant un scenario d’intégration complète à l’établissement public du Campus Condorcet, dont les conséquences devront être tirées sur le maintien de la fondation;.

    En cas de maintien d’une fondation autonome. Recommandation n°2 (MESRI): établir un nouveau contrat quinquennal définissant, de manière précise, les objectifs fixés à la fondation et revoir les modalités de financement de l’État, en conformité avec le statut de fondation reconnue d’utilité publique en les liant à l’atteinte des objectifs ainsi déterminés et en mettant fin au système de concours sous forme de dotation globale de financement.

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    Classé dans C. Ile-de-France, E. Mobilité internationale, E. Sciences humaines et sociales

    Organisation des examens à distance

    Suite de la chronique Les universités abandonnées. Dans cette libre opinion, je critiquais l’absence de communication de la Ministre Frédérique Vidal et du Président de la CPU, Gilles Roussel, sur l’organisation des examens du semestre 2 de l’année universitaire 2019-2020.

    Sur les sites du MESRI et de la CPU, l’Ordonnance n°2020-351 du 27 mars 2020 relative à l’organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l’épidémie de covid-19 devrait figurer en page d’accueil.

    Sur cette même page d’accueil, pourrait figurer un lien vers un arrêté d’application de l’ordonnance. Celui du président de l’université de Bretagne Sud est un exemple détaillé à prendre en compte (page 2 de cette chronique). Il n’empêche : cette arrêté local a donné lieu à un échange de courriels entre une enseignante de l’université et le sénateur en charge du suivi de l’ordonnance, échange portant sur le calendrier des épreuves (page 3 de cette chronique).

    Page 1. Chapitre Ier de l’Ordonnance, Article 2. Accès aux formations de l’enseignement supérieur et délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur.

    • « Nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, les autorités compétentes pour la détermination des modalités d’accès aux formations de l’enseignement supérieur dispensées par les établissements relevant des livres IV et VII du code de l’éducation ainsi que pour la détermination des modalités de délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur, y compris le baccalauréat, peuvent apporter à ces modalités les adaptations nécessaires à leur mise en œuvre.
    • S’agissant des épreuves des examens ou concours, ces adaptations peuvent porter, dans le respect du principe d’égalité de traitement des candidats, sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d’organisation, qui peut notamment s’effectuer de manière dématérialisée.
    • Les adaptations apportées en application du présent article sont portées à la connaissance des candidats par tout moyen dans un délai qui ne peut être inférieur à deux semaines avant le début des épreuves« .

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    Classé dans C. Bretagne Normandie

    Concours de recrutement relancés

    Message de Jean-Michel Blanquer aux candidats aux concours de l’éducation nationale, 15 avril 2020

    Chères candidates, chers candidats. La crise sanitaire que nous traversons est hors du commun.

    Elle l’est par son échelle, mais aussi par sa nature et face à l’accélération de la diffusion du virus au mois de mars,j’ai pris la décision de suspendre l’ensemble des concours de recrutement de professeurs.

     Le respect de l’équité entre les 256 377 candidats, la garantie du sérieux des concours, ainsi que la protection de chacun sont les trois éléments essentiels qui ont justifié cette décision.

    Je sais que cette situation est une source d’inquiétude pour vous, parce que vous vous préparez depuis de longs mois à des concours, que ces concours sont exigeants, ils demandent beaucoup d’investissement intellectuel, beaucoup d’investissement  personnel.

     J’en profite d’ailleurs pour vous féliciter de votre souhait d’exercer cette si belle fonction de professeur à laquelle vous aspirez.

     L’annonce par le président la République de la sortie progressive du confinement, à partir  du 11 mai prochain, nous permet désormais d’envisager  la suite des concours.

    Avant de vous en donner les modalités concrètes, je tiens à vous donner les principes de la décision qui a été prise. Ma première priorité, c’est évidemment  d’assurer la protection de tous.

     Ceci interdit de recommencer les concours trop tôt.

     Ma seconde priorité est de préserver  le sérieux des concours et ma troisième priorité est  de faire en sorte que ces concours puissent se tenir et que le 1er septembre les admis soient en poste avec le statut de fonctionnaire stagiaire.

    Le resserrement du calendrier ne permet pas d’organiser les concours selon les modalités habituelles. En effet, entre les écrits et les oraux, normalement plus de deux mois sont nécessaires, lorsqu’on organise un concours.

    Le travail d’affectation dans les académies demande deux bonnes semaines supplémentaires. C’est pourquoi, j’ai décidé que toutes les épreuves des concours internes qui n’ont pas été passées sont reportées en septembre et en octobre.

    Les concours externes qui ont commencé vont à leur terme.

    Très vite, la direction générale des ressources humaines va vous indiquer les aménagements dans la passation des oraux.

    Nous travaillons, dès à présent, sur l’usage de la visioconférence avec une convocation  près de chez vous dans un local de l’éducation nationale.

    Pour les concours externes, ceux qui n’ont pas commencé, seules les épreuves écrites  seront passées.

    Ces épreuves ouvrent donc à l’admission et au statut de fonctionnaire stagiaire.

    Au début de l’année,  un inspecteur viendra faire le point avec ces nouveaux professeurs et au printemps en 2021 la procédure de titularisation sera renforcée, notamment grâce à un oral dont nous allons très prochainement préciser les contours.

    Ces nouvelles modalités sont la solution la plus simple, la plus sûre et la plus juste.

    Très vite, nous allons vous communiquer un nouveau calendrier pour ces épreuves, sous réserve évidemment de l’évolution de l’épidémie.

    Dans les semaines qui arrivent, vous avez donc à préparer ces concours avec confiance et, je dirais, avec une ardeur redoublée.

    Je vous souhaite le meilleur.

    L’éducation nationale vous attend, elle a besoin de vous pour relever les formidables défis  qui sont les nôtres, c’est-à-dire l’élévation du niveau général et la justice sociale.

    À la lumière de ce que nous vivons, ces deux objectifs permanents prennent encore plus de force.

     À très vite, merci.

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    Témoignages d’étudiants confinés

    Débats en Lorraine sur les modalités de contrôle des connaissances (cf les deux chroniques Pour ou contre le 10 améliorable, Aucun semestre ne sera neutralisé). Deux enseignants-chercheurs publient des témoignages recueillis par enquête auprès  d’étudiants de licence.

    10 avril 2020. « Il y a beaucoup de discussions et de débats en cours actuellement sur les modalités de contrôle des connaissances dans le contexte particulier que nous vivons. Ces discussions et ces débats portent souvent sur des points réglementaires et/ou techniques (et je salue ici tous les personnels qui ne comptent pas leur temps pour proposer leur expertise et leurs solutions).

    Au-delà de ces points, il y a des vies, parfois très difficiles, et on les oublie trop souvent quand nous discutons entre nous de modalités d’aménagement.

    Les représentant.e.s étudiant.e.s élu.e.s au conseil du département de …  ont pris l’initiative d’interroger leurs camarades de licence (près de 1500 inscrits) sur les examens et leur vécu de la situation. Ils ont recueilli plus de 400 réponses. Et parmi celles-ci, plus de 200 témoignages. Ce sont quelques uns de ces témoignages que je reprends ci-dessous.

    Ils sont poignants, désarmants, touchants, effrayants et me paraissent en décalage complet avec les aménagements sur lesquelles nous sommes tou.te.s en train de passer beaucoup de temps.

    Quels sens vont avoir ces aménagements pour ces étudiant.e.s. et sans doute pour beaucoup d’autres ? Et quelle signification donner in fine aux évaluations qui découleront de ces « nouveaux » examens ? Allons-nous pouvoir dire à ces étudiant.e.s, que le « principe d’égalité de traitement des candidats » a bien été respecté ?

    Une étudiante atteinte du Covid : « et le confinement, c’est vraiment pas bénéfique dans mes révisions, je suis démotivée et j’ai le moral à zéro, j’ai peur de faire une rechute … »

    Le débit de connexion internet a été réduit, mon ordinateur est lent, les conditions pratiques et techniques ne sont pas optimales. La situation est globalement anxiogène, peu de motivation à travailler lorsque ses proches sont malades, j’ai moi même été malade et le suis encore. Je passe le confinement seule, 0 contact humain depuis 1 mois, dans 20m2.

    « En confinement chez ma famille. C’est très difficile car nous sommes nombreux, tout le monde ne vie pas le confinement de la même manière. De plus j’habite dans une petite ville sans la fibre (internet très lent), ce qui rend compliqué l’accès à des sites de base type arche ou discord. Dans mon studio à Nancy je n’avais pas internet non plus; d’où l’utilisation de Eduroam. De plus, nous sommes quand même dans une situation de crise sanitaire, je connais beaucoup de personnes autour de moi qui sont décédées et je vis dans la peur que ma mère soit contaminée (maladie auto-immune) par ses propres enfants qui sortent faire les courses ou qui vont à la pharmacie. C’est une situation angoissante, réviser c’est bien pour oublier mais ça en devient compliqué lorsque nous devons faire face à la réalité et que nous ne sommes pas dans des conditions optimales »

    « Dû à la quarantaine, il y a énormément de gens connectés en même temps ce qui fait que mon internet se coupe ou a du mal à charger. J’ai des proches touchés par le virus et je vis dans un appartement avec 1 seule chambre sans balcon et avec ma mère. Nous sommes en situation précaire (moi étant boursière et ma mère au rsa) nous devons donc faire des sacrifices financiers pour pouvoir stocker de la nourriture et éviter les sorties. Nous n’avons pas de voiture et le seul magasin à proximité est vide. Nous ne pouvons plus accéder au resto du cœur. Niveau psychologie c’est des montagnes russes. Je passe du rire aux pleurs et cela est surtout du à la fac. Je suis de nature assez dépressive en tant normal et je dois l’avouer, ne pas me faire suivre psychologiquement. Les psys gratuit sont surchargés et les psy payants sont trop chers, je ne sais pas à qui m’adresser pour de l’aide. J’ai l’impression d’avoir été submergée de travail par les professeurs. Je pense surtout que pour moi ce sera l’après cou-présentes au sein de beaucoup de foyer, pour moi tous les jours ne sont pas faciles, ma mère étant dépressive dans le contexte actuel ça devient dur, des scènes de ménages éclatent de temps à autres qui vont parfois à des pétages de plomb tellement puissants que les assiettes y passent, et l’aider n’est pas toujours simple. J’ai parfois l’impression d’être tiré vers le bas aussi. Dans mon foyer nous sommes 6, ma mère, moi, mon frère et mes 3 sœurs, qu’il faut aider malgré la connexion en dents de scies pour leurs devoirs, mais aussi trouver des activités pour les occuper. Nous sommes dans une grande précarité, plus le temps passe plus nous allons avoir des difficultés à nous nourrir tant financièrement va vite devenir très très compliqué. Pour ma part, je ne peux plus travailler et je ne gagne aucun argent pour aider ma mère financièrement, ce qui est une source de stress intense. Pour le moment je n’ai pas eu le courage d’ouvrir un cours, je n’y arrive pas, les problèmes autour sont beaucoup trop stressant, je me sens de plus en plus en besoin d’extérioriser tout ça, mais je ne sais pas encore comment faire. Malgré tout j’essaye de tenir pour les autres membres de ma famille, c’est aussi mon rôle de grande »

    « Personnellement, j’ai quasiment toute ma famille qui travaille dans la santé avec ma mère aide-soignante, mes deux tantes sont infirmières libérales, et ma sœur est sage-femme. Le fait qu’elles soient sur le terrain, en vue de la situation, me fait déjà énormément stresser. De plus, ma mère m’a demandé de venir travailler à l’EHPAD avec elle, afin d’aider, mais j’ai refusé car je suis tellement préoccupé par la situation à la fac que j’ai refusé, je me suis senti mal parce que j’aurais pu aider à l’hôpital. De plus, je suis en isolement social, dans le sens où la journée, je ne vois personne car ma mère travaille toute la journée, donc je suis seul, et je me sens, souvent, triste »

    « Mon père est décédé des suites du coranavirus, j’ai dû donc rentrer voir ma famille et n’ai plus vraiment la tête à penser aux cours à vrai dire »

    « Bonjour, j’aimerai faire mon petit témoignage de la situation. J’ai déjà redoublé ma L3 et j’ai ainsi deux fois plus de raisons de vouloir obtenir ma licence cette année. Malheureusement, dans ces conditions, ce sera pratiquement impossible. Je dois m’occuper de mes petits frères et sœurs qui n’ont pas école, les aider dans leurs devoirs toute la matinée. Mes parents étant en télétravail ou réquisitionné, je dois faire les heures de queues pour acheter les courses, m’occuper de la maison (j’ai la chance d’être tout de même dans une maison). Normalement, en cette période, c’est un stress lié à la peur d’échouer aux examens mais en ce moment, c’est plus une angoisse de mort, une angoisse de voir nos proches se faire contaminer et de nous même le ramener à la maison. Voir sa propre mère devoir confectionner elle-même des masques dans de vieux torchons pour qu’elle puisse faire de son mieux en se protégeant elle et nous ; devoir expliquer à des petits ce qui se passe dans le monde … Réviser ? Lorsque mon pc n’est pas réquisitionné pour les devoirs des petits ou le télétravail, internet nous fait défaut. Devoir attendre deux heures pour charger le dossier pdf de madame XX (enseignante) n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et même lorsque je trouve un petit créneau, je me retrouve perdue dans cette masse d’informations, de nouvelles qui vont et viennent. Je ne sais quoi réviser, où m’arrêter dans les diapos que j’ai.. La situation ne me permet pas de me focus autant que je le voudrai, mes pensées étant portées ailleurs.. Tout cela pour dire qu’une passation à distance des partiels serait la goutte de trop dans un vase qui déborde bien assez en ce moment. Merci d’avoir lu et prenez soin de vous et de votre famille.

    « J’étais en Erasmus ce semestre mais j’ai dû l’interrompre à cause du coronavirus. C’était assez difficile et fatigant pour réussir à rentrer. Cette situation m’a fait perdre beaucoup de temps car quand je suis rentrée j’ai mis du temps à comprendre comment tout allait se dérouler, et il y a encore beaucoup de choses que je ne sais pas. Je sais, en tout cas, que je dois rattraper tout le semestre fait en France et c’est assez difficile car j’ai loupé absolument tous les cours de ce semestre, j’ai dû envoyer une tonne d’e-mails à la fac en France en plus de la fac à XXX, régler les problèmes avec le loyer que j’avais à XXX, les problèmes de bourse… Enfin bref, j’ai pris énormément de retard et la situation me stresse beaucoup et me plombe un peu le moral. »

    Revenue pour le confinement en famille mais c’est pas pratique pour réviser les partiels. Du mal à se concentrer avec un parent très violent. »

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    Aucun semestre ne sera neutralisé

    Suite de la chronique Pour ou contre le 10 améliorable

    Pierre Mutzenhardt, Président de l’Université de Lorraine, Communiqué du 14 avril 2020.

    • Photos du siège de la présidence de l’université de Lorraine, cours Léopold à Nancy. 14 photos de juin 2010 quand les 3 universités de Lorraine n’étaient pas encore fusionnées et formaient un Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES).

    Le Président de la République a également annoncé que le Gouvernement précisera pour chacun la bonne organisation qui sera nécessaire, en particulier pour les examens et les concours. Ces annonces nous concernant plus particulièrement devraient avoir lieu cette semaine. 

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    Les modalités de contrôle des connaissances seront arrêtées cette semaine à l’issue des travaux des conseils de collégiums permettant l’organisation de la première session à distance pour l’ensemble des formations. Nous devrions recevoir dans les jours qui viennent des informations plus précises de la part du ministère qui pourraient avoir un impact sur la seconde session des examens et sur l’organisation des concours. Nous savons que nos étudiants sont en attente d’une réponse rapide mais également la plus précise et définitive possible. C’est pourquoi, nous adresserons aux composantes et collégiums une note complète dans le courant de la semaine prochaine.

    La crise sanitaire que nous traversons nous conduit à exercer autrement nos missions de formation et de recherche, différemment, mais certainement pas à les arrêter. Dans tous les domaines de formation, les équipes pédagogiques et administratives ont travaillé à l’aménagement des modalités de contrôle des connaissances dans le cadre des ordonnances nationales relatives à l’état d’urgence sanitaire et des dispositions adoptées par le Conseil de la Formation le 24 mars dernier.

    Aucun semestre ne sera « neutralisé », de même que toute pratique contraire à l’esprit de nos missions ne pourra être acceptée. Partout dans l’établissement, les équipes ont travaillé à la mise en place de modalités de contrôle adaptées, à distance et en s’appuyant sur le contrôle continu déjà réalisé. J’appelle ici solennellement les présidents de jury à la plus grande bienveillance et à notamment porter attention à ce que ces circonstances exceptionnelles d’évaluation ne portent pas préjudice aux étudiants, notamment celles et ceux qui sont dans une situation particulièrement difficile.

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