Archives de Tag: Gouvernance

1748. Louis XV, abolition des galères

27 septembre 1748, Abolition des galères, dossier d’André Larané, fondateur d’Herodote.net en 2004.

« Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l’institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale. Les forçats sont désormais internés dans des prisons côtières ou dans des navires hors service, notamment à Toulon, dans ce qui sera le bagne.

Depuis 1560, où une ordonnance de Charles IX avait institué une peine de réclusion d’un minimum de dix ans, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. À leurs côtés, les engagés volontaires n’étaient pas enchaînés. Quand la galère coulait, ceux-ci pouvaient tenter de survivre si, du moins, ils savaient nager… Les condamnés quant à eux coulaient avec l’épave. Les uns et les autres formaient… la chiourme.

Naissance de la Royale. Les galères s’étaient multipliées au siècle précédent, sous le règne de Louis XIV. Le Roi-Soleil avait manifesté sa volonté de dominer les mers comme le continent et il avait confié à son ministre Colbert le soin de créer une marine digne de ce nom, rivale des marines anglaise et hollandaise.

Colbert avait d’abord acheté des navires à l’étranger avant de lancer une industrie navale en France même. Dès 1677, la France comptait 116 vaisseaux dont douze de premier rang, avec 74 à 120 canons. Au total plus de 6000 canons.

Les galères royales basées à Toulon étaient au nombre d’une quarantaine. Ces bateaux longs et bas, à un pont et deux mâts, étaient armés de canons à l’avant. À l’arrière, ils étaient surmontés du carrosse ou tabernacle, où se tenaient les officiers… Lire la suite

Pour aller plus loin. Extrait du dossier de Wikipédia, Galères.

« La marine recrutait ses galériens auprès des tribunaux qui condamnaient, dans un premier temps les criminels et, par la suite, les petits délinquants, les faux-sauniers, les contrebandiers, les déserteurs, les mendiants, les vagabonds, les protestants, les révoltés contre les nouveaux impôts.

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1685-1789. Magistrat de Strasbourg

Source principale. Paul Greissler, La classe politique dirigeante à Strasbourg 1650 à 1750, Le Quai Éditions, 1987, 302 pages. Album de 6 photos en grand format.

« Entre les 13ème et 18ème siècles, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un Ammestre. L’ensemble est appelé le Magistrat.

Cette organisation permettait aux grandes familles patriciennes strasbourgeoises de détenir les pouvoirs, selon un système oligarchique ».

Après la capitulation de Strasbourg en septembre 1681 (chronique du blog), et le rattachement à la France qui s’en est ensuivi, Louis XIV conserve le système municipal organisé avec trois pôles de pouvoir depuis le 13ème siècle. Mais le Magistrat strasbourgeois n’a plus de pouvoir que sur le papier d’un organigramme particulièrement complexe.

Dans les faits, les pouvoirs du Magistrat sont passés aux mains de Gens du Roi, à l’Intendant, au Préteur royal, au Gouverneur militaire et au Conseil souverain d’Alsace (équivalent des Parlements des autres régions du Royaume, créé en septembre 1657 par Louis XIV à la suite de la réunion de l’Alsace à la France par les traités de Westphalie de 1648).

D’autre part, Louis XIV institue l’Alternative, procédure qui vise une égalité des confessions protestante et catholique au sein de chacune des instances du Magistrat. Strasbourg étant protestante, l’égalité ne peut s’obtenir que par la conversion de protestants au catholicisme (ce fut le cas pour Ulrich Obrecht, préteur royal, 1685-1701), et/ou par le remplacement – par un catholique – d’un protestant arrivé en fin de mandat. L’Alternative sera combattue systématiquement, en particulier dans l’université protestante, jusqu’à la Révolution.

Ulrich Obrecht. Gravure au Musée historique de Strasbourg

Suite de la chronique : pages 2 et 3

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Critiquer le classement de Shanghai

Classement de Shanghai : 12 chroniques critiques d’Histoires d’universités depuis 2009

La Saison 8 du blog étant commencée, je ne commente pas le classement de Shanghai 2020.

Miche Abhervé, blogueur Alternatives Économiques, m’a communiqué le lien vers un article The Conversation (13 août) : Débat. Classement de Shanghai, un palmarès pas très classe. Je l’en remercie.

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1685-1701. U. Olbrecht prêteur royal

Sur décision de Louis XIV, Strasbourg, devenue française en 1681 (chronique du blog, 1681, la capitulation de Strasbourg), conserve toutes ses instances séculaires de Ville libre d’Empire.

Par édit de 1685, Louis XIV crée toutefois la charge de Prêteur Royal et y nomme Ulrich Obrecht.

Présent sur place et assistant de droit à toutes les réunions des Instances strasbourgeoises, le prêteur a de très larges pouvoirs et ce dans tous les domaines. François-Joseph de Klinglin, prêteur de 1725 à 1752, en abusera et sera jeté en prison.

Archives de l’Eurométropole et de la Ville de Strasbourg. Extraits de l’Édit enregistré suivant l’Arrêt du Conseil souverain d’Alsace, le 17 avril 1685.

Nous avons par le présent Edit créé et érigé, créons et érigeons en titre d’office une Charge de Preteur Royal dans la ladite Ville de Strasbourg, pour résider dans icelle, avec pouvoir à celuy qui en sera pourvu de prendre rang et séance en notre nom en la maison et Hôtel commun dudit Strasbourg, d’entrer dans toutes les assemblées qui s’y feront, et dans tous les conseils qui s’y tiendront, soit pour le Reglement de la Police, de l’administration de la Justice, soit pour les revenus et dépenses de ladite Ville, veiller et prendre garder à ce qu’il ne s’y passe aucune chose contre notre service, y avoir en la susdite qualité de Preteur Royal voix décisive tant en consultation des matieres civiles que criminelles, juger et terminer conjointement avec lesdits Bourguemaîtres et Echevins toutes les affaires généralement quelconques qui se présenteront de quelque nature qu’elles puissent être sans qu’il puisse être par eux tenu aucune assemblée extraordinaire que ledit Preteur Royal n’y soit present et participant, et au surplus jouir par ledit Preteur Royal des mêmes honneurs, authorités, prérogatives, préeminences, privileges, droits, fruits, profits, revenus et emoluments dont jouissent ceux qui sont  pourvus de pareilles charges...

Biographie d’Ulrich Obrecht. Sources. Wikipédia pour les évènements cités ci-dessous. Famille des Obrecht, Revue d’Alsace, Dix-huitième année, Tome troisième, Colmar, 1867, page 58-68.

1646 (23 juillet). Naissance à Strasbourg. Il est le fils du juriste strasbourgeois Georges Ulric Obrecht et d’Anne Marie Boeder.

Il étudie les belles-lettres, l’histoire et le droit à Altdorf, Bâle et Strasbourg. Polyglotte, il parle, outre l’allemand et les langues anciennes, le français, l’espagnol et l’italien.

Précepteur du fils d’un ambassadeur russe, il voyage à travers l’Europe, séjournant notamment à Vienne et à Venise.

1676 (30 ans). Il retourne dans sa ville natale.

1682 (36 ans). Il succède à son beau-père à la double chaire d’éloquence et d’histoire de l’université de Strasbourg. Parallèlement, il est avocat Général du Magistrat de Strasbourg.

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1736. Strasbourg. Hôtel du Prêteur

1731-1736. Le Prêteur royal François-Joseph de Klinglin (1686-1753) s’approprie un terrain communal pour y faire construire un hôtel fastueux, dont il fait dresser les plans par l’architecte Le Chevalier en collaboration avec Jean Querret. Mais ils seront finalisés et exécutés par l’architecte de la Ville, Jean-Pierre Pflug. Les concepteurs ont adopté un style Régence auquel se mêlent des éléments rococo.

Album de 37 photos : diaporama

  • Sources des citations de cette chronique :
  • François-Joseph de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Prêteur royal Klinglin (aujourd’hui Hôtel de la préfecture, Horizon-nomade
  • Hôtel de Klinglin, Wikipédia
  • Hôtel du Préfet, Archi-Wiki

L’influence française est sensible dans le plan : bâtiment construit entre cour et jardin. La façade vers l’Ill « est entièrement parementée de grès rose, avec avant-corps cintrés et triangulaires. L’élévation côté Cour se singularise par l’élégante incurvation de son plan ».

Les Mascarons sur les façades. « Ils ont été refaits après 1872 sans que l’on sache s’ils reprennent l’iconographie des anciennes têtes. Ils sont répartis sur les avant-corps : têtes de femmes coiffées à l’antique (deux nymphes et une naïade à collier de coquillages), cinq têtes d’hommes sans attribut, les 4 saisons, un faune, Bacchus et Hercule ». Définition de Mascaron.

« Le Prêteur a recours à la main-d’œuvre municipale pour la construction, et il réussit le tour de force de vendre l’hôtel à la ville de Strasbourg qui en avait supporté les frais ! À charge pour elle d’y loger le Prêteur »…

1747. Le grand portail d’honneur (rue Brûlée) a été construit par l’architecte Joseph Massol : une grande conque majestueuse, flanquée de deux piliers rectangulaires ornés de trophées sculptés et supportant des lions couchés sculptés par Martin Leprince. Son cartouche était sculpté des armoiries de la famille Klinglin.

1752-1753. « Les malversations du préteur Klinglin finirent par ruiner son crédit auprès de ses protecteurs. Une vérification générale des comptes de la ville aboutit à son arrestation le 25 février 1752. Incarcéré à la citadelle de Strasbourg, François-Joseph de Klinglin y meurt à peine un an plus tard, échappant ainsi à un procès ».

1752. La demeure devient Hôtel de l’Intendance d’Alsace jusqu’à la Révolution.

1790. À la suite des États généraux, l’Assemblée constituante supprime les institutions d’Ancien Régime et crée, en 1790, les départements. Le conseil général du Bas-Rhin trouvera naturellement son siège dans l’ancienne intendance.

Depuis 1800, l’hôtel de Klinglin sert de résidence au préfet, représentant de l’Etat dans la région. Lezay Marnesia (1769-1814), préfet de Rhin-et-Moselle le 15 mai 1806, puis préfet du Bas-Rhin le 12 février 1810. « Statue de Philippe Grass (1801-1876) datée de 1856, sortie de la fonderie de Eck et Durand en 1857. Inauguration le 27/08/1857 » (Archi-Wiki).

1861. Histoires des aigles du portail (Archi-Wiki). aigles Archi Wiki. Ils proviendraient de l’ancien fort de Kehl et seraient dans le magasin du Génie depuis 1815 (date de l’évacuation de Kehl par la France). Il semble qu’ils aient été en mauvais état, car en 1861 le sculpteur Eugène Dock s’engagea à fournir deux aigles du modèle et de la taille de ceux cédées par le Service du Génie. Les nouveaux aigles étaient en place le 31 décembre et furent payées à Dock la somme de 1000 Francs.

1870. Les allemands considérèrent les aigles comme pouvant faire figure d’aigles prussiens, ce qui faillit leur porter malheur lors de la libération en 1918. On réussit juste à temps à empêcher la destruction, en apportant la preuve qu’ils existaient déjà sous le Second Empire.

1870 (20 septembre). Lors du siège de Strasbourg, de nombreux bâtiments publics sont détruits par l’artillerie prussienne et l’hôtel Klinglin en fait partie : seuls quelques murs restent debout ! L’hôtel bénéficie d’une reconstruction assez fidèle, sous la direction de l’architecte de la ville, Jean Geoffroy Conrath (1824-1892) et Édouard Roederer (1838-1899) ; elle sera terminée en 1877. Les fastueux intérieurs néo-baroques sont reconstitués et dotés d’équipements modernes comme le chauffage à air pulsé.

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1755. La déportation des Acadiens

28 juillet 1755. Le Grand Dérangement des Acadiens par Camille Vignolle.

Pour lire la totalité de l’article : adhérer aux Amis d’Herodote-net (20 euros par an)

« Le 28 juillet 1755, au Canada, les Anglais entament la déportation de plusieurs milliers de paysans français établis au sud du Saint-Laurent. Ils avaient le tort de ne pas vouloir prêter serment d’allégeance à la couronne britannique et combattre leurs cousins de Nouvelle-France. 

Ces rebelles vivaient depuis le siècle précédent sur une péninsule et des îles baptisées Acadie par leur découvreur en référence à une terre mythique de l’Antiquité. Plusieurs milliers allaient périr des suites de cette déportation demeurée dans l’Histoire sous le nom de « Grand Dérangement »

Un peuple courageux. Farouchement attachés à leur terre, leur langue et leur religion catholique, les Acadiens descendent de paysans originaires du Poitou, et plus particulièrement des villages de La Chaussée et Saint-Jean-de-Sauves.

Ils peuplent le territoire au XVIIe siècle, avant qu’il ne soit cédé à l’Angleterre par le roi Louis XIV en 1713, dans le cadre des traités d’Utrecht et rebaptisé Nova Scotia ou Nouvelle-Écosse (aujourd’hui, l’Acadie forme trois provinces canadiennes : sa partie continentale constitue le Nouveau-Brunswick et ses parties insulaires la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard).

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, ils se voient heureusement dispenser du serment d’allégeance à la couronne britannique et ne sont donc pas obligés de combattre les Français et leurs cousins du Canada voisin (la Nouvelle-France).

Mais leur situation se gâte après la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748). En 1749, les Anglais donnent à leur colonie du bout du monde une nouvelle capitale, Halifax, et font venir 2 000 colons anglais ainsi qu’une troupe militaire…

Le serment d’allégeance. Un rude militaire du nom de Charles Lawrence vient prêter main forte au gouverneur avec le titre de lieutenant-gouverneur. Comme l’Angleterre se prépare à une nouvelle guerre contre la France (ce sera la guerre de Sept Ans qui débouchera sur la prise de Québec par les Anglais), il estime indispensable que les Acadiens prêtent enfin le serment d’allégeance à la couronne.

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De Rohan à Strasbourg et à Reims

De grande famille noble, deux de Rohan ont exercé des responsabilités majeures à la tête d’un évêché-clé de l’Église de France (Strasbourg et Reims) au cours de la même période entre 1722 et 1749. Ils ont participé tous les deux à la lutte contre le Jansénisme (appui à la bulle Unigenitus) et contre le Protestantisme (luthérien et calviniste).

  • Armand-Gaston-Maximilien de Rohan-Soubise (1674-1749) est prince-évêque de Strasbourg depuis 1704.
  • Armand-Jules de Rohan-Guémené (1695-1762) est nommé archevêque-duc de Reims, premier pair de France le 28 mai 1722, à l’âge de 27 ans. C’est lui qui sacra Louis XV, le 25 octobre de la même année.
  • La chronique ci-dessous couvre les années 1710 à 1725. La page 2 est dédiée à la bulle Unigenitus ; la page 3 au sacre de Louis XV à Reims.

1710. Naissance de Louis XV, arrière petit-fils de Louis XIV. C’est en 1712, à la mort de son père, Louis duc de Bourgogne, qu’il devient le dauphin

1712, 18 mai. Armand-Gaston-Maximilien (de Rohan, n°1) est fait Cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts par le pape Clément XI.

Portrait d’Armand Gaston de Rohan, Palais Rohan, Musée des Arts décoratifs, Strasbourg

1713. Il devient commandeur du Saint-Esprit.

Collier de commandeur du Saint-Esprit, commandé pour le sacre de Charles X, Musée du Tau, Reims

1713. Il est choisi par Louis XIV comme Grand aumônier de France

  • « L’aumônerie de France avait surtout un rôle symbolique comme l’ecclésiastique le plus important de la cour. Souvent de rang épiscopal, plus rarement cardinalice, il bénéficie de privilèges importants, comme la juridiction sur les établissements hospitaliers de Paris ou le bénéfice de l’argenterie de la chapelle du roi à la mort de ce dernier. Qui plus est, le grand aumônier avait rang de duc à la Cour. De ce fait, l’office a souvent été accaparé par de grandes familles aristocratiques, comme la maison de Rohan. Dans sa direction de la maison ecclésiastique du roi, il est secondé par un premier aumônier.Le grand aumônier faisait communier le roi, célébrait les baptêmes et les mariages des princes ».

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Les prince-évêques au 18ème siècle

Saison 8 du blog. Histoire du 18ème siècle en France et en Europe. Chronique sur les prince-évêques (citations d’extraits de l’article de Wikipédia).

« Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves. Le premier était l’archichancelier pour la Germanie et le plus important des électeurs : la Bulle d’or, établie par l’empereur Charles IV en 1356, stipulait qu’il était le président de l’assemblée électorale à Francfort et le dernier des sept à voter ; sa voix était donc déterminante en cas de partage à égalité des six premiers votes.

La matricule d’Empire, arrêtée à la diète de Worms en 1521, recense les trois électeurs ecclésiastiques et quatre États impériaux au rang de princes-archevêques : à Magdebourg, Salzbourg, Besançon et Brême. De plus, elle connaît au total 46 princes-évêques catholiques, par exemple à Bâle, Cambrai, Genève, Hildesheim, Liège, Münster, Paderborn, Sion, Strasbourg, Trente et Utrecht, ainsi que les Trois-Évêchés lorrains de Metz, Toul et Verdun.

Le nombre de prince-évêques a été réduit considérablement au cours de la réforme protestante.

Les grands dignitaires étaient souvent des chefs temporels plus que spirituels et il n’était pas rare qu’ils ne fussent même pas prêtres. Ainsi Ferdinand de Bavière, frère du duc Maximilien Ier de Bavière qui fut prince-archevêque de Cologne au temps de la guerre de Trente Ans, était également évêque de Freising, de Hildesheim, de Liège, de Münster et de Paderborn, mais n’était pas prêtre ». Par contre, pour être créé « cardinal », il faut être prêtre.

« Au siècle des Lumières, la légitimation du pouvoir temporel des évêques a pris fin face au rationalisme et à l’Aufklärung, notamment sous l’effet de la Révolution française. La totalité des principautés ecclésiastiques restantes fut supprimée à la suite de la paix de Lunéville au début du XIXe siècle » ».

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Blog. Fin de la Saison 7

Fin de la saison 7 : 72 chroniques du blog sur les Universités et la Covid 19 (présentation inversement chronologique)

Juin 2020. Quelle rentrée pour l’enseignement et la recherche ? Et si les universités mouraient ?

12 juin 2020. Lettre à Michel Deneken, président de l’université de Strasbourg.

Monsieur le Président, Le 5 mars, avant le confinement, un millier de personnels et d’étudiants de l’Université de Strasbourg se rassemblaient dans le Patio et manifestaient contre la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Sans attendre la levée de l’état d’urgence sanitaire, le gouvernement décide aujourd’hui de faire adopter cette loi dans les délais les plus courts, dans une version qui reprend et aggrave un projet largement rejeté par les acteurs de l’ESR.

Le projet a été envoyé aux membres du CNESER dimanche 7 juin pour une présentation en séance le 12 juin, ce qui témoigne d’un profond mépris de nos instances nationales. Un passage en Conseil des ministres est prévu le 8 juillet. Nous apprenons que la LPPR sera également mise à l’ordre du jour de la Commission de la Recherche de notre université le 17 juin prochain. Lire la suite…

Avril et mai 2020. Du confinement au déconfinement : les universités resteront fermées pour les étudiants, jusqu’à la rentrée (enseignements en ligne, modalités adaptées pour le contrôle des connaissances).

Le déconfinement commencé, j’arrête la rubrique Cuisiner facile en situation de confinement : 61 recettes.

13 mai. Frédérique Vidal adresse ses remerciements à la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche

Cette lettre mérite, selon moi, cinq critiques :

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BNU. Reprise des services

J’aime la BNU. 20 mai 2020, reprise des services. J’aime la BNU, l’importance de son fonds en Sciences humaines et sociales, ses expositions et ses conférences, son service de prêts et ses salles de lecture, la compétence et le dévouement de ses personnels.

J’ai voulu être parmi les premiers pour emprunter de nouveau des livres. J’aime la BNU et tant pis si j’ai passé une heure et cinq minutes pour retirer trois livres réservés en ligne. La semaine suivante, par deux fois, j’ai observé qu’il n’y avait plus d’attente. Je vous raconte.

10 photos prises le 20 mai 2020 dans l’après-midi.

Reprise des services à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS).

Cliquer ici pour agrandir l’image

Après deux mois de confinement, la reprise des services, annoncée par courriel, est une excellente nouvelle : commandes en ligne des documents à partir du 18 mai, retraits des documents réservés le 19 mai à partir de 13 heures.

Je m’organise pour respecter les procédures. J’ai le temps : il y a bien longtemps en effet que j’ai terminé la lecture des trois livres empruntés, tous trois portant sur l’Histoire du 18ème siècle. Habitant à 13 minutes à pied de la BNU, ce n’est pas difficile d’y aller pour faire la première opération : rendre ces trois documents en les déposant dans l’automate extérieur, ouvert 24 heures sur 24. En panne ! Pas grave : la date ultime de rendu des livres empruntés a été repoussée au 30 septembre.

Lundi 18 mai matin, je décide de passer à l’étape suivante : réserver trois livres. Aucun problème pour accéder au catalogue, pour savoir si ces documents sont disponibles à la BNU et en combien d’exemplaires. Je fais la réservation : ça roule ! Cette fois l’automate extérieur fonctionne et je peux rendre les 3 livres empruntés.

Lors de la réservation de documents, l’heure de retrait est toujours indiquée : « retrait mercredi 20 mai à partir de 10 heures ». C’est la 1ère fois que le délai est aussi long. Je ne m’en étonne pas : les lecteurs sont privés de nouveaux emprunts depuis deux mois et sont, comme moi, impatients de pouvoir réserver ; il est normal que le temps pour la livraison s’allonge.

Mercredi 20 mai. Je ne me précipite pas pour aller retirer les livres réservés. Je pouvais y aller dès 10 heures. Je m’y rends en début d’après midi. Bonne surprise : il n’y a que 5 ou 6 personnes qui attendent fort tranquillement, en bas des marches du perron de la BNU. Je prends position à la queue de la file. Je consulte mon smartphone : il est 15 heures 04.

  • Message en ligne de la BNU : « Plus de 1000 demandes de documents ont été reçues, pour cette 1ère journée de reprise. Un très grosse affluence étant prévue mardi 19 mai après-midi, nous vous conseillons de décaler votre venue de 24 ou 48h pour éviter de trop longues attentes. Vos documents sont gardés une semaine ».

10 minutes plus tard, le premier de la file d’attente, en haut des marches du perron de la BNU, est toujours la même personne. Je commence à m’inquiéter. Connaissant bien les lieux et en particulier la banque de retrait n°2, j’échafaude plusieurs hypothèses : un seul poste de retrait et non deux, problème informatique, problème avec les emprunts réservés s’ils sont plus de 10, paiement de l’amende pour non respect du délai de retour de documents, amende déjà en cours avant le confinement.

Durant ce temps, un des agents de sécurité fournit, très aimablement, les consignes de placement dans la file (respectez le sens des petites flèches bleues et placez-vous toujours sur l’une d’entre elles aux fins de respecter la distanciation physique ; si vous ne suivez pas la file, vous allez déborder très dangereusement sur la piste cyclable). Autre intervention de la sécurité : certains d’entre vous ont-ils des livres à rendre ? Si oui, l’automate extérieur étant en panne, veuillez me suivre. Remarque : d’habitude, on peut rendre les livres au guichet de la banque de retrait. Réponse : aujourd’hui, ce n’est pas comme cela.

La file extérieure diminue d’une ou deux unités. Je reprends espoir. Il fait chaud, très chaud et, tout d’un coup, je me rends compte que je vais passer 30 à 35 minutes en plein soleil, sans guère bouger, sans chapeau, sans boire et avec un masque. Je me dis que j’ai plus de chances d’attraper une insolation que la Covid-19.

Animation dans la file d’attente externe. Arrivée de deux bibliothécaires. Elles nous disent : Oui, il y a hélas de l’attente ; nous allons positionner les panneaux qui en indiquent la durée. Un petit tour et puis s’en vont. Un petit tour, et puis reviennent, avec deux panneaux sur pied, 1/2 heure et 1 heure d’attente.

Je commente avec ma causticité habituelle : « plutôt que d’afficher un temps d’attente, ne serait-ce pas mieux d’afficher un message disant « nous faisons tout pour diminuer le temps d’attente ». L’une des deux me répond : « l’organisation de la reprise des services n’est pas dans notre fonction, personne nous a demandé ce qu’on en pensait ». Je n’avais pas à me plaindre auprès d’elles. Regrets !

La première demi-heure d’attente est passée et me voici en haut des marches du perron. C’est à mon tour d’entrer. Dans le Temple de la Raison ? Plus prosaïquement, l’ombre et la climatisation s’offrent à moi.

Un agent de sécurité m’invite à me désinfecter les mains avec le liquide hydro-alcoolique. Puis, je prends de ses nouvelles ; le confinement a été difficile pour lui. Je discute toujours avec un ou deux agents de sécurité, à chacune de mes visites à la BNU.

Pas plus de 5 personnes dans la file d’attente. Les distances marquées au sol sont supérieures à 2 mètres.

Au cours de ma montée des marches, je remarque qu’une personne sort de la banque de retrait et s’approche du deuxième de la file d’attente ; je réalise qu’elle lui demande son nom : le sésame (la carte d’abonné) est sorti de la poche ou du sac. Pourquoi ? Je ne sais.

Puis une surprise agréable. Une des deux bibliothécaires, qui ont placé les panneaux de temps d’attente, vient à ma rencontre, accompagnée d’un homme, sans doute plus haut gradé qu’elle. Monsieur, votre remarque sur la forte chaleur qui s’abat sur les gens lors de l’attente à l’extérieur est juste. Nous allons voir si, dans les jours qui viennent, nous pouvons créer un abri pour les protéger du soleil. Les personnels de la BNU, je l’ai constaté à de multiples reprises, sont dévoués, aimables, et efficaces.

Après une petite heure d’attente, j’entre dans la Banque de retrait. Les deux guichets sont ouverts. Dans le bureau attenant, les livres réservés attendent d’être délivrés. Je salue un des deux guichetiers : comment va ? pourquoi occupez-vous un poste de travail qui n’est pas le vôtre ? Il me sourit, disant que les cadres doivent aussi occuper les postes plus pénibles. Le plus difficile, c’est de saisir des informations sur le clavier car il est recouvert d’une bande plastique, pas tout à fait transparente.

C’est à vous ! Celui qui prononce cette courte phrase tant attendue est le bibliothécaire qui est venu me rejoindre dans l’escalier pour imaginer des pare-soleil qui amélioreraient les conditions d’attente à l’extérieur. Je lui montre ma carte de lecteur.

Il se lève pour aller chercher les 3 livres que j’ai réservés. D’habitude, le temps de recherche est très court car le classement dans les rayons de la salle d’attente est fait selon l’ordre alphabétique des abonnés. Je vois le bibliothécaire parcourir tous les rayons. Rien. Il recommence. Rien.

Il revient au guichet. Vos livres ne sont pas là ; je ne comprends pas. Je lui demande de vérifier sur mon compte : ils pouvaient être retirés le mercredi 20 mai à partir de 10 heures. Mon smartphone indique 16 heures. Cet incident bloque un des deux guichets et allonge d’autant l’attente des abonnés suivants. Deux incidents sur les deux guichets et ce serait le blocage absolu.

Pourriez-vous revenir ? Je réponds que je préfère attendre. Un coup de téléphone est donné à une salariée en back-office. Elle arrive au bout de quelques minutes avec mes livres ; elle est allée les chercher dans les rayons des salles de lecture.

L’attente a été productive ; retraité, je pouvais attendre sans aucun problème. Mais, j’ai manifesté de l’énervement, perturbant les procédures. J’ai ainsi fait perdre du temps à tout le monde au lieu d’en faire gagner.

Que tous les personnels de la BNU veuillent bien accepter mes excuses ! J’ai voulu une fois encore jouer au lièvre, plutôt qu’à la tortue.

Cette chronique est ma dernière chronique qui porte sur les universités, l’enseignement supérieur et la recherche contemporains. Finie, la saison 7 du blog. Vive la saison 8.

Le blog sera désormais consacré à l’Histoire du XVIIIème siècle en France et en Europe : évènements, guerres et traités, rois et ordres, institutions et organisation des pouvoirs, universités et académies, architecture et arts, économie et développement, inventions et savants, population, épidémies, et mortalité, biographies…

Histoire privilégiant la période de la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). Une place est alors donnée à l’image, images de villes par lesquelles Louis XV est passé : Lille, Metz, Nancy, Lunéville, Saverne, Strasbourg, Fribourg en Brisgau.

Et pour cette histoire et encore plus qu’avant, j’aurai besoin des services de la BNU. Que voulez-vous, je l’aime..

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