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Louis XV offrant la Paix à l’Europe

Louis XV offrant la Paix à l’Europe, esquisse du frontispice de la thèse soutenue en Sorbonne le 7 mars 1738 par François Armand de Rohan-Soubise. Musée des Arts Décoratifs (Palais Rohan, Strasbourg)

Diaporama de 11 photos.

par François Lemoyne. Cliquer sur les images pour les agrandir

Sources. Biographie de François Armand de Rohan-Soubise (1717-1756). Une carrière dans le Clergé, étonnante et rapide, apportant des bénéfices ecclésiastiques de plus en plus rémunérateurs, mais interrompue par la mort à l’âge de 38 ans. Extraits de l’article de Wikipédia.

1729. Louis XV donnant la paix à l’Europe. Il tend un rameau d’olivier et reçoit ses deux filles jumelles, des mains de la Fécondité et de la Piété.

Château de Versailles

Le cardinal De Soubise in Les cardinaux français au 18ème siècle.

Biographie détaillée

1717 (1er décembre). Naissance de François-Armand de Rohan, dit cardinal de Soubise. Jeune, on l’appelle prince de Tournon, puis abbé de Ventadour. Il est le petit-neveu de son prédécesseur à Strasbourg, Armand Gaston Maximilien de Rohan dont il fut le coadjuteur et le frère de Charles de Rohan, prince de Soubise.

1729 (11 ans). Louis XV donnant la paix à l’Europe par François Lemoyne. Le jeune souverain, âgé de dix-neuf ans, tend un rameau d’olivier et reçoit ses deux filles jumelles, Louise-Elizabeth et Anne-Henriette (nées le 17 août 1727), des mains de la Fécondité et de la Piété. Dans le fond, la Discorde s’efforce vainement de rouvrir les portes du temple Janus.

1736 (18 ans). Il est abbé de Saint-Epvre au diocèse de Toul.

1737. Il est abbé-prince de Murbach et de Lure.

1738 (20 ans). Louis XV offrant la Paix à l’Europe, par François Lemoyne, esquisse du frontispice gravé de la thèse soutenue en Sorbonne le 7 mars 1738 par François Armand de Rohan-Soubise.

Comme en 1729. Louis XV offre la paix. Le Traité de Vienne est signé le 2 mai « 1738 entre la France et l’Autriche, confirmant les préliminaires de 1735 et concluant la guerre de la Succession de Pologne. Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, renonçait à la Pologne et recevait la Lorraine et le Barrois, qui passeraient à la France à sa mort ».

Cette allégorie était suspendue jusqu’à la Révolution dans la chambre à coucher de l’hôtel des évêques de Strasbourg à Paris. Elle est aujourd’hui exposée dans le Musée des Arts décoratifs (Palais Rohan, Strasbourg).

1738 (20 ans). Après avoir terminé ses études théologiques, François Armand de Rohan-Soubise est nommé prince de Tournon.

1740 (2 septembre). Il entre au chapitre de la cathédrale de Strasbourg, par l’influence de son grand-oncle, l’évêque du lieu.

1741 (15 juillet). Il est élu membre de l’Académie française, en remplacement de Charles Armand René de La Trémoille. Il est reçu le 30 décembre par l’évêque de Mirepoix, Boyer.

1741 (23 décembre). Il est ordonné prêtre dans la cathédrale.

1742 (24 ans). Il devient évêque in partibus de Ptolémaïs (Palestine) et coadjuteur de son oncle avec dispense papale, garantissant ainsi le droit à la succession à Strasbourg épiscopale.

1742 (4 Novembre). Consacré évêque dans la cathédrale de Strasbourg par le Cardinal Armand-Gaston-Maximilien de Rohan de Soubise son oncle et évêque, assisté de Scipion Bégon, évêque de Toul, et Claude-Antoine de Choiseul-Beaupré, évêque de Châlons.

1745 (27 ans). Nommé Grand Aumônier de France par Louis XV.

1747 (29 ans). Il est fait cardinal par le pape Benoit XIV.

1748. Traités d’Aix-la-Chapelle mettant fin à la Guerre de Succession d’Autrice. La guerre dans les Pays-Bas autrichiens (la Belgique aujourd’hui) se termine par la victoire des troupes royales. Néanmoins, Louis XV refuse d’annexer les territoires conquis par les armes. Naît l’expression : « bête comme la paix »;

1749-1756. Le cardinal de Soubise devient prince-évêque de Strasbourg en 1749, et abbé commendataire de La Chaise-Dieu la même année en se défaisant de celle de Saint-Epvre.

Il est Recteur de l’université de Paris.

1756 (38 ans). Il meurt à Saverne d’une phtisie, âgé de 39 ans seulement.

Pour aller plus loin (page 2) : deux chroniques de ce blog sur les Rohan, datées de juin 2020 + texte du discours de réception à l’Académie française.

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Le siècle des Lumières. Diderot

Source. Version abrégée des articles du numéro spécial d’Hérodote.net (avril 2022), consacré au Siècle des Lumières.

Diderot (1713-1784). Un philosophe athée au Siècle des Lumières

« Parmi les philosophes des Lumières, on cite en priorité Voltaire le flamboyant ou Rousseau le boudeur. Ensuite seulement vient Diderot, le père de l’Encyclopédie. Pourtant le penseur mérite une place plus insigne dans ce panthéon, place que ce touche-à-tout aurait pu facilement conquérir s’il n’avait pas été si discret »…

Autres articles du numéro spécial

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Le vignoble : 80 espèces virales

L’édition 2022 de la finale Alsace Ma thèse en 180 secondes a eu lieu jeudi 24 mars à l’Université de Strasbourg. Les 11 finalistes ont présenté leurs travaux de recherche devant un public nombreux et enthousiaste. Source : Communiqué de presse de l’université de Strasbourg.

Anne Cousin. 1er prix du jury et prix du public

Institut de biologie moléculaire des plantes. Biologie et biotechnologie des virus de la vigne.

Thèse d’Anne Cousin : Nanocorps pour la détection et la résistance aux virus responsables de maladies de la vigne.

Saviez-vous que la vigne est l’une des cultures les plus fortement touchées par les virus ? A ce jour, on compte près de quatre-vingts espèces virales capables d’infecter nos vignobles. Afin de dépister les plants et de prévenir les maladies, je développe des tests à partir d’anticorps de… lamas.

10 juin 2014. Finale nationale de la 1ère édition de Ma thèse en 180 secondes.

Grâce au rectum d’un ver ; Marie-Charlotte Morin de l’université de Strasbourg avait gagné le prix du jury et le prix du public. Le sujet de thèse : Rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans.

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Sélestat. Les maîtres et les élèves

Bibliothèque Humaniste de Sélestat, École latine (1450-1520), Exposition jusqu’au 30 juin 2022. Les Humanistes font la classe. Suite de la chronique : Sélestat. A l’école des Humanistes.

Les maîtres de l’école latine, comme Beatus Rhenanus, enseignent devant des élèves répartis par classe, selon leur âge et selon leur degré de maîtrise du latin. Ils utilisent les ouvrages de la bibliothèque, en font copier des pages sur des cahiers et les commentent. Parmi les maîtres de l’Antiquité figurant dans l’exposition et présentés dans cette chronique : Terence, Suétone, Tertullien, Justinien 1er, Bède le Vénérable.

Diaporama de 25 photos : livres manuscrits ou imprimés, cartels, détails.

Cahier d’écolier de Beatus Rhenanus (1498-1499).

Étude de textes de Virgile, de Martial, d’Ovide

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Les Humanistes de Sélestat. « Le mot Humanitas, en latin, désigne la culture, et c’est pourquoi l’on nommera ceux qui y adhèrent les Humanistes. Cela désigne ainsi une école de la pensée gréco-latine, basée sur le retour aux textes anciens et aux philosophes de l’Antiquité, pour former une éthique fondée sur la dignité de l’homme, pour qu’il se sente maître de son destin, une conception générale de la vie, commune à tout l’Occident, axée sur la croyance, peut-être un peu utopique, au salut de l’homme par lui-même, aidé par le savoir et la culture ».

A. Gregor Reisch, Typus Grammatice, Margarita Philosophica Nova, imprimé à Strasbourg entre 1503 et 1525, Gravure sur bois, New York, Bibliothèque de l’université de Columbia. Source : Utpictura, Aix-Marseille Université.

« Nicostrata, l’inventaire des lettres de l’alphabet qu’elle tient d’une main, ouvre la clef de la tour du banquet philosophique (triclinium philosophiae) pour un enfant qu’elle invite à entrer.

« L’entrée est un accès à la congruitas, c’est–à-dire à l’accord, à la conciliation des catégories grammaticales latines (nombre, personne, genre, cas).

Les deux premiers étages de la tour sont consacrés à l’apprentissage des grammairiens latins, Donatus – 315-380, pour l’ars minor -, et Priscien  – actif de 500 à 530, auteur des Institutiones grammaticae -.

Viennent ensuite trois étages consacrés aux disciplines et aux auteurs du trivium et du quadrivium. D’abord Aristote (383-322 avant J.C) pour la logique, Tullius (c’est-à-dire Cicéron) pour la rhétorique et la poétique (rhetorica poesis) et Boèce pour l’arithmétique.

Puis Pythagore pour la musique, Euclide pour la géométrie et Ptolémée pour l’astronomie.   

Puis le Philosophe (c’est-à-dire Aristote) pour la physique et Sénèque pour la philosophie morale.

Enfin, tout en haut, Pierre Lombard (vers 1100 – 1160) pour la théologie et la métaphysique« .

B. Térence (environ 190-159 avant J.C), auteur de Comédies. Source : Eduscol.

« Térence est considéré comme le plus grand auteur comique latin avec Plaute (environ 254-184 avant J.C), qui était de quelque soixante ans son aîné. L’essentiel de sa vie nous est connu par le témoignage de l’historien Suétone qui a écrit une Vita Terentii (Vie de Térence), ainsi que par les différentes didascalies accompagnant ses œuvres.

Distingué par Caecilius Statius, un vieil auteur comique en renom, Térence fait représenter sa première comédie, L’Andrienne, en 166 avant J.C, la jeune fille de l’île d’Andros  dans les Cyclades. Un jeune homme aime une jeune fille pauvre, mais son père veut qu’il épouse la fille d’un ami, laquelle aime un autre jeune homme. Au dénouement, on découvre que les deux jeunes filles sont sœurs et les deux couples pourront s’unir selon leur cœur.

Terence est désormais accueilli dans la société des grandes familles aristocratiques, adeptes ferventes de l’hellénisme, et devient le poète attitré des cercles érudits. Mais, par jalousie sans doute, on prétend que ses amis Scipion Émilien et Laelius l’aideraient dans ses créations, voire qu’il ne serait que leur prête-nom…

La carrière de Térence, aussi brillante que discutée, demeure fort brève. Après avoir produit six comédies, il quitte Rome, où il ne reviendra plus. Il meurt, à peine âgé d’une trentaine d’années, en 159 avant J.C, au cours d’un voyage en Grèce. Deux versions circulent alors sur les circonstances de sa mort : parti chercher de nouveaux sujets de pièces encore inédites à Rome, il se préparait à ramener les manuscrits de nombreuses comédies de Ménandre qu’il avait traduites (108, dit-on), lorsque le vaisseau transportant ses bagages aurait fait naufrage ; désespéré par cette perte, il serait mort dans le Péloponnèse ».

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Sélestat. L’École latine (1450-1520)

J’ai découvert pour la première fois la Bibliothèque Humaniste de Sélestat (BHS) en décembre 2011.

Diaporama de 28 photos d’avant les grands travaux de 2014-2018.

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La BHS était visitable comme un musée, mais elle était bien davantage car elle associait une école latine (cf. partie 1) et un fonds de livres exceptionnels : des manuscrits, des incunables, des livres imprimés. Un puits inimaginable de connaissances, légué à l’approche de la mort par Jean de Westhuss, curé de la paroisse de 1423 à 1452, et par l’humaniste Beatus Rhenanus en 1547 (cf. sa biographie résumée en partie 2).

De 2014 à 2018, la Bibliothèque est l’objet d’une campagne de très importants travaux de restructuration et d’agrandissement, confiés à l’architecte Rudy Ricciotti. Trois changements réussis : la montée de la collection permanente au 1er étage, l’ouverture d’une salle de consultation pour les chercheurs, la création d’un lieu d’expositions temporaires au rez-de-chaussée (cf. partie 1).

Diaporama de 20 photos : la Bibliothèque Humaniste de Sélestat par Rudy Ricciotti

Partie 1. A l’origine de l’école latine de Sélestat, Jean de Westhuss et Louis Dringenberg. Source : citations d’un article d’Histoire-Alsace, 9 avril 2020.

« Ils sont deux à se partager la paternité de l’extraordinaire aventure humaniste qui eut Sélestat pour cadre au XVe siècle : Jean de Weshuss, curé de la paroisse de Sélestat et Louis Dringenberg, le maître de l’école latine, qui en fit un établissement de premier plan où l’on tenta de (bien) former d’excellents chrétiens. Fidèle à l’exemple des Frères de la vie commune de Deventer, un foyer ardent de spiritualité chrétienne qui prônait la pauvreté, à l’image de celle du Christ, et les bienfaits de l’éducation.

Jean de Westhuss, le curé visionnaire. Il avait été curé de Sélestat de 1423 à 1452, date de sa mort. Issu de la famille de Westhausen qui  possédait des terres à Sélestat, rien ne le destinait à la célébrité. Il aurait pu, comme beaucoup de ses pairs, s’acquitter mollement  de sa charge pastorale dans une Église en crise qui avait, depuis 1431, réuni  à quelques lieues de là  un nouveau concile. Dans un climat délétère où les pères du concile s’étaient longtemps opposés au pape. Pendant ce concile interminable qui dura dix ans et se transporta successivement de Bâle à Lausanne, puis à Ferrare et enfin à Rome, Jean de Westhuss vivait la crise de l’Église  sur le terrain. Où les prêtres étaient mal formés, les ouailles ignares, les écoles médiocres et les maîtres mal payés.

Le curé de Sélestat était convaincu que seul un enseignement de qualité était capable de faire progresser les chrétiens sur le chemin de la foi et de la pratique. Son école paroissiale ne brillait guère par l’esprit. Il s’en émut, s’en ouvrit à ses proches et se mit en quête de trouver  un pédagogue digne de ce nom. Capable de transmettre un savoir solide pour faire de ses élèves de bons chrétiens.

Des jeunes Sélestadiens  qui fréquentaient l’Université de Heidelberg lui recommandèrent  l’un de leurs aînés, un certain Louis Dringenberg, originaire de Westphalie. Il fit l’affaire, prit la direction de l’école à partir de 1441 et débuta cette merveilleuse et grande aventure  humaniste qui fit et fait encore la réputation de Sélestat.

Jean de Westhuss ne s’arrêta pas la. Il installa l’école paroissiale dans les bâtiments de l’ancienne Œuvre Notre Dame à proximité de Saint-Georges. A sa mort, en 1452, Il légua l’ensemble de sa bibliothèque à la fabrique de l’église. Par ce geste, il donna une impulsion décisive  à la constitution d’une bibliothèque paroissiale, celle de l’école latine, l’autre pilier, à côté de celle de Beatus Rhenanus, de notre Bibliothèque Humaniste. Son exemple fit des émules, d’autres bienfaiteurs suivirent son exemple.

On estime sa donation à une trentaine de volumes au contenu essentiellement  religieux. Il était prêtre après tout. Un prêtre resté exemplaire dans une Église tourmentée.  Ce qui est tout à son honneur ».

« Louis Dringenberg, l’apôtre de la jeunesse, fut le premier maître de l’école paroissiale qui acquit la notoriété. Né dans le diocèse de Paderborn vers 1410, il aurait fréquenté l’école du Mont Sainte-Agnès, près de Zwolle au Pays-Bas. Celle-ci avait été fondée par les Frères de la vie commune de Deventer, un foyer ardent de spiritualité chrétienne du Nord de l’Europe. C’est à Heidelberg qu’il poursuivit ses études à partir de 1430. En 1432, il est bachelier. Deux ans plus tard, il obtient le grade de maître ès art.  On suppose qu’il étudia la théologie par la suite.

Toujours est-il qu’il apparaît à Sélestat en 1441 pour prendre le poste de maître d’école à la demande du curé Jean de Westhuss. Le poste était devenu vacant. Son prédécesseur venait d’être renvoyé pour s’être battu, à coups de hache, avec un tailleur de pierre véhément nommé Jean de Spire

Quand il vint à Sélestat, il ne s’attendait pas à y rester 36 ans, de 1441 à 1477. Jean de Westhuss l’installe dans les locaux de l’œuvre Notre Dame et lui confie non seulement les élèves de l’école mais aussi la direction du chant sacré lors des offices dominicaux et des jours de fête. Dringenberg est un excellent pédagogue mais également un  chrétien fervent ! Il disposait des qualités requises pour aider à réformer par l’enseignement. En bon humaniste, il cultivait l’amour des belles lettres et le retour aux sources antiques sans que sa foi ne fût prise en défaut. Il n’omit pas d’enseigner aussi les pères de l’église. Rappelons que l’humanisme de cette époque est un humanisme chrétien. Celui qu’embrassera le grand Érasme de Rotterdam (1469-1536) un peu plus tard. Avec des préoccupations identiques : Former les chrétiens par l’éducation selon sa belle formule : L’homme ne naît pas homme, il le devient« …

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1776, le Doubs, navigation à vapeur

Première Partie. 1776, première navigation d’un bateau à vapeur, Le Palmipède, sur le Doubs par Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans (1751-1832). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

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« Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans (1751-1832) est le fils aîné du marquis Claude-Jean-Eugène de Jouffroy d’Abbans (1715-1796) et de Jeanne Henriette de Pons de Rennepont (1717-1793). Il commence ses études chez les Dominicains près du Château familial d’Abbans, près de Besançon..

1764 (13 ans). Son père le fait entrer à treize ans à la Cour de France du Château de Versailles, comme page au service de la princesse dauphine Marie-Josèphe de Saxe.

1767 (16 ans). La mort de cette dernière en 1767 le fait revenir au château paternel.

1768 (17 ans). il est initié à la franc-maçonnerie à la loge Sincérité de Besançon, constituée quelques années plus tôt à l’initiative de Charles de Lacoré (intendant de la province de Franche-Comté).

1772 (21 ans). Devenu lieutenant au régiment de Bourbon-Infanterie, il a une altercation — pour les faveurs d’une jeune duchesse — avec le responsable de ce régiment, le comte d’Artois, petit-fils du roi Louis XV (et futur roi Charles X). Une lettre de cachet de Louis XV l’envoie au cachot, au fort royal de l’île Sainte-Marguerite, des îles de Lérins. Ce serait lors de ce séjour qu’il observe le passage des galères, et met son enfermement à profit pour étudier les sciences et perfectionner les machines à vapeur qu’il utilisera sur ses bateaux.

1774 (23 ans). Libéré mais privé des perspectives d’une carrière militaire, il rejoint Paris et s’intéresse à la fois à la construction des navires et à l’avenir de la machine à vapeur. il entre dans une société formée par Claude d’Auxiron de Quingey, les frères Périer (banquiers), et Monnin de Follenay dont le projet est de faire naviguer un bateau à vapeur.

1776 (25 ans). Peu soutenu par son père, c’est sa sœur aînée Marie Elisabeth, chanoinesse de l’abbaye de Baume-les-Dames, qui intercède auprès de l’abbesse Henriette de Damas-Cruz, cette dernière convainquant les dames du monastère de le subventionner financièrement. En 1776, avec l’aide du chaudronnier baumois Pourchot, il construit sa première embarcation, le Palmipède, dont une machine à vapeur actionne des rames en forme de palme. Il parvient à naviguer avec succès pour la première fois de l’histoire de la navigation sur le bassin de Gondé, là ou le Cusancin se jette dans le Doubs, à Baume-les-Dames, aux mois de juin et juillet de la même année. Les deux paires de rames de chaque côté du bateau empêchent le passage aux écluses, et ce relatif échec du procédé de propulsion incite son inventeur à abandonner ce projet.

1781 (30 ans). Brouillé avec ses associés, et renié par sa famille, Claude François de Jouffroy d’Abbans se retire dans son château d’Abbans, pour étudier une évolution de son bateau à vapeur. Il crée une société à Lyon pour exploiter le Pyroscaphe, premier bateau à roues à aubes de 46 mètres de long, muni de nouvelles pales montées sur des aubes. Il est construit à Lyon avec le concours du maître de forges Antoine Frerejean.

1783 (32 ans). Le 15 juillet, il réalise, au nord de Lyon, une spectaculaire démonstration publique devant dix mille spectateurs en remontant la Saône sur plusieurs kilomètres, de la cathédrale Saint-Jean de Lyon à l’Île Barbe, durant environ un quart d’heure ».

Seconde Partie. L’expérience de Jouffroy d’Abbans en 1783 et la navigation à vapeur dans la région lyonnaise (catalogue d’exposition), compte-rendu en ligne (Persée) par Jacques Payen, Revue d’histoire des sciences, Année 1985, 38-1, pp. 89-91.

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Pierre le Grand : accéder à 2 mers

Pierre 1er le Grand en guerre (1695-1721). Deux champs de bataille pour accéder à deux mers, au Sud à la mer Noire sur laquelle les Ottomans règnent sans partage, à l’Ouest à la mer Baltique, sur laquelle les Suédois font la loi. Source : extraits de l’article de Wikipédia consacré à Pierre le Grand. Lire également la chronique du 13 février 2022 (version abrégée d’un article d’Hérodote-net : Pierre 1er le Grand (1672-1725).

« Devenu seul souverain de Russie en 1696 et empereur en 1721, Pierre 1er le Grand (1672-1725) allait mener les réformes qui transformeraient la Russie et en feraient une grande puissance européenne, une fenêtre ouverte sur l’Occident pour arracher son pays de la pesanteur de ce qu’il appelait la Barbarie asiatique« .

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Partie 1. Accéder à la mer Noire. Campagne contre les Tatars de Crimée (1695-1700) et campagne contre les Ottomans (1710-1711).

1695. « Au printemps, Pierre envoie une armée contre les Tatars de Crimée pour détourner l’attention des Turcs et se dirige vers la forteresse d’Azov qui, située sur le Don à 16 km de la mer d’Azov, offre un accès indirect à la mer Noire. Cependant il ne parvient pas à prendre la ville.

1698. Il se décide alors à construire une flotte, installant un chantier naval à Voronej, situé sur un affluent du Don, et associe tout le pays à cette œuvre nationale : c’est la création officielle de la Marine impériale russe. La ville est prise l’année suivante, en juin, et Pierre Ier fonde la première base navale russe à Taganrog en septembre 1698.

1698-1702. Cette base navale est commandée par l’amiral Fédor Golovine et le vice-amiral Cornelius Cruys en devint le premier gouverneur en 1711.

1700. Par le traité de Constantinople, les Russes se voient reconnaître par la Sublime Porte la possession d’Azov et de la base de Taganrog, et obtiennent en outre le droit de conserver et d’avoir un ministre permanent dans l’Empire ottoman. Cette campagne marqua la première offensive militaire réussie par l’armée russe sur un sol étranger depuis plusieurs siècles, et établit la Russie comme étant un pays important dans la diplomatie européenne.

Toutefois, le contrôle de la seule mer d’Azov ne lui offrait pas une voie suffisante pour le commerce, tandis que la paix avec le sultan Moustapha II permet à Pierre de se tourner vers la mer Baltique ».

10 ans plus tard. 1710-1711, Guerre russo-turque.

1711. « Catherine 1ère accompagne son époux dans sa campagne contre l’Empire ottoman, et lui rend le plus important service en traitant avec les ennemis qui le tenaient enfermé sur les bords du Prout : elle achète au prix de ses pierreries la retraite du Grand vizir.

Catherine 1ère, épouse de Pierre 1er le Grand

1711 (23 juillet). Le traité du Prout entérina la victoire de Constantinople : la Russie lui concédait les ports d’Azov et de Taganrog dont elle s’était emparée en 1697. En échange, Pierre Ier obtint d’Ahmet III qu’il s’abstienne d’ingérence dans le conflit entre la Russie et le roi de Suède ».

La Russie a donc échoué à accéder à la mer Noire. Mais ce n’est que partie remise. Catherine II de Russie, impératrice de 1762 à 1796, y parviendra au terme de la guerre russo-turque de 1768-1774.

« En août 1772, commencent les négociations de paix entre la Russie et l’Empire ottoman, mais elles traînent en longueur car la Sublime Porte est réticente à céder sur tous les plans. Finalement, le maréchal Roumiantsev franchit le Danube et entre en Bulgarie, contraignant le sultan à accepter la paix. Le 21 juillet 1774, les deux pays signent le traité de Küçük Kaynarca.

La Russie renonce aux principautés danubiennes, mais obtient les ports d’Azov et de Kinburn. La Crimée devient indépendante, mais dans les faits, le khanat devient un protectorat de la Russie. Le sultan reconnaît aussi la souveraineté russe sur les Cosaques Zaporogues. Catherine II obtient la construction d’une église orthodoxe à Constantinople qui va devenir le symbole de la protection de la Russie sur les chrétiens de l’empire ottoman. La Russie obtient également des privilèges commerciaux ainsi que des consuls pour y veiller. Les navires commerciaux russes peuvent désormais naviguer sur la mer Noire. La Turquie doit verser une indemnité de guerre importante à la Russie« .

L’empire ottoman céda des territoires à la Russie directement (hachurés en rouge-vert) et indirectement via l’indépendance du Khanat de Crimée (hachuré en jaune-vert) que les Russes annexeront en 1783.

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In Memoriam : Pierre Bourdieu

Vingtième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu (1er août 1930 – 23 janvier 2002).

Le début de carrière. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1960. « Pierre Bourdieu regagne Paris, devient l’assistant de Raymond Aron à la Faculté de Lettres de l’Université de Paris. Raymond Aron fait également de lui le secrétaire du Centre de sociologie européenne, institution de recherche qu’il a fondée en 1959, à partir de reliquat de structures d’après-guerre et avec l’aide financière de la fondation Ford. »

1961-1965. Pierre Bourdieu est enseignant de sociologie à la faculté des Lettres de Lille, rue Auguste Angellier. En 1964, il publie les Héritiers avec Jean-Claude Passeron.

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1964-1966. Source : souvenirs personnels. En 1964-1965, Pierre Bourdieu a 34 ans, donne des cours dans le cadre du certificat Morale et Sociologie. Une petite centaine d’étudiants de philosophie et une dizaine d’étudiants inscrits dans la licence de sociologie, créée en 1958, comme le doctorat de sociologie. Du fait de ce faible effectif, la plupart des cours sont mutualisés avec les étudiants en philosophie, ou en psychologie, ou en démographie, ou en économie politique. Je suis inscrit en sociologie.

Dans l’amphi, Pierre Bourdieu va et vient dans l’allée centrale, lit des extraits d’Économie et Société de Max Weber qu’il tient dans à la main. Mais il s’agit de la version en allemand ; il traduisait en temps réel. Nous étions subjugués.

Les 12 étudiants lillois en sociologie n’étaient pas des Héritiers. Ils en étaient fiers. La plupart avaient choisi la sociologie pour changer la société. Comment ? Et pourraient-ils en vivre ? Ils n’en savaient trop rien. Bourdieu, Passeron et Chamboredon ne publieront le Métier de sociologue qu’en 1966.

Après le cours, il arrivait à Pierre Bourdieu de nous rejoindre dans la petite bibliothèque du 5ème étage. Il discutait avec nous, proposait quelquefois d’aller prendre une bière au café de la place Philippe Le Bon, siège de la faculté des Sciences. Je n’ai pas souvenir qu’il nous ait mentionné la naissance de son fils Emmanuel en avril 1965 ; il n’était pas là pour nous parler de sa vie privée.

Il nous a par contre associés à une partie de l’enquête dont les résultats seront publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966, compte-rendu par Régine Rodriguez, L’Homme et la société, Année 1967, 3, pp. 220-222.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de les reconnaître, leur visite terminée. Nous leur posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous).

Étudiants, nous trouvons que la sociologie, c’est plutôt sympa : enquêter sur le terrain, rencontrer des gens, traiter les données et même des données quantitatives. Aucun n’effleure l’idée que l’observation in situ puisse être gratifiée ; les indemnités de stage seront pour plus tard.

1964-1965. Jean-Claude Chamboredon est l’assistant de Pierre Bourdieu à Lille. Il est décédé le 30 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Extraits de l’Hommage à J-C. Chamboredon. Les apprentis sociologues que nous étions ignoraient tout de son statut. C’était un parisien, nous étions des provinciaux plutôt impressionnés par cet habitué du TEE, Trans Europe Express, 1 heure 57 pour faire Paris-Lille. Impressionnés bien qu’il fût très jeune (26 ans), de petite taille et habillé toujours pareil : veston bleu marine, pantalon gris, chemise blanche ; une cravate ? Nous ignorions tout de son excellent parcours scolaire ; il ne le mettait d’ailleurs jamais en avant.

En travaux dirigés, il nous faisait travailler sur les photographies que nous avions apportées. Encore un livre en vue : sous la direction de Pierre Bourdieu (Luc Boltanski, Jean-Claude Chamboredon), Un art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie, Éditions de minuit, Collection Le sens commun, 1965, 368 pages.

1965 (juillet). Cinq des douze étudiants en sociologie de Lille sont invités par Pierre Bourdieu pour un stage d’une semaine dans son centre de recherche de la rue Monsieur le Prince (Paris 6ème). Séminaires de recherche, travaux pratiques sur les données de l’enquête sur la pratique sociale de la photographie, sur la fréquentation des musées. Nous logions dans le pavillon du Maroc à la Cité internationale. Jacques-Yves Eloy nous avait photographiés, Richard Biéganski et moi, dans le Jardin du Luxembourg.

1966 (juin). Douze étudiants obtiennent la licence de sociologie à la Faculté des Lettres de Lille, dont les 5 qui ont suivi le stage de Paris.

1966 (septembre). Je commence une thèse sur les délégués du personnel dans l’industrie textile du Nord de la France. Mon directeur est Jean-René Tréanton : il m’a trouvé une bourse de thèse. Le doctorat soutenu en février 1969, j’entre au CNRS, comme attaché de recherche dans le laboratoire de Sociologie industrielle, dirigé par Alain Touraine.

Je perds de vue Pierre Bourdieu. Je lui voue et lui vouerai une éternelle reconnaissance pour cette première année de formation à la sociologie à Lille, en 1964-1965.

1975. Pierre Bourdieu  fonde les Actes de la recherche en sciences sociales.

1981. Pierre Dubois et Daniel Chave, Les Mutants dans l’usine. Production de la Mobilité et Mobilité dans la Production, article écrit pour la revue dirigée par Pierre Bourdieu. Le titre choisi est un clin d’œil : notre maître n’avait-il pas écrit « Paysans sans terre et terres sans paysans ».

Malgré cela, l’article est refusé par le Comité de rédaction : il faut avouer que l’article était une lettre à un ouvrier que l’on tutoyait. Qu’à cela ne tienne ! Article proposé, accepté et publié par Les Temps Modernes, 2 / 1981, pp. 1352-1387. Traduction : I Mutanti nella fabrica, Unita Proletaria, 3/4/1981, pp. 92-102.

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1702. Cl. Charles et Duc Léopold

1702. Claude Charles, peintre du duc Léopold 1er, premier directeur de l’Académie de peinture et de sculpture de Nancy et Lunéville.

Diaporama de 25 photos, musée du château de Lunéville, juillet 2020.

A. Claude Charles, peintre. Source : larges extraits de l’article éponyme de Wikipédia.

Claude Charles est né le 6 janvier 1661 à Nancy, fils de Jean Charles procureur au bailliage et tabellion à Nancy.

Il est d’abord élève, à Épinal, de Jean-Georges Gérard qui excelle à peindre des Vierges d’après Dom Calmet.

Tout juste âgé de 16 ans, il part à Rome où il fréquente pendant neuf années Giovanni Morandi et Carlo Maratta, puis d’autres artistes pendant un court séjour à Paris où il copie Poussin dans la galerie de Fréart Chantelou.

Vers 1688, il revient à Nancy pour y épouser le 10 septembre 1690 Anne Racle, fille d’une famille d’orfèvres et de graveurs. En 1688, la ville est toujours occupée par les Français.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1697. Sous le jeune Duc Léopold (1679-1729), la Lorraine redevient indépendante.

Léopold Ier, dit le Bon, né en 1679 à Innsbruck et mort en 1729 à Lunéville, est duc titulaire de Lorraine et de Bar de 1690 à 1697 et duc effectif de 1697 à 1729.

1700 (vers). Portrait de Léopold 1er, duc de Lorraine et de Bar

Portrait attribué à Nicolas Dupuy (1650-1711), premier peintre du duc, musée du Château de Lunéville, huile sur toile. Le modèle est représenté en cheveux, sans la lourde perruque qu’il adoptera plus tard.

1702. Claude Charles devient peintre ordinaire du duc Léopold de Lorraine. Dès 1702, il est le premier directeur de l’Académie Royale de peinture et de sculpture de Nancy.

1702. Peintures de Claude Charles, représentant les allégories de quatre sciences : l’architecture, la géométrie ou la mathématique, la sculpture, la géographie ou chorographie.

Allégorie de la Géographie ou Chorographie

Toujours d’après Dom Calmet, il a parmi ses nombreux élèves : Chaman, Durand, Jean-Charles François devenu graveur, Jean Girardet, Claude Jacquart, Joseph Gilles dit Provençal.

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1745. 1er mariage du dauphin Louis

Louis-Ferdinand de France (1729-1765), dauphin du Viennois, est l’aîné des fils du roi Louis XV et de son épouse Marie Leszczynska. Mort avant son père, il n’accéda jamais au trône, mais il est le père de trois rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Le 23 février 1745 dans la chapelle du château de Versailles, Louis-Ferdinand, dauphin de France (1729-1765), épouse Marie-Thérèse, infante d’Espagne (1726-1746). Le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, est l’officiant.

Source de la gravure. Les lettres majuscules dans le bandeau du bas permettent de localiser et d’identifier les principales personnalités présentes. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Source : citations de l’article de Wikipédia.

1729 (4 septembre). « Louis-Ferdinand est le quatrième enfant, le premier fils du couple royal. A sa naissance, le roi Louis XV n’a que dix-neuf ans. L’enfant est baptisé à Versailles huit ans plus tard, le 27 avril 1737 avec pour parrain le duc d’Orléans, et pour marraine, la princesse de Condé.

L’éducation du dauphin fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais au seuil de la vieillesse et de vues étroites. De fait, il eut pour sous-précepteur l’abbé Joseph de Giry de Saint Cyr, membre de l’Académie française. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l’anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d’autres disciplines. En revanche, il détestait l’activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes. Le prince devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.

Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœurs, ce fut un enfant orgueilleux voire tyrannique, mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa lignée, Saint Louis.

1736 (le dauphin a 7 ans). Le roi fait paraître ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Celle-ci est bientôt supplantée par sa sœur, la comtesse de Vintimille, laquelle meurt en couches en 1741. La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt titrée duchesse de Châteauroux) lui succède.

1738 (9 ans). Les quatre plus jeunes sœurs du dauphin quittent la cour pour l’abbaye de Fontevraud où elles doivent être éduquées à moindre frais. Ne restent à la cour que ses aînées, les jumelles Mesdames Élisabeth et Henriette et sa cadette Madame Adélaïde ».

« Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l’adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, le dauphin s’escrime à ne pas ressembler à son père, optant dès son enfance pour une dévotion profonde et assumée.

1739 (10 ans). Désirant laver l’affront que le duc de Bourbon avait commis envers la cour d’Espagne en rompant arbitrairement les fiançailles du roi, Louis XV s’était engagé à marier sa fille aînée à un infant d’Espagne et son fils à une des infantes. Ainsi Madame Première fut-elle mariée dès qu’elle fut nubile (à douze ans) à l’infant Philippe en 1739, mariage peu brillant pour une princesse de France puisque l’infant, étant le troisième des fils survivants du roi, était un cadet sans réel avenir. Louise-Élisabeth de France (1727-1759), fille de France, puis infante d’Espagne et duchesse de Parme et de Plaisance ». Lire la chronique du blog : Fête pour un mariage royal.

1744 (15 ans). « Louis XV tombe malade à Metz. Avant de lui donner l’extrême-onction, l’aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite, ainsi qu’une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis, qui est donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père, ce que le roi, comprenant les manœuvres intrigantes du précepteur, trouve fort mauvais… L’humiliante confession publique que le roi se doit d’effectuer devant les menins du Dauphin et la population messine fait un très mauvais effet sur l’adolescent ». Lire la chronique du blog : le roi se meurt ?

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