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Beaumarchais l’insolent (1732-1799)

Le Musée Carnavalet / Histoire de Paris consacre une salle à Pierre-Augustin Caron, né en 1732. Celui-ci prendra le nom De Beaumarchais en 1756. Partisan de la Révolution, il s’exilera cependant sous la Terreur, avant de revenir à Paris. Il mourra en 1799, dans la gêne. Il avait 67 ans.

Diaporama de 21 photos

Beaumarchais en 1773, eau-forte d’Augustin de Saint-Aubin

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S’appuyant sur les œuvres du Musée, cette chronique n’évoque que certaines des périodes de la vie de Beaumarchais : A. L’horlogerie. B. L’opéra Tarare (1787), C. L’Hôtel particulier proche de la Bastille, confié de 1787 à 1789 à l’architecte Lemoine le Jeune.

Se référer à l’article de Wikipédia pour une biographie complète. Beaumarchais l’insolent est La référence filmique pour une biographie fondée sur des faits réels. Comédie d’Édouard Molinaro, en 1996, Fabrice Luchini jouant avec brio le rôle de Beaumarchais. Bande annonce du film (1’52). Musique originale (2’40). Film à la demande (VOD).

A1. Beaumarchais et l’horlogerie. Source : extraits de Wikipédia

« Pierre-Augustin, après des études dans une école d’Alfort de 1742 à 1745, entre en apprentissage dans l’atelier paternel à l’âge de 13 ans. Il donne du fil à retordre à son père, qui le chasse quelque temps de la maison familiale, mais finit par devenir un artisan compétent, puisqu’il invente, en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit « à hampe » ou « à double virgule » (peu utilisé aujourd’hui du fait des problèmes de frottement) ; ce sera l’occasion d’une première controverse : l’horloger du Roi Jean-André Lepaute s’attribue l’invention et Beaumarchais doit faire appel à l’Académie des sciences pour que lui soit reconnue la propriété de l’invention. Il devient fournisseur de la famille royale. Il ne tarde toutefois pas à abandonner l’horlogerie ; Jean-Antoine Lépine qui le remplace dans l’atelier paternel, devait épouser sa sœur Fanchon et devenir l’associé en 1756, puis le successeur d’André-Charles Caron.

Il prend le nom de Beaumarchais en 1756. Il épouse Madeleine Catherine Aubertin, de dix ans son aînée. La mort de celle-ci, un an plus tard, marque le début d’une longue série de conflits juridiques ».

A2. Bibliothèque Nationale de France (BNF), Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Article Horlogerie, réveil à poids.

« Pierre-Augustin Caron apprend le métier auprès de son père, grand horloger parisien. Ingénieux, il invente à 21 ans un nouveau système qui améliore l’exactitude des horloges (c’est l’échappement à double virgule). Or Jean-André Lepaute, horloger du roi, s’en attribue le mérite dans Le Mercure de France. Pierre-Augustin Caron lui intente un procès, fait appel à l’Académie des sciences et obtient gain de cause.

Il est maintenant connu à la Cour et nommé Horloger du roi.

Horloge de Caron / Beaumarchais

En 1759, faveur insigne, il est nommé professeur de harpe de Mesdames, les quatre filles du roi Louis XV, qui résident à la cour.

Il perfectionnera par la suite le mécanisme des pédales de harpes« .

A.3. Musée Carnavalet, Harpe à pédales. Jean-Henri Naderman (1734-1799)

« Originaire de Westphalie, Jean-Henri Naderman s’installe à Paris dès 1762. Luthier, éditeur et marchand de musique à partir de juin 1773, il devient luthier ordinaire de Madame la Dauphine puis luthier de la Reine. Naderman fait preuve d’un sens artistique développé qui le démarque de ses confrères. Il produit un type de harpe à l’ornementation sculptée, peinte, vernie ou dorée, d’un grand raffinement, qui dès lors fait de la harpe un objet de luxe et un élément décoratif important de l’ameublement des maisons élégantes ».

A.4. Beaumarchais, aventurier, espion… et avant tout horloger, par Judikael Hirel, Le Figaro, 3 septembre 2019.

« Avant d’être auteur à succès, éditeur, espion, créateur des droits d’auteur, Pierre-Augustin Caron, devenu de Beaumarchais par la suite, était avant tout horloger et fils d’horloger. Le seul garçon d’André-Charles Caron et de Louise Pichon naît en 1732, et son destin semble tout tracé : prendre la relève de cette lignée d’horlogers huguenots. Son père, maître horloger, abjure le protestantisme en 1721. Mais c’est surtout, plus que cette conversion forcée, son invention de la première montre squelette que l’histoire horlogère a retenue.

Vers 1760, sans doute inspiré par la pensée des Lumières, il imagine que les amateurs de garde-temps aimeraient en découvrir les arcanes, être éclairés sur leur fonctionnement. Il a alors l’idée d’en dévoiler les rouages complexes via une montre squelette, permettant d’admirer la complexité du mouvement. C’est finalement à Jean Antoine L’épine, qu’il forme au métier d’horloger et deviendra son gendre, qu’il s’associe, et non à son fils. Ce sera un disciple talentueux puisqu’il contribuera à affiner les montres en inventant le calibre qui porte son nom, et que ses complications horlogères feront de lui l’horloger du Roi Louis XV, à qui il présentera une montre astronomique associant équation du temps et quantième perpétuel.

Dépossédé de son invention par… l’horloger du Roi. Pour autant, en tant qu’horloger, Pierre Augustin Carton n’était pas, lui non plus, dénué de talent. Entré en apprentissage chez son père dès ses 13 ans, il invente en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit à hampe ou à double virgule, améliorant la précision des montres. Une invention qui le portera jusqu’à la cour, pour ne pas s’être laissé faire, malgré son âge : quand l’horloger du Roi en personne, Jean-André Lepaute s’attribue son invention, le jeune homme de 20 ans ne se laisse pas déposséder et en appelle à l’Académie des Sciences. Non seulement cette découverte horlogère lui est attribuée, mais il devient ainsi fournisseur de la famille royale. En 1755, il remplace même Lepaute comme horloger du Roi.

Son ascension sociale commence, mais ce n’est pas à ses montres, plutôt à sa musique puis à ses mots que celui désormais nommé Beaumarchais la devra : Qu’étais-je donc? Je n’étais rien que moi, et moi tel que je suis resté, libre au milieu des fers, serein dans les plus grands dangers, faisant tête à tous les orages, menant les affaires d’une main et la guerre de l’autre, paresseux comme un âne et travaillant toujours ; en butte à mille calomnies, mais heureux dans mon intérieur, n’ayant jamais été d’aucune coterie, ni littéraire, ni politique, ni mystique, n’ayant fait de cour à personne, et partant repoussé de tous. Un homme libre, qui survivra à la Terreur, mort à Paris en 1799, maître en son temps du temps comme du en même temps« .

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1721. Watteau meurt à 37 ans

1721, Watteau meurt à l’âge de 37 ans. 2021 est donc l’année du tricentenaire de sa mort. La grande exposition qui lui sera consacrée est celle de Berlin (source 2, ci-dessous).

Source 1. Fabienne Manière, 18 juillet 1721, Les fêtes galantes pleurent Watteau, version abrégée, Herodote-net, 20 juillet 2021.

Antoine Watteau s’éteint à Nogent-sur-Marne. Il n’a que 37 ans.

« Le mélancolique peintre de Valenciennes apparaît comme le précurseur du siècle des Lumières, de son appétit de jouissance et de bonheur. Il nous montre la civilisation française au sommet de sa gloire, libertine, superficielle et gaie, cultivant la douceur de vivre, avec une pointe d’amertume eu égard au temps qui passe et à la jeunesse qui se flétrit ».

  • Watteau vit ses sept dernières années durant la Régence de Philippe d’Orléans. Dans son film Que la fête commence, Bertrand Tavernier a mis en valeur six personnages historiques de la Régence qui a suivi la mort de Louis XIV en 1715 (…Watteau n’en fait pas partie).

Mélancolie. « Le peintre des Fêtes galantes est né en 1684, à Valenciennes, au nord de la France, dans le ménage d’un couvreur, homme d’une si grande violence qu’il doit rendre des comptes à la justice.

L’enfant grandit dans un foyer sans tendresse. De là son tempérament solitaire et mélancolique qui le rend si proche d’un poète tel que Verlaine. Il s’initie à la peinture chez un peintre médiocre de sa ville avant de se rendre à Paris et de travailler dans l’atelier d’un peintre d’oeuvres pieuses. On y travaille à la chaîne et Watteau racontera plus tard en riant qu’il s’y était spécialisé dans les têtes de saint Nicolas et les lunettes de vieille femme !

Le règne de Louis XIV s’achève tristement dans les invasions, la famine et les épidémies. Les bourgeois et les nobles fuient la cour de Versailles et se réfugient dans les salons parisiens. Foin de peintures épiques ou allégoriques. Ces privilégiés se montrent amateurs de petites peintures décoratives pour garnir les boiseries de leurs salons et de leurs boudoirs.

Tout un petit monde d’artistes et de marchands se met à leur service. Et les gens du monde peuvent se rendre compte des dernières tendances de la mode en matière de peinture en visitant dans une salle du Louvre un Salon de peinture et sculpture qui a lieu tous les deux ans »…

Succès. Les marchands vont prendre sous leur protection Antoine Watteau, dont le talent se confirme. Tout au long de sa courte vie, le peintre va d’ailleurs vivre chez les uns et les autres, sans fonder de foyer. Dans l’atelier du peintre Gillot il découvre le théâtre de la Commedia dell’Arte qui inspirera plusieurs de ses chefs-d’œuvre comme Pierrot, dit Gilles.

Watteau développe un art inédit en phase avec le goût bourgeois de son époque. Il représente des fêtes galantes quelque peu féeriques, à l’ombre de grands arbres, comme L’embarquement pour Cythère, une allégorie de l’amour.

Watteau se rend à Londres pendant un an pour se faire soigner de la tuberculose. Mais il meurt peu après son retour, après avoir réalisé pour son ami Gersaint, en une huitaine de jours, la célèbre Enseigne de Gersaint. Elle s’ajoute à ses deux cents toiles répertoriées et à ses milliers de dessins.

Source 2. Antoine Watteau. Art, Marché, Artisanat. Exposition temporaire au château de Charlottenbourg à Berlin du 9 octobre au 9 janvier 2022.

« L’année 2021 marque le tricentenaire de la mort du peintre français Antoine Watteau (1684-1721). La gloire que cet artiste connaissait de son vivant illumine l’univers de l’art aujourd’hui encore, et ses œuvres restent des trésors très convoités des collectionneurs. La Fondation des châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg possède, juste après le musée du Louvre à Paris, la plus vaste collection de tableaux de cet artiste.

L’Enseigne de Gersaint, l’une des œuvres majeures de Watteau, sera au cœur de l’exposition. Acquise en 1756 par Frédéric le Grand (1712-1786), cette peinture est considérée comme un chef-d’œuvre depuis sa création. Créée à l’origine pour servir de panneau publicitaire à la galerie parisienne du marchand Gersaint, elle fait aujourd’hui encore l’objet de questionnements et de débats ayant trait non seulement au commerce de l’art, mais aussi, plus globalement, à notre rapport à l’art et au fait de collectionner des œuvres.

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Église de Brou. Les 3 tombeaux

Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse (66 photos de Pierre Dubois, 16 et 17 juillet 2021).

  • Diaporama 1 : 28 photos. L’Église Saint-Nicolas de Tolentin (1505-1532). La façade occidentale, les cloîtres, le jubé.
  • Diaporama 2 : 18 photos. Tombeaux de Marguerite de Bourbon, de Philibert II de Savoie, de Marguerite d’Autriche.
  • Diaporama 3 : 20 photos. Vitraux de l’église. Philibert de Savoie et Marguerite d’Autriche représentés à genoux.

Source. Extraits de Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse, Patrimoine de l’Ain.

« Fille de l’empereur Maximilien de Habsbourg et petite-fille du dernier grand-duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche (1480-1530) est veuve à 24 ans de Philibert le Beau, duc de Savoie, qui meurt en 1504 après une partie de chasse. Dès 1506, elle décide de bâtir aux portes de la ville de Bourg en lieu et place d’un modeste prieuré bénédictin, le monastère royal de Brou pour perpétuer sa gloire et le souvenir de l’amour qu’elle portait à son époux, mais aussi son ambition politique d’héritière du duché de Bourgogne et de régente des Pays-Bas.

Suite à la décision de la princesse d’être inhumée aux côtés de son époux, il s’agit désormais de construire un écrin digne de son rang qui abritera trois somptueux tombeaux : ceux de Philibert le Beau, de sa mère, Marguerite de Bourbon (1438-1483), et le sien propre. En souvenir du jour de la mort de Philibert, Marguerite exige que l’église soit placée sous le vocable de saint Nicolas de Tolentin, moine augustin italien très populaire en Savoie.

Nommée en 1506 régente des Pays-Bas pour le compte de son père puis de son neveu l’empereur Charles Quint, Marguerite suit depuis la Belgique ce chantier exceptionnel, rapidement mené (1505-1532). Elle y envoie les meilleurs maîtres d’œuvre et artistes de toute l’Europe, dont l’architecte de renom Loys Van Boghem qui succède à Jean Perréal.

En juillet 1513, la première pierre de la nouvelle église est posée. Il ne faudra que 26 ans pour construire ce magnifique chef d’œuvre, ce qui est exceptionnel à cette époque. Marguerite s’éteint le 1er décembre 1530, sans avoir vu son œuvre achevée. Son corps est inhumé à Brou en juin 1532.

Les bâtiments monastiques. Dans les premières années du chantier, la priorité est donnée à l’établissement convenable des moines augustins de Lombardie chargés de prier pour les illustres personnes enterrées à Brou. Édifiés de 1506 à 1512, les bâtiments monastiques s’articulent autour de l’église et de trois cloîtres ».

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« Chacun répond à une fonction particulière : le premier, lieu de transition entre le monde extérieur et la communauté des moines, abrite aussi les appartements de Marguerite d’Autriche ; le second, le plus vaste, remplit la fonction traditionnelle de lieu de médiation et de promenade pour les moines ; le troisième, séparé des deux autres par le grand corps du bâtiment principal, répond aux besoins pratiques de la vie monastique ; le style bressan de son architecture conduit à penser qu’il a été réalisé par des maîtres-maçons locaux. Le rez-de-chaussée abrite les salles de la vie communautaire des moines, dont deux salles capitulaires et le réfectoire. A l’étage, un vaste couloir plafonné à la française dessert les cellules avec antichambre réparties sur toute la longueur du bâtiment.

« L’aisance financière des moines du vivant de Marguerite d’Autriche s’estompe progressivement et l’entretien des bâtiments devient de plus en plus lourd. Les moines augustins déchaussés français qui leur succèdent, demeurent néanmoins à Brou jusqu’à la Révolution française, date à laquelle ils sont contraints d’abandonner les lieux.

Le bâtiment est saisi comme bien de la nation. Thomas Riboud, procureur général syndic de l’administration départementale, obtient de l’assemblée constituante que Brou soit classé monument national ce qui le garantit de toute destruction. Dès 1791, l’église sert de grenier à fourrage pour l’armée ; les bâtiments monastiques sont reconvertis en caserne pour les invalides et la garde départementale, et en prison pour les prêtres réfractaires.

L’église du monastère, unique en France par son style bruxellois, s’impose par sa remarquable toiture. Les travaux de restauration engagés de 1996 à 2000 ont restitué, conformément aux dispositions d’origine, le haut comble à deux versants pentus couvert de tuiles vernissées de quatre couleurs disposées en losange. Cette toiture d’inspiration bourguignonne affichait au loin l’ambition politique de la princesse à recouvrer le duché de Bourgogne ».

« Bâtie selon un plan traditionnel en croix latine à transept saillant, l’église exprime la virtuosité qui caractérise l’art gothique flamboyant. Les fastes du style s’épanouissent à profusion dans cette dentelle de pierre. Ce ne sont que cannelures, niches, pinacles, arcatures, archivoltes festonnées, feuilles de choux frisés… formant un exceptionnel ensemble artistique à l’aube de la Renaissance ».

« La nef dépouillée contraste avec le chœur qui concentre toute la splendeur décorative. Sobre et voûtée d’ogives, elle est flanquée de bas-côtés et de chapelles. La lumière pénètre largement à travers les verres clairs de ses grandes baies en arc brisé. N’étant pas une église paroissiale, mais un mausolée dans lequel ne priaient que les moines augustins, elle ne contient aucun banc pour les fidèles.

Le jubé a été conçu, non seulement pour séparer la nef du chœur, mais aussi pour porter une galerie. Abondamment décoré d’une dentelle de pierre, il développe trois arcades en arc surbaissé au-dessus desquelles un passage protégé par des balustrades permettait la circulation de Marguerite d’Autriche entre son oratoire et ses appartements privés ».

« Un somptueux dallage coloré et figuré ornait le sol du chœur. En faïence polychrome fragile, il a disparu progressivement sous les pas des visiteurs. Seuls 200 carreaux sont conservés aujourd’hui sur près de 9 000 à l’origine. Leur vocabulaire décoratif se rattache à la Renaissance avec une grande variété de personnages antiques, trophée d’armes ou d’instruments de musiques, entrelacs dans des tons de bleu et ocre jaune.

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Marguerite d’Autriche (1480-1530)

Marguerite de Habsbourg-Bourgogne, archiduchesse d’Autriche (1480-1530), fut successivement princesse de Bourgogne, fille de France, infante d’Espagne, duchesse de Savoie, régente des Pays-Bas.

Fortune de Marguerite d’Autriche

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Source : larges extraits de l’article de Wikipédia. Photos d’œuvres du musée du monastère de Brou.

1480. « Petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche est le second enfant (après Philippe, futur roi de Castille) de l’empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne.

1482. Le traité de paix d’Arras, accompagné d’une alliance matrimoniale, est signé le 28 avril. Que ce soit du côté français ou bourguignon, cette paix, qui met fin à quinze ans de guerre, est bien accueillie par la population, lassée de cet éternel conflit entre le Royaume de France et la Bourgogne.

1483 (Marguerite a 3 ans). Comme le veut la coutume, le 24 avril, à l’âge de 3 ans, la petite Marguerite part de Bruxelles escortée par la délégation bourguignonne. Elle est rejointe à Hesdin par Anne de France, fille de Louis XI et régente du Royaume, et par son mari, Pierre de Bourbon pour ensuite être conduite à Amboise le 22 juin, où les fiançailles avec Charles VIII sont célébrées. À Plessis-Lèz-Tours, elle est élevée en fille de France par Madame de Segré, sous la houlette de la princesse Anne de France, dame de Beaujeu. Surnommée la « petite reine », Marguerite reçoit une éducation soignée concentrée sur les langues et les arts, et elle est entourée de beaucoup d’égards, de tendresse et de soins.

1491 (11 ans). Le 17 novembre, influencé par Anne de France et pour des raisons politiques, Charles VIII se résout à répudier Marguerite afin d’épouser Anne de Bretagne. Marguerite, meurtrie, gardera toute sa vie une profonde rancœur à l’égard de la France.

1493 (13 ans). Le Traité de Senlis est signé le 23 mai et Marguerite est restituée à son père avec une grande partie de sa dot. Elle reprend donc le chemin des Pays-Bas. Son père, dans le but de lutter contre la France, se rapproche des Rois catholiques ».

Retrouvailles de Marguerite d’Autriche avec son père l’Empereur Maximilien, près de Cambrai, d’après Alexandre Colyn, après 1566 ou 19ème siècle, relief en tilleul.

« 1497 (17 ans). Le 3 avril, Marguerite d’Autriche épouse Jean d’Aragon. La lune de miel ne dure que six mois, puisque Jean, de santé fragile, décède dès le 4 octobre. Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon sont dévastés par la mort de leur fils mais, Marguerite étant enceinte, ils espèrent qu’un nouvel héritier le remplace. Leurs prières ne sont malheureusement pas entendues car elle accouche d’un enfant mort-né. Marguerite, effondrée, demeure encore deux ans en Espagne, puis rejoint Bruxelles.

1501 (21 ans). Devenue veuve, elle reste ensuite aux Pays-Bas pendant quelques années le temps que son frère et son père s’accordent à la marier de nouveau à un potentiel allié de la maison austro-bourguignonne. Le choix se porte rapidement sur Philibert II, dit Philibert le Beau, duc de Savoie qui a tout juste 20 ans, dont le territoire se trouve à la frontière entre la France et l’Italie. Le 3 décembre, elle épouse le duc. Celui-ci lui fait découvrir les joies de la chasse, des joyeuses entrées dans les villes, mais aussi les subtilités de la politique.

Marguerite a désormais une grande influence sur son mari et, sans doute mortifiée par la rupture des fiançailles françaises et par fidélité dynastique, elle oriente la politique du duché dans le sens des intérêts de son père, l’empereur Maximilien et de son frère Philippe. La Savoie sort de l’orbite française pour entrer dans celle de la maison de Habsbourg ».

Mariage de Marguerite et Philibert, vitrail de l’église du monastère de Brou, 1ère moitié du 16ème siècle

Armoiries et devise de Marguerite d’Autriche, Fortune infortune fort une

1502 (22 ans). Marguerite et Philibert s’installent à Pont-d’Ain.

1504 (24 ans). Leur bonheur est éphémère : le 10 septembre, Philibert meurt à vingt-quatre ans, des suites d’un accident de chasse. Ainsi, Marguerite se retrouve veuve pour la troisième fois (si l’on compte le roi de France) et sans enfant. Elle refuse de se marier de nouveau, malgré les propositions faites par son père et son frère.

Pendant deux ans encore, elle reste en tant que duchesse douairière en Savoie et décide également d’ériger un monument à la mémoire de son époux : le monastère royal de Brou. Voulant réaliser le vœu de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon, qui avait également voulu ériger un monument pour son époux, elle utilise les moyens importants dont elle dispose afin de construire le monastère.

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Goethe et Haffner (1751-1831)

Goethe (1749-1836) et Haffner (1751-1831)

« Fils d’Isaac Haffner, huissier, et de Suzanne-Catherine Graffenauer, Isaac Haffner fils est né le 4 décembre 1751 à Strasbourg ». Source : article de Wikipédia.

1766-1772. « Haffner fit ses études au gymnase Jean-Sturm, puis à l’Université, où il étudia les lettres et la théologie.

Portrait d’Isaac Haffner, anonyme, fin 18ème siècle d’après Robert Lefèvre, après 1807.

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Notice de la gravure : Isaac Haffner (19 ans en 1770) fréquentait la Société des Beaux-arts ou Geselleschaft der schönen Wissenschaft où il fit la connaissance de Goethe (21 ans en 1770), et avec qui il entretint une correspondance après son départ de Strasbourg.

Source : Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

« Haffner  voyagea en Allemagne (à Göttingen et à Leipzig), où il fut fortement influencé par le prédicateur rationaliste Georg Joachim Zollikofer.

1779. Il se rendit ensuite à Paris, afin de se familiariser avec la langue française.

1780 (à partir de). Il se consacra à sa carrière ecclésiastique, qu’il réussit brillamment, étant donné que la même année, il devint vicaire, puis prédicateur à l’église Saint-Nicolas de Strasbourg.

1782 (dès). A 31 ans, il dirigea également le collège Saint-Guillaume.

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Goethe et Blessig (1747-1816)

Source : larges extraits de Marcel Thomann, Jean-Laurent Blessig, Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace, 1984.

« Prédicateur, responsable d’Église, professeur, philanthrope. Strasbourg, 29 mars 1747. Strasbourg, 17 février 1816.

J.-L. Blessig fut l’aîné de 12 enfants. Sa famille est originaire de Wasselonne, au moins depuis le milieu du XVIIe siècle. Fils de Jean Laurent Blessig, pêcheur et marchand de poisson, et de Suzanne Siegwald, fille d’un aubergiste.

Anonyme, Portrait de Jean-Laurent Blessig, fin du 18ème siècle.
Celui-ci côtoyait Goethe dans les sociétés littéraires strasbourgeoises. A deux ans près, ils avaient le même âge.
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Blessig fréquenta le Gymnase protestant où il s’enthousiasma pour l’étude des langues et de l’Antiquité et se lia d’amitié avec ceux qui furent, sa vie durant, des compagnons de lutte : les frères Jean et Frédéric de Turckheim, les deux frères Spielmann et Frédéric Rodolphe Saltzmann.

En 1762 et grâce à diverses bourses, Blessig put engager des études universitaires. Docteur en philosophie en 1770. Une importante subvention lui permit d’entreprendre un périple universitaire de deux ans et demi qui le conduisit à Vienne, Venise, Prague, Dresde, Leipzig, avec séjours à Halle et léna ; de là par Berlin, Magdebourg, Braunschweig et les Pays-Bas jusqu’à Dunkerque, retour vers l’Allemagne du Nord où il passa l’hiver 1774/1775 à Goettingen. Des séjours à Paris (1779 et 1803) complétèrent sa formation.

À son retour à Strasbourg, Blessig termina ses études avec le doctorat en théologie suivi de l’ordination (1778) et entama une carrière assez extraordinaire dont voici les principales étapes au plan pastoral : vicaire au Gymnase (1775, peu de temps) ; prédicateur du soir à Saint-Pierre-le-Vieux, puis diacre de la paroisse française, prédicateur du mardi au Temple Neuf, du dimanche à Saint-Nicolas, et enfin de 1781 à sa mort, à la suite de son beau-père, prédicateur principal du Temple Neuf.

Stèle dans le Temple neuf (Strasbourg). A notre divin maître. Digne enseignant

À ces activités, s’ajoutèrent les responsabilités les plus importantes à la tête des structures ecclésiales : président de la conférence générale de Strasbourg (1797-1801), président du consistoire, et inspecteur ecclésiastique du Temple Neuf (1804) et, la même année, membre du consistoire général et du directoire de la Confession d’Augsbourg.

Parallèlement sa carrière universitaire suivit un cours assez normal à compter de 1778 (31 ans) : professeur, professeur titulaire de philosophie (1786), de théologie (1787) ; recteur de l’Université (semestre d’hiver 1786/87 – semestre d’été 1789) ; chanoine de Saint-Thomas (1794).

La réputation strasbourgeoise et internationale de Blessig est d’abord celle d’un prédicateur hors pair, l’un des meilleurs de l’Europe protestante et le seul à pouvoir s’exprimer avec un bonheur égal, a-t-on dit, en français et en allemand. Les dimanches ordinaires, il excellait dans des thèmes de l’actualité la plus quotidienne : les soins à donner aux malades, l’honnêteté commerciale, la lecture, les dangers de la loterie ou l’éducation des enfants.

Aussi des postes enviés – qu’il refusa – lui seront offerts à Francfort, Berlin ou Vienne. Mais il était avant tout l’orateur des grandes célébrations politiques ou historiques. Les textes de son discours pour le centenaire du rattachement à la France ou pour la translation du corps du maréchal de Saxe – discours qui eut un retentissement européen – de même que les panégyriques annuels de Louis XVI qu’il proposa de 1784 à 1789 sont imprimés, traduits ou recopiés et circulent de main en main.

L’activité de Blessig au service des églises de la Confession d’Augsbourg n’est pas le moindre de ses mérites. Avant, pendant et après les évènements de 1789 il a largement contribué à la pérennité du culte évangélique. Il participa à la rédaction d’un projet de décret – non suivi d’effet – pour la Constitution civile des Églises de la Confession d’Augsbourg (début 1791) puis, après la Terreur et la réorganisation napoléonienne, il fut chargé, au sein du Directoire, de l’organisation générale et du recrutement des pasteurs. ll s’inspira alors largement des structures en place en Rhénanie et sur la rive droite du Rhin. Dans le cadre de sa mission il réorganisa le collège Saint-Guillaume, fit avancer le projet d’un recueil de cantiques et d’un catéchisme, mit en place le Séminaire, se préoccupa du Gymnase et de son autonomie face au lycée impérial. Il s’intéressa tout autant aux écoles primaires paroissiales pour lesquelles il avait préconisé, dès 1792, l’adjonction d’un enseignement technique. Il y introduisit un livre de lecture, étendit l’enseignement obligatoire aux mois d’été et applaudit à la création des écoles normales qu’il dota d’une bibliothèque. Par ailleurs, il fit collaborer les pasteurs avec l’autorité préfectorale en faisant recommander en chaire des affaires aussi profanes que la vaccination, la conscription ou l’entretien des chemins ruraux…

Blessig a été un fervent partisan de la Révolution à ses débuts. Membre élu de la municipalité, il recommanda le futur « terroriste » Euloge Schneider pour un poste de vicaire épiscopal. Mais dès août 1789 il rédigea un appel aux luthériens pour les inciter au calme, signa en août 1792 une adresse à la Constituante contre la déposition de Louis XVI et, à l’assemblée municipale, il s’éleva contre l’anarchie et la dictature des clubs.

En février 1793 il fut d’abord exilé à Nancy, puis dans sa maison de campagne de Dorlisheim et enfin enfermé pendant 11 mois, et au delà de Thermidor, au Séminaire épiscopal de Strasbourg (du 2.12.1793 au 3.11.1794).

Au plan des idées, Blessig tenta davantage que ses confrères d’accorder les principes du luthéranisme traditionnel à la philosophie rationaliste de l’Aufklärung. Si la majorité des juristes protestants strasbourgeois de l’époque avaient, comme Blessig, complété leur formation à Goettingen, bastion avancé du rationalisme « moderniste », il n’en était pas de même des théologiens, davantage influencés par le piétisme ou l’orthodoxie de Halle ou de Tübingen. Aussi les cours de B. sur Leibniz, Locke ou Malebranche comme celui de psychologie pratique (1785) étaient sans aucun doute les plus « modernes » de France et même d’Europe dans la mesure où ils supposent un bilinguisme total. Mais on ne saurait, pour autant, les assimiler aux « Lumières » françaises. Foncièrement spiritualiste, Blessig admirait Descartes, Leibniz, Newton et Christian Thomasius. Mais il n’adhéra pas aveuglément à Locke, combattit Rousseau comme Voltaire et se méfiait de Kant, de Fichte et de Schelling. Blessig n’avait rien d’un sectaire.

Son idéal est double : d’abord justifier la foi évangélique par des arguments tirés de la Raison, puis la concrétiser dans la pratique quotidienne. Son engagement social et politique ne s’explique pas autrement. Il a reconnu avoir participé aux activités maçonniques dont ses amis de toujours, F.-R. Saltzmann et les frères de Turckheim, étaient les dirigeants à l’échelle européenne ; et la formule de liberté, d’égalité et de fraternité le fascinait.

Sous la terreur, Blessig a fait preuve d’un attachement sincère à ses convictions chrétiennes, à la Révélation et à son Église, rassurant ainsi des coreligionnaires que son rationalisme progressiste avait effrayés.

Blessig, dit un biographe, avait l’esprit pratique et était un homme d’affaires né. Sa vie est jalonnée par la multitude de structures et de groupements spécifiques qu’il a créés ou animés. Dès 1767, il était secrétaire perpétuel d’une société de Philosophie et de Belles Lettres et vers 1779 Blessig faisait partie de la Deutsche Gesellschaft et de loges maçonniques. Durant les années 1775-1780 il organisa des séminaires libres qui ont formé une bonne partie de l’élite strasbourgeoise du XIXe siècle, notamment L. Stoeber et G.-D. Arnold. Il participa, vers 1796, à l’inspection des monuments et bibliothèques nationales du département. À partir de 1803 il présida la conférence pastorale, dont il faut admirer l’efficacité sociale et culturelle, notamment dans l’institution de cours du dimanche et de bibliothèques de prêt pour les ouvriers-artisans. De 1805 à sa mort, Blessig dirigea la Société biblique. D’autres activités étaient orientées vers la bienfaisance.

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Goethe et Herder (1744-1803)

Goethe (1749-1832) et Herder (1744-1803).

Johann Gottfried (von) Herder « est un poète, théologien et philosophe allemand. Ce disciple de Kant est considéré comme l’inspirateur du Sturm und Drang et des deux grands Classiques de Weimar Goethe et Schiller, dans leur jeunesse ». Source principale de la chronique : citations de Wikipédia.

Herder peint en 1785 par Anton Graff (1736-1813). Exposition du Palais Rohan, Galerie Heitz, Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

Photo de Pierre Dubois. Cliquer sur les images pour les agrandir

« À Königsberg, Herder ne tarda pas à s’apercevoir qu’il n’était pas fait pour le métier de chirurgien, et s’inscrivit à la faculté de théologie de l’Université.

 Il trouva en la personne du libraire Johann Jakob Kanter un protecteur, qui avait été conquis par un de ses poèmes anonymes, Ode à Cyrus ; Kanter lui procura un emploi de répétiteur au Collegium Fridericianum, ce qui permit à Herder de se consacrer en toute quiétude à ses études.

De tous les professeurs de l’université, Emmanuel Kant fut le seul à captiver le jeune étudiant. Hors du cercle universitaire, il lisait avidement Jean-Jacques Rousseau. Il suivit de 1762 à 1764 tous les cours de Kant sur l’astronomie, la logique, la métaphysique, la philosophie morale, les mathématiques et la physiographie.

Herder rapporta plus tard à ce sujet : je me remémore avec reconnaissance la rencontre et l’enseignement d’un philosophe qui, dans mes années de jeunesse, fut pour moi un véritable modèle d’humanité… Sa philosophie incitait à penser par soi-même, et je ne puis pratiquement rien me représenter de plus érudit ni de plus pertinent que sa conversation.

Herder fut reçu franc-maçon à l’âge de 22 ans, lors de son séjour à Riga (1765-66), dans la loge de la Stricte Observance (A l’Epée), fondée en 1750 ). Il y exerça l’office de secrétaire. Son influence fut prépondérante au sein de l’Ordre allemand, au même titre que Goethe et Wieland ».

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Goethe. 25 ans en 1774

Goethe (1749-1832) est né à Francfort. Il commence son droit à Leipzig en 1765 et obtient sa licence à Strasbourg en 1771 à l’âge de 22 ans. Il publie Les souffrances du jeune Werther en 1774 ; il a alors 25 ans « et, selon les dires de Napoléon en 1809, devient l’auteur allemand le plus lu ».

Inscription de Goethe à l’université de Strasbourg

Diaporama de 14 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

à Leipzig. « Le père de Goethe voulait faire de son fils un juriste et l’envoya étudier le droit à Leipzig, grande cité marchande comme Francfort, mais qui avait une université, fondée en 1409. Le jeune Goethe y arriva au cours de l’automne 1765 et y demeura trois ans ; il y fit du droit, sans plaisir, mais surtout il y connut la vie d’étudiant et fit ses débuts poétiques.

Plus que les professeurs de droit, il visita les maîtres du Parnasse allemand qui enseignaient à Leipzig : le majestueux Gottsched (1700-1766), le fabuliste et romancier Gellert (1715-1769). Leipzig avait la réputation d’être un petit Paris.

Il chanta les charmes de Käthchen Schönkopf.

Il connut une série d’amitiés décisives : après Ernst Wolfgang Behrisch (1738-1809) à Leipzig, Herder à Strasbourg et Johann Heinrich Merck (1741-1791) à Darmstadt ».

à Strasbourg. Cinq chroniques du blog déjà parues :

« Goethe fait de grandes rencontres : la cathédrale tout d’abord, qu’il visita le jour même de son arrivée en avril 1770″.

« Ce chef-d’œuvre lui donna sa première grande émotion architecturale : il avait devant les yeux l’œuvre  incommensurable d’une suite de génies. Devant la flèche, il a évoqué la figure de Prométhée, le titan qui brave les dieux. Il fait aussi d’Erwin de Steinbach, architecte badois de la cathédrale, un génie spécifiquement allemand ».

Grafiti de Goethe sur la plateforme de la cathédrale

« Il se garda de pousser plus loin son voyage et d’aller à Paris. Il savait bien le français ; il s’en est servi pour des lettres et des œuvrettes de sa jeunesse. Pourtant, il lui apparut clairement à Strasbourg qu’il était mieux fait pour demeurer en pays allemand, loin des fastes trompeurs et des artifices. Herder (1744-1803), pasteur de Courlande qui revenait justement de Paris et qui faisait étape à Strasbourg, le confirma dans son sentiment : la poésie allemande pouvait revivre, mais en puisant dans la tradition populaire des Volkslieder et, au théâtre, en se mettant à l’école de Shakespeare. Ce sont là les sujets des premiers écrits en prose de Goethe, publiés avec Herder en 1773″.

Herder peint par Anton Graff, 1785

« À cet étudiant peu assidu, l’université de Strasbourg délivra en 1771 une licence en droit« .

à Francfort et Wetzlar. « Goethe retourna à Francfort avec son parchemin et devint avocat stagiaire, comme le souhaitait son père. Un an plus tard, il était auditeur à la Chambre d’Empire de Wetzlar. Celle-ci avait à connaître des litiges entre les États qui formaient le Saint Empire. Elle travaillait très lentement ; Goethe continua à faire des vers et surtout des visites à Charlotte Buff (1753-1828), qui était fiancée à Johann Christian Kestner (1741-1800), un de ses collègues.

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1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

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2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine. En 2015, la nouvelle Hermione a fait le voyage aller et retour aux USA. Depuis son retour à Rochefort, elle a fait un déplacement mouvementé à Sète : vidéo de 28’38. Son port d’attache est le radoub Napoléon III.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, octobre 2015).

2012 (6 juillet). Dossier de Presse. « 50 000 personnes sont attendues à Rochefort pour fêter la sortie de l’Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l’arsenal de Louis XV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l’Atlantique, la coque de l’Hermione, non mâtée, sortira de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la 2ème guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l’initiative de la ville de Rochefort d’un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d’occupation.

Reconstruire l’Hermione, c’est bâtir un navire de plus de 65 m de long hors tout, portant trois mâts et 2 200 m² de voilure de route. C’est concevoir une coque entièrement en chêne, avec des épaisseurs pouvant atteindre 70 cm, inimaginables aujourd’hui mais conçues au 18ème siècle pour résister aux boulets ennemis.

  • 1993-1996 : études préparatoires
  • 1997-2000 : construction de l’ossature de la charpente.
  • 2000-2008 :  construction des ponts et des superstructures.
  • 2009-2011 : bordage et calfatage de la coque ; début mâture, gréement, voiles.
  • 2012-2013 : suite mâture, gréement, voiles, montages et finitions.
  • 2014 : suite des essais en mer.
  • 2015 : départ pour le voyage transatlantique

1997 (août). Début de la reconstruction de la frégate historique  : pose de l’arcasse

« C’est au tour de l’arcasse et de l’étambot d’être révélés au public. Une fois relevé, cet ensemble complexe de plus de 4.5 tonnes de chêne est fixé sur l’extrémité arrière de la quille. L’étambot recevra plus tard le gouvernail ».

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