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Un 1er cycle du Supérieur à Dole ?

Un 1er cycle d’enseignement supérieur à Dole ? Suite de la chronique. Université de Dole : les guerres du 17ème siècle l’ont tuée.

Cinq parties dans cette chronique.

  • 1. Depuis 1983 : antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté.
  • 2. Depuis 2015 : Université Bourgogne Franche-Comté, communauté d’universités et d’établissements.
  • 3. L’enseignement supérieur professionnel de 1er cycle domine dans le département du Jura.
  • 4. 600 ans après, Dole peut-elle redevenir ville universitaire ? 5.
  • 5. Collectivités territoriales : créer des Instituts d’Enseignement Supérieur dans le Jura.

Partie 1. « Depuis 1983 à Dole, antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté, service public chargé de la diffusion de la culture. Conférences animées par des enseignants des universités ou des lycées.

  • histoire : ancienne, médiévale, moderne et contemporaine,
  • histoire de l’art,
  • sciences : astronomie, botanique, biologie, médecine, géologie, météorologie,
  • littérature, 
  • philosophie
  • écologie
  • actualités
  • paléographie : lecture d’écrits antiques et médiévaux.

Un cycle itinérant de conférences est organisé chaque année, au printemps, dans les communes avoisinantes de Dole. En rapport avec certains de ces thèmes, des sorties et des voyages sont proposés ».

Télécharger le programme des conférences 2021/2022

Conférences repérées dans le programme :  Nicolas Nicole (1702-1784, architecte bisontin du siècle des Lumières.  

Partie 2. Depuis 2015, Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC), communauté d’universités et d’établissements (COMUE)  .

L’Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC) regroupe sept établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dont trois universités. L’une d’entre elles est l’Université de Technologie Belfort-Montbéliard. La fusion n’a jamais été explorée comme mode de regroupement entre les 3 universités. L’établissement public expérimental (EPE 2018) entre les 7 établissements ne l’a pas été non plus. 

Citations du site de l’UFBC. « La création d’UBFC répond à un impératif de compétitivité pour la Bourgogne-Franche-Comté. UBFC incarne ainsi le développement de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur ce territoire en s’appuyant sur les forces et les atouts des établissements membres qu’elle fédère. Ce développement se traduit par une offre de formation pluridisciplinaire de qualité, en lien avec une recherche portant des domaines de spécialisation reconnus et en cohérence avec l’économie et la culture de son territoire.

Le projet stratégique d’UBFC est celui d’une université fédérale, respectant la souveraineté de ses membres, avec la vocation de construire des projets collectifs.

UBFC comporte aujourd’hui plus de 60 000 étudiants et 8 800 personnels. Elle rayonne sur 13 sites, répartis de part et d’autres de la région Bourgogne Franche-Comté.

Ces grands pôles sont également à l’origine de la forte culture industrielle propre à la région Bourgogne – Franche-Comté et portent aujourd’hui des grandes spécificités économiques, à savoir l’agroalimentaire, les microtechniques, l’énergie et la mobilité.

Les compétences clefs de la Bourgogne – Franche-Comté ont permis de définir trois axes scientifiques, reconnus comme thématiques d’excellence sur le plan international :

  • Matériaux avancés, ondes et systèmes intelligents
  • Territoires, environnement, aliments
  • Soins individualisés et intégrés« .

Novembre 2018. Chronique du blog : Quand une Comue part en vrille. Communiqué de Nicolas Chaillet, président de la communauté d’universités et établissements Université Bourgogne-Franche-Comté, in le Bien public du 16 novembre 2018.

Partie 3. L’enseignement supérieur de 1er cycle de type professionnel domine dans le département du Jura, dans les deux villes les plus importantes, Dole (23 373 habitants), Lons-le-Saulnier (17 459). Source : ParcourSup Offre de formation.

  • Dans ces deux villes du département, il y a des BTS, mais pas de GPGE.
  • Dole : 31 BTS (environ 750 places), 67 à Besançon, 311 à Dijon.
  • Dole : pas de CPGE. 9 CPGE à Besançon, 25 à Dijon.
  • Dans ces deux villes du Jura, il n’y a ni DUT, ni licence universitaire en 3 ans.

Lons-le-Saunier bénéficie de son statut de chef-lieu de département. Elle possède un INSPE et une licence professionnelle Traitement des déchets.

Il existe des Instituts de Formation Sanitaire et Sociale de la Croix Rouge (soins infirmiers) à  LONS LE SAUNIER, VESOUL, QUETIGNY.

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Toulouse,17-18ème. 2 Collèges rivaux

Toulouse (1604-1763). 2 Collèges rivaux. Suite de la chronique sur l’université de Toulouse au Moyen-âge et à l’époque moderne.

Diaporama de 15 photos (mai 2022).

Collège 1. En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance. Collège 2. Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne ont été appelés à Toulouse par l’archevêque  François de Joyeuse, et sont arrivés en octobre 1604. Par un bref du pape Grégoire XV, enregistré au Parlement de Toulouse le 1er octobre 1621, ils ont l’autorisation d’enseigner les arts libéraux.

La rivalité entre les deux Collèges s’exaspère au tournant du siècle. Elle ne s’éteint qu’en 1763 avec l’expulsion des Jésuites.

Dès le 16ème siècle, se pose la question des missions d’enseignement de l’université et de son rôle certificateur pour le baccalauréat, la licence, la maîtrise, le doctorat. Au 18ème siècle, les deux collèges toulousains ne se contentent pas de préparer au baccalauréat, mais empiètent sur les enseignements de la Faculté des arts, conduisant à l’obtention de la licence.

Les deux Collèges sont-ils des précurseurs du combat de ce blog pour la création d’Instituts d’Enseignement Supérieur (les IES en 20 propositions) ? Je le crois ! Il n’empêche que la tutelle de l’université demeure très présente au 18ème, malgré les crises que traversent les trois Facultés majeures (théologie, médecine, droit).

A la rentrée 2021, le lycée Pierre de Fermat de Toulouse, installé dans l‘ancien Collège des Jésuites, a accueilli un peu plus de 1 800 élèves dont 950 étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). La dépense par étudiant en CPGE est bien plus élevée que celle pour un étudiant inscrit à l’université. Pourquoi un tel privilège ?

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Partie 1. Le Collège des doctrinaires (1654-1792). Source : le collège de l’Esquile.

« Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne – doctrinaires et ursulines – se consacraient à la catéchèse et à l’enseignement religieux. Ils avaient l’autorisation d’enseigner les arts libéraux. Toulouse devient le siège d’une des trois provinces françaises des doctrinaires, qui ouvrent rapidement des maisons d’éducation dans la région, Ils créent d’importants collèges à Pézenas, Villefranche-de-Rouergue et Brive-la-Gaillarde.

En 1646, les capitouls songent à confier aux jésuites la direction du collège de l’Esquile, puis se tournent vers les doctrinaires auxquels ils donnent, par contrat du 1er avril 1654, un bail de quatre ans. Des travaux sont engagés durant un an pour la rénovation des bâtiments et le collège rouvre à la rentrée 1655, pour la Saint-Luc (18 octobre). Le bail sera renouvelé et sa durée augmentée : le dernier bail est signé en 1767, pour une durée de 30 ans« .

« Le personnel se compose de cinq professeurs pour les classes de grammaire, deux professeurs de rhétorique, deux de philosophie, un recteur et un économe, auxquels s’ajoutent un préfet des classes et un maître des pensionnaires. L’enseignement repose sur l’étude de la doctrine, Instruction des enfants baptisés par questions-réponses à l’usage du collège de l’Esquile de 1719. L’enseignement se poursuit dans les grandes classes par les humanités, la philosophie, l’histoire, la géographie et les sciences. Le cours de philosophie, particulièrement, fait la renommée du collège de l’Esquile. Il est ouvert aux étudiants de la faculté des Arts et même aux membres de l’élite toulousaine. L’année scolaire commence le 18 octobre et se terminait avant le 15 août. À cette occasion a lieu une joute littéraire, à laquelle sont invités le clergé, les capitouls, les parlementaires et les universitaires de la ville.

Les doctrinaires mènent plusieurs campagnes de travaux afin d’embellir et d’agrandir le collège. En 1701, ils décident le prolongement des bâtiments au sud et la construction du portail sur la rue de l’Esquile. Malgré l’opposition de l’université, car il faut détruire la salle de classe de la faculté des Arts, les travaux sont achevés en 1702« .

« Le Collège rentre rapidement en concurrence et en rivalité avec le Collège des jésuites. La popularité de l’enseignement de la philosophie par les doctrinaires attire de nombreux élèves. Mais en 1681, les jésuites obtiennent l’agrégation de leurs classes de philosophie et de théologie à l’université, et en 1689, ils font incorporer au collège une des chaires des arts de l’université, finissant de dépouiller le collège de l’Esquile de ses derniers privilèges. La rivalité des deux collèges repose sur des questions de préséance, car le collège de l’Esquile porte le qualificatif de primarium.

En 1716, les capitouls obtiennent par lettres patentes l’agrégation du collège de l’Esquile à l’université, rétablissant l’équité entre les deux collèges. C’est finalement l’interdiction des jésuites en France – le procureur du roi, Jean Gabriel Alexandre de Riquet de Bonrepos, est chargé de faire le réquisitoire devant le Parlement de Toulouse en février 1763 – qui met un terme à cette rivalité.

À la fin du XVIIIe siècle, le collège s’ouvre aux idées des Lumières : la bibliothèque s’enrichit du Journal encyclopédique de Pierre Rousseau et du Supplément à l’Encyclopédie en 1781, des œuvres de Jean-Jacques Rousseau en 1787, des Études de la nature de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre en 1789. Elle reçoit par ailleurs la Gazette de France, le Journal de Genève, le Mercure de France, la Feuille toulousaine de Baour et le Courrier d’Avignon.

En 1790, tous les professeurs de l’Esquile, sauf un, acceptent de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Un lycée provisoire est installé dans les mêmes locaux, tandis que l’enseignement s’enrichit de l’étude de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cependant, la fermeture définitive du collège de l’Esquile a lieu le 9 octobre 1792« .

Partie 2. Le Collège des Jésuites (1566-1763). Source : Pop Culture Gouv.

« En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance, et agrandissent leur domaine. Les bâtiments actuels, répartis autour de plusieurs cours, portent surtout la marque de la fin du 18e siècle et du 19e. Le grand portail datant de 1605 témoigne du goût baroquisant des mécènes d’alors.

Benoît Michel, Le collège des jésuites de Toulouse et la vie musicale toulousaine de la fin du 17ème siècle à 1762 in Anne Piéjus, Plaire et instruire, Le spectacle dans les collèges de l’Ancien Régime, Presses universitaires de Rennes, p. 271-285.

« Le théâtre, la musique et la danse, trois disciplines fondamentales dans l’éducation de la noblesse d’Ancien Régime, participaient, dans les collèges français, à l’élaboration de spectacles conçus pour les jeunes gens autant que pour un public avide de divertissement. La scène des collèges s’impose comme l’un des premiers lieux de création dramatique des XVIIe et XVIIIe siècles. Pourtant, ce répertoire, qui souffre de la disparition de nombreuses sources, est encore rarement appréhendé dans sa dimension spectaculaire. Ce théâtre hybride, souvent farci d’intermèdes chantés ou dansés, se présente comme un objet protéiforme, qui appelle une approche pluridisciplinaire ».

Partie 3. Lycée Pierre de Fermat. Source : article de Wikipédia.

« Le lycée Pierre-de-Fermat est un établissement d’enseignement secondaire et supérieur, situé parvis des Jacobins à Toulouse à proximité immédiate de la place du Capitole ».

  • Brève biographie de Pierre de Fermat, « né dans la première décennie du XVIIe siècle, près de Montauban, et mort le 12 janvier 1665 à Castres, est un magistrat, polymathe et surtout mathématicien. Il est aussi poète, habile latiniste et helléniste, et s’est intéressé aux sciences et en particulier à la physique ; on lui doit notamment le principe de Fermat en optique. Il est particulièrement connu pour avoir énoncé le dernier théorème de Fermat, dont la démonstration n’a été établie que plus de 300 ans plus tard par le mathématicien britannique Andrew Wiles en 1994″.

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Mon apprentissage en 180″

A l’occasion de la nomination de Sylvie Retailleau comme ministre de l’ESR, découvrir L’École Universitaire de Premier Cycle Paris-Saclay.

  • J’y reviendrai début juin dans une chronique dédiée. Cette EUPCPS est étroitement liée à Parcoursup: gérer les flux entre les campus et les formations, appliquer des capacités d’accueil limitées dans la plupart des 59 licences et bien sûr dans les 9 IUT, interdire l’accès des bacheliers professionnels dans les IUT et les dissuader de candidater à une licence, sauf dans les deux licences de sociologie d’Évry et de Versailles Saint-Quentin.

« Avec le soutien de la Fondation Paris-Saclay, elle a organisé de 24 mai 2022 un concours ouvert à tous les apprenti.e.s inscrit.e.s en premier cycle de l’Université Paris Saclay et des universités membres associés (Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et Université d’Évry-Val-d’Essonne) ».

Il s’agit de la Grande Finale. Et ailleurs, il ne se passe rien en matière d’alternance ?

Parmi les 53 candidat.e.s au concours, ils.elles sont10 à avoir été sélectionné.e.s pour participer à la grande finale ! Ils.elles devront raconter leur expérience de l’apprentissage en 3 minutes devant un jury constitué de représentants du monde socio-économique, de la lauréate de l’édition précédente et présidé par Isabelle Demachy, Vice-Présidente Formation, Innovation pédagogique et Vie universitaire de l’Université Paris-Saclay.

Une récompense financière a été attribuée aux trois meilleurs pitcheurs.

En direct, mardi 24 mai à partir de 16 heures : captures d’écran (page 2 de la chronique)

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De + en + d’étudiants dans le SUP

L’État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France (MESRI, 13/05/2022)

« Cette publication constitue un état des lieux annuel et chiffré du système français, de ses évolutions, des moyens qu’il met en œuvre et de ses résultats, en le situant, chaque fois que les données le permettent, au niveau international ».

Bref commentaire : cette publication du Ministère de tutelle observe le « verre à moitié plein » plutôt que le « verre à moitié vide ». Extraits du résumé.

Le nombre d’étudiants progresse vivement : + 9 % sur les seules 5 dernières années

« Selon les résultats de la session 2020 du baccalauréat, en raison d’un fort taux de réussite lié aux conditions exceptionnelle de la crise sanitaire du COVID-19, 723 000 candidats ont obtenu le baccalauréat (fiche 07). Le nombre de bacheliers retrouve un niveau inférieur, mais cependant encore élevé, en 2021 avec 687 200 bacheliers.

La part d’une génération ayant le bac, qui a dépassé 60 % en 1995, atteint 87,0 % en 2020. La quasi-totalité des bacheliers généraux et trois quarts des bacheliers technologiques s’inscrivent dans l’enseignement supérieur ; pour les bacheliers professionnels, dont une majorité se dirige d’emblée vers la vie active, le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est certes inférieur mais il a nettement progressé en 10 ans pour atteindre 43 % en 2020″.

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Des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE

« La crise sanitaire a provoqué en 2020 la fermeture des établissements pendant plusieurs semaines. Elle a également affecté le budget de l’État et le PIB. À prix constants (c’est-à-dire corrigé de l’inflation), en 2020, les dépenses de la collectivité nationale pour l’enseignement supérieur sont donc en recul de 0,8 % par rapport à 2019. La collectivité national a ainsi dépensé 33,8 milliards d’euros (Md€) pour l’enseignement supérieur en 2020 (fiche 01). Cette dépense a connu une forte croissance depuis 1980 : elle a été multipliée par 2,8 (en prix constants).

En 2020, la dépense moyenne par étudiant s’élève à 11 580 euros. Elle est un peu supérieure à la dépense moyenne pour un lycéen (11 140 euros en 2020). Depuis 2014, la dépense moyenne par étudiant s’est contractée à un rythme de – 1,4 % par an en moyenne, sous l’effet de la vive progression des effectifs étudiants. Ainsi, la dépense moyenne par étudiant s’est réduite de près de 4,3 % en cinq ans, alors même que le nombre d’étudiants inscrits progressait de près de 6,8 %.

Sa progression est néanmoins forte sur longue période, avec une croissance de 33 % depuis 1980. Le coût par étudiant est différent selon les filières de formation : il varie de 10 440 euros en moyenne par an pour un étudiant d’université jusqu’à 15 730 euros pour un élève de CPGE. Le différentiel s’explique en grande partie par le taux d’encadrement pédagogique ».

Une amélioration sensible de la réussite à l’université

« La réussite dans l’enseignement supérieur est fortement influencée par les antécédents scolaires des étudiants. C’est notamment vrai pour la Licence générale, le DUT ou le BTS et a fortiori pour la Première année commune aux études de santé, en vigueur jusqu’à la réforme intervenue en 2020 (fiche 21). À l’exception de la Licence professionnelle où le bac d’origine a peu d’influence sur la réussite, les bacheliers généraux réussissent mieux que les bacheliers technologiques et professionnels.

Seuls 46,3 % des étudiants de Licence obtiennent leur diplôme en 3, 4 ou 5 ans (fiche 22). Mais la réussite en Licence continue sa progression cette année encore avec un taux de réussite en 3 ans pour la cohorte des bacheliers 2017 qui s’établit à 32 % en progrès de près de 3 points. Ces taux encore relativement faibles sont liés pour l’essentiel aux abandons à l’issue de la première année de Licence, le cas échéant suivis d’une réorientation vers d’autres filières de formation .

La réussite des bacheliers généraux en Licence en 3, 4 ou 5 ans est plus de deux fois plus élevée (56,7 %) que celle des bacheliers technologiques (20,3 %) ou que celle des bacheliers professionnels (8,1 %). L’assiduité des étudiants est déterminante dans leur réussite. Ainsi 58 % des étudiants témoignant d’une assiduité minimale en L1 passent en deuxième année.

Il est encore trop tôt pour évaluer complètement les conséquences sur la réussite du contexte de crise sanitaire mais on peut déjà constater une forte progression du passage de première en deuxième année de licence à la rentrée 2020″.

Chronique critique, 23 mars 2021 : Enquête CPU sur la réussite. Honte !

Moins de recrutements d’enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences des universités).

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En finir avec Parcoursup ?

Par arrêté de la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en date du 6 avril 2022, Gilles Roussel est nommé membre et président du Comité éthique et scientifique de la plateforme Parcoursup, en remplacement de Mme Isabelle Falque-Pierrotin.

Gilles Roussel ? Né en 1968, il a été 8 ans président de l’université de Marne-la-Vallée (après en avoir été vice-président depuis 2007). Il aime cumuler les charges : 4 ans président de la Conférence des Présidents d’université (décembre 2016 à décembre 2020). Depuis janvier 2021, il est président de l’université Gustave Eiffel, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois ; il était seul candidat à cette fonction.

Billet d’humeur à venir : Gilles Roussel, vice-présidences et présidences en continu de 2007 (39 ans) à 2031 (63 ans).

Va-t-il commencer à exercer la fonction de présidence du Comité Parcoursup ? ou considérer qu’il est urgent d’attendre ? En effet…

« Le lendemain de sa nomination, dans le journal Le Parisien du 7 avril, Sandrine Chesnel publie, « Parcoursup : ces candidats à la présidentielle qui veulent supprimer la plateforme mais ils restent flous sur les solutions concrètes permettant de mieux gérer le flux des étudiants entrant chaque année dans l’enseignement supérieur.

Au fil des ans, Parcoursup s’est donc trouvé accusé de nombre de maux, à commencer par celui de ne pas permettre aux jeunes de tous choisir librement leur orientation post-bac. Raison pour laquelle tous les candidats à la présidentielle veulent sa peau – à l’exception de celui qui l’a mis en place, le président sortant, Emmanuel Macron, pour lequel  la plateforme est une formidable réussite.

En finir avec la boîte noire. S’ils n’ont pas réussi à s’unir autour d’une candidature unique, tous les candidats de gauche sont unis contre Parcoursup. Ils et elles dénoncent :

  • un système totalement inhumain  (Anne Hidalgo),
  • un Koh-Lanta de l’orientation (Fabien Roussel),
  • une boîte noire (Yannick Jadot),
  • qui ne sert qu’à apprendre aux jeunes à mentir en écrivant dix lettres de motivation différentes (Jean-Luc Mélenchon), tout en masquant la pénurie de places dans les universités. J’abolirai Parcoursup, sur youtube, 25 mars 2022, à partir de la minute 11.

 A la place, les uns et les autres s’engagent à ouvrir plus de places dans les filières en tension, et à mieux accompagner les jeunes dans leurs choix d’avenir avec plus de conseillers d’orientation et de professeurs formés, tout en assurant un accès à l’enseignement supérieur selon des règles transparentes, justes et humaines . Mais aucun ne précise concrètement par quel moyen technique autre qu’une plateforme en ligne il ou elle compte assurer l’inscription dans le supérieur des plus de 700 000 jeunes qui décrochent leur bac chaque année, auxquels s’ajoutent les étudiants en réorientation ».

Le Comité éthique et scientifique Parcoursup (CESP) : introduction.

« Placé auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Comité éthique et scientifique Parcoursup (CESP), installé le 7 février 2018, veille au bon fonctionnement de la plateforme mise en place dans le cadre de la procédure nationale de préinscription dans l’enseignement supérieur. Il s’assure notamment que les règles informatiques qui régissent son fonctionnement sont claires, conformes aux normes en vigueur et transparentes.

Le Comité éthique et scientifique Parcoursup est composé de 6 membres, respectant le principe de parité. Ces membres ont été choisis au regard de leur expertise et de leur expérience, notamment dans les domaines des sciences humaines, sociales et éthiques, mais également en sciences informatiques et algorithmiques.

Il était présidé par Isabelle Falque-Pierrotin, conseillère d’État, ancienne présidente de la CNIL et actuelle présidente de l’Autorité nationale des jeux [elle n’est cependant pas l’auteur de la phrase : Parcoursup, une loterie].

Les membres du comité sont désignés pour deux ans renouvelables. Le comité était composé de :

  • Isabelle FALQUE-PIERROTIN, présidente du comité
  • Jean-Richard CYTERMANN
  • Max DAUCHET
  • Jean-Marie FILLOQUE
  • Catherine MOISAN
  • Isabelle ROUSSEL

Le rapport 2022 du Comité éthique et scientifique de Parcoursup (CESP) a été rendu public le 16 février 2022. Texte intégral (83 pages).

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Sélestat. L’École latine (1450-1520)

J’ai découvert pour la première fois la Bibliothèque Humaniste de Sélestat (BHS) en décembre 2011.

Diaporama de 28 photos d’avant les grands travaux de 2014-2018.

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La BHS était visitable comme un musée, mais elle était bien davantage car elle associait une école latine (cf. partie 1) et un fonds de livres exceptionnels : des manuscrits, des incunables, des livres imprimés. Un puits inimaginable de connaissances, légué à l’approche de la mort par Jean de Westhuss, curé de la paroisse de 1423 à 1452, et par l’humaniste Beatus Rhenanus en 1547 (cf. sa biographie résumée en partie 2).

De 2014 à 2018, la Bibliothèque est l’objet d’une campagne de très importants travaux de restructuration et d’agrandissement, confiés à l’architecte Rudy Ricciotti. Trois changements réussis : la montée de la collection permanente au 1er étage, l’ouverture d’une salle de consultation pour les chercheurs, la création d’un lieu d’expositions temporaires au rez-de-chaussée (cf. partie 1).

Diaporama de 20 photos : la Bibliothèque Humaniste de Sélestat par Rudy Ricciotti

Partie 1. A l’origine de l’école latine de Sélestat, Jean de Westhuss et Louis Dringenberg. Source : citations d’un article d’Histoire-Alsace, 9 avril 2020.

« Ils sont deux à se partager la paternité de l’extraordinaire aventure humaniste qui eut Sélestat pour cadre au XVe siècle : Jean de Weshuss, curé de la paroisse de Sélestat et Louis Dringenberg, le maître de l’école latine, qui en fit un établissement de premier plan où l’on tenta de (bien) former d’excellents chrétiens. Fidèle à l’exemple des Frères de la vie commune de Deventer, un foyer ardent de spiritualité chrétienne qui prônait la pauvreté, à l’image de celle du Christ, et les bienfaits de l’éducation.

Jean de Westhuss, le curé visionnaire. Il avait été curé de Sélestat de 1423 à 1452, date de sa mort. Issu de la famille de Westhausen qui  possédait des terres à Sélestat, rien ne le destinait à la célébrité. Il aurait pu, comme beaucoup de ses pairs, s’acquitter mollement  de sa charge pastorale dans une Église en crise qui avait, depuis 1431, réuni  à quelques lieues de là  un nouveau concile. Dans un climat délétère où les pères du concile s’étaient longtemps opposés au pape. Pendant ce concile interminable qui dura dix ans et se transporta successivement de Bâle à Lausanne, puis à Ferrare et enfin à Rome, Jean de Westhuss vivait la crise de l’Église  sur le terrain. Où les prêtres étaient mal formés, les ouailles ignares, les écoles médiocres et les maîtres mal payés.

Le curé de Sélestat était convaincu que seul un enseignement de qualité était capable de faire progresser les chrétiens sur le chemin de la foi et de la pratique. Son école paroissiale ne brillait guère par l’esprit. Il s’en émut, s’en ouvrit à ses proches et se mit en quête de trouver  un pédagogue digne de ce nom. Capable de transmettre un savoir solide pour faire de ses élèves de bons chrétiens.

Des jeunes Sélestadiens  qui fréquentaient l’Université de Heidelberg lui recommandèrent  l’un de leurs aînés, un certain Louis Dringenberg, originaire de Westphalie. Il fit l’affaire, prit la direction de l’école à partir de 1441 et débuta cette merveilleuse et grande aventure  humaniste qui fit et fait encore la réputation de Sélestat.

Jean de Westhuss ne s’arrêta pas la. Il installa l’école paroissiale dans les bâtiments de l’ancienne Œuvre Notre Dame à proximité de Saint-Georges. A sa mort, en 1452, Il légua l’ensemble de sa bibliothèque à la fabrique de l’église. Par ce geste, il donna une impulsion décisive  à la constitution d’une bibliothèque paroissiale, celle de l’école latine, l’autre pilier, à côté de celle de Beatus Rhenanus, de notre Bibliothèque Humaniste. Son exemple fit des émules, d’autres bienfaiteurs suivirent son exemple.

On estime sa donation à une trentaine de volumes au contenu essentiellement  religieux. Il était prêtre après tout. Un prêtre resté exemplaire dans une Église tourmentée.  Ce qui est tout à son honneur ».

« Louis Dringenberg, l’apôtre de la jeunesse, fut le premier maître de l’école paroissiale qui acquit la notoriété. Né dans le diocèse de Paderborn vers 1410, il aurait fréquenté l’école du Mont Sainte-Agnès, près de Zwolle au Pays-Bas. Celle-ci avait été fondée par les Frères de la vie commune de Deventer, un foyer ardent de spiritualité chrétienne du Nord de l’Europe. C’est à Heidelberg qu’il poursuivit ses études à partir de 1430. En 1432, il est bachelier. Deux ans plus tard, il obtient le grade de maître ès art.  On suppose qu’il étudia la théologie par la suite.

Toujours est-il qu’il apparaît à Sélestat en 1441 pour prendre le poste de maître d’école à la demande du curé Jean de Westhuss. Le poste était devenu vacant. Son prédécesseur venait d’être renvoyé pour s’être battu, à coups de hache, avec un tailleur de pierre véhément nommé Jean de Spire

Quand il vint à Sélestat, il ne s’attendait pas à y rester 36 ans, de 1441 à 1477. Jean de Westhuss l’installe dans les locaux de l’œuvre Notre Dame et lui confie non seulement les élèves de l’école mais aussi la direction du chant sacré lors des offices dominicaux et des jours de fête. Dringenberg est un excellent pédagogue mais également un  chrétien fervent ! Il disposait des qualités requises pour aider à réformer par l’enseignement. En bon humaniste, il cultivait l’amour des belles lettres et le retour aux sources antiques sans que sa foi ne fût prise en défaut. Il n’omit pas d’enseigner aussi les pères de l’église. Rappelons que l’humanisme de cette époque est un humanisme chrétien. Celui qu’embrassera le grand Érasme de Rotterdam (1469-1536) un peu plus tard. Avec des préoccupations identiques : Former les chrétiens par l’éducation selon sa belle formule : L’homme ne naît pas homme, il le devient« …

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SUP privé. Frais de scolarité

Août 2021. Dans la cale 2 de l’île de Nantes, 10ème édition de l’expo de l’École de Design Nantes Atlantique.

Diaporama : 16 photos de l’exposition.

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1 janvier 2022, l’École de Design Nantes Atlantique est labellisée EESPIG. A ce titre, elle contractualise avec l’État : elle bénéficie d’un financement annuel de 587 euros par élève, montant bien inférieur au coût de la formation.

Des frais élevés de scolarité en sont la conséquence inéluctable. Qu’en résulte-t-il du point de vue du recrutement ? Deux possibilités pour les étudiants sélectionnés : avoir des parents qui ont les moyens financiers, emprunter auprès d’une banque. Les bourses obtenues sur critères sociaux ne couvrent le coût des études. Les contrats en alternance ne sont possibles qu’à partir de la 3ème année post-bac.

Octavio Castillo, stage de fin d’études 2020

L’École fournit quelques données pour l’accès à l’emploi de la promotion 2018 de Master : 31 150 euros en brut annuel, un an après l’obtention du diplôme, soit à peine plus de 2 000 euros nets par mois. Combien de temps faudrait-il aux diplômés emprunteurs durant trois à cinq années pour rembourser la banque ? Le crac boursier dû aux emprunts étudiants non remboursés est évoqué depuis quelques années. Les banques limitent leurs risques au maximum.

DN MADE, Diplôme National des Métiers d’Arts et du DEsign, Architecture de l’habitat et aménagement commercial.

Apprentissage et Voie scolaire, Enseigné en français, Nantes / En entreprise

Majeure Espace
Spécialité Architecture de l’habitat et aménagement commercial
Mineure Objet

Diplôme national Bac+3 en design d’espace, 2 années en voie scolaire et 1 année de perfectionnement en apprentissage, ou en voie scolaire en anglais

Nombre de candidats admis : 30

Frais de scolarité

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Histoires d’universités a 13 ans

9 Janvier 2022. Le blog Histoires d’universités a 13 ans. La chronique du 9 janvier 2009 avait porté sur les Vœux des Universités : « Les enseignants et les personnels techniques et administratifs ont élu en 2008 les conseils de l’université dans laquelle ils travaillent, conseils réformés par la loi Libertés et Responsabilités des Universités d’août 2007. Leurs représentants au conseil d’administration ont élu un président au pouvoir renforcé, pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Les conseillers, élus selon un scrutin de liste, se sont engagés sur un programme. Cette première chronique d’Histoires d’Universités mobilise les titres de ces programmes pour adresser les vœux à la communauté universitaire« . Je les ai alors rangés en 6 thématiques.

Thématique 1, une université qui se projette dans l’avenir. Cliquer sur les images pour les agrandir

2009-2022 : 6 150 chroniques et des dizaines de milliers de photos.

En 2022, l’objectif du blog demeure le même qu’en 2009. Débattre d’une réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la création de deux nouveaux établissements publics : les Instituts d’enseignement supérieur dédiés au cycle Licence en 3 ans, les Universités de recherche, en concertation avec les Écoles d’ingénieurs et de commerce, se consacrant au Master et au Doctorat. Se donner 10 ans pour créer 500 IES et 15 à 20 Universités de recherche.

Une réforme pour parvenir à 50% d’une classe d’âge diplômée du supérieur, condition d’une démocratisation de l’accès et de la réussite dans le supérieur.

En 2022, Histoires d’universités se poursuit sous forme de billets d’humeur… quand l’actualité en fournit l’occasion. Exemple : les deux chroniques du début janvier 2022 sur l’Université de Paris : Université de Paris Quartier Latin, Université de Paris, bureaucratie +++.

En 2022, le blog poursuit l’Histoire du 18ème siècle. Le Siècle des Lumières, porté par l’Encyclopédie, ne doit pas masquer la crise qui touche les trois facultés majeures des universités : crise de la Théologie, de la Médecine, du Droit. La faculté des Arts, dite aussi de philosophie, propédeutique aux trois majeures, tire encore son épingle du jeu. L’avancée des savoirs se joue dans des Académies et des Sociétés savantes ; l’application des savoirs se joue dans le développement d’Écoles professionnelles spécialisées.

420 chroniques sur le 18ème siècle déjà parues. Le but à atteindre : 500 chroniques avant la fin 2022. Une première version des Index est parue en août 2021.

A la fin du 18ème siècle, les corporations universitaires, comme toutes les corporations de métier d’ailleurs, sont supprimées par les lois Le Chapelier de juin 1791. Durant 15 ans, l’Université n’existe plus. Napoléon lui redonne vie par la loi du 10 mai 1806 (décret du 17 mars 1808 sur son fonctionnement) : « il sera formé, sous le nom d’Université impériale, un corps chargé exclusivement de l’enseignement et de l’éducation publiques dans tout l’Empire »

Oui, les universités sont mortelles, celles du 21ème siècle comme celles du 18ème.

2022-2032 : de quel enseignement supérieur la France et l’Europe ont-elles envie et besoin ? quelles étapes pour y parvenir ?

Des avancées ? Réponse : un Oui timide. Deux exemples qui illustrent l’adage célèbre : l’habit ne fait pas le moine (Collège universitaire de la Cour des comptes, CY SUP de Paris-Cergy Université).

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SUP, budget 2022 : oser dire NON !

CNESER du 15 novembre 2021 : discours de Guillaume Gellé, vice-président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), sur la répartition des moyens 2022 de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Au CNESER, la CPU s’abstiendra lors du vote du budget. Le résultat a été sans appel : le budget n’a recueilli que 3 voix favorables sur 74 (39 contre, 32 abstentions).

A vrai dire, tout le monde se fout de ce résultat : le vote du CNESER est consultatif. Seul compte le vote du Parlement : il dira majoritairement OUI à la proposition de budget, établie par le gouvernement et, de fait, par le Ministère des Finances. Par ailleurs, tout le monde s’en fout des désirs de réforme que pourrait avoir Frédérique Vidal, ministre de l’ESR. Depuis 2017, a-t-elle gagné un seul arbitrage dans ses négociations avec Bercy ?

Avant le vote du budget par le Parlement en décembre 2021, la CPU joue sa partition habituelle, soufflant le chaud et le froid : elle remercie le Pouvoir pour les efforts qu’il fait en faveur de la l’enseignement supérieur et de la recherche, mais elle lui demande de faire beaucoup plus.

Chaque année, les déclarations de la CPU constituent le même marronnier, comme le prouvent ses communiqués lors de la préparation des budgets 2022, 2018, 2017, 2015, analysés dans la seconde partie de cette chronique.

Quelle argumentation pour demander plus de moyens ? L’argument clé : l’augmentation des effectifs étudiants. Toujours plus d’étudiants ? Trop d’étudiants ? Toujours plus de diplômés ? Trop de diplômés (chronique : Bac + 5. Trop de diplômés ?). L’objectif d’atteindre 50 %, voire 60%, de diplômés du supérieur dans la population de jeunes sortants de formation initiale est-il toujours d’actualité ?

Doit-on se satisfaire de taux d’échecs élevés des néo-bacheliers en 1ère année de licence ? Parcours et réussite en licence : les résultats de la session 2020, Note flash SIES, n°24, novembre 2021.

Peut-on croire, une seule seconde, que le taux de succès dans cette première année a progressé significativement au cours de l’année 2019-2020, marquée par la fermeture des universités au second semestre pour cause de Covid ? C’est pourtant ce que la Note Flash du SIES affirme : dans le contexte de crise sanitaire, la réussite en L1 a fortement augmenté à la session 2020 : 5 4 % des bacheliers 2019 sont inscrits en L2 à la rentrée 2020, soit 8 points de plus que pour les bacheliers 2018. La dégradation objective des conditions de travail des étudiants au second semestre 2019-2020 aurait-elle fait progresser leurs résultats ? Un monde à l’envers !

De plus, l’amélioration du devenir scolaire de la cohorte de bacheliers 2019 au débit 2020 ne saurait permettre de prédire son devenir au bout de 3 à 4 ans après le bac : augmentation du taux d’obtention de la licence en 3 ou 4 ans ? La statistique publique ne doit pas donner lieu à des manipulations de communication institutionnelle.

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Communiqués de la CPU sur les budgets 2022, 2018, 2017, 2015.

A. Budget 2022.  Déclaration de Guillaume Gellé au CNESER.

« Un budget 2022 en augmentation conformément à ce qui était prévu dans la LPR. Néanmoins la CPU tient à souligner plusieurs problèmes de fond, résumés en 6 points.

En premier lieu, malgré cette hausse du budget pour 2022 dont la CPU, je le redis, se réjouit, le coût moyen par étudiant continue à baisser. Il est en baisse constante depuis 2011 en raison de l’augmentation des effectifs étudiants.

Des moyens pour la réforme Santé en cours qui nous paraissent sous-évalués dans le budget 2022

Une compensation partielle des coûts de la protection sociale complémentaire.

La CPU constate avec inquiétude qu’à chaque nouvelle réforme décidée par l’Etat, il manque une partie de la compensation financière. En 2022, on s’interroge sur la compensation de l’indemnité inflation. Le financement des indemnités liées au télétravail qui représentent un cout estimé pour les universités de l’ordre de 10-12 M€ n’apparait pas dans le budget 2022.

La non-compensation du GVT et l’affaiblissement du capital humain

Le constat d’une sous-dotation historique qui perdure. La CPU souhaite qu’en 2022 une mise à niveau des établissements sous-dotés soit prévue par une enveloppe supplémentaire spécifique dédiée.  

Enfin, je voudrais souligner en conclusion que le CNESER doit se prononcer aujourd’hui sur 80 % des crédits ; mais les 20 % des crédits restants seront-ils présentés au CNESER en 2022 ? Cela n’a été le cas ni en 2020 ni en 2021. On ignore comment ils ont été répartis. La CPU dénonce le manque de transparence dans les crédits alloués par le dialogue stratégique et de gestion 2020-2021, qui peut apparaitre comme une politique de guichet ».

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Enquête CPU sur la réussite. Honte !

L’enquête de la Conférence des Présidents d’Université (CPU) sur la réussite des étudiants au terme du 1er semestre 2020-2021 est une abomination statistique :

  • il faut immédiatement jeter cette enquête à la poubelle ;
  • il faut sanctionner le bureau de la CPU pour s’être plié à une communication politique évidente : affirmer que, malgré la pandémie, la qualité des diplômes demeure ;
  • il faut demander la démission de ce bureau qui fait participer les universités à la Fabrique de l’ignorance
  • Il faut que la ministre Frédérique Vidal présente des excuses publiques aux enseignants-chercheurs, aux personnels administratifs et techniques, aux étudiants et aux journalistes

Pierre Dubois, fondateur et directeur de 1999 à 2004 de l’OFIPE (observatoire des formations et des insertions professionnelles, évaluations).

« Enquête sur la réussite des étudiants dans les universités : comparaison semestre n°1 2020-2021 et semestre n°1 2019-2020. Powerpoint CPU du 23 mars 2021.

Cette enquête a été menée par la Conférence des présidents d’université auprès de l’ensemble de ses membres, elle est toujours en cours et sera régulièrement actualisée, les établissements continuant de nous transmettre leurs données.

A ce jour, 25 établissements ont transmis leurs données, toutes ne sont pas également exploitables. Les résultats présentés dans ce document s’appuient sur les réponses consolidées d’un échantillon de 15 universités ( soit environ 300 000 étudiants) représentatives de la diversité des établissements sur l’ensemble du territoire ».

Exemple d’aberration. Chercher à mesurer le taux de réussite au 1er semestre de l’année 2 de Master démontre une méconnaissance crasse de l’organisation de ce niveau de diplôme : seule l’obtention du Master, incluant le Mémoire, est un indicateur de réussite. Or le mémoire n’est jamais soutenu au 1er semestre.

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