Archives de Tag: Musées

David. Serment du Jeu de Paume

David et le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789).

Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789, esquisse commandée en 1790 au peintre Jacques-Louis David par la Société des amis de la constitution pour la salle des séances de l’assemblée nationale et réalisée en 1791 (plume et encre brune, avec reprises en certains endroits à la plume et encre noire, lavis brun et rehauts de blanc sur traits de crayon).

Source, L’Histoire par l‘image. Texte et Vidéo de 3’40.

Photo RMV – Grand Palais. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

« Cet événement fondateur de la Révolution française constitue une étape symbolique dans la destruction de l’absolutisme.

L’ouverture des états généraux avait suscité une querelle de procédure : le tiers état souhaitait la réunion des trois ordres ainsi que le vote par tête, le vote par ordre donnant nécessairement la majorité au clergé et à la noblesse. Face au refus du roi, le tiers état se proclama Assemblée nationale et appela les deux autres ordres à le rejoindre. Louis XVI fit fermer la salle de réunion des députés. Ces derniers se portèrent alors dans la salle du Jeu de paume. Le 20 juin 1789, ils prêtèrent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.

La scène prend place dans la salle du Jeu de paume dont David (1748-1825) dessina l’architecture in situ. Dans la composition d’ensemble connue par le grand et magnifique dessin de Versailles exposé au Salon de 1791, les députés sont regroupés au-delà d’une ligne fictive comme sur la scène d’un théâtre, laissant ainsi au public l’illusion d’appartenir à l’autre moitié (invisible) des spectateurs de la scène. Cette théâtralité est encore relevée par la gestuelle des députés prêtant serment.

Sur la toile inachevée, la nudité suggérée sous les vêtements concourt encore à l’idéalisation de la scène à laquelle David n’assista pas, mais qu’il souhaita hisser au rang d’acte universel. Tous les regards convergent vers Bailly, maire de Paris, ébauché sur la toile au crayon blanc, comme l’ensemble des figures encore nues. C’est Bailly, doyen du tiers état, qui répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres. Sur ces dessins à l’anatomie parfaite, héroïque, sont esquissés les habits à la peinture grise, puis les corps sont à nouveau, toujours nus, remodelés à la peinture grise ombrée de bistre.

Le grand fragment de la toile inachevée de David présente quatre portraits presque finis : Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés, on distingue Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Étienne, le docteur Guillotin et Treilhard. Quant au grand dessin d’ensemble, même si plusieurs personnages, dont Bailly, y sont déjà reconnaissables, le livret du Salon de 1791 précisait curieusement que l’Auteur n’a pas eu l’intention de donner la ressemblance aux membres de l’Assemblée. David n’en avait pas moins commencé à peindre quelques têtes.

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Goethe et la belle Alsacienne

Goethe et la belle Alsacienne, Frédérique Brion.

Johann Wolfgang von Goethe, né en août 1749 à Francfort et mort en mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, scientifique, théoricien de l’art et homme d’État allemand.

Goethe par Georg Melchior Kraus (1775-1776). Cliquer sur les images pour les agrandir

Lors de son séjour à Strasbourg (1770-1771), il s’éprend de Frédérique Brion.

Frédérique Brion par Georges Engelbach, milieu du 19ème siècle

Cinq sources mobilisées pour cette chronique.

A. Les notices de Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

B. Poésie et Vérité, souvenirs de ma vie

Titre original : Aus meinem Leben. Dichtung und Wahrheit) est une « autobiographie de l’écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe, que celui-ci écrivit entre 1808 et 1831 et dans laquelle il décrit des épisodes marquants de son enfance et de sa jeunesse, de 1749 à 1775 ».

« C’est dans Poésie et vérité que Goethe relate, entre autres, son principal amour de jeunesse pour Friederike Brion, la fille du pasteur de Sessenheim en Alsace, qui inspira le célèbre personnage de Gretchen dans Faust. Friederike n’était pas le premier amour du jeune Goethe qui avait rencontré auparavant à Francfort-sur-le-Main une Gretchen au sein d’une société de jeunes gens peu recommandables.

C’est pour oublier Gretchen que le jeune homme quitta une première fois sa ville natale pour se rendre à Leipzig.

Après un second départ de la ville de son enfance, eut lieu l’important séjour en Alsace avec la découverte de la cathédrale de Strasbourg en même temps que la fréquentation de Herder. À Strasbourg, où il devait terminer ses études de droit, au cours d’un curieux imbroglio, le jeune Goethe était tombé amoureux de la plus jeune fille du professeur de danse auprès duquel il prenait des leçons pour se produire dans la haute société, tandis que la seconde fille plus âgée du professeur de danse était tombée amoureuse de lui : celle-ci, en conflit avec sa sœur, maudit Goethe pour qui ce fut le second échec amoureux de sa jeunesse ».

C. Paul Decharme, Goethe et Frédérique Brion, Hachette, Paris, 1908, 65 pages (thèse complémentaire de Lettres de l’université de Caen).

D. Ernest Seillière, La vraie Marguerite de Faust : Frédérique Brion dans la légende et dans la réalité, Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 3, 1911 (p. 146-172).

« Le jeune Wolfgang Gœthe poursuivait en Alsace ses études de droit lorsqu’il fut présenté à ces braves gens par un camarade au mois d’octobre 1770.

Le soir même du jour où il regagna Strasbourg après cette courte villégiature, le 14 octobre 1770, il écrivait à l’une de ses correspondantes : J’ai passé quelques jours à la campagne, chez des gens bien agréables. La société des aimables filles de la maison, ce joli pays et ce ciel souriant ont remué dans mon cœur des sentiments trop longtemps assoupis, y réveillant le souvenir de tous ceux que j’aime.

Et à Frédérique Brion elle-même, il s’adressait le lendemain en ces termes : Chère nouvelle amie, je n’hésite pas à vous donner dès à présent ce nom. Si en effet je me connais le moins du monde en fait de regards, j’ai trouvé dans le premier de ceux que nous avons échangés l’espoir de cette amitié que j’invoque à présent, et je jurerais que nos cœurs vont se comprendre. Comment donc, bonne et tendre ainsi que je vous connais, ne seriez-vous pas un peu favorable à qui vous aime autant que je le fais ?… Chère, chère amie, que j’aie en ce moment quelque chose à vous dire, cela n’est aucunement douteux en vérité, mais que je sache au juste pourquoi je vous écris dès à présent et ce que je voudrais vous écrire, c’est une autre affaire ! En tout cas, certaine agitation que je ressens me fait juger à quel point je voudrais me sentir encore près de vous. Un petit morceau de papier devient une consolation sans égale en pareil cas : il me fournit une sorte de cheval ailé qui me permet d’échapper à ce bruyant Strasbourg, comme vous le tenteriez vous-même dans votre calme retraite si seulement vous déploriez l’absence de vos amis…

L’épître est aimable autant que naturelle : il n’en est pas beaucoup de ce ton dans la correspondance de son auteur. Mais c’est malheureusement, à peu de chose près, tout ce que nous possédons d’authentique sur les relations des deux amoureux et nos sources directes s’arrêtent au prologue de leur aventure ».

E. Frédérique Brion, l’amour alsacien de Goethe, par Paul Christian Wolff, 21 février 2021.

« S’il est une Alsacienne devenue célèbre, c’est bien Frédérique Brion. Célébrité acquise bien malgré elle, pour être uniquement due à Goethe. Pour lui, jeune étudiant en droit à Strasbourg en 1770-1771, qui la courtisait régulièrement chez ses parents au presbytère de Sessenheim et où il la revit brièvement en 1779, ce ne fut pas le dernier flirt. Mais il l’a révélé avec un souvenir ému dans Dichtung und Wahrheit et dans ses Sesenheimer Lieder. Pour elle, cette idylle resta sans lendemain.

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Strasbourg entre 1765 et 1775

Strasbourg entre 1765 et 1775. 1765. Louis XV, alors âgé de 55 ans, confie la modernisation de Strasbourg à son architecte royal, Jacques-François Blondel (1705-1774).

Carte du Plan Blondel. Cliquer sur les images pour les agrandir

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi (son père Louis XV meurt en effet après-lui, en 1774). Mais il sera le père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X… Chronique du blog : 1729-1765. Louis de France, dauphin.

Sources. Citations des textes de l’exposition du Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021, Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie.

Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

« Les nouveaux plans d’aménagement que Blondel conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux.

Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé : l’Aubette (1766-1767). Il s’agit d’un long immeuble de facture classique ». Diaporama de 24 photos de l’Aubette aujourd’hui.

Pour sa part, l‘architecte strasbourgeois, Samuel Werner, dessine les deux bâtiments qui auraient dû jouxter l’Aubette. Chronique du blog : S. Werner (1720-1775), architecte.

« Parmi les loisirs des Strasbourgeois auxquels Goethe s’adonne régulièrement, la promenade occupe une place importante. Les Contades, le Waken ou la Montagne Verte figurent parmi les lieux incontournables ».

Avril 1770 – août 1771, Goethe est à  Strasbourg. Il y mène ses études de droit (1770-1771. Goethe à Strasbourg). Il assiste à la remise de Marie-Antoinette au représentant du roi (1770. Goethe et Marie-Antoinette).

Au final cependant, il faut bien conclure à l’Échec du plan Blondel.

« Le séjour de Goethe coïncide avec l’un des plus importants chantiers de la cathédrale, visant à supprimer les boutiques qui jalonnaient le monument. L’architecte Jean-Laurent Goetz les remplace, peu après le départ de Goethe, par des galeries toujours en place aujourd’hui ».

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Museum of the Moon. Mélancholia

Museum of the Moon et Mélancholia. A l’occasion de la 2ème édition de L’Industrie magnifique : une lune géante de Luke Jerram, suspendue dans la cathédrale de Strasbourg.

Diaporama de 30 photos

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Titre de l’œuvre : Museum of the Moon (2016). Son auteur : « Luke Jerram, né en 1974, artiste basé à Bristol, diplômé de la Cardiff School of Art (1997). Il crée des sculptures, des installations de grande envergure et des projets d’arts vivants. Il a voyagé dans des endroits extrêmes pour développer des idées pour son art, de la Laponie aux dunes de sable du désert du Sahara,

Site de Museum of the Moon  : photos de quatre lieux qui ont invité La Lune à les éclairer, à les dynamiser, à les plonger dans une contemplation mélancolique. Le temps de quelques semaines lunaires… 

L’Œuvre : vidéo officielle de 2’49.

“Measuring seven metres in diameter, the moon features 120dpi detailed NASA imagery of the lunar surface. At an approximate scale of 1:500,000, each centimetre of the internally lit spherical sculpture represents 5 km of the moon’s surface.

As it travels from place to place, it gathers new musical compositions and an ongoing collection of personal responses, stories and mythologies, as well as highlighting the latest moon science.

The installation is a fusion of lunar imagery, moonlight and surround sound composition. Each venue also programmes their own series lunar inspired events beneath the moon”.

Museum of the Moon, Melanchoilia et sérénité.

La lune de Luke Jerram m’a fait penser à Melancholia, film écrit et réalisé par Lars von Trier, sorti en 2011.

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18ème. 5 architectes pour Dijon

18ème siècle. Cinq architectes embellissent Dijon.

  • A. Aménagement de la Place Royale et Statue équestre de Louis XIV.
  • B. Transformations du Palais des Ducs et du Palais des États au 18ème siècle. Diaporama de 33 photos.
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A. Dijon, 1686-1792. Place Royale et Statue équestre de Louis XIV. Source : citations d’un document du Musée des Beaux-arts.

1686-1692. « Aménagement de la Place Royale par l’architecte Martin de Noinville, place en hémicycle constituée d’une succession d’arcades couronnées d’une balustrade devant servir d’écrin à la statue royale. Les Élus des États de Bourgogne avaient en effet décidé de faire élever une statue équestre de Louis XIV.

Le 18 mai 1686, un marché est passé avec Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, formé dans l’atelier de J. Sarrazin, bronzier réputé.

Le modèle est achevé en 1690. La fonte est entreprise immédiatement. En 1692, la statue du roi et le cheval sont acheminés par la Seine et l’Yonne jusqu’à Auxerre. Le mauvais état des routes et le poids de l’œuvre empêchent de continuer le transport ».

Source : Musée des Beaux-arts de Dijon

« Les sculptures sont alors remisées dans une grange du village de La Brosse pendant 27 années.

Ce n’est qu’en 1718 que l’on réussit à acheminer par route la statue jusqu’à Dijon : elle est déposée dans la Cour du Logis du Roi ; il faut attendre encore quatre années pour que les Etats décident de faire dessiner un socle, celui choisi à l’origine n’étant plus de leur goût. Ils s’adressent à Jacques-Ange Gabriel, architecte ordinaire du roi, pour le piédestal qui sera achevé en 1725 ; l’inauguration a enfin lieu le 15 avril 1725, mais le décor du socle ne sera complètement achevé et entouré d’une grille qu’en 1742 ; les plaques des inscriptions commémoratives ne seront posées qu’en 1747.

Pas moins de 62 ans et de nombreuses péripéties auront été nécessaires pour que le monument soit enfin achevé.

La statue va disparaître 45 ans plus tard, victime du vandalisme révolutionnaire. La sculpture est brisée le 15 août 1792. Le bronze est envoyé, partie à la Monnaie de Dijon, partie aux fonderies de canons du Creusot ».

B. Dijon, 18ème siècle. Palais des ducs et Palais des États. Source : Musée des Beaux-Arts, Histoire de l’Architecture.

En 1688, l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) propose de transformer les bâtiments disparates du palais en un ensemble cohérent, avec une cour d’honneur dans l’axe de la place et deux ailes en retour.

1710. A l’arrière, du côté du jardin des ducs, Robert de Cotte (1656-1735) édifie une nouvelle aile pour les appartements du Prince de Condé.

1731-1736. Jacques Gabriel (1667-1742) édifie le grand escalier des États et, en 1736-1738, la chapelle des Élus (chronique à venir).

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F. Rude (1784-1855), sculpteur

« François Rude, né le 4 janvier 1784 à Dijon et mort le 3 novembre 1855 à Paris, est un sculpteur, représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, dont il est un des maîtres ». Source : article Wikipédia.

« Il a débuté sa carrière artistique à l’École des Beaux-arts de Dijon. En 1815, il doit partir en exil à Bruxelles. Lors de son retour en France, il s’installe à Paris et devient un grand statuaire reconnu pour l’importance de son œuvre ». Source : notice du Musée des Beaux-arts de Dijon.

Le musée Rude occupe le transept et le chœur de l’église Saint-Étienne. Il abrite les moulages des œuvres monumentales du sculpteur dijonnais.

Diaporama de 30 photos (Pierre Dubois, mai 2021). Réponses au Quiz d’hier.

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Dans le musée, des œuvres sculptées par Rude, en mémoire d’évènements et d’hommes célèbres du 18ème siècle (chroniques du blog sur l’Histoire du 18ème siècle).

Jacques-Louis David (1748-1825), œuvre de 1826 (surmoulage en plâtre).

Jean-François de La Pérouse (1741-1788), œuvre de 1828 (surmoulage en plâtre).

Le Départ des volontaires de 1792 (plus connu sous son surnom populaire de La Marseillaise), œuvre de 1834-1836 (surmoulage en plâtre).

Le Maréchal de Saxe (1696-1750), œuvre de 1838. Lire également la chronique du blog : le Mausolée de Maurice de Saxe par Pigalle (Église Saint-Thomas Strasbourg).

Gaspard Monge (1746-1818), œuvre de 1849 (surmoulage en plâtre).

Biographie résumée. Source : citations de la notice du Musée des Beaux-arts de Dijon.

« La jeunesse dijonnaise. François Rude est né le 4 janvier 1784, rue Poissonnerie à Dijon, où son père est établi « maître poêlier ». Il entre en 1800 à l’École de Dessin de François Devosge pour suivre un enseignement fondé sur le dessin et le modelage d’après l’antique et le modèle vivant. En 1807, muni d’une lettre de recommandation de son maître auprès de Vivant Denon, directeur des Musées impériaux, François Rude quitte sa ville natale pour Paris.

Il travaille successivement dans l’atelier d’Edme Gaulle et de Pierre Cartellier avant d’être admis à l’École impériale des Beaux-arts en 1809 avec la figure de Marius méditant sur les ruines de Carthage, puis il obtient le premier Prix de Rome de 1812 avec Aristée déplorant la perte de ses abeilles. Ses premières compositions, très empreintes des leçons de l’Académie (portraits, drapés…) marquent un souci constant pour le fini des détails et le rendu des textures.

A la chute de l’Empire, Rude accompagne son protecteur dijonnais, Louis Fremiet, dans son exil bruxellois, et, de 1815 à 1827, réalise de nombreux travaux décoratifs. Les moulages d’après les bas-reliefs de l’Histoire d’Achille (Musée Rude, Dijon) et le fonds de dessins légué au Musée des Beaux-arts de Dijon par Albert Joliet en gardent le souvenir.

Un artiste parisien. Peu de temps après son retour définitif à Paris, le Mercure rattachant sa talonnière (Salon de 1828) et le Petit pêcheur napolitain (Salon de 1831 et de 1833) le désignent comme l’un des principaux sculpteurs de sa génération. L’équilibre des mouvements opposés du Mercure, et la modernité du sujet du Petit pêcheur napolitain, nourrissent les débats critiques du temps. Rude est associé au programme du sculpteur de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, où il réalise en 1836 le haut relief du pied-droit, le Départ des volontaires de 1792 (plus connu sous son surnom populaire de La Marseillaise). Les caractères particuliers d’expressivité et de mouvement donnent à la composition sa ferveur d’épopée romantique. Ce sens de l’histoire, augmenté du goût archéologique du détail, est manifeste avec les figures du Maréchal de Saxe (Musée du Louvre) et de Louis XIII adolescent (Musée des Beaux-arts de Dijon)

Ses œuvres monumentales. Le Réveil de Bonaparte (Parc Noisot, Fixin), commandé en 1845 par Claude Noisot, ancien commandant des grenadiers de l’Ile d’Elbe, est dédié à l’empereur. La première esquisse représente Napoléon, mort, veillé par l’aigle impérial ; l’exécution définitive le montre s’éveillant à l’Immortalité. La Jeanne d’Arc (1852) semble, elle aussi, transfigurée. Rude renonce à l’image convenue de la Pallas chrétienne, lui préférant celle de la sainte visionnaire. Les statues du Général Bertrand (1850-52, Châteauroux), du Maréchal Ney (1852, Paris) et la figure gisante de Godefroy Cavaignac (1845-47 Cimetière Montmartre, Paris) concluent ce panthéon de héros anciens et modernes ».

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Quiz. Trouver le sculpteur !

Quiz en trois questions et photos :

  • 1. qui est le sculpteur représenté par ce buste et auteur des deux œuvres des questions 2 et 3?
  • 2. qui est ce militaire du milieu du 18ème siècle ?
  • 3. quel est l’évènement historique célèbre, évoqué par ce haut-relief imposant ?

Question subsidiaire : dans quel musée de province peut-on admirer ces 3 œuvres ?

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1770. Goethe et Marie-Antoinette

Mai 1770 sur une île du Rhin, entre Kehl et Strasbourg. Remise de Marie-Antoinette à la France. Goethe estime que la tapisserie exposée à cette occasion constitue une grave faute de goût. Suite de la chronique : 1770-1771. Goethe à Strasbourg.

Diaporama de 30 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

A. Marie-Antoinette d’Autriche, un mariage politique. Source : Marie-Antoinette d’Autriche (1755-1793), article de Wikipédia.

« Marie-Thérèse d’Autriche, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique diplomatique, qui vise à réconcilier, après des siècles de guerres, les Maisons d’Autriche et de France, dans le contexte du renversement des alliances et de la fin de la guerre de Sept Ans, et ainsi faire face aux ambitions conjointes de la Prusse et de la Grande-Bretagne.

Marie-Antoinette d’Autriche par Vigée Le Brin, 1783.

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Le 7 février 1770 au soir, Marie-Antoinette, âgée de 14 ans et 3 mois est réglée, donc prête à être donnée en mariage et à donner un dauphin à la couronne de France. Les négociations en vue du mariage sont menées à un rythme plus soutenu. Dès le 17 avril, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes dépendant de la Maison d’Autriche. Le 19 avril 1770, on célèbre son mariage par procuration, à cinq heures du soir, dans l’église des Augustins.

Deux jours plus tard, le 21 avril, au petit matin, la benjamine de la famille impériale, âgée de 14 ans et 5 mois, quitte définitivement Vienne et l’Autriche. Sa mère lui fait alors un grand nombre de recommandations. De douloureux pressentiments entourent alors son départ de Vienne.

Une anecdote raconte que l’abbé Joseph Gassner, ecclésiastique venu chercher l’asile à Vienne, se croyant inspiré par Dieu, à une question de Marie-Thérèse lui demandant comment allait sa fille, ne répondit pas, pâlit, et finit par articuler : Madame, il est des croix pour toutes les épaules.

Après environ trois semaines de voyage, le 7 mai 1770, la jeune Marie-Antoinette arrive à Kehl où elle doit participer au rite de remise de l’épouse, tradition de l’Ancien Régime ».

B. Une faute de goût, dénoncée par le jeune Goethe. Sources : article des DNA et exposition du palais Rohan.

« Le 7 mai 1770, Strasbourg accueille la dauphine Marie-Antoinette, déjà mariée par procuration au futur Louis XVI, petit-fils de Louis XV. Goethe assiste à un événement dont le faste est pour lui entaché par une extraordinaire faute de goût, typique de la désinvolture française…

C’est une tapisserie sortie des ateliers de la Manufacture des Gobelins, aujourd’hui conservée au musée national du château de Compiègne, qui en est la cause. Réalisée en 1755 d’après un carton de Jean-François de Troy, elle représente deux personnages de la mythologie grecque, Jason et Médée, dont on sait combien l’histoire finira mal – dans la folie et dans le sang…

Avec ses 4,30 m de haut et 4,43 m de large, la tapisserie en imposait par sa dimension dans le vaste décorum mis en place pour accueillir Marie-Antoinette. Mais elle choqua le jeune Goethe, qui avait acquitté le prix d’entrée pour découvrir les splendeurs du goût français. Il relate la bévue dans ses mémoires : Quoi ! m’écriai-je sans m’inquiéter des assistants, est-il permis de mettre si inconsidérément sous les yeux d’une jeune reine, dès le premier pas qu’elle fait dans son royaume, l’exemple des plus horribles noces qui furent peut-être jamais célébrées ? N’y a-t-il donc parmi les architectes, les décorateurs, les tapissiers français, personne qui comprenne que les images représentent quelque chose, que les images agissent sur l’esprit et le cœur, qu’elles produisent des impressions, qu’elles éveillent des pressentiments ?

A contrario, il célèbre une autre tapisserie déployée pour accueillir la jeune dauphine. La pièce reprenait la célèbre fresque de Raphaël, L’École d’Athènes. C’est à travers elle que Goethe découvre avec ravissement l’art italien de la Renaissance. Il y voyait l’expression du juste et du parfait, résume Florian Siffer, commissaire de l’exposition Goethe à Strasbourg.

  • Visite virtuelle de l‘exposition de Strasbourg : vidéo de 11 minutes. Présentation par le commissariat de l’exposition, Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, et Aude Therstappen, conservatrice en charge des collections germaniques et scandinaves de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg ».

C. Acte officiel de la remise de la dauphine Marie-Antoinette au royaume de France. Source. Archives de Strasbourg. Actes constitutifs et politiques de la commune, correspondance politique, archives du Prêteur royal (XIIe – XVIIIe siècle) dans les archives de la Ville antérieures à 1790.

Un rite qui obéissait à un protocole très strict…

« L’acte de remise de Madame la Dauphine en une halle construite dans une Isle du Rhin près de Strasbourg » date du 7 mai 1770.

Ce document manuscrit de plusieurs pages relate avec minutie les détails de la cérémonie du passage à Strasbourg de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, dauphine de France (1755-1793) avant son mariage officiel avec le dauphin à Versailles, à savoir :

  • l’annonce faite par le duc de Choiseul de la prochaine arrivée de la princesse,
  • la relation détaillée des fêtes et cérémonies qui ont eu lieu à cette occasion,
  • les minutes des harangues adressées à la princesse,
  • la correspondance du magistrat et de M. d’Autigny, Prêteur royal, avec le duc de Choiseul,
  • des listes nominatives des dames de la noblesse d’Alsace présentées à Marie-Antoinette et des personnes de sa suite,
  • des états de répartition de 2500 ducats aux bas-officiers de la princesse et des 50 louis qu’elle a fait donner à l’écuyer de la ville,
  • un compte des dépenses occasionnées par la construction et l’ameublement de la maison destinée à la cérémonie de la remise de Marie-Antoinette et par les fêtes données en son honneur,
  • des pièces relatives à l’établissement d’une route à travers les banlieues de Hoerdt et de Niederweyer, pour faciliter le voyage de Marie-Antoinette,
  • une indication de l’itinéraire suivi par la princesse depuis Vienne jusqu’à Strasbourg ».

… et qui constituait un passage obligé dans la vie d’une future souveraine de France.

« Le symbole le plus visible de ce rite de remise de l’épouse était le bâtiment construit en bois sur l’île aux Épis, une zone neutre au milieu du Rhin, entre les villes de Kehl et de Strasbourg, où la jeune Marie-Antoinette venant de Vienne après près de trois semaines de voyage, était arrivée dépouillée de ses vêtements et de ses biens d’origine avant de repartir avec ses nouveaux habits de princesse française.

Les deux entrées du bâtiment ont été disposées de telle sorte qu’elle y entre du côté autrichien et en ressorte du côté français : pour Marie-Antoinette, c’était ainsi un rite de passage de sa vie de jeune fille à sa vie de femme.

Une fois entrée dans la ville de Strasbourg, elle a été reçue au palais épiscopal par le cardinal de Rohan et le soir même du 7 mai 1770, elle s’est rendue au spectacle à la Comédie.

Elle a quitté Strasbourg le lendemain pour cinq jours de voyage au bout duquel elle rencontrera enfin le dauphin à qui elle est promise.

C’est le 16 mai 1770 que Marie-Antoinette l’épousera à Versailles et c’est le 18 mai 1774, à la mort du roi Louis XV, qu’elle deviendra reine de France, à l’âge de 18 ans ».

D. La colère provoquée par le passage à Strasbourg de Marie-Antoinette en 1770. Source : Blog Antonia Forum actif

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1770-1771. Goethe à Strasbourg

Entre avril 1770 et août 1771, Goethe, âgé de 21 ans, séjourne à Strasbourg pour y poursuivre des études de droit.

Portrait de Goethe par Georg Melchior Kraus, 1775-1776

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Johann Wolfgang von Goethe, né en août 1749 à Francfort et mort en mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, scientifique, théoricien de l’art et homme d’État allemand.

Sources. Citations de Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

Un regret : prévue pour 5 mois et demi, l’expo n’a été visible que 15 jours en présentiel. Pourquoi n‘est-elle pas prolongée ?

Diaporama sur le séjour strasbourgeois de Goethe : le logement et les études (22 photos de Pierre Dubois, mai 2021). Prochain diaporama : Marie-Antoinette passait par là.

Lord Abington. Vue prise du Balcon de l’Hôtel de l’Esprit (sans date).

Visite virtuelle : vidéo de 11 minutes. Présentation par le commissariat de l’exposition, Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, et Aude Therstappen, conservatrice en charge des collections germaniques et scandinaves de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

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1703. Fonder Saint-Pétersbourg

16 mai 1703. Pierre le Grand fonde Saint-Pétersbourg. Source : extraits de Ysaline Homant, Herodote.net, 15 mai 2021. Quatre photos de Pierre Dubois (juillet 2005)

« Le 16 mai 1703, sur ordre du tsar Pierre Ier le Grand (30 ans), des soldats russes posent la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul.

L’idée de donner une nouvelle capitale à la Russie est venue au tsar Pierre Ier suite à ses voyages en Europe. Fils du tsar Alexis Ier, Pierre monte sur le trône en 1682, à l’âge de 10 ans, en association avec son demi-frère Ivan V.

Il se frotte aux idées occidentales et s’empare de la totalité du pouvoir à dix-sept ans, en 1689.

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En 1697-1698, Pierre effectue incognito un voyage de découverte en Angleterre, en Allemagne et en Hollande.

Sa volonté d’occidentaliser le pays culmine avec la fondation de Saint-Pétersbourg sur un territoire qu’il vient d’arracher à la Suède… En 1712, Saint-Pétersbourg devient officiellement la capitale de l’empire.

Cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul

En 1714, à son apogée, Pierre Ier se met en tête de rivaliser avec Louis XIV et son palais de Versailles. Il engage la construction d’une somptueuse résidence d’été sur les rives du golfe de Finlande ; elle portera son nom, Peterhof (le château de Pierre en allemand).

En 1716, il appelle à la rescousse l’architecte Jean-Baptiste Alexandre Le Blond (1679-1719), qui arrive avec une équipe nombreuse d’artisans français.

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