Archives de Tag: Musées

La Marseillaise dans l’Histoire

Suite de la chronique du 7 novembre 2021, 1792. Rouget de Lisle, La Marseillaise. Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg. Source : gravures EV15 11-21. Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Exposition du MAMCS de Strasbourg (5 novembre 2011 au 20 février 2022).

Années 1791-1792. 25 septembre 1791, fête de la proclamation de la Constitution française à Strasbourg. 25 avril 1792, création de la Marseillaise à Strasbourg par Rouget de Lisle. 22 juillet 1792, enrôlement de volontaires. 1792, départ du Bataillon des Marseillais. 30 juillet 1792, arrivée des Marseillais à Paris. 10 août 1792, prise du palais des Tuileries. 20 septembre 1792, bataille de Valmy.

Années 1845-1939. Artistes ayant commémoré la Marseillaise, Rouget de Lisle et le Baron de Dietrich : David d’Angers (1845), Isidore Pils (1849), Gustave Doré (après 1871), Auguste Pinelli (1875), Manufacture de Saxe (vers 1889), Jean-Jacques Scherrer (1909), Joseph Ponti (1939).

Source : extrait de la présentation de l’exposition. du MAMCS. « Lorsque le maire de Strasbourg commande en 1792 le chant de guerre à Rouget de Lisle, la guerre vient d’être déclarée aux ennemis de la Révolution française susceptibles de vouloir restaurer la monarchie. Paroles et musique sont destinées aux troupes de l’Armée du Rhin. Parvenu à Marseille, il accompagne la montée des fédérés sur Paris. Dès lors ce chant de guerre, devenu L’air des Marseillois, retentit lors des conflits menés par la France.

Plus qu’un hymne guerrier, La Marseillaise devient le chant révolutionnaire lors des fêtes civiques et retentit désormais à chaque révolution. Elle conquiert le monde et est de toutes les rébellions : dès 1793 en Amérique du Sud, en 1794 en Pologne, au XIXe siècle elle accompagne les opposants au tsar, après 1850 elle est revendiquée par les Espagnols républicains. Au XXe siècle on la chante lors de la révolution russe de 1917, elle accompagne la longue Marche de Mao. En 1989 on l’entend sur la place Tienanmen et lors de la chute du mur de Berlin.

La Marseillaise sera consacrée hymne national français en 1879/80. Au XXe siècle, elle est instrumentalisée mais n’en demeure pas moins l’expression de la démocratie française. Entre les deux guerres elle est revendiquée par le Front populaire et utilisée contre le parti communiste. Pétain tentera de la réduire au silence. Elle rassemble les résistants en France, en Espagne mais aussi dans les camps de concentration. Après-guerre, tous les partis s’en réclament »

Source : extrait de la présentation de l’exposition du MAMCS.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. PACA Corse, E. Arts Lettres Langues

Mourir à 25 ans : Marie Bashkirtseff

A. Close Up, exposition de la Fondation Beyeler (Riehen, Suisse), jusqu’au 2 janvier 2022.

« L’exposition présente des œuvres de femmes artistes dont l’œuvre occupe une position éminente dans l’histoire de l’art moderne depuis 1870 jusqu’à aujourd’hui. C’est l’époque où, pour la première fois, il devint possible à des femmes en Europe et en Amérique de développer une activité artistique professionnelle sur une large base.

Au centre de l’exposition figurent neuf artistes qui ont en commun leur intérêt pour la représentation d’êtres humains, le portrait dans ses différentes déclinaisons, et l’autoportrait.

Berthe Morisot, Mary Cassatt, Paula Modersohn-Becker, Lotte Laserstein, Frida Kahlo, Alice Neel, Marlene Dumas, Cindy Sherman, Elizabeth Peyton ».

Pourquoi le nom de Marie Bashkirtseff (1858-1884) ne figure-t-il pas dans la liste, alors que deux de ses toiles – l’Académie Julian (1881) et son autoportrait à la palette (1883) – sont exposés en salle 10 du Musée ?

Diaporama de 19 photos. Deux œuvres en détail : L’Atelier Julian, L’autoportrait à la palette.

1881. L’Atelier des Femmes ou L’Atelier Julian. « En 1877, Marie Bashkirtseff fait son entrée au secteur destiné aux élèves femmes de l’Académie Julian. Fondée par Rodolphe Julian en 1868, elle était l’unique établissement permettant aux femmes d’étudier la peinture.

Cliquer sur les images pour les agrandir

La possibilité que les jeunes filles puissent peindre la figure humaine à partir de modèles nus était difficile à assimiler pour la mentalité victorienne de l’époque. Dans cette œuvre, dont Marie n’était pas très satisfaite, elle se peint, de dos au spectateur » (en bas à droite du tableau).

1884. L’autoportrait à la palette

Quatre autres œuvres de Marie Bashkirtseff sont exposées au Musée d’Orsay (Paris).

B. Brève biographie de Marie Bashkirtseff (1858-1884) : peintre et diariste. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Marie Bashkirtseff, née dans le Gouvernement de Poltava (aujourd’hui en Ukraine) dans l’Empire Russe, le 11 novembre 1858 et morte à Paris, le 31 octobre 1884, est une diariste, peintre et sculptrice.

Marie Bashkirtseff, née dans une famille noble et fortunée, grandit à l’étranger, voyageant avec sa mère à travers l’Europe. Elle parle couramment, outre l’ukrainien, le français, l’anglais, l’italien et le russe. Sa soif de connaissance lui fait étudier les auteurs classiques et contemporains. Elle étudie la peinture en France à l’Académie Julian, l’une des rares en Europe à accepter les femmes ».

C. Le Journal. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Quelques mois avant sa mort, entrevoyant, malgré les dénégations de son entourage, qu’elle est condamnée par sa maladie, la tuberculose, elle s’avise de relire son Journal, les pages écrites au jour le jour, très librement, très franchement, qui constituent son histoire.

Écrit d’abord uniquement pour elle-même, elle y ajouta une sorte d’introduction, en mai 1884 (elle mourra au mois d’octobre suivant, le 31.

Poster un commentaire

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. PACA Corse, E. Arts Lettres Langues

Strasbourg 1725. Mariage de Marie

Strasbourg, 15 août 1725. Mariage par procuration de Marie Leczinska et de Louis XV (nouvelle publication de la chronique du blog du 15 juillet 2021).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Depuis la publication de cette chronique, j’ai pu photographier deux estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg : arrivée de Marie aux portes de la ville ; son mariage par procuration, avec le représentant du roi Louis XV, Louis, duc d’Orléans, fils du Régent.

Diaporama de 10 photos.

Marie Leczinska, d’après Carl Van Loo, Musée historique de Strasbourg.

Lire les pages 1, 2, et 3 de la chronique de juillet 2021.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

1679-1707. Fortifications en Alsace

1679-1707. Fortifications en Alsace : de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (conclue par les traités de Ryswick) à la guerre de succession d’Espagne.

Suite de la publication d’estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg.

Diaporama de 19 photos.

A. 1679-1682. Fortifications d’Huningue (source : extraits du site sur les fortifications de Vauban).

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Créée au IXe siècle, la ville d’Huningue est alors la propriété de l’abbaye Saint-Gall. Propriété de la ville de Bâle, puis de la maison d’Autriche, la ville change souvent de main pendant la guerre de Trente ans, pour finalement devenir française en 1648.

En 1676, Louis XIV décide de faire ériger à Grand-Huningue, une petite place forte à vocation défensive dont le projet est confié à Vauban en 1679. Elle permettra de contrôler le gué du Rhin et renforcer la position stratégique de la ville par rapport à Bâle. L’ingénieur Tarade supervise les travaux. La place est inaugurée en 1680 et achevée en 1682. L’enceinte comporte cinq bastions à orillons, des tenailles, cinq demi-lunes dont quatre avec traverses et réduits, une contregarde devant le bastion ouest, deux ouvrages à corne devant les bastions nord-ouest et sud-ouest et une redoute au sud. Un canal entoure le pied des glacis et les fossés sont inondés.

Pour contrôler le passage du Rhin, une tête de pont est construite sur la rive droite du fleuve. Constituée d’un ouvrage à corne central, ce dernier est flanqué au nord et sud de deux bastions. Le tout est protégé par des fossés inondés et un chemin couvert. Un retranchement en forme d’ouvrage à corne est édifié derrière la tête de pont sur l’île des Cordonniers, au milieu du fleuve. Il permet de disposer de points d’appuis solides pour construire un pont provisoire en cas de guerre.

En 1697, le traité de Ryswick stipule la démolition des ouvrages de la rive droite, de l’île des Cordonniers et du pont. De nouveaux dehors sont édifiés sur la rive droite pendant la Révolution.

Après un long siège, Huningue capitule le 28 août 1815, et suite au traité de Paris du 20 novembre, la place est démantelée ».

B. 1681-1685. Construction de la citadelle de Strasbourg (source : article de Wikipédia).

« En 1681, la ville libre de Strasbourg est convoitée par le royaume de France entre autres pour des raisons stratégiques : surveillance du Rhin et de la Basse-Alsace (après la perte de la place-forte de Philippsburg en 1676). La reddition de la ville se fait le 30 septembre 1681 et dès le 3 octobre Sébastien Le Prestre de Vauban et François Michel Le Tellier de Louvois étudient la ville et ses fortifications, Vauban rédige alors un rapport manuscrit intitulé Situation de Strasbourg, ses défauts et ses avantages. Et les propriétés générales et particulières de la fortification, après l’exécution de son projet achevé.

Le Barrage Vauban à Strasbourg

Le chantier commence donc rapidement et plus de 3 000 hommes sont employés pour bâtir la citadelle, tandis qu’un millier travaillaient à la forteresse de Kehl de l’autre côté du Rhin. Pour le chantier fut creusé le canal de la Bruche ».

1688-1697. Les traités de Ryswick concluent la guerre de de la Ligue d’Augsbourg. La France restitue la ville fortifiée de Vieux-Brisach.

C. 1699-1703. Construction de la ville fortifiée de Neuf-Brisach (source : extraits du site Patrimoine/ Vauban / Fortifications)

« Neuf-Brisach est la dernière ville fortifiée créée par Vauban sur ordre de Louis XIV pour la sécurité de l’Alsace. Les travaux commencent en 1699 et la place forte est en état de défense en 1703.

Vauban met à profit les théories de son prédécesseur Blaise de Pagan, adaptant ses inventions à chaque site. Ces perfectionnements sont désignés sous le nom des trois systèmes de Vauban.

Ses principes de la guerre de siège – occuper rationnellement le terrain, employer judicieusement l’artillerie et épargner le plus de vies humaines – restent en usage durant deux siècles. Ses trois systèmes de fortification, qu’il élabore par touches successives en fonction des progrès qu’il apporte aux techniques d’attaque des places fortes, se distinguent par la multiplication des ouvrages extérieurs afin de renforcer la défense et de retarder la brèche dans le corps de place…

Le deuxième système multiplie les enceintes de défense, met en place une enceinte extérieure, dite de combat et une enceinte intérieure, dite de sûreté. Le corps de la place et les remparts sont ainsi détachés des bastions, qui forment une sorte de ceinture défensive indépendante.

Cette enceinte extérieure est d’élévation supérieure à l’enceinte intérieure : ainsi, l’adversaire ne peut lancer l’artillerie que sur la première enceinte, qui cache la seconde. De plus, ce système intègre une nouvelle innovation : les tours bastionnés sur les remparts. Chaque élément du système défensif a sa mission de défense, en fonction de l’étagement des feux, tir rapproché ou action lointaine. Besançon constitue un des premiers exemples de ce système.

Le troisième système consiste en le simple perfectionnement du système précédent, visant à augmenter encore la résistance de la place. Neuf-Brisach est la seule mais magnifique illustration de ce système. C’est Louis XIV lui-même qui choisit, parmi les trois projets soumis par Vauban, le plan que nous connaissons aujourd’hui ».

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Ingénierie, Architecture

Adam, sculpteurs de père en fils

Musée des Beaux-arts de Nancy. Exposition : Les Adam, la sculpture en héritage (jusqu’au 9 janvier 2022).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Première chronique du blog sur l’exposition : Adam, la sculpture de père en fils. Quatre parties, dédiées au père Jacob Sigisbert Adam, et à ses trois fils, Lambert Sigisbert, Nicolas Sébastien et François Gaspard. Une chronique à venir sera consacrée aux trois petits-fils.

Quatre diaporamas (94 photos) présentant les œuvres sont associés aux quatre parties : la première photo renvoie, chaque fois, à une biographie résumée, mise à disposition des visiteurs et donc fort bienvenue.

Présentation de l’exposition (source : Site du musée). « Originaire de Nancy, la famille Adam est la plus grande dynastie de sculpteurs français du XVIIIe siècle. Sur trois générations, ses membres déploient leurs talents auprès des plus grands mécènes et participent à plusieurs chantiers majeurs.

Formés en Lorraine dans le contexte d’essor artistique des règnes des ducs Léopold et Stanislas, Jacob Sigisbert Adam, ses trois fils Lambert Sigisbert, Nicolas Sébastien et François Gaspard ainsi que leurs neveux Sigisbert François, Pierre Joseph et Claude Michel dit Clodion, œuvrent à Rome, Paris, Versailles ou Berlin au service du pape et des monarques européens comme Louis XV, Louis XVI, Frédéric II de Prusse ou Catherine II de Russie.

Première rétrospective à leur être consacrée, l’exposition réunit cent chefs-d’œuvre issus d’institutions nationales, internationales mais aussi de collections particulières. Permettant de dévoiler plusieurs sculptures prestigieuses inédites qui témoignent de la virtuosité de la famille Adam au cœur de l’Europe des Lumières, elle est accompagnée d’un catalogue de référence sur le sujet ».

Lire aussi : Aurélia Antoni, La famille Adam, sculpter pour l’éternité, Beaux-arts, 6 octobre 2021

A. Jacob Sigisbert Adam (1670-1747). Source : extraits de Wikipédia.

Diaporama de 27 photos.

Jacob Sigisbert Adam est le fils de Lambert Adam (1640-1721), fondeur, et de sa femme, Anne Fery (ou Ferry) (1645-1725), dite Dauphine, frère de Nicolas François Adam (1682-1759), avocat à la Cour.

Le duc Charles V de Lorraine, vers 1700

B. Lambert Sigisbert Adam, dit Adam l’Aîné (1700-1759). Source : extraits de Wikipédia.

Diaporama de 30 photos.

« Fils du sculpteur Jacob Sigisbert Adam de Nancy, Lambert Sigisbert Adam était l’aîné de trois frères qui furent tous sculpteurs. Il fut d’abord formé par son père à Metz et à Paris dans l’atelier de François Dumont avant de passer dix ans à l’Académie de France à Rome, après avoir obtenu en 1723 le grand prix de sculpture. Durant son séjour, il fut protégé par le cardinal Melchior de Polignac, ambassadeur de France près le Saint-Siège, pour qui il restaura ou copia des statues antiques. C’est ainsi qu’il restaura habilement les douze statues trouvées dans la prétendue villa de Marius. Il fut également élu membre de l’Académie de Saint-Luc en 1732.

Durant ce très long séjour à Rome, il acquit une technique et une sensibilité qui le rattachent davantage au rococo qu’au baroque. En témoigne sa prédilection pour la mise en scène de l’eau, à travers des sculptures destinées à des fontaines ou des allégories. Il remporta en 1731 le concours pour la fontaine de Trevi à Rome, mais le pape Clément XII ne suivit pas le choix du jury et commissionna Nicola Salvi.

Il travailla aux célèbres cascades du château de Saint-Cloud (La Seine et La Marne), sculpta le groupe central du bassin de Neptune, dans le parc château de Versailles (Le Triomphe de Neptune et d’Amphitrite, 1740), travailla au palais de Sanssouci à Potsdam (La Chasse et La Pêche). Pour sa réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1737, il donna un Neptune calmant les flots irrités. En 1735, les Bâtiments du roi lui passent commande d’un Chasseur prenant un lion dans ses filets pour le château de Grosbois, faisant pendant avec l’Athlète domptant un ours d’Edmé Bouchardon ».

Louis XV en Apollon, probablement en 1749, terre cuite

C. Nicolas Sébastien Adam, dit Adam le cadet ou Adam le jeune (1705-1778). source : extraits de Wikipédia.

« Fils du sculpteur Jacob Sigisbert Adam et de son épouse, Sébastienne Le Léal. Nicolas Sébastien Adam était le cadet de trois frères qui furent tous sculpteurs, l’aîné, Lambert Sigisbert Adam, et le cadet François-Gaspard-Balthazar Adam.

Diaporama de 25 photos.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, D. Italie, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

Pompidou Metz, Face à Arcimboldo

Face à Arcimboldo, Centre Pompidou Metz, jusqu’au 22 novembre 2021.

2021. « COP26 : les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent à Glasgow. Les dirigeants du monde entier, qui se retrouvent du 1er au 12 novembre, doivent se succéder à la tribune afin de préciser la position de leur pays sur le climat. L’enjeu est énorme : accélérer considérablement la lutte contre le dérèglement climatique pour éviter ses pires effets, déjà perceptibles partout sur le globe »… Source : Le Monde du 1er novembre 2021.

1573. Guiseppe Arcimboldo (1526-1593) peint, pour Ferdinand 1er du Saint-Empire, quatre visages, sous la forme de fruits et de légumes de saison assemblés (les quatre saisons : youtube d’1’35). Le spectateur admire la caricature ; il la trouve comique voire grotesque. Mais il ne peut échapper à la clarté du message sous-jacent : la vie sur terre concerne au même titre l’Humain et le non-Humain ; ils sont en interaction constante ;  leur vie sur terre dépend du climat qu’il y fait au fil des saisons et de cycles plus ou moins longs. La vie conduit à la mort mais elle vaut d’être vécue dans les meilleures conditions.

L’exposition du Centre Pompidou-Metz propose une visite inédite, à rebours de toute chronologie, dans les méandres de la pensée de ce peintre mystérieux du XVIe siècle, pour percer l’actualité de son vocabulaire.

Diaporama de 24 photos.

Les cartels sont disposés assez loin des œuvres dans chacune des allées. Mais ils sont à la hauteur des yeux et suffisamment longs pour apporter les informations pertinentes aux visiteurs.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Extraits de la présentation de l’exposition. « Si les portraits composites d’Arcimboldo sont aujourd’hui universellement connus, la richesse et la diversité de son œuvre restent à découvrir. Giuseppe Arcimboldo est un inventeur et un penseur dont les réflexions et les travaux dépassent la question de la représentation du visage dans la peinture. L’exposition montre combien son œuvre irrigue l’histoire de l’art depuis cinq siècles et vient éclairer nombre de débats philosophiques et politiques actuels.

Face à Arcimboldo incarne l’actualité artistique à travers le regard de 130 artistes, dont le choix a été guidé par l’influence – assumée, inconsciente ou fantasmée – qu’exerce le maître lombard sur leur pensée et leur art. Chacune des 250 œuvres de l’exposition porte l’empreinte de la liberté créative d’Arcimboldo et suit un fil rouge qui traverse les siècles jusqu’à nos jours ». Le catalogue.

Fin octobre, lors de ma visite de l’exposition, je n’ai photographié que cinq œuvres montrant l’influence d’Arcimboldo sur des peintres ou graveurs de la fin du XVIIe et du XVIIIe (cf. les 382 chroniques de la saison 8 du blog portant sur l’Histoire du XVIIIe), sur une artiste contemporaine.

Coup de cœur 1. J’ai été impressionné par Adam et Eve, œuvre de la fin du XVIe, attribuée à l’atelier d’Arcimboldo. Leurs pensées lubriques d’être vivants angoissés existeront-elles encore après la mort ?

Commentaires fermés sur Pompidou Metz, Face à Arcimboldo

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues

J-J. Henner, 30 ans en 1859

Jean-Jacques Henner  (1829-1905) : 30 ans en 1859.

Deux sources. Citations de l’article de Wikipédia (Jean-Jacques Henner) et des cartels de l’exposition qui lui est consacrée à Strasbourg.

Diaporama de 47 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

« Auteur d’une œuvre abondante présentée dans de nombreux musées, il a une réputation de portraitiste et de dessinateur apprécié de son vivant. Il est surtout connu pour ses nombreux nus féminins aux chairs pâles, à la chevelure rousse et aux poses alanguies. Il est resté toute sa vie à l’écart des évolutions artistiques de son époque.

1829. Naissance le 5  mars à Bernwiller (Haut-Rhin). Fils de paysan sundgauvien, les premiers tableaux de Jean-Jacques Henner sont des portraits et des scènes de la vie quotidienne des habitants de sa région traitées dans un réalisme parfois naïf.

1841-1843 (12-14 ans). Henner suit ses premiers cours de dessin au collège d’Altkirch auprès de Charles Goutzwiller.

1843-1846 (14-17 ans). Il entre dans l’atelier de Gabriel-Christophe Guérin à Strasbourg. Celui-ci meurt en 1846.

1845 (16 ans). Il peint le portrait de Séraphin, son frère (1815-1894). C’est à lui que revint la responsabilité de l’éducation du jeune Jean-Jacques à la mort de leur père.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1847 (18 ans). Grâce à l’octroi de plusieurs bourses du conseil général du Haut-Rhin, il poursuit ses études à Paris à l’École des Beaux-arts et fréquente l’atelier de l’alsacien Michel Martin Drolling. Il suit un enseignement académique et commence à fréquenter d’autres jeunes élèves tels Alexandre Falguière, Jules-Elie Delaunay et Jules Lefebvre.

Les professeurs étant des membres de l’Institut venant corriger les travaux des élèves, Henner bénéficie des conseils de James Pradier, David D’Angers, Horace Vernet et Jean-Auguste Dominique Ingres.

1847-1858 (18-29 ans). Il rentre régulièrement en Alsace et peint des scènes de genre et des portraits de ses proches.

1847 (18 ans). Autoportrait. Portrait de jeune fille alsacienne.

  • février 1848 – décembre 1852. Lors de la révolution de 1848, Jean-Jacques Henner a 19 ans. Lors de l’installation en décembre 1852 du Second Empire, il va bientôt fêter ses 24 ans. Cinq années de vie parisienne : barricades de février 1848 ; proclamation de la 2ème République en juin 1848 ; coup d’État de décembre 1851 au bénéfice du futur Napoléon III ; décembre 1852, instauration du Second Empire, sous la férule de l’empereur Napoléon III.
  • Jean-Jacques Henner n’a peint aucun de ces évènements clés de l’Histoire de France. L’exposition de Strasbourg cache cette anomalie. Pourquoi ? Pourquoi cette toile de 1849 ? Ecce Homo !

1849 (20 ans). Ecce Homo.

1850-1851 (21-22 ans). Il est inscrit au registre des copistes du Louvre et forme son œil au contact des maîtres anciens : Titien, Raphaël, Poussin retiennent particulièrement son attention.

A la mort de Drölling, Henner entre dans l’atelier de François-Édouard Picot. À cette époque, il réalise de nombreuses copies d’après des chefs-d’œuvre exposés au musée du Louvre. Ingres, Pierre-Paul Prud’hon et Corot comptent parmi les peintres du XIXe siècle qu’il apprécie par ailleurs.

1851 (22 ans). Portrait de Magdeleine Wadel-Henner (mère de l’artiste).

1852 (23 ans). Il tente son premier essai pour le Grand Prix de Rome de peinture.

Commentaires fermés sur J-J. Henner, 30 ans en 1859

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Ile-de-France, D. Italie, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

Réattu, Suzanne et les vieillards

A. Biographie de Jacques Réattu (1760-1833), prix de Rome en 1790. Source 1 : Citations du site du Musée Réattu (Arles).

« Jacques Réattu est né en Arles en 1760. Dès 1775, il entre à l’académie royale de peinture et de sculpture. Il se destine à la carrière de Peintre d’histoire, le plus noble des Genres dans la classification donnée alors à la peinture.

Cette ambition passe par l’obtention du Grand Prix de Rome attribué par concours, auquel il participe dès 1782. Il n’obtiendra le succès tant espéré, qu’en 1790 pour son œuvre Daniel faisant arrêter les vieillards accusateurs de la chaste Suzanne. Le prix lui ouvre les portes d’un séjour en Italie en tant que pensionné du Roi ».

Diaporama de 44 photos, prises par Pierre Dubois au Musée Réattu à Arles en avril 2019.

Cliquer sur les images pour les agrandir
  • Suzanne et les vieillards (ou Suzanne et les deux vieillards ou encore Suzanne au bain) est un épisode biblique relatant l’histoire d’une jeune femme, Suzanne qui, observée alors qu’elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards. Pour se venger ceux-ci l’accusent alors d’adultère et la font condamner à mort. Mais le prophète Daniel, encore adolescent, intervient et prouve son innocence. Il fait condamner les vieillards. L’épisode se trouve au chapitre 13 du livre de Daniel. Robert Gauthier, Suzanne et les vieillards, Galerie des Arts.

« Malheureusement le contexte politique ne lui permettra pas de séjourner comme prévu quatre années dans la capitale pontificale.

Ce séjour sera néanmoins l’occasion pour Jacques Réattu de réaliser une œuvre majeure, Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu (1792), première œuvre à discours révolutionnaire de l’artiste (cf. source 2).

De retour en France en 1793, il séjourne d’abord à Marseille où il obtient en 1795 la commande pour le décor du Temple de la Raison de huit tableaux monumentaux peints en grisaille à l’imitation de bas reliefs illustrant les idéaux révolutionnaires.

En 1798, il revient définitivement en Arles où il acquiert la commanderie de Saliers, puis la totalité des lots du Grand Prieuré de l’Ordre de Malte dont les biens furent confisqués et vendus dès 1793. C’est là qu’il installe son atelier dans un face à face intime avec le Rhône.

De 1802 à 1819, Jacques Réattu se consacre à la gestion de son patrimoine foncier.

Il ne reprend ses pinceaux qu’à partir de 1819 pour entamer l’une des périodes les plus productives de sa carrière avec de grands projets de décors en particulier de théâtres et hôtels de Villes à Marseille, Nîmes et Lyon. A côté des grandes productions allégoriques de la période, Jacques Réattu renoue également avec des œuvres d’inspiration mythologique.

Enfin à partir de 1826, il entreprend son premier et seul grand décor religieux pour l’église St Paul de Beaucaire mais l’artiste décède en 1833 n’ayant eu le temps de réaliser que trois des œuvres sur les cinq prévues ».

B. La figure de Prométhée dans l’œuvre de Jacques Réattu : Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu. Citations de Claude Badet, Presses Universitaires de Rennes, Books Open Edition.

« En Italie, sa vie est celle d’un élève studieux. C’est à l’automne de 1792 que nous avons les témoignages de son engagement pour les idées de la Révolution, de sa solidarité avec les autres pensionnaires ainsi que de la rencontre avec le peintre Topino-Lebrun qui travaille dans la capitale romaine à ce moment-là. Le procès puis la mort du Roi entraînent des violences qui rendent la situation dangereuse pour les pensionnaires. Le peintre est d’ailleurs, comme ses camarades, parti à Naples se mettre à l’abri. Enfin, il quitte l’Italie en novembre 1793, et débarque, désargenté, à Marseille.

Avant de commencer la peinture du Prométhée, le peintre a réalisé un certain nombre de travaux préparatoires : au moins deux dessins et une esquisse peinte.

La comparaison entre ce dessin préparatoire et la composition finale fait apparaître un certain nombre de modifications opérées par l’artiste. Le vêtement de Minerve traité dans le dessin d’une manière plutôt baroque est désormais d’une facture néo-classique.

La tête de Prométhée n’est plus tournée vers le soleil, vers le haut. Le regard se porte désormais vers le feu dérobé.

Ces différences semblent indiquer que Réattu a voulu changer le moment de la scène. Sur le dessin, l’effort fait par les personnages tend à montrer qu’il s’agit du moment où Prométhée va toucher le feu du ciel, nous nous trouvons encore dans une phase ascendante. La composition peinte, de son côté, montre l’instant précis où Prométhée vient de dérober ce feu…

Commentaires fermés sur Réattu, Suzanne et les vieillards

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles

J-J. Henner, prix de Rome en 1858

Jean-Jacques Henner (1829-1905), prix de Rome en 1858.

Diaporama de 10 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Cliquer sur les images pour les agrandir. Colonne de droite : les autres candidats au Prix

Source 1. Extraits de l’article de Florian Siffer, L’élève et ses maîtres, in Les Saisons d’Alsace, Jean-Jacques Henner. Un maître alsacien, Hors-série, octobre 2021, pp. 21 et 22.

« Lorsqu’il intègre l’atelier de François-Édouard Picot en 1851, Jean-Jacques Henner est en fin de formation. Maîtrisant déjà les principes de la peinture d’histoire, il est disposé à atteindre l’objectif ultime de son apprentissage : le prix de Rome qui octroie une bourse d’étude à la Villa Médicis (Rome) et qui est l’aboutissement naturel de la formation artistique au 19ème siècle.

Sa première tentative intervient en 1855. Il est alors opposé à 19 candidats et le sujet consiste à représenter La mort de Saphire, femme d’Ananie, thème puisé dans le Nouveau Testament. Henner échoue. Même s’il semble satisfait de sa production, ce revers le plonge dans le doute.

Il rentre durant un an sur ses terres natales avant de retrouver la force de revenir à Paris afin de retenter sa chance en 1857 ; le sujet du concours est alors La résurrection de Lazare.

Mais il doit encore patienter une année avant d’obtenir enfin cette récompense en 1858 avec le tableau Adam et Eve trouvant le corps d’Abel. Henner pourra alors enrichir son imaginaire avec la lumière italienne et débuter une carrière prometteuse ».

Source 2. Citation de l’article de Wikipédia. En 1858 et après deux tentatives infructueuses, le jury de l’École des beaux-arts composé de trente-et-un membres, parmi lesquels Abel de Pujol, Jean-Victor Schnetz, François-Joseph Heim, Picot, Jacques Raymond Brascassat, Hippolyte Flandrin, Eugène Delacroix et Léon Cogniet, lui décerne le prix de Rome pour sa composition Adam et Eve trouvant le corps d’Abel, ce qui lui ouvre les portes de la villa Médicis à Rome pendant cinq ans de 1859 à 1864. Il y côtoie notamment le sculpteur Falguière et le compositeur Bizet. Les portes d’une carrière officielle lui sont ouvertes.

Source 3. Caïn et Abel in Genèse 4.1-15.

Adam eut des relations conjugales avec sa femme Eve. Elle tomba enceinte et mit au monde Caïn. Elle dit: J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel.
Elle mit encore au monde le frère de Caïn, Abel. Abel fut berger et Caïn fut cultivateur.
Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l’Éternel.
De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre.
L’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.
Cependant, Caïn dit à son frère Abel: Allons dans les champs et, alors qu’ils étaient dans les champs, il se jeta sur lui et le tua.
L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?

Dieu dit alors: Qu’as-tu fait? Le sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Désormais, tu es maudit, chassé loin du sol qui s’est entrouvert pour boire le sang de ton frère versé par ta main. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus toutes ses ressources. Tu seras errant et vagabond sur la terre.
Caïn dit à l’Éternel: Ma peine est trop grande pour être supportée. Voici que tu me chasses aujourd’hui de cette terre. Je serai caché loin de toi, je serai errant et vagabond sur la terre, et toute personne qui me trouvera pourra me tuer.
L’Éternel lui dit: si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois et l’Éternel mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas.

Source 4. Commentaire de l’œuvre sur le site du Musée Henner. « Le peintre décrit lui-même son œuvre en ces termes : Mon Abel est couché tout le long, sur le premier plan. Ève à genoux s’élance vers lui Adam lui semble plutôt reculer, car il a deviné tout de suite, tandis qu’Ève pourrait encore douter.

Ce tableau est conservé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il en existe une esquisse peinte à Paris au musée national Jean-Jacques Henner, ainsi qu’une seconde au musée des beaux-arts de Mulhouse. Une autre esquisse ou répétition appartient à une collection privée parisienne réunissant une série d’esquisses pour le concours de Rome.

En 1858, après deux échecs, Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Dans l’esquisse du musée, le peintre met en place tous les éléments du grand tableau. Le sujet du concours s’inspire de la Genèse : Adam et Ève découvrent le corps sans vie de leur fils Abel, tué par son propre frère Caïn.

Commentaires fermés sur J-J. Henner, prix de Rome en 1858

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Ile-de-France, D. Italie, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

Largillierre au musée Cognacq-Jay

Nicolas de Largillierre (1656-1746) est l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. La chronique du 9 septembre 2021 n’en présentait que cinq, exposés dans les musées de Lille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Tours.

Quatre autres œuvres de Largillierre : un portrait du musée Cognacq-Jay, un portrait de famille du Louvre. Ce musée présente également une étude de mains et un décor.

Diaporama de 17 photos.

A. Portrait présumé de Madame la duchesse de Beaufort, Musée Cognacq-Jay, 1714, huile sur toile.

Cliquer sur les images pour les agrandir

« La tradition attachée à ce portrait livre un nom : Madame la duchesse de Beaufort. Il s’agirait d’une jeune femme de la grande noblesse anglaise peinte, sans doute, lors d’un séjour à Paris, mais nous ne disposons pas de plus de précisions sur sa vie et sa personnalité. Cette identification reste incertaine. Il existe plusieurs répliques autographes et copies anonymes de ce portrait dont les titres évoquent d’autres identifications du modèle (Burollet Thérèse, 2004, p.192-193) ». Source : citations de Paris Musées.

B. Études de mains, Musée du Louvre, vers 1715, huile sur toile.

Source : Ambroise Duchemin, Étude de mains. « Si l’œuvre peinte de Largillierre est bien connue, sa production graphique est beaucoup plus confidentielle. Peu de feuilles de sa main nous sont parvenues et celles-ci étaient déjà rares de son vivant.

Dans son Abrégé de la vie des plus fameux peintres, Dezallier d’Argenville explique : « Ses dessins sont peu communs ; il jettoit tout d’un coup sa pensée sur la toile : ceux que l’on conserve de lui, sont à la pierre noire, relevée de blanc de craie ; quelques uns à la sanguine, & la plume y est fort rarement employée, exceptée dans les croquis ; le feu et l’esprit qui étoient affectés à ce maitre, brillent de toutes parts. Ses études de draperies sont excellentes, & ses mains aux trois crayons, sont belles comme celles de Van Dyck ».

« Deux études de mains aux trois crayons s’ajoutent à cet ensemble. La première est une préparation avec légères variantes pour le Portrait de famille du Louvre. La seconde est un assemblage de mains repris de portraits précédemment peints par l’artiste. Ce second dessin a la même finalité que les célèbres Mains, toile conservée au Musée du Louvre. Il s’agit de souvenirs de compositions antérieures, couchés sur la feuille ou la toile, pour le plaisir du peintre. Ils constituent un répertoire réutilisable dans de futurs portraits ».

C. Portrait de famille, le peintre, sa femme et sa fille, vers 1720, huile sur toile, Musée du Louvre. Citation du cartel : « Les figures adoptent, en dépit du paysage de campagne sur lequel elles se détachent, les mines et les gestes policés des salons parisiens. La richesse des coloris traduit en infinies nuances la clarté changeante du ciel, les frondaisons du paysage jusqu’aux reflets satinés des étoffes ».

Source : extraits de l’article des Tableaux célèbres. « Nicolas de Largillière a situé son tableau, conventionnellement, dans un décor champêtre, sans même s’inquiéter de l’invraisemblance qu’il y avait à y faire figurer sa femme et sa fille, revêtues de leurs plus beaux atours et parées pour une réception bien plus que pour une promenade. C’étaient là fantaisies communes à cette époque : la figure importait seule dans un portrait et c’est à elle seule que s’attachait tout le soin de l’artiste. Pour le décor, il jouait également son rôle, mais un rôle de deuxième plan ; il était là pour faire valoir le personnage et rien que pour cela. Aussi, le peintre choisissait-il à son gré celui qui lui paraissait s’harmoniser le mieux au caractère du modèle, sans autrement se soucier de la vérité ou même de la vraisemblance.

Se conformant aux errements alors en cours, Largillière a mis sa famille en pleine campagne pour l’unique raison que le vert sombre du feuillage avantageait la beauté blonde de sa femme et de sa fille. Toutefois, comme s’il avait conscience de l’énormité de l’anachronisme, il a voulu faire une concession au bon sens : il s’est représenté lui-même avec un fusil entre les jambes et il a placé tout près de lui quelques oiseaux qu’il vient de tuer. Mais quel brillant et incommode costume pour courir les guérets ! Et comme on voit que le bon Largillière veut nous en faire accroire, qu’il n’a pas chassé, qu’il n’a pas aventuré sa haute perruque sous les branchages des fourrés ni risqué ses bas de soie aux piqûres des ronces ! Sur la roche où il est tranquillement assis, il ne donne pas l’impression d’un homme qui vient de battre la campagne. Sa tenue est irréprochable, la perruque retombe en boucles bien ordonnées autour de sa belle tête reposée qui n’est pas celle d’un Nemrod. Il porte un splendide costume gris très frais. Du bras gauche il s’accoude à la roche et par-dessus ses jambes croisées on aperçoit le museau d’un chien, compagnon bénévole de cette chasse peu meurtrière.

Commentaires fermés sur Largillierre au musée Cognacq-Jay

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues