Archives de Tag: Offre de formation

La piste du collège universitaire ?

En janvier 2022, le blog Histoires d’universités aura 13 ans.

Chronique du 19 février 2009 : Créer 480 Instituts d’enseignement supérieur. Texte paru le 17 février dans les Chroniques d’abonnés du Monde sous le titre : « Réformes bloquées : une chance pour la Réforme. Assez de temps perdu pour réformer l’enseignement supérieur public. Chaque partie prenante au mouvement et à la réforme doit bouger ses lignes »…

En octobre 2021, la Cour des Comptes publie Universités à l’Horizon 2030 : plus de libertés, plus de responsabilités. Les enjeux structurels pour la France, octobre 2021, 27 pages. Pages 24 et 25, elle propose de franchir une seconde étape en évoquant la piste du collège universitaire.

Aurais-je eu raison trop tôt ? Hélas, non ! Les collèges universitaires de la Cour des Comptes ont certes quelques points communs avec les Instituts d’enseignement supérieur, dont ceux de la disparition de cette anomalie française qu’est l’existence de classes supérieures dans les lycées (CPGE et STS), d’un corps enseignant spécifique.

Mais ils s’en distinguent trop : je dirais même que la Cour n’a pas pris le temps d’une réelle réflexion (cf infra le texte des pages 24 et 25) et envisage un délai proche des calendes grecques (2030).

Chronique du 2 novembre 2011 : Dresser la carte des IES. La Cour semble n’envisager qu’un seul Collège associé pour chaque université. « Quelle méthodologie pour construire la carte de l’implantation des IES ? L’outil pertinent pour ce faire est l’Atlas des formations en région (le dernier paru concerne l’année 2009-2010).

Chronique du 6 janvier 2012. Universités et Instituts d’Enseignement Supérieur : 20 propositions. Quatre défis : faire progresser l’accès et le succès des enfants des classes populaires dans l’enseignement supérieur ; permettre à une majorité de jeunes diplômés du supérieur et aux jeunes enseignants de commencer à travailler plus tôt et avec un contrat stable ; donner la chance à une quinzaine d’universités, résultant de fusions entre les universités actuelles, d’être compétitives, attractives et lisibles dans le monde; utiliser mieux l’argent public, actuellement gaspillé dans un enseignement supérieur de premier cycle éclaté et moribond.

Table des matières du rapport de la Cour des Comptes

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18ème, 3ème index : l’enseignement

Histoire du 18ème siècle. Trouver facilement une information dans les 340 chroniques du blog déjà publiées : le rôle des Index.

Index n°3. L’Enseignement : Collèges, Universités, Séminaires, Académies, Jardins botaniques, Écoles supérieures spécialisées.

Les 18 premières chroniques indexées

Les deux autres index en cours de construction :

A. Architecture et architectes au 18ème siècle. Édifices construits à Strasbourg. Liens vers telle ou telle chronique du blog. Destinataires, architectes, maîtres d’ouvrage du bâtiment. Années de début et de fin de chantier. Album de photos prises par mes soins. Notes, commentaires…

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1722. Dijon, université mort-née

Dijon, 1722. Une université mort-née. Source principale. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé, gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages.

A. Vers l’université de Bourgogne (source)

1422. Les écoles publiques de Dijon jouissent au Moyen Âge d’une grande réputation. Aussi, la création de l’université de Dôle, en 1422, vont leur porter gravement atteinte, car elles se voient privées d’étudiants et surtout des étrangers. L’université de Dôle était une université fondée pour les deux Bourgogne (comté et duché), par le duc Philippe le Bon.

  • Histoire de l’université du Comté de Bourgogne, par Nicolas-Antoine Labbey de Billy, ancien vicaire général de Langres, professeur d’histoire de l’Académie Royale de Besançon, Président annuel de l’Académie des Belles-Lettres de cette même ville, Tome second, 1815, Imprimeur Mourgeon.

1424. « Les Recteurs et autres Officiers de l’université furent très longtemps choisis parmi les élèves. Les nominations qui d’abord se renouvelaient de six en six mois, ne furent plus faites, à partir de l’année 1464, qu’une fois chaque année.

Antoine Desnoyers, premier Recteur de l’université, fut ensuite Archidiacre d’Autun, bailli de Macon en 1431, vers le Duc de Savoie de la part du Duc de Bourgogne. Sa famille était noble et ancienne dans le Comté de Bourgogne »…

1425. Fondation de l’université de Louvain, par le duc Jean de Bourgogne (duc Jean IV de Brabant), ainsi que par les autorités municipales de la ville de Louvain (source). Cette fondation fut confirmée par une bulle papale de Martin V.

1516. À la demande du maire et des échevins appuyés par Georges de la Trémoille, gouverneur de la province de Bourgogne, François Ier de France (1515-1547) institue à Dijon une université avec quatre facultés en 1516, mais cette décision reste lettre morte, même si les patentes royales sont très flatteuses pour les Dijonnais.

1531 et 1581. Le Collège des Martinots (fondé en 1531), puis le collège jésuite des Godrans (fondé en 1581), en exécution du testament d’Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, tentent avec plus ou moins de succès de pallier cette situation.

1691. « À la suite de la conquête de la Franche-Comté en 1678, le roi Louis XIV fait transférer l’université de Dôle à Besançon, nouvelle capitale de la Franche-Comté. Ce transfert incite les États de Bourgogne à solliciter du roi Louis XIV la création d’une université à Dijon. Les deux villes deviennent alors rivales.

B. 1710. L’entrée en scène du Gouverneur de Bourgogne, Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740). Celui-ci est né à Versailles le 18 août, 7e prince de Condé (1710), duc de Bourbon, duc d’Enghien et duc de Guise, pair de France, duc de Bellegarde et comte de Sancerre.

A la mort du son père, il devient Prince de Condé. On l’appela cependant Monsieur le Duc, la maison de Condé ayant renoncé au titre de Monsieur le Prince, au profit de la maison d’Orléans.

Il devient également Gouverneur de la province de Bourgogne.

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École de dessin, Dijon, 1766

Source principale de la chronique : extraits du site Apprendre à dessiner dans le siècle des Lumières, Tristan, université de Bourgogne.

« La première tentative d’établir une école de dessin à Dijon remonte au 19 janvier 1727. Jacques-Philippe Gilquin (1680-1761), peintre de son altesse le prince de Condé, propose l’établissement d’une espèce d’Académie où l’on dessinera à la lampe d’après la bosse les meilleurs modèles formés sur l’antique. Si Gilquin est autorisé à tenir école, l’initiative semble avoir végété au stade de leçons particulières.

C’est François Devosge (1732-1811), qui, après avoir dirigé une école de dessin privée (1764), réussit à institutionnaliser cette initiative (1766-1767), au moment où de nombreuses écoles de dessin se mettent en place dans différents villes (Rouen, 1741 ; Bordeaux, 1744 ; Reims, 1748 ; Aix, 1765 ; Saint-Omer, 1767 ; Arras, 1770 ; Douai, 1770).

Portrait de François Devosge par Pierre Paul Prud’hon, 1788, Musée des Beaux-arts de Dijon

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Le processus est donc le même que celui qui aboutit à la fondation de l’École royale gratuite de dessin, créée en 1766, ouverte en 1767 sous la direction du peintre Jean-Jaccques Bachelier (1724-1806).

En 1766, l’Académie avait ouvert un prix sur le sujet : l’utilité des établissements des écoles gratuites de dessin en faveur des métiers. Et Jean-Baptiste Descamps (qui avait ouvert à Rouen une école publique de dessin en 1741) remporta le prix et vit son ouvrage Sur l’utilité des établissements des écoles gratuites de dessein publié en 1767.

François Devosge nait à Gray en 1732 dans une famille de menuisiers et de sculpteurs. A quinze ans, il est placé dans l’atelier parisien de Guillaume II Coustou (1716-1777). Au bout de trois ans, menacé de perdre la vue, il est contraint d’interrompre son apprentissage. Opéré de la cataracte et affaibli physiquement, il est obligé de renoncer à la sculpture. En 1759, il entre dans l’atelier de Jean-Baptiste Deshays (1729-1765) pour y apprendre la peinture.

En 1760, Devosge est appelé à Dijon par Philibert Fyot de la Marche (1694-1768), ancien Président du Parlement de Bourgogne désireux de faire illustrer son Histoire de la législation française. Vers 1764, Fyot introduit Devosge dans une société d’artistes pour dessiner d’après nature. Devosge dirigeait la pose du modèle et était l’instructeur de cette réunion. Au bout d’un an, il transfère ces assemblées dans une maison, rue Chanoine. Il y fonde alors une école gratuite de dessin désormais ouverte aux enfants.

Cette entreprise est un succès et le nombre d’élèves passe de vingt-cinq en 1765 à quatre-vingt en 1766. Encouragé par son mécène, Bénigne Legouz de Gerland (1695-1774), grand bailli du Dijonnais, Devosge présente aux États de Bourgogne un projet d’établissement d’une École de dessin à Dijon. La requête est approuvée le 24 décembre 1766 et les Élus généraux de la Province attribuent à Devosge une somme de 600 livres pour l’année 1767. Ils  consentent à lui accorder par la suite un meilleur traitement, sous réserve que soit reconnue l’utilité de l’École de dessin. En 1768, les appointements sont fixés à 1800 livres, puis à 2400 livres en 1769 et enfin à 3600 livres en 1783.

Dans sa requête du 24 décembre 1766, Devosge résume ainsi l’importance d’une École de dessin : Le dessin ne s’applique pas seulement à la peinture et à la sculpture ; il est pour ainsi dire, l’âme de tous les Arts ; la menuiserie, la serrurerie ne peuvent être poussées à la perfection sans cette connaissance du dessin. Il est également essentiel aux manufactures d’indienne et de porcelaine qui s’établissent avec succès dans cette province. Le projet de Devosge est encouragé le 31 juillet 1767, à l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres. En janvier 1768, Legouz de Gerland favorise la réception de Devosge à l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon.

Rapidement, l’initiative de Devosge est rapprochée de l’École royale gratuite de dessin fondée par Jean-Jacques Bachelier (1724-1806). Ces deux établissements sont tous deux créés en 1766 et partagent le même intérêt pour l’enseignement des arts mécaniques. Le modèle de l’École de dessin de Dijon est imité à Beaune (1784) et à Macon (1785).

La biographie de Devosge se confond alors avec l’histoire de l’École de dessin, dont il est le directeur et l’unique professeur. Il assure seul la réalisation et l’achat des modèles pour l’étude. Les fonds de l’école comprennent différents dessins que Devosge exécuta à l’intention de ses élèves. Dès 1783,  les Élus accordent au professeur une somme de 400 livres afin d’augmenter la collection des meilleurs Ouvrages de l’art, dans tous les genres pour l’usage & à l’avancement des Élèves. Artiste laborieux (voir son Martyre de saint Marcel, église de Saint-Marcel-lès-Chalons), Devosge se veut un pédagogue attentif qui s’applique à donner les premiers principes avec tout le soin qu’il apporte à instruire les étudiants les plus avancés, & cela [sans causer] dans l’École ni confusion, ni découragement.

Pour l’enseignement théorique, Devosge se sert du quart d’heure de repos du modèle pour lire et expliquer des ouvrages de l’art. Son enseignement paraît avoir été solide et prudent. Chacun de ses élèves parvient à se forger une manière personnelle sans pour autant cesser de mettre en pratique les conseils du maître.

L’établissement est ouvert du premier Novembre jusqu’au premier Mars, depuis cinq heures du soir jusqu’à sept heures & demie ; et le reste de l’année depuis quatre heures du soir jusqu’à six heures et demie. Il accueille quelques cent-cinquante élèves. 

L’enseignement est organisé en six puis en huit classes : de peinture d’après nature ; sculpture d’après nature ; dessin ou modelage d’après la bosse ; dessin de la figure (têtes et autres parties du corps) ; sculpture d’ornement ; dessin d’ornement ; dessin de figures entières d’après les dessins du directeur et classe des débutants, dits commençants.

Paradoxalement, malgré son succès et ses prestigieux protecteurs, l’École de dessin demeure longtemps sans local fixe. Elle fut tout d’abord installée dans la galerie de Bellegarde au Logis du Roi avant d’être transférée dans la salle des Festins (actuelle Salle de Flore dans le Palais ducal). Mais, tous les trois ans, la tenue des États l’oblige à déménager au couvent des Cordeliers. En 1781, les États décident de la construction de l’aile occidentale du Palais, qui sera réalisée de 1782 à 1787 par l’architecte du prince de Condé, Charles-Joseph Le Jolivet (1727-1794). L’École de dessin ainsi qu’un musée sont alors implantés dans ces nouveaux locaux.

Durant les années troublées de la période révolutionnaire, Devosge réussit à maintenir l’École de dessin. En 1790, celle-ci prend le nom d’École départementale et se retrouve alors soumise à l’autorité du Département de Côte-d’Or. En 1795, elle devient Classe de dessin de l’École centrale, en 1802, École spéciale de dessin, avant de devenir l’École nationale supérieure des Beaux-arts.

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Bézout, cours de maths, 1763-1782

1763-1782, Étienne Bézout inspecte l’enseignement des mathématiques à l’École des gardes de la marine de Rochefort et en rédige les cours.

Rochefort, Musée National de la Marine. Cliquer sur les images pour les agrandir

Au XVIIème siècle, Richelieu prend conscience de la nécessité pour la France de disposer d’une force maritime. Cependant, il a fallu attendre l’arrivée de Colbert au poste de secrétaire d’état à la Marine pour voir créer à Rochefort, Brest et Toulon, trois compagnies de Gardes de la Marine, première école de formation des officiers (source : site de l’École Navale).

La compagnie des gardes de la Marine de Rochefort est fondée en 1686, en même temps que celles de Toulon et de Brest. Jusqu’à sa suppression en 1786, elle forme l’ensemble du corps de la Marine royale. Choisis par le roi à l’âge de 14-16 ans, les gardes font pendant une dizaine d’années leurs études, souvent trop théoriques, en attendant d’obtenir le grade d’enseigne de vaisseau (source : France Archives).

  • Victor-Marie, duc d’Estrées (1660-1737) est représentatif des officiers de Marine de Louis XIV : fils d’officier, il participe à de nombreux combats contre la Royal Navy. Il manifeste dans le même temps une curiosité pour les sciences et les lettres. Il atteint la distinction de Vice-Amiral de France (source : Rochefort, Musée national de la Marine).

L’enseignement scientifique et technique au XVIIIe siècle, dans les écoles des Gardes de la Marine : le rôle essentiel d’Étienne Bézout (1730–1783) (source : article de Liliane Alfonsi dans Archives ouvertes).

Fils d’un magistrat de Nemours, Étienne Bezout (1730-1783) est nommé par Étienne François de Choiseul en 1763 examinateur des gardes de la marine, puis est chargé de la rédaction d’un cours de mathématiques qui conduira au Cours de mathématiques à l’usage des gardes du pavillon et de la marine. À la mort de Charles-Étienne Camus en 1768, il est nommé examinateur des élèves du corps de l’artillerie et rédige le Cours complet de mathématiques à l’usage de la marine et de l’artillerie, qui devient plus tard le livre de référence des candidats au concours d’entrée à l’École polytechnique (source Wikipédia).

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1771. Études de droit superficielles

Suite de la chronique 1771-1774. Soufflot, architecte de l’École de droit de Paris

Le 20 janvier 1771, Louis XV et Maupeou exilent le Parlement de Paris, puis Maupeou réforme en profondeur la justice : fin de la vénalité des offices et de leur transmission successorale, épices supprimées, juges payés par l’État. Les officiers dont la charge a été annulée sont remplacés par des commissaires. Mais, dès son accession au trône en 1774, Louis XVI annule la réforme et rétablit les parlements dans leurs anciennes prérogatives.

Première partie de la chronique : dans son livre, Le Siècle de Louis XV (1933), Pierre Gaxotte propose une vision critique de la Révolution française en même temps qu’il entreprend une réhabilitation de Louis XV, alors très décrié. Dans le chapitre final – Le Roi -, il soutient la Réforme Maupéou. Parmi les arguments de son antiparlementarisme, il mentionne la superficialité des études de droit.

Dans la seconde partie de la chronique, Daniel Feutry, dans l’article L’historien, Sisyphe et les parlements (2015), critique les positions monarchistes de Pierre Gaxotte et part à la recherche des historiens contemporains qui ont réhabilité les Parlements.

Extraits. Page 458 du livre de Pierre Gaxotte (édition Fayard de 1974). « Les anciens magistrats avaient régné par la crainte ; tant qu’ils avaient paru redoutables, personne n’avait osé se déclarer contre eux ; quand ils furent abaissés, leur impopularité éclata. Ils s’étaient fait beaucoup d’ennemis par leur égoïsme et par leur orgueil. D’Alembert les disait abrutis par l’esprit intolérant et persécuteur… ni magistrats, ni même citoyens. Certains étaient d’une immoralité affichée »…

Page 459. « Durant tout le siècle, le prix des charges n’a cessé de baisser. A Rennes, une charge de conseiller qui se payait de cinquante à cent mille livres sous Louis XIV n’en valait plus que douze à trente mille en 1753 et la Bretagne ne fait pas exception. A Paris, entre 1720 et 1753 (années de démissions et d’exils), les charges du même ordre se dévalorisent de moitié (de cent mille à cinquante, certaines années même trente-quatre, trente-six) et elles ne se relèveront jamais. C’est l’indice d’une baisse de prestige.

Si le recrutement reste le même, c’est-à-dire nobiliaire et souvent familial, la qualité s’en ressent. Non seulement les études de droit sont presque toujours superficielles et hâtives, mais les examens prescrits [la possession d’une licence de droit] sont de plus en plus des examens de complaisance. Le plus souvent les sujets d’interrogation sont communiqués à l’avance aux intéressés. Le doyen du Parlement breton, Desnos des Fossés, écrit que si sa compagnie examine avec minutie les quartiers de noblesse des candidats-conseillers, elle n’y regarde pas de si près à l’égard de la science« …

En principe, on ne peut être conseiller avant vingt-cinq ans, président avant quarante. M. Bluche a calculé qu’à Paris l’âge moyen d’entrée en charge pour les conseillers est de vingt-deux ans. A Dijon, sur  cent vingt parlementaires étudiés par M. Colombet, cent ont obtenu des dispenses d’âge ;  trois ont été conseillers à dix-sept ans, douze à dix-huit, une dizaine à dix-neuf.

L’apprentissage, qui se faisait au sein même des Chambres par l’assiduité aux audiences et par les conseils des anciens, est de plus en plus compromis par l’agitation politique ».

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Reims. Conflits Université / Collège

L’université de Reims est créée en 1548 et celle de Pont-à-Mousson l’est en 1572. Le Collège des Jésuites de Reims est fondé en 1606. Concurrence et conflit entre eux marqueront la première moitié du 17ème siècle. Source des textes de la chronique : université de Reims (Wikipédia), collège des Jésuites de Reims (Wikipédia).

Album de 29 photos : exposition de septembre 2008 sur le premier Collège des Jésuites à Reims, 1608-1618.

Dissensions sur la collation des grades : le collège Jésuite qui enseigne les matières de la Faculté des Arts, préparant ainsi au baccalauréat, peut-il délivrer seul ce diplôme ou doit-il obtenir la validation par un jury universitaire ? Dissensions sur le regroupement : le Collège doit-il être incorporé à l’université ? Faut-il laisser les Jésuites enseigner la théologie en Collège ou dans un établissement autre que l’université, un Séminaire ?

Les trois établissements disparaissent dans la deuxième moitié du 18ème siècle. Les jésuites sont expulsés ; les deux universités, la champenoise et la lorraine, sont emportées par la Révolution.

Bref, les collèges supérieurs et les universités sont mortels : saison 8 du blog.

1548. L’université de Reims est fondée grâce au patronage de Charles de Lorraine (1524-1574), membre influent de la maison de Guise, archevêque de Reims depuis 1545 et qui héritera de son oncle, Jean III de Lorraine (1498-1550), le titre de cardinal de Lorraine. Le jeune archevêque est en même temps un proche conseiller du roi Henri II, qui le charge des affaires italiennes…

Charles obtient du pape Paul III, par une bulle du 5 janvier 1548, et du roi, par lettres patentes, la transformation du collège des Bons-Enfants en une université à quatre facultés : arts, droit, médecine et théologie. Le cardinal veille à développer l’université en y faisant venir les meilleurs professeurs, notamment en théologie.

1564. Dans le contexte de la Contre-Réforme, mais aussi des guerres de Religion qui se développent à partir de 1562, le cardinal tient à renforcer la qualité et la discipline de l’enseignement afin d’éradiquer le protestantisme. En 1564, il crée à Reims le premier séminaire de France, lié à l’université et destiné à la formation du clergé.

1573. Lors de l’assemblée du clergé, il s’adresse au roi Charles IX : Parce que, de l’institution de la jeunesse dépend la bonne ou mauvaise vie des sujets, aidez-nous, Sire, à réformer toutes les universités de vostre Royaume.

1572. L’université de Pont-à-Mousson, fondée en Lorraine sous le patronage des Guise, est destinée à accueillir les étudiants étrangers : les jésuites en font un centre actif de mission catholique.

1578-1593. Le Collège anglais est un collège dépendant de l’ancienne université de Reims, créé en 1578 pour accueillir les étudiants catholiques anglais victimes de persécutions et déplacés du collège anglais de Douai. Il connaît un rayonnement important à la fin du XVIe siècle mais son activé diminue après 1593 en raison du retour de la plupart de ses membres à Douai.

Reims accueille plusieurs figures importantes du catholicisme anglais en exil. William Gifford y fait plusieurs séjours à partir de 1579 et y enseigne la théologie. Il devient recteur de l’université en 1606 avant d’entrer dans l’ordre de Saint-Benoît.

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J-B. de La Salle (1651-1719)

Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719). Source de la biographie : article de Wikipédia

1651. Né dans une famille noble de juristes, aîné de onze enfants, il est le fils de Louis de La Salle, conseiller au Présidial de Reims, et de Nicole de Moët de Brouillet. La famille vit dans l’Hôtel de La Salle, encore visible, actuellement.

1662 (11 ans). Jean se sent la vocation religieuse. Tonsuré à 11 ans, il se destine à la prêtrise. Formé à la Sorbonne et au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, dont la spiritualité le marque profondément.

1667 (16 ans). Il devient dès janvier chanoine à Reims.

1670 (19 ans).  Il étudie la théologie à Paris à partir de 1670

1678 (27 ans). Il est ordonné prêtre le 9 avril.

1679 (28 ans). Dans sa ville natale, on lui confie la fondation d’écoles paroissiales pour enfants pauvres.

1680 (29 ans). Il est reçu docteur en théologie.

1683 (32 ans). Il résigne son canonicat.

1684 (33 ans). Il fonde la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes (chronique du blog). Par la suite, il ouvre des écoles professionnelles, des écoles du dimanche, des maisons d’éducation pour les enfants des rues. Beaucoup s’opposent à la fondation des Frères des écoles chrétiennes, mais Jean-Baptiste de La Salle insiste et va jusqu’au bout de son projet.

1688 (37 ans). Il ouvre les premières écoles à Paris, la première au 12 rue Princesse dans le VIe arrondissement, où il vient s’installer.

1692 (41 ans). Il ouvre à Vaugirard le premier noviciat. Il recrute de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisserait cependant leur caractère laïque. À leur intention, il rédige une sorte de règle dans cet esprit. Ainsi se forme le noyau du futur Institut des Frères des écoles chrétiennes, voué à l’instruction et à l’éducation des enfants des milieux populaires.

1694 (43 ans). Il est élu supérieur de la nouvelle congrégation et la dote d’une règle plus élaborée. Il poursuit son œuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d’ouvrages à l’intention des maîtres.

1695 (44 ans). Un des plus anciens traités de politesse, Les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne.

1698 (47 ans). Il achève de mettre au point les règles de la Congrégation.

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Les Frères des écoles chrétiennes

1680. Fondation à Reims de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes par Jean-Baptiste de la Salle. 1724. Reconnaissance de la congrégation par Louis XV. 1725. Reconnaissance par le pape Benoît XIII. Source : citations extraites de l’article de Wikipédia.

Album de 13 photos (juin 2020).

Reims. Hôtel des parents de Jean-Baptiste de La Salle

1680. Fondé à Reims par saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) et voué à l’enseignement et à la formation des jeunes, en particulier des plus défavorisés, l’institut des Frères des écoles chrétiennes est une congrégation laïque masculine de droit pontifical à vœux simples. Les frères ne sont pas prêtres. Aux vœux traditionnels de pauvreté, chasteté, obéissance, les frères ajoutent une consécration totale de leur personne à la Sainte Trinité qui conduit à un engagement de stabilité dans la société pour tenir ensemble et par association les écoles gratuites.

1719. A la mort du fondateur, 274 frères enseignaient à 9 885 élèves dans vingt-trois écoles.

1724. La Congrégation obtint de Louis XV des lettres patentes qui lui conféraient la personnalité civile.

1725. Le pape Benoît XIII, par la bulle In Apostolicae dignitatis solio, lui octroya le rang de congrégation religieuse.

Au cours du XVIIIe siècle, l’Institut se développa rapidement. Les programmes d’études étaient particulièrement innovants pour l’époque. Ainsi, au pensionnat d’Angers, comme à Saint-Yon de Rouen, outre le programme des écoles primaires, on enseignait : l’histoire, la géographie, l’histoire naturelle, l’hydrographie, la mécanique, la cosmographie et les langues. On y donnait des cours de sciences et de dessin industriel, des cours de mathématiques et d’architecture. On y pratiquait certains métiers : tissage, travail du fer et du bois.

Principales innovations. Jean-Baptiste de La Salle et ses premiers disciples n’ont pas ouvert un seul type d’école. Ils ont su répondre aux diverses demandes. Ils ont créé :

  • des écoles primaires, gratuites, organisées par classe, adaptées aux enfants : Jean-Baptiste de La Salle recommande l’apprentissage de la lecture dans la langue maternelle. Jusque-là, on apprenait d’abord à lire en latin. Chez les Frères, l’enseignement est simultané, les élèves sont groupés par niveau. Auparavant le maître, l’écolâtre, s’occupait individuellement des enfants.
  • des écoles normales. Jean-Baptiste de La Salle eut pour souci constant d’assurer une sérieuse formation des maîtres, une formation tout à la fois chrétienne et pédagogique, il inaugura un premier Séminaire (ou école normale) de maîtres pour la campagne, à Reims, en 1684 ; un second, en 1685, et un troisième, à Paris, en 1699, ce qui lui valut le titre d’Instituteur des Instituteurs.
  • des cours d’adultes qui permettent à l’ouvrier, à l’apprenti, après sa journée de travail, de perfectionner sa culture intellectuelle, en vue d’élever sa situation, ou tout au moins de l’améliorer. Ainsi des écoles dominicales sont-elles ouvertes, à Paris en 1698 et 1703.
  • des classes de formation professionnelles (préparant à un métier) pour les fils de bourgeois commerçants, où le sens pratique est développé. Les élèves travaillent sur des contrats, des imprimés et autres documents dont ils sauront se servir plus tard. La première école professionnelle est établie à Paris, à la paroisse Saint-Sulpice, en 1699, une seconde est créée à Saint-Yon en 1705.
  • des pensions de force pour la rééducation des enfants difficiles et des jeunes délinquants.

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ParcourSup piège les bacs pros

ParcourSup 2020. Les vœux d’orientation des lycéens pour la rentrée par Pierre Boulet.

Le texte de cette Note Flash est d’un optimisme béat. Il faudrait se réjouir du nouvel enrichissement  de l’offre de formation (1 000 formations supplémentaires), de la croissance de la proportion d’élèves de terminale qui ont déposé au moins un vœu (98,3% contre 96,3% en 2019), du fait que 20 000 terminales supplémentaires ont confirmé au moins un vœu dont 10 000 lycéens en section professionnelle.

Gifle pour les élèves inscrits en bac pro. Pas une des nouvelles formations prises en compte dans Parcoursup 2020 ne concerne ces élèves : licences de l’Université Paris Dauphine, formations des IEP, nouvelles écoles de commerce ou de management, écoles préparant aux métiers de la culture et formations préparant aux professions paramédicales, Parcours d’Accès Spécifique Santé et Licences option Accès Santé.

Cliquer ici pour lire : Depuis 15 ans, le flop de la licence

Tout va-t-il très bien, madame la Ministre ? Non et Non ! Cette année, les désillusions pour les élèves inscrits en terminale professionnelle vont être encore plus cauchemardesques que les années précédentes.

123 482 élèves sont inscrits en terminale professionnelle, 94,8% d’entre eux ont déposé au moins un vœu, soit 117 048. Certes, ceux-là ne vont pas tous être admis en 1er cycle :

  • certains vont échouer au bac (en particulier, ceux qui ont décroché lors de la pandémie ; ils sont plus nombreux dans les milieux populaires)
  • certains quitteront ParcourSup faute de recevoir une proposition d’admission dans leur 1er voeu
  • d’autres enfin ne recevront aucune proposition, même dans les formations dites non sélectives.

La Note Flash ment, au moins par omission : comme les années précédentes, la licence reste la formation la plus présente dans les listes de vœux des candidats avec 68 % des candidats ayant confirmé au moins l’une d’entre elles.

La licence est la formation la plus présente dans les vœux, mais seulement pour les élèves de terminale générale. Pour les élèves en terminale technologique ou professionnelle, c’est le BTS qui est la formation qui apparaît le plus dans les listes de vœux. Le BTS constitue 76% des vœux des élèves en bac pro.

Inclure tous les vœux dans le calcul est une tromperie. A ce stade de la procédure, seul le vœu classé en numéro 1 démontre une réelle préférence. Mais le classement par vœu n°1 n’est pas présenté dans la Note Flash.

En 2018-2019 (Source Repères et Références Statistiques 2019, indicateur 6.12.4, page 175), l’effectif d’entrants en BTS a été de 139 890 élèves. Les bacheliers professionnels représentaient 31 % de ces entrants, soit 43 366.

Au final à la rentrée de septembre 2020, combien d’élèves de terminale professionnelle seront-ils admis en BTS, sachant que le BTS constitue aussi 10% des vœux des élèves de filière générale et 50% des vœux des élèves de filière technologique ? Ils seront vraisemblablement plus nombreux qu’à la rentrée 2019 et beaucoup moins nombreux que ceux qui ont placé un BTS en 1er vœu.

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