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Sorbonne Nouvelle a, à la peine

Sorbonne Nouvelle a, à la peine. De Censier à Nation, peines en chaine.

Chroniques du blog Histoires d’universités sur Sorbonne Nouvelle. La plus ancienne de ces chroniques (mars 2011) : Sorbonne nouvelle en photos. Les photos ? Elles sont disparues en 2015 quand Picasa a été arrêté pour céder la place à Google Photos.

Chacune des 5 parties de la chronique débute par un bref commentaire de ma part.

Partie 1. Une adresse Google pour le site de l‘université

  • Mon commentaire. C’est à ma connaissance la première emprise visible de Google, entreprise privée, sur une université publique. Je n’ai pas trouvé trace de contrat entre Google et Sorbonne nouvelle. Cette association « innovante » ne ternit-elle pas l’image de l’université ?

Le campus Nation en dates

Cliquer sur les images pour les agrandir. L’architecte

Le campus en chiffres

Le campus, Plan général

  • Commentaires. Une surface importante pour la Bibliothèque Universitaire ; Sorbonne Nouvelle n’est-elle pas, depuis 2010, membre fondateur du Campus Condorcet et de son Grand Équipement Documentaire ? Comment les collections sont-elles réparties entre les deux sites ?
  • des bâtiments d’enseignement (C) adossés au Restaurant Universitaire. Sorbonne Nouvelle, université des cultureset des odeurs culinaires de tous les pays ?

Partie 2. La Sorbonne Nouvelle en danger : la présidence est responsable. Le campus Nation est trop petit. Blog de la CGT FERC Sup Paris3, 8 juillet 2022.

Mon commentaire. La CGT a eu raison avant les autres parties prenantes. Le problème est qu’elle est de plus en plus rarement entendue.

« Le campus Nation est trop petit : depuis plus de 8 ans, la CGT le dit et le redit (voir nos communications envoyées dès 2013 sur ce sujet). La direction de l’université a persévéré dans le déni toutes ces années (“Ça passera, ça rentrera”). Le comparatif avant/après (Censier + autres sites/Nation) avait pourtant été fourni au président par le secrétaire du CHSCT dès le début de son mandat. Peine perdue.

Maintenant, ça y est, nous y sommes. D’un coup, en juin-juillet, la révélation, ils découvrent ce qui leur avait été répété depuis des années : le campus Nation est trop petit ! Il n’y a pas assez de salles de cours.

Mais il est trop tard… Alors quoi ?

Eh bien, on n’a qu’à supprimer des cours, en faire passer un tas d’autres en distanciel, décrète brutalement l’équipe présidentielle, alors que le mois de juillet est déjà bien entamé, que les emplois du temps ont souvent été achevés à marche forcée au gré d’injonctions contradictoires, fluctuantes et toujours urgentes, que les chargé·es de cours ont été recruté·es et leurs cours casés sur des horaires fixes, que les services des enseignant·es ont été établis »…

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Partie 3. Sorbonne-Nouvelle quitte le Quartier latin, sur fond de polémique, Jessica Gourdon, Le Monde, 19 juillet 2022.

  • Mon commentaire. Le Monde ne mâche pas ses mots : « climat social fortement dégradé. Projet datant de 9 ans et plusieurs fois reporté. La rentrée s’annonce houleuse. Bombe à retardement ».

« Sur son nouveau campus, l’université n’a pas assez de salles pour tous ses cours. Elle jongle pour établir les emplois du temps, dans un climat social fortement dégradé.

Censier, clap de fin. Cet été, l’université Sorbonne-Nouvelle quitte définitivement ses bâtiments du Quartier latin, amiantés et à bout de souffle. Elle vient d’emménager sur un campus tout neuf, près de la place de la Nation. Enfin ! Neuf ans que ce projet, reporté à plusieurs reprises, avait été annoncé par le ministère de l’enseignement supérieur.

En septembre, les 17 000 étudiants de cette université parisienne (anciennement Paris-III), connue pour ses formations en langues, civilisations, théâtre et cinéma, franchiront les portes de ce bel ensemble vert-jaune-bleu tout en courbes et trapèzes, conçu par l’architecte Christian de Portzamparc.

Mais la rentrée s’annonce houleuse : le nouveau campus, bien que de surface équivalente à l’ancien, ne dispose pas d’assez de salles pour tous les cours prévus. Une partie de l’espace a été absorbée par la salle de spectacle et par le restaurant du Crous, dont l’ancien site était dépourvu. De fait, l’établissement comptera, à la rentrée, une trentaine de salles en moins.

La bombe à retardement avait été signalée depuis plusieurs années par les syndicats. « A mon arrivée, j’avais aussi signalé à ma tutelle que le compte n’y était pas », abonde Jamil Dakhlia, le président de l’université. Il fallait toutefois « faire avec ». Alors, la direction a réussi à produire des simulations certifiant que « tout rentrait », grâce à une optimisation de l’utilisation des locaux et des emplois du temps – avec des cours le samedi et le soir jusqu’à 21 heures. Mais ces estimations ne prenaient pas en compte tous les paramètres, notamment que certains cours ne pouvaient pas avoir lieu en même temps, car s’adressant aux mêmes étudiants »…

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Partie 4. Petite histoire du site historique qui jouxte le Campus Nation

Article de Sylvie Chalaye, Institut de Recherche en Études Théâtrales de la Sorbonne Nouvelle.

  • Mon commentaire. Une analyse de la Révolution à sens unique, qui se limite à la période de la Terreur. Ne fallait-il pas d’abord mentionner la date du 4 août 1789 : abolition des privilèges et des droits féodaux, triomphe du principe d’égalité devant la loi ? … Qui a validé cet article réducteur et qui ne permet aucune droit de réponse ?

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Un 1er cycle du Supérieur à Dole ?

Un 1er cycle d’enseignement supérieur à Dole ? Suite de la chronique. Université de Dole : les guerres du 17ème siècle l’ont tuée.

Cinq parties dans cette chronique.

  • 1. Depuis 1983 : antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté.
  • 2. Depuis 2015 : Université Bourgogne Franche-Comté, communauté d’universités et d’établissements.
  • 3. L’enseignement supérieur professionnel de 1er cycle domine dans le département du Jura.
  • 4. 600 ans après, Dole peut-elle redevenir ville universitaire ? 5.
  • 5. Collectivités territoriales : créer des Instituts d’Enseignement Supérieur dans le Jura.

Partie 1. « Depuis 1983 à Dole, antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté, service public chargé de la diffusion de la culture. Conférences animées par des enseignants des universités ou des lycées.

  • histoire : ancienne, médiévale, moderne et contemporaine,
  • histoire de l’art,
  • sciences : astronomie, botanique, biologie, médecine, géologie, météorologie,
  • littérature, 
  • philosophie
  • écologie
  • actualités
  • paléographie : lecture d’écrits antiques et médiévaux.

Un cycle itinérant de conférences est organisé chaque année, au printemps, dans les communes avoisinantes de Dole. En rapport avec certains de ces thèmes, des sorties et des voyages sont proposés ».

Télécharger le programme des conférences 2021/2022

Conférences repérées dans le programme :  Nicolas Nicole (1702-1784, architecte bisontin du siècle des Lumières.  

Partie 2. Depuis 2015, Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC), communauté d’universités et d’établissements (COMUE)  .

L’Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC) regroupe sept établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dont trois universités. L’une d’entre elles est l’Université de Technologie Belfort-Montbéliard. La fusion n’a jamais été explorée comme mode de regroupement entre les 3 universités. L’établissement public expérimental (EPE 2018) entre les 7 établissements ne l’a pas été non plus. 

Citations du site de l’UFBC. « La création d’UBFC répond à un impératif de compétitivité pour la Bourgogne-Franche-Comté. UBFC incarne ainsi le développement de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur ce territoire en s’appuyant sur les forces et les atouts des établissements membres qu’elle fédère. Ce développement se traduit par une offre de formation pluridisciplinaire de qualité, en lien avec une recherche portant des domaines de spécialisation reconnus et en cohérence avec l’économie et la culture de son territoire.

Le projet stratégique d’UBFC est celui d’une université fédérale, respectant la souveraineté de ses membres, avec la vocation de construire des projets collectifs.

UBFC comporte aujourd’hui plus de 60 000 étudiants et 8 800 personnels. Elle rayonne sur 13 sites, répartis de part et d’autres de la région Bourgogne Franche-Comté.

Ces grands pôles sont également à l’origine de la forte culture industrielle propre à la région Bourgogne – Franche-Comté et portent aujourd’hui des grandes spécificités économiques, à savoir l’agroalimentaire, les microtechniques, l’énergie et la mobilité.

Les compétences clefs de la Bourgogne – Franche-Comté ont permis de définir trois axes scientifiques, reconnus comme thématiques d’excellence sur le plan international :

  • Matériaux avancés, ondes et systèmes intelligents
  • Territoires, environnement, aliments
  • Soins individualisés et intégrés« .

Novembre 2018. Chronique du blog : Quand une Comue part en vrille. Communiqué de Nicolas Chaillet, président de la communauté d’universités et établissements Université Bourgogne-Franche-Comté, in le Bien public du 16 novembre 2018.

Partie 3. L’enseignement supérieur de 1er cycle de type professionnel domine dans le département du Jura, dans les deux villes les plus importantes, Dole (23 373 habitants), Lons-le-Saulnier (17 459). Source : ParcourSup Offre de formation.

  • Dans ces deux villes du département, il y a des BTS, mais pas de GPGE.
  • Dole : 31 BTS (environ 750 places), 67 à Besançon, 311 à Dijon.
  • Dole : pas de CPGE. 9 CPGE à Besançon, 25 à Dijon.
  • Dans ces deux villes du Jura, il n’y a ni DUT, ni licence universitaire en 3 ans.

Lons-le-Saunier bénéficie de son statut de chef-lieu de département. Elle possède un INSPE et une licence professionnelle Traitement des déchets.

Il existe des Instituts de Formation Sanitaire et Sociale de la Croix Rouge (soins infirmiers) à  LONS LE SAUNIER, VESOUL, QUETIGNY.

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L’alternance : une voie en plein essor

L’alternance : une voie en plein essor, un financement à définir.

Formation en alternance : 122 chroniques du blog Histoires d’universités, publiées de 2009 à 2022.

La formation en alternance, Cour des comptes, 23.06.2022

« Les juridictions financières ont examiné les effets de la réforme de l’alternance lancée en 2018. Un rapport public thématique, accompagné de cinq cahiers régionaux, analyse l’essor de l’apprentissage, soutenu par les aides du plan ♯1jeune1solution, ses conséquences financières majeures et les points de vigilance qui demeurent après trois années de mise en œuvre de la réforme ».

« Parallèlement, la Cour a contrôlé France compétences, établissement public créé en 2019, pour assurer la régulation et le financement de la formation professionnelle et de l’alternance. Le référé issu de ce contrôle, complété par des observations définitives, met en particulier l’accent sur la situation financière préoccupante de cet établissement, qui appelle des mesures pérennes concernant l’alternance et le compte personnel de formation ».

Rapport de synthèse. La formation en alternance. Une voie en plein essor, un financement à définir, recommandations, 19 pages.

« Une hausse inédite des effectifs en alternance, en décalage avec l’objectif traditionnel d’insertion professionnelle des jeunes les moins qualifiés ».

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« Une réforme du financement  des centres de formation des apprentis qui soulève des difficultés ».

« Un déséquilibre financier de France compétences préoccupant qui appelle à définir une stratégie nationale de développement et de financement de l’alternance ».

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Chr. Guérin, graveur (1758-1831)

Christophe Guérin, peintre et graveur, né à Strasbourg le 14 février 1758 et mort dans la même ville le 27 septembre 1831 à l’âge de 73 ans. Source : citation de l’article de Georges Foessel dans Alsace Histoire, 1989.

Christophe Guérin, dans une famille d’artistes en Alsace.

« 1778 (Christophe Guérin a 20 ans). Étudiant de Jeulain et de P. Muller, il fit son instruction à l’École des Beaux-arts de Paris et obtint en 1778 la 3e médaille.

1783 (25 ans). Il concourut pour le Prix de Rome et obtint à nouveau la 3e médaille.

1788 à 1792 (30 à 34 ans). Il fut, comme son père, graveur de coins, puis maître de la Monnaie de Strasbourg.

Durant la Révolution, alors que la cathédrale elle-même était menacée par les fureurs des fanatiques, il accepta de peindre une déesse Raison et de participer au culte républicain, pour éloigner les périls, en donnant une affectation reconnue au monument.

1803 (45 ans). Il fut nommé par la municipalité, conservateur en chef de la galerie des peintures de la ville, née des dépôts effectués par l’État auprès des grandes villes de France. Il conserva ce poste jusqu’à sa mort en 1831.

Le 19 novembre 1803, il sollicita du conseil municipal la fondation d’une école gratuite de dessin qui serait placée sous sa direction. Le conseil, en date du 27 décembre 1803, en décréta la création et le 18 novembre 1804, la réunit au musée à charge de recevoir un certain nombre d’élèves gratuits, pris dans la classe ouvrière ou indigente, qui seraient nommés chaque année par le conseil municipal.

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Sélestat. Les maîtres et les élèves

Bibliothèque Humaniste de Sélestat, École latine (1450-1520), Exposition jusqu’au 30 juin 2022. Les Humanistes font la classe. Suite de la chronique : Sélestat. A l’école des Humanistes.

Les maîtres de l’école latine, comme Beatus Rhenanus, enseignent devant des élèves répartis par classe, selon leur âge et selon leur degré de maîtrise du latin. Ils utilisent les ouvrages de la bibliothèque, en font copier des pages sur des cahiers et les commentent. Parmi les maîtres de l’Antiquité figurant dans l’exposition et présentés dans cette chronique : Terence, Suétone, Tertullien, Justinien 1er, Bède le Vénérable.

Diaporama de 25 photos : livres manuscrits ou imprimés, cartels, détails.

Cahier d’écolier de Beatus Rhenanus (1498-1499).

Étude de textes de Virgile, de Martial, d’Ovide

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Les Humanistes de Sélestat. « Le mot Humanitas, en latin, désigne la culture, et c’est pourquoi l’on nommera ceux qui y adhèrent les Humanistes. Cela désigne ainsi une école de la pensée gréco-latine, basée sur le retour aux textes anciens et aux philosophes de l’Antiquité, pour former une éthique fondée sur la dignité de l’homme, pour qu’il se sente maître de son destin, une conception générale de la vie, commune à tout l’Occident, axée sur la croyance, peut-être un peu utopique, au salut de l’homme par lui-même, aidé par le savoir et la culture ».

A. Gregor Reisch, Typus Grammatice, Margarita Philosophica Nova, imprimé à Strasbourg entre 1503 et 1525, Gravure sur bois, New York, Bibliothèque de l’université de Columbia. Source : Utpictura, Aix-Marseille Université.

« Nicostrata, l’inventaire des lettres de l’alphabet qu’elle tient d’une main, ouvre la clef de la tour du banquet philosophique (triclinium philosophiae) pour un enfant qu’elle invite à entrer.

« L’entrée est un accès à la congruitas, c’est–à-dire à l’accord, à la conciliation des catégories grammaticales latines (nombre, personne, genre, cas).

Les deux premiers étages de la tour sont consacrés à l’apprentissage des grammairiens latins, Donatus – 315-380, pour l’ars minor -, et Priscien  – actif de 500 à 530, auteur des Institutiones grammaticae -.

Viennent ensuite trois étages consacrés aux disciplines et aux auteurs du trivium et du quadrivium. D’abord Aristote (383-322 avant J.C) pour la logique, Tullius (c’est-à-dire Cicéron) pour la rhétorique et la poétique (rhetorica poesis) et Boèce pour l’arithmétique.

Puis Pythagore pour la musique, Euclide pour la géométrie et Ptolémée pour l’astronomie.   

Puis le Philosophe (c’est-à-dire Aristote) pour la physique et Sénèque pour la philosophie morale.

Enfin, tout en haut, Pierre Lombard (vers 1100 – 1160) pour la théologie et la métaphysique« .

B. Térence (environ 190-159 avant J.C), auteur de Comédies. Source : Eduscol.

« Térence est considéré comme le plus grand auteur comique latin avec Plaute (environ 254-184 avant J.C), qui était de quelque soixante ans son aîné. L’essentiel de sa vie nous est connu par le témoignage de l’historien Suétone qui a écrit une Vita Terentii (Vie de Térence), ainsi que par les différentes didascalies accompagnant ses œuvres.

Distingué par Caecilius Statius, un vieil auteur comique en renom, Térence fait représenter sa première comédie, L’Andrienne, en 166 avant J.C, la jeune fille de l’île d’Andros  dans les Cyclades. Un jeune homme aime une jeune fille pauvre, mais son père veut qu’il épouse la fille d’un ami, laquelle aime un autre jeune homme. Au dénouement, on découvre que les deux jeunes filles sont sœurs et les deux couples pourront s’unir selon leur cœur.

Terence est désormais accueilli dans la société des grandes familles aristocratiques, adeptes ferventes de l’hellénisme, et devient le poète attitré des cercles érudits. Mais, par jalousie sans doute, on prétend que ses amis Scipion Émilien et Laelius l’aideraient dans ses créations, voire qu’il ne serait que leur prête-nom…

La carrière de Térence, aussi brillante que discutée, demeure fort brève. Après avoir produit six comédies, il quitte Rome, où il ne reviendra plus. Il meurt, à peine âgé d’une trentaine d’années, en 159 avant J.C, au cours d’un voyage en Grèce. Deux versions circulent alors sur les circonstances de sa mort : parti chercher de nouveaux sujets de pièces encore inédites à Rome, il se préparait à ramener les manuscrits de nombreuses comédies de Ménandre qu’il avait traduites (108, dit-on), lorsque le vaisseau transportant ses bagages aurait fait naufrage ; désespéré par cette perte, il serait mort dans le Péloponnèse ».

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Sélestat. A l’école des Humanistes

Depuis 2018, la nouvelle Bibliothèque Humaniste de Sélestat dispose d’un espace (mitoyen du hall d’entrée) pour les expositions temporaires thématiques. La première fut dédiée aux curiosités de la Bibliothèque : c’est quoi ce Truc ? Au 1er trimestre 2019, des Trésors restaurés de la Renaissance furent mis en valeur (diaporama de 52 photos).

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En 2022, jusqu’au 30 juin, c’est la vie quotidienne d’une classe qui est mise en scène. Source : le site de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat.

Diaporama de 27 photos : l’école de la renaissance innove mais les enseignants sont quelquefois moqués. Dans la prochaine chronique, j’en dirai plus sur les étapes de l’apprentissage des savoirs dans l’école latine, sur les auteurs anciens mobilisés par ses maîtres.

« Le patrimoine écrit conservé par la Bibliothèque s’est développé à partir des bibliothèques de la paroisse (fondée en 1452) et du savant Beatus Rhenanus. Les collections entretiennent des liens étroits avec le monde scolaire dès leur origine et sont notamment le reflet des décennies les plus brillantes, entre 1450 et 1520, de l’école latine qui, par son ouverture à la pédagogie humaniste, devint un modèle pour d’autres institutions alsaciennes ultérieures comme le Gymnase à Strasbourg. Ce sont ensuite les Jésuites qui ont poursuivi la tradition éducative de Sélestat (cf. ma chronique du 15 mars 2022, Sélestat. Collège jésuite et Chaire baroque).

Les ouvrages et documents présentés dans l’exposition sont à replacer dans une problématique plus large, qui parcourt toute l’Europe humaniste : quels sont les usages de l’écrit dans l’éducation de la Renaissance, de la part des maîtres comme de celle des élèves et étudiants, alors que les possibilités techniques, les corpus disponibles et leurs modalités d’étude se renouvellent ? »

Exposition réalisée en collaboration avec :

L’exposition en cours a été précédée d’un Colloque international : Pédagogies de la Renaissance et supports de l’écrit, 21-23 octobre 2021.

« Les liens entre le monde des pédagogues et celui du livre, à la Renaissance, sont multiples et bien documentés. Le colloque a examiné de quelles façons les supports de l’écrit – imprimé, manuscrit – interviennent dans la conception, la diffusion et la réception des pédagogies de la Renaissance.

Quelles évolutions dans la manière d’enseigner ou de suivre un cours peut-on déceler ? Quelles transformations, quelles réflexions pédagogiques suppose le passage d’un cours délivré dans un cadre précis, oralement, devant un auditoire limité et dans une performance singulière, à un ouvrage pédagogique, dont les lectorats peuvent être variés, et qui fige un contenu ? Dans quelle mesure les ouvrages pédagogiques produits sont-ils le reflet de cours délivrés in vivo, ou l’invention d’ouvrages spécifiques ? Comment les possibilités de l’imprimé conduisent-elles à l’invention de genres scolaires nouveaux ?

Les colloques scolaires : faire entendre le latin

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Forte croissance du SUP privé

Billet d’humeur : débattre. La progression continue de l’enseignement supérieur privé est-elle inexorable et souhaitable ? Les frontières entre SUP public et SUP privé sont-elles en train de s’estomper ? Public ou privé : créés en 2013, les Établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG : cf partie 3 de cette chronique). Le contexte : Parcoursup 2021 : c’est parti !

Chroniques déjà publiées dans Histoires d’universités. SUP privé 2017-2018 : +2,9%, Progression constante des effectifs étudiants dans l’enseignement supérieur privé de 2000 à 2016.

Chronique à venir : Le financement public et bancaire du SUP privé.

Partie 1. CHAPITRE 6. LES ÉTUDIANTS (source RERS 2021). Les effectifs du supérieur : évolution Indicateur 6.01.

« À la rentrée 2019, on recense 2 725 300 inscriptions d’étudiants dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DROM, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’an dernier.

L’enseignement privé rassemble 561 100 étudiants en 2019, soit 20,6 % des effectifs du supérieur. À l’exception des rentrées 2014 et 2015, les inscriptions dans l’enseignement privé progressent proportionnellement, depuis 1998, plus rapidement que dans l’enseignement public. Depuis 1998, les inscriptions dans le privé ont doublé tandis qu’elles n’ont augmenté que de 15% dans le public. Entre 2018 et 2019, elles augmentent de 3,8% contre 1,1 % dans les établissements publics.

À la rentrée 2019, le nombre d’étudiants à l’université augmente de 1,3 % (+ 20 500 étudiants), ceci à périmètre constant. En effet, en 2020, de grands ensembles universitaires se sont créés ou modifiés par décrets, en application de l’ordonnance sur les établissements expérimentaux, intégrant, en tant que membres ou composantes, principalement d’autres établissements d’enseignement universitaire et des écoles d’ingénieurs ».

Source. RERS 2021. Cliquer sur les images pour les agrandir

Partie 2. Une croissance dynamique du SUP privé dans les formations d’ingénieurs et les écoles de commerce, gestion et vente.

« Entre 2018 et 2019, les effectifs progressent de 3,0 % dans la filière CPGE et préparations intégrées, mais restent stables en STS. Les inscriptions dans les formations d’ingénieurs (y compris en partenariat) restent très dynamiques (+ 2,1 %), dans le prolongement des années précédentes. La hausse est également très forte (+6,3 %) dans les écoles de commerce, gestion et vente (hors STS, DCG et DSCG) ».

Source : RERS 2021

Partie 3. Création en 2013 de la qualification EESPIG (Établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général).

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Université de Paris, bureaucratie ++

Suite de la chronique sur le changement de nom de l’Université de Paris : Université de Paris Quartier Latin. La sommation du Conseil d’État et la polémique qui s’en est suivie n’auraient pas dû exister.

Le problème n’est pas tant celui de la dissémination du nom de Paris dans les titres des universités que celui de la complexification pitoyable du tissu universitaire en région francilienne. Subsiste une première strate historique : celle des trois formes de regroupement de la loi Fioraso : fusion, communauté d’établissements (COMUE), association. Se dessine une seconde strate, celle de la création en 2018 d’Établissements Publics Expérimentaux.

L’université de Paris est un EPE. Une histoire pas drôle de gouvernement par les bureaux.

Université de Paris. Le décret fondateur du 20 mars 2019 crée une pléthore de structures qui constituent un écheveau organisationnel inextricable, entraînant des coûts de coordination élevés, une centralisation des décisions dans les équipes de direction et les services centraux. L’université de Paris, une bureaucratie galopante… en excellente santé. Un établissement expérimental pour arriver à un résultat confondant. Tout ça pour ça !

Le décret et son annexe statutaire sont très longs pour ne pas dire bavards. Croyant pouvoir anticiper toutes les facettes de la réalité universitaire, le décret fait rentrer les détails de l’organisation dans un processus centralisateur. Ce faisant, il commet une analyse organisationnelle erronée : les détails fixés en amont de l’existence de l’université bloquent d’emblée les expérimentations qu’elle voudrait tenter pour prendre en compte telle ou telle évolution de son environnement. Il est d’ailleurs paradoxal d’avoir glissé l’Établissement Public Expérimental dans une loi sur la Société de confiance ; l’effet produit est l’inverse de celui recherché : les détails institutionnalisent une Société de méfiance.

Pire : des soi-disant détails, cachés sous le tapis, ont un effet dévastateur quand leur contenu est révélé. Ainsi en va-t-il de l’affaire du « charnier » de Descartes révélée en particulier par Le Monde. « Frédéric Dardel, l’ex-président de l’université de 2011 à 2019, a été mis en examen, le 4 juin, du chef d’atteinte à l’intégrité d’un cadavre portant sur les conditions de conservation et de mise à disposition des corps au sein du Centre du don des corps (CDC). Situé rue des Saints-Pères, dans le 6arrondissement de la capitale, le CDC est le plus grand centre anatomique de France, fondé en 1953 et rattaché à l’université de Paris (Descartes)« . Le CDC n’est évidemment pas mentionné dans le décret statutaire.

L’évolution des universités vers une centralisation et une présidentialisation renforcée de leur gouvernance n’est pas nouvelle. Nous l’avions observée en France et en Italie lors de notre recherche sur les Présidents français et les Rettori italiens, il y a près de 20 ans (article en  ligne : Pierre Dubois, Stefano Boffo, La faiblesse de l’instance législative dans les universités. Le cas de la France et de l’Italie, Revue Internationale des Sciences Administratives, Vol 71 (1), mars 2005, pp. 35-54).

Attention : lire la suite en cliquant sur les pages 2, 3, ou 4.

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18ème. Écoles Artillerie et Génie

18ème siècle. Écoles de l’artillerie et du génie.

Les nombreuses guerres menées au 18ème siècle, tant sur terre que sur mer, au sein ou en dehors du territoire français, ont fait progresser, par la nécessité de vouloir les gagner, la formation des hommes, l’organisation de l’armée en campagne et pendant d’éventuels quartiers d’hiver, les fortifications, les armes mobilisées et de plus en plus meurtrières (l’artillerie en particulier).

Source. Musée Historique de Strasbourg

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Cette chronique est dédiée à l’évolution de la formation militaire au 18ème siècle, au sein d’écoles spécialisées. La guerre ne s’est jamais apprise à l’université.

Les écoles concernent d’abord les futurs officiers, ceux du génie et de l’artillerie en particulier. Un des problèmes lancinants du siècle, avant la Révolution : séparer ou réunir dans un même établissement de formation le génie et l’artillerie.

Les écoles plus prestigieuses forment des ingénieurs militaires : l’école Polytechnique est fondée en 1794.

D’autres écoles dispensent une formation de base, destinée à des élèves âgés d’une dizaine d’années ; c’est le but poursuivi par des collèges militaires, disséminés sur l’ensemble du territoire. Ils sont réservés aux enfants de la petite noblesse ; ils sont le vivier de la noblesse d’épée.

Sources : informations et citations extraites des articles mentionnés par des liens web. Exemple : école d’artillerie.

1679. La première école d’officiers d’artillerie est créée par Louis XIV en 1679 à Douai, jouxtant l’université de Douai et la fonderie de canons de Douai.

1693. Le régiment des fusiliers du roi prend le nom de Régiment Royal-Artillerie. « Les soldats furent équipés de fusils et de baïonnettes, qui remplacèrent progressivement les mousquets et les piques jugés obsolètes pour le combat. Elles furent même interdites par ordonnance royale en 1703 ».

1720. Le maréchal de Jaunay est notamment un artisan de l’utilisation massive d’artillerie dont il commanda l’école de Strasbourg ainsi que l’école des bombardiers de France créée en 1720.

1720. Sur le modèle de l’École royale de l’artillerie de Douai, l’école royale d’artillerie de Metz est créée en même temps que celles de La Fère, Strasbourg, Grenoble et Perpignan, par l’ordonnance royale du 5 février 1720. Cette ordonnance tirait les conclusions des dernières campagnes de Louis XIV « en faisant de l’artillerie une arme scientifique, avec des officiers formés en conséquence. Chacune des cinq villes concernées abriterait un régiment de 4 000 hommes, avec une école d’artillerie à demeure ».

1748. L’École royale du génie de Mézières est fondée sur proposition du comte d’Argenson, secrétaire d’État à la Guerre et de Nicolas de Chastillon, commandant de la citadelle de Charleville-Mézières. 542 ingénieurs militaires y furent formés.

1755. Au Régiment Royal-Artillerie sont réunies les compagnies de mineurs et d’ouvriers du génie pour former en 1755 le Corps royal du génie et de l’artillerie

1756. Une école royale des élèves de l’artillerie est créée à La Fère sur le modèle de l’École royale du génie de Mézières, avec une cinquantaine d’élèves. L’abbé Nollet y est nommé professeur de physique expérimentale et Charles Étienne Louis Camus examinateur.

1758. Les corps du génie et de l’artillerie sont séparés.

1766. L’école d’artillerie de la Fère est transférée à Bapaume. Étienne Bézout succède à la fois à Camus et à l’abbé Nollet. Le nombre des élèves est porté à 80 en 1768. En dépit de ce nombre, l’école est fermée en 1772.

1779. Sont rétablis des élèves dans le corps royal de l’artillerie, et des petites sections de six places sont créées dans chacune des écoles régimentaires à La Fère, Metz, Strasbourg, Auxonne, Besançon, Douai et Verdun.

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La piste du collège universitaire ?

En janvier 2022, le blog Histoires d’universités aura 13 ans.

Chronique du 19 février 2009 : Créer 480 Instituts d’enseignement supérieur. Texte paru le 17 février dans les Chroniques d’abonnés du Monde sous le titre : « Réformes bloquées : une chance pour la Réforme. Assez de temps perdu pour réformer l’enseignement supérieur public. Chaque partie prenante au mouvement et à la réforme doit bouger ses lignes »…

En octobre 2021, la Cour des Comptes publie Universités à l’Horizon 2030 : plus de libertés, plus de responsabilités. Les enjeux structurels pour la France, octobre 2021, 27 pages. Pages 24 et 25, elle propose de franchir une seconde étape en évoquant la piste du collège universitaire.

Aurais-je eu raison trop tôt ? Hélas, non ! Les collèges universitaires de la Cour des Comptes ont certes quelques points communs avec les Instituts d’enseignement supérieur, dont ceux de la disparition de cette anomalie française qu’est l’existence de classes supérieures dans les lycées (CPGE et STS), d’un corps enseignant spécifique.

Mais ils s’en distinguent trop : je dirais même que la Cour n’a pas pris le temps d’une réelle réflexion (cf infra le texte des pages 24 et 25) et envisage un délai proche des calendes grecques (2030).

Chronique du 2 novembre 2011 : Dresser la carte des IES. La Cour semble n’envisager qu’un seul Collège associé pour chaque université. « Quelle méthodologie pour construire la carte de l’implantation des IES ? L’outil pertinent pour ce faire est l’Atlas des formations en région (le dernier paru concerne l’année 2009-2010).

Chronique du 6 janvier 2012. Universités et Instituts d’Enseignement Supérieur : 20 propositions. Quatre défis : faire progresser l’accès et le succès des enfants des classes populaires dans l’enseignement supérieur ; permettre à une majorité de jeunes diplômés du supérieur et aux jeunes enseignants de commencer à travailler plus tôt et avec un contrat stable ; donner la chance à une quinzaine d’universités, résultant de fusions entre les universités actuelles, d’être compétitives, attractives et lisibles dans le monde; utiliser mieux l’argent public, actuellement gaspillé dans un enseignement supérieur de premier cycle éclaté et moribond.

Table des matières du rapport de la Cour des Comptes

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