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De La Tour. Six portraits au pastel

Quentin de La Tour (1704-1788) a réalisé les six portraits ci-dessous entre 1742 et 1753. Ils sont exposés au musée Antoine Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne).

Durant cette période (chronique sur sa biographie), de La Tour a atteint l’apogée de son art – le portrait au pastel. Diaporama de 20 photos.

Histoire du pastel (source Wikipédia). « Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire).

Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci. Il est très prisé dès le XVIIe siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l’art du portrait. Au XVIIIe siècle, le pastel connaît son âge d’or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le Prince des pastellistes, qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue…Le pastel, symbole de la grâce de l’Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l’huile ».

Les 6 portraits  

Abbé Jean-Jacques Huber (1699-1744), érudit, diplomate genevois établi à Lyon.

Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber, 1742, Pastel sur papier

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Quentin de La Tour, 1704-1788

Maurice Quentin de La Tour, né et mort à Saint-Quentin (1704-1788), troisième fils de François de La Tour, maître écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de la ville, et de Reine Zanar.

Buste de Maurice-Quentin de La Tour, par Gabriel Girodon, 1931

Diaporama de 25 photos

Première partie de la biographie : citations de Wikipédia

1718 (14 ans). « De La Tour dédie au principal du collège, Nicolas Desjardins, une perspective de Saint-Quentin dessinée au crayon. Au sortir du collège, voulant devenir peintre, il quitte Saint-Quentin pour Reims, puis Cambrai, à la recherche de modèles et de maîtres.

1719 (15 ans). A Paris, il entre comme apprenti auprès du peintre Claude Dupouch, membre de l’Académie de Saint-Luc.

1723 (19 ans). Il reçoit aussi les conseils de Louis de Boullogne, premier peintre du Roi et surtout de Jean Restout. Mais, en vérité, il se forme seul dans l’art du pastel, alors remis en vogue par Vivien et par Rosalba Carriera.

L’art du Pastel, Anonyme (École Hollandaise), fin du 18ème, Musée de Saint-Quentin

1725 (21 ans). Séjournant à Cambrai, où s’est réuni le congrès destiné à réconcilier l’Empereur Charles VI et le roi Philippe V d’Espagne au terme de la guerre anglo-espagnole, il est remarqué pour le beau portrait qu’il fit d’un ambassadeur d’Espagne. L’ambassadeur extraordinaire du roi d’Angleterre Horace Walpole l’invite à le suivre à Londres et met à sa disposition une aile de son palais. En Angleterre, la fréquentation de l’aristocratie et la haute aristocratie lui apprend à connaitre la « bonne société ». Après avoir orné les salons des riches banquiers, des princes et des coquettes à la mode, ses portraits sont passés dans l’atelier des premiers graveurs de Londres, qui ont consacré leur burin à la reproduction durable des œuvres légères du pastelliste.

1727 (23 ans). Sa prospérité assurée, il quitte l’Angleterre et revient en France. Il avait alors vingt-trois ans ».

Seconde partie de la biographie de Quentin de La Tour : citations de Larousse

1735-1736 (31-32 ans). Exécute le portrait de Voltaire qui lui vaut une grande renommée.

Musée de Saint-Quentin

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Compiègne du 11ème au 18ème siècle

Compiègne, du 11ème au 18ème siècle. Quelques édifices. Tour de Beauregard, Église Saint-Pierre des Minimes, Vieille Cassine, Hôtel de ville, Grenier à sel. Extraits de textes de François Callais, Société Historique de Compiègne.

Diaporama de 32 photos

La Tour de Beauregard

« Au palais carolingien, situé sur la hauteur dominant l’Oise, succéda, peut-être dès la fin du XIe siècle, le château capétien dont il reste ce donjon. C’est le plus ancien exemple connu de tour parfaitement circulaire (1120-1130). En bordure de la rivière, elle contribuait à défendre l’ancien pont dont les vestiges sont proches. Après les généreuses donations de saint Louis en faveur de l’Hôtel-Dieu et des jacobins, ce château fut abandonné comme résidence royale.

Cependant, jusque sous Louis XI, ce fut le siège du capitaine de la ville, ainsi que de l’Auditoire de la justice royale, avec sa prison. 

Des prisonniers illustres y furent détenus : le comte de Flandre qui y resta jusqu’à sa mort en février 1305, le maréchal de Rieux en 1437.

Dénommée aussi tour Jeanne d’Arc, en hommage à l’héroïne qui franchit l’ancien pont avant d’être capturée de l’autre côté de la rivière, le 23 mai 1430. Guillaume de Flavy, capitaine de la ville, a pu observer cette fatale escarmouche de sa plate-forme supérieure ».

Église Saint-Pierre des Minimes

« C’est l’église la plus ancienne de Compiègne, l’édifice actuel ayant été construit au cours du XIIe siècle, entre 1130 et 1160 plus précisément. Saint-Pierre fut d’abord un oratoire rural destiné aux habitants du domaine agricole concédé par Charles le Chauve à la future abbaye Saint-Corneille, elle en devint un prieuré en 1185. Au début du XVIIe siècle, les Minimes, ordre de bénédictins réformés par l’italien saint François de Paule, s’y installèrent et édifièrent les bâtiments claustraux voisins qui servent d’école depuis 1791 ».

En dépit des destructions de la Révolution, le tympan du portail de style gothique primitif et ses sculptures – le Christ en gloire, entouré des symboles des quatre évangélistes – sont toujours visibles, mais fort abîmés.

La vieille Cassine

« Le terme de cassine désigne, en picard, une maison d’aspect plutôt rustique. La Vieille Cassine remonte au XVe siècle, mais comporte une aile du XVIIe siècle. Ce fut assez longtemps la demeure des Maîtres du Pont qui dirigeaient une dizaine de pilotes, ou Compagnons de l’Arche, habiles à faire passer les bateaux sous l’ancien pont, dit de Saint-Louis, dont les multiples arches créaient des remous dangereux.

Le pont Louis XV n’ayant plus que trois arches, diminua beaucoup ces risques, qui disparurent avec la canalisation de la rivière, quasi achevée en 1831. L’Oise fut en effet longtemps la principale voie de commerce de Compiègne.

La corporation des Compagnons de l’Arche avait son siège en la chapelle Saint-Nicolas, patron des marins, dans l’église Saint-Jacques ; elle y suspendait des bateaux en ex-voto.

Ce quartier est le seul témoignage du Compiègne médiéval, avec ses rues tortueuses. Le nom de rue des Lombards rappelle qu’y logèrent ceux qui pratiquaient le commerce de l’argent et le prêt sur gages ; elle menait d’ailleurs à la place du Change où ils tenaient boutique, y vendant aussi de l’orfèvrerie, notamment lors de la Foire de Mi-Carême ».

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1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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Louis XV et l’église St-Jacques

Après avoir lancé la reconstruction du Palais de Compiègne (chronique du blog), Louis XV (1710-1774), à l’aube de sa vie, veut rendre l’intérieur de l’église Saint-Jacques, plus chaleureux, plus chaud. Il fait habiller la pierre gothique par des marbres et des boiseries. Il enrichit le mobilier (chaire, orgue). Source : citations extraites de Wikipédia.

Album de 16 photos. Architecture extérieure et intérieure de l’église.

Album de 34 photos. Orgue, Chaire, Vitraux, Peintures.

« Deux périodes distinctes de construction de l’église : le chœur, le transept et la nef avec ses bas-côtés ont été bâtis entre 1235 et 1270, sauf la partie haute de la nef ; cette dernière, le clocher, les chapelles le long des bas-côtés et le déambulatoire ont été ajoutés entre 1476 et le milieu du XVIe siècle. Ces extensions reflètent le style gothique flamboyant, sauf le lanternon au sommet du clocher, qui est influencé par la Renaissance…

L’élément le plus marquant de l’église est le haut clocher-tour érigé hors œuvre. Sa construction s’échelonne sur une quarantaine d’années, commençant vers 1456 / 1461 et se termine seulement à la fin du siècle. La tour ne comporte que deux étages, qui sont d’une hauteur considérable…

Niches à statues aux dais finement ciselés. Sept abritent toujours des statues, fait assez rare. Ces statues représentent saint Ambroise, saint Théodore, saint Jérôme, saint Christophe, saint Jacques le Majeur, saint Roch et saint Crépin.

Entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, les murs gouttereaux des bas-côtés ont été évidés entre les colonnes engagées et sous les formerets. Des petites chapelles rectangulaires ont été construites entre les contreforts. Cet agrandissement répond à un usage largement répandu, et trouve sa motivation dans la multiplication de la fondation de chapellenies et de confréries. En effet, des messes de fondation sont initialement dites dans chacune de ces chapelles.

Transformations dans la seconde partie du XVIIIème siècle, sous Louis XV. Une flèche en pierre du XIIIe siècle se dressait initialement au-dessus de la croisée du transept, abattue en 1760. Une transformation de l’église selon le goût du style classique commence en 1750. À l’intérieur, le jubé est supprimé ; entre 1772 et 1774, la toiture est refaite ; en 1773, les grandes arcades autour du chœur reçoivent un revêtement en marbre.

Les boiseries de la nef, des bas-côtés et des chapelles, commandées en 1767, sont en bois de chêne ciré. En revanche, les six autels et retables des chapelles latérales sont indépendants, et ont été installés entre 1750 et 1780. Les boiseries ont une hauteur de 530 cm environ dans la nef et sur les grandes arcades, et de 500 cm dans les chapelles. Elles prennent la forme de panneaux de fenestrages à trois registres, en l’occurrence un soubassement de faible hauteur, un registre principal, et un entablement.

En 1773, les arcades trouvent leur aspect actuel grâce à la générosité du roi Louis XV et au curé de la paroisse, l’abbé Boulanger. Habillées de marbre veiné rouge, gris et noir, elles sont désormais en plein cintre, séparées par des pilastres, et surmontées d’un entablement, dont la corniche en encorbellement supporte une balustrade. Le revêtement en marbre concerne aussi les piliers orientaux du carré du transept. L’immense gloire au-dessus de l’arcade dans l’axe du chevet fait partie intégrante de cet aménagement. Les pilastres, la gloire, les clés d’arc, les motifs rocaille et les guirlandes sont en bois doré ».

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Louis XV et le Palais de Compiègne

1751-1788, Compiègne. Reconstruction du palais décidée par Louis XV et réalisée par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et son successeur.

Façade du Palais donnant sur la ville

« Sous Louis XIV l’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

En 1666 a lieu le premier « camp de Compiègne », premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698. Après cette date Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans…

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois (chronique et photos du blog. Tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV en forêt de Compiègne).

Louis XV, buste d’après Étienne Pierre Gois, palais de Compiègne

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste. Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel de 1736 à 1740. Le palais devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution.

Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C’est là qu’il choisit d’organiser, le 14 mai 1770, une réception en l’honneur de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Scène de chasse. Fronton de la façade principale

La mort de Louis XV n’interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d’Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du palais en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L’ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s’y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en y revenant. Par la suite, il n’y fait que quelques brefs séjours de chasse. L’accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le palais difficilement habitable. Le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

Portrait de Louis XVI, dans un des appartements du Palais

L’Assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution française, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au palais, avec d’autres éléments, elle forme l’École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu’en 1806 ».

Transformations du Palais de Compiègne au 19ème siècle par Napoléon et Napoléon III.

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2020. Deux mille vins à la BNUS

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). Initialement prévue en juin, l’exposition Deux mille vins, multitude et diversité est reportée du 18 septembre 2020 au 17 janvier 2021.

Pour en savoir plus

« Véritable phénomène de civilisation, le vin imprègne de nombreuses dimensions des sociétés qui le cultivent depuis plusieurs millénaires. Qu’il soit associé aux cultes, à l’économie, aux arts, aux traditions ou encore aux savoir-faire des multiples acteurs qui œuvrent à sa production, il revêt, au-delà de sa seule consommation, des significations complexes, aussi diverses que les terroirs et les cépages qui font sa richesse ».

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Sarrebourg, un Hôtel du 18ème

Sarrebourg : Hôtel des Saintignon devenu bibliothèque municipale. Portail en grès rose des Vosges.

Album de 15 photos en grand format.

« C’est le monument le plus prestigieux laissé par le 18ème siècle à Sarrebourg. Construit par Marie-Joseph-Maurice de Saintignon (1727-1806), cet hôtel, rue de la Paix, abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale » (source : Petit patrimoine)

« La famille de Saintignon est une famille subsistante de la noblesse française, d’ancienne extraction, originaire de Verdun, où, selon Bernard Chérin, elle est citée au XVe siècle dans l’échevinage de cette ville. Elle occupa la charge de bailli de l’évêché et comté de Verdun de 1591 à 1633″.

« La sobriété du bâtiment contraste avec le portail monumental. Deux pilastres cannelés supportent un fronton arrondi orné d’un médaillon de style rocaille. De chaque côté, deux lions surplombent les portes piétonnes.

Aujourd’hui, le portail est fermé par une grille de Sandor Kiss artiste mosellan, qui s’intègre fort bien à l’architecture 18ème.

Dans la cour, donner un coup d’œil aux fenêtres décorées d’agrafes en forme de coquilles asymétriques et à une fontaine de style rocaille ».

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Musée de Marsal. Sels et Saints

Marsal. Le musée départemental du sel est « abrité dans l’une des deux anciennes portes fortifiées, dite Porte de France, vestige des fortifications de Vauban. Il est la propriété du Conseil Départemental de la Moselle et fait partie du réseau des sites Moselle Passion.

Marsal se situe au cœur du pays du Saulnois. Il y a 200 000 millions d’années, la mer du Nord descendait jusqu’en Lorraine. Dès l’âge du fer, une exploitation des mares salées s’est développée à une échelle quasi-industrielle : elle produisait 20 000 tonnes de sel par an.

Les nombreuses sources salées sur le territoire Marsal, fortifié dès le XIIIe siècle, suscite la convoitise des ducs de Lorraine, des évêques de Metz et des rois de France ».

Sels et Saints. Album de 30 photos (août 2020).

Nouvelle muséographie. » Le musée tente de restituer au visiteur le processus d’exploitation de « l’or blanc », à travers les techniques de production depuis la préhistoire et évoque également l’histoire de l’ancienne place forte de Marsal. Il présente une partie des collections provenant des fouilles du briquetage de la Seille, qui illustrent les relations complexes de l’homme au sel au cours de l’histoire ».

Trois œuvres religieuses exposées dans le Musée. Sels et Saints. Citations des cartels.

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1722. Portail du Poêle à la Fleur

Suite de la chronique du blog (30 novembre 2019) : Strasbourg. Corporations de bouche. Corporation des Bouchers dite A la Fleur (bouchers, tripiers, fabricants de saucisses). Emblème : le bœuf ou un outil de coupe.

1722. Portail du Poêle à la Fleur  (source Horizon nomade)

« Du XIV° siècle jusqu’en 1791, la corporation des Bouchers avait son Poêle dit A la Fleur au n°19, rue des Bouchers. La porte d’entrée était décorée d’une fleur sculptée dans la pierre et le bâtiment renfermait une écurie pour 120 chevaux.

Les Balades Strasbourgeoises font remonter la date du portail à 1722, et lui attribuent un style classique d’époque Louis XIV.

Diaporama de 19 photos du Portail (en grand format, juin et août 2020)

Lors des travaux de la Grande percée en 1933, le bâtiment du Poêle fut démoli mais son portail d’entrée fut conservé et remonté rue de Rohan en 1953″.

Corporation de la Fleur (source Archi-Wiki)

« Adresse citée depuis 1398 par Seyboth dans Das Alte Strassburg, sous l’appellation Der Metziger Trinkstube , maison reconnaissable par la présence d’une fleur sculptée et abritant le Poêle des Bouchers. Nouvelle construction en 1558.

Le bâtiment de 1722. « Seul subsiste le portail d’entrée qui a été réinstallé au 3 rue de Rohan. Celui-ci est plutôt classique avec son fronton triangulaire, mais les consoles supportant le fronton, le cartouche naturaliste avec son décor floral qui orne le tympan, et le vase de fleurs qui le surmonte lui donnent une touche baroque. Ce portail est de style Louis XIV d’après la documentation de l’office du tourisme Sur les traces des corporations de métiers« .

Mais pourquoi la toute proche Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame n’entreprend-elle pas la restauration de l’ensemble du tympan ? Couvert de vigne-vierge morte, le vase de fleurs n’est pas lisible ; de loin, il ressemble à un nid de cigogne déserté.

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