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1736. Strasbourg. Hôtel de ville

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. Suite de la chronique Princes possessionnés en Alsace

1728. Régnier III de Hanau-Lichtenberg décide la construction d’un nouvel hôtel à Strasbourg. Celui-ci prendra le nom de Hanau.

1731-1736. L’hôtel est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Les  plans, élaborés par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du Roi, ont été modifiés par Massol.

Trois albums sur l’Hôtel de Hanau (Hôtel de ville de Strasbourg. 69 photos

  • Le portail (rue Brûlée) et la façade de la Cour intérieure: 32 photos
  • La façade et ses 17 fenêtres (place de Broglie) : 14 photos
  • Les salons de l’étage : 23 photos.

Source principale du texte : citations de Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Le plan du palais s’apparente à celui d’un grand hôtel parisien du style Régence de la première moitié du 18ème siècle. La vaste demeure en forme de fer à cheval est située entre la cour d’honneur rectangulaire et un espace libre qui servait principalement de marché aux chevaux (place de Broglie aujourd’hui).

Le portail (rue Brulée aujourd’hui)

La Cour d’honneur est fermée au sud par un mur concave, percé en son milieu d’un portail solennel surmonté du blason de la Ville de Strasbourg.

Il est entouré d’armes et de drapeaux, d’ailes, de tambours, de boucliers et de trompettes ; l’ensemble évoque la force militaire, la victoire, le courage et la renommée.

Deux trophées militaires et deux vases sont posés sur le parapet. L’un d’entre eux est composé d’une armure romaine, d’un casque à panache, de haches, d’un faisceau de licteur, de piques, d’un bouclier…

Les trophées d’applique, célébrant la chasse et la guerre, encadrent le portail. Sur le bas-relief de gauche, des flèches, un arc et un carquois. Sur celui de droite, une épée, un sabre, une hache et une masse d’armes.

Corps de logis principal

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Princes possessionnés en Alsace

Les princes possessionnés « étaient des princes allemands qui avaient conservé des fiefs enclavés dans le Royaume de France après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV (traités de Westphalie de 1648 et traité de Ryswick de 1697) ». Parmi eux, les Hanau-Lichtenberg et les Hesse-Darmstadt étaient princes possessionnés à Strasbourg, propriétaires successifs de l’Hôtel de Hanau (aujourd’hui Hôtel de ville de Strasbourg, donnant sur la rue Brûlée et la place Broglie).

« À la Révolution française, la République voulut établir l’unité du territoire national. Ces sujets ou princes de l’Empire s’attachèrent alors à défendre légalement leurs propriétés, souvent d’importantes seigneuries, face aux initiatives révolutionnaires ».

Source essentielle des citations de cette chronique. Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Dès le XIIIe siècle, la famille des Ochsenstein possédait un hôtel sur l’emplacement de l’actuel no 9, rue Brulée.

1573. Le Comte Philippe de Hanau, seigneur de Lichtenberg, devient propriétaire de cet hôtel.

1618-1648. La guerre de Trente Ans se solde par un affaiblissement du Saint Empire romain germanique. Louis XIV en a profité pour mettre en œuvre la politique des Réunions ; l’Alsace devient française. Le Comté de Hanau Lichtenberg (capitale Bouxwiller) se retrouve à cheval entre la France et l’Empire germanique, et le comte (landgrave) reçut le statut de prince possessionné. En Royaume de France, il possédait cent trente-six villages, regroupés en 6 bailliages. Cinq autres bailliages se trouvaient du côté allemand.

Le dernier descendant de la famille est Régnier III de Hanau-Lichtenberg (1665-1736). Il a reçu une formation correspondant à son rang. Après des études à Strasbourg, il entreprend un Grand tour, en compagnie de son frère, comme nombre de jeunes aristocrates de son époque. Ils visitent la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et l’Autriche. Ils s’imprègnent des goûts et des manières du grand monde qui, à cette époque, était résolument francophile.

Peinture photographiée au Musée Historique de Strasbourg

1731-1736. L’hôtel de Hanau est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre.

1736. Régnier III de Hanau-Lichtenberg meurt sans descendant mâle. Sa fille Charlotte (1700-1726) épousa Louis VIII de Hesse-Darmstadt (1691-1768).

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1703-1766. Château de Lunéville

1703-1766. Le château de Lunéville de Léopold 1er à Stanislas Leszczyński.

Album de 33 photos, prises le 12 juillet 2020.

« Le château de Lunéville, possession des ducs de Lorraine depuis le XIIIe siècle, a été construit pour le compte du duc Léopold Ier entre 1703 et 1720 (voire 1723, date d’installation définitive de la Cour à Lunéville).

Léopold Ier, né en exil pendant l’occupation française, ne prit possession de ses duchés de Lorraine et Bar qu’avec la signature du traité de Ryswick (1697).

Il découvrit alors Nancy, sa capitale et son palais datant du Moyen Âge, en piteux état, et dont la rénovation dépassait de beaucoup ses capacités financières.

La guerre de succession d’Espagne (1701-1714) entraîna une énième occupation militaire des duchés par l’armée française. Le duc Léopold se retira à Lunéville, fit  entièrement reconstruire le château, en s’inspirant du château de Versailles.

L’héritier de la couronne ducale, François-Étienne, que son père avait envoyé terminer son éducation en Autriche, laisse la régence de ses États à sa mère, Élisabeth-Charlotte d’Orléans.

La fin de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738) oblige la duchesse régente Élisabeth-Charlotte d’Orléans à quitter à son tour Lunéville pour se retirer à Commercy (6 mars 1737).

La Lorraine est cédée à titre viager à Stanislas Leszczyński (1677-1766), ex-roi de Pologne et père de la reine de France. A la mort de Stanislas, la Lorraine devient pleinement française.

A. Première phase de la construction du château de Lunéville : 1703 à 1723. Trois architectes dot Germain Boffrand (1667-1754)

La première période des travaux consiste dans la création d’une avant-cour bordée par deux nouveaux bâtiments. Elle est menée de 1703 à 1705 par Pierre Bourdict nommé en 1700 Premier architecte et directeur des ouvrages de sculpture du duc.

En 1708, l’architecte Nicolas Dorbay, qui travaille également au château de Commercy, prend la direction du chantier. S’ouvre alors une seconde campagne qui sera très active jusqu’en 1718.

Château de Commercy

Enfin, une troisième campagne, qui comprend les travaux les plus importants, commence après un incendie en janvier 1719. C’est alors le plus grand chantier de Lorraine, dans lequel de nombreux artisans et artistes sont engagés.

Le nom de l’architecte français Germain Boffrand, qui est associé à la construction du château de Lunéville, n’apparaît en réalité qu’à partir de 1709, année où il présente à l’Académie les Plans et élévations qu’il a faits pour le chasteau de Lunéville, que Monsieur le Duc de Lorraine commence à faire rebastir selon ses desseins. Boffrand, disciple et collaborateur de Jules Hardouin-Mansart, entre au service du duc et devient en 1711 son Premier architecte. Les plans préparés par lui sont soumis au duc Léopold Ier qui choisit le projet définitif. Six projets différents sont aujourd’hui connus, toujours selon un plan général en forme de H..

Outre la contrainte financière, l’architecte doit vaincre les obstacles naturels. Le terrain offre une dénivellation importante d’est en ouest, tout en dominant la rivière du côté nord, où le sol est très marécageux. De plus, l’emplacement de l’ancien château était trop limité pour une construction d’une telle ampleur, d’où l’obligation d’acheter et de démolir des maisons, notamment pour la réalisation du parc.

Le parc et les jardins prolongeant sont appelés les Bosquets. À partir de 1710, ils prennent une extension considérable et sont aménagés par Yves des Hours, un disciple de Le Nôtre. À partir de 1724, Louis de Nesle complète l’œuvre d’Yves des Hours »…

B. Seconde phase. Le château de Lunéville sous Stanislas Leszczyński. Architecte Emmanuel Héré (1705-1763). On lui doit également la place Stanislas à Nancy.

Portrait de Stanislas par Jean-François Foisse, milieu du 18ème, Musée du Château de Lunéville

« A défaut de pouvoir politique, Stanislas se contente de mener une vie princière au milieu d’une cour importante. Il ne garde en effet une grande liberté que dans le domaine intellectuel et artistique, et place ainsi la Lunéville parmi les plus brillantes cours européennes du XVIIIe siècle…

En arrivant à Lunéville en 1637, Stanislas trouve un château en parfait état, tout à fait adapté à une vie princière. Il ne lui reste qu’à mettre à son goût l’aménagement et la décoration intérieurs qui ont été démontés sur l’ordre de François III…

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1730-1751. Lunéville, St-Jacques

Saison 8 du blog : 55ème chronique sur le 18ème siècle, le siècle des Lumières qui voit le déclin et la suppression des universités par la Loi le Chapelier.

Lunéville, construction de l’église St-Jacques en deux temps. Faute d’argent, les travaux vont durer plus de 20 ans (1730-1751), avec de longues périodes d’arrêt. Citations extraites de l’article de Wikipédia.

Album de 36 photos, prises le 13 juillet 2020.

« Le duc Léopold quitta Nancy et s’installa à Lunéville en 1702. La ville devint alors la capitale de la Lorraine connut une transformation architecturale.

L’église Saint-Jacques de Lunéville, à cette époque église de l’abbaye Saint-Rémy de Lunéville, a été réédifiée dans le style baroque à partir de 1730. Le duc de Lorraine François III , fils de Léopold et futur Empereur du Saint-Empire, a posé la première pierre le 19 juillet.

François III, duc de Lorraine, vers 1730, Musée du château de Lunéville

Les plans de l’église peuvent être attribués principalement à Jean-Nicolas Jennesson pour le premier niveau. On connaît surtout l’entrepreneur, appareilleur, conducteur de travaux Romain Chasseur qui semble avoir joué un rôle assez important dans la construction pour obtenir d’être inhumé dans le caveau des chanoines en 1750.

Stanislas Leszczynski devient duc de Lorraine en 1737 et va intervenir dans le chantier de l’église Saint-Remy. En 1743, il a proposé d’y transférer l’église paroissiale Saint-Jacques. Les chanoines semblent accepter cette proposition, mais les paroissiens ont levé de nombreuses objections.

Buste de Stanislas Leszczynski, par Pierre-Louis Cyfflé, vers 1770, Musée du château de Lunéville

L’année suivante, le roi Stanislas a levé les objections des paroissiens en leur offrant 19 000 livres pour le parachèvement de la dite église, la construction des tours, de l’orgue et des ornements, et il confia les travaux à son architecte Emmanuel Héré. Plan de l’édifice et propositions pour les tours.

L’église est consacrée le 20 octobre 1745 par l’évêque de Toul, Scipion-Jérôme Bégon, en présence des chanoines, de leur abbé le R. P. Dominique Bexon et du roi Stanislas. La construction n’est pas encore achevée.

Le groupe de l’horloge au-dessus du fronton est érigé aux frais des habitants en 1749, sculpté par Joseph Béchamp, conformément au modèle que le roi a agréé..

Emmanuel Héré a fait réaliser les deux imposantes tours de 52 mètres, surmontées des statues de saint Michel terrassant le Dragon et de saint Jean Népomucène dues au sculpteur Barthélemy Guibal.

Saint Michel

L’orgue est un très rare exemple d’instrument sans tuyaux apparents. Caché derrière un décor de colonnes et de balustrades, il a été  construit entre 1749 et 1751 par le facteur d’orgue nancéien Nicolas Dupont.

L’intérieur est de facture baroque, mais reste assez sobre. Le badigeon coloré procure une agréable lumière jaune (jaune Marie-Thérèse) ».

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1580-1765. Les Jésuites à Molsheim

Oswald (Grégory) et Schlaefli (Louis), Les Jésuites à Molsheim et ses environs (1580-1765), Société d’histoire et d’archéologie de Molsheim et environs, 2015, 128 pages.

1306. Jean de Dürbheim est chancelier de l’empereur Albert Ier, prince-évêque d’Eichstätt de 1305 à 1306 puis de Strasbourg de 1306 à sa mort (6 novembre 1328). Il fait construire un hôpital à Molsheim et y renforce les remparts. Il est représenté en gisant dans le transept sud de l’église des Jésuites.

1507-1541. Guillaume III de Hohnstein (mort à Saverne en 1541) est prince-évêque de Strasbourg sous le règne des empereurs Maximilien Ier de Habsbourg et Charles Quint, et les pontificats de plusieurs papes depuis Jules II à Paul III.  Durant plus de 20 ans (1518-1541), il est confronté à la Réforme ; il est en première ligne de l’opposition catholique.

1518. Les 24 propositions de Luther circulent dans Strasbourg.

1521-1529. Le protestantisme se répand en Alsace. Le Magistrat de Strasbourg y est favorable . Toutes les églises de la ville, même la cathédrale, passent à la Réforme. De ce fait, les ordres religieux mis en danger durent chercher un lieu de refuge dans une ville située au centre de l’Alsace, appartenant à l’évêque, suffisamment grande et bien protégée par un mur d’enceinte. Molsheim répondant à tous ces critères fut choisie. En 1529, une forte majorité du Magistrat de Strasbourg vote en faveur de l’interdiction de la messe catholique.

1539. Jean Calvin est accueilli dans la cathédrale de Strasbourg, devenu un temple protestant depuis 1529.

1549. Après sa victoire sur la ligue de Smalkalde (dont Strasbourg fait partie), l’empereur Charles Quint impose le maintien de trois paroisses catholiques dans Strasbourg.

1580. L’évêque de Strasbourg, Jean IV de Manderscheidt (né en 1538), appelle les Jésuites en Alsace. Il les installe dans la chapelle et le bâtiment de l’ancien hôpital. Ils fondent un Collège.

1592. Mort de Jean de Manderscheidt. Les factions catholiques et protestantes du Grand chapitre de la cathédrale choisissent chacune un évêque, l’un protestant, l’autre catholique. Il va en résulter une guerre entre ces deux évêques qui va ensanglanter la Basse Alsace.

1604. Le traité de Haguenau rétablit la paix. Charles de Lorraine devient évêque de Strasbourg

  • Charles de Lorraine, né à Nancy le 1er juillet 1567, mort à Nancy le 24 novembre 1607, est un prince de la maison de Lorraine qui fut cardinal, évêque de Metz de 1578 à 1607, primat de Lorraine de 1602 à 1607, et évêque de Strasbourg de 1604 à 1607.

1605. Les chanoines de la cathédrale de Strasbourg sont chassés par le Magistrat de la ville. Ils viennent trouver refuge derrière les murs de Molsheim. L’évêque de Strasbourg va alors s’appuyer sur les Jésuites se trouvant dans la ville épiscopale de Molsheim pour rétablir la foi catholique dans Strasbourg. La ville devient un bastion de de la Contre-Réforme (Concile de Trente, 1545-1563).

1613. Les Jésuites fondent un Séminaire.

1617. Ils créent l’Université de Molsheim.

Lire la suite, page 2, L’église des Jésuites. Page 3. Molsheim après l’expulsion des Jésuites.

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1765. Reims, Place Royale, Louis XV

Reims, Place Royale avec, en son centre, la statue de Louis XV, sculptée par Pigalle et inaugurée en 1765. Citations d’extraits de l’article de Wikipédia

« La place royale porte ce nom en raison de la présence sur cette place de la statue de Louis XV ».

« La place actuelle faisait partie de l’emprise du forum romain. Elle en reprend les axes principaux (Cardo et Decumanus), mais, au fil du temps, elle se ferma sous la pression des constructions d’habitations, qui appartenaient en grande partie au chapitre de Notre-Dame regroupé sous l’appellation de Grand Credo.

1744. Au XVIIIe le lieutenant des habitants (1746-1751), Louis-Jean Levesque de Pouilly, proposa le percement du Grand Credo, rappelant qu’en 1744, la reine Marie Leszczyńska allant voir son mari le roi ne put traverser la ville en son carrosse.

1748. Le 16 décembre, par délibération, le conseil municipal approuva le projet et fit dresser un plan par M. de Monthelon.

1751. Trudaine et Henri Louis de Barberie de Saint-Conteste firent une étude pour l’amélioration des routes royales.

1752. La municipalité et M. Jean-François Rogier, le lieutenant des habitants, demandèrent à Levesque le 3 décembre de relever un plan de la ville qui servit à adresser au roi une requête en ce sens.

1755. Le choix fut arrêté par l’arrêt du Conseil d’état du 20 mai qui posait la construction d’une place de 28 toises par 40 avec une rue de 1 200 de long, le Roi y joignant une aide pécuniaire pour l’exécution. Cette place serait alors le croisement des routes de Paris aux frontières de Champagne et des Flandres à la Bourgogne.

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1757-1774. Collège royal et Séminaire

« Réunion » au royaume de France en 1681. Strasbourg, conservant sa foi protestante, est contrainte de s’ouvrir aux catholiques et notamment aux Jésuites que l’évêque loge au Bruderhoff. Ils y installent, dès la fin du 17ème un séminaire, un collège secondaire (chronique : 1685, le père Jean Dez est le premier proviseur) puis une Université (chronique : 1702, l’université catholique de Molsheim est transférée à Strasbourg). Ces trois institutions éducatives catholiques enserrent totalement le chevet de la cathédrale Notre-Dame.

Le prestige, la bonne marche de ces institutions ne peuvent s’accommoder de bâtiments hétéroclites et vétustes. Une reconstruction s’impose.

1757-1759. Le nouveau Collège Royal, devenu le Lycée public Fustel de Coulanges en 1919,

Album de 15 photos

Divers plans sont proposés entre 1755 et 1757 par les architectes Le Mire, Joseph Massol et Saint Martin. Finalement choisis, les plans de Le Mire sont exécutés de 1757 à 1759, sous la direction de Massol, architecte de l’évêché. L’expulsion des jésuites de France, en 1762, transforme l’établissement en collège royal.

Entièrement en pierre de taille de grès rouge, la façade sur la place est animée par des saillies matérialisées par des chaînages à refends, surmontée de frontons curvilignes.

L’harmonieuse combinaison des verticales (chaînages) et des horizontales (bandeaux de pierres entre les étages), la sobre mouluration des fenêtres, au cintre légèrement arqué, aux clés alternativement nues ou sculptées, illustrent le succès et la persistance de la diffusion à Strasbourg du Style « Régence » introduit dès 1725 par la construction de l’Hôtel du Grand Doyenné (évêché).

Un autre courant esthétique, le « rococo », également fort prisé à Strasbourg depuis 1745, y trouve sa place dans les frontons ornés de cartouches rocaille qu’entoure un décor de rayons, de végétaux, de nuages et d’angelots.

Enfin, le traitement différencié des façades du collège, riches et raffinées sur la place, sobre sinon austères, sur la rue de la Râpe et des Écrivains, témoigne des qualités d’urbanistes de Le Mire et de Massol qui réussissent l’intégration d’un aussi vaste bâtiment dans un quartier densément et anciennement construit ».

Album de 8 photos

Sur le fronton, l’origine catholique de l’établissement – JHS – a été martelée. Lors de la Révolution ?

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1702, Strasbourg, Univ. catholique

1702. Université catholique de Strasbourg.

Source : citations de Historique de la formation des séminaristes du diocèse à Strasbourg de 1580 à 1945

Molsheim. Le collège des Jésuites avant 1607

Au cours du synode diocésain de 1549, l’évêque Érasme de Limbourg fit part de son grand désir d’ériger une école catholique.

Ce collège ouvrit ses portes le 25 mars 1580 sous l’épiscopat de Mgr Jean de Manderscheid. A la rentrée, le 3 novembre, on compta 84 écoliers issus des meilleures familles de la région avoisinant Molsheim.

En novembre 1581, on dénombre déjà 160 élèves. Mais la peste rendit obligatoire le transfert du collège le 23 novembre à Saverne, où l’épidémie n’avait pas encore sévi et dura durant cinq mois jusqu’au 18 avril 1582.

Dans le programme des cours, une part non négligeable revient à expliquer le catéchisme de Pierre Canisius qui servait de base à la formation théologique et spirituelle des jeunes élèves (Canisius dont l’action fut importante dans la lutte contre les idées de la Réforme).

En 1592, le père Théodore Busaeus, alors recteur du collège, ouvrit aussi des cours de théologie et son établissement devint un véritable Séminaire à part entière.

Molsheim entre 1607 et 1683

Le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Strasbourg, reprit à cœur, la fondation d’un séminaire afin de répondre aux décisions du Concile de Trente pour la formation d’un clergé diocésain.

A Molsheim, une nouvelle construction fut menée pour se terminer en 1606. Le 30 mai 1607, le cardinal de Lorraine signa l’acte de fondation du séminaire ; le 31 juillet, il sollicita le provincial des Jésuites de la province du Rhin de Mayence pour la direction intellectuelle, morale et financière de ce séminaire. Le projet de séminaire est remis en cause à la mort de ce jeune cardinal le 24 novembre 1607.

L’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg, son successeur, nouvel évêque de Strasbourg convertit en 1617, le collège de Molsheim en université investie du droit de conférer les grades académiques pour la philosophie et la théologie, ce qui valut au collège d’être dénommé Leopoldianum entre 1607 et 1684.

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1722 (25 octobre). Sacre de Louis XV

Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25 octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l’année suivante et est déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Celui-ci met fin à la Régence du duc d’Orléans. Louis XV gouverne désormais personnellement, prend la tête du Grand Conseil.

Le déplacement du Roi, pour son sacre à Reims, dura près d’un mois (16 octobre  – 8 novembre 1722).

Album de dix photos (photographies de la cathédrale de Reims et de l’abbatiale de Saint-Remi par Pierre Dubois).

Sources.  1. Jean-Christian Petitfils, Louis XV, Perrin, 2014, pp. 100-107. 2. Le Sacre de Louis XV, Roy de France et de Navarre, dans l’Église de Reims, le Dimanche XXV Octobre MDCCXXII, Collections de gravures numérisées de la bibliothèque de l’INHA.

Départ de Versailles le 16 octobre 1722, première nuit passée aux Tuileries à Paris, puis deux étapes, la première à Villers-Cotterêts (domaine privé du Régent), la seconde à Soissons (visite de deux abbayes), puis direction Fismes pour l’arrivée à Reims en début d’après-midi le 22 octobre. 

Le prince de Rohan, gouverneur de Champagne, était allé à sa rencontre, accompagné des édiles municipaux, pour lui remettre les clés de la ville. Le roi traversa la ville en fête, au milieu d’une foule nombreuse, gagna la cathédrale où l’attendait l’archevêque duc de Reims, Monseigneur de Rohan. Les deux bourdons sonnaient à pleines volées. Un Te Deum fut chanté. Le lendemain, plusieurs messes à Saint-Nicaise, puis à Saint-Pierre aux Nonnains.

Dimanche 25 octobre, cérémonie du sacre dans la cathédrale : les serments, l’onction, le couronnement. Un sacre de pas moins de six heures. « Antique rituel à valeur hautement symbolique, l’émouvante cérémonie du sacre était un acte politique et religieux qui consacrait le mariage du roi et de la France. Au fil des ans, le rituel avait évolué, de même que sa signification. Conçue au début pour soumettre le pouvoir royal au contrôle ecclésiastique, cette cérémonie se transforma à partir de Louis XIII et Louis XIV en acte sacralisant l’autorité légitime et accroissant la puissance de l’État. Le roi devenait lors du sacre l’Oint du Seigneur, le représentant de Dieu sur terre, investi par le Ciel pour régner en maître absolu sur ses sujets soumis et adulateurs. Les conséquences de la théorie du droit divin étaient redoutables : désobéir au roi revenait, en principe, à commettre un sacrilège ».

Puis festin au Palais du Tau. « Louis mangea seul à une table, placée sur une estrade surmontée d’un dais. On y avait placé sur des coussins, la couronne de Charlemagne, le sceptre et la main de justice ».

26 octobre, Cavalcade traditionnelle à l’abbaye de Saint-Rémi : Louis XV put y contempler la sainte ampoule. Il y retourna le 29 pour y toucher et guérir les écrouelles de quelque 2000 scrofuleux. 700 prisonniers furent libérés et crièrent « Vive le Roi ».

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« En rentrant à Paris, le Régent retint le roi deux jours dans sa propriété de Villers-Cotterêts pour le régaler de fêtes, d’illuminations, de collations, d’une battue au sanglier, d’une foire, de manèges et de loteries dans le parc. On y aurait débouché 80 000 bouteilles de vin. A Chantilly, le duc de Bourbon offrit une nouvelle débauche de divertissements, chasse au cerf, pêche dans l‘étang, collations, buffets avec leurs pyramides de friandises, concert, comédie, feu d’artifice ».

Dimanche 8 novembre, « Louis rentre à Paris, après s’être incliné devant la châsse de Saint-Louis et la sépulture de Louis XIV en l’église abbatiale de Saint-Denis. Il reçut un accueil délirant dans la capitale ».

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Attribution de marché : favoritisme ?

Deux ans de prison avec sursis requis contre l’ex-président de l’Université d’Orléans, Youssoufi Touré, 29 mai 2020, par Christophe Dupuy, France Bleu Orléans

« Deux ans de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende ont été requis par la justice contre Youssoufi Touré. L’ancien président de l’Université d’Orléans comparaissait jeudi devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics et favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

Youssoufi Touré en mai 2012 dans le château de la Présidence : 5 photos du blogueur

Au final la question d’une « gestion autocratique », d’un « manque de contrôle » et d’un « domaine réservé du président » s’est posée tout au long du procès. Six mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende ont été requis également contre l’ancienne maîtresse de Youssoufi Touré et gestionnaire de projet, A.F ».

Soupçons autour du contrat de la réhabilitation du hall Darcy

« Autre reproche à l’encontre de Youssoufi Touré : le dossier de la réhabilitation du Hall Darcy, bâtiment de Polytech, sur le campus orléanais. Au départ de l’opération, en avril 2013, un contrat de 640.000 euros est signé. Mais en juin 2014, le montant passe à 1 million 300.000 euros, via un simple avenant signé avec le cabinet d’architecte Abonneau. Il aurait fallu lancer un nouvel appel d’offres, conformément au code des marchés publics, a expliqué l’un des avocats de l’université.

Polytech Orléans en 2009 : 9 photographies du blogueur

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