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1776. Abolition des Jurandes

Suite de la chronique : 1776-1789, l’abolition des corvées.

Partie 1. Édit du Roi portant suppression des Jurandes, Communautés de Commerce, Arts et Métiers (février 1776). Source : Gallica BNF, texte intégral de l’édit. Cliquer sur les images pour les agrandir.

Partie 2. Pourquoi supprimer les Jurandes et Communautés de Commerce ? Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En février 1776, Turgot, contrôleur général des finances, obtint du roi Louis XVI la suppression des communautés de métiers. Le Parlement de Paris refusa de l’enregistrer et il fallut un lit de justice, le 12 mars 1776, pour l’y contraindre. Ces difficultés provoquèrent la disgrâce de Turgot qui fut révoqué par le roi le 12 mai suivant ».

« Un nouvel édit d’août 1776 rétablissait l’organisation corporative des secteurs concernés, mais il en réduisait le nombre et imposait des règles nouvelles qu’il étendait à de nombreuses autres communautés professionnelles (métiers réglés, métiers banaux). La mise en œuvre de ce nouvel édit dans tout le royaume n’était pas achevée lorsque le décret d’Allarde supprima, de manière définitive, les corporations en 1791.

L’édit de Turgot fait donc disparaître une organisation qui, dans ses grandes lignes, subsistait depuis le Moyen-Age.

Il existait trois types de métiers dans les arts dits mécaniques ou de marchandise : les métiers libres, les métiers réglés (avec des normes réglementaires, mais sans droit d’auto-administration) et les métiers jurés supprimés par l’édit. Les autres arts et métiers (arts libéraux, nobles arts) étaient tous organisés par ailleurs en communautés jurées dépendant du clergé (universités, collèges, chapitres,..) ou du roi (corps d’officiers de judicature, noblesses des provinces, régiments, etc.).

Chaque métier juré est doté d’un statut octroyé ou modifié par lettres patentes du roi donnant une personnalité collective de droit public à tous ceux qui exercent cette profession, avec un nom collectif, un sceau, une caisse, un représentant, des institutions délibératives chargées de définir les normes de qualité, ainsi que le tarif des ventes et des salaires

Le préambule de l’édit de 1776 résume les critiques qui ont visé les corporations tout au long du XVIIIe siècle. Il argue que les monopoles corporatifs interdisent le libre accès au travail : nul ne peut trouver d’emploi, qu’après avoir subi « la cherté et la longueur inutile des apprentissages et la servitude prolongée du compagnonnage » ; et nul ne peut devenir maître « qu’après des épreuves aussi longues et aussi pénibles que superflues, et après avoir satisfait à des droits ou à des exactions multipliées, par lesquelles une partie des fonds dont ils auraient eu besoin pour monter leur commerce ou leur atelier, ou même pour subsister, se trouve consumée en pure perte. Ceux dont la fortune ne peut satisfaire ces dépenses sont réduits à n’avoir qu’une subsistance précaire sous l’empire des maîtres

Les monopoles privent également les citoyens de toutes les classes « des avantages que leur donnerait la concurrence pour le bas prix et la perfection du travail ».

Les monopoles retardent le progrès technique.

Le préambule développe les conséquences de l’abolition des corporations sur les finances royales. L’édit prévoit la reprise par l’État de ces dettes des communautés. Votre Majesté rentrera dans la jouissance d’un revenu assez considérable, qu’elle pourra employer mieux, ou remettre en partie à ses peuples

L’abolition des corporations est tout entière contenue dans l’article 1er de l’édit :

Il sera libre à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu’elles soient, même à tous étrangers, encore qu’ils n’eussent point obtenu de nous des lettres de naturalité, d’embrasser et d’exercer dans tout notre royaume, et nommément dans notre bonne ville de Paris, telle espèce de commerce et telle profession d’arts et métiers que bon leur semblera, même d’en réunir plusieurs : à l’effet de quoi nous avons éteint et supprimé, éteignons et supprimons tous les corps et communautés de marchands et artisans, ainsi que les maîtrises et jurandes. Abrogeons tous privilèges, statuts et règlements donnés auxdits corps et communautés, pour raison desquels nul de nos sujets ne pourra être troublé dans l’exercice de son commerce et de sa profession, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être.

Cette abolition contient toutefois quelques exceptions. Pour les professions de la pharmacie, de l’orfèvrerie, de l’imprimerie et de la librairie, l’édit ne modifie rien dans l’attente de dispositions ultérieures. Il en est de même pour les maîtres barbiers-perruquiers-étuvistes.

L’édit avait été rédigé en référence à la situation parisienne. Son application dans les villes de province appelait des dispositions complémentaires, annoncées au terme de l’édit

Le Parlement de Paris critiquait une approche libérale qui allait à l’encontre de son modèle politique. Il refusa d’enregistrer l’édit, et il fallut un lit de justice pour l’y contraindre (12 mars 1776) ».

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1775 (11 juin). Sacre de Louis XVI

1775 (11 juin). Sacre et couronnement de Louis XVI à Reims.

Louis XVI est devenu roi en mai 1774 à la mort de son grand-père, Louis XV. Il a alors 20 ans.

Il est marié avec Marie-Antoinette d’Autriche depuis le 16 mai 1770. Les raisons du mariage. « Le duc de Choiseul, ministre du roi Louis XV et favori de la Pompadour, a désiré unir Marie-Antoinette à l’héritier de la couronne de France pour contrer l’influence anglaise après la guerre de Sept ans. Louis XV, de son côté, se réjouit d’une alliance matrimoniale qui réconcilie la France et l’Autriche et permet de contenir l’agressivité croissante de la Prusse et la puissance montante de l’Angleterre ».

Marie-Antoinette et Louis XVI auront 4 enfants. Marie-Thérèse de France (1778-1851), Louis-Joseph de France (1781-1789), Louis XVII (1785-1795) et Sophie de France (1786-1787).

Partie 1. Sacre et couronnement.  Source : extraits de l’article  de Wikipédia.

« Le 11 juin 1775, en la cathédrale de Reims, Louis XVI est sacré selon la tradition remontant à Pépin le Bref. Le dernier sacre, celui de Louis XV, a eu lieu le 25 octobre 1722 ; depuis, le principe même de cette cérémonie a été très critiqué par le mouvement des Lumières : L’Encyclopédie et les philosophes critiquent le rituel, n’y voyant qu’un exacerbation du pouvoir de Dieu et une comédie destinée à maintenir les peuples dans l’obéissance ».

« Le contrôleur général des finances, Turgot, reproche au monarque cette cérémonie coûteuse évaluée à 760 000 livres ; peu de temps auparavant, Nicolas de Condorcet a écrit à Turgot pour lui demander de faire l’impasse sur la plus inutile et la plus ridicule de toutes les dépenses de la monarchie. Turgot pense alors à faire une sorte de sacre allégé, probablement près de la capitale, à Saint-Denis où à Notre-Dame, pour réduire les coûts. Cependant, pieux et très attaché à l’œuvre de ses prédécesseurs, même s’il est décidé à redresser la situation économique mal en point, le roi ne recule pas là-dessus et maintient la cérémonie avec autant de faste que prévu ».

« La cathédrale Notre-Dame de Reims, lieu emblématique des sacres des rois de France, est métamorphosée pour les festivités, un véritable bâtiment étant construit à l’intérieur, avec balustrade, colonnes, lustres, faux marbres.

La cérémonie est présidée par l’archevêque de Reims Charles Antoine de La Roche-Aymon, celui-là même qui avait baptisé et marié le dauphin. La cérémonie dure près de six heures – une loge permettant aux spectateurs de se reposer a été aménagée derrière la tribune de la reine ; toutes les étapes ont lieu, le lever du roi, l’entrée, le serment, le rituel de chevalerie, les onctions, la remise des insignes, le couronnement, l’intronisation, la grand-messe, l’hommage des pairs, la messe-basse et la sortie ».

« Selon la tradition, le prélat prononce la formule suivante en posant la couronne de Charlemagne sur la tête du souverain : Que Dieu vous couronne de la gloire et de la justice, et vous arriverez à la couronne éternelle. Conformément au rituel, le roi se rend ensuite dans le parc de la ville pour guérir les écrouelles des quelque 2 400 scrofuleux venus pour l’occasion, leur adressant à chacun la formule cérémoniale : Le roi te touche, Dieu te guérisse.

Le couple royal gardera un très bon souvenir de la cérémonie et des festivités consécutives. Marie-Antoinette écrira à sa mère que le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue« .

Partie 2.  Sacre et couronnement. Source : Bibliothèque numérique de l’IHNA.

Partie 3. Sacre et couronnement. Source : Bonnes feuilles de Bernard Vincent, Louis XVI, Gallimard, Folio biographies, 2006, pp. 118-121.

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Pépite. Entrepreneuriat Étudiant

Pépite. Tremplin pour l’Entrepreneuriat Étudiant (2022).

  • Partie 1 de la chronique. Remise des prix de la 9e édition du Prix (6 octobre 2022)
  • Partie 2. Dossier de candidature
  • Partie 3. 5 projets PEPITE en région
  • Partie 4. Première Évaluation du Plan Pépite (2019).

Prochaine chronique. Devenir en 2022 de trois diplômés de l’université (Séverine Sigrist, Rémy Perla, Jérémy Wies) qui avaient participé aux Journées du Réseau des Alumni de l’université de Strasbourg (13-15 mars 2015) : Créer son entreprise : obstacles

Partie 1. La remise des prix de la 9e édition du Prix Pépite a eu lieu le 6 octobre 2022. 33 lauréats ont été récompensés. Dossier de presse. L’intégralité de la cérémonie peut être regardée en vidéo (2 heures 24).

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « Parce que la liberté d’entreprendre est aussi soutenue par nos institutions, le prix Pépite vise à éclairer et saluer des parcours qui méritent d’être soutenus par l’État. Les lauréats sont également une source d’inspiration pour les générations à venir. Cette liberté, si chère à la jeunesse, est portée par le réseau des 33 Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat qui contribuent à former à l’entrepreneuriat et le reconnaître ». 

Partie 2. Dossier de candidature Prix Pépite 2022, Mode d’emploi. Source : MESRI.

« Le Prix Pépite est depuis 2018 réservé aux bénéficiaires du Statut National d’Étudiant-Entrepreneur. Ce Statut permet aux étudiant(e)s et aux jeunes diplômé(e)s d’élaborer un projet entrepreneurial dans un Pépite : suivi de projet individuel par un.e chargé.e de projet du Pépite, ateliers tout au long de l’année sur les sujets incontournables liés à la création d’activité (BMC, business plan, statut juridique, communication, financements, etc.), mentorat, aménagement d’études, substitution de stage, accès à un espace de travail, développement du réseau  professionnel, entrée dans une communauté d’étudiants, entrepreneurs favorisant les échanges et l’entraide…

Le diplôme d’établissement « étudiant-entrepreneur » (D2E) accompagne le statut d’Étudiant-Entrepreneur. Il permet de mener à bien son projet avec un maximum de sécurité et de visibilité ».

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« Les candidat·es doivent déposer leur dossier à partir du 9 mai 2022. La clôture des candidatures est
fixée au vendredi 17 juin 2022 à 12h.

Le Champion ou son Dauphin le cas échéant, bénéficiera d’un prix numéraire de 10 000 € financé par
le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui sera versé à
l’entreprise qui concrétisera le projet présenté par le champion. La création d’une entreprise sur la
base d’un projet différent n’est pas éligible. Cette création devra être effective au plus tard au 30 juin
2024″.

Partie 3. Quelques projets PEPITE en région

A. Alsace. Le Prix Champion Pépite ETENA est attribué à Pierre Maillard et Léa Abossolo Foh PimLeaf , étudiants à l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace).

Le projet vise une gestion et un suivi simplifiés des informations produit permettant aux épiceries vrac de gagner en temps et en sérénité au quotidien. « Entreprendre, c’est sauter d’une falaise et construire un plan pendant la descente. Grâce aux programmes d’accompagnement d’ETENA, nous avons acquis des compétences clés en entrepreneuriat ».

B. Bretagne. Le prix Pépite Bretagne 2022 attribué à Marine Bizouarn et Gaëlle Marrot (22 et 23 ans) pour Delienn : premier dissolvant solide.

« Le projet Delienn :  premier dissolvant solide, 100% d’origine naturelle éco-responsable sensoriel.qui offre, en plus, un soin pour les ongles. Le petit bloc aux odeurs suaves et fruitées explose déjà les scores sur la plateforme de crowdfunding Ulule. Rencontre avec Gaëlle Marrot et Marine Bizouarn, étudiantes entrepreneures et cofondatrices de la marque ».

C. Languedoc Roussillon. Prix PEPITE 2022 – 9ème édition. Tremplin pour l’Entrepreneuriat Etudiant

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Classement de Shanghai : STOP !

Lors de la création du blog Histoires d’Universités en 2009, j’ai consacré une chronique critique à ce classement : Pamphlet contre Shanghai. J’ai récidivé chaque année qui a suivi : le marronnier de Shanghai. Cette fois, je dis STOP !

Partie 1 : Ne plus se référer au classement de Shanghai.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur de Rechercher doit donner l’exemple, doit cesser de publier des communiqués d’autosatisfaction. Depuis 2009, celui-ci, qu’il soit de droite ou de gauche, mène la même politique : les établissements doivent se regrouper, voire fusionner, pour progresser dans le classement.

Cette politique, encore accentuée par la création d’Établissements Publics Expérimentaux en 2019, va conduire à la mort des universités publiques et de leurs valeurs séculaires : la démocratie universitaire y est sacrifiée (les personnels et les étudiants ne sont plus majoritaires dans le conseil d’administration), la défense de l’intérêt collectif est combattue. Domine l’intérêt individuel des présidents dont certains resteront accrochés à leur fonction bunkerisée pendant deux tiers de leur vie professionnelle, jusqu’à leur retraite.

Extraits du Communiqué du MENESR de juillet 2022 : le classement thématique de Shanghai 2022 conforte l’excellence des établissements de l’enseignement supérieur.

« Mme Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se félicite de ces reconnaissances, et de la prise en compte dans ce classement des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE) créés en 2022 (Montpellier, Lille et Nantes). 11 EPE, sur les 14 officiellement créés à ce jour, figurent dans le classement thématique de Shanghai.

Ces résultats confortent la politique d’investissement de l’État en recherche sur le temps long avec les centres d’excellence IDEX/ISITE et les programmes de France 2030 comme Excellences. De plus, les leviers mis à disposition des établissements dans le cadre de la loi de programmation de la recherche (création de chaires de professeur junior, augmentation des crédits alloués à l’ANR et aux laboratoires, valorisation du doctorat) permettront d’améliorer à la fois la production scientifique de nos laboratoires et l’attractivité de nos établissements pour les chercheurs internationaux ».

Extraits du Communiqué du 15 août 2022. La stabilité de la France dans le classement général de Shanghai illustre le rayonnement scientifique français à l’international.

« Comme en 2021, 4 établissements sont classés dans le Top 100 dont 3 dans le Top 50.  Le classement de l’Université Paris-Saclay au rang de 16e université mondiale (1re université française et 3e européenne) permet également à la France de conserver pour la 3e année consécutive sa 3e place mondiale, sur la base du nombre d’établissements dans le Top 20. Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, félicite les 28 établissements classés. Elle salue également le passage dans la tranche supérieure des universités de Toulouse 3 Paul Sabatier (201-300), Lille (301-400), Paris Est Créteil (801-900) et de l’INSA Toulouse (701-800) ainsi que la prise en compte des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE), y compris ceux créés en 2022 (Université de Montpellier, Université de Lille et Nantes Université) »

Partie 2.  L’université Paris Saclay, 1ère université française pour Shanghai, est un exemple de politique de transports publics ratée ; elle est responsable du dérèglement climatique dans sa zone géographique (riches terres agricoles du plateau de Saclay mangées par des immeubles de faible hauteur et des parkings pour voitures). Parkings à vélos inutiles : pour monter sur le plateau, il faut être un cycliste amateur de bon niveau.

L’université Paris Saclay selon Wikipédia

« L’université Paris-Saclay est une université française créée le 6 novembre 2019 par décret paru au Journal officiel en tant qu’établissement expérimental public à caractère scientifique, culturel et professionnel. Elle est l’une des douze universités parisiennes, héritière de l’université Paris-Sud-XI, créée le 1er janvier 1971.

Elle est membre et coordonne l’alliance universitaire européenne European University Alliance for Global Health depuis le 1er septembre 2019 et de Udice depuis 2020.

Jusqu’en novembre 2019, l’université Paris-Saclay était une communauté d’universités et d’établissements (ComUE). Sa création a pour but initial de constituer le pôle de formation et de recherche de la grappe industrielle Paris-Saclay.

L’université Paris-Saclay succède à l’université Paris-Sud, supprimée le 1er janvier 2020, et intègre l’École normale supérieure Paris-Saclay, CentraleSupélec, l’Institut d’Optique et AgroParisTech en tant que établissements-composantes ; ainsi que l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) en tant qu’organisme de recherche.

Elle a pour perspective à terme (en 2025) de fusionner avec ses deux universités membres-associés, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et l’université d’Évry-Val-d’Essonne« .

2025, une année horribilis en perspective : la fusion avec ses deux membres associés va mécaniquement plomber la place de Paris-Saclay dans le classement de Shanghai. Raison de plus pour oublier tout de suite ce classement international.

Partie 3. 1976, l’École Polytechnique s’installe en bordure du plateau de Saclay

« Le transfert de l’École polytechnique à Palaiseau est un épisode connu dans ses principaux aspects : décision de principe en 1961, inscription dans le Ve Plan en 1965, confirmation par le général de Gaulle en 1968, début des travaux en 1970, début de la construction en 1972, installation de l’École à Palaiseau en 1976 » …

Alain Piffaretti, Les Échos, Polytechnique à Palaiseau : un transfert mouvementé, 10 août 2021.

« 30 Août 1976. La promotion 76 des élèves découvre les locaux flambant neufs de la toute nouvelle école Polytechnique à Palaiseau. En pénétrant sur l’immense espace de 152 hectares, ils n’ignorent surement pas que ce jour marque la fin d’un long processus d’une quinzaine d’années. L’installation aura en effet connu plusieurs rebondissements politiques et essuyé une résistance acharnée. Car le déménagement sur le plateau de Saclay de la prestigieuse école constitue aux yeux de nombreux anciens élèves une véritable déchéance ».

Partie 4. Le serpent de mer des transports publics de grande capacité.

Chronique du blog du 31 octobre 2019. Paris Saclay, Empreinte Carbone. « Un communiqué final qui me laisse pantois… Novlangue de bois, défis modernistes consensuels, banalités grandiloquentes, méthode Coué. Et concrètement ? Rien ?

Rien ? Non ! à part une contribution au réchauffement climatique…

  • quelle Empreinte carbone laissée par 300 participants dont la plupart sont venus par avion, en provenance de quatre continents !
  • quelle Empreinte carbone laissée par plusieurs milliers de voitures stationnant sur les parkings créés sur le plateau de Saclay, en l’absence de transports en commun performants et/ou en cas d’incidents? Le 5 juillet 2019, HDR au CEA Saclay Neurospin. Temps mis entre la gare de Strasbourg et la gare de l’Est : 1 heure 48 ; temps mis entre la gare de l’Est et le CEA Saclay, en passant par Denfert-Rochereau et Massy-Palaiseau : 2 heures 25.

Le Métro – ligne 18 du Grand Paris Express… en 2030

« La future ligne de métro 18 s’inscrit dans le projet du Nouveau Grand Paris. Cette ligne automatique, qui reliera Orly à Versailles, en passant par la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, sera réalisée en deux phases : d’Orly Aéroport au CEA Saint-Aubin, au plus tard en 2027, et du CEA Saint-Aubin à Versailles Chantiers, en 2030.

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De + en + d’étudiants dans le SUP

L’État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France (MESRI, 13/05/2022)

« Cette publication constitue un état des lieux annuel et chiffré du système français, de ses évolutions, des moyens qu’il met en œuvre et de ses résultats, en le situant, chaque fois que les données le permettent, au niveau international ».

Bref commentaire : cette publication du Ministère de tutelle observe le « verre à moitié plein » plutôt que le « verre à moitié vide ». Extraits du résumé.

Le nombre d’étudiants progresse vivement : + 9 % sur les seules 5 dernières années

« Selon les résultats de la session 2020 du baccalauréat, en raison d’un fort taux de réussite lié aux conditions exceptionnelle de la crise sanitaire du COVID-19, 723 000 candidats ont obtenu le baccalauréat (fiche 07). Le nombre de bacheliers retrouve un niveau inférieur, mais cependant encore élevé, en 2021 avec 687 200 bacheliers.

La part d’une génération ayant le bac, qui a dépassé 60 % en 1995, atteint 87,0 % en 2020. La quasi-totalité des bacheliers généraux et trois quarts des bacheliers technologiques s’inscrivent dans l’enseignement supérieur ; pour les bacheliers professionnels, dont une majorité se dirige d’emblée vers la vie active, le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur est certes inférieur mais il a nettement progressé en 10 ans pour atteindre 43 % en 2020″.

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Des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE

« La crise sanitaire a provoqué en 2020 la fermeture des établissements pendant plusieurs semaines. Elle a également affecté le budget de l’État et le PIB. À prix constants (c’est-à-dire corrigé de l’inflation), en 2020, les dépenses de la collectivité nationale pour l’enseignement supérieur sont donc en recul de 0,8 % par rapport à 2019. La collectivité national a ainsi dépensé 33,8 milliards d’euros (Md€) pour l’enseignement supérieur en 2020 (fiche 01). Cette dépense a connu une forte croissance depuis 1980 : elle a été multipliée par 2,8 (en prix constants).

En 2020, la dépense moyenne par étudiant s’élève à 11 580 euros. Elle est un peu supérieure à la dépense moyenne pour un lycéen (11 140 euros en 2020). Depuis 2014, la dépense moyenne par étudiant s’est contractée à un rythme de – 1,4 % par an en moyenne, sous l’effet de la vive progression des effectifs étudiants. Ainsi, la dépense moyenne par étudiant s’est réduite de près de 4,3 % en cinq ans, alors même que le nombre d’étudiants inscrits progressait de près de 6,8 %.

Sa progression est néanmoins forte sur longue période, avec une croissance de 33 % depuis 1980. Le coût par étudiant est différent selon les filières de formation : il varie de 10 440 euros en moyenne par an pour un étudiant d’université jusqu’à 15 730 euros pour un élève de CPGE. Le différentiel s’explique en grande partie par le taux d’encadrement pédagogique ».

Une amélioration sensible de la réussite à l’université

« La réussite dans l’enseignement supérieur est fortement influencée par les antécédents scolaires des étudiants. C’est notamment vrai pour la Licence générale, le DUT ou le BTS et a fortiori pour la Première année commune aux études de santé, en vigueur jusqu’à la réforme intervenue en 2020 (fiche 21). À l’exception de la Licence professionnelle où le bac d’origine a peu d’influence sur la réussite, les bacheliers généraux réussissent mieux que les bacheliers technologiques et professionnels.

Seuls 46,3 % des étudiants de Licence obtiennent leur diplôme en 3, 4 ou 5 ans (fiche 22). Mais la réussite en Licence continue sa progression cette année encore avec un taux de réussite en 3 ans pour la cohorte des bacheliers 2017 qui s’établit à 32 % en progrès de près de 3 points. Ces taux encore relativement faibles sont liés pour l’essentiel aux abandons à l’issue de la première année de Licence, le cas échéant suivis d’une réorientation vers d’autres filières de formation .

La réussite des bacheliers généraux en Licence en 3, 4 ou 5 ans est plus de deux fois plus élevée (56,7 %) que celle des bacheliers technologiques (20,3 %) ou que celle des bacheliers professionnels (8,1 %). L’assiduité des étudiants est déterminante dans leur réussite. Ainsi 58 % des étudiants témoignant d’une assiduité minimale en L1 passent en deuxième année.

Il est encore trop tôt pour évaluer complètement les conséquences sur la réussite du contexte de crise sanitaire mais on peut déjà constater une forte progression du passage de première en deuxième année de licence à la rentrée 2020″.

Chronique critique, 23 mars 2021 : Enquête CPU sur la réussite. Honte !

Moins de recrutements d’enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences des universités).

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Pierre le Grand : accéder à 2 mers

Pierre 1er le Grand en guerre (1695-1721). Deux champs de bataille pour accéder à deux mers, au Sud à la mer Noire sur laquelle les Ottomans règnent sans partage, à l’Ouest à la mer Baltique, sur laquelle les Suédois font la loi. Source : extraits de l’article de Wikipédia consacré à Pierre le Grand. Lire également la chronique du 13 février 2022 (version abrégée d’un article d’Hérodote-net : Pierre 1er le Grand (1672-1725).

« Devenu seul souverain de Russie en 1696 et empereur en 1721, Pierre 1er le Grand (1672-1725) allait mener les réformes qui transformeraient la Russie et en feraient une grande puissance européenne, une fenêtre ouverte sur l’Occident pour arracher son pays de la pesanteur de ce qu’il appelait la Barbarie asiatique« .

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Partie 1. Accéder à la mer Noire. Campagne contre les Tatars de Crimée (1695-1700) et campagne contre les Ottomans (1710-1711).

1695. « Au printemps, Pierre envoie une armée contre les Tatars de Crimée pour détourner l’attention des Turcs et se dirige vers la forteresse d’Azov qui, située sur le Don à 16 km de la mer d’Azov, offre un accès indirect à la mer Noire. Cependant il ne parvient pas à prendre la ville.

1698. Il se décide alors à construire une flotte, installant un chantier naval à Voronej, situé sur un affluent du Don, et associe tout le pays à cette œuvre nationale : c’est la création officielle de la Marine impériale russe. La ville est prise l’année suivante, en juin, et Pierre Ier fonde la première base navale russe à Taganrog en septembre 1698.

1698-1702. Cette base navale est commandée par l’amiral Fédor Golovine et le vice-amiral Cornelius Cruys en devint le premier gouverneur en 1711.

1700. Par le traité de Constantinople, les Russes se voient reconnaître par la Sublime Porte la possession d’Azov et de la base de Taganrog, et obtiennent en outre le droit de conserver et d’avoir un ministre permanent dans l’Empire ottoman. Cette campagne marqua la première offensive militaire réussie par l’armée russe sur un sol étranger depuis plusieurs siècles, et établit la Russie comme étant un pays important dans la diplomatie européenne.

Toutefois, le contrôle de la seule mer d’Azov ne lui offrait pas une voie suffisante pour le commerce, tandis que la paix avec le sultan Moustapha II permet à Pierre de se tourner vers la mer Baltique ».

10 ans plus tard. 1710-1711, Guerre russo-turque.

1711. « Catherine 1ère accompagne son époux dans sa campagne contre l’Empire ottoman, et lui rend le plus important service en traitant avec les ennemis qui le tenaient enfermé sur les bords du Prout : elle achète au prix de ses pierreries la retraite du Grand vizir.

Catherine 1ère, épouse de Pierre 1er le Grand

1711 (23 juillet). Le traité du Prout entérina la victoire de Constantinople : la Russie lui concédait les ports d’Azov et de Taganrog dont elle s’était emparée en 1697. En échange, Pierre Ier obtint d’Ahmet III qu’il s’abstienne d’ingérence dans le conflit entre la Russie et le roi de Suède ».

La Russie a donc échoué à accéder à la mer Noire. Mais ce n’est que partie remise. Catherine II de Russie, impératrice de 1762 à 1796, y parviendra au terme de la guerre russo-turque de 1768-1774.

« En août 1772, commencent les négociations de paix entre la Russie et l’Empire ottoman, mais elles traînent en longueur car la Sublime Porte est réticente à céder sur tous les plans. Finalement, le maréchal Roumiantsev franchit le Danube et entre en Bulgarie, contraignant le sultan à accepter la paix. Le 21 juillet 1774, les deux pays signent le traité de Küçük Kaynarca.

La Russie renonce aux principautés danubiennes, mais obtient les ports d’Azov et de Kinburn. La Crimée devient indépendante, mais dans les faits, le khanat devient un protectorat de la Russie. Le sultan reconnaît aussi la souveraineté russe sur les Cosaques Zaporogues. Catherine II obtient la construction d’une église orthodoxe à Constantinople qui va devenir le symbole de la protection de la Russie sur les chrétiens de l’empire ottoman. La Russie obtient également des privilèges commerciaux ainsi que des consuls pour y veiller. Les navires commerciaux russes peuvent désormais naviguer sur la mer Noire. La Turquie doit verser une indemnité de guerre importante à la Russie« .

L’empire ottoman céda des territoires à la Russie directement (hachurés en rouge-vert) et indirectement via l’indépendance du Khanat de Crimée (hachuré en jaune-vert) que les Russes annexeront en 1783.

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Financement public du SUP privé

Le Financement public des Établissements d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général (EESPIG) n’est ni nouveau, ni important : moins de 100 millions d’euros par an, soit moins de 600 euros par étudiant ; il est, de plus, en baisse car il doit être partagé entre un plus grand nombre d’étudiants (chronique Forte croissance du SUP privé). La Fédération de ces établissements demande de le porter à 10% de celui d’un étudiant du Public.

Plus important que cette somme symbolique est le Label donné par l’État, et donc la reconnaissance et la contribution d’une partie du Supérieur privé aux missions de l’enseignement supérieur.

Il en résulte que les EESPIG doivent impérativement trouver d’autres financements que celui de l’État : fonds de l’alternance, droits d’inscription élevés (chronique à suivre).

L’exécution du contrat signé entre l’État et chacun des EESPIG est soumise à évaluation du HCERES. Le document pour l’autoévaluation des établissements pour la campagne 2022-2023 a une partie dédiée aux EESPIG. Je n’ai par contre pas trouvé en ligne les rapports d’évaluation issus des campagnes antérieures.

Source de cette chronique. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b4524-tiii-a33_rapport-fond.pdf. Extraits du rapport fait AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE sur le projet de loi de finances pour 2022, par M. Laurent SAINT-MARTIN, Rapporteur général, député.

ANNEXE N° 33, RECHERCHE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET VIE ÉTUDIANTE. Rapporteur spécial : M. Fabrice Le VIGOUREUX, député.

B. Une stabilisation des crédits destinés aux établissements D’ENSEIGNEMENT PRIVÉS, QUI DOIT SE RETROUVER EN EXÉCUTION

« La hausse des effectifs étudiants des établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général rendait nécessaire une augmentation de la dotation qui leur est versée. Portée par le rapporteur spécial, cette recommandation a prospéré dans le budget 2021 et doit se vérifier à nouveau au cours de l’exercice 2022 ».

1. Une hausse de la subvention demandée de longue date

« Le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation soutient financièrement les 64 associations de gestion supports des 65 établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG) ainsi que les 4 associations qui assurent la formation initiale des enseignants des établissements d’enseignement scolaire privés sous contrat ».

Les établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG)

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« La qualification d’EESPIG a été instaurée par la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche (Loi Fioraso, chapitre II, Article L 732). Elle distingue les établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif ayant une participation active aux missions de service public de l’enseignement supérieur : associations, fondations reconnues d’utilité publique, syndicats professionnels.

Des contrats pluriannuels sont conclus avec chacun des 59 EESPIG, qui reçoit par ce biais un soutien financier du MESRI. Ces contrats rendent compte des engagements des établissements sur les priorités nationales en matière d’enseignement supérieur (formation, recherche, politique sociale, internationalisation, vie étudiante etc.).

Comme en 2021, le soutien du ministère aux établissements d’enseignement privé s’élève dans ce budget 2022 à 93,8 millions d’euros, en augmentation de 9 millions d’euros par rapport à la loi de finances initiale pour 2020.

Le rapporteur spécial se félicite de cette hausse qu’il avait appelée de ses vœux dans ses précédents rapports.

Les EESPIG font en effet face à une augmentation importante de la démographie étudiante depuis plusieurs années : + 88 % entre 2010 et 2020, pour un total en 2020 de plus de 115 000 étudiants, soit 4 % des effectifs totaux des étudiants de l’enseignement supérieur. Entre 2015 et 2020, les EESPIG ont accueilli 41 % d’étudiants supplémentaires, à périmètre d’établissement quasi constant. Quant aux associations assurant la formation initiale des enseignants, les effectifs ont augmenté de 63 % depuis 2013, pour un total de 4 603 étudiants.

La dotation par étudiant des EESPIG a ainsi connu un déclin de près de 50 % entre les années universitaires 2007-2008 et 2020-2021, passant de 1 131 euros à 587 euros ».

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Valérie, ne me quitte pas !!!

Blog Histoire d’universités, 13 novembre 2010.

Oui, chères lectrices et chers lecteurs, cette chronique date bien du 13 novembre 2010. J’ai un vif plaisir à la republier.

Valérie, ne me quitte pas !

Remaniement ministériel, selon France Inter, hier matin. Parmi les ministres mutants et/ou promus : Valérie Pécresse serait nommée dans un ministère régalien, la Justice. Luc Chatel verrait son ministère de l’Education nationale étendu à la Recherche et à l’Enseignement supérieur. Ce sont deux très mauvaises nouvelles.

Ne me quitte pas, Valérie. Reste à l’enseignement supérieur et à la recherche ! N’as-tu pas compris que le ministère de la Justice ne peut servir ton ambition politique. Rachida Dati s’y est cassé les dents et a dû s’exiler comme député européen… à Strasbourg. Michèle Alliot-Marie n’est pas parvenue à se servir de sa garde des sceaux pour se hisser sur une marche plus haute, Matignon. Une troisième femme à la Justice ! Féminisation de la fonction : signe d’une dévalorisation, d’une perte de prestige !

Ne me quitte pas, Valérie. Tout peut s’oublier. Oublie mes poissons d’avril. Oublie mes impertinences, mes moqueries et mes critiques. Oh, quand même, si tu restes… : n’oublie pas de peaufiner tes arguments pour faire passer la dévolution du patrimoine auprès des universités ! Ce que tu as répondu à André Schneider le 10 novembre 2010 à l’Assemblée nationale ferait se gausser un agent immobilier débutant : les universités « pourront vendre des locaux vétustes, louer leurs amphis au secteur privé, récupérer le loyer acquitté pour l’implantation des antennes de téléphonie sur leurs toits. Bref, elles auront tout le bénéfice de la nouvelle autonomie immobilière ».

Ne me quitte pas, Valérie. Tu es une femme énergique, sans cesse sur le terrain. Tu connais tous les responsables du Sup. Tu as une capacité de travail à revendre. Et tu communiques, et tu communiques encore, et plus encore qu’encore. Luc Chatel, lui, t’oubliera, et tout de suite. Il jettera aux oubliettes ton idée qui pourrait s’avérer révolutionnaire : créer des Pôles universitaires de proximité dans toutes les villes moyennes. Toi, tu vises l’intérêt général. Luc, lui, n’aura de cesse que de créer, à Chaumont, un IUT de plein exercice, voire un centre universitaire d’excellence avec des internats éponymes.

Ne me quitte pas, Valérie. Oublier le temps des malentendus. « Oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi ». Reste au MESR, Valérie. Après 3 ans de LRU, de Plan Licence et Campus, de Labex et d’Investissements d’avenir, tu mérites de contempler la belle récolte dont tu as semé les grains dans les universités. « Il est, paraît-il, des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril ».

Ne me quitte pas, Valérie. Tu n’as pas peur, j’espère ! Ne fuis pas tes responsabilités. C’est dans les deux années qui viennent que tu vas savoir si les financements « exceptionnels » que tu as mobilisés pour les universités se sont réellement transformés en espèces sonnantes et trébuchantes ou s’ils n’étaient que beaucoup de vent et paroles, paroles et paroles. Sois patiente, Valérie, attends encore, moins de deux ans sur la montagne Sainte-Geneviève, il y a pire comme endroit. Attends le spectacle. Il va peut-être y avoir du sang : elles ne seront pas belles les universités fracassées sur le mur d’un GVT mal calculé ; elles broieront du noir celles qui comptaient sur les RCE pour développer une politique indemnitaire plus favorable au personnel. « Ne me quitte pas. Et quand vient le soir, pour qu’un ciel flamboiele rouge et le noir ne s’épousent-ils pas » . 

Ne me quitte pas. Évite le gaspillage d’argent public, les coûts inutiles qu’entraîneraient ton départ à la Justice et l’absorption de ton ministère par Luc Chatel. Tu connais les coûts de communication qui résulteraient de cette fusion : relooker les sites, changer les chartes graphiques et les logos, faire réimprimer tous les documents… Tu as déjà connu les coûts de coordination entraînés par la séparation de deux ministères. N’oublie pas les difficultés que tu as eues avec Xavier Darcos pour couper en deux l’administration centrale de l’Educ.

Coûts de communication et de coordination. Inerties et paralysies. Pertes de temps. Angoisses des personnels de la Centrale. Ne nous quitte pas : « on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux ». Crois-y ! Garde le MESR, Valérie !

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1783-1786. Les origines de l’aérostat

1783-1786. Les origines de l’aérostat. Quatre sources en ligne :

  • A. Fernand Joseph Heitz. Les débuts de l’aéronautique en Alsace, 1784.

Deux ballons strasbourgeois photographiés au Cabinet des estampes et des dessins de la ville : La montgolfière d’Adorne, la machine aérostatique de Pierre et Degabriel.

Diaporama de 21 photos.

A. Heitz Fernand Joseph. Les débuts de l’aéronautique en Alsace, 1784. Colmar, Alsatia, 1933.

« Édition tirée à 250 exemplaires numérotés. L’exemplaire n°1 est justifié par Fernand Joseph Heitz en tant qu’exemplaire de l’auteur et comprend des gravures inédites ajoutées.

L’ouvrage comprend 6 planches à pleine page dont les deux photographiées à Strasbourg.

La Montgolfière d’Adorne (gravure de l’époque, Enslin)

Cliquer sur les images pour les agrandir

Machine aérostatique construite par Pierre et Degabriel, le jour de sa première ascension à Strasbourg, à la Finckmatt le 26 mai 1784 (gravure de l’époque).

Les 4 autres planches :

  • Ascension à la Finckmatt (Strasbourg) du ballon de Pierre et Degabriel (gouache de l’époque).
  • Poème de Pfeffel en l’honneur du professeur Wild, premier aéronaute colmarien.
  • Portrait de Daniel Meyer, le premier aéronaute mulhousien.
  • La montgolfière de Pierre et Degabriel (gravure de l’époque, gravée par Joseph Durig) ».

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Critiquer le classement de Shanghai

Classement de Shanghai : 12 chroniques critiques d’Histoires d’universités depuis 2009

La Saison 8 du blog étant commencée, je ne commente pas le classement de Shanghai 2020.

Miche Abhervé, blogueur Alternatives Économiques, m’a communiqué le lien vers un article The Conversation (13 août) : Débat. Classement de Shanghai, un palmarès pas très classe. Je l’en remercie.

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