Archives de Tag: Sélection

Autonomie et Inégalités

Conclusion du billet de Jean-François Méla sur son blog : quelques réflexions en contexte politique.

« Les ambigüités de la « politique d’excellence » sont évidents : on établit une hiérarchie sociale qui peut conduire à marginaliser des catégories importantes en cristallisant les différenciations. Il ne faut pas nier une certaine contradiction entre l’autonomie et l’égalité républicaine.

La pleine autonomie des établissements soulève beaucoup de questions et de réserves. Comment concilier la diversité la plus libre avec le souci de réduire les inégalités ? Comment cette « pleine autonomie » qu’on souhaite coexistera avec les différents mécanismes d’évaluation et de régulation nationaux ?

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Moi, Blake, candidat au master

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Au fil de mon parcours sur le portail mutualisé des masters de l’université Paris-Saclay, je repensais, de plus en plus fort, au film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake, à la recherche impossible d’un emploi. Il n’est pas inutile de rappeler que le film se termine très mal.

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Offre de masters de l’université Paris-Saclay : 45 mentions de master, plus de 350 parcours de M2 (11 pages pour lister les dates d’ouverture et de fermeture des inscriptions pour les 350 parcours !). Dans le parcours du combattant, fort éprouvant, vers le master de rêve, le candidat ne trouve pas quatre informations essentielles.

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Master. Goulard pour la sélection

A vrai dire, j’avais oublié que François Goulard avait été ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la recherche dans le gouvernement Dominique de Villepin (2 juin 2005 – 15 mai 2007). « C’est sous son égide qu’est créée l’Agence nationale de la recherche, consistant à financer des projets de recherche scientifique ou technologique. En avril 2006, il fonde les pôles de recherche et d’enseignement supérieur, qui permettent à certaines universités et grandes écoles de mutualiser leurs programmes et leurs activités » (Source Wikipédia).

Les arrêtés d’avril 2002 sur le LMD n’avaient pas réglé la question de l’accès au master. François Goulard est favorable à la sélection à l’entrée du M1. Mais changement de gouvernement au printemps 2017 (François Fillon, premier ministre) : Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un article sur la sélection à l’entrée du master figurait dans la première version de la loi LRU (été 2007). La droite, entre 2007 et 2012, n’a pas fait avancer le schmilblick.

Rappel historique. 1. AEF, dépêche n°78010, Arnaud Lavorel, mercredi 18 avril 2007. Master. François Goulard souhaite que la concertation se poursuive « compte tenu des échéances électorales ».

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Sélection : cachez ce mot que je…

LOI n°2016-1828 du 23 décembre 2016 portant adaptation du deuxième cycle de l’enseignement supérieur français au système Licence-Master-Doctorat (1). Les deux articles de la loi.

Une loi qui permet – mais il y a des exceptions – la sélection à l’entrée de la 1ère année du Master. Le texte n’emploie jamais le mot : hypocrisie, hypocrisies !

Pour aller plus loin. Sur ce blog, depuis janvier 2009 : 140 chroniques sur la sélection, 189 chroniques sur le Master.

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Univ. Franche-Comté Solidaire

Un site d’opposition : UFC Solidaire ! Bisontins, Bisontines, notre université est menacée, réagissons !

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Les mathématiques du Président de l’Université de Franche-Comté. PLUS d’étudiants = MOINS d’heures de cours et MOINS de profs.

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1er cycle : échec gouvernemental

Depuis 2012, trois ministres et secrétaires d’État pour l’Enseignement supérieur et la recherche – Geneviève Fioraso, Najat Valaud-Belkacem, Thierry Mandon.

On peut dire aujourd’hui, au vu des tableaux statistiques 2012 – 2016 (2012-2017 pour les STS), qu’ils ont piteusement échoué à maîtriser, réorienter les flux post-bac. Leur discours a été centré sur la réussite d’étudiants plus nombreux en 1er cycle, sur la priorité aux bacheliers professionnels pour l’entrée dans les STS, aux bacheliers technologiques pour l’entrée dans les IUT. Les Rectrices et recteurs devaient veiller à la mise en œuvre de cette politique courageuse de démocratisation… sans cependant mettre en place des quotas de bacheliers par type d’établissements. Absence de courage politique, comme d’habitude.

Cette politique molle, inconséquente a conduit à un échec retentissant parce que la forte progression des poursuites d’études après le bac n’a pas été anticipée.

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ESR : résultats décevants

Sénat. Projet de loi de finances pour 2017 : Recherche et enseignement supérieur. Avis n° 144 (2016-2017) de M. Jacques GROSPERRIN et Mme Dominique GILLOT, fait au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, déposé le 24 novembre 2016.

II. LES OBSERVATIONS DE VOTRE RAPPORTEUR POUR AVIS : LES RÉSULTATS DÉCEVANTS DU QUINQUENNAT EN MATIÈRE D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

A. L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR FRANÇAIS FAIT FACE À UN CHOC DÉMOGRAPHIQUE SANS PRÉCÉDENT

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Refondre la formation en Psycho ?

A l’occasion du décret en attente sur la réforme du master, communiqué de la FENEPSY (5 octobre 2016) : Refonte totale de l’offre de formation en psychologie ? 

La FENEPSY, à la suite de la signature historique de l’ensemble des organisations étudiantes sur la problématique de la sélection en cycle master, souhaite saluer cet engagement pris, décision convergent dans le sens des étudiant.e.s en prenant en compte la totalité de leurs problématiques, que ce soit au niveau de la formation mais aussi au niveau de la vie étudiante.

Nous tenons par ailleurs à souligner la volonté de la part du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, de « ré-ouvrir » le groupe de travail sur la formation psychologie, dans l’optique assumée d’opérer à une refonte totale de l’offre de formation dans notre filière.

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trouvermonmaster.com : non !

Réforme du master. Suite de la chronique : le compromis destructeur. Simone Bonnafous, encore directrice de la DGESIP, continue ses injonctions. Le 7 novembre 2016, elle a envoyé aux chefs d’établissements la lettre comminatoire, ci-dessous.

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En question, la désignation en urgence d’un référent pour le portail Master (trouvermonmaster.gouv.com). « Je vous demande de faire remonter, pour le 15 novembre 2016 au plus tard, le nom et les coordonnées du référent qui vous aurez désigné pour assurer le suivi du portail master dans votre établissement ».

Les établissements auraient bien tort de se laisser mener à la trique par Simone Bonnafous. Ou bien, dans les faits, ce référent ne servira à rien, ou bien il aura une tâche titanesque à mener. Il faut s’opposer au martyre d’un personnel ! Alain Beretz, vous qui avez été nommé Directeur de la recherche et de l’innovation avec pour mission de simplifier l’organisation du Secrétariat d’État, ne pouvez-vous pas obtenir de Simone Bonnafous qu’elle fasse enfin profil bas !

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Master, le compromis destructeur

4 octobre 2016, communiqué  Najat Vallaud-Belkacem – Thierry Mandon. Les ministres et les organisations représentants les étudiants, les personnels et les établissements d’enseignement supérieur ont convenu d’une position commune, traduisant les résultats de la concertation conduite ces derniers mois. Texte du compromis (4 pages).

7 octobre 2016. André Legrand, professeur de droit public, ancien président de la CPU, est consulté par News Tank Education : cette réforme est la consécration juridique de l’inégalité des formations, celles qui sont les plus recherchées pouvant retenir les étudiants les plus brillants, d’autres devant se contenter des laissés pour compte.

17 octobre 2016. Le texte présenté au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) est adopté à une très large majorité (50 voix sur 70). La ministre et la secrétaire d’État s’en sont félicités.

Les deux principes d’organisation du cursus conduisant au diplôme national de master seront désormais conformes aux attendus de 2002 : 1. le cursus conduisant au diplôme national de master est un cursus de 4 semestres (sans sélection intermédiaire) qui doit pouvoir reposer sur un processus de recrutement à l’entrée dans le cursus ; 2. tout titulaire du diplôme national de licence doit se voir proposer une poursuite d’étude dans un cursus conduisant au diplôme national de master.

17 octobre 2016. Intervention au CNESER de Denis Kambouchner, représentant de Qualité de Science Française, à propos du projet de décret relatif à l’admission en master. Je publie son intervention in extenso ; j’en partage totalement l’analyse : ce compromis sur le Master est destructeur ; il mène tout droit les universités vers leur tombe.

« Pas plus que plusieurs organisations syndicales qui se sont exprimées, l’association QSF – qui représente pourtant au CNESER 22% des enseignants-chercheurs de rang A – n’a été consultée sur le présent projet de décret concernant les modalités d’admission en master. La présidence de l’Association a été reçue par le Cabinet le 4 octobre en fin de matinée, alors que le projet était déjà finalisé.

Nous voulons dire notre opposition à ce texte dont les interventions de ce matin ont suffi à mettre en relief les ambiguïtés. Ce texte est ou trompeur ou inconséquent. Ce qu’il accorde d’une main, il menace de le retirer de l’autre. De la sorte, il ne peut guère avoir que des conséquences funestes : soit une perte d’autonomie jamais vue des formations universitaires, soit une multiplication illimitée des contentieux, soit encore la constitution au niveau post-licence d’un archipel de formations sans réelle valeur.

L’article 2 : « Les établissements autorisés par l’État à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement… », correspond en effet à ce pour quoi QSF a toujours plaidé, ayant toujours tenu la sélection à l’entrée du M2 pour un pis-aller au sein d’une cote d’emblée mal taillée.

Mais il y a l’article 3 : « Un étudiant titulaire [de la licence] qui n’a reçu aucune réponse positive à ses demandes d’admission en première année [de master] se voit proposer, à sa demande, par le recteur [de la région académique où il a obtenu sa licence], après accord des chefs d’établissement concernés, au moins trois propositions d’admission dans une formation conduisant au diplôme national de master. »

Au mépris de toute logique, cet article 3 signifie ceci : au terme d’une procédure qui s’annonce incroyablement compliquée à mettre en place et ensuite à gérer, les recteurs et les chefs d’établissement pourront imposer aux responsables des différentes formations de master, y compris théoriquement celles qui mettront en œuvre les dispositions prévues à l’article 2, l’inscription d’étudiants dont ces responsables n’auront d’abord pas voulu.

De deux choses l’une alors : ou bien cette procédure entrera en vigueur, et il faut parler d’une atteinte sans précédent aux libertés académiques, plaçant les établissements universitaires au même niveau de tutelle que les lycées et collèges ; le recteur ne devra plus être alors dit « chancelier des universités », mais quelque chose comme : « recteur des collèges, des lycées et des universités ». Ou bien ce sont les étudiants concernés qui feront les frais de ce dispositif en trompe-l’œil, en se voyant proposer des formations de master très éloignées de leurs voeux, ce qui ouvrira la voie à des myriades de recours devant le juge administratif.

On nous dira que c’est là une vision trop abstraite, qui ne fait pas la distinction entre les masters sélectifs et les masters non sélectifs : dans la pratique, nous dira-t-on, les propositions rectorales ne devraient porter que sur ces derniers. Mais qui ne voit que dans les nouvelles conditions créées par l’article 2, TOUTES les formations de master qui se voudront dignes de ce nom seront conduites à afficher leurs prérequis, de sorte que, si elles ont le moindre souci de leur « label qualité », le recasage envisagé ne pourra pas se produire sans conflit ?

Nous renonçons à nous demander par quels cheminements les partenaires de la négociation en sont venus à prendre pour un compromis honorable un dispositif dont l’incohérence saute aux yeux. Mais à l’origine de cette incohérence, il y a au moins quatre erreurs de base :

1) Le « droit à la poursuite d’études en master », qu’on invoque depuis des mois, est sans doute intuitivement fondé, mais il est juridiquement des plus imprécis.

2) La doctrine de l’accès universel au master (pour les titulaires d’une licence) dissimule à peine l’idée que la licence est aujourd’hui un diplôme démonétisé. Mais que ne songe-t-on à lui rendre sa valeur, notamment en agissant sur les conditions d’encadrement des étudiants de toutes les filières, qui laissent ici et là tellement à désirer ? 

3) Si l’on se résigne à la démonétisation des licences, c’est faute d’avoir eu le courage d’instituer des prérequis pour les admissions en L1 : d’où l’inflation des inscriptions dans certaines filières transformées de facto en formations-parkings.

4) On considère que toute poursuite d’études après la licence passe par les formations de master, comme s’il était absurde de concevoir au niveau dont il s’agit des formations courtes (d’un an), à visée exclusivement professionnelle, et des diplômes spécifiques correspondant à ces formations.

Notre idée n’est nullement que les étudiants qui auraient eu du mal à acquérir leur licence devraient être ensuite abandonnés à leur sort. Des perspectives doivent à l’évidence être cherchées et aménagées pour eux. Mais le défi essentiel, en tout ceci, est celui du renforcement général des formations, y compris en amont de la licence, que ce soit par la mise en place d’années de pré-licence ou du côté de l’enseignement secondaire. Faute d’affronter ce défi, nous restons dans l’hypocrisie, et, en l’espèce, nous jouons avec le feu. Il est vrai que tout ceci intervient à quelques mois d’échéances électorales auxquelles le devenir de notre système universitaire est maintenant en grande partie suspendu ».

Sur la licence, diplôme démonétisé, lire ma chronique : Najat, toutes et tous à bac+5.

Pour aller plus loin : 134 chroniques d’Histoires d’universités sur la sélection.

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