Archives de Tag: Syndicats

Villes ardentes. Travail et révolte

Musée des Beaux-Arts de Caen, Les villes ardentes. Art, travail, révolte, 1870-1914, du 11 juillet au 22 novembre 2020. L’exposition est présentée dans le cadre de Normandie impressionniste, 2020.

Cette chronique n’est pas seulement liée à l’exposition visitée fin août, mais aussi au débat du projet de loi Programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, débat à l’Assemblée nationale en procédure accélérée, à compter du 21 septembre 2020. Le titre de cette chronique aurait pu être : Les villes assoupies. Recherche et silence assourdissant.

« Du souvenir des événements de la Commune à la veille de la première guerre mondiale, la France traverse une période d’importantes mutations, économiques, politiques et sociales. La société industrielle centrée sur le travail inspire un certain nombre de peintres. Les impressionnistes, post-impressionnistes et naturalistes se retrouvent autour de ce même motif, marqués par une sensibilité à la réalité de leur temps.

En s’attachant à la représentation des scènes de travail en ville entre 1870 et 1914, le musée des Beaux-Arts de Caen souhaite tout autant déplacer les oppositions habituelles de style, de genre et d’école, qu’élargir le regard porté sur l’art impressionniste, plus volontiers considéré comme un art d’agrément, attentif à la société de loisirs plus qu’à celle du travail ».

Diaporama de 30 photos

« L’exposition mêle quelques cent cinquante œuvres dessinées, peintes et sculptées réparties en huit grandes sections, pour une approche du paysage, des hommes et des femmes, de l’histoire sociale du travail en peinture ».

Paul-Louis Delance (1848-1924)

Grève à Saint-Ouen (1908). Texte de Pierre Sesmat

« Ville située dans la banlieue industrielle du nord de Paris, Saint-Ouen compte au début du XXe siècle de nombreux ateliers métallurgiques et des entreprises de divers secteurs (fabriques de cirage, imprimeries, construction automobile…). Le mouvement social y est anciennement enraciné et s’appuie sur la tradition de sociabilité de l’artisanat bien plus vivante que dans la grande industrie comme au Creusot. La conscience politique y a même permis l’installation entre 1887 et 1896 d’une des premières municipalités socialistes révolutionnaires.

A la vague de grèves et à la poussée syndicale spectaculaire que connaît toute la France dans les années 1904 à 1907, la population de Saint-Ouen apporte bien sûr sa participation : plus particulièrement en 1907, ce sont les boulangers et les gaziers, puis, au début de 1908, c’est au tour des terrassiers du chantier du métro parisien. La grève est toujours scandée de manifestations et de meetings, de chants révolutionnaires et de drapeaux rouges, brandis pour provoquer le pouvoir en place qui l’a interdite.

Cette agitation entraîne parfois des violences mortelles : des patrons ou la troupe tirent sur les manifestants, faisant des morts comme à Cluses en 1904, à Longwy en 1905 ou à Courrières après la catastrophe de 1906.

L’événement relaté par Delance n’est pas connu avec précision. Il est toutefois aisé de déceler l’origine du long cortège qui surgit de l’horizon hérissé de cheminées d’usines, à droite : deux corbillards dont on voit émerger les dais et les cochers de part et d’autre du drapeau central.

L’hypothèse est qu’il s’agit de l’enterrement de deux ouvriers tués lors d’une manifestation. Pendant que les manifestants crient ou chantent à droite, d’autres s’inclinent à gauche au passage des corbillards qu’illuminent les rayons du soleil perçant le ciel gris.

Mais le peintre relègue l’événement au second plan et laisse toute la place au vieil ouvrier porte-drapeau et plus encore, parce qu’ils regardent le spectateur, à la jeune mère et à son enfant. Cette participation des vieillards, des femmes et même des bébés est attestée dans toutes les grèves et les manifestations ouvrières au tournant du siècle ».

Maximilien Luce (1858-1941)

« Militant libertaire, il produit de nombreuses illustrations engagées politiquement. Il est également graveur, portraitiste et affichiste.

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Déconfinement dans la confusion

Courriel du SNASUB-FSU de l’université d’Orléans aux collègues BIATOSS, mercredi 3 juin 2020

  • Un déconfinement dans la confusion
  • Comité technique du 4 juin 2020
  • Conseil d’administration du 5 juin 2020
  • La confidentialité de nos messageries professionnelles en question ?

Courriel du SNASUB-FSU : diaporama en grand format

Chroniques du blog depuis 2009 sur

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11 mai. Enseignants et droit de retrait

Deux collectifs d’enseignants évoquent un droit de retrait pour la rentrée du 11 mai, Rue89 Strasbourg, Pierre France, 4 mai 2020.

Extraits de l’article. Deux collectifs d’enseignants alsaciens dénoncent les conditions sanitaires et sociales de la rentrée scolaire, prévue le 11 mai. Sans garanties supplémentaires, ce sera sans eux.

Dans un communiqué, les collectifs Alsace Éducation et Lycées et collèges en lutte indiquent qu’après avoir pris connaissance du projet gouvernemental de réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai. Et pour eux, cette rentrée ne répond à aucun critère de santé publique.

En conséquence, ces collectifs appellent les enseignants à ne pas reprendre pas le chemin de l’école le 11 mai, en faisant usage du droit de retrait. Les deux collectifs appellent les syndicats enseignants à rejoindre leur position.

Le collectif Alsace Éducation est composé de personnels de l’éducation du Bas-Rhin, essentiellement des professeurs du premier degré, du second degré, collèges, lycées généraux et professionnels. Le collectif Lycées et collèges en lutte est issu des grèves contre la réforme des lycées et regroupent d’autres personnels du second degré, parmi eux des syndiqués et des non syndiqués.

Les deux collectifs rappellent que le Conseil scientifique avait, dans un premier temps, préconisé une rentrée au mois de septembre, rejoignant l’OMS sur le fait que l’école devrait être la dernière à être déconfinée, avant de changer d’avis et de publier une série de mesures pour la reprise.

Des gestes barrières inapplicables. Lire la suite…

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Université. Comité social, loi 6/08/19

Suite de la chronique Université. Covid-19 et démocratie

La loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique consacre son premier volet au dialogue social. Les instances représentatives du personnel (CAP, comités techniques, CHSCT) sont revues. Parallèlement, des « lignes directrices de gestion » sont instaurées.

Les comités techniques (CT) et les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sont fusionnés en une instance unique : le comité social.

Cette réorganisation doit permettre « de remédier à la difficulté d’articulation actuelle des compétences entre les CT et les CHSCT, en particulier en matière de réorganisation de services ».

Dans la fonction publique d’État, ces comités prennent le nom de comités sociaux d’administration.

Les comités sociaux, qui doivent être mis en place en 2022 à l’issue des prochaines élections professionnelles dans la fonction publique, auront à connaître de nombreuses questions notamment :

  • le fonctionnement et l’organisation des services ;
  • l’accessibilité des services et la qualité des services rendus ;
  • l’égalité professionnelle ;
  • la protection de la santé, l’hygiène et la sécurité des agents ;
  • les orientations stratégiques sur les politiques de ressources humaines ;
  • les lignes directrices de gestion (LDG) en matière de mutation, de mobilité, de promotion interne et d’avancement de grade des agents.

Les lignes directrices de gestion, qui permettront de déterminer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), seront adoptées par chaque administration employeur, après avis du comité social. Elles seront communiquées aux agents. Leur mise en œuvre fera l’objet d’un bilan devant le comité social, sur la base des décisions individuelles prononcées.

Dans l’attente de la mise en place des comités sociaux, certaines dispositions de la loi du 6 août 2019 sont, à titre transitoire, applicables aux comités techniques et aux CHSCT :

  • les comités techniques sont seuls compétents pour examiner l’ensemble des questions relatives aux projets de réorganisation de service ;
  • les comités techniques et les CHSCT peuvent être réunis conjointement pour l’examen des questions communes. Dans ce cas, l’avis rendu par la formation conjointe se substituera à ceux du CT et du CHSCT ;

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Université. Covid-19 et démocratie

La crise sanitaire d’ampleur inédite que connaît le pays entraîne-t-elle une crise d’exercice de la démocratie dans les universités ? Dans l’université de Lorraine, le président ne semble pas consulter réellement deux des instances du dialogue social, le Comité Technique et le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail.

A noter que la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique consacre son premier volet au dialogue social. Comités techniques et Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont fusionnés en une instance unique : le comité social. La prochaine chronique revient sur cette loi. Mais la fusion ne s’appliquera qu’après les élections de ce Comité social prévues en… 2022.

Trois pages dans cette chronique. Page 1. Une protestation de l’UNSA de l’université de Lorraine contre l’absence de consultation du CT et du CHSCT. Page 2. Un commentaire de la CGT appelant au respect des droits des personnels lors du dé-confinement de la semaine prochaine. Page 3. Extrait du règlement intérieur de l’université.

Page 1. Courriel reçu le 27 avril. Les représentants UNSA de l’Université de Lorraine à l’attention de Pierre Muzenhardt, président.

« Vous nous invitez à un comité technique extraordinaire le 30 avril, et nous vous en remercions. A l’ordre du jour 2 points :

  • Point n°1. Crise covid-19 : point de situation (information)
  • Point n°2. Plan de continuité d’activité de l’établissement (information)
  • Mesures de fonctionnement des instances de l’établissement (avis).

Depuis le début de la crise « Covid19 », force est de constater que le Comité Technique n’a été ni consulté ni même informé de quoi que soit.

Lors de votre réunion d’information aux organisations syndicales du 13 mars, nous vous avons demandé d’impliquer le CHSCT dans la cellule de crise, et explicitement exprimé que les représentants des personnels existaient pour accompagner et aider non seulement les personnels mais aussi l’administration dans cette crise sanitaire inédite.

En ce qui concerne le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), les membres sont informés lors de réunions où le dialogue est difficile ; ils ont demandé à consulter les divers Plans de Continuité d’Activité des différentes composantes et, à ce jour, rien ne leur a été transmis…

Dans votre mail du 1er avril à destination des personnels, vous indiquiez que vous aviez « fait le choix de ne pas imposer des jours de congés sur la période des vacances de printemps comme cela a été proposé dans certaines universités ».

Cette démarche, pour louable qu’elle soit, n’était cependant pas très explicite car elle laissait aux responsables de services une possibilité d’imposer des congés.

Cette position floue, sans aucune consultation des instances ni même des organisations syndicales, n’a pas manqué de créer de nombreuses disparités et inégalités en fonction des différences managériales existantes.

A l’heure où, à l’échelon national, la solidarité est une priorité, nous nous interrogeons sur l’importance que vous portez aux instances que sont le Comité Technique et le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, de l’Université de Lorraine Solidaire, Ambitieuse et Responsable.

Il  semblerait qu’à l’université de Lorraine seuls les savoirs puissent dialoguer.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de nos salutations.

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1er mai : ni manif, ni muguet

Pas de muguet ? Pour cause de confinement, interdiction de vendre à la sauvette du muguet dans la rue. Mais muguet livrable en drive. Un exemple banal d’inégalités sociales.

Pas de muguet. Mais il y a les Roses du Jardin de Cécile : album de 20 photos.

Pas de manifestation du 1er mai pour cause de pandémie. Mais une occasion pour revoir en photos des manifestations qui se sont déroulées à Strasbourg

A. Photos de la manifestation du 1er mai 2019

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Témoignages d’étudiants confinés

Débats en Lorraine sur les modalités de contrôle des connaissances (cf les deux chroniques Pour ou contre le 10 améliorable, Aucun semestre ne sera neutralisé). Deux enseignants-chercheurs publient des témoignages recueillis par enquête auprès  d’étudiants de licence.

10 avril 2020. « Il y a beaucoup de discussions et de débats en cours actuellement sur les modalités de contrôle des connaissances dans le contexte particulier que nous vivons. Ces discussions et ces débats portent souvent sur des points réglementaires et/ou techniques (et je salue ici tous les personnels qui ne comptent pas leur temps pour proposer leur expertise et leurs solutions).

Au-delà de ces points, il y a des vies, parfois très difficiles, et on les oublie trop souvent quand nous discutons entre nous de modalités d’aménagement.

Les représentant.e.s étudiant.e.s élu.e.s au conseil du département de …  ont pris l’initiative d’interroger leurs camarades de licence (près de 1500 inscrits) sur les examens et leur vécu de la situation. Ils ont recueilli plus de 400 réponses. Et parmi celles-ci, plus de 200 témoignages. Ce sont quelques uns de ces témoignages que je reprends ci-dessous.

Ils sont poignants, désarmants, touchants, effrayants et me paraissent en décalage complet avec les aménagements sur lesquelles nous sommes tou.te.s en train de passer beaucoup de temps.

Quels sens vont avoir ces aménagements pour ces étudiant.e.s. et sans doute pour beaucoup d’autres ? Et quelle signification donner in fine aux évaluations qui découleront de ces « nouveaux » examens ? Allons-nous pouvoir dire à ces étudiant.e.s, que le « principe d’égalité de traitement des candidats » a bien été respecté ?

Une étudiante atteinte du Covid : « et le confinement, c’est vraiment pas bénéfique dans mes révisions, je suis démotivée et j’ai le moral à zéro, j’ai peur de faire une rechute … »

Le débit de connexion internet a été réduit, mon ordinateur est lent, les conditions pratiques et techniques ne sont pas optimales. La situation est globalement anxiogène, peu de motivation à travailler lorsque ses proches sont malades, j’ai moi même été malade et le suis encore. Je passe le confinement seule, 0 contact humain depuis 1 mois, dans 20m2.

« En confinement chez ma famille. C’est très difficile car nous sommes nombreux, tout le monde ne vie pas le confinement de la même manière. De plus j’habite dans une petite ville sans la fibre (internet très lent), ce qui rend compliqué l’accès à des sites de base type arche ou discord. Dans mon studio à Nancy je n’avais pas internet non plus; d’où l’utilisation de Eduroam. De plus, nous sommes quand même dans une situation de crise sanitaire, je connais beaucoup de personnes autour de moi qui sont décédées et je vis dans la peur que ma mère soit contaminée (maladie auto-immune) par ses propres enfants qui sortent faire les courses ou qui vont à la pharmacie. C’est une situation angoissante, réviser c’est bien pour oublier mais ça en devient compliqué lorsque nous devons faire face à la réalité et que nous ne sommes pas dans des conditions optimales »

« Dû à la quarantaine, il y a énormément de gens connectés en même temps ce qui fait que mon internet se coupe ou a du mal à charger. J’ai des proches touchés par le virus et je vis dans un appartement avec 1 seule chambre sans balcon et avec ma mère. Nous sommes en situation précaire (moi étant boursière et ma mère au rsa) nous devons donc faire des sacrifices financiers pour pouvoir stocker de la nourriture et éviter les sorties. Nous n’avons pas de voiture et le seul magasin à proximité est vide. Nous ne pouvons plus accéder au resto du cœur. Niveau psychologie c’est des montagnes russes. Je passe du rire aux pleurs et cela est surtout du à la fac. Je suis de nature assez dépressive en tant normal et je dois l’avouer, ne pas me faire suivre psychologiquement. Les psys gratuit sont surchargés et les psy payants sont trop chers, je ne sais pas à qui m’adresser pour de l’aide. J’ai l’impression d’avoir été submergée de travail par les professeurs. Je pense surtout que pour moi ce sera l’après cou-présentes au sein de beaucoup de foyer, pour moi tous les jours ne sont pas faciles, ma mère étant dépressive dans le contexte actuel ça devient dur, des scènes de ménages éclatent de temps à autres qui vont parfois à des pétages de plomb tellement puissants que les assiettes y passent, et l’aider n’est pas toujours simple. J’ai parfois l’impression d’être tiré vers le bas aussi. Dans mon foyer nous sommes 6, ma mère, moi, mon frère et mes 3 sœurs, qu’il faut aider malgré la connexion en dents de scies pour leurs devoirs, mais aussi trouver des activités pour les occuper. Nous sommes dans une grande précarité, plus le temps passe plus nous allons avoir des difficultés à nous nourrir tant financièrement va vite devenir très très compliqué. Pour ma part, je ne peux plus travailler et je ne gagne aucun argent pour aider ma mère financièrement, ce qui est une source de stress intense. Pour le moment je n’ai pas eu le courage d’ouvrir un cours, je n’y arrive pas, les problèmes autour sont beaucoup trop stressant, je me sens de plus en plus en besoin d’extérioriser tout ça, mais je ne sais pas encore comment faire. Malgré tout j’essaye de tenir pour les autres membres de ma famille, c’est aussi mon rôle de grande »

« Personnellement, j’ai quasiment toute ma famille qui travaille dans la santé avec ma mère aide-soignante, mes deux tantes sont infirmières libérales, et ma sœur est sage-femme. Le fait qu’elles soient sur le terrain, en vue de la situation, me fait déjà énormément stresser. De plus, ma mère m’a demandé de venir travailler à l’EHPAD avec elle, afin d’aider, mais j’ai refusé car je suis tellement préoccupé par la situation à la fac que j’ai refusé, je me suis senti mal parce que j’aurais pu aider à l’hôpital. De plus, je suis en isolement social, dans le sens où la journée, je ne vois personne car ma mère travaille toute la journée, donc je suis seul, et je me sens, souvent, triste »

« Mon père est décédé des suites du coranavirus, j’ai dû donc rentrer voir ma famille et n’ai plus vraiment la tête à penser aux cours à vrai dire »

« Bonjour, j’aimerai faire mon petit témoignage de la situation. J’ai déjà redoublé ma L3 et j’ai ainsi deux fois plus de raisons de vouloir obtenir ma licence cette année. Malheureusement, dans ces conditions, ce sera pratiquement impossible. Je dois m’occuper de mes petits frères et sœurs qui n’ont pas école, les aider dans leurs devoirs toute la matinée. Mes parents étant en télétravail ou réquisitionné, je dois faire les heures de queues pour acheter les courses, m’occuper de la maison (j’ai la chance d’être tout de même dans une maison). Normalement, en cette période, c’est un stress lié à la peur d’échouer aux examens mais en ce moment, c’est plus une angoisse de mort, une angoisse de voir nos proches se faire contaminer et de nous même le ramener à la maison. Voir sa propre mère devoir confectionner elle-même des masques dans de vieux torchons pour qu’elle puisse faire de son mieux en se protégeant elle et nous ; devoir expliquer à des petits ce qui se passe dans le monde … Réviser ? Lorsque mon pc n’est pas réquisitionné pour les devoirs des petits ou le télétravail, internet nous fait défaut. Devoir attendre deux heures pour charger le dossier pdf de madame XX (enseignante) n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et même lorsque je trouve un petit créneau, je me retrouve perdue dans cette masse d’informations, de nouvelles qui vont et viennent. Je ne sais quoi réviser, où m’arrêter dans les diapos que j’ai.. La situation ne me permet pas de me focus autant que je le voudrai, mes pensées étant portées ailleurs.. Tout cela pour dire qu’une passation à distance des partiels serait la goutte de trop dans un vase qui déborde bien assez en ce moment. Merci d’avoir lu et prenez soin de vous et de votre famille.

« J’étais en Erasmus ce semestre mais j’ai dû l’interrompre à cause du coronavirus. C’était assez difficile et fatigant pour réussir à rentrer. Cette situation m’a fait perdre beaucoup de temps car quand je suis rentrée j’ai mis du temps à comprendre comment tout allait se dérouler, et il y a encore beaucoup de choses que je ne sais pas. Je sais, en tout cas, que je dois rattraper tout le semestre fait en France et c’est assez difficile car j’ai loupé absolument tous les cours de ce semestre, j’ai dû envoyer une tonne d’e-mails à la fac en France en plus de la fac à XXX, régler les problèmes avec le loyer que j’avais à XXX, les problèmes de bourse… Enfin bref, j’ai pris énormément de retard et la situation me stresse beaucoup et me plombe un peu le moral. »

Revenue pour le confinement en famille mais c’est pas pratique pour réviser les partiels. Du mal à se concentrer avec un parent très violent. »

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Pour ou contre le 10 améliorable

Quelles modalités de contrôle des connaissances pour le second semestre universitaire 2019-2020 ? Université de Lorraine : débats et propositions. Deux chroniques. Celle ci-dessous : tous les étudiants ne sont pas d’accord entre eux ; celle immédiatement à suivre : la position de la direction de l’université.

1. Vers une annulation des partiels pour certains étudiants en droit à Nancy ? Lorraine Actu, Amandine Mehl, 11 avril 2020.

A Nancy, le Conseil de Collégium Droit, économie et gestion travaille sur les modalités de passage des examens dans le cas où le déconfinement n’aurait pas lieu avant fin mai.

Université de Nancy 2, Faculté de Droit et Sciences Économiques, 2010 (photos de Pierre Dubois)

Dans le cas où le déconfinement n’aurait pas lieu avant la fin du mois de mai, la mise en place du 10 améliorable s’imposera donc.

Mais, qu’est-ce que ce principe ? Hania Hamidi  (UNEF) l’explique :

Pour la Faculté de droit, c’est une sorte de 10 améliorable déguisé qui a été mis en place. En clair, les moyennes du second semestre seront basées sur les colles organisées avant le confinement. Si cette moyenne est supérieure à 10, imaginons un 15, alors elle restera à 15. Mais, si elle est inférieure à 10, la fac de droit augmentera la moyenne et la figera à 10. Enfin, si la moyenne du second semestre est supérieure à 10 mais inférieure à celle du semestre 1 alors elle sera alignée sur celui-ci.

Pour les étudiants qui souhaiteraient avoir de meilleures notes, une « session spéciale » sera organisée entre les 15 et 22 juin où ils auront l’occasion de choisir leurs épreuves.

Le 10 améliorable pour tous

Depuis le début du confinement, l’UNEF ne cesse de mettre en avant les étudiants en situation d’isolement numérique. Si l’Université de Lorraine a tenté de répondre à cette problématique en lançant un plan de lutte. Pour Hania Hamidi, même si c’est encourageant ce n’est pas suffisant.

Outre ces questions d’ordre numérique, certains étudiants sont également confrontés à d’autres difficultés. C’est le cas notamment de ceux qui travaillent et à qui on ne peut pas imposer un partiel sur un temps court, de ceux qui sont atteints par le coronavirus ou qui sont contraints de vivre dans des lieux inappropriés au travail universitaire explique Hania Hamidi. Autant de raisons qui motivent les membres de l’UNEF à réclamer l’adoption par l’Université de Lorraine du 10 améliorable pour l’ensemble des étudiants.

On revendique vraiment que l’Université de Lorraine prenne exemple sur ce qu’il s’est passé en droit et mette en place un 10 améliorable pour tous mais aussi la mise en œuvre de sessions spéciales pour celles et ceux qui peuvent passer leurs examens. 

L’institution l’entendra-t-elle de cette oreille ? Affaire à suivre !

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Report des stages : qui dit vrai ?

La fac de La Rochelle refuse de reporter les stages de fin d’études à l’automne. Libération, 30 mars 2020.

Photos de septembre 2015, par Pierre Dubois

« Dans les facs, l’enjeu de la continuité pédagogique vire au casse-tête en raison des stages de fin d’études. Indispensables à la validation du cursus des étudiants et à l’obtention de leur diplôme, un grand nombre de ces stages, souvent d’une durée minimale de trois mois, ont été annulés par les structures ou les entreprises accueillantes à cause du confinement.

A l’université de La Rochelle (Charente-Maritime), les directeurs de masters 2 ont fait remonter à leur hiérarchie les inquiétudes des étudiants. Certains ont demandé s’ils pouvaient reporter leurs stages à l’automne. Mais puisque l’année universitaire sera close pour eux le 30 septembre, seront-ils obligés de se réinscrire et donc de payer de nouveaux droits ?

Réponse sans appel du professeur Jean-Michel Carozza, vice-président de l’Université de La Rochelle, dans un mail adressé le 27 mars aux directeurs de masters 2, que Libération a pu consulter : Nous vous proposons de permettre la prolongation exceptionnelle des stages en septembre pour une soutenance au plus tard le 30 septembre. Au-delà de cette date, aucun stage ne pourra être prolongé ni se dérouler. Concernant la demande de redoublement [sic] du stage formulée par certains masters, je confirme […] : redoublement possible si le stage n’a pas été validé cette année mais pas d’exonération des frais d’inscription car il s’agit de convenance personnelle de l’étudiant et pas d’un cas de force majeure. S’ils n’ont pas réussi à trouver un stage en plein été, les futurs redoublants apprécieront ».

Le site de l’université de la Rochelle, consulté ce 3 avril 2020, dit tout autre chose que le journal Libération. CORONAVIRUS COVID-19 : Informations importantes pour les personnels

Stages en France ou à l’étranger et mobilités

  • « Le calendrier universitaire s’adapte. Pour les étudiantes et étudiants en fin de cursus, notamment en master, le calendrier universitaire 2019-2020 est actuellement travaillé pour être étendu jusqu’au 31 décembre 2020, afin de leur permettre l’éventuelle tenue d’un stage suffisamment représentatif d’une expérience professionnelle et ainsi faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi.

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Payer les vacataires du SUP !

Enseignement supérieur : paiement des vacataires, communiqué de presse du SNESUP FSU, 1 avril 2020. A noter que, ce 3 avril 2020, le Vademecum, mentionné au paragraphe 2, est introuvable sur le site du MESRI. Je suis preneur pour le mettre en ligne.

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour que les déclarations solennelles d’Emmanuel Macron affirmant que « l’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux » soient démenties, dans le domaine de l’enseignement supérieur, par le ministère lui-même.

En effet, le vademecum rendu public le 30 mars par le MESRI et qui doit servir de guide pour les établissements stipule que, dans le cas des chargé·es d’enseignement vacataires (CEV) « peu d’heures auront été effectivement réalisées depuis la date de fermeture des établissements » et « l’absence de service fait doit conduire à ne pas verser de rémunération ». Le document minore à 100 000 le nombre des CEV qui dépasse en fait 120 000*. Il veut faire oublier que dans les faits nombre de CEV sont en situation précaire, les vacations représentant une part importante de leurs revenus. Il passe enfin à la trappe le travail que ces CEV ont déjà effectué pour la préparation de leurs enseignements dans le cadre de leur embauche.

Le SNESUP-FSU s’insurge contre cette interprétation abusive consistant à considérer que, pour les personnels titulaires, la continuité pédagogique suppose que les services sont faits ce qui ne serait pas le cas a priori pour les vacataires. Dans son vademecum, le ministère revient d’ailleurs en partie sur les garanties qu’il affichait quelques jours plus tôt dans sa rubrique de « foire aux questions » au sujet des agents temporaires vacataires (ATV), essentiellement des doctorant·es.

Le SNESUP-FSU demande donc au ministère de prendre des dispositions protectrices en lieu et place de cette communication qui aurait comme conséquence de faire porter le poids de la crise sanitaire essentiellement sur les plus précaires des enseignant·es de l’université alors qu’ils contribuent pour une part importante au fonctionnement des formations, assurant dans certaines d’entre elles plus de la moitié du volume horaire.

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