Archives mensuelles : septembre 2009

Evaluations de l'AERES

Le rapport d’activité 2008 de l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur vient d’être mis en ligne sur le site de l’Agence (cliquer ici). Il présente le bilan des évaluations menées par les équipes d’experts dans les établissements. Plusieurs champs d’évaluation : les établissements, l’offre de formation (licences et masters), les unités de recherche, les écoles doctorales. Le positionnement temporel de ces évaluations ? Elles se situent fort logiquement en amont de la négociation des contrats quadriennaux d’établissement ; elles en fournissent le support. L’AERES est parvenue à tenir les délais ; ce qui n’était pas souvent le cas pour le défunt Comité National d’Evaluation (CNE). Lire la communication fort éclairante de Jean-Richard Cytermann : « Evaluer le Supérieur« .

Une partie du rapport d’activité est consacrée à la méthodologie et à la déontologie de l’évaluation. Dans son interview à EducPros, Jean-François Dhainaut, président de l’AERES fait part du souhait de l’Agence de « mieux diffuser ses évaluations au monde socio-économique et aux étudiants ». L’AERES peut en effet beaucoup « mieux faire » en matière de transparence en raccourcissant les délais de mise en ligne des rapports. Il devient urgent de mettre en ligne tous les rapports d’évaluation des universités de la vague D (contrats 2010-2013) : Jean-François Dhainaut doit tenir immédiatement sa parole !

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Combien d'inscrits ?

Le mouvement universitaire de la fin de l’hiver et du printemps 2009 a-t-il un impact négatif sur les inscriptions 2009-2010 dans les universités, en particulier dans les universités les plus touchées par le long arrêt des cours dans le premier cycle ? Personne ne peut sérieusement répondre à cette question ce 23 septembre 2009 ! Les inscriptions ne sont pas terminées. Il faut savoir en effet qu’il est possible de commencer à suivre les cours sans être inscrit. Les universités ne s’en satisfont certes pas ; elles font pression pour que toutes les inscriptions se fassent dans les délais les plus courts, mais, dans la pratique, elles comprennent que des étudiants s’inscrivent administrativement tardivement, ne serait-ce que pour des raisons financières. Et surtout, elles se donnent le maximum de chances pour que leurs effectifs ne diminuent pas. Une date fatidique pourtant : le 15 janvier 2010, elles devront remonter au ministère leurs fichiers informatiques d’étudiants inscrits (procédure SISE) ; elles s’y soumettent car leur financement en dépend ; celui-ci dépend presque encore exclusivement du nombre d’étudiants inscrits dans tel ou tel type de filière.

Des chiffres ! Tout le monde est avide de chiffres. Les sondages se multiplient dans le pays. Il s’ensuit de grandes contradictions en matière statistique. Il faut du temps pour produire les « vrais chiffres », des chiffres rigoureux, de multiples fois vérifiés. Malheureusement, l’opinion publique, formatée par de nombreux médias, ne veut pas attendre : elle veut connaître quasiment en temps réel une situation pourtant non stabilisée.

La pression de cette opinion et de certains médias oblige les parties prenantes à fournir des chiffres, à entrer dans un jeu classique de confrontations. La ministre donne des chiffres dans sa conférence de rentrée : « la diminution des effectifs est limitée » (cliquer ici). L’UNEF joue son rôle d’opposant patenté : « la diminution des effectifs est plus importante que la ministre ne le dit » (cliquer ici). Les présidents sauvent les meubles : « on ne constate pas de chute des effectifs ; il y a même des progressions dans certaines filières ». On n’imagine pas un président déclarant le contraire : ce serait suicidaire pour lui et pour son université ! Les chiffres qui circulent aujourd’hui font partie d’une communication politique. Il faut les oublier, considérer qu’ils n’existent pas et attendre quelques mois pour savoir ce qu’il en est réellement. Patience !

La communication politique et médiatique ne fait pas dans la rigueur statistique. Elle mélange des choux (le nombre total d’inscrits) et des carottes (le nombre de bacheliers 2009 en train d’entrer en 1ère année de licence universitaire). Elle préfère parler des choux ; ils sont gros et peuvent cacher les carottes. Un peu de démographie cependant : les phénomènes démographiques ne se déforment que lentement. Chacun peut imaginer que les effectifs d’une université peuvent augmenter plusieurs années de suite alors que le nombre de néo-entrants en 1ère année, immédiatement après le bac, diminue.

Ce 23 septembre 2009, la seule possibilité est donc d’investiguer les données statistiques sur les années passées, les tendances observées. Elles sont issues de la statistique publique, de la DEPP. La dernière année connue et publiée est 2008-2009. Repères et Références statistiques, édition 2009, est paru début septembre (cliquer ici) et c’est une mine d’informations chiffrées, incluant des comparaisons sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. Il faut goûter notre plaisir : ces Repères et Références existent encore. Peut-être viendra un jour le temps de leur disparition : il faut se rappeler que les statisticiens de la DEPP ont été malmenés depuis un an (cliquer ici). Le temps est peut-être proche d’une statistique politique en lieu et place d’une statistique scientifique indépendante du pouvoir politique.

1. Les effectifs inscrits dans les universités diminuent. Cela est prouvé au niveau national (cliquer ici) et dans les régions qui osent publier des données (cliquer ici). Les universités contrecarrent cette tendance, en particulier depuis la création du LMD en 2002, en laissant exploser l’offre de formation : elles multiplient le nombre de diplômes pour attirer les étudiants, pour éviter la diminution des effectifs. Conséquence : le nombre d’étudiants par diplôme diminue, augmentant mécaniquement la dépense par étudiant (un exemple parmi d’autres).

2. Les effectifs de bacheliers entrant à l’université diminuent (cliquer ici). Pourquoi une inversion de tendance aurait-elle lieu cette année ? A cause des succès de la politique de la ministre ? Orientation active, Plan Licence, augmentation apparente du nombre de boursiers (cliquer ici). Ou, paradoxalement à cause du mouvement de 2009 (cliquer ici) ? Pour cette rentrée, les données d’admission post-bac (1er voeu choisi par les futurs bacheliers) confirmaient la tendance à la baisse des souhaits d’inscription dans les universités (cliquer ici).

3. Les bacheliers entrant dans l’enseignement supérieur font de plus en plus l’objet de procédures de sélection (cliquer ici). Environ 2/3 des bacheliers 2009 sont passés par cette procédure ou vont y passer (cas des étudiants de médecine et de pharmacie qui vont être confrontés à la sélection en fin de 1ère année). Les universités sont maltraitées, ne bénéficient pas d’une égalité de traitement de la part des pouvoirs publics. Elles se sont impliquées dans l’orientation active (cliquer ici) ; elles devraient, comme les autres filières d’enseignement supérieur, être autorisées à faire une l’orientation prescriptive. Les universités ne sont-elles pas libres et responsables de par la loi LRU ?

4. L’objectif consensuel, à droite comme à gauche, est de parvenir à « 50% de diplômés du supérieur dans les générations de jeunes ». On en est encore loin ; le taux est même en train de diminuer. Pour y parvenir, il faudra une réforme explosive : créer des lycées régionaux d’enseignement supérieur (LRES) préparant au 1er cycle de l’enseignement supérieur, le cycle licence, LRES indépendants des lycées (qui perdraient donc leurs classes supérieures, les CPGE et les STS) et des universités dont l’enseignement commencerait au master et se poursuivrait éventuellement, pour certains étudiants, en doctorat. Ceci est une autre histoire : elle espère animer les débats sur ce blog pendant de longs mois. Une première mouture de cette réforme (cliquer ici).

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Recteurs italiens

Les « Rettori » en Italie ne sont pas les Recteurs en France (représentants du Ministère dans une Académie). Ils président les universités, comme leurs collègues, les Présidents d’université en France. Ils sont élus par un corps électoral beaucoup plus nombreux que celui qui élit les Présidents français (lire la chronique : « Légitimité des présidents? »).

Tous les enseignants italiens qui ont le statut de professeur sont électeurs ; les ricercatori (équivalents des maîtres de conférences), les personnels administratifs et techniques, les étudiants votent également, mais leurs voix comptent beaucoup moins que celles des professeurs. Deux nouveaux recteurs ont été élus au printemps dernier dans les universités de Bologne et de Padoue, deux des plus anciennes universités en Europe : le texte joint retrace les différents tours de scrutin et le résultat. Il y a nettement plus de Présidents que de Présidentes en France ; en Italie, il est exceptionnel qu’une femme soit élue « Rectrice« . Notre voisin transalpin donne un fort mauvais exemple d’égalité des chances, d’égalité de traitement, même si le Ministre en charge des universités est une femme, Mariastella Gelmini.

Accéder au texte consacré à une dizaine de recteurs italiens : cliquer ici. Les chroniques sur les Rettori italiens ont d’abord été publiées sur le blog Le Monde « Histoires d’universités« .

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Présidentes et Présidents

Depuis la loi d’Edgar Faure de 1968, les présidents des universités françaises sont élus par un ou plusieurs conseils de l’université. Avant la loi LRU, leur mandat était de 5 ans et n’était pas renouvelable ; depuis la loi LRU d’août 2007, le mandat est de 4 ans et est renouvelable une fois. Depuis 41 ans, certainement plus de 700 présidents ont dirigé les universités du pays.

Cette chronique retrace la trajectoire professionnelle d’une vingtaine de président(e)s ou d’anciens présidents cliquer ici pour accéder à la chronique. Une petite moitié de ces présidents sont des présidentes ; un tel taux n’est pas représentatif ; les femmes sont très minoritaires dans la fonction, mais leur nombre progresse ; cela mérite qu’on parle davantage d’elles !

L’analyse de ces trajectoires de présidents/es est faite avec une très grande liberté de ton – privilège du blogueur -. Ces « biographies » ne sont donc ni des CV, ni des hagiographies. Elles peuvent comporter des critiques car le blogueur est quelquefois en désaccord assez fort avec tel ou tel d’entre eux. Un désaccord exprimé peut fournir l’occasion d’un débat. En tous cas, il faut respecter cette fonction qui comporte toujours une lourde charge de travail.

Cette chronique est aussi un appel aux anciennes et anciens présidents : le blogueur est prêt et soucieux de recueillir leurs témoignages.  Que fait-on après « avoir fait le président » ? Six ou sept trajectoires post-présidentielles sont possibles. Elles seront progressivement présentées au fil d’ajouts de nouvelles biographies et de nouvelles rencontres.

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Légitimité des Présidents ?

Débat : le Président d’université doit-il être élu ou nommé par le ministre ? S’il est élu, par qui doit-il l’être ? La loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) d’août 2007 a significativement restreint le corps électoral qui procède à l’élection du Président. Sous le régime de la loi Savary de 1984, celui-ci était élu par l’ensemble des 3 conseils de l’université (conseil d’administration, conseil scientifique, conseil des études et de la vie universitaire) ; le corps électoral pouvait atteindre 140 électeurs.

Sous le régime de la loi Pécresse, les présidents sont élus par une partie du Conseil d’administration. Le CA LRU comprend un maximum de 30 membres (60 sous la loi Savary) et les personnalités extérieures du CA ne peuvent participer à l’élection. Bref, un président d’université, en cas de 2 candidatures à la présidence, peut être élu par seulement 10 ou 11 administrateurs. Il en résulte une légitimité faible ou nulle.

Certes, il ne faut pas forcément copier le cas italien : le corps électoral en Italie pour élire le recteur (= le président français) comporte toujours quelques milliers d’électeurs. C’est un point fort pour la légitimité, mais le recteur italien peut être élu sans avoir obtenu les voix de la majorité du corps électoral. Mais, au moins, il peut dire : « plusieurs centaines ou plus d’un millier d’électeurs se sont prononcés sur mon nom ». Un collègue français aura sans doute honte de dire : « 16 administrateurs m’ont élu ».

Ce Blog d’EducPros a sa source dans un blog LeMonde.fr « Histoires d’universités en France et en Italie », créé en janvier 2009 (cliquer ici). Pour lire les chroniques de la première étape de ce blog sur la gouvernance des universités en France et en Italie, cliquer ici. Lire en particulier la chronique sur les personnalités extérieures, membres du Conseil d’administration. Personnalités indispensables mais fort absentéistes.

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Universités en photos

Voici donc ouverts les blogs d’EducPros : Jour « J » ! Qu’ils puissent donner lieu à des débats constructifs pour un enseignement supérieur public de qualité au service de tous.

Bienvenue sur ce Blog. Invitation à découvrir les universités par l’image. Photos d’universités, des villes dans lesquelles elles sont implantées en France et en Italie, de présidents, de colloques et de manifestations… Les photos sont originales et ont été prises au cours des 6 dernières années au fil d’enquêtes, de colloques, de salons de l’éducation, de voyages, de séjours professionnels… Elles sont libres de droit.

Universités italiennes :Aosta, Bari, Bologna, Ferrara, Modena et Reggio, Padova, Pavia, Pisa, Siena, Venezia, Viterbo.  

Universités françaises : Artois, Châlons en Champagne, Lille 1, Mulhouse, Nantes, Orléans, Paris 1 et 2, Paris 4 Sorbonne, Paris 6 Pierre et Marie Curie, Paris 7 Diderot, Paris 8 Saint-Denis, Paris 9 Dauphine, Paris 10 Nanterre, Reims, Strasbourg, Troyes, Versailles Saint-Quentin.

Université hongroise : Budapest. Université finlandaise : Oulu…

Et aussi. Charles de Gaulle et mai 1968 (mémorial de Colombey). Manifestations interprofessionnelles des 29 janvier et 19 mars 2009 à Reims, du 1er mai 2009 à Strasbourg, du 13 juin 2009 à Paris. Service civil volontaire : Unis-Cités Champagne Ardenne.

Pour accéder aux 2.300 photoscliquer ici.

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Classé dans D. Italie

L'université de Lille ?

Huit chroniques sur l’université de Lille 1 Sciences et Technologies. Lille 1 en photos. Les 3 derniers présidents : Philippe Rollet (en fonction), Hervé Baussart, Jacques Duveau. L’explosion de l’offre de formation. Un observatoire remarquable : l’OFIP. Une étude de l’OFIP : le devenir des bacheliers 2004 en 2009. Et demain, l’université de Lille ? Pôle, Campus, PRES.  Lire les 8 chroniques.

 

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Classé dans C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

Le temps des enseignants

Les enseignants-chercheurs du supérieur ont repris leur travail d’enseignement : examens de la session de rattrapage ; rentrée dans les IUT. Depuis le 1er septembre, le temps de travail de ces enseignants est devenu plus encadré : un référentiel national des équivalences horaires s’applique désormais (arrêté du 31 juillet 2009), pris conformément à l’article 7 du décret de 1984, modifié par le décret du 23 avril 2009, réformant le statut des enseignants-chercheurs (circulaire du 30 avril : 2009).

Après les très fortes polémiques sur la modulation du temps de service, l’arrêté est le fruit d’une négociation réussie, commencée le 4 juin, entre le ministère, les syndicats et la CPU. La plupart des syndicats sont contents d’avoir co-produit de nouvelles règles pour empêcher les inégalités de traitement entre enseignants d’un établissement à l’autre. “Il faudra certes affiner ce référentiel d’année en année” (SGEN-CFDT). Le SNESUP aurait aimé que davantage d’activités des enseignants soient listées dans le référentiel et en profite pour demander une réduction du nombre d’heures d’enseignement (150 au lieu 192 heures TD !).

Référentiel national ? Décompte des heures pour chaque activité de l’enseignant-chercheur ? Fourchettes d’équivalences horaires ? De quoi s’agit-il concrètement ? Lire la suite

Chronique éditée sur le Monde.fr le 2 septembre 2009

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