Archives mensuelles : août 2022

Mechanisches Musikkabinett

Croisière sur le Rhin et la Moselle. Escale à Rüdesheim am Rhein (kilomètre 514 depuis le lac de Constance). Tour dans les vignes (cépage Riesling) en petit train. Visite du Siegfried’s Mechanisches Musikkabinett.

Diaporama de 40 photos. Cinq parties dans cette chronique :

  • Musée des Instruments de Musique Mécaniques
  • Histoire des automates et des androïdes
  • Jacques de Vaucanson (1709-1782)
  • Pendule à orgues. Le Concert de singes
  • Réhabiliter les automates français.

Partie 1. Rüdesheim. Musée des Instruments de Musique Mécaniques. Source : site du musée.

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« Vous n´allez pas en croire vos oreilles. Bienvenue au Musée des Instruments de Musique Mécaniques, le premier du genre en Allemagne.

Réjouissez-vous à l´idée de : 

  • Découvrir environ 350 instruments de musique mécaniques des 3 derniers siècles (du 18e s. au 20e s.), de la simple boîte à musique au piano-orchestrion-concert faisant jouer jusqu’à 15 instruments.
  • Faire une visite guidée de 45 minutes tout en écoutant de la musique
  • Profiter de visites guidées proposées en 9 langues.

Venez nous rendre visite au Brömserhof, une demeure qui date du 15ème siècle, située en haut de la fameuse Drosselgasse à Rüdesheim sur le Rhin ».

Histoire de Rüdesheim am Rhein.

« Siegfried Wendel (1935-2016), collectionneur allemand d’instruments de musique mécaniques et opérateur de musée ». Source : article de Wikipédia.

« Lorsque Siegfried Wendel a visité un musée en plein air près de Los Angeles lors de sa lune de miel au milieu des années 1960, qui exposait également un certain nombre de pianos mécaniques et d’autres machines à musique, cela l’a inspiré à fonder le premier musée allemand des instruments de musique mécaniques le 17 octobre 1969. Les locaux devinrent bientôt trop petits et, en 1975, il s’installa au Brömserhof. Depuis lors, il dirige le cabinet de musique mécanique de Siegfried avec l’aide de son fils Jens Wendel .

En 1975, Wendel est membre fondateur de la Society for Self-Playing Musical Instruments.  Il a inventé le terme stockage de données – instruments de musique et a ainsi placé les disques et les bandes utilisés dans les machines à musique dans la lignée ancestrale des supports de stockage assistés par ordinateur modernes ».

Partie 2. Histoire des automates et des androïdes. Source : site Automates et Boîtes de musique.

« Selon le dictionnaire Larousse, un automate est une machine qui, par le moyen de dispositifs mécaniques, pneumatiques, hydrauliques, électriques ou électroniques, est capable d’actes imitant ceux des corps animés. Par ailleurs, on désigne par le terme « androïde » tout automate à figure humaine. Dans sa forme la plus aboutie, l’androïde est doté de mouvements et de dimensions qui copient étroitement la nature.

Le XVIIIème siècle, époque des androïdes et des animaux artificiels. Les véritables automates sont nés en plein siècle des lumières avec l’art de l’horlogerie. Cette époque, dominée par l’esprit scientifique, et, plus précisément, par la conception biomécanicienne de l’être humain, voit naître de nombreuses créatures artificielles qui tentent de copier trait pour trait la nature : androïdes et animaux mécaniques sont ainsi réalisés par des horlogers-mécaniciens attirés par la médecine et les sciences naturelles. Leur but n’est pas de divertir mais de faire progresser la science en s’entourant de médecins et de chirurgiens dans l’élaboration des différents organes artificiels.

Les grands automatistes de cette époque sont : Vaucanson, Friedrich Von Knauss, le Baron Von Kempelen, Pierre et Louis Jaquet-Droz, l’abbé Mical, et Kintzing.

Chacun des êtres artificiels réalisés au XVIIIème siècle était généralement une pièce unique qui résultait d’un long et fastidieux travail d’élaboration. Mais le résultat était impressionnant : de nombreux androïdes, souvent très complexes et remplissant des fonctions bien réelles, furent construits : automates écrivains, dessinateurs ou musiciens.

Les animaux artificiels, nés, eux aussi, de cette philosophie, avaient un comportement qui copiait presque parfaitement le monde animal : paons, insectes, chiens, cygnes, grenouilles, éléphants, écrevisses et canards constituaient, entre autre, le bestiaire de ces créateurs – zoologistes ».

Partie 3. Jacques de Vaucanson (1709-1782). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Jacques Vaucanson, ou Jacques de Vaucanson, est un inventeur et mécanicien français. Il a créé des automates dont le canard de Vaucanson ».

« Il suit à Paris, de 1728 à 1731, des études de mécanique, physique, anatomie et musique.

À partir de 1733 ou 1735 et jusqu’en 1737 ou 1738, il construit son premier automate, le flûteur automate, qui joue de la flûte traversière. Il semblait être grandeur nature, habillé en sauvage et jouant assis sur un rocher. Il fait forte impression au public, qui peut le voir à la foire de Saint-Germain, puis à l’hôtel de Longueville.

Une grande partie du mécanisme de l’automate était placée dans un piédestal ; celui-ci, entraîné par un poids, consistait en un cylindre de bois couvert de picots, qui, par l’intermédiaire de quinze leviers et de chaînes et de câbles, pouvait modifier le débit d’air, la forme des lèvres, et les mouvements des doigts. Le flux était produit par neuf soufflets de puissances différentes, une sorte de langue artificielle ouvrait ou fermait le passage. La flûte n’est pour l’automate qu’un instrument remplaçable par un autre, et ce sont les mouvements des lèvres, doigts, et le contrôle du souffle qui lui permettent de jouer de la musique, comme un humain. Le flûteur automate a disparu au début du XIXe siècle ».

Le canard de Vaucanson. Sources : extraits de l’article de Wikipédia et Youtube de 16’56.

Créé vers 1734 et présenté au public en 1739, célèbre tant pour le naturel, la complexité et la diversité de ses mouvements que pour la manière réaliste dont il simule la digestion et la défécation.

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Musée. Imprimerie et Carte à jouer

Grevenmacher (Luxembourg). Musée de l’imprimerie et de la Carte à jouer.

4 parties dans cette chronique :

  • Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Diaporama de 33 photos.
  • Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers.
  • Partie 3. Histoire des cartes à jouer en Europe et en France.
  • Partie 4. Grevenmacher. Nouvelle exposition permanente sur l’histoire de l’imprimerie. Diaporama de 19 photos.

Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Source : exposition sur le cartier Jean Dieudonné.

« Le musée du jeu de cartes est dédié à Jean Dieudonné, né vers 1720 aux environs de Thionville, fondateur d’une dynastie de cartiers qui s’est installée à Grevenmacher en 1754. Le musée reconstitue son atelier du début du XIXe siècle, avec la presse telle qu’elle fonctionnait alors, ainsi que les pochoirs, clichés et autres outils utilisés pour la fabrication des cartes ».

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« Les produits de la manufacture Dieudonné étaient surtout destinés au marché étranger, les avantages fiscaux au Luxembourg créant un contexte favorable pour cet artisanat florissant. Les successeurs de Jean Dieudonné continuèrent la manufacture jusqu’en 1880, date à laquelle Jean-Paul Dieudonné décida l’abandon de la production de cartes.

L’histoire de la manufacture est intimement liée aux mutations politiques qui ont jalonnée son existence. Ainsi, à la suite de la Révolution française et de l’annexion du Luxembourg en 1795, il fut interdit de représenter des têtes couronnées sur des cartes de jeux, et lorsqu’en 1797, le gouvernement français introduisit la taxe sur les jeux de cartes, il fallut toute l’intelligence commerciale des Dieudonné pour assurer la survie de l’entreprise.

Le gouvernement néerlandais qui succéda aux Français abolit la taxe, et ce n’est que bien plus tard, en 1905, que le gouvernement luxembourgeois décida de la rétablir ; à cette époque, les manufactures Dieudonné avaient déjà cessé d’exister ».

Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers. Source : extraits des Archives d’Angers.

« Angers fut pendant quatre siècles le siège d’une importante industrie cartière, maintenue jusqu’en 1952 par la fabrique Dieudonné qui dût fermer à la suite de la loi de 1946 accordant liberté totale de fabrication des cartes à jouer à tous les imprimeurs ».

« Les cartes de Jacques Rousseau, maître cartier documenté entre 1689 et 1695, constituent la plus ancienne trace des productions angevines. La première feuille, caractéristique des cartes au portrait de Paris très répandu en France du nord, de l’est et de l’ouest, présente la série complète des dames (Judic dame de cœur, Palas dame de pique, Argine dame de trèfle, Rachel dame de carreau), un fragment du valet de trèfle et le valet de pique Hogier, traditionnellement accompagné d’un petit chien dressé contre sa jambe gauche. Les personnages portent les noms actuels, fixés vers la fin du XVIIe siècle. Ceux de la seconde feuille, gravés en revanche selon le portrait de Guyenne, ne portent aucun nom. Toutes deux ne présentent aucune enseigne (pique, trèfle…) : celles-ci étaient peintes après l’impression.

Les registres paroissiaux livrent en 1674 le nom d’Étienne Madigné, tige d’une dynastie de « marchands cartiers » qui se poursuit jusqu’à la Révolution. Le 4 juin 1675, Simon Helboult, marchand cartier, épouse Marie Joret appartenant à une autre dynastie de cartier. Les Archives d’Angers conservent un spécimen d’enveloppe de jeu de Simon Elbout (orthographe la plus commune) marquée : A bon jeu, bon argent. Cartes très fines à batons faite par Simon Elbout rus du Beuf Couronné à la Bonne Renommée à Angers. Gros marchand, Simon Elbout, mort en 1708, paie vingt livres de capitation en 1694. Le cartier Quitteboeuf a un commerce encore plus considérable puisqu’il est taxé à cinquante livres.

Au XVIIIe siècle, les maîtres cartiers d’Angers sont huit à dix en moyenne. Dès les années 1680-1690, leur production très soignée fait rude concurrence aux cartiers nantais. Le métier, regroupé avec les cartonniers, est libre. N’étant pas constitué en corporation, il n’a pas de statut. Seuls de grands centres comme Nantes, Toulouse, Rouen, Paris ou Lyon purent obtenir le groupement en corporation.

Les cartiers angevins ne sont plus que six en 1789 (quatre à Toulouse, huit à Lyon), mais produisent environ 105 300 jeux de piquet par an. Le plus actif d’entre eux, Pierre Sigogne, taxé à soixante-quatorze livres de capitation, fait partie des Angevins les plus imposés. Il rédige le cahier de doléances des cartiers-cartonniers en 1789″.

Partie 3. Brève histoire des cartes à jouer. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Les cartes à jouer sont apparues en Europe au XIVe siècle (leur présence est attestée en Catalogne en 1371, en Allemagne et à Florence dès 1377, en Espagne entre 1377 et 1381 et en France en 1381) ; elles y sont peut-être arrivées par l’intermédiaire des Arabes ou par les échanges marchands avec les Mongols le long de la Route de la soie, deux hypothèses retenues par Joseph Needham ou par Thomas T. Allsen.

Le jeu de tarots apparaît dans les années 1440 en Italie du Nord. Très tôt sa structure se fixe : quatre couleurs composées de dix cartes numérales de l’as au dix, quatre figures (valet ou fante, cavalier, reine et roi) ; à ces quatre séries est ajoutée une cinquième série de cartes (les triomphes qui seront plus tard désignés comme atouts) de vingt-deux cartes ».

« En France, l’énorme demande pour ce nouveau jeu de hasard va pouvoir être satisfaite grâce à la gravure sur bois, un procédé innovant qui permet la multiplication mécanique des images. Lyon, ville de l’impression sur étoffes utilise déjà ce mode de fabrication de motifs en gravant des figures sur une plaque de bois qui va servir de tampon. Après encrage, les plaques impriment leurs motifs par pression sur le papier. Puis le contre-collage de quatre feuilles de papier rigidifie le tout pour lui donner une texture cartonnée, d’où le nom de cartes. Elles sont alors peintes à la main, puis découpées avant d’être recouvertes de savon, et enfin passées au lissoir afin de faciliter une bonne manipulation du jeu.

Les cartiers de Lyon présentent leurs cartes avec des caractéristiques propres : les rois portent un sceptre à la fleur de lys, le roi de cœur tient un perroquet, le roi de trèfle un globe surmonté d’une croix, la dame de carreau une fleur de tournesol, le valet de carreau une hallebarde.

Sous l’Ancien régime, les cartes sont soumises à des droits qui provoquèrent parfois la colère des cartiers.

C’est en 1704 que le père jésuite François Ménestrier (1631-1705), enseignant au collège de la Trinité à Lyon, considère que le jeu de cartes représente un état politique composé de quatre corps: les ecclésiastiques, gens de cœur; la noblesse militaire et ses armes, les piques ; les bourgeois aux maisons pavées comme des carreaux et les trèfles revenant tout naturellement aux paysans. Louis XIV en profite, aussitôt, pour lever un impôt sur chaque jeu.

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La Lapidation de Saint Étienne

La Lapidation de Saint Étienne par Hans Baldung Grien, 1522, musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Diaporama de 24 photos (l’œuvre, des détails, les notices).

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Signature de Hans Baldung Grien et date du tableau

La Lapidation de Saint Étienne. Source : extraits de Wikipédia.

« Le tableau représente une scène biblique décrite dans les Actes des Apôtres, chapitre 7 versets 54 à 60 : la mort du martyr Étienne, jeune diacre appartenant à la communauté chrétienne de Jérusalem, lapidé par l’assemblée du Sanhédrin, le grand conseil des chefs spirituels de la communauté juive ».

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18ème. Gravures de camp militaire

Deux gravures de Striedbeck, photographiées en novembre 2021 au Cabinet des Estampes de Strasbourg

Diaporama de 11 photos : Plan du Camp d’Erstein en Alsace (1753) et Carte du Camp de Blopsheim en  Alsace (1754), villes distantes de 10 kms.

Partie 1. Que nous apprennent ces gravures ? Quelles questions posent-elles ?

Les légendes des gravures livrent le nom et les titres de ceux qui commandaient l’inspection des camps. Il s’agit de deux figures de la Noblesse d’épée.

Erstein. Plan commandé par Mr le Marquis de St. Pern (1716-1795), Lieutenant Général des Armées du Roy, Commandeur de l’Ordre Royal et militaire de St. Louis, Inspecteur Commandant du Corps de Grenadiers de France et Inspecteur Général d’Infanterie.

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Blopsheim. Carte commandée par Mr le Comte de Maillebois (1715-1791), Lieutenant Général des Armées du Roy, Inspecteur Général d’Infanterie, Gouverneur de la Ville et Citadelle de Douay, et Maître de la Garde-robe du Roy.

Les gravures classent les troupes en plusieurs catégories et les symbolisent par des logos, qui indiquent leur emplacement sur le terrain : postes d’infanterie, sentinelles, gardes de cavalerie, vedettes (bateaux), canons, gardes du camp, hussards, chapelle.

Partie 2. Les gravures des camps d’Erstein et de Plobsheim ont-elles été portées à la connaissance de l’intendant et du gouverneur de l’Alsace ?

Jacques Pineau de Lucé a été Intendant de la Généralité d’Alsace de 1753 à 1764, année de sa mort, à l’âge de 55 ans. Il a été seigneur de Viennay, président au Grand Conseil, maître des requêtes, intendant à Tours, intendant de Hainaut, puis conseiller d’État en 1761.

Source. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Sans cela une ville ne peut être heureuse : le rôle des gouverneurs et des commandants dans l’aménagement des villes-frontières au XVIIIe siècle, par Guillaume Lasconjarias dans Persée.

« Strasbourg, en 1732, les contrôles de troupes font état de dix bataillons d’infanterie accompagnés d’un bataillon d’artillerie et d’une compagnie d’ouvriers, soit près de six mille hommes. Encore en 1776, cette forte présence militaire est toujours attestée : il n’y a pas moins de onze bataillons (dont un d’artillerie) et six escadrons dans la cité alsacienne, sans compter un détachement de quatre cent quinze soldats formant la garnison de fort Louis.

Une partie conséquente de ces éléments est affectée à des tâches de surveillance et dans la première moitié du siècle, il monte journellement sept cent quatre-vingt-dix hommes dont trente-cinq sergents et cinq capitaines et onze lieutenants. Pas moins d’un cinquième des troupes prend part aux gardes, aux contrôles et aux patrouilles, souvent une fois la nuit tombée.

Dans la cité alsacienne, outre la garde des portes et des lieux les plus dignes d’intérêt et de conservation (l’hôtel de ville, le pont principal sur le Rhin, les hôtels du gouverneur et du commandant…), des éléments militaires patrouillent dans tous les quartiers.

En théorie, on pourrait imaginer une séparation entre monde civil et monde militaire. Il n’en est rien, ne serait-ce que parce que les troupes se répartissent entre la ville et la citadelle, en théorie interdite aux civils ».

Partie 3. Le contexte politico-militaire : entre la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Les deux gravures des camps d’Erstein et de Blopsheim (en 1753 et 1754) me paraissent des outils militaires de faible utilité pour le déroulement et l’issue de la guerre qui arrive. Une des raisons est que la guerre se déroulera ailleurs qu’en Alsace, ailleurs que sur le Rhin.

« La guerre de Sept Ans est un conflit majeur de l’histoire de l’Europe, le premier qui puisse être qualifié de guerre mondiale. Elle concerne en effet les grandes puissances européennes de cette époque, regroupées en deux systèmes d’alliance, et a lieu sur des théâtres d’opérations situés sur plusieurs continents, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Inde.

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Classement de Shanghai : STOP !

Lors de la création du blog Histoires d’Universités en 2009, j’ai consacré une chronique critique à ce classement : Pamphlet contre Shanghai. J’ai récidivé chaque année qui a suivi : le marronnier de Shanghai. Cette fois, je dis STOP !

Partie 1 : Ne plus se référer au classement de Shanghai.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur de Rechercher doit donner l’exemple, doit cesser de publier des communiqués d’autosatisfaction. Depuis 2009, celui-ci, qu’il soit de droite ou de gauche, mène la même politique : les établissements doivent se regrouper, voire fusionner, pour progresser dans le classement.

Cette politique, encore accentuée par la création d’Établissements Publics Expérimentaux en 2019, va conduire à la mort des universités publiques et de leurs valeurs séculaires : la démocratie universitaire y est sacrifiée (les personnels et les étudiants ne sont plus majoritaires dans le conseil d’administration), la défense de l’intérêt collectif est combattue. Domine l’intérêt individuel des présidents dont certains resteront accrochés à leur fonction bunkerisée pendant deux tiers de leur vie professionnelle, jusqu’à leur retraite.

Extraits du Communiqué du MENESR de juillet 2022 : le classement thématique de Shanghai 2022 conforte l’excellence des établissements de l’enseignement supérieur.

« Mme Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se félicite de ces reconnaissances, et de la prise en compte dans ce classement des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE) créés en 2022 (Montpellier, Lille et Nantes). 11 EPE, sur les 14 officiellement créés à ce jour, figurent dans le classement thématique de Shanghai.

Ces résultats confortent la politique d’investissement de l’État en recherche sur le temps long avec les centres d’excellence IDEX/ISITE et les programmes de France 2030 comme Excellences. De plus, les leviers mis à disposition des établissements dans le cadre de la loi de programmation de la recherche (création de chaires de professeur junior, augmentation des crédits alloués à l’ANR et aux laboratoires, valorisation du doctorat) permettront d’améliorer à la fois la production scientifique de nos laboratoires et l’attractivité de nos établissements pour les chercheurs internationaux ».

Extraits du Communiqué du 15 août 2022. La stabilité de la France dans le classement général de Shanghai illustre le rayonnement scientifique français à l’international.

« Comme en 2021, 4 établissements sont classés dans le Top 100 dont 3 dans le Top 50.  Le classement de l’Université Paris-Saclay au rang de 16e université mondiale (1re université française et 3e européenne) permet également à la France de conserver pour la 3e année consécutive sa 3e place mondiale, sur la base du nombre d’établissements dans le Top 20. Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, félicite les 28 établissements classés. Elle salue également le passage dans la tranche supérieure des universités de Toulouse 3 Paul Sabatier (201-300), Lille (301-400), Paris Est Créteil (801-900) et de l’INSA Toulouse (701-800) ainsi que la prise en compte des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE), y compris ceux créés en 2022 (Université de Montpellier, Université de Lille et Nantes Université) »

Partie 2.  L’université Paris Saclay, 1ère université française pour Shanghai, est un exemple de politique de transports publics ratée ; elle est responsable du dérèglement climatique dans sa zone géographique (riches terres agricoles du plateau de Saclay mangées par des immeubles de faible hauteur et des parkings pour voitures). Parkings à vélos inutiles : pour monter sur le plateau, il faut être un cycliste amateur de bon niveau.

L’université Paris Saclay selon Wikipédia

« L’université Paris-Saclay est une université française créée le 6 novembre 2019 par décret paru au Journal officiel en tant qu’établissement expérimental public à caractère scientifique, culturel et professionnel. Elle est l’une des douze universités parisiennes, héritière de l’université Paris-Sud-XI, créée le 1er janvier 1971.

Elle est membre et coordonne l’alliance universitaire européenne European University Alliance for Global Health depuis le 1er septembre 2019 et de Udice depuis 2020.

Jusqu’en novembre 2019, l’université Paris-Saclay était une communauté d’universités et d’établissements (ComUE). Sa création a pour but initial de constituer le pôle de formation et de recherche de la grappe industrielle Paris-Saclay.

L’université Paris-Saclay succède à l’université Paris-Sud, supprimée le 1er janvier 2020, et intègre l’École normale supérieure Paris-Saclay, CentraleSupélec, l’Institut d’Optique et AgroParisTech en tant que établissements-composantes ; ainsi que l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) en tant qu’organisme de recherche.

Elle a pour perspective à terme (en 2025) de fusionner avec ses deux universités membres-associés, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et l’université d’Évry-Val-d’Essonne« .

2025, une année horribilis en perspective : la fusion avec ses deux membres associés va mécaniquement plomber la place de Paris-Saclay dans le classement de Shanghai. Raison de plus pour oublier tout de suite ce classement international.

Partie 3. 1976, l’École Polytechnique s’installe en bordure du plateau de Saclay

« Le transfert de l’École polytechnique à Palaiseau est un épisode connu dans ses principaux aspects : décision de principe en 1961, inscription dans le Ve Plan en 1965, confirmation par le général de Gaulle en 1968, début des travaux en 1970, début de la construction en 1972, installation de l’École à Palaiseau en 1976 » …

Alain Piffaretti, Les Échos, Polytechnique à Palaiseau : un transfert mouvementé, 10 août 2021.

« 30 Août 1976. La promotion 76 des élèves découvre les locaux flambant neufs de la toute nouvelle école Polytechnique à Palaiseau. En pénétrant sur l’immense espace de 152 hectares, ils n’ignorent surement pas que ce jour marque la fin d’un long processus d’une quinzaine d’années. L’installation aura en effet connu plusieurs rebondissements politiques et essuyé une résistance acharnée. Car le déménagement sur le plateau de Saclay de la prestigieuse école constitue aux yeux de nombreux anciens élèves une véritable déchéance ».

Partie 4. Le serpent de mer des transports publics de grande capacité.

Chronique du blog du 31 octobre 2019. Paris Saclay, Empreinte Carbone. « Un communiqué final qui me laisse pantois… Novlangue de bois, défis modernistes consensuels, banalités grandiloquentes, méthode Coué. Et concrètement ? Rien ?

Rien ? Non ! à part une contribution au réchauffement climatique…

  • quelle Empreinte carbone laissée par 300 participants dont la plupart sont venus par avion, en provenance de quatre continents !
  • quelle Empreinte carbone laissée par plusieurs milliers de voitures stationnant sur les parkings créés sur le plateau de Saclay, en l’absence de transports en commun performants et/ou en cas d’incidents? Le 5 juillet 2019, HDR au CEA Saclay Neurospin. Temps mis entre la gare de Strasbourg et la gare de l’Est : 1 heure 48 ; temps mis entre la gare de l’Est et le CEA Saclay, en passant par Denfert-Rochereau et Massy-Palaiseau : 2 heures 25.

Le Métro – ligne 18 du Grand Paris Express… en 2030

« La future ligne de métro 18 s’inscrit dans le projet du Nouveau Grand Paris. Cette ligne automatique, qui reliera Orly à Versailles, en passant par la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, sera réalisée en deux phases : d’Orly Aéroport au CEA Saint-Aubin, au plus tard en 2027, et du CEA Saint-Aubin à Versailles Chantiers, en 2030.

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L’Abbaye, le Canal, le Champagne

L’abbaye, le canal, le champagne. L’Abbaye est celle de Saint-Pierre d’Hautvillers et de son moine le plus célèbre, Dom Pérignon (1638-1715).

Le canal est celui appelé latéral à la Marne. Il va de Dizy (en banlieue d’Épernay) à Vitry-le-François, en passant par Mareuil sur Ay.

  • Diaporama 1 (26 photos). Jonction entre la Marne et le Canal, photographiée de Hautvillers.
  • Diaporama 2 (17 photos). La Marne et le Canal à Mareuil-sur-Ay.

Le champagne est celui des coteaux de la Montagne de Reims, côté Épernay, et, en particulier, celui de sa principale Maison, Moët & Chandon, fondée en 1743 et détenue aujourd’hui par le groupe de luxe LVMH.

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Partie 1. Le Canal latéral à la Marne

« Il longe la rivière de Vitry-le-François à Dizy. Il est intégralement situé dans le département de la Marne et dessert les villes de Châlons-en-Champagne et Épernay ».

« Il mesure 67 kilomètres et comprend 15 écluses au gabarit Freycinet (39 m sur 5,10). Il a été ouvert au cours de la première moitié du XIXᵉ siècle.

Le canal a pour particularité de ne pas avoir de courant. Découpé en biefs, il  peut avoir des populations piscicoles différentes et variables suivant l’époque ou l’année. En effet, les carpes peuvent changer de biefs par les écluses ».

Propriété de l’État, le canal est géré par Voies navigables de France« .

Le Canal latéral : un film, un polar.

« C’est probablement l’écluse no 10, Juvigny (Marne), à quelques kilomètres en aval de Châlons-sur-Marne, qui est le lieu réel de la seconde partie de l’action du film de Jean Delannoy Le Baron de l’écluse, en 1960 avec Jean Gabin et Micheline Presle.

L’intrigue du livre Le Charretier de la Providence, deuxième roman de Georges Simenon de la Série des Commissaires Maigret se déroule le long du canal latéral à la Marne. L’histoire débute en effet par un meurtre à Dizy et se termine à Vitry-le-François, d’un bout à l’autre du canal que l’inspecteur Maigret parcourt totalement à vélo afin de résoudre le crime ».

Partie 2. L’Abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers

« L’abbaye est fondée en 650 par saint Nivard, archevêque de Reims. D’après la légende, c’est une colombe qui lui aurait indiqué le lieu où édifier l’abbaye suivant la règle de saint Benoît et saint Colomban. Sous les Carolingiens, l’abbaye acquiert un rayonnement important, notamment grâce à ses manuscrits comme l’évangéliaire d’Ebbon et peut-être le psautier d’Utrecht.

« Saint Rieul y embrassa la vie monastique en 662 avant de succéder à saint Nivard en 669. Le monastère possédait la relique du corps de sainte Hélène volée à Rome en 841 par un prêtre de Reims, ce qui développa un important pèlerinage et des revenus qui lui permirent d’acquérir des terres et des vignobles de champagne (40 hectares). Cette abbaye était florissante jusqu’à la baisse à six religieux en 1634. Ce nombre remontait à vingt-quatre en 1689″.

Partie 3. Pierre Pérignon, dit dom Pérignon, « né à Sainte-Menehould en décembre 1638 ou janvier 1639 et mort dans l’abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers le 24 septembre 1715, est un moine bénédictin qui, selon la légende, a importé de Limoux la méthode de la prise de mousse du vin dite méthode champenoise — il est de ce fait considéré comme l’inventeur du champagne. Presque exactement contemporain de Louis XIV, il n’était ni vigneron ni alchimiste. Au monastère d’Hautvillers, près d’Épernay, il assurait le contrôle des vignes et des pressoirs de l’abbaye. Son apport à la méthode était d’assortir avant de les pressurer des raisins de diverses origines.

En 1668, alors âgé de trente ans, il rejoint l’abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers où, jusqu’à sa mort en 1715, il y tient la charge de procureur (cellérier-intendant), une charge de la plus haute importance à une époque où les monastères possèdent de vastes domaines d’où ils tirent toutes sortes de produits destinés à la vente. Et qui, surtout, lui donne la haute main sur les vignes et les pressoirs de l’abbaye.

C’est la connaissance du bon effet que produisent les raisins de trois ou quatre vignes de différentes qualités qui a porté à la perfection les fameux vins de Sillery, d’Ay et d’Hautvillers.

Il est enterré devant le chœur de l’église abbatiale de Hautvillers, aux côtés du prieur Dom Royer ».

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Schiltigheim (67), l’écluse n°51

Canal de la Marne au Rhin. Source : larges extraits du site Inventaire Strasbourg, écluse n°51.

Diaporama de 37 photos.

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« Le canal de la Marne au Rhin a été mis en service en 1853, mais les écluses ont toutes été allongées à 38,50 mètres en 1895 par l’administration fluviale allemande.

L’écluse n°51 du canal de la Marne au Rhin et la maison d’éclusier, situées sur la commune de Schiltigheim, correspondent vraisemblablement à cette datation ».

« En 1943, un dépôt d’essence (aujourd’hui détruit) fut construit à proximité par l’administration allemande. Il contenait deux cuves d’une capacité de 3500 litres chacune.

La maison d’éclusier a fait l’objet de travaux d’extension dans les années 1950, mais le poste de commande abritant le boîtier de commande de la machinerie hydraulique remonte au début des années 1960.

Un halage électrique avec locotracteurs existait dans les années 1960.

La manœuvre automatisée des écluses du canal a été mise en place dans les années 1978 à 1981« .

« La passerelle piétonne avec rampe à vélos surmontant l’écluse a été aménagée par la municipalité en 1995« .

« Le site d’écluse 51 est situé juste avant le confluent du canal avec la rivière l’Aar, affluent de l’Ill, sur laquelle se trouve le barrage-écluse de la Robertsau à Strasbourg. Il s’agit d’une écluse à sas maçonné, ouvrant à deux battants métalliques à chaque extrémité« .

« La maison d’éclusier initiale est de plan rectangulaire régulier, en maçonnerie enduite, avec des chaînes d’angles en grès harpées irrégulières, et des baies rectangulaires encadrées de grès en rez-de-chaussée et baie cintrée à l’étage, sur le pignon. Une extension longitudinale sur le gouttereau ouest avec prolongement du toit, présente des percements modernes (fenêtre et porte d’entrée principale sur le pignon sud) ».

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Le dernier Château des Rohan

L’avant-dernier des châteaux des Rohan (1770)

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Le dernier château des Rohan à Saverne : de l’incendie de 1779 à l’arrêt de la reconstruction en 1790. Quatre parties dans cette chronique fondées sur quatre sources en ligne.

Trois diaporamas

Partie 1. Saverne. Le château des Rohan, le Versailles alsacien. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le majestueux Château des Rohan, avec son immense façade néoclassique, témoigne du rôle de Saverne. La ville a été depuis le début du Moyen-âge la propriété et le siège de l’épiscopat strasbourgeois. Elle a servi de siège pour l’administration des biens et des vastes propriétés, de part et d’autre du Rhin ».

Façade orientale du château, donnant sur les jardins

« Plusieurs évêques vont particulièrement développer la cité. Albert puis Robert de Bavière au XVIe siècle, les princes de Furstenberg à la fin du XVIIe siècle et, surtout en ce qui concerne le château, les cardinaux de Rohan, au XVIIIe siècle, qui sont liés à l’âge d’or de la ville, dont les somptueuses fêtes épiscopales lui ont valu le titre de Versailles alsacien.

Le château actuel est le quatrième d’une série de monuments qui se sont succédé à cet emplacement depuis le Moyen-âge, le tout premier édifice seigneurial étant le Oberhof situé en surplomb du palais épiscopal.

Le bâtiment visible de nos jours est une restauration de l’édifice que le cardinal Louis-René-Edouard de Rohan-Guéméné (chroniques du blog) a commandé à l’architecte Nicolas Salins de Monfort, suite à l’incendie de 1779 qui a détruit le palais précédent. Les travaux sont interrompus par la Révolution ».

  • Nicolas-Alexandre Salins de Monfort, « né à Versailles en 1753 et mort à Nantes en 1839, est un architecte français. Après des études d’architecture à Paris, il part en Basse-Alsace en 1776 pour y exercer la fonction d’inspecteur des bâtiments publics. À la suite de l’incendie du château épiscopal de Saverne (8 septembre 1779), le prince-évêque Louis-René-Edouard de Rohan lui en confie la reconstruction. Il ne peut pourtant terminer complètement son œuvre puisqu’il émigre en Allemagne en 1790, participe activement à la contre-révolution puis s’installe à Francfort-sur-le-Main en 1797″.

« Pendant la première moitié du XIXe siècle, le château, en ruines, est menacé de démolition. Il est restauré par Napoléon III pour y installer des veuves d’officiers civils et militaires morts au service de la France ». Est-ce sous Napoléon III que la façade ouest du château est terminée ? Je n’ai pas trouvé de source !

Façade occidentale du château, donnant sur la ville

« Après la guerre franco-allemande de 1870, le château est transformé en caserne et accueille, après le retour à la France en 1918, le 10e Bataillon de chasseurs à pied. Depuis 1945, l’édifice est propriété de la Ville qui assure son entretien et y a installé de nombreux équipements culturels ».

Partie 2. Eric de Haynin. La Crosse et l’Épée. Histoire des princes et évêques de Strasbourg, I.D. l’Édition, 2020, Chapitre 14, Le Cardinal Collier (1779-1802). Capture d’écran de la page 164, le château, sa construction, ses caractéristiques.

Partie 3. Le château des Rohan de Saverne. Source : blog du collège Poincaré (Saverne), chronique du jeudi 17 avril 2008.

« Au centre historique de Saverne, place du général de Gaule, se trouve un magnifique château datant du 18ème siècle : le château des Rohan. Il devient à travers les siècles un grand carrefour pour l’Alsace, accueillant un grand nombre de personnalités.

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Saverne, la Régence épiscopale

Partie 1. Saverne, siège de la Régence de la principauté épiscopale.

Celle-ci compte plus de 200 villages, regroupés sous l’autorité administrative de 20 baillis. Chaque maillon de l’administration fait l’objet d’une description (cf. Partie 2. La désignation d’un garde-chasse au XVIIIe siècle).

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Octave Meyer, La régence épiscopale de Saverne, 1935

Reproduction d’un dessin de F.P. Barbier représentant Saverne et le parc du château vers 1760. Source, Cabinet des Estampes et des Dessins de la ville de Strasbourg

Partie 2. La désignation d’un garde-chasse au XVIIIe siècle

Philippe Jéhin, professeur d’histoire au lycée Bartholdi à Colmar et chargé de cours à l’Université de Haute Alsace. Source : livre d’or de la chasse en Alsace, Strasbourg, Nuée bleue, 2008, en collaboration avec Gilbert Titeux

« A l’automne 1721, un garde-chasse est désigné pour les villages d’Eguisheim et de Wettolsheim, mais celui-ci éprouve quelques difficultés à obtenir les gratifications d’usage. A l’extinction de la lignée des comtes d’Eguisheim en 1225, l’évêque de Strasbourg entre en possession de la ville d’Eguisheim et du village voisin de Wettolsheim qu’il conserve jusqu’à la Révolution.

Il en est donc le seigneur territorial, représenté par un bailli qui réside au château d’Eguisheim, au cœur de la ville, jusqu’en 1752. Eguisheim et Wettolsheim possèdent un finage varié et giboyeux dominé par les silhouettes des Trois Châteaux. Leur territoire s’étire de la plaine occupée par les champs de céréales, à la montagne couverte de forêts, en passant par les collines sous-vosgiennes consacrées au vignoble.

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De Rohan, abbés commendataires

Louis-René de Rohan (1734-1803), prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, a bénéficié, au cours de sa vie, d’abbayes commendataires : Sauxillanges, La Chaise Dieu, Montmajour, Saint Vaast.

L’abbaye commendataire n’est pas une charge royale (elle ne s’achète, ni ne se vend). Elle est souvent associée à une position dans la hiérarchie de l’église : des évêques coadjuteurs, des évêques, des archevêques, des cardinaux obtiennent des abbayes commendataires.

Elle est, pour le Clergé noble ou anobli, une marque de confiance royale, une récompense pour services rendus ou attendus. Ce qui veut dire que, quand la confiance n’existe plus, la commende est retirée (ce sera le cas pour Louis-René de Rohan au moment de l’affaire du Collier de la Reine, en 1784).

La commende constitue une source de revenus fort variable, entre 1 000 livres et 130 000 livres par an (ce dernier montant est celui de l’abbaye de Saint-Germain des Près quand le cardinal Charles-Antoine de la Roche-Aymon en obtint la commende en 1771). Ce revenu est cumulable avec d’autres commendes (le montant de la dernière obtenue étant plus élevé que celui de l’avant-dernière). J’ai noté 25 commendes dont le revenu est égal ou supérieur à 40 000 livres par an.

Les commendes ne constituent pas la seule source de revenus de Louis-René de Rohan. Il faut y ajouter le poste d’ambassadeur à Vienne durant deux ans, la principauté épiscopale de Strasbourg à partir de 1779, le provisorat de Sorbonne, l’Hôpital des Quinze-Vingts…

Autre avantage financier pour le Clergé : la non–imposition. Mais, à partir de Louis XIV, le don gratuit, contribution aux finances royales, devient coutumier et est exigé à chaque assemblée du clergé. Le montant des sommes versées a été très variable. Entre 1715 et 1788, le clergé aurait contribué pour 288 millions de livres, soit 2,7 % des revenus du Trésor royal d’après Necker.

L’Almanach Royal annuel existe depuis 1699 (une quinzaine d’années sont consultables à la BNU de Strasbourg). Celui de 1777 recense plus de 700 abbayes commendataires pour hommes.

De gauche à droite : année de la nomination du titulaire de la commende; nom de l’abbaye; nom du titulaire; nom du diocèse où se trouve l’abbaye; montant, en florins, de la somme versée à Rome pour la nomination; montant, en livres, du revenu annuel de l’abbaye.

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L’Almanach de 1777 recense près de 300 abbayes commendataires pour « filles ». La plus importante est l’Abbaye Royale de Fontevraud. Julie Pardaillon d’Antin, abbesse depuis 1766, est la 36e et dernière abbesse. L’Almanach affiche un revenu de 80 000 livres. Sept autres revenus d’abbayes féminines se situent entre 30 000 et 55 000 livres. Les Abbesses commendataires sont-elles pénalisées financièrement par rapport aux Abbés ? Je ne sais !

1789-1790. L’Assemblée nationale prend  les décisions qui mettent un terme à la vie monastique, et, de fait, au système de la commende. « Le 2 novembre, les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la Nation ; le 13 novembre, les communautés doivent déclarer leurs biens mobiliers et immobiliers. Le 13 février 1790, les vœux monastiques sont interdits et les ordres religieux supprimés. En 1792, la République décide la vente des biens nationaux ».

Parties 1 à 4 : les commendes de Louis-René de Rohan. Cette chronique ne dit rien – hélas – de l’investissement personnel de l’abbé commendataire dans chacune d’entre elles. Revenus annuels : Sauxillanges (non mentionné dans l’Almanach), La Chaise Dieu (10 000 livres), Montmajour (20 000), Saint Vaast (40 000). En 1715, Armand-Gaston de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, était abbé commendataire de Saint-Vaast ; le revenu annuel était déjà de 40 000 livres.

Partie 1. 1745 (11 ans). Louis-René de Rohan nommé prieur commendataire du monastère de Sauxillanges en Auvergne.

Source : Le prieur clunisien de Saxillanges

« L’histoire de Sauxillanges est liée à la puissante abbaye de Cluny, fondée en 910 par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne. Monastère important qui accroît son patrimoine grâce aux donations de l’aristocratie locale : 41 églises, mais aussi champs, vignes et terres forment un important réseau de dépendances religieuses et de revenus agricoles. Le cartulaire est un inestimable recueil de 979 actes, précieuse ressource documentaire sur la vie de la communauté et le réseau clunisien.

L’empreinte monastique. De forme rectangulaire, la place centrale du bourg traduit toute l’emprise du monastère, autrefois bordée des bâtiments des moines, écuries, hôtellerie, infirmerie, dortoir, salle capitulaire, château du prieur. Si l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul a disparu, une partie de l’ancien cloître est intégrée dans une propriété privée. La chapelle Notre-Dame du Bois du 15e siècle, conserve des clefs de voûtes aux armes de France, de Cluny et de prieurs de Sauxillanges.

Au pied du monastère, un bief dérive l’eau de la rivière Eau-Mère pour irriguer les jardins, alimenter les moulins fariniers et fournir force motrice à tout un quartier d’artisans, tanneurs, tisserands, qui ont fait la richesse du bourg au 18e siècle ».

Partie 2. Nommé évêque coadjuteur en 1759, le dernier des Rohan reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de La Chaise-Dieu en Auvergne.

Sources : extraits du site de l’Abbaye de la Chaise-Dieu et de l’article de Wikipédia.

« Devenu roi en 1515, François Ier (1494-1547) signe un an plus tard, à Bologne, un concordat avec le Pape Léon X par lequel le roi de France peut nommer les évêques et abbés. Les rois abusent rapidement de cette facilité pour récompenser des proches, en particulier à La Chaise-Dieu. Les abbés nommés par le roi n’étaient pas tous ordonnés. S’ils venaient à La Chaise-Dieu au moins une fois pour prendre possession de leur charge, ils ne s’intéressaient guère à l’abbaye et se faisaient représenter par un vicaire général. Ainsi Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, fut abbé de 1562 à 1586.

Le cardinal Richelieu, devenu abbé commendataire de la Chaise-Dieu en 1629, a décidé en 1640 d’attacher les monastères sous la Chaise-Dieu à la Congrégation de Saint-Maur, qu’il avait fait créer en 1618, mais en gardant pareillement l’ancienne communauté, qui était autorisée d’y rester. Il s’agissait d’une réforme liturgique avec ce que les Mauristes ont apporté, à savoir le bréviaire de Saint-Maur approuvé par le pape Paul V et le missel romain tridentin de Pie V.

En même temps, ils entreprenaient de remettre en état l’abbatiale ravagée par les huguenots. Le tombeau du pape Clément VI fut reconstruit au milieu du chœur et le gisant put y être replacé. Le maître-autel, ceux des chapelles latérales ainsi que les retables datent de cette époque

La doctrine du jansénisme apparaît en 1640. L’abbaye devint un foyer d’accueil pour les jansénistes. Elle accueillit notamment Jean Soanen, évêque de Senez, l’un des plus farouches appelants, qui avait été suspendu de ses fonctions épiscopales et que le roi avait contraint à se retirer à La Chaise-Dieu, où il vécut de 1727 à sa mort en 1740 à l’âge de 93 ans.

L’abbé Hyacinthe Serroni fit construire un orgue, qui fut amélioré au début du XVIIIe siècle.

1695. Un incendie a détruit la plupart des bâtiments conventuels. Ils ont été reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1759. Devenu évêque-coadjuteur de Strasbourg, Louis-René de Rohan reçoit en commende La Chaise-Dieu. Il en devient le dernier abbé.

1785-1786. Il est mêlé à l’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette. Valeur estimée de ce collier : 1 600 000 livres payables par tranche en deux ans.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, il est exilé à la Chaise Dieu. En fait, son séjour n’a duré que trois mois et demi. A la Chaise, on ne voulait pas de lui. Dès lors, les moines lui donnent la maison qu’on voit encore près de l’escalier qui mène à l’église.

Arrêté en raison de sa compromission dans l’affaire du collier, il démissionne également de sa charge de grand aumônier. La charge en est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

1789. L’abbaye de La Chaise-Dieu compte encore une quarantaine de moines à la Révolution. Elle ne lui a pas survécu.

1790. La fermeture de l’abbaye de la Chaise-Dieu se fit sans incident en février 1790. Le dernier prieur, dom Pierre Terrasse, et tous les moines furent relevés de leurs vœux. La plupart se dispersèrent. Dom Pierre Terrasse fut désigné maire. Il veilla à ce que l’Inventaire fut établi en mars 1790 dans le calme. Il organisa la dispersion de l’importante bibliothèque de 5 853 volumes soit à l’évêché de Saint-Flour soit à la municipalité de Brioude. Le 3 mai 1790, jour de la prise de possession du monastère par le corps municipal, il demanda de s’abstenir des fonctions municipales.

1793. Si l’église abbatiale fut relativement protégée par la population de La Chaise-Dieu, en revanche les bâtiments abbatiaux, abandonnés, furent pillés. En 1793, la plupart furent vendus aux enchères à des habitants du pays, dont certains moines rendus à la vie civile.

1801. Le Concordat signé en 1801 par le Premier Consul Bonaparte et le Pape Pie VII permet de rétablir une relative sérénité ».

Partie 3. 1759. Nommé évêque coadjuteur, Louis René  reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de Montmajour en Provence.

Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« L’abbaye Saint-Pierre de Montmajour est une abbaye bénédictine fondée en 948, à environ quatre kilomètres du centre historique d’Arles.

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