Archives de Tag: Manifestations

1er mai 2022, manif à Strasbourg

Depuis 2009 et chaque année, chroniques et photos du blog dédiées à la manifestation du 1er mai à Strasbourg.

Temps maussade, 14 degrés. Départ de la place Kléber. Fin de la manif : place Broglie, deux heures plus tard.

Diaporama de 48 photos.

La bannière « Résistance » a déjà servi. Quiz : en quelle année ?

Celle pour la retraite à 60 ans est nouvelle. Mais il ne s’agit pas d’une bannière syndicale mais d’une bannière portée par des jeunes affiliés ou sympathisants d’un des partis de gauche.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1 500 participants selon les nouvelles données à la radio à 13 heures.

Je me rends compte que d’une manif à l’autre depuis 2009, la première partie du défilé, celle conduite par les syndicats, est devenue minoritaire, faute d’être intersyndicale (absence de drapeaux de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC, du SNPTES). Parmi les présents, les militants cégétistes demeurent les plus nombreux. Les autres, militants de FO, de Sud-Solidarité, de l’UNSA, du SNES et de ses différentes branches, ne font pas masse.

Les salariés d’une entreprise privée (une seule), syndiqués à la CGT, affichent leurs objectifs, leurs revendications : Punch Powerglide. La formulation est offensive : ils demandent un partage équitable de la bonne santé de l’entreprise.

Commentaires fermés sur 1er mai 2022, manif à Strasbourg

Classé dans BA. Photos, BF. Quiz, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

23/2/1749. Feu d’artifice pour la paix

23 Février 1749. Feu d’artifice à Strasbourg, pour fêter la paix signée à Aix-la-Chapelle et qui marque la fin de la Guerre de succession d’Autriche.

« Représentation des édifices et décorations élevées, et du feu d’artifice. Exécuté le 23 Février 1749 par les Ordres du Magistrat de Strasbourg, sur la Rivière d’Ill, proche l’Hôtel du Gouvernement, à l’Occasion de la publication de la paix ». Auteur, Weis, graveur.

Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg. Source EV 14 24

Diaporama de 15 photos (deux estampes, légendes en bas des œuvres, détails).

Article de Véronique Umbrecht (en ligne), La fête mise en scène dans Strasbourg au XVIIIème siècle. De l’architecture éphémère à l’architecture permanente, Fêtes en Alsace de l’Antiquité à nos jours, Open Edition Journals, Revue d’Alsace, 141 | 2015, pp. 105-129.

Résumé. « La fête est vécue comme un moment de liesse, un temps hors norme. L’ordre social se renverse ; les bourgeois côtoient les gens du peuple dans une promiscuité temporaire. Les relations humaines ne sont pas les seules à être bouleversées. La ville est aussi amenée à se métamorphoser.

Les artistes et les techniciens sont réunis au service de la promotion du pouvoir royal ou local. Ils transforment les rues, les places. Ils redessinent les perspectives : les bâtiments sont tantôt masqués par des architectures éphémères, tantôt habillés de décors postiches. La lecture de l’espace urbain et des édifices est réécrite dans une mise en scène onirique. Le soir venu, la lumière et le feu d’artifice sont orchestrés pour enflammer les cœurs et les édifices…

Cependant la fête ne serait pas complète sans la participation active de la population. Les édiles locaux incitent fortement à rassembler le plus de monde pour acclamer les princes sur leur passage. C’est l’occasion pour le peuple de côtoyer le bourgeois dans un élan commun d’allégresse. Des gradins ou des galeries en bois sont installés sur les façades des bâtiments pour accueillir la fine fleur de la noblesse ou de la bourgeoisie alsacienne : le Magistrat avoir fait dresser d’intervalle en intervalle des échafauds occupés par le reste de la jeunesse de Strasbourg proprement habillée.

Commentaires fermés sur 23/2/1749. Feu d’artifice pour la paix

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Ingénierie, Architecture

1775. La guerre du blé

Suite de la chronique 1774. Le Commerce des grains. Partie 2. La guerre du blé (avril-mai 1775).

Source 1. La guerre des farines, in Les essentiels de Gallica BNF.

« Suite à de mauvaises récoltes de blé, certaines régions françaises souffrent d’une véritable famine, tandis que d’autres, mieux approvisionnées, sont épargnées. En 1774, Turgot provoque une flambée des prix du pain et une disette généralisée en libéralisant le commerce des grains.

C’est l’agitation sur les lieux de distribution des farines, et la révolte gronde contre les commerçants spéculateurs. Une vague d’émeutes, appelée la « guerre des farines », a lieu dans la moitié nord du royaume en avril et mai 1775 : pillages, attaques de dépôts et de boulangeries, entrave des axes fluviaux et routiers. Marchands et fermiers sont généralement visés, mais aussi les représentants directs du pouvoir, meuniers affairistes ou conseillers aux parlements.

Signe avant-coureur de la Révolution, ces émeutes seront finalement enrayées par l’intervention massive des soldats du roi. L’ordre est rétabli par un contrôle des prix du blé et par l’organisation d’un approvisionnement des provinces en difficulté ».

Le Fermier brûlé ou la famille pauvre par François Philippe Charpentier (1734-1817). graveur, BnF, département des Estampes et de la Photographie.

Source 2. La guerre des farines. Larges extraits de l’article de Wikipédia.

« La guerre des farines (l’expression, contemporaine des événements, fut retenue par l’historiographie) désigne une vague d’émeutes survenues d’avril à mai 1775 dans les parties nord, est et ouest du royaume de France. Elle fait suite à une hausse des prix des céréales et consécutivement du pain, supposément du fait de la suppression de la police des grains royale, et des mauvaises récoltes des étés 1773 et 1774. Cette révolte singulière par son échelle fut réglée par un contrôle des prix du blé (avant le retour de l’abondance) et l’intervention de la troupe.

À travers la révolte frumentaire de l’Ancien Régime, se manifeste une crise sociale et politique. Ainsi, ces événements peuvent se lire comme une réaction envers l’édit de Turgot, qui rétablit la libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime le 13 septembre 1774 : en effet, cette libéralisation apparaît comme contraire à l’économie morale, rupture par rapport au principe qui exige du roi de veiller à la sécurité de ses sujets et à leur approvisionnement en denrées.

Des analyses récentes tendent à voir cet événement non pas seulement comme une révolte de la faim, mais également comme un prélude à la Révolution française. La guerre des farines peut être considérée, à ce titre, comme un événement prérévolutionnaire ou comme un signe avant-coureur de la Révolution. La guerre dite des farines s’inscrirait dans un mouvement frumentaire plus ancien, et annoncerait les révoltes frumentaires de l’An II ».

La guerre du blé au XVIIIe siècle. La critique populaire de la liberté économique. Florence Gauthier et Guy-Robert Ikni (eds), éditions Kimé, mai 2019, 332 pages.

Causes et étapes de la violence frumentaire

« Lors de la soudure du printemps 1775, les réserves de céréales s’épuisent alors que les nouvelles récoltes ne sont pas encore arrivées. Au printemps 1775, la disette se manifeste dans ce contexte nouveau : avant l’édit de Turgot, chaque région aurait fait face à sa propre pénurie, de sorte que certaines auraient souffert d’une véritable famine tandis que d’autres auraient été totalement épargnées et approvisionnées à des prix stables ; une intervention royale aurait été demandée, et sans doute obtenue, pour assurer l’approvisionnement des régions les plus touchées.

Commentaires fermés sur 1775. La guerre du blé

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), C. Ile-de-France, E. Agriculture, E. Droit et Sciences politiques, E. Economie Gestion

1735. Corse, 1ère indépendance

Source. Version abrégée de l’article d’André Larané, 30 janvier 1735. Déclaration d’indépendance des Corses, Hérodote.net, janvier 2020.

« Le 30 janvier 1735, une assemblée corse, la Consulta d’Orezza, rejette la domination de Gênes, qui remonte à la bataille de La Meloria (1284). Elle ébauche aussi un projet de Constitution en 22 articles, une première dans l’Histoire moderne ». Page 2 de la chronique : les 9 premiers articles

« L’initiative attire l’attention des élites de Paris mais aussi des Treize Colonies anglaises qui, à leur tour, proclameront unilatéralement leur indépendance sous le nom des États-Unis…

La République de Gênes tente de reconquérir l’île. C’est le début d’une Guerre de quarante ans. Mais sans s’en douter, les insurgés travaillent pour la France qui ambitionne de prendre pied sur l’île et d’en chasser les Génois.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir. Source. République de Gênes in Wikipédia

De l’insurrection à l’indépendance unilatérale

Une première révolte a éclaté le 27 décembre 1729 lorsqu’un magistrat prétend soutirer une pièce à un berger du village du Borziu sous prétexte d’impôt. Un an plus tard, la révolte paysanne est relayée par les notables.

Gênes obtient des renforts de l’empereur allemand tandis que les Corses entament la guerre avec un énergique général, Giacinto Paoli (le père du futur dirigeant corse Pasquale Paoli).

C’est alors que se réunissent à Orezza les délégués de toute l’île. Ils rejettent officiellement la souveraineté génoise et adoptent une Constitution du Royaume de Corse d’avant-garde, qui introduit la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs. 

L’assemblée se met par ailleurs en quête d’un monarque et offre la couronne de Corse au roi d’Espagne mais celui-ci la refuse. Plus volontaire, un personnage surgi de nulle part, le baron Théodore de Neuhoff, postule pour la couronne et offre sa fortune en contrepartie mais sa tentative fait long feu.

Un rêve avorté

Seuls les Anglais se montrent intéressés à aider les insurgés. C’est qu’ils veulent tirer parti de l’insurrection pour prendre pied en Corse.

Le Premier ministre français, le cardinal Fleury, riposte en apportant son aide aux Gênois en 1737.

Battus, les insurgés reprennent les armes en 1755 sous la conduite de Pasquale Paoli (30 ans), qui prend la relève de son père et soulève le peuple. Il crée un Royaume de Corse indépendant… et sans roi. Lui-même est proclamé général en chef à la consulta.

Lasse de la guerre, Gênes cède provisoirement ses droits sur la Corse à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768″.

Commentaires fermés sur 1735. Corse, 1ère indépendance

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. PACA Corse, D. Italie, E. Droit et Sciences politiques

Metz, août 1744. Louis XV se meurt ?

Du 4 au 28 août 1744, Louis XV est à Metz. Il y tombe malade dans la nuit du 7 au 8. Sa vie est estimée en danger. Il doit faire un acte de contrition en se séparant de sa maîtresse qui, depuis juin, l’accompagne dans ses périples de la Guerre de Succession d’Autriche. La duchesse de Châteauroux n’a pas d’autre issue que d’accepter. Louis XV n’oubliera pas l’affront fomenté par le camp des dévots. Rentré à Versailles au début de l’automne, il renoue avec sa favorite, mais celle-ci meurt le 8 décembre 1744 ; elle était âgée de 27 ans. Quelques mois plus tard, une autre favorite fait son entrée à la Cour, Madame de Pompadour (1721-1764).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Six sources en ligne sont mobilisées pour cette chronique. Et donc six pages (numérotées de 1 à 6)… Ne pas oublier de les tourner une à une !

Source 1. Louis XV à Metz en 1744 : le roy se meurt, Compte-rendu de Michel Marchand d’après la conférence de Pierre Brasme donnée à l’IMRA le 9 juin 2011.

« Louis XV, malgré les réticences du vieux cardinal de Fleury, avait cédé au parti de la guerre représenté notamment par le maréchal de Belle-Isle, et entamé la guerre de Succession d’Autriche. Celle-ci avait bien commencé mais avait mal tourné, Belle-Isle devant ramener en catastrophe l’armée française piégée à Prague. Louis XV avait porté la guerre dans les Flandres contre l’Angleterre. Le 8 juin 1744, il s’était rendu lui-même à Lille avec sa maîtresse Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux, protégée du duc de Richelieu. Entre temps, les Impériaux avaient envahi l’Alsace sous la conduite du duc Charles V de Lorraine, qui cherchait à reprendre ses États, et menaçaient la Lorraine. Louis XV avait alors décidé de rejoindre l’armée d’Alsace pour leur faire face, en passant par Verdun et par Metz. Le 4 août au matin il arrive à Metz, simple étape où il ne devait rester que quelques jours avant de gagner Lunéville et Saint-Dié, le temps d’inspecter troupes et fortifications.

La ville a cependant voulu fêter somptueusement son entrée, comme elle l’avait fait pour les souverains précédents, notamment Charles IX (1569), Henri IV (1603) et Louis XIII (1631). Venant de Verdun, où est venu le chercher l’intendant De Creil, il arrive par Moulins où on tire des feux d’artifices. Il passe en revue la milice bourgeoise déployée dans la plaine du Ban-Saint-Martin. À la porte de France, il est accueilli par 2 corps de cadets : 150 jeunes messins de 9-10 ans sous la conduite du fils du grand bailli de Metz, et 253 cadets de 20 à 25 ans. Le maréchal de Belle-Isle l’y attend ainsi que le premier échevin Pierre Simon qui lui remet les clés de la ville, et la milice de Nancy envoyée par son beau-père Stanislas. La Mutte carillonne, et cent canons tirent des salves. Des arcs de triomphe ont été dressés. Des fontaines offrent du vin. Le roi est accompagné du comte de Noailles, du duc de Villeroi et de l’évêque de Soissons le duc de Fitz-James, son grand aumônier. Le roi est reçu à la cathédrale par l’évêque Claude de Saint-Simon, les chanoines et les curés des paroisses messines. Il est logé au premier étage de l’hôtel du gouverneur (à l’emplacement du palais de justice actuel).

Une passerelle en bois permet de relier sa chambre à celle de sa maîtresse, logée dans l’abbaye Saint-Arnoul avec sa sœur Diane-Adelaïde, duchesse de Lauragais, qui avait eu elle aussi les faveurs du roi. Le lendemain, le roi assiste à la messe à Saint-Arnoul en présence des abbés des quatre monastères bénédictins de Metz, puis reçoit les membres du parlement de Metz. Le 6 août tandis que Noailles précède le roi pour aller rejoindre l’armée du Rhin, Louis XV accueille la communauté juive puis inspecte les fortifications de la ville. Le 7 août il visite les casernes et la fabrique d’armes près de la porte Saint-Thiébault. Son départ est prévu le lendemain.

Mais dans la nuit du 7 au 8 août, il tombe malade, et sa maladie empire au point qu’on craint une issue fatale (en fait le roi souffre d’une forte fièvre, d’une grande paresse intestinale et de maux de tête violents, dus à la fatigue, à ses excès physiques et peut-être à une insolation). On prie partout dans le royaume, et les princes, les courtisans, les ministres, les ambassadeurs étrangers affluent à Metz. Le parti dévot (hostile à Madame de Châteauroux) va profiter de l’occasion pour reprendre son influence sur le roi. Le 13, pour recevoir les derniers sacrements, Louis XV a dû promettre de se séparer de sa maîtresse et de faire repentance. Le roi prie la duchesse de Châteauroux de quitter Metz avec sa sœur pour se réfugier à Autun, ce qui lui permet de recevoir le pardon de l’Église et les derniers sacrements.

Le 17 août le dauphin Louis-Ferdinand (âgé de 14 ans), arrive avec son précepteur, devançant la reine Marie Leczinska, bien qu’il ait reçu ordre de rester éloigné de Metz (il devra attendre plusieurs jours avant d’être reçu par son père). Cependant la santé du roi s’améliore rapidement, sans doute grâce à un remède (une sorte d’élixir) que lui a fait ingurgiter Alexandre de Montcharvaux, un chirurgien major messin. Le 25 août, on célèbre sa guérison à Saint-Arnoul, puis dans l’église des Jésuites (actuellement l’église Notre-Dame), où, en présence de la reine, du dauphin et de ses sœurs Henriette et Adélaïde, l’abbé Josset, chanoine de la cathédrale, le qualifie pour la première fois de Bien Aimé. Des nombreuses festivités ont lieu en l’honneur de la guérison du roi, notamment de la part des mousquetaires noirs au château de Courcelles à Montigny, et des mousquetaires gris à Borny. Le 27, il assiste à un Te Deum à la cathédrale.

Le 28 août, il quitte Metz. Entre temps, les Impériaux ont quitté l’Alsace dans la nuit du 23 au 24 sans que le maréchal de Noailles ait cherché à les poursuivre, ce qui mécontentera Frédéric II de Prusse, allié de la France.

Le roi se rend à Nancy puis à Lunéville auprès du roi Stanislas, puis à Strasbourg avant de rejoindre l’armée au siège de Fribourg-en-Brisgau, qui capitule le 6 novembre.

Il rentre à Versailles le 19, non sans avoir puni les responsables de ce qu’il considère comme une humiliation, presque comme un crime de lèse-majesté, à commencer par l’évêque de Soissons, exilé en son diocèse. Il veut faire revenir sa maîtresse mais elle meurt (peut-être d’une atteinte au cerveau), âgée seulement de 27 ans. Quelques mois plus tard, Louis XV s’éprend de la Pompadour »…

Commentaires fermés sur Metz, août 1744. Louis XV se meurt ?

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), C. Ile-de-France

1744 (12-14 mai). Louis XV à Lille

1667. Conquête de Lille par Louis XIV, lors de la guerre de Dévolution. Le visage de la ville est profondément modifié par l’introduction du style classique français. Vauban édifie de 1667 à 1670 la Reine des citadelles.

1744. Guerre de Succession d’Autriche. Le maréchal de Noailles conseille au Roi de conquérir les Pays-Bas autrichiens. Deux armées commandées l’une par Noailles, l’autre par Maurice de Saxe entrent en Flandre.

1744 (mai). Louis XV a 34 ans quand il décide de se rendre à Lille pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, pour suivre les opérations sur le terrain.

Histoire des conquêtes de Louis XV. Tant en Flandre que sur le Rhin, en Allemagne & en Italie, depuis 1744, jusqu’à la paix conclue en 1748. Ouvrage enrichi d’estampes

Aristote Crapet, alors professeur à l’École normale de Douai, met en scène l’arrivée, le séjour et le départ du roi. Source. Larges extraits d’un article en ligne : Le premier voyage de Louis XV à Lille (12-14 mai 1744), Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

Répartition des rôles entre d’une part les représentants du roi dans la province (Intendant, Gouverneur, Baillis), et d’autre part le Magistrat et les bourgeois de la ville. Problèmes de préséance dans la présentation des uns et des autres au roi, de la signature des serments de fidélité, du financement des dépenses (logement, repas, fêtes somptueuses). Et puis… la favorite de Louis XV, Madame de Châteauroux, est favorable au voyage à Lille et veut être présente aux côtés du Roi. Elle ne parviendra à ses fins qu’en juin, lors d’un autre séjour du Roi à Lille ; la question est socialement et religieusement plus que délicate.

Mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, en suivre les opérations.

Maurepas fit entendre à Louis XV que sa présence était nécessaire à l’armée pour ranimer le courage du soldat.

Madame de Châteauroux approuva le projet d’occuper le Roi du soin de ses affaires, pour éloigner du prince Maurepas qui était alors le ministre de confiance, et pour se donner la réputation de concourir à la gloire du Roi et de l’Etat. Elle voulait tirer le Roi de son apathie, le ressusciter. Elle crut qu’en arrachant le Roi à son indolence, et en le plaçant à la tête de ses armées, elle s’attirerait l’estime et l’affection du public.

Elle pensait pouvoir suivre le Roi jusque dans le camp. Maurepas, qui avait pénétré ses intentions et qui redoutait son séjour à l’armée, persuada au Roi qu’il fallait, pour «jouir… de l’affection de ses sujets… la laisser à Paris. » Louis XV se rendit à cet avis, mais le duc de Richelieu et la favorite obtinrent que Maurepas n’accompagnerait pas le Roi non plus. Richelieu engagea alors Madame de Châteauroux à se soumettre, en lui assurant qu’il prenait sur lui de la faire venir à l’armée sous peu (cf. infra : mois de juin).

3 mai. Louis XV part de Versailles le dimanche 3 mai, à trois heures un quart du matin. Il couche à Péronne. Le 4 mai, il est à Valenciennes, d’où il visite Condé, Le Quesnoy et Maubeuge. D’Argenson écrit le 10 mai : Le Roi fait merveille à l’armée. Il s’applique, il se donne de grands mouvemens pour savoir et pour connoître, il parle à tout le monde. La joie est grande parmi les troupes, et parmi les peuples en Flandre. Aurions-nous donc un Roi ?

Le 11 mai, après s’être arrêté à Bouchain, il se rend à Douai, qu’il quitte le 12, à onze heures, pour gagner Lille. Il y arrive le 12 et y séjourne une première fois du 12 au 14.

Le Magistrat de la Ville indique à l’intendant, M. de Séchelles, que l’arrivée du Roi lui occasionne des dépenses considérables qu’il ne lui est pas possible de supporter ; ainsi, il proteste contre les demandes  de bougie, de charbon, de bois et de chandelle, d’ustensiles de cuisine pour la maison du Roi. De même, les bourgeois de Lille qui occupent des terres dans les villages environnants font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas payer leur quote-part dans la contribution des trèfles et des herbes qu’on fournit à la maison du Roi.

Le 12 mai, les membres du Magistrat, en robe, se rendent à pied, vers midi à la première barrière de la porte des Malades. Ils vont attendre, sous une marquise dressée sur le glacis à gauche en entrant, l’arrivée de Sa Majesté.

M. de Boufflers, gouverneur militaire (chronique à venir), les rejoint à deux heures. A deux heures et demie arrivent en carrosse le comte de Glermont, le duc de Penthièvre et le duc de Chartres. A trois heures un quart apparaît enfin le carrosse du Roi, précédé d’un détachement de gardes du corps ; il s’arrête à cent pas de la barrière. Louis XV en descend, monte à cheval  ainsi que les princes et seigneurs de sa suite, et s’avance jusqu’à l’endroit où se tient le Magistrat.

Là se trouvaient M, de Boufflers et son état-major, M. Lespagnol, premier conseiller pensionnaire de la ville, le mayeur, et, derrière eux, le Magistrat sur deux rangs. Tout le monde mit genou en terre et M. Lespagnol complimenta Sa Majesté en un bref discours de sept à huit lignes. Boufflers présenta alors au Roi le bassin de vermeil dans lequel on avait mis les clefs de la ville. Le Roi les prit et les donna au duc d’Ayen qui les remit ensuite dans le bassin.

Puis le Roi entra dans la ville au bruit du canon et des acclamations du peuple criant Vive le Roi ! et au son de toutes les cloches qui carillonnèrent pendant deux heures.

Le sieur Patou prononça les paroles suivantes : Sire, les baillis des États de Lille viennent vous rendre leurs hommages ; nous devons aux soins de Votre Majesté le repos dont nous jouissons depuis plus de trente ans. Cette tranquillité qui fait le bonheur des peuples paraît un peu troublée par les appareils de guerre qui nous environnent, mais, Sire, la présence de Votre Majesté nous rassure et nous fait espérer que ces nuages seront bientôt dissipés ; guerre ou paix, Sire, nous supplions Votre Majesté d’être persuadés de notre zèle et de notre fidélité.

Le clergé et la noblesse eurent leur audience immédiatement après. Ils prétendaient être présentés avant les baillis, mais ceux-ci, la veille, étaient allés voir Boufflers et lui avaient rappelé que lors du voyage de Louis XIV en 1670, ils avaient été présentés avant les ecclésiastiques et les nobles : le Roi en avait décidé ainsi sur le rapport de M. de Louvois à qui on avoit justifié par titre l’ancien usage.

C’était pour les Lillois une question très importante que celle du serment de respecter les privilèges de la ville. Le Magistrat en avait délibéré dans l’assemblée du 4 mai et il avait été d’avis que le Roi devait prêter le serment.

Commentaires fermés sur 1744 (12-14 mai). Louis XV à Lille

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), D. Allemagne, E. Droit et Sciences politiques

Sauvons la BSG !

La bibliothèque Sainte-Geneviève (Université Sorbonne Nouvelle) est en danger. Sauvons-la !

Signer la pétition : cliquer ici

Cette vénérable institution conserve les collections exceptionnelles héritées de l’abbaye Sainte-Geneviève, continûment enrichies jusqu’à atteindre aujourd’hui plus de deux millions de documents dont 250 000, anciens, rares ou précieux, forment l’un des fonds patrimoniaux les plus importants de France et d’Europe. Le bâtiment bien connu qu’elle occupe place du Panthéon depuis 1850, conçu par l’architecte Henri Labrouste, est classé au titre des Monuments historiques et constitue un joyau de l’architecture, étudié, copié et admiré dans le monde entier. L’importance de la bibliothèque Sainte-Geneviève, tant de ses collections que de son bâtiment, est unanimement reconnue comme un élément fondamental de notre patrimoine national. 

Le travail des équipes de la bibliothèque pour conserver et transmettre ce patrimoine est, lui aussi, apprécié des lecteurs, mais souffre d’un manque chronique de moyens. De nombreux travaux de restauration et de rénovation ont été entrepris depuis plusieurs années afin, non seulement, d’offrir au public les meilleures conditions de travail et les services qu’ils sont en droit d’attendre ; mais aussi d’assurer, simplement, la sécurité des biens et des personnes.

C’est dans ce contexte que de vives inquiétudes surgissent, tant au sein du personnel qui a débuté un mouvement de grève, que des lecteurs. Universitaires, chercheurs, enseignants-chercheurs et enseignants, nous souhaitons rendre publiques ces inquiétudes.

En effet, tout le monde s’accorde à reconnaître que les nombreux travaux réalisés sur le bâtiment étaient nécessaires mais qu’ils ne sont pas suffisants, et que d’autres, de grande ampleur, doivent encore être menés pour le sécuriser complètement (toiture, électricité…). Pourtant, contre toute logique, l’université de tutelle de la bibliothèque, l’Université Sorbonne Nouvelle, a récemment décidé de réorganiser les équipes ayant pour responsabilité le patrimoine immobilier, la surveillance des bâtiments et la direction des travaux, pour les affilier directement à l’Université et ainsi les couper de la bibliothèque.

Ce jeu de passe-passe en gestion des ressources humaines prive la bibliothèque des moyens humains, déjà faibles, absolument nécessaires à son fonctionnement et à la sécurité du bâtiment, des collections, du public et des agents. Il supprime ainsi la totalité de son département dédié au Patrimoine immobilier, laissant les équipes sans aucun agent compétent sur place à qui se référer en situation d’alerte sur le bâtiment ou les collections, et privant enfin l’institution de deux postes de conservateurs, dont les supports de poste avaient été temporairement dévolus à l’immobilier justement par manque de moyens humains dans la bonne filière. 

Il représente enfin un risque considérable pour la bibliothèque. Nous avons tous à l’esprit le souvenir de la catastrophe de Notre-Dame, il ne faudrait pas que de bas calculs gestionnaires fassent de la bibliothèque Sainte Geneviève, au patrimoine inestimable, la prochaine sur la liste.

À cela s’ajoute un signal très négatif envoyé à la bibliothèque mais aussi à ses lecteurs.

Commentaires fermés sur Sauvons la BSG !

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Ile-de-France

Paris 3. Le mur des congédiés

Envoi du Bureau SGEN de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, Lundi 22 novembre 2021. Informations syndicales Sgen-cfdt. Pour le cinquantenaire de la Sorbonne Nouvelle, la direction de l’université enterre le dialogue social. Envoi par courriel aux personnels de l’université.

« Le président Jamil Dakhlia a annoncé au Conseil d’administration du 29 octobre qu’il engageait une procédure judiciaire contre les syndicats SGEN CFDT et CGT FERC Sup. C’est la première fois en cinquante ans d’histoire de la Sorbonne Nouvelle que la direction de l’université se tournerait vers les tribunaux pour faire taire les syndicats. En cause, le Mur des congédiés que le président et ses proches ne supportent pas ».

A ses contractuels (et aux autres), la Sorbonne nouvelle peu reconnaissante. Plateforme mise en place, modérée et gérée par l’intersyndicale (SGEN CFDT, CGT FERC Sup), à destination des personnels de l’université

Cliquer sur les images pour les agrandir

Chacun.e pourra constater par lui-même ou par elle-même que les critiques formulées sur le mur ne relèvent pas d’attaques personnelles mais traduisent plutôt l’ironie du désespoir. Elles mettent en cause une politique qui est à la fois absurde et brutale, et qui se double d’un effort sans précédent pour verrouiller l’information. Nous nous opposons à la politique actuelle, dont le seul but est de contenir ou de faire baisser la masse salariale. On voit déjà les effets désastreux de l’annonce qui a été faite à une cinquantaine de personnels en CDD que leur contrat ne serait pas renouvelé, alors qu’une bonne partie d’entre eux sont employés sur des fonctions pérennes. La prochaine campagne d’emplois et les restructurations en cours ne font que déshabiller Pierre pour habiller – provisoirement – Paul. La non-consultation des collègues concernés, la mise à l’écart des instances élues, les injonctions au silence et les attaques contre les syndicats sont devenues systématiques.

Si le ton ou le style des textes postés sur le Mur des congédiés déplaisent à la direction de l’université, ils révèlent surtout de façon très concrète que la politique en cours désorganise le travail, dégrade la qualité du service rendu aux étudiants, crée de la souffrance au travail et démoralise les collègues. 

Passer par la voie judiciaire face à la critique, au lieu de veiller à maintenir le dialogue social dans un souci d’apaisement de la communauté universitaire soulignerait l’incapacité de cette présidence à garantir un environnement de travail respectueux des espaces délibératifs.

C’est cela qui devrait retenir l’attention de notre président, qui, rappelons-le, a été élu pour représenter l’ensemble de ses collègues ».

Le SGEN-CFDT pour l’intersyndicale SGEN-CFDT et CGT-FERC SUP

De son côté, la CGT FERC SUP des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche a répondu à la sollicitation de l’université Sorbonne-Nouvelle : lettre au Président de l’université, copie à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Commentaires fermés sur Paris 3. Le mur des congédiés

Classé dans AA. Universités : billets d'humeur, C. Ile-de-France

Strasbourg. Marche, Festival Climat

Strasbourg, Samedi 2 octobre 2021. Manifestation au départ du Palais universitaire, devant lequel se tient le Festival Climat : une dizaine de stands dont Alsace nature, CCFD Terre Solidaire, Emmaüs Mundus, Oxfam, Green Peace, Le Stück monnaie citoyenne. Il est 13 heures 45, la fréquentation du public est clairsemée.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Album de 56 photos. Une vingtaine de drapeaux et de pancartes, écrites pour l’occasion, une nouvelle marche pour le climat, centrée sur l’éducation à l’environnement.

Banderole ouvrant le défilé : une vraie éducation à l’environnement pour maintenant. Que veut dire dans le contexte actuel une vraie éducation ? et une éducation pour maintenant ? Impossible d’obtenir une réponse : aucune organisation n’est mentionnée sur ce grand calicot de couleur dégradée, du vert foncé au blanc.

7 à 800 manifestants au plus fort de la manifestation. Atmosphère zen, mais au rythme de deux orchestres percutants.

Commentaires fermés sur Strasbourg. Marche, Festival Climat

Classé dans BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), Non classé

1789. Barrières d’octroi incendiées

1789, Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Des Barrières d’octroi sont incendiées dans les jours précédant la prise de la Bastille.

Barrières de Paris (Musée Ledoux, Arc-et-Senans). Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Momcilo Markovic, La Révolution aux barrières : l’incendie des barrières de l’octroi à Paris en juillet 1789, Annales historiques de la Révolution française, 372, avril-juin 2013, p. 27-48. Texte intégral en ligne.

Extrait de l’Introduction de l’article. « Si le 14 juillet 1789 a une valeur symbolique dans la mémoire des Français, l’attaque, le pillage, la destruction et l’incendie des nombreuses barrières de l’octroi qui ceinturaient Paris représentent un épisode moins connu. Cette péripétie est reléguée à un niveau moindre, comme si cette phase était la suite logique des tensions qui culminaient depuis le début du mois de juillet et dont l’aboutissement évident serait la prise de la Bastille, aventure qu’il est digne de raconter, car cette dernière marquerait le début du règne de la liberté. De fait, peu de lignes, peu d’explications ont été écrites sur cet événement qui, pourtant, précède la prise de la Bastille…

Barricadé de l’intérieur, enfermé uniquement pour des raisons fiscales, le peuple parisien ne pouvait que constater le gouffre financier que représentait la construction du mur des Fermiers généraux. Le bâillonnement de la population continuait à un moment où le roi lui donnait la parole. Triste paradoxe qui, manifestement, ne pouvait que faire réagir le peuple de Paris.

Les attaques aux barrières se superposent au mécontentement parisien, créant ainsi une dynamique, mélangeant et confrontant des catégories de population distinctes et diverses. La chute de la forteresse vole la vedette aux barrières et occulte presque cet événement négligé. Il faut redonner la juste place qui revient à la chute des barrières et montrer que les incidents du mois de juillet 1789 ne sont pas imputables uniquement à des fraudeurs, comme cela est encore écrit trop souvent. La complexité de la situation durant l’été, où les événements s’entrechoquent et s’enchevêtrent, trouble la vision et empêche de percevoir la réalité et l’importance de la « prise » des barrières.

À bien lire les historiens, le mot « prise » n’est jamais accolé aux barrières. Les auteurs parlent de destruction, d’incendie, mais nullement de la « prise des barrières ». Et si la Bastille à prendre n’était pas uniquement celle que l’on croit être ? En d’autres termes, l’événement majeur de ce mois de juillet 1789 – la prise de la Bastille – doit être apprécié sous un autre angle, où la chute des barrières apporte un autre éclairage, autonome, et prend une place à part ».

Les quatre parties de l’article de Momcilo Markovic :

Source 2. Extraits de l’article de Wikipédia, Le mur des Fermiers généraux

« Nuit du 12 au 13 juillet 1789. L’agitation des Parisiens, qui va les mener à prendre la Bastille le lendemain, les conduit déjà à s’attaquer au mur impopulaire : ils incendient quelques barrières (telle celle de Passy) et percent de nombreuses brèches dans le mur. Jean-Sylvain Bailly, le premier maire de Paris, fait rapidement réparer toutes les dégradations.

Quelques-unes des Barrières de Paris (Musée Ledoux, Arc-et-Senans)

1791 (janvier). Les droits d’entrée dans Paris sont abolis par la Constituante.

Commentaires fermés sur 1789. Barrières d’octroi incendiées

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Ile-de-France, E. Ingénierie, Architecture