Archives de Catégorie: E. Sciences humaines et sociales

Faire-part de décès des 18 et 19ème

Partie 1. Exposition d’Hervé Bohnert & Collections Privées. Immortels. Collectionner la mort. 1850-1950. Source : La Trézorerie, 35 rue du Fossé des Treize, Strasbourg.

Les faire-part de décès. Diaporama de 22 photos.

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Texte en latin ou en français. Professions : un clerc, une femme d’avocat, un professeur de philosophie émérite, un médecin du Corps de S.A.C. de la Souveraine Justice de Liège, une femme sans profession, épouse de…

Christ en croix. Dessin plume milieu XIX sur papier froissé. Écriture en bas de dessin : Pour Mesdemoiselles A et L de W. Vendu Hors cadre. Prix 320 euros.

Marie. Imagerie Religieuse. Wissembourg – Imprimerie Wentzel (Frédéric-Charles, 1839-1877), lithographie rehaussée. Dans un cadre Louis Philippe. Format : 41 x 50 com. Prix 120 euros.

Partie 2. Des faire-part pas comme les autres : l’exemple des billets de décès. Source : Anne-Charlotte Pivot, Patrimoine du Grand Troyes, 29 octobre 2021.

« Si le faire-part de naissance ou le faire-part de mariage est une tradition connue de tous, la coutume du faire-part de décès s’est peu à peu effacée dans nos sociétés modernes au profit des rubriques nécrologiques par voie de presse, avant de prendre une forme dématérialisée sur les sites internet consacrés aux avis de décès, oscillant ainsi entre sphère privée et sphère publique ».

« Mais qu’est-ce qu’un faire-part de décès ? Plus communément appelés billet  ou placard de décès sous l’Ancien régime, ces feuillets de papier avaient pour fonction première d’annoncer la mort d’une personne en indiquant le nom de défunt, ses proches parents, son adresse, son lieu et sa date de naissance et de mort, ainsi que le jour, l’heure et l’église où avait lieu l’office pour l’enterrement.

Traditionnellement, aux 17e et 18e siècles, des crieurs publics arpentaient les rues des villes pour annoncer le décès et préparer la pompe funèbre, pendant que des sermonneurs distribuaient des billets de morts aux habitants afin de les convier à l’enterrement du trépassé.

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Strasbourg. H. Bohnert, Immortels

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Strasbourg. Expo Hervé Bohnert, Immortels. La mort, avenir du genre humain ?

Diaporama de 26 photos.

Partie 1. La Trézorerie. Espace collaboratif à Strasbourg dédié à la valorisation des collections privées et des fonds du patrimoine collectif. Source : site de la Trézorerie.

Collection • Collectionneur • Collectionnisme

« Le collectionnisme consiste en une série d’actes automatiques ou semi-automatiques concourant à rechercher et à réunir en un lieu donné des objets d’une ou plusieurs espèces sans qu’il y ait à cette recherche et à cette réunion un but utile, logique et pratique pour la collectivité ou pour l’espèce, avec ce caractère essentiel que le sujet éprouve une joie ou un sentiment de satisfaction en faisant sa récolte, tend à la conserver jalousement et ressent pour elle un attachement plus ou moins vif ».

Partie 2. Hervé Bohnert expose à la Trézorerie : Immortels. Collectionner la mort (1850-1950). Présentation de l’artiste sur le site FondationFrances.

« Né à Strasbourg en 1967, Hervé Bohnert s’inscrit dans l’art brut, boulanger au petit matin, l’après-midi il quitte les fourneaux pour son atelier strasbourgeois. Son indépendance et son apprentissage autodidacte le projettent dans une liberté totale. Pluridisciplinaire son œuvre gravite autour de thématiques évoquant la mort, un univers sombre et hors normes qui laisse place à une créativité inépuisable.

Il retravaille des sculptures les dotant d’une tête squelettique reprenant des iconographies religieuses, il dessine et peint des formes cadavériques et crée des installations nous ramenant dans des cimetières ornés de croix funéraires. La vanité et le spectre des défunts rodent dans son travail, l’artiste arpente les vides greniers à la recherche  d’objets anciens à exploiter. De manière paradoxale, il redonne vie à une matière, la confrontant à celle qui l’enlève ».

Partie 3. Présentation d’Hervé Bohnert par Patrick Bailly-Maître-Grand. Source : site de l’artiste.

« Pas vraiment photographe ni sculpteur, pas vraiment plasticien, pas du tout dans le système et donc totalement libre, Hervé Bohnert est un de ces artistes intuitifs et spontanés qui œuvrent comme d’autres respirent. Une seconde vie accordée par la grande faucheuse qui semble s’amuser à tendre ses deux doigts en V au-dessus des têtes, pour un gag triomphant.

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1759-73. La fin des Jésuites ?

« La suppression de la Compagnie de Jésus, ordre religieux fondé par Ignace de Loyola en 1540, est prononcée par le pape Clément XIV en 1773.

Après avoir été expulsée du Portugal et de ses colonies en 1759, de France en 1763, d’Espagne et de ses colonies et du royaume de Naples en 1767, de Parme en 1768, la Compagnie de Jésus est supprimée universellement par le bref apostolique Dominus ac Redemptor du pape Clément XIV (21 juillet 1773). Elle survivra dans les pays dont les souverains -non catholiques- interdisent la publication du bref ».

Diaporama de 13 photos dont 4 reproduisant une gravure archivée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

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Partie 1. L’Expulsion des Jésuites. Source : extrait d’un article de Wikipédia.

« L’expulsion des Jésuites est un ensemble de décisions prises pour interdire les activités de la Compagnie de Jésus, dissoudre ses institutions, confisquer ses biens et obliger les Jésuites à s’exiler dans un pays étranger s’ils voulaient conserver leur état religieux. L’aboutissement en fut la suppression de l’ordre par le pape Clément XIV en 1773.

En 1763, les Jésuites sont expulsés de France. Ce renvoi part d’une importante faillite financière du R. P. Antoine Lavalette à la Martinique. Ayant été assigné par ses créanciers, les Jésuites refusent d’éponger ses dettes. Le responsable des missions jésuites fait appel au Parlement de Paris. Les magistrats jansénistes du parlement profitent de l’occasion pour réclamer un examen des statuts de l’ordre en 1761. Ils sont condamnés par le Parlement de Paris où une alliance gallicane-janséniste saisit cette occasion de régler leur compte aux Jésuites en dépit du soutien de Louis XV.

Le Parlement déclare finalement que leur ordre nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse et la Compagnie de Jésus est bannie de France. Ses collèges sont fermés les uns après les autres. Cependant les Jésuites peuvent résider en France comme fidèles sujets du Roi et exercer leur ministère sous l’autorité des évêques locaux ».

Partie 2. Les Jésuites expulsés du Portugal en 1759.

Source : Le marquis de Pombal (1699-1782). Les Lumières contre les colères de la Terre (extraits de l’article de Fabienne Manière, Hérodote.net, mai 2020).

Le marquis de Pombal, peint par Louis-Michel van Loo, 1766, Musée de Lisbonne

« Né Sebastião José de Carvalho e Melo, le marquis de Pombal est l’un des grands esprits éclairés du Siècle des Lumières.

Il participe au gouvernement du Portugal à l’avènement du roi Joseph 1er, en 1750, et devient Premier ministre après le tremblement de terre de Lisbonne. Il révèle alors ses talents d’organisateur et sa clairvoyance. Pragmatique, il lance une enquête dans tout le pays sur les indices avant-coureurs du séisme. C’est la première fois que l’on tente une explication scientifique des tremblements de terre.

Le Premier ministre encourage autant que faire se peut l’industrie portugaise (notamment le commerce du vin de Porto). Il modernise surtout l’administration et bride la noblesse.

Il engage un bras de fer avec les Jésuites, auxquels il reproche leur monopole sur l’éducation. Ils sont finalement expulsés du pays sous le fallacieux prétexte d’avoir inspiré un attentat contre le roi.

Le Premier ministre n’en reste pas là. Il use de son pouvoir et de son argent pour contraindre le pape Clément XIV à supprimer la Compagnie de Jésus dans toute la chrétienté en 1773 (ce n’est sans doute pas ce qu’il a fait de mieux car les Jésuites étaient d’excellents pédagogues et, en Amérique latine, protégeaient les Indiens contre les colons).

À 70 ans, enfin, Carvalho e Melo est honoré par le roi du titre de marquis de Pombal, nom sous lequel il restera dans l’Histoire ».

Expulsion du Portugal

Partie 3. Bannissement du royaume de France (1763-1764). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En France le processus est plus lent et, au départ, plus idéologique : les jésuites ont toujours eu quelque difficulté avec l’université et le Parlement de Paris. La fidélité inconditionnelle des jésuites au Saint-Siège les rend toujours quelque peu suspects lorsqu’un pouvoir tend vers l’absolutisme.

Ce qui permet au parlement d’agir plus résolument, c’est le scandale financier causé par le père Antoine Lavalette, chargé de la gestion financière de la mission de la Martinique. Il est engagé dans des opérations commerciales à grande échelle entre les Caraïbes et l’Europe — le commerce de sucre et de café — et cela malgré les interdictions réitérées de ses supérieurs religieux. Lavalette doit déclarer faillite lorsque plusieurs de ses bateaux sont capturés par des corsaires anglais. Les pertes sont considérables. Les jésuites de France refusent d’en porter la responsabilité.

Des actions légales sont introduites contre les jésuites à Marseille, Paris et ailleurs. Ils sont condamnés à rembourser les pertes de Lavalette. Le 8 mai 1761, le Parlement de Paris auquel ils ont fait appel confirme le jugement. L’attitude négative du provincial de France amplifie le scandale financier. L’existence même de la Compagnie de Jésus en France est mise en question. Certains, conduits par l’abbé de Chauvelin, croient découvrir dans les Constitutions de l’Ordre la source même du comportement répréhensible des jésuites.

Le 6 août 1761, le parlement de Paris ordonne que les écrits de 23 jésuites, dont Bellarmin, Toledo et Lessius, soient bannis comme contraires à la morale et nuisibles à la jeunesse. Interdiction leur est faite de recevoir des novices. Dans les villes où existent d’autres écoles, les collèges jésuites doivent fermer le 1er octobre 1761 et ailleurs ils sont fermés en avril 1762. Louis XV, favorable aux jésuites, intervient plusieurs fois, temporise et obtient quelques délais. Cela tourne au conflit politique entre le parlement et le roi. Des compromis successifs sont proposés aux jésuites, tous à tendance gallicane (pratiquement une séparation vis-à-vis de Rome), et sont rejetés comme inacceptables.

Défiant le roi, le parlement de Paris, le 6 août 1762, déclare que la Compagnie de Jésus nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse et la bannit de France… Le roi, de nouveau, obtient un délai, mais doit finalement s’incliner tout en mitigeant les mesures prises. En novembre 1764, Louis XV édicte ce qui devient la mesure pour toute la France : son édit royal entérine l’expulsion des Jésuites. La Compagnie de Jésus est proscrite en France, et ses biens sont confisqués. Les jésuites sont cependant autorisés à y demeurer comme bons et fidèles sujets, sous l’autorité des évêques.

Si l’exécution de l’édit royal se passe moins dramatiquement qu’au Portugal les conséquences en sont tout aussi graves. L’enseignement en France est désorganisé, de nombreux jésuites ayant choisi de partir en exil. Outre-mer, les missions des jésuites français sont confiées aux pères de Missions étrangères de Paris, mais ils ne suffisent pas à la tâche. De nombreux postes sont fermés.

Une alliance de circonstance entre jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières a raison des jésuites. En 1761, dans une lettre à Voltaire, D’Alembert écrit : Que la canaille janséniste nous débarrasse des polissons jésuites. Ne fais rien pour empêcher que ces araignées se dévorent les unes les autres. En 1763 il triomphe : Les jésuites étaient les troupes régulières et disciplinées luttant sous l’étendard de la Superstition […] Les jansénistes ne sont que des cosaques dont la Raison va vite se débarrasser maintenant qu’ils doivent se battre seuls« .

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Ultime Km du Canal Marne au Rhin

L’ultime Kilomètre du Canal de la Marne au Rhin

Suite des chroniques sur le Canal de la Marne au Rhin. Les 5 précédentes :

Quiz. Saverne, le château et le canal. Schiltigheim (67), l’écluse n°51. L’Abbaye, le Canal, le Champagne. Tourisme fluvial de la Marne au Rhin. Le plan incliné de Saint-Louis Arzviller (Vidéo impressionnante de 6 minutes).

Diaporama de 30 photos.

La chronique d’aujourd’hui est dédiée au dernier kilomètre du Canal, du Parlement européen à l’écluse qui donne accès au Rhin. Trois parties. Les vedettes de Batorama l’empruntent chaque jour pour rejoindre l’Ill et pour rentrer à leur embarcadère. Depuis 2018, l’Église orthodoxe Russe a trouvé sa place dans le paysage. La dernière écluse avant le Rhin rappelle la nécessité pour naviguer de posséder un certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile fluvial.

Partie 1. Histoire de Batorama. « Naviguer au fil de l’eau pour découvrir l’histoire de Batorama depuis sa naissance au sein du Port Autonome de Strasbourg en 1937 !

1947. Démarrage de l’aventure avec 10 000 personnes qui firent usage de l’unique vedette d’alors, le Paris.

La navigation était alors cantonnée aux bassins du Port du Rhin et visait à faire découvrir les infrastructures et industries portuaires ».

Partie 2. Église Orthodoxe Russe (2014-2018). Source : Extraits d’Archi-Wiki.

« Architectes : Dmitriy Pschenichnikov, Yuri Kirs, Nicolas Berst.

Le terrain de l’église est situé à l’angle de deux bras d’eau : le bassin des Remparts et le canal de la Marne au Rhin.. L’ensemble comprend deux bâtiments : l’église et la paroisse-résidence du Patriarcat. La conception architecturale de l’église a été inspirée par l’église Saint-Nicolas des îles Valaam, en Russie..

L’architecte strasbourgeois Nicolas Berst a été chargé de la réalisation, en collaboration pour la partie liturgique avec l’atelier d’architecture Eidos à Saint-Pétersbourg, avec Yuri Kirs.

L’église mesure 41 mètres de haut, fait 30 mètres de long et possède un dôme de 10 mètres couronné d’une coupole dorée. L’église peut recevoir 300 fidèles.

Au sous-sol se trouve un bain rituel pour les baptêmes, décoré de mosaïques.

Les toitures ont une forme de kokochnik, sorte de pétales typiques de l’architecture des églises orthodoxes russes.

L’église est surmontée de trois bulbes dorés dont l’un au sommet de la flèche principale. Les bulbes sont surmontés de croix.

Le portail ainsi que l’entrée principale ont fait l’objet d’un traitement soigné avec ferronnerie et croix orthodoxe à intervalle régulier ».

Partie 3. Naviguer sur le canal de la Marne au Rhin. « Programme du certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile fluvial.

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1717-1756. François-A. de Rohan

François-Armand-Auguste de Rohan (1717-1756) : une carrière ecclésiastique hors-pair. En partie 2 de la chronique : son discours de réception à l’Académie française en 1741.

Estampe allégorique de congratulation au Cardinal de Rohan Ventadour (François-Armand-Auguste de Rohan). Estampe photographiée en novembre 2021 au Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg

Diaporama de 9 photos.

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Partie 1. Brève biographie de François-Armand de Rohan, dit cardinal de Soubise. Source : article de Wikipédia.

« Homme d’Église français, né à Paris le 1er décembre 1717 et mort le 28 juin 1756 à Saverne, prince de Rohan. Jeune, on l’appelle prince de Tournon, puis abbé de Ventadour.

Il est le petit-neveu de son prédécesseur à Strasbourg, Armand Gaston Maximilien de Rohan dont il fut le coadjuteur et le frère de Charles de Rohan, prince de Soubise.

1730 (13 ans). Chanoine de l’église cathédrale de Strasbourg.

1736 (19 ans). Abbé de Saint-Epvre au diocèse de Toul.

1737 (20 ans). Abbé-prince de Murbach et de Lure.

1738 (21 ans). Louis XV offrant la Paix à l’Europe, esquisse du frontispice de la thèse soutenue en Sorbonne le 7 mars 1738 par François Armand de Rohan-Soubise. Musée des Arts Décoratifs (Palais Rohan, Strasbourg). Œuvre de François Lemoyne. Lire la chronique du blog.

1739 (22 ans). Recteur de l’université de Paris.

1741 (24 ans). Membre de l’Académie française le 15 juillet.

1742 (25 ans)Coadjuteur de Strasbourg puis quatre mois après, évêque in partibus de Ptolémaïde en Palestine.

1745 (28 ans). Louis XV le choisit comme grand aumônier de France.

1747 (30 ans). Cardinal.

1749 (32 ans). Prince-évêque de Strasbourg et abbé commendataire de La Chaise-Dieu. Il se défait de l’abbaye de Saint-Epvre. Chronique du blog : De Rohan, abbés commendataires.

1756 (39 ans). Meurt à Saverne d’une phtisie » ».

Partie 2. Discours de réception à l’Académie française par M. L’Abbé de ROHAN-VENTATOUR, lorsqu’il fut reçu à la place de M. le Duc Charles-Armand-René de la Trémoille. Discours prononcé le 30 Décembre 1741. Source : Académie française.

« Messieurs, 

JE me préfente à vous plein de vénération, de refpect & de reconnoiffance. Je fais tout ce qui eft dû à vos talens & à l’utilité dont ils font pour les Lettres & pour la gloire de la Nation Françoife. Je fais auffi tout ce que je vous dois perfonnellement ; & mon cœur eft pénétré de ces deux objets, qu’il m’eft impoffible de développer ici ce qui fe paffe en moi. Pourrois-je y parvenir, quand même pendant une longue fuite d’années j’aurois eu l’avantage de profiter des inftructions qu’on puife dans cette illuftre Compagnie, pour exprimer dignement ce que l’on fent & ce que l’on doit fentir ?

 Je n’entreprendrai donc point de porter aujourd’hui à l’Académie le jufte tribut des éloges qu’elle s’affure chaque jour de plus en plus par fes glorieux travaux, encore moins de lui expliquer toute l’étendue de mes fentimens pour elle. Si je ne fuis pas affez heureux pour les rendre tels qu’ils font, j’ai la consolation de pouvoir dire avec confiance qu’ils font tels qu’ils doivent être, & qu’ils ne s’effaceront jamais.

Au refte, lorfque le concours de vos fuffrages a déterminé votre choix en ma faveur, lorfqu’ajoutant un fecond bienfait au premier, vous m’avez autorifé à m’écarter de vos ufages, & à différer ma réception pour ne point interrompre le cours des études auxquelles j’étois livré, je crois avoir démêlé le motif de vos bontés, & la fageffe de vos vues.

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1774-1778. Voltaire se meurt

François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778) est un écrivain, philosophe et encyclopédiste qui a marqué le XVIIIe siècle.

Musée Antoine Lecuyer, Saint-Quentin. Cliquer sur les images pour les agrandir

Sources : Extraits d’articles de Wikipédia : Voltaire (1694-1778), D’Alembert (1717-1783), Condorcet  (1743-1794). 

Voltaire par Quentin de la Tour, vers 1735

Partie 1. Correspondance secrète entre Voltaire, D’Alembert, Condorcet : 150 lettres entre 1770 et 1778, publiées par Linda Gil en 2021, chez Payot-Rivages.

Bonnes feuilles pour les lettres de l’année 1774 : diaporama de 16 photos.

1773. Depuis le début de février, Voltaire, exilé à Ferney, souffre d’un cancer de la prostate (diagnostic rétrospectif établi de nos jours grâce au rapport de l’autopsie pratiquée le lendemain de son décès). La dysurie est majeure, les accès de fièvre fréquents ainsi que les pertes de connaissance.

Le 8 mai, il informe d’Alembert : Je vois la mort au bout de mon nez. Les mictions sont difficiles. L’été 1773, des forces reviennent.

1774. Mais la crise de rétention aiguë d’urines de février 1773 le reprend en mars.

1774 (10 mai). Louis XV meurt de la petite vérole. Louis XVI lui succède.

Lettre 69 (15 juin 1774), Voltaire à D’Alembert. « Le feu roi ne voulait et ne pouvait vouloir que le bien, mais il s’y prenait mal. Son successeur semble inspiré par Marc Aurèle. Il veut le bien et il le fait ».

Lettre 71 (22 juillet 1774), Condorcet à Voltaire. « Vous savez sans doute le nomination de M. Turgot. Il ne pouvait rien arriver de plus heureux à la France et à la raison humaine. Jamais il n’est entré dans aucun conseil de monarque d’homme qui réunit à ce point la vertu, le courage, le désintéressement, l’amour du bien public, les Lumières et le zèle pour les répandre ».

Lettre 75 (28 septembre 1774), Voltaire à D’Alembert et Condorcet. « Le chevalier de La Barre (1745-1766) subit en personne son horrible supplice, et le fils du président d’Etallonde fut exécuté en effigie sous les yeux de son père qui demanda aussitôt pour lui la confiscation du bien que le jeune homme tenait de sa mère ; il garda ce bien, et n’a jamais assisté son fils. Il y a de belles âmes ».

« Ce martyr alla se faire soldat à Wesel… Le roi de Prusse lui a donné une sous-lieutenance et me l’a envoyé au mois d’avril dernier. Vous saurez que ce jeune homme est le plus sage, le plus doux, le plus circonspect que j’aie jamais vu… Je voulais lui faire obtenir sa grâce par la protection du feu roi ; celui-ci mourut au mois de mai… Je m’adressai à M. le chancelier de Maupeou (1714-1792) qui me promit la grâce, qui arrangea tout pour favoriser pleinement d’Etallonde ».

Mais aussitôt il est envoyé en exil pour Roncheroles. « Sur les conseils de Maurepas, Louis XVI renvoie Maupeou en lui retirant les sceaux le 24 août 1774, rappelle les anciens magistrats de leur exil et rétablit, deux mois plus tard, les Parlements dans leur état antérieur, anéantissant la réforme du chancelier » (chronique d’Histoires d’Universités, 15 décembre 2020, 1771. Maupéou réforme la Justice).

Dans l’affaire d’Etallonde, Voltaire perd aussi le soutien de Turgot.

1776 (13 mai). « Avec tous ces ennemis, la chute de Turgot (1727-1781) est certaine, mais il tente de rester à son poste assez longtemps pour finir son projet de la réforme de la Maison du roi, avant de démissionner. Cela ne lui est même pas accordé : le 12 mai, on lui ordonne d’envoyer sa démission. Il se retire, dès le 13 mai 1776, partant pour La Roche-Guyon au château de la duchesse d’Enville, puis retourne à Paris, où il consacre le reste de sa vie aux études scientifiques et littéraires ».

Les autres lettres de 1774 portent également sur les affaires De La Barre et Etallonde.

Pour aller plus loin : Christiane Mervaud, Voltaire et Frédéric II : une dramaturgie des Lumières, 1736-1778, compte-rendu par Desné Roland, Dix-Huitième Siècle, Année 1986, 18, pp. 532-533.

Diaporama de 4 photos.

Partie 2. 1778, La dernière année : la reconnaissance inespérée, le retour à Paris, une confession et un  enterrement rocambolesques. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Musée de la Folie Marco, Barr (67)

1778 (février). « Les nouvelles autorités font comprendre à ses amis qu’on fermerait les yeux si Voltaire  se rendait aux répétitions parisiennes de sa dernière tragédie. Après beaucoup d’hésitations, il décide de rallier la capitale en février à l’occasion de la création d’Irène à la Comédie-Française. Il arrive le 10 février et s’installe dans un bel appartement de l’hôtel du marquis de Villette.

Voltaire a la surprise de voir des dizaines de visiteurs envahir la demeure du marquis de Villette qui va devenir pendant tout son séjour le lieu de rendez-vous du Tout-Paris Philosophe ».

1778 (30 mars). « C’est le jour de son triomphe à l’Académie, à la Comédie-Française et dans les rues de Paris. Sur son parcours, une foule énorme l’entoure et l’applaudit. L’Académie en corps vient l’accueillir. Il assiste à la séance, assis à la place du directeur. À la Comédie-Française, l’enthousiasme redouble. Le public est venu pour l’auteur, non pour la pièce. La représentation d’Irène est constamment interrompue par des cris. À la fin, on lui apporte une couronne de laurier dans sa loge et son buste est placé sur un piédestal au milieu de la scène. La foule s’exclame : Vive le défenseur des Calas !

Buste de Voltaire, atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, non daté. Musée Antoine Lecuyer

Voltaire peut mesurer ce soir-là l’indéniable portée de son action, même si la cour, le clergé et l’opinion antiphilosophique lui restent hostiles et se déchaînent contre lui et ses amis du parti philosophique, ennemis de la religion catholique ».

1778 (mars). Voltaire a 83 ans. Atteint d’un mal qui progresse insidieusement pour entrer dans sa phase finale, Voltaire se comporte comme s’il était indestructible. Son état de santé et son humeur changent pourtant d’un jour à l’autre. Il envisage son retour à Ferney pour Pâques, mais il se sent si bien à Paris qu’il pense sérieusement à s’y fixer. Madame Denis, ravie, part à la recherche d’une maison. Il veut se prémunir contre un refus de sépulture. Dès le 2 mars, il fait venir un obscur prêtre de la paroisse de Saint-Sulpice, l’abbé Gaultier, à qui il remet une confession de foi minimale (qui sera rendue publique dès le 11 mars) en échange de son absolution.

1778 (28 mars). Il écrit à son secrétaire Wagnière les deux lignes célèbres : Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, et en détestant la superstition.

1778 (à partir du 10 mai). « Malgré l’assistance du docteur Théodore Tronchin, ses souffrances deviennent intolérables. Pour calmer ses douleurs, il prend de fortes doses d’opium qui le font sombrer dans une somnolence entrecoupée de phases de délire.

La conversion de Voltaire, au sommet de sa gloire, aurait constitué une grande victoire de l’Église sur la Secte philosophique. Le curé de Saint-Sulpice et l’archevêque de Paris, désavouant l’abbé Gaultier, font savoir que le mourant doit signer une rétractation franche s’il veut obtenir une inhumation en terre chrétienne. Mais Voltaire refuse de se renier. Des tractations commencent entre la famille et les autorités soucieuses d’éviter un scandale. Un arrangement est trouvé. Dès la mort de Voltaire on le transportera comme malade à Ferney. S’il décède pendant le voyage, son corps sera conduit à destination.

1778 (30 mai). Voltaire meurt dans l’hôtel de son ami le marquis de Villette.  

1778 (31 mai). « M. Try, chirurgien, assisté d’un M. Burard, procède à l’autopsie ».

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De Rohan, 4ème prince-évêque

Louis René Édouard de Rohan (Paris, 25 septembre 1734 – Ettenheim, 17 février 1803), quatrième Rohan, prince-évêque de Strasbourg au 18ème siècle, de 1779 à 1790.

Louis-René-Édouard est le fils de Hercule-Mériadec de Rohan-Guéméné et de Louise de Rohan-Soubise, et le petit-neveu du cardinal Louis-Constantin de Rohan-Guéméné (1697-1779).

Blason des Rohan-Guéméné

Cette chronique est divisée en trois parties. La maison de Rohan au 17ème et au 18ème siècle. Les prince-évêques au 18ème siècle. Louis-René de Rohan, de la naissance en 1734 à l’accession à la principauté épiscopale de Strasbourg en 1779.

  • Cette chronique est aussi l’occasion de définir ou de redéfinir les positions sociales existant dans l’Église catholique romaine.
  • Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que « la capitulation de Strasbourg est le nom de l’acte par lequel la ville impériale libre de Strasbourg s’est placée sous la protection des rois de France, le 30 septembre 1681« . Les Institutions du Saint-Empire et du Royaume de France coexistent en Alsace au 18ème siècle.

Partie 1. La maison de Rohan au 17ème et au 18ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« La famille de Rohan à partir du 17ème siècle utilise sa généalogie et sa puissance à la Cour pour obtenir le rang de prince étranger passant ainsi juste après les princes du sang et avant l’ensemble des ducs et pairs. Le but est de prouver que les anciens rois de Bretagne ont bien été souverains et que les Rohan descendent d’eux en ligne directe. Ces deux assertions ne sont à l’époque pas évidentes à démontrer… Plusieurs fois, les Rohan doivent passer en force avec des faux (pratique courante dans ces familles aristocratiques sous l’Ancien Régime) ».

  • Chronique du blog du 23 juin 2020, De Rohan n°1, 30 ans en 1704. Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (30 ans en 1704) est le premier des quatre Rohan à se succéder au 18ème siècle comme prince-évêque de Strasbourg. Trois parties : Anne Julie de Rohan-Chabot, la mère d’Armand Gaston ; La carrière exceptionnelle du jeune Armand Gaston de Rohan-Soubise ; discours lors de son élection à l’Académie française en 1703.

« Armand Gaston de Rohan-Soubise succède à Guillaume-Egon de Fürstenberg (1629-1704) comme prince-évêque de Strasbourg en 1704, à l’âge de 30 ans ».

Partie 2. Les prince-évêques au 18ème siècle. Source 1 : chronique du blog du 20 juin 2020.

« Prince-évêque est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs ».

La principauté épiscopale de Strasbourg, État du Saint-Empire romain. Source 2 : extraits de l’article de Wikipédia.

« Relevant à l’origine du duché de Souabe, les évêques de Strasbourg obtinrent l’immédiateté impériale par une charte de l’empereur Otton II émise à Salerne en 982. Devenus prince-évêques, ils pouvaient alors rendre la justice, battre monnaie, et exercer une autorité politique sur la principauté épiscopale comme seigneurs temporels.

Lors des traités de Westphalie de 1648, le royaume de France obtint des revendications territoriales sur la Basse-Alsace. La principauté fut alors rattachée au territoire français et intégrée à la province d’Alsace le 9 août 1680, à l’exception des terres situées sur la rive droite du Rhin. Les princes-évêques conservèrent le titre de landgrave jusqu’à la Révolution française et l’abolition de la noblesse en 1790″.

Quatre Rohan se succèdent comme prince-évêque de Strasbourg au 18ème siècle. Le 4ème, celui que concerne cette chronique – Louis-René-Edouard – le deviendra en 1779, à l’âge de 45 ans. Coadjuteur de son grand-oncle, il était certain d’obtenir cette nomination, mais il a dû en attendre la mort.

Il sera prince-évêque de Strasbourg durant 11 ans. En 1790, il émigre dans les terres allemandes de son diocèse, à Ettenheim. Il y mourut en 1803.

Partie 3. Louis-René de Rohan. De la naissance en 1734 à l’accession à la principauté épiscopale de Strasbourg en 1779. Sources : extraits d’articles de Wikipédia.

« 1743 (9 ans). Nommé chanoine du Chapitre de Strasbourg à l’âge de 9 ans, Louis-René eut une carrière météorique au sein de l’Église de France, accompagnée d’une progression continue de sa richesse.

1745 (11 ans). Nommé prieur commendataire du grand monastère de Sauxillanges en Auvergne.

  • Dans le régime de la commende, un ecclésiastique (abbé ou prieur « commendataire ») ou un laïc tient une abbaye ou un prieuré in commendam, c’est-à-dire en percevant personnellement les revenus, et, s’il s’agit d’un ecclésiastique, en exerçant aussi une certaine juridiction sans toutefois la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines.

1756 (22 ans). Ordonné prêtre après avoir fait le séminaire à Saint-Magloire à Paris,

1759 (25 ans). Nommé évêque coadjuteur de son oncle, le prince-évêque Louis-Constantin. À ce titre, il reçoit du roi Louis XV, en commende, les abbayes de La Chaise-Dieu en Auvergne et de Montmajour en Provence.

  • Un évêque ou archevêque coadjuteur est un évêque nommé aux côtés d’un évêque diocésain, avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque à qui il est adjoint, après la démission ou le décès de ce dernier.

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Toulouse,17-18ème. 2 Collèges rivaux

Toulouse (1604-1763). 2 Collèges rivaux. Suite de la chronique sur l’université de Toulouse au Moyen-âge et à l’époque moderne.

Diaporama de 15 photos (mai 2022).

Collège 1. En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance. Collège 2. Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne ont été appelés à Toulouse par l’archevêque  François de Joyeuse, et sont arrivés en octobre 1604. Par un bref du pape Grégoire XV, enregistré au Parlement de Toulouse le 1er octobre 1621, ils ont l’autorisation d’enseigner les arts libéraux.

La rivalité entre les deux Collèges s’exaspère au tournant du siècle. Elle ne s’éteint qu’en 1763 avec l’expulsion des Jésuites.

Dès le 16ème siècle, se pose la question des missions d’enseignement de l’université et de son rôle certificateur pour le baccalauréat, la licence, la maîtrise, le doctorat. Au 18ème siècle, les deux collèges toulousains ne se contentent pas de préparer au baccalauréat, mais empiètent sur les enseignements de la Faculté des arts, conduisant à l’obtention de la licence.

Les deux Collèges sont-ils des précurseurs du combat de ce blog pour la création d’Instituts d’Enseignement Supérieur (les IES en 20 propositions) ? Je le crois ! Il n’empêche que la tutelle de l’université demeure très présente au 18ème, malgré les crises que traversent les trois Facultés majeures (théologie, médecine, droit).

A la rentrée 2021, le lycée Pierre de Fermat de Toulouse, installé dans l‘ancien Collège des Jésuites, a accueilli un peu plus de 1 800 élèves dont 950 étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). La dépense par étudiant en CPGE est bien plus élevée que celle pour un étudiant inscrit à l’université. Pourquoi un tel privilège ?

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Partie 1. Le Collège des doctrinaires (1654-1792). Source : le collège de l’Esquile.

« Les prêtres et les filles de la Doctrine chrétienne – doctrinaires et ursulines – se consacraient à la catéchèse et à l’enseignement religieux. Ils avaient l’autorisation d’enseigner les arts libéraux. Toulouse devient le siège d’une des trois provinces françaises des doctrinaires, qui ouvrent rapidement des maisons d’éducation dans la région, Ils créent d’importants collèges à Pézenas, Villefranche-de-Rouergue et Brive-la-Gaillarde.

En 1646, les capitouls songent à confier aux jésuites la direction du collège de l’Esquile, puis se tournent vers les doctrinaires auxquels ils donnent, par contrat du 1er avril 1654, un bail de quatre ans. Des travaux sont engagés durant un an pour la rénovation des bâtiments et le collège rouvre à la rentrée 1655, pour la Saint-Luc (18 octobre). Le bail sera renouvelé et sa durée augmentée : le dernier bail est signé en 1767, pour une durée de 30 ans« .

« Le personnel se compose de cinq professeurs pour les classes de grammaire, deux professeurs de rhétorique, deux de philosophie, un recteur et un économe, auxquels s’ajoutent un préfet des classes et un maître des pensionnaires. L’enseignement repose sur l’étude de la doctrine, Instruction des enfants baptisés par questions-réponses à l’usage du collège de l’Esquile de 1719. L’enseignement se poursuit dans les grandes classes par les humanités, la philosophie, l’histoire, la géographie et les sciences. Le cours de philosophie, particulièrement, fait la renommée du collège de l’Esquile. Il est ouvert aux étudiants de la faculté des Arts et même aux membres de l’élite toulousaine. L’année scolaire commence le 18 octobre et se terminait avant le 15 août. À cette occasion a lieu une joute littéraire, à laquelle sont invités le clergé, les capitouls, les parlementaires et les universitaires de la ville.

Les doctrinaires mènent plusieurs campagnes de travaux afin d’embellir et d’agrandir le collège. En 1701, ils décident le prolongement des bâtiments au sud et la construction du portail sur la rue de l’Esquile. Malgré l’opposition de l’université, car il faut détruire la salle de classe de la faculté des Arts, les travaux sont achevés en 1702« .

« Le Collège rentre rapidement en concurrence et en rivalité avec le Collège des jésuites. La popularité de l’enseignement de la philosophie par les doctrinaires attire de nombreux élèves. Mais en 1681, les jésuites obtiennent l’agrégation de leurs classes de philosophie et de théologie à l’université, et en 1689, ils font incorporer au collège une des chaires des arts de l’université, finissant de dépouiller le collège de l’Esquile de ses derniers privilèges. La rivalité des deux collèges repose sur des questions de préséance, car le collège de l’Esquile porte le qualificatif de primarium.

En 1716, les capitouls obtiennent par lettres patentes l’agrégation du collège de l’Esquile à l’université, rétablissant l’équité entre les deux collèges. C’est finalement l’interdiction des jésuites en France – le procureur du roi, Jean Gabriel Alexandre de Riquet de Bonrepos, est chargé de faire le réquisitoire devant le Parlement de Toulouse en février 1763 – qui met un terme à cette rivalité.

À la fin du XVIIIe siècle, le collège s’ouvre aux idées des Lumières : la bibliothèque s’enrichit du Journal encyclopédique de Pierre Rousseau et du Supplément à l’Encyclopédie en 1781, des œuvres de Jean-Jacques Rousseau en 1787, des Études de la nature de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre en 1789. Elle reçoit par ailleurs la Gazette de France, le Journal de Genève, le Mercure de France, la Feuille toulousaine de Baour et le Courrier d’Avignon.

En 1790, tous les professeurs de l’Esquile, sauf un, acceptent de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Un lycée provisoire est installé dans les mêmes locaux, tandis que l’enseignement s’enrichit de l’étude de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cependant, la fermeture définitive du collège de l’Esquile a lieu le 9 octobre 1792« .

Partie 2. Le Collège des Jésuites (1566-1763). Source : Pop Culture Gouv.

« En 1566, les Jésuites installent leur collège et ses dépendances dans l’hôtel de Bernuy, d’époque Renaissance, et agrandissent leur domaine. Les bâtiments actuels, répartis autour de plusieurs cours, portent surtout la marque de la fin du 18e siècle et du 19e. Le grand portail datant de 1605 témoigne du goût baroquisant des mécènes d’alors.

Benoît Michel, Le collège des jésuites de Toulouse et la vie musicale toulousaine de la fin du 17ème siècle à 1762 in Anne Piéjus, Plaire et instruire, Le spectacle dans les collèges de l’Ancien Régime, Presses universitaires de Rennes, p. 271-285.

« Le théâtre, la musique et la danse, trois disciplines fondamentales dans l’éducation de la noblesse d’Ancien Régime, participaient, dans les collèges français, à l’élaboration de spectacles conçus pour les jeunes gens autant que pour un public avide de divertissement. La scène des collèges s’impose comme l’un des premiers lieux de création dramatique des XVIIe et XVIIIe siècles. Pourtant, ce répertoire, qui souffre de la disparition de nombreuses sources, est encore rarement appréhendé dans sa dimension spectaculaire. Ce théâtre hybride, souvent farci d’intermèdes chantés ou dansés, se présente comme un objet protéiforme, qui appelle une approche pluridisciplinaire ».

Partie 3. Lycée Pierre de Fermat. Source : article de Wikipédia.

« Le lycée Pierre-de-Fermat est un établissement d’enseignement secondaire et supérieur, situé parvis des Jacobins à Toulouse à proximité immédiate de la place du Capitole ».

  • Brève biographie de Pierre de Fermat, « né dans la première décennie du XVIIe siècle, près de Montauban, et mort le 12 janvier 1665 à Castres, est un magistrat, polymathe et surtout mathématicien. Il est aussi poète, habile latiniste et helléniste, et s’est intéressé aux sciences et en particulier à la physique ; on lui doit notamment le principe de Fermat en optique. Il est particulièrement connu pour avoir énoncé le dernier théorème de Fermat, dont la démonstration n’a été établie que plus de 300 ans plus tard par le mathématicien britannique Andrew Wiles en 1994″.

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Toulouse Univ. médiévale, moderne

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Partie 1. L’université médiévale. Source : Wikipédia. « L’université de Toulouse est l’une des plus importantes et des plus anciennes universités médiévales françaises. Elle fut fondée en 1229 par le comte de Toulouse, Raimond VII, à la suite du traité de Meaux. Supprimée à la Révolution, en 1793, elle fut refondée en 1896 dans le cadre de la réorganisation de l’enseignement supérieur.

Elle compte à la fin du Moyen Âge quatre facultés :

  • Faculté de théologie,
  • Faculté des arts,
  • Faculté de médecine,
  • Faculté de droits (canonique puis civil) ».

Partie 2. L’université moderne. « La structure de l’université, composée de ces quatre facultés, reste inchangée.

Dans le domaine de la science du droit, le XVIe siècle est un véritable âge d’or pour l’université de Toulouse. Un proverbe de l’époque illustre sa renommée : Paris pour voir, Lyon pour avoir, Bordeaux pour dispendre, et Toulouse pour apprendre« .

Marielle Mouranche, Et Toulouse pour apprendre, l’université dans la ville, Presses universitaires du Midi, 2010, Books Openedition, pp. 127-144.

« Les professeurs dans la ville. Les relations entre les professeurs de l’université de Toulouse et la ville ont parfois été conflictuelles, mais au total, l’université a toujours été plutôt bien intégrée aux institutions toulousaines.

Beaucoup de maîtres de la faculté de Droit siégeaient au parlement de Toulouse, jusqu’à ce qu’un arrêt de la fin du XVIème siècle interdise le cumul de l’enseignement et de la profession d’avocat, ce qui n’empêche pas les liens de persister.

Plusieurs professeurs exerçaient les fonctions de capitoul, comme Antoine Dumay (1601), François de Boutaric (1707 et 1710). Mais les relations avec la ville peuvent être aussi très conflictuelles, le plus souvent pour des questions d’exemptions fiscales, ou pour défendre le for ecclésiastique qui soustrait les membres de l’université à la juridiction laïque. Cette situation créa des abus car certaines professions comportant de nombreux clercs (comme le personnel des universités) furent assimilées au clergé d’Ancien Régime.

En 1751, Toulouse fusionne avec l’université de Cahors, fondée en 1331 sous la forme d’un Studium generale par une bulle pontificale de Jean XXII« .

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Canal du Midi. Lenain Garipuy Saget

Le Canal du Midi au 18ème : Lenain (intendant du Languedoc), Garipuy (astronome et inspecteur du Canal), Saget (aménageur de Toulouse et auteur du plan de 1777). Chronologie de l’aménagement et de l’entretien du Canal.

La dynastie des Riquet demeure propriétaire du Canal. Les États généraux du Languedoc sont amenés à le financer davantage. L’influence de l’évêque de Montpellier, neveu du grand Colbert, concurrence celle de l’intendant.

Nougaro, Toulouse, L’eau verte du Canal du midi (Youtube 4’23).

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1725. Arrêté de la Cour des comptes de Montpellier qui confirme la propriété héréditaire et incommutable du Canal aux Riquet, in André Maistre, Canal royal du Languedoc puis Canal des deux mers, 1666-1819, Privat, 1968, 308 pages. La notion d’intérêt public et son évolution au XVIIIème siècle à propos de la propriété du canal, de 1715 à 1789, pp. 137-149.

Partie 6. Jean Le Nain (1698-1750), baron d’Asfeld par sa femme, intendant du Languedoc.

« À la fin d’avril 1718, Basville fut remplacé dans ses fonctions d’intendant de justice, police et finances en la province de Languedoc, par Louis de Bernage, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux, Chaumont., conseiller d’État.

Le grand mouvement des Cévennes avait été apaisé ; l’administration n’avait plus besoin de la même fermeté dans le premier fonctionnaire de la province,  mais un autre genre de lutte venait de se produire. C’étaient les querelles du jansénisme et mieux du quesnellisme, et tous les regards du parti, durant près d’un demi-siècle, se portèrent, pour recevoir le mot d’ordre, sur Charles-Joachim Colbert (1667-1738), évêque de Montpellier, second fils du marquis de Croissy. L’influence de l’intendant fut presque annihilée par celle de l’évêque, neveu du grand Colbert ».

« Au mois de janvier 1725, Louis-Basile de Bernage (1691-1767), chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux, Chassy, conseiller du Roi, maître des requêtes ordinaire, grand-croix de l’ordre de Saint-Louis, prit les rênes de l’administration provinciale qu’il quitta en août 1743, bien que nommé, au commencement de la même année, aux fonctions de Prévôt, des marchands de Paris. Il ne fut guère plus heureux que son père auprès de l’évêque de Montpellier ».

« Jean Le Nain, chevalier, baron d’Asfeld, conseiller du Roi, maître des requêtes ordinaire, succéda, comme intendant de Languedoc, à Bernage de Saint-Maurice, au mois de septembre 1743. Nommé depuis plusieurs mois, il attendit, pour arriver à Montpellier, d’être remplacé à l’Intendance du Poitou. Il mourut le 28 décembre 1750« .

Partie 7. François Garipuy (1711-1782)

« De 1740 à 1752, François Garipuy concilie ses activités professionnelles et celles d’astronome. Mais en 1752, il doit prendre la suite de M. Carney, directeur des travaux publics de la Sénéchaussée de Carcassonne. Il a réalisé le pont du Sommail, près de Sallèles-d’Aude, érigé entre 1770 et 1774. Il a entrepris en même temps le début de la construction du pont de Rieucros permettant à la route reliant Pamiers à Mirepoix de franchir le Douctouyre. C’est son fils, Bertrand Garipuy qui a terminé la construction de ces ponts.

Parmi ses charges, Garipuy doit inspecter le Canal royal du Languedoc. Les États de Languedoc lui demandent même, en 1768, de tracer le plan de ce canal. La carte est achevée en 1771″.

« L’éloignement de François Garipuy contrarie assez nettement ses travaux astronomiques. De surcroît, en 1765, il devient capitoul, ce qui constitue une charge supplémentaire.François Garipuy avait pourtant aménagé un observatoire au-dessus de sa maison, et l’avait garni de nombreux instruments. Mais sa fonction l’empêche fréquemment d’être à Toulouse, lors de phénomènes célestes remarquables. Il tente malgré tout de poursuivre ses travaux et observe parfois loin de son observatoire, comme l’éclipse de Soleil du 1er avril 1764, dont rapporte le compte rendu de Narbonne.

En 1772, François Garipuy démissionne de sa charge en faveur de son fils, Bertrand, qui le seconde parfois dans ses recherches. Les deux hommes sont emportés, en 1782, par l’épidémie de suette qui sévit alors à Toulouse ».

Partie 8. Joseph-Marie de Saget (1725-1782). 1777, Plan de Toulouse et de ses canaux

« Dès 1748, l’intendant du Languedoc, Jean Lenain d’Asfeld, avait demandé à Garipuy de lui fournir des solutions pour améliorer l’aménagement urbain de la capitale du Haut-Languedoc. Les échanges entre l’intendant et son ingénieur avaient abouti au constat qu’un plan de la ville était nécessaire. Il permettrait de mieux appréhender l’espace urbain et les aménagements à y apporter. En effet, les seuls plans alors à disposition n’étaient pas à jour et ne rendaient donc pas pleinement compte de l’espace urbain ».

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