Archives de Catégorie: E. Sciences humaines et sociales

Casanova, 30 ans en 1755

Giacomo Casanova (1725 – 1798). Bourreau des cœurs , par Pénélope Pélissier, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « De tous les libertins de l’Ancien Régime, Giacomo Casanova est le plus célèbre. C’est au point que son nom est devenu un mot commun pour désigner un séducteur à la fois aimable et troublant. Sa vie exubérante, sa curiosité et ses talents ne sauraient cependant se réduire à ce cliché.

Giacomo Girolamo Casanova est né le 2 avril 1725 à Venise dans une famille de comédiens. Il est élevé par sa grand-mère dans un milieu de femmes et reçoit une éducation soignée.

Le jeune homme mène ses études avec sérieux. Il se consacre au droit et à la théologie de 1735 à 1742, obtient son doctorat à l’université de Padoue et se prépare à devenir abbé : il prononce ses vœux et officie à l’église San Samuele.

Après en avoir été chassé pour cause d’ivresse, il profite de la protection du sénateur Malipiero et du cardinal Acquaviva pour continuer à prêcher à Venise, Naples et Rome. Ses aventures féminines sont alors mises au grand jour ; il doit abandonner ses habits de prêtre pour se tourner vers une autre voie : celle d’aventurier ».

Casanova par Francesco Narici (source Wikipédia). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

« Dès lors, Casanova enchaîne les petits boulots à travers le monde : marin, violoniste, (faux) guérisseur, il reçoit l’appui de la famille Grimani. Il joue beaucoup aux casinos et a des aventures avec de nombreuses femmes, 142 selon ses dires.

Contrairement à l’image laissée par le personnage de Don Juan, Casanova n’est pas un cynique ou un dominant. Chaque conquête renouvelle son désir et sa passion. Chaque rupture est ressentie comme un échec. Sans doute est-ce qui lui vaut d’être apprécié par les soubrettes comme par les princesses »… 

Lire aussi l’article de Wikipédia. Giacomo Girolamo Casanova

« Né le 1725 à Venise et mort le juin 1798 à Dux en Bohême. Aventurier, il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l’unique but d’escroquer Madame d’Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de Vénitien »…

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Ile-de-France, D. Italie, E. Sciences humaines et sociales

1793, Pernes : une petite Vendée

25 août 1793. Les tourments de la Révolution. La petite Vendée du Pas-de-Calais.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « Qui le sait ? En 1794, le Nord-Pas-de-Calais refuse de se plier aux injonctions de la Convention nationale. Cette rébellion lui vaudra de vivre de sombres moments durant la Grande Terreur et de se voir affubler du surnom de petite Vendée.

Le récit de ce soulèvement méconnu a inspiré à Françoise Dag’Naud un roman historique : 30, rue de Saintonge (Larousse, 2021). Il met en scène les paysans de Pernes-en-Artois et le conventionnel Lebon (le mal-nommé).

Le dimanche 25 août 1793, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest d’Arras, préfecture du Pas-de-Calais, le village de Pernes-en-Artois entre en rébellion. Les habitants du village s’insurgent contre une nouvelle réquisition militaire décrétée deux jours plus tôt par la Convention nationale.

Cette réquisition vient après la levée en masse de 300 000 hommes qui avait entraîné le soulèvement des paysans vendéens, le 10 mars de la même année.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Sciences humaines et sociales

Pâques, la résurrection de Jésus

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

12ème chronique. Pâques, la résurrection de Jésus.

Diaporama de 27 photos (Pierre Dubois, 2017-2020).

Mathias Grunewald, La résurrection, 1512-1516, Retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden.  

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Il s’agit certainement de l’une des Résurrection les plus célèbres de l’art. Cette scène fait partie du retable d’Issenheim, conservé à Colmar. Dans une ambiance cosmique, le Christ s’élève triomphant vers le ciel, les deux bras levés. Une belle lumière émane de sa tête. Autour de lui, le paysage est sombre et les soldats semblent aveuglés par cette lumière vive qui surgit. Le linceul blanc, symbole de mort, change de couleur et devient rouge flamboyant, comme si tout ce que touchait le Christ se trouvait alors transfiguré ».

La descente dans les Limbes (source : Wikipédia). « Les Limbes des patriarches, entre le Paradis, l’Enfer et le Purgatoire, lieu des âmes des morts d’avant la Résurrection du Christ, sont visitées par lui entre le Vendredi saint et le jour de Pâques, selon la première épître de Pierre, laquelle indique que Jésus est allé prêcher aux esprits en prison (3:19), un épisode nommé aussi Descente aux Enfers. Il ne s’agit donc pas des Limbes des enfants (lieu des âmes des enfants morts sans baptême), absents dans la scène représentée ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

L’apparition à Marie de Magdala, Jean 20, 11-18

« Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répond : On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre.

Jésus lui dit alors : Marie ! S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : Rabbouni ! c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : J’ai vu le Seigneur ! et elle raconta ce qu’il lui avait dit ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

Noli me tangere. Interprétation. « Selon certains auteurs tel Maurice Zundel, en demandant à Marie Madeleine de ne pas le toucher, Jésus indique qu’une fois la résurrection accomplie, le lien entre l’humanité et sa divine personne n’est plus physique, mais passe désormais par le lien de cœur et la communion eucharistique. Il faut qu’Il établisse cet écart, il faut qu’elle comprenne (et toute l’humanité) que la seule voie possible, c’est la Foi, que les mains ne peuvent atteindre la personne et que c’est du dedans, du dedans seulement, que l’on peut s’approcher de Lui« .

L’incrédulité de l’apôtre Thomas (sourece Wikipédia). « Dans les évangiles synoptiques, Thomas n’est pas autrement mentionné que dans les listes d’apôtres. En revanche, dans l’évangile de Jean, il lui est donné une certaine prééminence. Il se révèle d’abord fougueux et généreux lorsqu’il réagit aux paroles de Jésus qui annonce sa mort : Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui (Jean 11:16). On perçoit aussi son esprit critique dans le dialogue qui suit la Cène. À Jésus qui dit Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin (Jean 14:4), Thomas répond avec vivacité : Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ?

Mais c’est son incrédulité qui lui donne une place unique dans le récit des apparitions de Jésus. Dans le même évangile, Thomas refuse de croire avant d’avoir vu les marques de la Crucifixion ».

« Thomas n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais sois croyant. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! (Jean 20, 24-29). Cette incrédulité lui vaut le surnom de Thomas le sceptique ».

Poster un commentaire

Classé dans AI. Art médiéval et moderne, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues, E. Sciences humaines et sociales

Jésus trahi par Judas, par Pierre

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

Chronique 6. Jésus trahi par Judas, par Pierre

A. La trahison de Judas. Source : Wikipédia.

« Sur la trahison de Judas et sur sa mort, les seules informations que l’on ait proviennent de sources chrétiennes ». « L’historicité de ce personnage […] reste fragile et ne se fonde sur aucune certitude historique » selon Simon Mimouni. En effet, les récits de la mort de Jésus dans les évangiles sont destinés à l’édification des fidèles lors des pratiques liturgiques et n’ont pas été conçus comme des documents historiques.

D’après l’évangile selon Matthieu (26, 15), Judas, qui assurait le rôle de trésorier, livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente pièces d’argent. Dans les évangiles synoptiques, Jésus se trouvait au jardin de Gethsémani. Judas le désigne aux gardes en l’embrassant.

Judas perçoit les trente deniers, fresque de Giotto, Chapelle Scrovegni (Padoue), 1306. Source: Images Google

Cliquer sur les images pour les agrandir

Le Sanhédrin, rassemblant les autorités religieuses juives, et favorable au gouvernement colonial romain, condamna Jésus à mort (Matthieu, 26, 65-66), puis le mena devant Pilate, gouverneur romain de Judée.

L’Évangile selon Matthieu fait mourir Judas peu de temps après la condamnation de Jésus : pris de remords, il rapporta les pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j’ai péché en livrant un sang innocent… Alors, il se retira en jetant l’argent du côté du sanctuaire et alla se pendre (Matthieu. 27,5).

Judas embrasse Jésus pour le désigner aux soldats. Reims, Anonyme flamand, Beaux-arts, vers 1520

B. Jésus au Jardin des Oliviers. Source Wikipédia.

Jésus est représenté priant la nuit dans un jardin que l’on sait être celui du mont des oliviers à Jérusalem ; trois de ses disciples, Pierre, Jean et Jacques le Mineur, qui l’accompagnent sont endormis non loin. Des anges lui offrent un calice à boire (en acceptation de sa destinée). La présence dans le décor lointain de vues des murs de la ville de Jérusalem rappelle précisément le lieu.

Martin Schongauer. Le retable des Dominicains (vers 1480). Scènes de la Passion du Christ. Album de 13 photos.

De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020. Colmar, Musée Unterlinden.

Jésus au Mont des Oliviers. Disciples endormis.

On ne confondra pas cette scène avec la suite immédiate de l’arrestation au Jardin des Oliviers, qui comporte une cohorte de soldats romains, guidée par Judas, venue arrêter Jésus. Malgré cette précaution formelle, certains tableaux anticipent cet épisode proche et rassemblent dans une même composition, les deux épisodes par le principe de la représentation de la Storia de la narration médiévale et byzantine plutôt qu’une précision formelle de l’Espace chère à la Renaissance.

C. Le Reniement de Pierre. Source : Wikipédia.

Évangiles selon Matthieu 26-34 ; Marc 14-30 ; Luc 22-34 ; Jean 13, 38.

Chacun des quatre Évangiles rapporte qu’après l’arrestation de Jésus, l’apôtre Pierre, par peur de risquer lui aussi la mort, nie trois fois avoir eu aucune relation avec celui-ci. Puis, lorsque le coq chante, Pierre sort et pleure amèrement, au souvenir de l’annonce que le Christ lui a faite de cette lâcheté : avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois.

José de Ribera, 1591-1652, Exposition 2015, Strasbourg, musée des Beaux-arts, galerie Heitz.

Vers 1610. Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Le Reniement de Saint Pierre, vers 1610

Poster un commentaire

Classé dans AF. Histoire 16-17èmes siècles, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Italie, E. Mobilité internationale, E. Sciences humaines et sociales

Le lavement des pieds d’Arles

Chroniques sur la semaine sainte dans l’Art

Le lavement des pieds, appelé aussi podonipsie en grec ou pedilavium en latin, est un acte rituel accompli en mémoire du lavement des pieds des apôtres par Jésus-Christ, la veille de sa Passion, avant de se mettre à table pour la Cène.

Le lavement des pieds dans l’Art. Exemple à Arles dans le cloître de la cathédrale Saint-Trophime, Chronique d’Histoires d’universités (août 2019) : diaporama de 30 photos de Pierre Dubois.

Les trois premières scènes de la Passion sont représentées dans ce cloître. Trois photos : l’entrée de Jésus dans Jérusalem, le Lavement des pieds, la Cène.

Le lavement des pieds, cloître de Saint-Trophime. Cliquer sur les images pour les agrandir.

Histoire du cloître de Saint-Trophime (citations extraites de Wikipédia).

« L’édification du cloître débute peu après 1150 avec la construction de la galerie nord qui sera suivie de peu par celle de la galerie orientale. Son emplacement est inhabituel car il n’est accolé ni à la nef ni au transept. Il communique avec le chœur au moyen d’un escalier de vingt-cinq marches ».

Cliquer sur les images pour les agrandir

Deux styles différents pour les galeries : le roman pour les galeries nord et est, et le gothique pour les galeries ouest et sud (fin du 14èmesiècle).

Entrée de Jésus dans Jérusalem

Symbolisme du Lavement des pieds (citations extraites de Wikipédia : le lavement des pieds). « Ce geste était effectué par les serviteurs ou les esclaves. Dieu créateur venant sur la terre dans la personne du  Verbe incarné, le Christ prend la condition d’un esclave avant de mourir sur une croix, pour racheter les hommes, et il le fait par ce geste. Il montre ainsi l’exemple de l’humilité et l’abaissement qu’il avait enseignés auparavant à ses disciples : Le plus grand parmi vous sera votre serviteur : quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé (Matthieu 23.12).

Poster un commentaire

Classé dans AI. Art médiéval et moderne, BA. Photos, C. PACA Corse, E. Sciences humaines et sociales

L’industrie du nourrisson parisien

Nourrices (XVIIIe – XIXe siècle). L’industrie du nourrisson parisien

Pour lire l’article de Christian de la Hubaudière, s’abonner à Hérodote.net, Le media de l’Histoire (20 euros par an).

« Au XVIIIe et XIXe siècles, les nouveau-nés de la bourgeoisie citadine ne vivent pas avec leurs parents mais avec leur nourrice, à la campagne. Ces séjours peuvent se prolonger jusqu’à l’âge de deux ans, lors du sevrage. Ce phénomène prend une telle ampleur qu’il va déboucher sur une pratique professionnelle que l’administration royale devra réglementer.

Cette pratique sociale a eu un impact économique considérable par ses flux financiers entre milieux urbains et ruraux. Une contribution méconnue mais bien réelle à l’unification économique du pays ».

Lire également le roman de Christian de la Hubaudière Au Sein de Paris narrant l’histoire exemplaire de Marguerite, nourrice normande, de 1743 à 1791, année de sa mort.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Ile-de-France, E. Médecine Pharmacie, E. Sciences humaines et sociales

Révolution à Strasbourg : 1789-1795

Georges-Daniel Arnold, né le 18 février 1780 à Strasbourg et mort dans cette même ville le 18 février 1829. Juriste et homme de lettres alsacien. Comment suivre des études de droit et devenir professeur des universités dans une période « agitée » ?

Sources. Citations de Wikipédia et de la Biographie de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1787 (7 ans). Études au gymnase protestant de Strasbourg, interrompues à la suite de la fermeture dudit gymnase en 1794. Il souhaite poursuivre des études à la faculté de droit de Strasbourg.

1795 (15 ans). Il adhère aux idées libérales de la Société des jeunes amis de la Constitution. Alors que ses amis étudiants, dont Ehrenfried Stoeber, poursuivent leurs études en Allemagne à Tübingen ou à Erlangen, Georges Daniel trouve un emploi en 1795 à la Préfecture en qualité de sous-chef de bureau de la guerre et de l’administration départementale du Bas-Rhin. Il en profite pour écrire une Chronique de la Révolution à Strasbourg de 1789 à 1795.

1801-1803 (21-23 ans). Séjour d’études à Göttingen : droit, langues anciennes et modernes, philosophie, antiquités, beaux-arts, sciences naturelles, sciences exactes. Voyages pendant les vacances en Allemagne du Nord (Brême, Hambourg, Lübeck, Berlin, Dresde, Iéna ; à Weimar, il rend visite à Goethe.

1803 (23 ans). A l’automne, il rejoint son maître et professeur Koch (membre du Tribunat) à Paris pour parfaire ses études de droit. Koch l’introduit auprès de Chabot, Sédillez, Cuvier.

1804 (24 ans). Il attend sa nomination comme professeur à l’une des nouvelles Hautes écoles de droit, créées par ordonnance impériale.

1806 (26 ans). Le 1er septembre, par décret impérial, il est nommé professeur de code civil à la Faculté de droit de Koblenz et appelé comme conseiller juridique auprès de Lezay-Marnésia, préfet du département de Rhin-et-Moselle. Il écrit la même année ses Notices littéraires et historiques sur les poètes alsaciens.

1807-1808 (27-28 ans). Cours de pédagogie à l’École normale.

1809 (29 ans). Rentré en Alsace à la suite de Lezay-Marnésia, il est nommé titulaire de la chaire d’Histoire à l’Académie. Les projets audacieux exposés en 1809 en font le précurseur de l’École Historique du Droit dont la faculté de Droit de Strasbourg sera le porte-parole français jusqu’en 1870.

Commentaires fermés sur Révolution à Strasbourg : 1789-1795

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, E. Arts Lettres Langues, E. Droit et Sciences politiques, E. Mobilité internationale, E. Sciences humaines et sociales

Noyades de Nantes (11/1793-2/1794)

La légende noire de Jean-Baptiste Carrier

Les noyades de Nantes, anonyme, musée de l’Histoire de Nantes, fin du 18ème siècle. cliquer sur les images pour les agrandir

Cartel du tableau du musée. « Pour accélérer l’exécution en masse des prisonniers, on procède à des noyades en Loire. Les victimes sont extirpées de leurs prisons, notamment celle de l’entrepôt des Cafés, pour être dirigées vers des bateaux. Les navires sont ensuite sabordés. On estime qu’il y eut plus d’une vingtaine de noyades, soit environ 4 000 victimes.

Le tableau, réalisé peu de temps après les faits, reprend tous les codes utilisés à l’époque pour dénoncer les noyades : Carrier assistant aux meurtres avec ses sbires, une mère implorante et un couple enlacé pour son mariage républicain ».

Source principale. Extraits de l’article de Wikipédia : Noyades de Nantes.

« Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et février 1794. Des milliers de personnes, suspectes aux yeux de la République (prisonniers politiques, de guerre, de droit commun, prêtres réfractaires…), ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Hommes, vieillards, femmes et enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la baignoire nationale. Autres dénominations : déportation verticale, baptême patriotique,  mariage républicain (mode d’exécution qui consistait à attacher nus un homme et une femme avant de les noyer), envoyer au château d’eau.

La crainte de l’épidémie a été avancée pour justifier la décision d’isoler les détenus à la prison de l’Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a servi de prétexte à vider les prisons du centre-ville…

La troisième noyade, dite du Bouffay, est la noyade la plus connue, grâce à l’abondance des témoignages la concernant à cause de la participation du comité révolutionnaire de Nantes. Ces témoignages sont recueillis après l’arrestation des membres du comité le 12 juin 1794.

14 décembre 1793. Un agent entre à la prison du Bouffay avec deux paquets de cordes et un ordre signé du comité de rassembler les 155 détenus. La liste de ces 155 détenus avait été rédigée dans la nuit du 4 décembre lors d’une réunion des corps administratifs. Les prisonniers figurants sur cette liste appartiennent à toutes les conditions sociales ; il s’y trouve quelques nobles et un grand nombre de détenus de droit commun…

22 décembre 1793. Lecture est faite d’un courrier de Carrier lors d’une séance du Comité de salut public : Carrier représentant du peuple près l’armée de l’ouest donne avis au Comité que tout le continent et le marais sur la rive gauche de la Loire sont au pouvoir de la République. Westermann a poursuivi le noyau des brigands qui s’était porté à Châteaubriant ; que cette bande a évacué ce poste et a marché à Savenay. Il ajoute un mot du miracle de la Loire qui vient encore d’engloutir 360 contre-révolutionnaires de Nantes ; que depuis qu’ils ont disparu les armées brigandines ont été battues et ont manqué de tout.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Pays de Loire, E. Droit et Sciences politiques, E. Sciences humaines et sociales

Les aventures du jeune Voltaire

Les aventures du jeune Voltaire. Quatre épisodes sur france.tv/france- 2, jusqu’au 22 février 2021, avec  Thomas Solivérès, Bernard Le Coq, Victor Meutelet, Christa Théret, Hippolyte Girardot, Valérie Bonneton, Thibault de Montalembert, Pascal Demolon.

Dans la partie 2 de cette chronique : biographie des 42 premières années de François Marie Arouet, dit Voltaire

Cliquer sur les images pour les agrandir

Épisode 1. Jésuite et Libertin

« Roturier de naissance, le jeune Voltaire est éduqué chez les Jésuites. Une fois sa formation achevée, il fréquente les libertins et devient la honte de son père. Il séduit la jeune Olympe, à la grande fureur de sa mère, la journaliste-pamphlétaire Dunoyer, et de l’Ambassadeur de France à La Haye. Ces aventures ne l’empêchent pas de se consacrer à son œuvre littéraire. Cependant, la première mouture de son Oedipe est refusée par la troupe de la Comédie-Française »…

Épisode 2. La Bastille à 20 ans

« Impliqué, malgré lui, dans un complot contre le Régent Voltaire est confiné dans un beau château, où il rencontre une jeune et jolie aspirante comédienne. L’écrivain se retrouve finalement enfermé à la Bastille, mais réussit à en sortir. Oedipe, finalement joué à la Comédie-Française, est un succès, mais provoque scandale »…

Épisode 3. Courtisan ou rebelle ?

« Le complot contre le Régent se retourne contre la duchesse du Maine. Voltaire, naïf et vaniteux, manque de se faire tuer par un indicateur de la police. Sa vie amoureuse se partage entre une comédienne et une riche marquise. Tandis que la mort touche son ami Génonville, elle vient frôler Voltaire dangereusement. Il se remet cependant à l’écriture, revient en grâce à la cour malgré l’hostilité du jeune Louis XV, mais risque de tout perdre en défendant une cause et un homme »…

Épisode 4. La liberté et l’exil

« Voltaire découvre, à ses dépens, ce que vaut l’amitié des grands seigneurs qu’il fréquente et en devient fou de chagrin et de rage. Pour éviter une nouvelle fois la Bastille, il accepte un nouvel exil et découvre la démocratie anglaise. De retour à Paris, il devient riche et ne dépend plus du bon vouloir des puissants. A la mort de son amante, la comédienne Adrienne Lecouvreur, Voltaire est fou de chagrin lorsqu’il qu’il voit sa dépouille jetée dans un terrain vague »…

Biographie. Les 42 premières années de François Marie Arouet, dit Voltaire. Né à Paris en 1694, mort en 1778 à l’âge de 84 ans. Sources : citations de Wikipédia, photos de portraits de Voltaire, peints par Quentin de Latour en 1735 et 1736, exposés au Musée éponyme à Saint-Quentin (Aisne), et reproduits en fin de chronique.

1694. « François-Marie Arouet est le deuxième fils de François Arouet, notaire au Châtelet, marié avec Marie-Marguerite Daumart, fille d’un greffier criminel au Parlement. Son père revend en 1696 sa charge de notaire pour acquérir celle de conseiller du roi, receveur des épices à la Chambre des comptes.

1704-1711 (10-17 ans). François-Marie Arouet entre à dix ans au collège Louis-le-Grand chez les Jésuites. Il y reste durant sept ans. Les jésuites enseignent les langues classiques et la rhétorique mais, dans la ligne de leur Ratio Studiorum, veulent avant tout former des hommes du monde et initient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification et théâtre.

Arouet est un élève brillant. Sa toute première publication est son Ode sur sainte Geneviève. Il apprend au collège Louis-le-Grand à s’adresser d’égal à égal aux fils de puissants personnages, et tisse de précieux liens d’amitié, très utiles toute sa vie : entre bien d’autres, René-Louis et Marc-Pierre d’Argenson, futurs ministres de Louis XV, et le futur duc de Richelieu.

1 commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, E. Mobilité internationale, E. Sciences humaines et sociales

Abbé Henri Grégoire, 50 ans en 1800

Source : extraits de la chronique de Wikipédia. Résumé. « L’abbé Henri Jean-Baptiste Grégoire (1750-1831) est un prêtre catholique, évêque constitutionnel et homme politique, l’une des principales figures de la Révolution française. Il se rallie au Tiers état et, à l’Assemblée constituante, il réclame non seulement l’abolition totale des privilèges et de l’esclavage mais prône aussi le suffrage universel masculin. Fondateur du Conservatoire national des arts et métiers et du Bureau des longitudes« .

1750. « L’époque est marquée par la ruralisation du bas clergé qui reste alors un moyen d’ascension sociale. Henri Grégoire commence ses études avec le curé de son village qui remarque ses dispositions intellectuelles dès l’âge de cinq ans.

1758 (8 ans). Il rejoint ensuite l’abbé Cherrier dans le village voisin d’Emberménil. Il étudie, en compagnie de fils de hauts fonctionnaires au service du duc de Lorraine.

1763-1768 (13 à 18 ans). Grégoire est ensuite orienté par l’abbé Cherrier pour suivre des études au collège jésuite de Nancy.

Il est ensuite orienté vers l’université de Pont-à-Mousson. Lorsque la Compagnie de Jésus est bannie de France en 1763, l’enseignement est réorganisé par le diocèse et Grégoire rejoint la toute neuve Université de Nancy où il a comme professeur Antoine-Adrien Lamourette, futur évêque constitutionnel de Lyon.

1769 à 1771 (19 à 21 ans). A Nancy, il étudie la philosophie et la théologie, pour faire suite aux humanités et à la rhétorique qu’il avait étudiées auparavant. Parallèlement, il suit des cours au séminaire de Metz tenu par les Lazaristes.

1773 (23 ans). Alors qu’il passe une année comme régent de collège hors du séminaire, Grégoire commence à se lancer dans le monde. Il consacre notamment une grande partie de son temps à la poésie. Son premier succès public est le prix de l’Académie de Nancy, décerné en 1773 pour son Éloge de la poésie.

1774 (24 ans). Voyageant constamment entre Nancy et Metz, il doit à l’automne de 1774, rentrer au séminaire de Metz pour la préparation à son ordination sacerdotale.

1775 (25 ans). Il est finalement ordonné prêtre le 1er avril. Durant ses années de formation, il est passé par une phase de doute sur sa foi et sa vocation religieuse… Il ne cache pas dans ses Mémoires avoir goûté aux philosophes des Lumières et être revenu à la foi après d’intenses réflexions. Il devient vicaire de paroisse, d’abord à Château-Salins

1776 (26 ans). Il devient membre de la Société philanthropique et charitable de Nancy.

1780 (30 ans). Les mauvaises conditions économiques de la décennie pré-révolutionnaire touchent de plein fouet les curés des paroisses modestes et accentuent une aigreur qui se fait plus grande encore quand la réaction nobiliaire ferme l’accès aux évêchés et même aux chapitres cathédraux (celui de Metz est anobli en 1780).

1787 (37 ans). L’Académie de Metz organise un concours intitulé Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ? L’Abbé Grégoire est candidat. Il reprend son premier mémoire en le remaniant. C’est son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs. Il partage le prix avec deux autres candidats. Son intérêt pour la question juive pourrait trouver son origine dans une philanthropie d’inspiration piétiste mais aussi du fait de l’importance de la communauté juive en Lorraine.

  • Le concours de l’Académie de Metz est au cœur du roman historique, L’Abbé Grégoire s’en mêle, Anne Villemin-Sicherman, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages.

Dans cet essai, Grégoire affirme qu’il tient une partie de sa documentation de ses relations dans le milieu des érudits juifs, et notamment d’Isaac Berr Bing et Simon de Gueldres. Il fustige l’attitude des gouvernements européens, qu’il accuse de cruauté et d’injustice envers les Israélites. Il considère que la discrimination qui frappe les juifs est contraire à l’utilité sociale.

1788-1789 (38-39 ans). Lettre du Roi Louis XVI (24 janvier) pour la convocation des États généraux à Versailles, le 26 avril 1789.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Ile-de-France, E. Droit et Sciences politiques, E. Sciences humaines et sociales