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M. Deneken ou le mélange des genres

Élection présidentielle : Michel Deneken ou le mélange des genres. Communiqué du SNESUP-FSU de l’Université de Strasbourg, 8 avril 2022.

Michel Deneken a apposé sa signature de Président d’université à un texte inédit dans lequel il a lancé ce 6 avril, avec quelques Prix Nobel et autres personnalités strasbourgeoises, « un appel national à la mobilisation pour la réélection du Président de la République Emmanuel Macron« .

Le SNESUP-FSU, attaché à la liberté d’expression et d’opinion, reconnait évidemment au citoyen Michel Deneken le droit d’exprimer un choix politique. Mais, au titre de sa fonction de Président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken ne peut appeler à la réélection d’Emmanuel Macron sans commettre une entorse grave à « l’obligation de neutralité » qui figure à l’article L121-2 du Code général de la fonction publique.

Bien plus, au titre de cette même fonction, il doit non seulement respecter ce principe, mais également le garantir dans l’établissement qu’il préside. En outre, sa place dans la hiérarchie universitaire ainsi que son mandat l’invitent à un devoir de réserve encore plus scrupuleux que celui auquel s’obligent les autres agents publics. Quel crédit et quelle autorité accorder à un président qui bafoue les principes qu’il a pour tâche de faire respecter ?

Par ailleurs le SNESUP-FSU fait observer que la présente proclamation de soutien, publique et explicite, à un candidat à une élection présidentielle, pourrait tomber sous le coup de l’article L121-5 du Code de la fonction publique : « Au sens du présent code, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif des fonctions de l’agent public ».

Le SNESUP-FSU doit enfin déplorer qu’en plus de bafouer son obligation de réserve à trois jours d’une élection présidentielle, le président Michel Deneken signe un texte qui comporte un amalgame idéologique consternant qui consiste à mettre au même niveau « les idéologies du déclin, de la décroissance” et “du grand remplacement ». Le président a-t-il bien lu ce qu’il signait ?

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Université Paris Lumières, So Skilled

Partie 1. Université de Paris Quartier Latin (chronique du 3 janvier 2022). « Le problème n’est pas tant celui de la dissémination du terme Paris dans les titres de la plupart des 17 universités franciliennes, que celui de la complexification anarchique du tissu universitaire en région francilienne. Subsiste une première strate historique : celle des trois formes de regroupement de la loi Fioraso : fusion, communauté d’établissements (COMUE), association d’établissements. Se dessine une seconde strate, celle de la loi sur la Société de confiance qui permet la création d’EPE (Établissements Publics Expérimentaux).

L’Université Paris Lumières (PLUM) a le statut d’une Comue. Elle se dit au cœur des Sciences Humaines et Sociales, mais elle ne mentionne pas sur son site l’existence du Campus Condorcet, ses deux universités-mères (Paris VIII et Paris X) figurant pourtant parmi les 11 établissements cofondateurs de ce Phare sans Lumière des SHS à Aubervilliers (Campus Condorcet : la Cour des comptes accuse). Pourquoi PLUM n’a-t-elle pas profité de la loi sur la Société de confiance pour rechercher le statut d’Établissement Public Expérimental ».

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Partie 2. Fabienne Brugère, a été réélue présidente de la Comue Université Paris Lumières, le 10 mars 2021, par le CA de l’établissement, au 1er tour avec 24 voix sur 43 suffrages exprimés.  Dans une décision rendue publique le 18 décembre 2020, le Tribunal administratif de Paris avait en effet enjoint la Comue de procéder à une nouvelle élection de la présidence…

« Fabienne Brugère est une philosophe spécialisée en esthétique et en philosophie de l’art, histoire de la philosophie moderne, philosophie morale et politique, études de philosophie anglo-américaine et théorie féministe« . Cette dernière thématique semble l’emporter dans son dernier essai : on ne naît pas femme, on le devient (Stock, Collection puissance des femmes, 2019, 224 pages).

« Professeure à l’université Bordeaux-Montaigne et vice-présidente déléguée aux relations internationales de cette université, elle a rejoint l’université Paris-VIII, depuis septembre 2014, pour une chaire de philosophie des arts modernes et contemporains« .

Partie 3. Édito de Fabienne Brugère, dans La lettre de l’Université Paris Lumières, février 2022.

Partie 4. « L’UPL est lauréate de la première vague du 3ème Programme d’investissement d’avenir (PIA 3) portant sur les appels à projets Nouveaux Cursus à l’Université (NCU).

C’est ainsi que le NCU So Skilled mise sur la valorisation des capacités et savoir-faire de l’étudiant en lui proposant plusieurs dispositifs pédagogiques innovants qui peuvent évidemment se conjuguer aux dispositifs d’accompagnement des étudiants à la construction de leur orientation et de leur insertion professionnelle.

Il participera ainsi à la transformation progressive du premier cycle des études supérieures dont l’objectif premier est de favoriser l’épanouissement et la réussite étudiante ».

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Innovation : le serpent de mer

Cinq  établissements pilotes viennent d’être labellisés, à titre expérimental et pour l’année 2022, à charge pour eux de configurer, sur leur territoire, un Pôle Universitaire d’Innovation (PUI).

« Dans cette perspective, un budget de 9,5 millions d’euros est alloué. Ces pilotes contribueront à la rédaction du cahier des charges en vue d’un déploiement national. Une évaluation au terme de la 1ère année d’expérimentation sera menée avant le déploiement du dispositif qui concernera à terme une quinzaine de sites ».

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Plan de cette chronique. Page 1. A. Le cadre légal. B. Le rapport du Sénat. Page 2 (cliquer ici). C. Le communiqué du MESRI. D. Communiqués des 5 labellisés.

A. Le cadre légal. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la LOI n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l’enseignement supérieur.  

Le compte rendu du Conseil des ministres du 22 juillet 2020 précise les trois ambitions principales de la loi : « mieux financer et évaluer notre recherche publique, améliorer l’attractivité des métiers de la recherche et replacer la science dans une relation ouverte avec l’ensemble de la société« .

La 3ème ambition de la loi est l’objet de son article 15. Il faut le replacer dans la longue histoire de la France en faveur de l’Innovation, du transfert de technologie, de création de nouvelles entreprises innovantes, du partenariat public-privé. Problème : cette histoire est devenue progressivement un serpent de mer. La France est un pays innovateur qui a été à même de créer un nombre important de structures dans ces champs, mais qui a été toujours incapable de fermer celles qui n’avaient pas atteint leur objectif.

Surprenant dans cette histoire à la française : le PUI est chargé d’encadrer un magma complexe de structures et de dispositifs existant sur un territoire donné. C’est nouveau : le PUI se superpose à toutes les structures existantes sans avoir de pouvoir hiérarchique ou financier sur elles. Il n’a pas pour mission de faire le ménage, d’évaluer l’efficience et l’efficacité. De plus, être au sommet d’une pyramide ne permet pas forcément de se faire une idée de la solidité des pierres la constituant et de l’utilité des recoins vides, voire cachés.

Et les 9,5 millions d’euros ? Ils vont vraisemblablement se perdre dans un PUI sans fond. Le PUI comprend tellement de partenaires que chacun d’entre eux va toucher  peu d’argent, ce qui sera une raison légitime de ne pas s’en faire. La tête du serpent de mer va le faire paraître inoffensif.

B. Le rapport du Sénat annexé au projet de loi précise également que « les moyens nouveaux dégagés avec la trajectoire financière permettront de :

a) créer 500 start-ups de haute technologie par an à partir de 2030, à comparer à environ 170 aujourd’hui ;

b) labelliser 15 Pôles universitaires d’innovation valorisant les actions de transfert de connaissances et de technologies des universités vers les entreprises, qui s’ajoutent aux SATT ;

c) financer d’ici à 2027 une hausse de 50 % des conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE), dispositif subventionnant l’emploi de doctorants en entreprise pour effectuer des travaux de recherche en lien avec leurs thèses ;

d) financer la création de conventions industrielles de mobilité en entreprise des chercheurs (CIMEC), équivalent des conventions Cifre mais pour les chercheurs ;

e) doubler les financements consacrés par l’ANR aux différents dispositifs de recherche partenariale (public/privé) :

  • Chaires industrielles : subventions versées à des projets de R&D du secteur privé en lien avec les laboratoires publics),
  • Labcom : subvention versée pour la création de laboratoires communs entre un laboratoire public et une PME ou une ETI,
  • Instituts labellisés Carnot : mécanisme de subvention aux laboratoires publics permettant aux laboratoires très impliqués dans la recherche partenariale avec les entreprises d’obtenir un financement supplémentaire, qui sera « plus que doublé ».
  • Ces dispositifs s’ajoutent aux structures de recherche partenariale créées par le PIA (IRT et ITE) et dont le financement est poursuivi dans le cadre du PIA 4.
  • Enfin, le rapport annexé évoque « une réflexion [qui] sera […] engagée en vue de renforcer de façon sélective, en lien avec les régions, les plateformes technologiques publiques et de développer leurs liens avec les PME et les ETI ». Il conviendrait de conforter cette orientation, l’exemple des plateformes régionales de transfert technologique lancées par le CEA ayant fait ses preuves ».

Pour le rapporteur au Sénat, cet effort est tout à fait bienvenu. Mais deux remarques critiques lui paraissent nécessaires :

– « la priorité affichée au rapprochement entre la recherche publique et les entreprises se heurte à une mesure figurant au projet de loi de finances pour 2021 et consistant à supprimer le doublement d’assiette pour les dépenses sous-traitées par des entreprises à des laboratoires publics dans le cadre du crédit d’impôt recherche ;

– de nombreux interlocuteurs ont attiré l’attention du rapporteur sur la nécessité de rehausser l’ambition poursuivie par le Gouvernement sur le renforcement des moyens octroyés aux conventions Cifre et aux Instituts Carnot. Il apparaît en effet que les premières font face à une demande importante qui ne peut actuellement pas être financée, pour un besoin financier relativement limité – de l’ordre de 3 à 4 millions d’euros dès 2021.

Les seconds font face à une diminution croissante du taux moyen de l’abondement versé par l’ANR, qui était de 30 % en 2006 et est descendu à 11,8 % en 2019, en raison de l’augmentation du nombre d’instituts Carnot à enveloppe quasi-constante. Le label Carnot est un moyen vertueux d’inciter la recherche publique à se rapprocher des entreprises : il faut les doter à la hauteur des besoins ».

Le rapporteur aurait pu émettre d’autres critiques dont l’absence de mention explicite des

  • 13 SATT (sociétés d’accélération de transfert de technologies), créées lors de la première vague des investissements d’avenir (PIA 1)
  • Pôles de compétitivité
  • Incubateurs
  • Fondations pour la recherche

Le rapporteur oublie également que toutes les structures mentionnées fonctionnent déjà en réseau pour tenter de se faire mieux connaître par les réseaux de communication, par les médias.

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Paris 3. Le mur des congédiés

Envoi du Bureau SGEN de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, Lundi 22 novembre 2021. Informations syndicales Sgen-cfdt. Pour le cinquantenaire de la Sorbonne Nouvelle, la direction de l’université enterre le dialogue social. Envoi par courriel aux personnels de l’université.

« Le président Jamil Dakhlia a annoncé au Conseil d’administration du 29 octobre qu’il engageait une procédure judiciaire contre les syndicats SGEN CFDT et CGT FERC Sup. C’est la première fois en cinquante ans d’histoire de la Sorbonne Nouvelle que la direction de l’université se tournerait vers les tribunaux pour faire taire les syndicats. En cause, le Mur des congédiés que le président et ses proches ne supportent pas ».

A ses contractuels (et aux autres), la Sorbonne nouvelle peu reconnaissante. Plateforme mise en place, modérée et gérée par l’intersyndicale (SGEN CFDT, CGT FERC Sup), à destination des personnels de l’université

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Chacun.e pourra constater par lui-même ou par elle-même que les critiques formulées sur le mur ne relèvent pas d’attaques personnelles mais traduisent plutôt l’ironie du désespoir. Elles mettent en cause une politique qui est à la fois absurde et brutale, et qui se double d’un effort sans précédent pour verrouiller l’information. Nous nous opposons à la politique actuelle, dont le seul but est de contenir ou de faire baisser la masse salariale. On voit déjà les effets désastreux de l’annonce qui a été faite à une cinquantaine de personnels en CDD que leur contrat ne serait pas renouvelé, alors qu’une bonne partie d’entre eux sont employés sur des fonctions pérennes. La prochaine campagne d’emplois et les restructurations en cours ne font que déshabiller Pierre pour habiller – provisoirement – Paul. La non-consultation des collègues concernés, la mise à l’écart des instances élues, les injonctions au silence et les attaques contre les syndicats sont devenues systématiques.

Si le ton ou le style des textes postés sur le Mur des congédiés déplaisent à la direction de l’université, ils révèlent surtout de façon très concrète que la politique en cours désorganise le travail, dégrade la qualité du service rendu aux étudiants, crée de la souffrance au travail et démoralise les collègues. 

Passer par la voie judiciaire face à la critique, au lieu de veiller à maintenir le dialogue social dans un souci d’apaisement de la communauté universitaire soulignerait l’incapacité de cette présidence à garantir un environnement de travail respectueux des espaces délibératifs.

C’est cela qui devrait retenir l’attention de notre président, qui, rappelons-le, a été élu pour représenter l’ensemble de ses collègues ».

Le SGEN-CFDT pour l’intersyndicale SGEN-CFDT et CGT-FERC SUP

De son côté, la CGT FERC SUP des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche a répondu à la sollicitation de l’université Sorbonne-Nouvelle : lettre au Président de l’université, copie à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

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SUP, budget 2022 : oser dire NON !

CNESER du 15 novembre 2021 : discours de Guillaume Gellé, vice-président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), sur la répartition des moyens 2022 de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Au CNESER, la CPU s’abstiendra lors du vote du budget. Le résultat a été sans appel : le budget n’a recueilli que 3 voix favorables sur 74 (39 contre, 32 abstentions).

A vrai dire, tout le monde se fout de ce résultat : le vote du CNESER est consultatif. Seul compte le vote du Parlement : il dira majoritairement OUI à la proposition de budget, établie par le gouvernement et, de fait, par le Ministère des Finances. Par ailleurs, tout le monde s’en fout des désirs de réforme que pourrait avoir Frédérique Vidal, ministre de l’ESR. Depuis 2017, a-t-elle gagné un seul arbitrage dans ses négociations avec Bercy ?

Avant le vote du budget par le Parlement en décembre 2021, la CPU joue sa partition habituelle, soufflant le chaud et le froid : elle remercie le Pouvoir pour les efforts qu’il fait en faveur de la l’enseignement supérieur et de la recherche, mais elle lui demande de faire beaucoup plus.

Chaque année, les déclarations de la CPU constituent le même marronnier, comme le prouvent ses communiqués lors de la préparation des budgets 2022, 2018, 2017, 2015, analysés dans la seconde partie de cette chronique.

Quelle argumentation pour demander plus de moyens ? L’argument clé : l’augmentation des effectifs étudiants. Toujours plus d’étudiants ? Trop d’étudiants ? Toujours plus de diplômés ? Trop de diplômés (chronique : Bac + 5. Trop de diplômés ?). L’objectif d’atteindre 50 %, voire 60%, de diplômés du supérieur dans la population de jeunes sortants de formation initiale est-il toujours d’actualité ?

Doit-on se satisfaire de taux d’échecs élevés des néo-bacheliers en 1ère année de licence ? Parcours et réussite en licence : les résultats de la session 2020, Note flash SIES, n°24, novembre 2021.

Peut-on croire, une seule seconde, que le taux de succès dans cette première année a progressé significativement au cours de l’année 2019-2020, marquée par la fermeture des universités au second semestre pour cause de Covid ? C’est pourtant ce que la Note Flash du SIES affirme : dans le contexte de crise sanitaire, la réussite en L1 a fortement augmenté à la session 2020 : 5 4 % des bacheliers 2019 sont inscrits en L2 à la rentrée 2020, soit 8 points de plus que pour les bacheliers 2018. La dégradation objective des conditions de travail des étudiants au second semestre 2019-2020 aurait-elle fait progresser leurs résultats ? Un monde à l’envers !

De plus, l’amélioration du devenir scolaire de la cohorte de bacheliers 2019 au débit 2020 ne saurait permettre de prédire son devenir au bout de 3 à 4 ans après le bac : augmentation du taux d’obtention de la licence en 3 ou 4 ans ? La statistique publique ne doit pas donner lieu à des manipulations de communication institutionnelle.

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Communiqués de la CPU sur les budgets 2022, 2018, 2017, 2015.

A. Budget 2022.  Déclaration de Guillaume Gellé au CNESER.

« Un budget 2022 en augmentation conformément à ce qui était prévu dans la LPR. Néanmoins la CPU tient à souligner plusieurs problèmes de fond, résumés en 6 points.

En premier lieu, malgré cette hausse du budget pour 2022 dont la CPU, je le redis, se réjouit, le coût moyen par étudiant continue à baisser. Il est en baisse constante depuis 2011 en raison de l’augmentation des effectifs étudiants.

Des moyens pour la réforme Santé en cours qui nous paraissent sous-évalués dans le budget 2022

Une compensation partielle des coûts de la protection sociale complémentaire.

La CPU constate avec inquiétude qu’à chaque nouvelle réforme décidée par l’Etat, il manque une partie de la compensation financière. En 2022, on s’interroge sur la compensation de l’indemnité inflation. Le financement des indemnités liées au télétravail qui représentent un cout estimé pour les universités de l’ordre de 10-12 M€ n’apparait pas dans le budget 2022.

La non-compensation du GVT et l’affaiblissement du capital humain

Le constat d’une sous-dotation historique qui perdure. La CPU souhaite qu’en 2022 une mise à niveau des établissements sous-dotés soit prévue par une enveloppe supplémentaire spécifique dédiée.  

Enfin, je voudrais souligner en conclusion que le CNESER doit se prononcer aujourd’hui sur 80 % des crédits ; mais les 20 % des crédits restants seront-ils présentés au CNESER en 2022 ? Cela n’a été le cas ni en 2020 ni en 2021. On ignore comment ils ont été répartis. La CPU dénonce le manque de transparence dans les crédits alloués par le dialogue stratégique et de gestion 2020-2021, qui peut apparaitre comme une politique de guichet ».

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L’Arc de triomphe, Wrapped

L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001. Longue et émouvante histoire d’une œuvre artistique contemporaine. Pour Christo et Jeanne Claude, une Histoire de vie commencée il y a 40 ans, et une Exposition de deux semaines, dans l’espace public. Une Histoire longue qui, le temps d’une exposition temporaire, devient courte et qui finit bien ! Clap de fin : 3 octobre 2021.

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Quand Christo meurt en mai 2020, il sait, depuis 2018, que les différentes autorités compétentes françaises ont donné leur feu vert pour la mise en œuvre du projet du couple.

Au final :

  • Un sublime cadeau posthume pour Christo & Jeanne Claude.
  • Un hommage à la France et à son histoire républicaine : les trois couleurs de l’enveloppe de tissu blanc-bleu et les cordes rouges rendent encore plus fascinant l’immense drapeau tricolore qui virevolte dans tous les sens.
  • Une assurance de visibilité accrue de la France dans son soutien à l’art contemporain.
  • Une des premières manifestations d’un courage audacieux : multiplier les œuvres éphémères et les garder en vie par l’Intelligence artificielle. L’espace public et l’espace muséal ne sont pas indéfiniment extensibles pour l’Art.
  • Un rappel historique : la France doit demeurer une terre d’accueil pour les exilés politiques. Christo a fui la Bulgarie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Diaporama de 47 photos, prises par Pierre Dubois, dimanche 26 septembre 2021.

Biographie. L’univers de Christo & Jeanne Claude. Une brève histoire de leur art, par Jacob Baal-Teshuva, Éditions Taschen, 2020, 96 pages.

Source 1. Citations de L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001.

« L’équipe Christo et Jeanne-Claude a réalisé le projet selon le vœu de Christo qui souhaitait la poursuite du projet après sa disparition, survenue le 31 mai 2020.

Visible pendant 16 jours, du samedi 18 septembre au dimanche 3 octobre 2021, l’œuvre nécessite 25 000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 3000 mètres de corde rouge de la même matière.

Le Centre des monuments nationaux, qui assure au nom de l’État la conservation et l’ouverture au public de l’Arc de triomphe, se félicite de la réalisation d’un projet qui témoigne de son engagement en faveur de la création contemporaine et de la mise en valeur de l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de France. 

Comme tous les projets artistiques de Christo et Jeanne-Claude, L’Arc de Triomphe, Wrapped, Paris (1961-2021) sera entièrement autofinancé grâce à la vente des œuvres originales de Christo : collages, dessins de ce projet et d’autres ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies. Il ne bénéficiera d’aucun autre financement public ou privé.

Histoire du projet. En 1961, trois ans après leur rencontre à Paris, Christo et Jeanne-Claude commencent à concevoir et créer des œuvres éphémères pour l’espace public. L’idée d’empaqueter l’Arc de triomphe voit le jour cette même année. Christo réalise, en 1962-63, un photomontage de cet empaquetage, vu depuis l’avenue Foch, puis, en 1988, un collage, avant de reprendre et développer ce projet à partir de 2017. 60 ans plus tard, ce projet sera concrétisé. 

Le projet a été présenté au Centre des monuments nationaux par le Centre Pompidou et reçoit le soutien de la Ville de Paris. En 2020, le Centre Pompidou a présenté l’exposition Christo et Jeanne-Claude. Paris ! qui retraçait la période parisienne de Christo et Jeanne-Claude, de 1958 à 1964, ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985« .

Source 2. Larges extraits de deux articles  du Monde : Les visiteurs découvrent l’Arc de triomphe empaqueté par Jeanne-Claude et Christo, 18 septembre 2021.

« Le rêve de jeunesse de Christo et Jeanne-Claude se réalise : jusqu’au 3 octobre, l’Arc de triomphe est empaqueté dans 25 000 mètres carrés de tissu.

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Histoires d’universités a 12 ans

Le blog Histoires d’universités a 12 ans : 8ème saison en cours, près de 5 900 chroniques.

6 janvier 2009 : 1ère chronique du blog. J’y présentais aux établissements, à leurs personnels et à leurs étudiant(e)s mes Vœux pour l’année nouvelle (texte ci-dessous).

Début 2021, dans le contexte de la terrible pandémie en cours, que souhaiter aux uns et aux autres ? Tout faire pour garder la santé ou la retrouver ! Tout faire pour que l’enseignement supérieur puisse obtenir les conditions les meilleures pour remplir les missions confiées par la loi !

Article L. 123-3 du code de l’éducation : les missions du service public de l’enseignement supérieur sont :

  1. La formation initiale et continue ;
  2. La recherche scientifique et technologique, la diffusion et la valorisation de ses résultats ;
  3. L’orientation et l’insertion professionnelle ;
  4. La diffusion de la culture et l’information scientifique et technique ;
  5. La participation à la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  6. La coopération internationale.

Je ne crois pas que l’invitation du président de l’Université de Lorraine à participer, le 12 janvier 2021, à une cérémonie interactive 100% en ligne soit utile pour retrouver les conditions les meilleures pour l’exercice des missions énoncées ci-dessus. Le 100% en ligne est un ersatz de la cérémonie traditionnelle en présentiel. Et pourquoi ce slogan provocateur, ridicule ? Avec vous, faisons dialoguer les savoirs.

Texte de mes Vœux 2009. Les enseignants et les personnels techniques et administratifs ont élu en 2008 les conseils de l’université dans laquelle ils travaillent, conseils réformés par la loi Libertés et Responsabilités des Universités d’août 2007. Leurs représentants au conseil d’administration ont élu un président au pouvoir renforcé, pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Les conseillers, élus selon un scrutin de liste, se sont engagés sur un programme.

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Hommage au professeur Samuel Paty

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty à la Sorbonne. Conclusion du discours d’Emmanuel Macron, président de la République (publié le 21 octobre 2020)

Photo Ville de Conflans Sainte-Honorine

« Samuel PATY fut la victime de la conspiration funeste de la bêtise, du mensonge, de l’amalgame, de la haine de l’autre, de la haine de ce que profondément, existentiellement, nous sommes.

Samuel PATY est devenu vendredi le visage de la République, de notre volonté de briser les terroristes, de réduire les islamistes, de vivre comme une communauté de citoyens libres dans notre pays, le visage de notre détermination à comprendre, à apprendre, à continuer d’enseigner, à être libres, car nous continuerons, professeur.

Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse sans discrimination aucune.

Nous continuerons, professeur. Avec tous les instituteurs et professeurs de France, nous enseignerons l’Histoire, ses gloires comme ses vicissitudes. Nous ferons découvrir la littérature, la musique, toutes les œuvres de l’âme et de l’esprit. Nous aimerons de toutes nos forces le débat, les arguments raisonnables, les persuasions aimables. Nous aimerons la science et ses controverses. Comme vous, nous cultiverons la tolérance. Comme vous, nous chercherons à comprendre, sans relâche, et à comprendre encore davantage cela qu’on voudrait éloigner de nous. Nous apprendrons l’humour, la distance. Nous rappellerons que nos libertés ne tiennent que par la fin de la haine et de la violence, par le respect de l’autre.

Nous continuerons, professeur. Et tout au long de leur vie, les centaines de jeunes gens que vous avez formés exerceront cet esprit critique que vous leur avez appris. Peut-être certains d’entre-eux deviendront-ils enseignants à leur tour. Alors, ils formeront des jeunes citoyens. À leur tour, ils feront aimer la République. Ils feront comprendre notre nation, nos valeurs, notre Europe dans une chaîne des temps qui ne s’arrêtera pas.

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Sauver l’apprentissage !

Rencontre, jeudi 4 juin, entre le chef de l’État et les partenaires sociaux : un plan pour l’emploi des jeunes. Après une année record dans la progression de l’apprentissage, en particulier dans l’enseignement supérieur (chronique : 37,9% des apprentis à Bac+2 ou plus), la Covid-19 freine dramatiquement les perspectives de l’apprentissage.

Revue de presse. L’étudiant, France Info, Aix-Marseille Université, Université de Strasbourg.

  1. L’étudiant, 4 juin 2020

« Une aide élargie aux grandes entreprises et aux formations post-bac jusqu’au niveau licence. Jusqu’ici, l’aide unique à l’embauche d’apprentis était réservée aux entreprises de moins de 250 salariés et pour préparer des diplômes de niveau inférieur ou égal au bac (CAP, BEP, bac pro). Le dispositif d’aide est désormais élargi à toutes les entreprises et pour préparer des diplômes jusqu’au niveau licence professionnelle« .

2. France Info. C’est galère de trouver un contrat » : la filière de l’apprentissage en grande difficulté suite au confinement, déplore Gnagna Diouf, 21 ans. 

En septembre, elle va rentrer en deuxième année de BTS mécanique. Elle doit décrocher un contrat en alternance de 12 mois, dans une entreprise industrielle. Mais aucune de ses candidatures n’aboutit, dans un contexte économique délicat où les entreprises ressortent fragilisées de la période de confinement dû au coronavirus.

« Pour le moment j’ai envoyé 20 candidatures et je n’ai reçu qu’une seule réponse depuis le début du confinement. En plus elle était négative ». Gnagna Diouf,

3. Aix-Marseille Université (communiqué de presse du 4 juin 2020)

« La taxe d’apprentissage (TA) est une contribution financière que peut percevoir Aix-Marseille université chaque année via les entreprises qui souhaitent ainsi participer au financement de l’apprentissage et des formations technologiques et professionnelles qu’AMU déploie.

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ParcourSup, le diktat, le calendrier

Dans la chronique ParcourSup piège les bacs pros, j’écrivais en conclusion : Plus ParcourSup propose de formations, plus il a des effets négatifs sur le devenir des élèves de terminale professionnelle. L’existence de Parcoursup est un piège pour eux.

Le 1er piège est une sorte d’obligation à déposer des vœux de poursuite d’études dans le supérieur, comme si cela allait de soi. Cette année, 95% d’entre eux ont émis un vœu de poursuite, ce qui ne les distingue plus guère des élèves de bac général ou technologique.

Confirmation et étonnement critique, en lisant en ligne un article des Dernières Nouvelles d’Alsace, daté du 13 mai, Ouverture de la phase d’admission sur ParcourSup. Il démontre comment la formulation de vœux (taux proche désormais des 100%) est devenue une quasi-obligation. Un diktat ?

Au total, dans l’académie de Strasbourg, 23 967 candidats ont confirmé au moins un vœu en phase principale, soit une nette augmentation de 2,35 % par rapport à 2019-2020. Cette hausse, qui est la même qu’au niveau national, s’explique, précise-t-on au SAIO, par la « large mobilisation de tous les acteurs de l’orientation durant la crise sanitaire pour inciter les jeunes à confirmer leurs vœux. Ils ont été extrêmement insistants« .

Cela dans les établissements scolaires où les professeurs principaux étaient en contact étroit avec leurs élèves, comme dans les centres d’information. « Plus de  3 000 candidats non scolarisés dans des établissements ont été appelés, par exemple des travailleurs en service civique, des jeunes en stage ou en année de césure ». Plus largement en comptant les publics des collèges, prolonge le SAIO, « plus de 200 entretiens téléphoniques par semaine ont été menés durant la période de confinement ».

Phase 2 du calendrier de ParcourSup : la saisie des vœux, la finalisation du dossier.

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