Archives mensuelles : juin 2010

Encore la socio de Strasbourg

L’université de Strasbourg est unique et c’est évidemment un de ses points forts, incontestable et incontesté. Il s’ensuit un site unique (au lieu de 3 auparavant) et efficace, une communication unique (offre d’emploi pour le poste de directeur de la communication), un agenda unique et superbement fait. Bref, un bonheur absolu pour le blogueur que je suis : chaque jour, il se passe quelque chose d’important dans l’université. J’avais repéré les 2ème journées de la Confédération des Jeunes Chercheurs (cliquer ici). Cet après-midi, j’y suis allé faire un reportage et des photos (chronique à venir).

La plupart des colloques sont accueillis par un membre de l’équipe de direction de l’université. Il était logique qu’aujourd’hui ce fut le tour Éric Westhof. Professeur à la Faculté des sciences de la vie, Directeur de l’UPR CNRS « Architecture et Réactivité de l’ARN » (cliquer ici), il est surtout Vice-président en charge de la recherche et de la formation doctorale (à ce titre vice-président du Conseil scientifique) – composition  du CS).

J’aborde Eric Westhof : « la présidence a des doutes sérieux sur la validité des procédures dans le cas de deux comités de sélection en sociologie ; elle a donc annulé les 2 concours. Pouvez-vous m’en dire plus » ? Le vice-président est solidaire de l’équipe présidentielle, il répond « non ». Je poursuis : « le Conseil scientifique a validé les profils de poste et la composition des comités de sélection, je suppose donc que des irrégularités ont été commises par ces Comités ; quelles sont-elles ? ». Pas de réponse, sinon la suivante : « ce n’est pas la première fois que le CA annule des propositions et c’est normal ». Je n’en saurai pas vraiment davantage…

J’essaie alors de conforter l’hypothèse émise dans ma dernière chronique (« Les annulations de Srasbourg« . Je soliloque désormais… mais tout en regardant Eric Westhof du coin de l’oeil pour savoir si « je brûle ». Dans ma dernière chronique, me limitant au poste de professeur, j’ai supposé que « l’irrégularité a été commise en amont du concours, au moment de la définition du profil de poste et de l’annonce publique faite en conseil d’UFR de Sciences sociales : « ce poste sera pour untel ». L’irrégularité condamnable ne se situe-t-elle pas là ? un concours est irrégulier s’il est organisé ad hominem ». Je sens que l’interprétation approche le « tiède »

« Pourquoi le CS puis le CA ont-ils laissé passer ce profil de poste ad hominem et la composition du comité de sélection qui « allait avec » alors que l’université n’avait certainement pas oublié que c’était la 3ème fois que le poste de professeur libéré par Maurice Blanc allait être mis au concours » (concours annulé par le CA la 1ère fois, pas de candidats la 2ème fois) » ? Tiède-tiède !

Mais la « discussion » s’arrête car le vice-président doit accueillir le colloque ; une dernière question courte : « le poste fera-t-il l’objet d’un concours au fil de l’eau » ? « Oui ! ». Tout en écoutant le premier intervenant sur l’évolution des études doctorales dans le monde, j’échaffaude sur les rapports de forces dans l’université et sur la place négligeable qu’y occupe la sociologie. Les « professeurs historiques » du CRESS sont partis en retraite », l’UFR est dirigée par une maître de conférences, idem pour le CRESS et l’autre labo, ex-UMR CNRS, est en restructuration. La sociologie strasbourgeoise est en crise et, fort logiquement, ne fait pas le poids face à des scientifiques. Impardonnable et inadmissible est l’ouverture d’un concours ad hominem.

Impardonnable et agaçante est également l’intervention de Maurice Blanc dans une lettre ouverte au président (chronique : « CA contre Comité de sélection« ). Un professeur en retraite a un seul devoir : ne plus s’occuper de son université, de son UFR, de son labo ; il doit d’ailleurs ne plus y mettre les pieds. On peut aller mettre ses pieds ailleurs : je n’y manque pas… et cela finit quelquefois par en énerver quelques-uns ! Dur, dur d’être « libre » et responsable » ! Et toujours à suivre. : du tiède au chaud voire brûlant ou du tiède au froid ?

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Un autre CdS désavoué par le CA

Texte de Philippe Milburn, professeur de sociologie à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines(UVSQ), reproduit avec l’autorisation de l’auteur. ll s’inscrit dans la suite des chroniques sur les annulations de propositions de comités de sélection par le Conseil d’administration réuni en formation restreinte. La Présidente de l’université, Sylvie Faucheux, mise en cause dans la chronique, est, bien sûr, invitée à faire part de son analyse de la question. Le blog, qui veut être un support pour le débat, est également ouvert à celles et ceux qui font un bilan positif des comités de sélection

 

« Un poste de professeur de géographie est mis au concours à l’UVSQ pour la filière du même nom, gravement sous encadrée, en remplacement d’un collègue partant à la retraite et qui effectue 100 heures complémentaires de ce fait et seul professeur de géographie.

 

Le poste est fléché « géographie économique » pour le labo d’économie et pour l’enseignement de la géographie pour la préparation des masters d’enseignement. Le comité de sélection est formé en plein accord du CA de l’université. Il est présidé par le collègue géographe partant, avec un économiste (directeur de l’UFR et directeur-adjoint du labo), un sociologue (moi-même), et trois géographes extérieurs d’universités franciliennes [profil du poste et composition du comité de sélection].

 

Il n’y a que deux candidats en lice, l’un venant d’un IUFM et auteur d’une HDR publiée sur les villes dans l’économie mondialisée. Le second, venant d’un pays africain, mais titulaire d’une HDR en France sur les questions de développement durable et développement des territoires dans une perspective d’échanges économiques internationaux. Tous deux sont qualifiés par le CNU de la section de géographie (23ème je crois) et présentent un nombre conséquent de publications qui sont présentes dans leur dossier.

 

Le comité a classé le candidat issu de l’IUFM en 1er et l’autre en second, tous deux ayant fait une bonne audition, ce classement au profit de l’aspect formation à l’enseignement et pilotage de la mastérisation, tel que le poste avait été profilé.

 

Le CA de l’université [en formation restreinte] a annulé ce classement après que la présidente, Sylvie Faucheux, professeur d’économie, eût déclaré qu’elle « n’aurait même pas voulu de ce candidat comme maître de conférences » et critiqué son dossier sans en avoir connaissance. Il n’a même pas été fait mention du 2nd candidat durant cette séance de CA.

 

Cette attitude s’explique par un contentieux interne au département d’économie, la présidente ayant demandé le non-renouvellement de l’UMR Institut de recherche pour le développement (IRD), en désaccord avec ce dernier… et nombre de collègues du labo, on s’en doute, dont des chargés de recherche et des directeurs de recherche. Ambiance ! Je n’entre pas dans le feuilleton à épisode qui s’en est suivi (éclatement forcé de l’UFR à la hussarde…), où la géographie est impliquée à son corps défendant.

 

L’affaire de ce poste au-delà des problèmes de l’UVSQ me paraît symptomatique desabus du système LRU qui s’assoit sur la démocratie universitaire (CNU, comité de sélection…) pour imposer des décisions négatives de manière totalement arbitraire et discrétionnaire par les présidents ».

 

 

 

 

 

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Marrelli, recteur de Naples

Massimo Marrelli a été élu aujourd’hui recteur de l’université de Naples Frédéric II, dès le 1er tour de scrutin : cliquer ici. Comme en France, on ne devient pas Rettore d’une université italienne sans y avoir pris auparavant des responsabilités. Docteur en droit, le nouveau Rettore est professeur en sciences financières dans l’université de Naples depuis 1980. Il a occupé tous les types de responsabilités dans l’université, Président de la Faculté d’Economie (et donc membre du Sénat académique), Président de Département de recherche en économie (directeur de labo), Président du Pôle de Sciences humaines…

L’université de Naples n’a pas encore affiché le résultat du scrutin. Mais, vu le mode de scrutin décrit dans la chronique d’hier, Massimo Marrelli a obtenu la majorité des suffrages exprimés dès le 1er tour ; ce tour est validé car plus de 50% des inscrits ont voté. Programme du nouveau Rettore : cliquer ici.

J’avoue que je m’attendais à plusieurs tours de scrutin car 3 candidats étaient en lice. Ce fut le cas pour l’élection du Rettore de l’université de Bologne, Ivano Dionigi, élu au 4ème tour de scrutin (chronique du 29 mai 2009), et pour celle du Rettore de l’université de Padoue, Giuseppe Zaccaria, élu au 3ème tour (chronique du 26 juin 2009). Que Massimo Marrelli gouverne bien sa grande université séculaire, dans un contexte de crise des universités italiennes !

Lire les chroniques précédentes sur l’élection du Recteur de Naples.

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Les annulations de Strasbourg

Suite des chroniques sur les 2 Comités de sélection de sociologie de l’université de Strasbourg dont les propositions de recrutement n’ont pas été validées par le Conseil d’Administration, réuni en formation restreinte (soit 7 professeurs). Chronique du 26 juin : « Critiquer les Comités de sélection« , chronique du 27 juin : « CA contre Comité de sélection« . Toutes les interprétations avancées par les acteurs du recrutement ne me semblaient pas convaincantes.

J’ai donc poursuivi mes investigations. Vainement jusqu’ici. J’ai exploré la piste du népotisme, du clientélisme, du copinage – remplacer les candidats proposés par les CdS par des parents, amis, clients ou copains – ; elle ne mène à rien ; aucun candidat mal classé dans les propositions des CdS ne bénéficie de l’invalidation ; les 2 concours sont invalidés et seront organisés de nouveau (ce ne sera que la 4ème fois pour le poste de professeur !).

J’ai exploré la piste du « recrutement localiste » : recruter quelqu’un de local. Elle ne mène à rien. Philippe Hamman, classé en tête par le CDS sur le poste de professeur, est maître de conférences à Strasbourg. Le CA aurait-il une stratégie de recrutement externe ? Il devrait pouvoir l’argumenter sans problème.

Cherchant à comprendre, je me suis adressé par courriel aux 50 enseignants et chercheurs de sociologie de l’université : silence et bouche cousue (ou prises de position sous couvert d’anonymat).

Pas plus éclairant, a priori, est le communiqué de la Présidence reproduit ci-dessous. « Le CA n’est pas tenu de motiver ses décisions, compte tenu de son caractère souverain » (quelqu’un de la présidence a-t-il pesé réellement le sens de cette dernière partie de phrase ?). On refuse de dire mais on dit quand même : »la position prise étant exclusivement motivée par l’existence de doutes sérieux sur la validité des procédures« .

L’argument de la présidence s’inscrit donc dans l’ordre du juridique : quelque chose n’a pas été fait selon les règles. Tout au moins, la présidence le pense car elle n’a pour l’instant que des « doutes sérieux ». Dans le cas de « doutes », pourquoi ne pas suspendre le recrutement dans l’attente de la transformation des doutes en preuves ? Mais qu’en à faire un « CA souverain » qui, « sans empiéter sur sa souvernaineté », fait ce qu’il a envie de faire sans rendre compte à quiconque ?

L’invalidité de la procédure ne peut que se situer dans le déroulement du CdS lui-même et non avant. Le profil du poste, la composition du Comité de sélection ont en effet été approuvés par les instances de l’université. Toutefois. Si c’est le profil du poste qui est en jeu, si c’est le mode d’élaboration de ce profil dans l’UFR de Sciences sociales, si le profil y a été publiquement discuté en disant que le poste était pour « X », alors oui, on pourrait contester « la validité des procédures ». On comprendrait alors l’embarras de la présidence : annuler au final les propositions des CdS, cela reviendrait à dire que le Conseil scientifique s’est fait manipuler et que le CA n’a alors rien trouvé à dire. L’histoire se résumerait alors à un bogue dans l’enchaînement de décisions successives, à un dysfonctionnement de gouvernance dans l’université.

Quels autres motifs juridiques pour l’annulation ? Des discriminations flagrantes à l’égard de candidats non auditionnés (il faut rappeler qu’aucun de 7 professeurs du CA n’est sociologue). Une absence de quorum ? D’ailleurs combien des 10 membres professeurs du Comité étaient présents et parmi eux combien d’extérieurs ? Ou encore ? Des modalités de vote manipulées par le Président du CdS ?

J’avoue que je comprends de moins en moins : ce n’est pas dévoiler un secret d’Etat que de faire connaître à toutes et à tous quels sont les défauts de procédure qui ont été observés ! Il faut relire aussi la chronique de mon collègue : « François Vatin critique les CdS« . Peut-être l’affaire de Strasbourg ne sera-t-elle jamais élucidée ! Elle mériterait pourtant de l’être !

Communiqué de la présidence de l’université de Strasbourg. « La présidence de l’université de Strasbourg a été saisie de protestations, diversement exprimées, portant sur la décision du Conseil d’Administration restreint qui, à l’unanimité de ses membres, a annulé les délibérations de deux comités de sélection. Le CA, siégeant en jury d’admission, n’est pas tenu de motiver ses décisions, compte tenu de son caractère souverain. Sans empiéter sur cette souveraineté, il est cependant possible d’apporter les précisions suivantes :
– Les décisions prises consistent exclusivement en une annulation de la délibération du comité, permettant la tenue d’un nouveau concours. En aucune manière, ni le CA, ni la présidence n’ont souhaité interférer avec le
résultat de la délibération et, en particulier, avec l’ordre de classement des candidats, la position prise étant exclusivement motivée par l’existence de doutes sérieux sur la validité des procédures.
– Ces décisions ne doivent donc pas être interprétées comme un désaveu, ni des candidats, ni des comités, ni de ceux, laboratoires ou composantes, qui ont porté ces candidatures.
Le CA a agi en garant de la qualité de la procédure de recrutement de l’université et de son irréprochabilité. Il importe que tous sachent le reconnaître et n’en tirent pas d’autres conclusions ».

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Signer une publication

« Signer » une publication (un rapport, un article, un livre, un chapitre d’ouvrage) est crucial dans la recherche. Non pas pour les droits d’auteur : ils sont devenus négligeables ou ont disparu ; pour les livres, les auteurs doivent très souvent rechercher une subvention.

« Signer » devient par contre de plus en en plus important pour le CV (« Publier pour le CV« ), pour la carrière (recrutement, promotion). Il faut signer pour être cité, apparaître dans les index de citations. La pression à publier s’intensifie : elle s’exerce sur les individus et sur les équipes de recherche. Il y a désormais des « non-publiants« .

Quelles sont les règles de signature pour les recherches qui sont le fruit d’un travail collectif ? Dans les sciences, elles semblent très formalisées : nombre et ordre des signataires ; le patron de l’équipe ou du labo signe la plupart du temps. Régles formalisées, cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’y a pas de conflits, ouverts ou larvés !

Dans les sciences humaines et sociales, il n’y a pas de règles formalisées. Certes, il n’y en a pas besoin pour les recherches individuelles. Qu’en est-il en cas de travail et de publication collectifs ? Ordre alphabétique des auteurs (à tour de rôle) ? Signature des ingénieurs d’études et de recherche qui ont réalisé le travail sous la conduite de l’enseignant-chercheur (« avec la coopération de… ») ?

Je veux attirer l’attention aujourd’hui sur la participation des étudiants de Master à des travaux d’études et de recherches dirigés par des enseignants-chercheurs. Certains d’entre eux s’approprieraient-ils, pour leurs propres publications, les matériaux collectés, analysés et rédigés par les étudiants ?

Un cas de ce type – il date du 26 novembre 2007 – a fait l’objet d’un jugement de la section disciplinaire du CNESER en date du 19 janvier 2010 (dossiers 694, 695, 696). Il concerne 3 étudiants de 1ère année de master (dénommés « XXX ») et un maître de conférences de sociologie de l’université de Strasbourg, Jean-Yves Causer. Celui-ci avait porté plainte contre les étudiants XXX pour injures et menaces. En janvier 2010, ceux-ci ont été relaxés au bénéfice du doute.

L’objet du conflit : la préparation, la rédaction et la publication d’un livre en hommage à Christian de Montlibert, professeur de sociologie en partance pour la retraite. Etudiant XXX au CNESER : « Tout nous indiquait que monsieur Causer ne suivait pas ce que nous faisions et qu’il ne connaissait pas l’état de l’avancement de nos travaux. Après deux années de confiance, Jean-Yves Causer a eu un changement d’attitude, et c’est par un message électronique qu’il nous a indiqué qu’il irait rencontrer le responsable des Presses universitaires de Strasbourg (PUS), qu’il y aurait des changements, qu’il reprenait l’ouvrage en main, qu’il gérerait seul désormais l’ouvrage et qu’il signerait seul la coordination de cette publication »… « XXX a pénétré dans le bureau de l’enseignant, heurtant au passage une porte d’armoire, sans aucune violence physique ». De Montlibert, témoin au CNESER, dit avoir joué le médiateur dans cet affaire ». « Ayant lui-même rencontré monsieur Causer qui lui a dit refuser de signer avec des étudiants et avoir besoin d’un ouvrage dans sa bibliographie (qui dans sa spécialité, la sociologie du travail, avait peu ou pas de publications ni de travaux de terrain depuis 12 ans). Bref, le professeur soutient les étudiants.

Jean-Yves Causer, lors de son audition au CNESER), « expose que messieurs XXX, XXX et XXX ont fait irruption dans son bureau, de force, qu’ils l’ont insulté, monsieur XXX se montrant le plus virulent des trois est allé jusqu’à le menacer ; qu’il a en effet été amené à supprimer deux articles de l’ouvrage à la demande des presses (PUS)…, que lui-même a bien participé au projet en le finalisant, en recherchant des auteurs, qu’il s’est bien investi dans ce travail de publication, qu’il a bien passé du temps à ce travail ».

L’ouvrage en question apparaît dans la liste des publications du CRESS et de Jean-Yves Causer (automne 2008) : « Le raisonnement sociologique. Autour de Chistian de Montlibert » est annoncé à paraître en 2007. Il ne figure pas au catalogue des Presses de l’université de Strasbourg. A-t-il été publié ?

J’ai voulu en savoir davantage sur Jean-Yves Causer que je ne connaissais pas jusqu’alors. Il est membre de l’UFR de Sciences sociales (SSPSD) de l’université de Strasbourg : sa page personnellle et ses publications (ici). Il est membre du Centre de recherche et d’étude en sciences sociales (CRESS). Depuis février 2010, il est membre coopté, dans le collège des maîtres de conférences, de la section 19 – sociologie démographie – du CNU (source : ASES). Enfin, il a conduit la liste du Front de Gauche aux dernières élections régionales en Alsace (Source France 3 Alsace).

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Naples. 1er tour de scrutin

Plus d’un millier d’électeurs (tous les professeurs et des représentants des ricercatori, des personnels administratifs et techniques, des étudiants) sont invités à participer, aujourd’hui et demain, au 1er tour de l’élection du Recteur de Naples Frédéric II, université qui compte près de 100.000 étudiants (quelques données statistiques).

Trois professeurs, « à temps plein », sont candidats au rectorat, trois hommes (article 12 des statuts) (lire les 2 chroniques précédentes : ici et ici), Massimo Marrelli (son programme), Paolo Masi (son programme), et Vincenzo Pavone, le dernier à s’être déclaré (son programme).

Est élu le candidat qui obtient le moitié des suffrages exprimés, sous condition que la moitié des électeurs ait voté. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au cours des 3 premiers tours de scrutin, un 4ème tour, dit de ballotage, est organisé : seuls les 2 candidats arrivés en tête au 3ème tour pourront y participer ; la date en est fixée vers la mi-juillet.

L’élection se déroule dans un contexte de crise et de mécontentement. Les ricercatori (les maîtres de conférences italiens) se « croisent les bras » depuis le 21 juin ; ils ont quitté les examens. Tous les professeurs sont électeurs et quelques ricercatori seulement le sont !

Une lettre ouverte du Professeur Gianni de Simone, soutenant Vincenzo Pavone, a convaincu mon correspondant de voter pour lui. « Vincenzo Pavone é una novità, può rappresentare la discontinuità dall’interpretazione rigorosamente tecnica del modello di governo dell’Università, che è stato importantissimo per superare la catastrofica contingenza degli ultimi 4 anni, ma che potrebbe essere insufficiente, nel panorama futuro, ad affrontare problemi che richiedono scelte politiche nette e coraggiose ».

Les candidats envoient des « Appels aux électeurs » par courriels. Ainsi de Paolo Masi à la fin de la semaine dernière : il synthétise les 9 axes de son programme : cliquer ici. Résultats du 1er tour : mercredi. Photo : le blogueur à Naples… en 2004.

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200 photos de la manif

25.000 manifestants à Strasbourg, jeudi 24 juin 2010. « Pour la défense de la retraite solidaire« .

Album 1 (35 photos). Dans l’attente du départ : place de la Bourse et Avenue de la 1ère Armée. Le tirage au sort a désigné Solidaires (ici) à la tête du défilé. Le 27 mai, c’était la FSU (95 photos de la manif), le 23 mars, c’était le Collectif « Pas de bébés à la consigne » (75 photos de la manif).

Album 2 (60 photos). De la place de la Bourse au quai Kellermann. Les syndicats défilent selon le tirage au sort : Solidaires, CFTC, UNSA, CFDT. Pas le temps d’attendre les autres. Il me faut « remonter » la manif pour ne pas rater son arrivée sur la place De Broglie.

Album 3 (55 photos). Du Quai Kellermann à la place De Broglie. Changement de final : lors des manifestations précédentes, la « dissolution » de la manif se faisait place de la République. Cette fois, les porteurs de banderoles s’installent sur les marches de l’Opéra. Mais où est donc la CGT ?

Album 4 (50 photos). La CGT arrive enfin sur la place De Broglie : le tirage au sort l’a placée en fin de manif ! Comme d’habitude, ses militants sont les plus nombreux. 2 collègues de l’université sous la bannière du SNESUP. Et surprises : quelques représentants de la CFE-CGC, les sapeurs pompiers professionnels de FO sont très en forme.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont accepté, avec beaucoup de bonne humeur et d’engagement, d’être photographiés.

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François Vatin critique les CdS

Suite des chroniques critiques sur les Comités de sélection (CdS). Chronique des 30 mai 2010 (ici), 26 juin (ici), 27 juin (ici). François Vatin, professeur de sociologie à Paris Ouest Nanterre la Défense, m’autorise à publier son courriel. Il ajoute d’autres critiques à celles formulées dans la chronique du 26 juin.

Cher Pierre. Je suis totalement d’accord avec toi, mais je me permets d’ajouter deux autres arguments, qui précisent et complètent les tiens. Je précise ici que je ne prends en considération ici que la première partie de la procédure en partant de l’hypothèse que le Président de l’université et son conseil suivent effectivement la proposition du comité. Rien à voir donc avec l’affaire de Strasbourg.
1. Oui, c’est un gouffre financier, mais de plus une charge qui pèse de façon différentiée sur les universités et est donc discriminatoire. Elle épargne en fait très largement les universités d’Ile-de-France. Plus généralement, compte-tenu de la composition spatiale de l’Université française, plus on est loin de Paris et plus l’organisation des comités de sélection est coûteuse.
2. Les commissions de spécialistes n’avaient pas simplement comme qualité de représenter largement la communauté disciplinaire d’un établissement donné; elles avaient celle d’être pérennes et inamovibles pendant la durée de leur mandat, que ce soit pour les membres internes ou pour les membres externes à l’établissement. Il fallait donc faire « avec » une composition large représentant des tendances et des sous-disciplines diverses.
Aussi, quoi qu’on ait pu en dire, les jeux étaient souvent ouverts. Dans le nouveau dispositif, une large partie de la décision est prise en amont, lors de la composition même du comité. L’illusion était de penser que le Président d’une université serait effectivement en mesure de nommer, pour chaque poste mis au concours et pour toutes les disciplines de son établissement, les personnalités les plus « qualifiées » pour procéder au recrutement. Comment ne pas comprendre que les Présidents ne sauraient avoir cette compétence universelle et que, sauf dans les tous petits établissements, il leur serait tout simplement matériellement impossible de s’intéresser à chaque recrutement ? Autrement dit que, pour des raisons pratiques incontournables, on laisserait chaque discipline ou chaque fraction de discipline, construire « librement » (de façon plus ou moins consensuelle) ses comités ? Le système est donc au final plus verrouillé que le précédent. Autrement dit, non seulement les frais engagés sont considérables, mais ils sont de plus largement stériles, puisqu’on aboutit au paradoxe que les extérieurs, plus nombreux, ont souvent, de fait, moins de capacité à peser sur le choix que dans le régime antérieur, en raison, notamment, des modalités mêmes de leur nomination, intuite personae et pour un poste déterminé.
3. J’ajouterais un troisième point qui laisse pantois quant aux conditions de rédaction du texte. La garantie du quota d’extérieur (au moins 50 %) est assurée avec un grand luxe de détails de procédure. En revanche, la parité professeurs/maîtres de conférences n’est plus assurée dans les concours de recrutement de maîtres de conférences, ce qui est contraire à une longue tradition universitaire et ne me semble pas avoir été voulu par les rédacteurs du texte. Mais surtout, aucun quorum de participants effectifs n’a été établi. Un comité de recrutement de professeur a ainsi pu se tenir avec 4 membres présents : 2 extérieurs/2 intérieurs. Dans la mesure où, en cas de désaccord, la voie du président pouvait devenir prépondérante et que le président était un intérieur, il lui suffisait techniquement de se garantir la voix d’un membre du comité pour contrôler la décision. Peut-on penser que les rédacteurs du texte avaient souhaité rendre possible un tel cas de figure ?
Ce texte a été manifestement rédigé par des idéologues qui n’ont pas cherché à penser les conditions pratiques de son application qui se révèlent aboutir à des résultats à l’exact opposé des intentions affichées. Qui aurait pensé que nous finirions par regretter les défuntes commissions de spécialistes ? 

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CA contre Comité de sélection (CdS)

Le Conseil d’administration, réuni en formation restreinte, valide ou non les propositions de recrutement établies par les Comités de sélection (CdS) après audition d’une partie des candidats. Le CA fonctionne ainsi en jury de recrutement : le décret du 10 avril 2008 sur les CDS en a décidé ainsi. C’est un changement, de fait radical, par rapport à la situation antérieure : les Commissions de spécialités fonctionnaient en jury et le CA ne pouvait annuler leurs décisions que pour vice de forme, pour recrutement trop éloigné du profil de poste… Le décret sur les CdS a été maintes fois critiqué, en particulier par André Legrand, professeur de droit public et ancien 1er vice-président de la CPU (cliquer ici).

Un premier cas de rejet de la proposition d’un Comité de sélection a provoqué la démission des experts extérieurs, le CA ayant préféré recruter un « local » aux dépens d’un candidat « non-local » (chronique : « Localisme du recrutement« ). C’était en sociologie à Metz.

Deux nouveaux cas de non-suivi des propositions du CdS par le CA : encore en sociologie, mais cette fois à l’université de Strasbourg ; mais les propositions de 2 autres CdS de sociologie ont été retenues par le CA. La décision passe mal dans l’UFR de Sciences sociales car le Président s’est empressé d’envoyer à la Directrice, le 14 juin, un courrier expliquant la décision (je n’ai pu me procurer ce courrier). Il n’a pas convaincu !

Fort logiquement, le conflit se déplace sur la place publique. Les 2 non-validations donnent lieu, le 16 juin, à un communiqué de Julien Fretel, président de l’Association des enseignants et chercheurs en sciences politiques (AECSP) et de Frédéric Neyrat, président de l’Association des sociologues de l’enseignement supérieur (ASES) : « La sociologie, victime de la LRU ? Le mauvais exemple de l’université de Strasbourg » (cliquer ici).

Pourquoi cette absence de validation par Alain Béretz, président de l’université ? Interprétation des deux associations : « une enquête simple conduit à penser que des tensions entre les deux équipes rivales de la sociologie strasbourgeoise ne sont pas étrangères à ces invalidations : en effet, seule l’une des équipes est touchée par les deux annulations. La présidence de l’université a manifestement été sensible aux arguments que lui aura fournis l’une des équipes en présence ». Aucune information n’est donnée sur les deux cas ; le nom des 2 équipes n’est pas mentionné.

Je fais part à Frédéric Neyrat de mon scepticisme quant à l’interprétation des faits. Pourquoi Alain Béretz interviendrait-il en faveur d’un des deux centres de recherche alors que le CS et le CA ont mis au concours 4 postes (2 par labo), après en avoir accepté les profils, et qu’ils ont tout autant accepté la composition des Comités de sélection ? Pourquoi une intervention tardive ? Pourquoi n’être pas intervenu en amont en fléchant les 4 postes sur le même centre de recherche ?  

Le 23 juin, Maurice Blanc, professeur émérite en sociologie et directeur jusqu’en 2008 du Centre de recherche et d’étude en sciences sociales (CRESS), envoie une lettre ouverte au Président , « L’avenir des Sciences sociales à l’université de Strasbourg » (cliquer ici). « Un désaveu sans la moindre justification est insupportable. Le propos de Hughes Dreyssé, vice-président chargé des ressources humaines, tel qu’il est rapporté par les Dernières Nouvelles d’Alsace ce matin, « le CA est souverain et n’a pas le droit de justifier ses choix« , est une contre-vérité grossière ». Maurice Blanc se place sur la même ligne que les 2 associations nationales : un seul centre de recherche a le soutien de l’équipe de direction. Et pourtant, « en 2008, le CRESS a été aussi bien noté que « Cultures et Sociétés en Europe » par l’Agence d’évaluation de la recherche (AERES). Pourquoi donc vouloir asphyxier le premier en empêchant les enseignants-chercheurs sélectionnés par leurs pairs, dans des conditions irréprochables, de venir le rejoindre » ? Voici donc désigné l’adversaire, le Centre de recherche qui serait soutenu par le CA et le Président : « Laboratoire Cultures et Sociétés en Europe« . Combat des maffesoliens et des anti-maffesoliens ?

Confirmation des propos de Maurice Blanc sur les évaluations de l’AERES réalisées en décembre 2007 (cliquer ici). « Le CRESS doit être assurément maintenu et soutenu« . Un point à améliorer et il est au coeur de l’affaire : « assurer le renouvellement de l’équipe (en particulier de sa direction) suite au vieillissement relatif des enseignants-chercheurs ». Le CRESS serait donc un labo vieillissant. Son directeur est aujourd’hui Roger Somé (il n’est pas professeur).

Et Cultures et Sociétés en Europe ? AERES : « Points forts : visibilité internationale, dynamisme organisationnel, forte attractivité, bon niveau de publications ». « Point faible : une hétérogénéité des sujets de recherche qui apparente l’unité à une fédération de républiques autonomes ». Maurice Blanc oublie de mentionner un point qui n’est pas sans importance : le CRESS est Equipe d’accueil, Cultures et Sociétés était une UMR CNRS, devenue Fédération de recherche en évolution (FRE3229). Ce qu’est une FRE ? Une structure de crise. Le directeur de la FRE est Pascal Hintermeyer (« Etudier comment les hommes assument les aspects désagréables de l’existence, comment ils font collectivement face à ce qu’ils maîtrisent pas. Comprendre le traitement social des figures du négatif que sont la mort, la maladie, la violence »).

La décision du CA et du Président Béretz de ne pas valider deux propositions de CdS est-elle un élément de la stratégie de recherche de l’université ? Eliminer progressivement les équipes d’accueil pour ne garder que les « équipes labellisées » ? Cette stratégie est évidemment légitime, mais la faire passer par la non-validation de propositions de CDS serait vraiment « petits bras » !

Le CRESS monte à son tour au créneau : « Deux concours annulés à l’université de Strasbourg : des faits et des questions » (cliquer ici). La plainte d’un candidat qui n’a pas été auditionné est invoquée pour ne pas valider le classement pour le poste de maître de conférences : cet argument n’est pas sérieux ! La trop grande proximité scientifique du candidat avec 2 membres du Comité de sélection (ils ont été membres du jury de son HdR) est invoquée pour casser le classement pour le poste de professeur ; à noter que le CdS concerné était composé de 10 professeurs. Ces deux raisons, évoquées oralement et jamais écrites, sont bien peu sérieuses. Faut-il donc, comme le CRESS le dit, faire l’hypothèse que la direction de l’université veut « la peau » du CRESS ? La preuve serait : « le blocage, depuis 3 ans, du recrutement d’un professeur ».

Je ne peux pas croire que la non-validation des propositions de CdS soit une méthode utilisée pour affaiblir une équipe de recherche ; il était plus simple de ne pas lui affecter de postes ! Je ne comprends donc toujours pas ce qui s’est passé, se passe à Strasbourg. Des informations supplémentaires permettraient d’avancer dans la compréhension des non-validations. Les classements des 2 Comités de Sélection sont-ils invalidés ou modifiés ? Y a-t-il deux heureux bénéficiaires de la modification du classement ?

Quelles réactions des 5 membres extérieurs du CdS, professeurs appartenant à 5 universités différentes (cliquer ici) : pourquoi ne déclarent-ils pas qu’à l’avenir ils refuseront de travailler pour un CdS de Strasbourg ? Quelle est l’analyse de François Steudler, président du CdS et membre du CRESS ? Quelle est celle de Jacqueline Igersheim, directrice de l’UFR, membre du CRESS et vice-présidente déléguée en charge de l’orientation et de l’insertion professionnelle (chronique : »Strasbourg. Le BAIP« ) ?

Et comment réagit Philippe Hamman, directeur-adjoint du CRESS, candidat classé 1er sur le poste de professeur et devenu candidat déclassé ? La non-prise en compte des propositions du CdS par le CA serait-elle l’indice d’une politique de recrutement « anti-localiste ». Mais si c’était le cas, elle devait être annoncée clairement aux membres du CdS (chronique : « Recrutements localistes« ). Et si c’était le cas, les classements modifiés ne devraient pas mettre en tête d’autres candidats locaux ! Bref, cette « affaire de Strasbourg » n’est pas encore élucidée.

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Lionel : 210.000 € par an !

Suite de la chronique « CPU. Une mort annoncée« . Un commentaire à cette chronique signale la prise de position, sur Libération, de Lionel Collet à propos des indemnités des Présidents d’université : « quand les primes des Présidents d’université passent mal » (cliquer ici). Lionel Collet est président de la CPU et professeur des universités / praticien hospitalier ; avec les nouvelles primes, son revenu mensuel sera d’environ 13.000 euros par mois, soit 156.000 euros par an.

Insuffisant ! Lionel Collet est hostile, comme certains présidents, à la modulation de la prime prévue par le décret. Il en conclut sans vergogne dans l’article de Libé : « Nous demandons donc au ministère de trouver une autre solution, par exemple que cette part soit incluse dans la prime fixe ». Phrase suivante : « Les présidents estiment ne pas abuser : la moitié de leurs homologues britanniques gagnent plus de 210 000 euros par an ». Bien sûr, l’article de Libé est provocateur !

Il n’empêche. Aucun communiqué de la CPU pour dénoncer la partie de la prime attribuable directement par la Ministre. La Lettre de la CPU du 28 juin (oui, du 28 juin !) est déjà en ligne (cliquer ici). Elle s’épanche avec délice sur le décret « stages en cursus », gratifiés 30% du SMIC par mois. 300 euros par mois pour les étudiants stagiaires, 17.500 euros pour les présidents. Pas de problème !

Philippe Rousseau, ancien président de Lille 3, a eu, pour sa part et je l’en remercie, le courage de laisser un commentaire sur le blog : « Le silence de la CPU sur la hauteur de la prime de ses membres et plus encore sur les deux modulations que vous signalez lui vaudra une réputation de vénalité qui ne rehaussera pas son image auprès d’universitaires déjà surpris par la timidité, voire la docilité, du bureau, et de la conférence, à l’égard de la ministre ».

Lionel Collet, osez donc publier votre déclaration de revenus pour l’année 2009. Quelle qu’elle soit, et après vos déclarations à Libé, il serait digne de votre part de signifier à tous votre allégeance à la Ministre et de signer ainsi l’arrêt de mort de la CPU !

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