Archives de Catégorie: E. Sciences

1773. Le canal de Sète au Rhône

Le canal du Rhône à Sète : décision de la construction en 1773 et fin de l’ensemble des travaux en 1834. Il relie l’étang de Thau à la hauteur de Sète au Rhône à Beaucaire. Au-delà du Thau, il est prolongé par le canal du Midi.

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  • republication d’une chronique de 2017 : pour accéder à l’ancienne cathédrale de Saint-Pierre sur l’île de la Maguelone, il faut franchir le canal du Rhône à Sète, en empruntant une passerelle piétonne. Quand un bateau de plaisance se présente, la passerelle est barrée et tourne sur un axe pour permettre le passage.

Un corps d’ingénieurs et une école pour la formation (source : site de l’École Nationale des Ponts et Chaussées)

« En France, la construction des routes, ponts et canaux resta très longtemps de la seule compétence des seigneurs, associations de marchands ou ordres monastiques. Avec Colbert, une politique plus efficace vit le jour, mais les techniciens étaient recrutés au coup par coup.

Il fallut attendre l’année 1716 pour qu’un arrêt crée un corps d’ingénieurs régulièrement appointés : le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées.

La mise en place d’une formation spécifique à ce corps fut décidée par l’arrêt du Roi du 14 février 1747, acte fondateur de l’École.

Jusqu’en 1794, l’École fut marquée par la personnalité de son directeur, Jean-Rodolphe Perronet, à la fois ingénieur, administrateur talentueux et érudit participant à l’élaboration de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot ».

Histoire de la construction du canal selon Wikipédia

1773. Pour affranchir le commerce entre le Rhône et Sète de la navigation sur le Petit-Rhône, les États du Languedoc décident de construire un canal entre Beaucaire et Aigues-Mortes, en 1773, sur un projet d’Isaac Étienne Grangent, directeur des travaux publics de la province du Languedoc.

1789. Les travaux sont arrêtés. Le canal est terminé à cette date entre Aigues-Mortes et Saint-Gilles.

1798. Le fils, Stanislas-Victor Grangent, a suivi la fin de la construction du canal après sa nomination comme ingénieur en chef des ponts et chaussées du département du Gard, en 1798.

1801. La construction est reprise à la suite de la loi du 25 ventôse an IX (16 mars 1801). Un traité passé le 27 prairial (16 juin 1801) suivant entre le gouvernement et une compagnie Perrochel lui a imposé d’achever la construction du canal entre Beaucaire et Aigues-Mortes, de rectifier et de recreuser jusqu’à 1,50 m au-dessous des basses eaux de la mer le canal de Bourgidou et le canal de Sylvéréal. En contrepartie, la compagnie a les droits de navigation, et de jouissance, pendant quatre-vingts ans, de tous les francs-bords (terrains laissés libres le long des canaux), ainsi que la propriété incommutable et perpétuelle de tous les marais, étangs et palus situés dans le département du Gard, entre Beaucaire, Aigues-Mortes et l’étang de Mauguio appartenant à l’État après la confiscation des biens de l’Ordre de Malte. La réalisation du canal devait se terminer avant le 12 septembre 1806. La dépense était évaluée à 2 500 000 francs.

1806. Les premiers bateaux ont pu passer dans le canal en 1806, mais les travaux ne sont pas terminés.

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Toulouse, le canal de Brienne (1776)

Toulouse. Le Canal de Brienne naît au niveau de la Garonne à l’amont des Moulins du Bazacle par l’écluse Saint-Pierre. Il court sur 1 560 mètres (6 mètres de dénivelé), et rejoint le port de l’Embouchure, point de rencontre avec le canal du Midi et le canal latéral à la Garonne.

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Brienne se situe à gauche et au milieu de la carte : il y est dénommé « nouveau canal »

Ci-dessous l’écluse saint-Pierre

Sa construction fut décidée par les États de Languedoc en 1760. Le canal du Midi passait au-delà des murs de la ville et rejoignait la Garonne en aval de la chaussée du Bazacle. La création du canal rendait ainsi le centre de la ville accessible par voie d’eau.

Les travaux furent conduits par l’ingénieur de la Province, Joseph-Marie de Saget.

Ils débutèrent en 1765 et conduisirent au creusement du canal et d’un port à l’embouchure des deux canaux (aux Ponts-Jumeaux).

Il fut inauguré le 14 avril 1776.

Au départ nommé canal Saint-Pierre, il prendra le nom de canal de Brienne, en l’honneur d’Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1727-1794), archevêque de Toulouse.

La façade comprise entre les ponts du canal du Midi et du canal de Brienne est ornée d’une sculpture, le bas-relief des Ponts-Jumeaux, œuvre du sculpteur toulousain François Lucas (1736-1813), réalisé entre 1773 et 1775.

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Toulouse. Les moulins du Bazacle

Quatre parties et quatre sources en ligne dans cette chronique sur les moulins du Bazacle, établis sur les chaussées de la Garonne à Toulouse du 12ème au 19ème siècle, en aval du Pont Neuf et face au Dôme de la Grave.

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Partie 1. Source : larges extraits de FB Bourse, se référant à Aux origines des sociétés anonymes. Les moulins de Toulouse aux Moyen-âge de Germain Sicard, 1953.

« La première société française de type Société anonyme ou Société par actions trouve son origine à Toulouse au 12ème siècle, sept siècles avant la révolution industrielle. Il s’agit de la Société des Moulins du Bazacle.

A l’époque, Toulouse comptait environ 60 moulins flottants dits à nef sur la Garonne. Ces moulins étaient répartis entre trois lieux distincts : La Daurade, Le Château Narbonnais et Le Bazacle. Les moulins à nef du Bazacle sont signalés pour la première fois dans un acte d’inféodation concédé par le prieur de la Daurade en 1177. Ces types de moulins étaient difficiles d’entretien, peu productifs et sensibles aux crues.

Ils sont donc progressivement remplacés par des moulins fixes à la fin du 12ème. Vers 1180, les propriétaires des moulins du Bazacle reçoivent l’autorisation du prieur de la Daurade d’allonger leur chaussée (sorte de barrage) dans la direction du quartier Saint Cyprien. La chaussée du Bazacle faite de pieux de chêne traversait en biais la Garonne, du Bazacle jusqu’aux abords de l’Hôtel dieu St Jacques, sur une longueur d’environ 450 mètres. La construction des chaussées entraîne la substitution des moulins à nef, par des moulins terriers construits sur la terre ferme. Le premier moulin de ce type est construit en 1183 à Toulouse.

La naissance des premières sociétés par actions et la concentration importante de moulins à Toulouse au Moyen-âge résultent de plusieurs facteurs :

  • la ville de Toulouse comptait entre 30.000 et 60.000 habitants avant la phase l’urbanisation du 19ème siècle. Soit un potentiel de main d’œuvre et de débouché exceptionnel pour l’époque.
  • la production céréalière était l’activité principale des exploitations agricoles de la région.
  • la force motrice sans limite (sauf sécheresse) de la Garonne
  • des besoins en capitaux conséquents, afin de réaliser des investissements importants pour la construction, et l’entretien des moulins ainsi que des barrages. Ces moyens nécessaires à l’établissement et au fonctionnement des moulins étaient difficilement réunis par des propriétaires isolés. D’où l’orientation vers la voie du groupement.

Aux alentours de 1250, le Bazacle comptaient 12 moulins terriers. Les différents propriétaires de ces moulins décident de s’unir et de créer une société commune par action : La société des Moulins du Bazacle. Chaque associé recevait en contrepartie de sa participation dans la société, un papier notarié. La société était composée de 96 Uchaux. Chaque Uchan représentait un huitième de moulin. Les détenteurs de Uchaux sont appelés Pariers.

Au 13ème siècle, la société des Moulins du Bazacle accepte donc la coexistence des droits de propriété individuels sur les parts des moulins, et le principe d’une société collective assurant la gestion des intérêts communs des pariers. Chaque parier peut donc disposer et jouir de son uchan comme de tout autre bien immobilier. Les parts de la société pouvaient se transmettre librement par vente, donation ou héritage. Le prix de l’uchan était fixé en fonction du rendement du moulin et de son fonctionnement, ainsi que par l’environnement économique. Les parts se cèdent donc librement sans contrôle des autres associés.

En 1372, la société se transforme. Elle passe d’une société type Compagnie de meunier à une société anonyme de type moderne. Un capital social unique est mis en place. De fait, les pariers ne possèdent plus des parts de moulins, mais des parts de la société possédant les moulins. Le droit de chacun des pariers porte donc sur l’ensemble de l’entreprise.

Pour gérer cette société, des administrateurs sont désignés. Ils s’occupent de la gestion matérielle de la société. Ils ont donc autorité sur les employés, pour la réception des sacs de grains à moudre, pour la restitution des farines (après prélèvement du droit de mouture de 1/16ème), pour le règlement des dépenses (salaires, paiement des artisans pour réparation…).

Chaque année une assemblée est organisée. Lors de cette assemblée sont élus les administrateurs, le trésorier et le receveur des grains, postes clés dans la gestion des moulins. L’assemblée est chargée de déterminer la contribution des pariers aux dépenses communes (frais d’entretien et de réparation). Les pariers contribuent aux dépenses en fonction de leur participation dans la société. Si le parier ne contribue pas à payer sa part des dépenses communes, il risque que sa ou ses parts soient vendues ou saisies selon la procédure des ventes immobilières devant le Tribunal.

Au niveau des dividendes reçus, le montant est déterminé aussi en assemblée. Chaque parier reçoit en nature (c’est-à-dire en farine) sa part des bénéfices, toujours en fonction de sa participation. Le paiement en nature se fera jusqu’en 1840, date ou il passera en espèces. Les rendements générés par La Société des Moulins du Bazacle pouvaient atteindre entre 10 et 25% par an.

Robert de Hesseln dans son Dictionnaire universel de France écrit en 1771 : que le moulin du Bazacle rapporte environ 120 000 livres par an, soit à valeur constante (hors inflation) environ 1 135 000 euros La société des moulins du Bazacle regroupait environ 60 pariers, qui appartenaient pour la plupart aux catégories aisées de Toulouse. De nombreux pariers devinrent Capitouls.

En 1876, La société des moulins du Bazacle émet pour la première fois des actions nouvelles au nombre de 135, avec les mêmes droits que les anciennes.

En 1887, le site et les équipements du Bazacle sont loués à  La Société Toulousaine d’électricité. Cf. Partie 4 de cette chronique.

Partie 2. 1765. Dans l’article Moulins de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, les moulins de Basacle sont « ce qu’il y a de mieux imaginé & de plus simple jusqu’à présent ». Ce sont évidemment les questions techniques qui sont exposées.

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18-19ème. Céramiques du Toulousain

3ème chronique sur les œuvres du Musée du Vieux-Toulouse : poteries, céramiques, porcelaines.

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Partie 1. Les céramiques du Toulousain à l’époque moderne, Jean Catalo, INRAP.

« Le Midi toulousain, riche de l’argile du bassin de la Garonne et de ses affluents, est une région particulièrement productrice de poteries. 

Les ateliers du groupe de Cox-Lomagne, qui regroupent de nombreux villages près de Toulouse, ont produit de multiples types de vases entre le XVIe et le XIXe siècle. De l’écuelle au pot de fleurs en passant par la marmite, ils se caractérisent par l’utilisation d’une pâte plutôt claire. Cette nébuleuse d’ateliers artisanaux est liée à un réseau de marchands ambulants. Ces derniers organisent ainsi la production en fonction des marchés plus ou moins proches. Les fours et ateliers les mieux connus, car les seuls vraiment étudiés, sont ceux du village de Cox (Haute-Garonne).

L’autre spécialité de ces ateliers est la production céramique peinte sur engobe et recouverte de glaçure plombifère. Cette technique bien connue au Moyen Âge est en pleine désuétude à la fin du XVIe siècle quand se développe la production de faïence dans l’Europe entière. Pourtant, les produits de Cox-Lomagne trouvent le succès en ajoutant une nouvelle couleur, le bleu, aux vert et brun généralement utilisés jusque-là pour les décors sur engobe. Les écuelles, jattes ou cruchettes sont ornés de décors géométriques, parfois figuratifs et naïfs.

Au XVIIe siècle se développe une gamme très étendue de motifs réalisés au pinceau à deux brins. L’archéologie préventive a permis de constater l’utilisation de cette vaisselle décorée sur tous les sites urbains ou ruraux de cette période : Lycée Ozenne, Cité judiciaire, Hôtel Saint-Jean, École d’économie, Lycée Saint-Sernin, En Batut à Flourens.

À la fin du XVIIe siècle et au début du siècle suivant, d’autres ateliers du même type, mais situés autour de Giroussens dans le Tarn, viennent concurrencer les produits de Cox-Lomagne. Utilisant aussi la peinture sur engobe, ces ateliers fabriquent de grands plats polychromes intégrant la couleur jaune. L’essentiel de leur production présente pourtant des décors plus simples de lignes brunes ou de spirales de couleur verte sur le fond d’assiettes ou d’écuelles.

L’archéologie montre également que Toulouse et sa région ne constituent pas le seul marché de ces productions. Les poteries issues de ces deux groupes d’ateliers, pourtant de qualité modeste et de technologie limitée, se retrouvent tout le long de la Garonne jusqu’à Bordeaux, dans les ports de la façade atlantique, à Amsterdam et jusqu’au Canada, puisque le Québec est ravitaillé par le port de Bordeaux jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Les céramiques du Toulousain apparaissent donc comme un marqueur d’un considérable réseau économique du sud-ouest de la France dédié à la fourniture de produits pour les Amériques : vin, eau-de-vie, fruits séchés, farine, tissus…

L’ouverture du canal du Midi relie directement Toulouse à la Méditerranée en 1682. Par cette nouvelle voie, l’arrivée des faïences italiennes accentue l’ouverture de la métropole au commerce international. La technologie de cette céramique pénètre enfin à Toulouse par l’intermédiaire de potiers montpelliérains copiant la faïence de Moustiers dans le courant du XVIIIe siècle. C’est le cas de l’atelier de Théophile Collondre, fouillé en 1989 au port Saint-Étienne.

À la fin du XVIIIe siècle, les faïenceries apparaissent partout en Midi-Pyrénées. Seules subsistent les plus productives, à Toulouse et à Martres-Tolosane, qui fournissent la vaisselle de table recueillie sur les quelques sites d’époque moderne fouillés à Toulouse.

Cette tradition manufacturière trouve son aboutissement avec les fabriques de porcelaine et faïence fine de Fouque et Arnoux à Toulouse et Saint-Gaudens aux XIXe et XXe siècles« .

Partie 2. Emmanuelle Roqué, La faïence fine à Toulouse et la Maison Fouque et Arnoux, Histoire de l’art, Année 1997, 37-38, pp. 93-101.

Partie 3. Josiane Villeroy, La Dépêche, Fouque & Arnoux, la saga de céramistes visionnaires : Moustiers, Apt, Toulouse, Saint-Gaudens, Stoke-on-Trent, de 1750 à 1950.

« La Provence a jusqu’au XVIIe siècle été le foyer d’ateliers de céramique. La longue tradition de potiers est principalement due à l’abondance des matières premières : l’argile, l’eau et le bois. C’est Louis XIV qui lancera la vaisselle en faïence lorsqu’il remplaça sa propre vaisselle d’argent fondue pour financer ses guerres. Originaire de Moustiers-Sainte-Marie en Provence, Joseph Fouque est le premier de la lignée. Il est d’abord apprenti dans un des ateliers de faïenciers du village avant d’y créer sa propre fabrique où ses trois fils seront formés. Gaspard restera en Provence où il continuera l’activité alors que son frère Joseph-Jacques, marié à la fille du faïencier Moulin d’Apt, quittera la Provence pour le Midi Toulousain.

Travaillant avec son neveu Antoine Arnoux, il fera prospérer leur atelier de Toulouse avant de construire en 1830 à Saint-Gaudens une grande manufacture où sera produite « la porcelaine dite de Valentine« . Céramiste, mais aussi chercheur et ingénieur, il invente un four de plusieurs étages à températures différentes. Avec Jean Abadie, ingénieur de la région de Saint-Gaudens, ils installent une roue à énergie hydro-mécanique qui remplacera le travail humain et animal, et va permettre de mécaniser toute la production. Les Arnoux ont une conscience sociale et les conditions de travail de leurs ouvriers sont bien meilleures qu’ailleurs à l’époque ».

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26 évènements en 1749

26 évènements en 1749. Suite des chroniques sur le 18ème siècle, année par année.

Entre la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept ans (1756-1763), des volontés de réformes centralisatrices. Réforme fiscale en France, réforme institutionnelle en Autriche, création d’un cadastre en Espagne pour fixer le montant des impôts directs. Début des antagonismes provinciaux avec les États de Bretagne.

France.   Le vingtième est un impôt établi par le contrôleur général des finances Jean-Baptiste de Machault d’Arnouville, par lit de justice le 19 mai 1749, pour remplacer le dixième. Il désire établir un impôt direct touchant l’ensemble de la population (tiers-état, nobles et clergé) dont le montant correspond à 5 % (1/20) des revenus. Visant à amortir les dettes du Royaume, le vingtième entre en vigueur le 19 mai 1749, le jour même de son enregistrement, tandis que l’édit pour la suppression du dixième ne sera établi qu’à compter du 1er janvier 1750.

Autriche. Haugwitz reforme les institutions en séparant les affaires administratives de l’exercice de la justice : il crée un directoire administratif divisé en sept sections qu’il préside et une cour suprême présidée par le chancelier d’Autriche Seilern. L’administration et le financement de l’armée sont centralisés.  

Espagne. Ferdinand VI met en place un cadastre en Castille dans le but de remplacer les recettes provinciales par une contribution unique.

Huit Chroniques du blog

Fiscalité : création du vingtième par Machault d’Arnouville

Le Comte d’Argenson (1694-1764). Au renvoi de Maurepas, il se voit confier le département de Paris. Il fait dresser les plans des Champs-Élysées et de la place Louis XV.

Première variolisation à Genève. Les banquiers ont inventé un système de rentes viagères, limitant les risques financiers de la variolisation des enfants et intitulé Les Immortelles.

Diderot emprisonné au château de Vincennes (24 juillet au 3 novembre).

Mort d’Émilie du Châtelet.

Émilie du Châtelet, mathématicienne et philosophe, et qui fut un moment  la maitresse de Voltaire, est inhumée sous une dalle noire, dans l’église Saint-Jacques de Lunéville.

Couvent des Récollets (Strasbourg), édifié entre 1746 et 1749 par les architectes Gaspard-Théodore Rabaliatti et Charles Hiski.

La maison des Imlin, dynastie d’Orfèvres, 30 place Kléber (Strasbourg).

Chronologie 1749, mois par mois : 26 évènements.

4 janvier. Victoire navale des corsaires de Tripoli sur Venise au combat de Céphalonie.

8 janvier : naufrage de l’Amsterdam près de Hastings en Angleterre à la suite d’une tempête, lors de son premier voyage.

mars : rapprochement diplomatique entre l’Autriche et la France lors d’une Conférence secrète avec Königsegg, grand maître de la cour, Khevenhüller, grand chambellan, Bartenstein et Kaunitz.

23 avril. Charles Alexandre de Lorraine entre à Bruxelles après le départ des Français le 28 janvier.

24 avril : disgrâce du ministre de la Marine Maurepas, soupçonné de « poissonnade » contre Madame de Pompadour.

30 avril : Rouillé succède à Maurepas comme secrétaire d’État de la Marine

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Comte d’Argenson (1694-1764)

Le Comte d’Argenson (1694-1764)

Source 1. Présentation en ligne. Yves Combeau, Le comte d’Argenson, 1696-1764 : Ministre de Louis XV, École nationale des chartes, 1999, 534 pages.

Source 2. Extraits de l’article de Wikipédia.

Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d’Argenson, est un homme d’État français né à Paris le 1696 et mort dans la même ville le 1764 (à 68 ans).

Peint par Hyacinthe Rigaud. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Il fut lieutenant général de police (1720, puis 1722-1724), à la suite de son père Marc-René de Voyer de Paulmy d’Argenson, chancelier du duc d’Orléans (1723-1740), puis ministre d’État (1742) et secrétaire d’État de la Guerre de Louis XV de janvier 1743 à février 1757.

1724. La mort de son protecteur la même année arrête son ascension pour une quinzaine d’années. Conseiller d’État (28 janvier 1724), d’Argenson entre alors dans les commissions du Conseil où il participe à la rédaction des ordonnances civiles du chancelier d’Aguesseau.

1726-1740. Il fut nommé membre honoraire de l’Académie des sciences en 1726 La disgrâce de Germain Louis Chauvelin, en 1737, le ramène aux affaires. Le cardinal de Fleury le nomme directeur de la Librairie, puis président du Grand Conseil (1738-1740), et intendant de Paris (1741). Il renonce à la chancellerie d’Orléans (1740).

1742-1745. Le 26 août 1742, il est nommé ministre d’État et appelé au Conseil comme adjoint au cardinal de Tencin. Il est nommé secrétaire d’État de la Guerre le 7 janvier 1743, au décès du marquis de Breteuil. En 1744, il est nommé surintendant des postes et relais de France. Il soutient les réformes engagées dans l’armée par le maréchal de Saxe, en particulier dans l’artillerie, qui contribuent aux succès de 1744 et 1745.

1748. Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

La paix d’Aix-la-Chapelle de 1748 n’arrête pas son ambition réformatrice : réunion du corps des fortifications (1743) puis de l’artillerie (1755) au département de la guerre, institution des grenadiers royaux (1744), réforme des hôpitaux militaires (1746-1747).

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Les Imlin : une dynastie d’orfèvres

« Strasbourg est un centre important de production d’orfèvrerie durant le 18ème siècle. Cette production était destinée aux familles aristocratiques allemandes, Hanau-Lichtenberg ou Hesse-Darmstadt, mais certaines pièces à usage liturgique partaient en Angleterre ou ailleurs en Europe.

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L’afflux d’une société aristocratique venant occuper des postes militaires ou civils, créés depuis l’annexion de Strasbourg en 1681, eut pour conséquence les commandes de nécessaires de toilette, de couverts armoriés, d’écuelles à bouillon, de nécessaires de chasse, livrés en général dans d’ingénieux écrins de cuir, autre spécialité strasbourgeoise ».

Quatre parties dans cette chronique :

  • La maison Imlin (30 place Kléber). Diaporama de 20 photos.
  • Les Imlin, orfèvres.
  • Un portrait de la famille Imlin.
  • La corporation de l’Échasse.

A. La maison Imlin, 1748-1749, style Rocaille strasbourgeois;

« Les ateliers les plus réputés sont aux mains de dynasties familiales, comme celles des Imlin, des Kirstein, des Fritz, dont les échoppes sont concentrées en principe dans la rue des Orfèvres et dont les demeures d’habitation sont parfois fort belles, telle la maison des Imlin, 30 place Kléber, édifiée en 1748 dans le style rocaille strasbourgeois« .

La maison Imlin fait partie des 39 édifices strasbourgeois, construits au 18ème siècle et photographiés par mes soins. Cliquer ici pour découvrir ces édifices dans quelques dizaines de chroniques et quelques centaines de photos.

B. Les Imlin. Source : extraits d’un article de Wikipédia.

« Plusieurs membres de la famille sont connus comme orfèvres d’art à Strasbourg, certaines de leurs œuvres inscrites aux Inventaire du Patrimoine culturel se trouvent dans des églises ou des musées, notamment au musée des arts décoratifs de Strasbourg.

Jean-Louis Imlin I (1663-1720), orfèvre.

Jean-Louis Imlin II (1694-1764), époux de Marie Boch, père de Jean-Louis III et grand-père de François Daniel, est reçu maître en 1720.

Jean Louis Imlin III, fils de Jean-Louis II Imlin, reçu maître orfèvre à Strasbourg en 1746, et actif jusqu’à sa mort en 1768 (ou 1769).

  • Jean Henri Alberti, qui était employé d’Imlin entre 1756 et 1764 a tenu l’atelier après la mort de Jean Louis, jusqu’à ce que François Daniel Imlin devienne orfèvre. Aussi, plusieurs objets qui portent le poinçon de Jean Louis sont-ils posthumes. Ainsi, un calice d’argent réalisé par son atelier et daté de 1779 se trouve-t-il dans les collections du Victoria and Albert Museum.

François Daniel Imlin, petit-fils de Jean-Louis II Imlin, neveu de Jean-Louis III.

Emmanuel Frédéric Imlin, né en 1757, devient maître orfèvre en 1780″.

C. Un Portrait de la famille Imlin. Source : extrait d’une notice des Musées du Grand-Est.

Scheibner, vers 1818, Verre églomisé, Largeur : 28, Hauteur : 23, Musée Historique de Strasbourg.

« Ce portrait de famille du dernier orfèvre connu de la dynastie des Imlin a été réalisé selon la technique des églomisés par Fr. W. Scheibner (né Potsdam en 1786). Les portraits des deux parents se détachent sur un fond d’or et sont encadrés par une frise de fleurs et feuilles dorées sur fond noir. Les silhouettes en noir de leurs 6 enfants s’inscrivent dans un médaillon ovale doré entourant le portrait des parents, le tout se détachant sur un fond noir.

L’auteur a rendu avec beaucoup de finesse les détails du costume, des bijoux et de la coiffure de chaque silhouette. La délicatesse du trait est rare dans l’art de la silhouette qui se répand au milieu du 18ème siècle et est considéré comme l’ancêtre de la photographie. Elle s’explique probablement par le statut social et la profession d’Emmanuel Frédéric Imlin qui a fait appel à un maître particulièrement raffiné pour effectuer ce précieux portrait ».

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Diffusion des nouvelles technologies

Les Structures de diffusion de technologies. Source : MESRI, 23 avril 2022. Version Pdf. Chronique qui entre dans la rubrique du blog : Universités, billets d’humeur.

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23 avril 2022, veille du second tour de l’élection présidentielle. Les Françaises et les Français ont autre chose à penser que la labellisation de structures. Structures anciennes et labels nouveaux. Labels nouveaux mais sans annonce de financements additionnels. Toujours plus de structures pour la recherche et l’innovation ! Celles qui existent sont devenues pléthoriques, au fil de sédimentations qui se recouvrent depuis plus de 80 ans. Lire également ma chronique du 1er avril 2022 : R&I sous le quinquennat de Macron.

Les acronymes choisis et dont les consonnes sont proches (CDT, CRT, PFT) ne franchiront que difficilement la barre de la mémorisation.

La PFT Plastinnov, IUT de Moselle-Est (Université de Lorraine) a été créée en… 2002.

Selon le MESRI, il y aurait « 203 structures labellisées de transfert et de diffusion technologiques, actives au 1er janvier 2022 et réparties sur tout le territoire ». Sur tout le territoire ? Pas vraiment.

Comment ces structures se sont-elles financées à l’origine ? Quels sont aujourd’hui leurs moyens humains et financiers ? L’article en ligne de Jean-Pierre Collignon retrace l’histoire des plateformes technologiques jusqu’en 2014.

Texte intégral diffusé par le MESRI. « La diffusion des nouvelles technologies dans le tissu des PME traditionnelles, ne disposant pas de service R&D, est moins évidente que le renforcement des partenariats entre les laboratoires publics et les grands groupes dotés de services de R&D ou des jeunes entreprises issues de la recherche. Elle exige une spécialisation, une qualité de service et des moyens humains dédiés au transfert et à la diffusion technologique permettant de faciliter les liens entre le monde académique et le tissu des PME« .

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Le nouveau planétarium en 2023

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Vacances d’avril au Jardin des sciences de Strasbourg ! Citations du Programme (en ligne).

« Du 9 au 24 avril 2022, le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg propose une riche programmation pour profiter pleinement des vacances d’Avril. Au programme : théâtre, exposition et parcours de visite…

A chacun son ciel. Une pièce de théâtre au Planétarium | Curieux Festival

« Ils seront tous là : les grecs anciens, Copernic, Galilée et tant d’autres qui, au fil des millénaires, ont questionné le ciel, mis en doute les évidences et fait avancer la science. À leurs yeux, chacun avait raison pour son époque ! Mais peut-être se trompaient-ils tous ? Mettez-vous à leur place et regardez le ciel avec leurs yeux, leurs instruments, leur compréhension du monde. Ce spectacle participatif ne finit jamais deux fois de la même façon, car c’est vous qui choisissez la destination pour la prochaine exploration. 10, 9, 8, 7… Décollage » !

D’un planétarium à l’autre : 40 ans d’histoire » | Exposition

Le nouveau Planétarium du Jardin des sciences ouvrira ses portes au printemps 2023« .

« En attendant de vous accueillir dans ce lieu avec un nouvel équipement exceptionnel, nous vous convions à célébrer les 40 ans du Planétarium actuel qui a accueilli plus d’un million de visiteurs depuis 1982 : enfants, adultes, scientifiques et autres curieux.

Après un cycle de conférences spécial au mois de janvier à voir sur notre chaîne Youtube, l’équipe du Jardin des sciences continue les festivités et vous propose de découvrir une exposition sur les grilles de la rue de l’Observatoire qui retrace l’histoire du Planétarium« .

Photo de Pierre Dubois (avril 2022)

était-ce réellement indispensable de faire une exposition extérieure le temps des vacances scolaires de printemps à Strasbourg ? Le chantier m’a semblé ne pas avancer. Et ne parlons pas du jardin qui entourera le Planétarium. De plus, photos par temps gris, de pluie, de vent ! C’était triste et misérable. Hélas.

Page suivante : deux chroniques du blog sur les expositions du JdS de 2015, dédiées à l’Année internationale de la Lumière.

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1740-1758. Benoit XIV, pape

Prospero Lorenzo Lambertini, né le 31 mars 1675 à Bologne, est le troisième enfant d’une famille noble des États pontificaux. Il devient pape en 1740 sous le nom de Benoît XIV. Il meurt le 3 mai 1758 à Rome.

Cinq sources en ligne. L’article de Wikipédia structure la chronique. S’y ajoutent, en page 2, quatre focus (captures d’écran d’une petite partie d’un ouvrage ou d’un article).

Partie 1. 1740, Le conclave.

1732 et 1733. Encore cardinal Prospero Lambertini, il intervient en soutien à Laura Bassi pour sa soutenance de disputatio de philosophie. Elle devient en 1733 la seconde femme à être docteur en philosophie et enseigne la physique et les mathématiques à l’université de Bologne.

Le pape Clément XII meurt le 6 février 1740. Le conclave élit le cardinal Lambertini à l’unanimité le 17 août 1740, après un des plus longs conclaves depuis des siècles : en effet, il ne dure pas moins de six mois et nécessite 254 scrutins.

Olivier Descamps, L’ecclésiologie de Benoît XIV, p. 309-322, in Patrick Arabeyre (ed), Les clercs et les princes, Publications de l’École Nationale des Chartes, 2013.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Partie 2. Benoit XIV, pape de 1740 à 1758 (source Wkipédia).

Tableau de Pierre Subleyras (copie du portrait peint en 1740 par Giuseppe Maria Crespi), 1741

Quelques mois après son accession au trône de Saint Pierre, éclate la Guerre de succession d’Autriche (1740-1748). La guerre de Sept ans (1756-1763) en est à 2ème année quand il meurt.

Pape Moderne et Conservateur. Législateur de l’Église moderne, Benoit XIV a marqué le XVIIIe siècle par son long pontificat de dix-huit ans et par son ouverture d’esprit au siècle des Lumières. C’est un pape moderne qui tente de calmer les querelles religieuses, de ramener l’Église grecque et l’Église arménienne dans le giron de Rome, et, tout en confirmant la bulle Unigenitus, il adoucit les rigueurs que l’on exerçait sur les jansénistes.

1741. Féru de sciences (en particulier de physique, de chimie, de mathématiques), il autorise les œuvres sur les nouvelles représentations du monde (héliocentrisme à cette époque).

Devant la preuve optique de la trajectoire orbitale de la Terre apportée par James Bradley, il fait accorder par le Saint-Office l’imprimatur à la première édition des œuvres complètes de Galilée. Ce geste constitue une révision implicite des sentences de 1616 et 1633.

1742 et 1744. Benoit XIV sait aussi se montrer conservateur. Soupçonneux à l’égard des initiatives missionnaires des Jésuites, il condamne les Réductions du Paraguay et met fin à la querelle des rites en interdisant définitivement les rites chinois et malabars qu’il juge imprécis, par les lettres apostoliques Ex quo singulari (1742) et Omnium sollicitudinum (1744).

1745. Il se montre favorable aux Lumières et entretient des relations avec Frédéric II de Prusse par l’intermédiaire du savant Maupertuis. Voltaire lui dédie en 1745 sa tragédie Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète. La lettre de remerciement du pape au philosophe témoigne l’excellence de leurs rapports. Voltaire admirait sincèrement ce pontife cultivé et ouvert aux idées de son temps.

1748. Il apporte son soutien à Maria Gaetana Agnesi pour qui il fait créer une chaire de mathématiques à l’université de Bologne.

1750. Il proclame l’Année sainte et charge (en vain) l’évêque de Mirepoix de faire cesser l’adultère du roi Louis XV.

1751. Il se montre favorable au projet d’encyclopédie de Diderot et d’Alembert

1751… mais il renouvelle les réserves pontificales à l’égard de la franc-maçonnerie, condamnée dans la bulle Providas romanorum.

1753… mais Il condamne la thèse soutenue à Paris par l’abbé de Prades.

1753 (9 juillet). Il réorganise l’Index dans un sens plus libéral, en donnant plus de garanties aux auteurs incriminés, par la constitution Sollicita ac provida.

1757. Les ouvrages favorables à l’héliocentrisme sont autorisés, par un décret de la Congrégation de l’Index, qui retire ces ouvrages du catalogue des livres interdits.

Partie 3. Trois focus sur Benoit XIV

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