Archives de Catégorie: E. Sciences

1746. Créer une papeterie royale

Jean-Frédéric Schoepfflin de Colmar, petit frère de Jean-Daniel, professeur d’histoire à l’université de Strasbourg, observe en 1742 qu’il n’y a pas en Alsace de papier qui soit employable pour l’écriture ou l’imprimerie et qu’il faut en importer, de Bâle en particulier. Il crée cette entreprise dans la vallée de Saint-Grégoire près de Munster, dépense beaucoup d’argent pour la construction du bâtiment et pour l’achat des ustensiles nécessaires. Le papier produit est de fort bonne qualité. Il est prêt à investir davantage si le Roi Louis XV en son Conseil d’État accepte ses deux requêtes.

La première est que son entreprise soit reconnue comme Manufacture royale de papier. La seconde est que soit interdite et pénalisée l’exportation de vieux linges, drapeaux et chiffons, drilles et pates, rogneures de peaux et parchemins.

Schoepfflin de Colmar indique qu’il a d’ailleurs le soutien de François-Mathias Müller, conseiller au Conseil souverain d’Alsace, Préteur royal de Colmar et subdélégué de l’Intendant de la dite province.

Gravure photographiée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg

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Le Conseil d’État, par son arrêt du 16 juillet 1746, autorise le recours à la mention Manufacture Royale de Papier, à la charge par ledit Sr. Schoepfflin de se conformer aux Règlements pour les différentes sortes de papier qui se fabriquent dans le Royaume.

Par ailleurs, sous peine de confiscation et d’une amende de trois mille livres, il lui est rappelé que, selon les règlements en vigueur, il est interdit d’amasser et de convoyer au-delà de la frontière du Royaume toutes les matières usagées qui pourraient servir à la fabrication du papier.

Il est intéressant de noter que l’initiative de créer une manufacture royale peut être suscitée par le marché, mais que sa création comme telle est régie par une décision d’État. Il s’ensuit que, pour la protéger de la concurrence du marché intérieur et extérieur, des règles de fabrication, volontiers tatillonnes (cf. infra point B), sont édictées d’en haut et peuvent nuire aux innovations de produits et de techniques. Ce reproche est également fait aux corporations de métiers et sera utilisé comme argument, au début de la Révolution, pour les supprimer.

B. Arrêt du Conseil d’État du roi du 18 septembre 1741, en interprétation de l’arrêt du conseil du 27 janvier 1739, portant règlement pour les différentes sortes de papiers qui se fabriquent dans le royaume. Source : Citation in extenso des registres du Conseil d’État.

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Manufacture Sèvres. Trésors 18ème

Sèvres, manufacture et musée nationaux. Trésors du 18ème (source : captures d’écran des Actualités de janvier 2022). Biographie de Joseph-Marie Amiot (1718-1793).

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C’est Joseph-Marie Amiot qui a rapporté en France les deux albums peints présentés ci-dessus. Qui est-il ? Source : citations de l’article de Wikipédia.

« Joseph-Marie Amiot, né le 1718 à Toulon et décédé le octobre 1793 à Pékin (Chine), est un prêtre jésuite, astronome et historien français, missionnaire en Chine. Il fut l’un des derniers survivants de la Mission jésuite en Chine.

Amiot entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Avignon en 1737, et fut ordonné prêtre le 21 décembre 1746 à Lyon. Durant sa formation il avait demandé à être envoyé comme missionnaire en Chine. Cela lui fut accordé, et, en compagnie de deux novices (jésuites) chinois, il quitta le port de Lorient (France) en décembre 1749 pour arriver à Macao le 27 juillet 1750. L’année suivante il monta à Pékin où il entra le 22 août 1751. Il y resta jusqu’à sa mort, en 1793« .

Source : Wikipédia

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Université de Paris Quartier Latin

Siège de l’Université de Paris : 12 rue de l’école de médecine, au cœur du Quartier latin. « Implantation stratégique au cœur de la capitale qui participe au rayonnement international de l’établissement… Un emplacement idéal, au barycentre des différents campus de l’université… Une vocation universitaire qui remonte à la Révolution française. Ancré au cœur du quartier latin étudiant, un lieu qui est un symbole fort de l’héritage universitaire français ».

Nouveau nom pour l’Université de Paris Quartier Latin, U P Q L ?

U P Q L, un drapeau qui Qlaque dans le vent et qui déploie les aiLes de toutes les énergies.

Changer de nom ? « L’Université de Paris sommée de changer de nom par le Conseil d’État«  (article de Soazig Le Nevé dans Le Monde du 30 décembre 2021). « L’établissement issu de la fusion de deux universités parisiennes (Paris V Descartes et Paris VII Diderot) est en effet accusé d’avoir capté une identification historique et géographique qui remonte au Moyen Age »…

L’université de Paris s’est mal défendue face à ce contentieux. Elle aurait pu dire que le ministère aurait dû contrôler de plus près la rédaction du décret, déposer sa marque auprès de l’Institut de la propriété intellectuelle (INPI), invoquer la banalisation de Paris dans les noms de la plupart des universités franciliennes, exiger un alinéa d’article du décret indiquant précisément quand, pourquoi, et par qui la décision du nom avait été prise.

La Nature se dévoilant devant les Sciences, œuvre d’Ernest Barrias (1841-1905).

Photo de 2011 par Pierre Dubois

Suite de l’article du Monde. « Cet établissement public expérimental (EPE), créé par le décret du 20 mars 2019, a été rappelé à l’ordre par un arrêt du 29 décembre qui annule son décret fondateur. Cette décision clôt juridiquement une bataille pas seulement sémantique tant les questions de noms et de marques sont devenues stratégiques dans l’enseignement supérieur. Exister à l’international est érigé en priorité notamment depuis que le classement de Shanghaï a imposé ses critères, en 2003″.

« La haute juridiction administrative a accédé à la requête de l’université Paris-II Panthéon-Assas, qui avait lancé une procédure en 2019, sitôt créée l’Université de Paris. Le président de Paris-II, à l’époque Guillaume Leyte, contestait la captation d’un nom collectif et d’une identification historique et géographique commune à toutes les universités issues de l’université de Paris.

Université de Paris. Mais quid de Sorbonne Université ? Un recours en contentieux pour captation du nom historique de Collège Robert de Sorbon, créé en 1257 avec l’aide et le soutien de Saint Louis ? C’est peu vraisemblable !

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Jean Castex, la CPU et l’innovation

Jean Castex, la CPU et l’innovation. Suite de ma chronique critique du 2 décembre 2021, Innovation : le serpent de mer.

Par définition, un serpent de mer se montre très régulièrement. C’est encore le cas en ce mois de décembre : il a réussi à se glisser entre les variants Delta et Omicron du Covid.

Le 1er ministre, Jean Castex, a rendu visite à la Conférence des présidents d’université : accélérer le transfert technologique, valoriser le rôle des universités dans l’innovation.

Communiqué de la CPU et textes des discours de Jean Castex et du président de la CPU, Manuel Tunon de Lara.

  • 50ème anniversaire de la CPU : lire aussi les 250 chroniques d’Histoires d’universités sur la CPU, publiées depuis 2009.
  • « Le jeudi 16 décembre 2021, Jean Castex a longuement échangé avec les présidentes et présidents d’université, et lancé trois dispositifs liés à France 2030 pour accélérer le transfert de technologie, les stratégies de développement des établissements d’enseignement supérieur et la formation aux métiers d’avenir ».

Le plan France 2030 ?

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18ème. Écoles Artillerie et Génie

18ème siècle. Écoles de l’artillerie et du génie.

Les nombreuses guerres menées au 18ème siècle, tant sur terre que sur mer, au sein ou en dehors du territoire français, ont fait progresser, par la nécessité de vouloir les gagner, la formation des hommes, l’organisation de l’armée en campagne et pendant d’éventuels quartiers d’hiver, les fortifications, les armes mobilisées et de plus en plus meurtrières (l’artillerie en particulier).

Source. Musée Historique de Strasbourg

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Cette chronique est dédiée à l’évolution de la formation militaire au 18ème siècle, au sein d’écoles spécialisées. La guerre ne s’est jamais apprise à l’université.

Les écoles concernent d’abord les futurs officiers, ceux du génie et de l’artillerie en particulier. Un des problèmes lancinants du siècle, avant la Révolution : séparer ou réunir dans un même établissement de formation le génie et l’artillerie.

Les écoles plus prestigieuses forment des ingénieurs militaires : l’école Polytechnique est fondée en 1794.

D’autres écoles dispensent une formation de base, destinée à des élèves âgés d’une dizaine d’années ; c’est le but poursuivi par des collèges militaires, disséminés sur l’ensemble du territoire. Ils sont réservés aux enfants de la petite noblesse ; ils sont le vivier de la noblesse d’épée.

Sources : informations et citations extraites des articles mentionnés par des liens web. Exemple : école d’artillerie.

1679. La première école d’officiers d’artillerie est créée par Louis XIV en 1679 à Douai, jouxtant l’université de Douai et la fonderie de canons de Douai.

1693. Le régiment des fusiliers du roi prend le nom de Régiment Royal-Artillerie. « Les soldats furent équipés de fusils et de baïonnettes, qui remplacèrent progressivement les mousquets et les piques jugés obsolètes pour le combat. Elles furent même interdites par ordonnance royale en 1703 ».

1720. Le maréchal de Jaunay est notamment un artisan de l’utilisation massive d’artillerie dont il commanda l’école de Strasbourg ainsi que l’école des bombardiers de France créée en 1720.

1720. Sur le modèle de l’École royale de l’artillerie de Douai, l’école royale d’artillerie de Metz est créée en même temps que celles de La Fère, Strasbourg, Grenoble et Perpignan, par l’ordonnance royale du 5 février 1720. Cette ordonnance tirait les conclusions des dernières campagnes de Louis XIV « en faisant de l’artillerie une arme scientifique, avec des officiers formés en conséquence. Chacune des cinq villes concernées abriterait un régiment de 4 000 hommes, avec une école d’artillerie à demeure ».

1748. L’École royale du génie de Mézières est fondée sur proposition du comte d’Argenson, secrétaire d’État à la Guerre et de Nicolas de Chastillon, commandant de la citadelle de Charleville-Mézières. 542 ingénieurs militaires y furent formés.

1755. Au Régiment Royal-Artillerie sont réunies les compagnies de mineurs et d’ouvriers du génie pour former en 1755 le Corps royal du génie et de l’artillerie

1756. Une école royale des élèves de l’artillerie est créée à La Fère sur le modèle de l’École royale du génie de Mézières, avec une cinquantaine d’élèves. L’abbé Nollet y est nommé professeur de physique expérimentale et Charles Étienne Louis Camus examinateur.

1758. Les corps du génie et de l’artillerie sont séparés.

1766. L’école d’artillerie de la Fère est transférée à Bapaume. Étienne Bézout succède à la fois à Camus et à l’abbé Nollet. Le nombre des élèves est porté à 80 en 1768. En dépit de ce nombre, l’école est fermée en 1772.

1779. Sont rétablis des élèves dans le corps royal de l’artillerie, et des petites sections de six places sont créées dans chacune des écoles régimentaires à La Fère, Metz, Strasbourg, Auxonne, Besançon, Douai et Verdun.

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Bac + 5. Trop de diplômés ?

Bac + 5 : trop de diplômés ? une insertion professionnelle dégradée ? Malgré des données statistiques nombreuses (cinq sources mobilisées dans cette chronique, couvrant la période 1962-2019), il n’est plus possible de répondre rigoureusement à ces deux questions.

A. Source 1. Enquête Emploi 2018 (personnes en emploi de moins de 35 ans, ayant terminé leurs études initiales depuis 1 à 4 ans). Quels sont les métiers qui emploient le plus de jeunes à la sortie de leurs études ?

« Selon l’enquête Emploi, en 2018, la France métropolitaine compte 1,8 million de Jeunes sortants d’études Ils représentent 6,9 % de l’ensemble des personnes en emploi, soit 1 point de moins qu’en 2007. Durant cette période, leur taux de chômage augmente et leur taux d’activité diminue.

En 2018, 60 % sont diplômés du supérieur, contre 52 % en 2007 (graphique 1). Cette augmentation tient à la hausse des titulaires d’un bac+5 ou plus, dont la part double quasiment, et à la baisse des non-diplômés, dont la part se réduit de plus de moitié ».

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La progression observée de 2007 (16 % de bac +5 ou plus) à 2018 (30%) est essentiellement due à la progression de nombre de diplômés de Master (et non à l’évolution du nombre de docteurs et d’ingénieurs).

B. Source 2. Pierre Dubois, en collaboration avec Ronan Vourc’h, Le devenir professionnel des diplômés de DESS, CEREQ, Formation Emploi, n°79, juillet-septembre 2002, p. 51-65.

Dans cet article d’il y a 20 ans, nous nous interrogions déjà sur les risques de la multiplication des DESS (devenus Masters en avril 2002) et du nombre de diplômés de DESS.

C. Source 3. Olivier Marchand,  50 ans de mutations de l’emploi (1962-2007), INSEE Première, N° 1312 – SEPTEMBRE 2010.

Tous âges confondus, « la part des employés s’est accrue de dix points (18,3 % en 1962, 28,4 % en 2007), même si elle semble plafonner depuis le tournant des années 2000. Le poids des professions intermédiaires progresse de près de 14 points (de 11,1 % à 24,8 %) et celui des cadres de plus de 11 points (de 4,7 % à 15,8 %) ».

En croisant les sources 1 et 3, on notera qu’en 2007 les jeunes sortants à Bac +5, occupant un emploi de cadres et professions intellectuelles supérieures (CPIS), étaient 16 % et que le nombre total de cadres dans la population active était de 15,8 %.

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1795. Le Bureau des longitudes

Nantes, 20 et 21 janvier 2022. Colloque final international du projet ANR, organisé en collaboration avec le Centre François Viète, Le Bureau des longitudes en sociétés (1795-1932). Programme : infra.

A. Création du Bureau des longitudes en 1795

Rapport préalable de l’abbé Grégoire.

« Le Bureau des longitudes est créé par une loi de la Convention Nationale du 7 messidor an III (25 juin 1795) après audition d’un rapport lu par l’abbé Grégoire qui affirme très clairement les buts pratiques : reprendre la maîtrise des mers aux Anglais grâce à l’amélioration de la détermination des longitudes en mer.

Cet organisme doit donc, à l’imitation du Board of Longitudes anglais, créé en 1714, résoudre les problèmes astronomiques que pose la détermination de la longitude avec une précision toujours meilleure, d’où son nom.

Mais ses attributions vont bien au delà, puisqu’il est chargé de la rédaction de la Connaissance des Temps, publication annuelle contenant des tables astronomiques, créée en 1679. II doit également assurer la rédaction d’un Annuaire propre à régler ceux de la République« .

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« D’une manière générale, le Bureau des longitudes est chargé du perfectionnement des tables astronomiques. II a sous sa responsabilité l’Observatoire de Paris, celui de l’École Militaire, et tous les instruments d’astronomie qui appartiennent à la Nation. L’un des membres du Bureau doit également faire chaque année un cours d’astronomie.

Les premiers membres, au nombre de dix, sont : les géomètres Lagrange et Laplace, les astronomes Lalande, Delambre, Méchain et Cassini, les navigateurs Bougainville et Borda, le géographe Buache et l’artiste (fabricant d’instruments scientifiques) Caroché.

Les travaux scientifiques publiés sous l’égide du Bureau des longitudes sont nombreux et importants : tables du Soleil de Delambre, tables de la Lune de Burckardt et Damoiseau, tables des planètes de Bouvard, tables des satellites de Jupiter de Laplace…

Le décret du 30 janvier 1854 modifie profondément les attributions du Bureau : outre la rédaction et la publication de la Connaissance des temps et de l’Annuaire, il est appelé à porter et à provoquer des idées de progrès dans toutes les parties de la science astronomique et de l’art d’observer » et aussi à « donner son avis sur les questions concernant les observations et sur les missions scientifiques confiées aux navigateurs chargés d’expéditions lointaines.

Ainsi le Bureau des longitudes publie des Annales. Il organise plusieurs grandes expéditions scientifiques : mesures géodésiques, observation d’éclipses solaires, observation du passage de Vénus devant le Soleil. II participe également à la fondation de plusieurs organismes scientifiques tels que le Bureau International de l’Heure et le Groupe de Recherches de Géodésie Spatiale ».

B. Programme du Colloque (cliquer ici)

« Le rôle joué par le Bureau des longitudes en tant qu’organisme de dialogue entre sciences et sociétés. Créé en 1795, le Bureau des longitudes, lieu collectif d’expertise et de conseil pour l’État, participa activement à l’administration de sciences françaises tout en étant son porte-parole sur la scène internationale. Il joua un rôle de premier plan dans l’organisation et le développement de l’astronomie et de la mécanique céleste, l’adoption du système métrique décimal, la définition et la réalisation d’échelles de temps, l’émission et la transmission de signaux horaires, le développement de la physique du globe et de la géodésie dynamique, ainsi que dans l’organisation des grandes expéditions scientifiques.

Les exposés de ces deux journées, interrogeront le Bureau des longitudes en sociétés selon trois axes d’analyse :

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1783-1786. Les origines de l’aérostat

1783-1786. Les origines de l’aérostat. Quatre sources en ligne :

  • A. Fernand Joseph Heitz. Les débuts de l’aéronautique en Alsace, 1784.

Deux ballons strasbourgeois photographiés au Cabinet des estampes et des dessins de la ville : La montgolfière d’Adorne, la machine aérostatique de Pierre et Degabriel.

Diaporama de 21 photos.

A. Heitz Fernand Joseph. Les débuts de l’aéronautique en Alsace, 1784. Colmar, Alsatia, 1933.

« Édition tirée à 250 exemplaires numérotés. L’exemplaire n°1 est justifié par Fernand Joseph Heitz en tant qu’exemplaire de l’auteur et comprend des gravures inédites ajoutées.

L’ouvrage comprend 6 planches à pleine page dont les deux photographiées à Strasbourg.

La Montgolfière d’Adorne (gravure de l’époque, Enslin)

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Machine aérostatique construite par Pierre et Degabriel, le jour de sa première ascension à Strasbourg, à la Finckmatt le 26 mai 1784 (gravure de l’époque).

Les 4 autres planches :

  • Ascension à la Finckmatt (Strasbourg) du ballon de Pierre et Degabriel (gouache de l’époque).
  • Poème de Pfeffel en l’honneur du professeur Wild, premier aéronaute colmarien.
  • Portrait de Daniel Meyer, le premier aéronaute mulhousien.
  • La montgolfière de Pierre et Degabriel (gravure de l’époque, gravée par Joseph Durig) ».

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L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). L’Orient inattendu, Du Rhin à l’Indus. Sources : extraits des sites de la BNUS et du Musée de l’impression des étoffes de Mulhouse (page 2 de la chronique), du Catalogue de l’exposition strasbourgeoise.

Diaporama de 11 photos : L’Orient, source d’inspiration pour les industries alsaciennes.

A. « À l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de la Bibliothèque nationale et universitaire et de l’Université de Strasbourg, l’exposition L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus invite à porter un regard nouveau sur l’histoire de la ville et de la région sous l’angle des relations avec l’Orient et plus précisément les terres d’Islam. Une exposition événement en partenariat avec les Musées de Strasbourg et le Musée du Louvre.

Pourquoi une telle approche ? Outre la présence fréquemment interrogée de l’Islam et de musulmans dans notre société, il existe, dans les collections patrimoniales régionales, des traces matérielles de contacts historiques, parfois très anciens, remontant jusqu’au Moyen Âge. Ces contacts et ces objets patrimoniaux, souvent méconnus, représentent une face inattendue de notre histoire et de notre patrimoine, en quelque sorte une face cachée de nous-mêmes.

Du 18 septembre 2021 au 16 janvier 2022, l’exposition propose d’explorer cette histoire avec un triple fil conducteur : les représentations de l’Orient islamique dans la région rhénane et plus particulièrement en Alsace ; sa réception et son impact dans les sciences, la littérature et les arts ; et enfin les traces de cette réception dans les collections régionales et nationales ».

B. Les Orients des industries textiles alsaciennes, extraits de l’article d’Aziza Gril-Mariote, in Catalogue de l’exposition, pp. 113-117.

« L’Alsace et ses industries d’art, surtout ses industries textiles, ont entretenu avec l’Orient – un espace lointain allant de l’Inde au Levant en passant par la Perse – des liens ambivalents en nouant des relations commerciales et en cherchant une inspiration artistique tout en reprochant aux Orientaux leurs procédés artisanaux …

C’est d’abord l’Inde qui est apparue comme source d’approvisionnement essentielle en indiennes au 17ème siècle, puis en toiles de coton brut au 18ème siècle, avant de céder la place au Levant et à l’Égypte pour leur coton acheminé vers les filatures qui ouvraient en Europe au début du 19ème siècle »…

« Pendant près de deux siècles, les manufactures d’indiennes alsaciennes ont perpétué cette tradition stylistique, tandis que l’essor industriel a permis de s’affranchir des procédés techniques orientaux…

Le terme indienne désigne aujourd’hui une fine toile de coton imprimée à la planche de bois de motifs d’inspiration végétale aux couleurs éclatantes…

Après l’instauration de la prohibition du commerce des indiennes pour protéger les productions nationales en 1686, Marseille devient une plaque tournante dans un véritable trafic ».

« A la levée de la prohibition en 1759, alors que l’indiennage se développe en France, l’Encyclopédie définit encore les indiennes comme des toiles peintes qui nous viennent des Indes. En réalité, fabricants et commerçants utilisent le terme jusqu’au 19ème siècle pour désigner aussi bien les indiennes orientales que les impressions européennes…

Les premières adaptations au goût européen apparaissent au niveau des décors des bordures qui accommodent les ornements traditionnels à la mode européenne (image ci-dessous). Lorsque ces toiles débarquent en Europe, cette adaptation n’est pas connue ni perçue du public et les motifs apparaissent comme exotiques ».

Indienne au monogramme, Inde, côte de Coromandel, début du 18ème

Toile de coton teinte par mordançage et réserve, peinte, 8 couleurs, Mulhouse, musée de l’Impression sur Étoffes. Cette indienne d’Inde intègre de nombreux motifs occidentaux : anges, aigles bicéphales et basilics (monstres à tête d’oiseau).

« L’introduction de l’indiennage à Mulhouse à partir de 1746 bénéficie de la proximité de la Suisse où cette industrie se développe pendant la prohibition… La fin des années 1770 est marquée par un essor technique ; l’usage de fines toiles de coton importées d’Inde et la mise au point d’un vocabulaire décoratif inspiré des motifs des importations…

Les dessinateurs reprennent les décors des indiennes d’Inde, notamment les bordures des palempores, pour en faire des compositions florales, ou bien laissent libre cours à leur imagination, transformant les arbres de vie en ramages fleuris dont les arabesques se prêtent mieux à la répétition du dessin sur les métrages de toile. Les motifs relèvent désormais du monde floral européen et de ses déclinaisons stylisées…

Après les fleurs d’indiennes, les impressions alsaciennes doivent leur réputation aux palmettes Cachemire, qui est un fil de laine obtenu à partir du duvet de chèvres dans la vallée du Kashmir. Le tissage des fils teints donne des étoles aussi chaudes que fines et douces, qui sont décorées aux extrémités de palmettes. Ces châles arrivent en Angleterre dans les cargaisons des Compagnies des Indes à la fin du 18ème siècle, avant leur introduction en France au retour de la campagne d’Égypte : leur mode fait fureur sous l’Empire…

Lorsque les fabricants mulhousiens Dollfus-Mieg & Cie et Thierry Mieg & Cie expérimentent l’impression sur laine, cela donne lieu à de véritables imitations imprimées des châles tissés à Paris, Lyon ou Nîmes.

A partir des années 1830, les châles cachemire imprimés en Alsace sont un produit d’innovation technique et artistique qui participe à l’essor de la chimie des couleurs. Certaines dénominations renvoient encore à l’Orient. C’est le cas du Rouge turc ou d’Andrinople.

C’est à Monsieur Daniel Koechlin qu’on doit d’avoir porté directement cette teinture sur des pièces déjà tissées. Ce grand industriel avait acquis d’un marchand d’Andrinople des notions encore incomplètes sur le procédé suivi en Orient pour huiler le coton, opération capitale dans la production du rouge. Après de nombreuses tentatives, poursuivies avec persévérance, il parvint en 1810 à produire ces belles toiles pour lesquelles Mulhouse se fit une si grande réputation (Penot, 1871) ».

« Les dessinateurs imaginent de grands châles où le motif s’étire, s’entrecroise, s’agrandit et se répète. De format carré, leurs dimensions varient entre 100 et 130 cm, tandis que les modèles rectangulaires vont jusqu’à plus de 3 mètres. La forme carrée est la plus répandue, facile à porter en pointe, une fois le châle plié en deux dans la diagonale ».

Châle carré rouge à bordure de grandes palmes

Mulhouse, Thierry Mieg, 1846-1849. Assemblage de 5 morceaux, laine, fonds teint en rouge, bordure imprimée à la planche, 6 couleurs (noir, rouge, rose, orange, bleu, vert), effilés gaufrés, 182 x 182 cm. Mulhouse, Musée de l’impression sur étoffes.

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L’Encyclopédie. Diderot, D’Alembert

Parmi les 33 salles dédiées au 18ème siècle, le musée Carnavalet / Histoire de Paris en consacre trois au siècle qui portera le nom de Siècle des Lumières :

  • L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1751). Page 1.
  • Paris, capitale des Lumières. Page 2.
  • Le Rayonnement international de Paris. Page 3.
  • Nicolas de Condorcet. Page 4.

Diaporama de 33 photos.

A. L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751)

Cliquer sur les images pour les agrandir. Source : Musée Carnavalet

Six chroniques du blog sur Denis Diderot (novembre 2019)

Portrait de Denis Diderot par Jean-Simon Berthélémy, 1784

Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783). Source : Wikipédia. Deux chroniques du blog :

Portrait de Jean Le Rond d’Alembert par Catherine Lusurier, 1777

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