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1799. Mètre étalon en platine

Source de la chronique. Adoption du système métrique décimal, Gouvernement, mars 2017.

« 1789. Il n’existe aucun système de mesure unifié entre les pays. L’étalonnage des poids et mesures est alors octroyé au Roi, et on dénombre en France près de 700 unités de mesure différentes. Certaines sont liées à la morphologie du corps (pouce, doigt, poignée, brassée, pied, pas), d’autres au travail (hommée, fauchée, journal), d’autres encore au transport (ânée, charge, sac, tonneau)… La complexité vient aussi de ce qu’une même dénomination, le pied, par exemple, correspond à une vingtaine de longueurs différentes selon les lieux et les corps de métier. Ainsi, à Paris, les merciers, les drapiers et les marchands de toile ont chacun leur aune.

Une mesure universelle et invariable, reproductible et vérifiable

Pour y remédier, « Un roi, une loi ; un poids et une mesure » est bien une des doléances inscrites à l’ordre des États généraux de 1789. Les projets d’unification de Colbert comme de Turgot n’ont jamais abouti. Mais dans la nuit du 4 août 1789, l’abolition au nombre des privilèges de celui d’étalonnage ouvre la voie à une réforme enfin possible des poids et mesures. Le Roi n’étant plus à l’origine de l’étalonnage, il s’agit de trouver dans la nature « une mesure universelle et invariable, reproductible et vérifiable partout et toujours » (Talleyrand).

1790. Le décret du 8 mai 1790 en arrête le principe et en confie le calcul à une commission de l’Académie des sciences, composée de Borda, Condorcet, Laplace, Lagrange et Monge.

Naissance du mètre

1791. Le 26 mars, le choix du « quart du méridien terrestre » comme unité universelle et naturelle est fait sur la recommandation de Condorcet et de l’Académie des sciences, car cette mesure « ne renferme rien ni d’arbitraire, ni de particulier à la situation d’aucun peuple sur le globe ».

1793. La naissance du mètre – dont la longueur est établie comme « égale à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre«  – est officialisée par le décret du 1er août 1793, « qui établit pour toute la République la même uniformité dans les poids et mesures ». 

Instauration du système métrique décimal

1795. Introduisant une véritable révolution dans le calcul des surfaces et des volumes, le décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) « relatif aux poids et mesures » institue le système métrique décimal. L’unité de mesure de base étant déterminée, il suffit désormais d’établir toutes les unités de mesure qui en découlent : le mètre carré, le mètre cube, le litre, le gramme…
 
1799. Le décret supprime et interdit toute autre unité de mesure. Afin de la fixer physiquement, la loi du 19 frimaire an VIII (10 décembre 1799) prévoit la diffusion de cette unité de mesure au moyen d’étalons calqués sur un mètre de référence, l’étalon mètre en platine conservé jusqu’à aujourd’hui dans « l’armoire de fer » des Archives nationales ».

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1780. Paucton, père de la métrologie

Source : citations de Alexis Paucton (1732-1798), un mécontent, et un père de la métrologie scientifique moderne ; calculateur du Bureau du Cadastre de Gaspard Prony et pour la Connaissance des temps de 1794 à 1798, par Guy Boistel (Centre François Viète, université de Nantes), 12/03/2021. Publié dans Les procès-verbaux du Bureau des longitudes. Un patrimoine numérisé (1795-1932).

1732. Alexis Paucton est né le 10 février, en Mayenne près de Lassay, d’une famille très modeste. Remarqué par un ecclésiastique, c’est à partir de ses 18 ans qu’il fit ses études de mathématiques et de pilotage à Nantes où il dut manifester quelques talents. Puis il se rendit à Paris où il gagna sa vie en tant que précepteur.

1768. Il publie une Théorie de la Vis d’Archimède, peut-être destinée à concourir pour un prix proposé par l’Académie de Berlin.

1780. Il se fait très certainement connaître de l’Académie des sciences par son traité modèle, Métrologie ou Traité des mesures, poids et monnoies des anciens peuples & des modernes, dans lequel il défend l’idée d’une base métrologique commune partagée par les peuples anciens, idée forte de l’époque. En outre, Paucton suggère de rattacher les étalons métrologiques à des quantités prises dans la nature et propose un étalon de longueur lié de manière simple à la circonférence terrestre. Cet ouvrage forge la métrologie scientifique. Il est attesté que Lalande a contribué à cet ouvrage et l’a sans doute même encouragé.

1781. Il publie une Théorie des Lois de la Nature ou la Science des causes et des effets, suivie d’une dissertation sur les Pyramides d’Égypte dans lequel il poursuit ses considérations sur les normes de mesures antiques et tente de montrer que la coudée pharaonique se rattachait au degré de méridien terrestre.

La source du Bureau des Longitudes et la source Wikipédia ne mentionnent pas l’année de nomination de Paucton au professorat à Strasbourg. Elles divergent dans l’interprétation.

  • 1ère source. Ses qualités remarquables lui permettent d’obtenir une chaire de mathématiques à l’Université de Strasbourg.
  • 2nde source. Tous ses travaux améliorèrent peu la situation de Paucton ; il obtint seulement une chaire de mathématiques à Strasbourg.
  • Cette divergence est permise par une lacune documentaire : L’abbé Angot a fait faire des recherches infructueuses à Strasbourg par MM. Bezard pour y retrouver les traces du professorat d’Alexis Paucton.

1792-1793. La place de Strasbourg ayant été menacée d’un blocus par les Autrichiens, et le Magistrat ayant ordonné aux habitants de se pourvoir de vivres pour le temps du siège, ou de quitter la ville, Paucton, qui n’avait pas de quoi acheter des provisions d’avance, fut obligé de sortir de la ville avec sa femme et ses trois enfants.

Il se rend alors à Dôle où il trouve un emploi de précepteur chez un particulier dans des conditions déplorables qu’il fustige dans un opuscule intitulé Défense contre le citoyen F.

1794. Paucton se fâche avec son logeur qui veut le payer en assignats hors de cours, ce qui anéantit son salaire et le plonge dans une grande maladie.

De retour à Paris, il est recruté par Gaspard Prony pour calculer au Bureau du Cadastre dans l’ombre de Cornelier-Lémery et aux côtés des futurs calculateurs du Bureau, Jean-Baptiste Marion et Charles Haros.

1796. D’une certaine manière « père » de la métrologie moderne, évoluant au beau milieu de la révolution métrologique et de la réforme des poids et mesures, Paucton est dans la foulée élu membre associé non résidant de la section des Arts méchaniques de la 1ère Classe de l’Institut national, le 28 février 1796 (9 Ventôse an IV) et reçoit un secours de 3 000 francs de la Convention.

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1746-1749. Couvent des Récollets

1746-1749. Couvent des Récollets. Source : Wikipédia.

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Le nom de la rue perpétue le souvenir de l’ancienne église des Récollets  – les récollets formant un ordre mendiant issu d’une réforme de l’ordre franciscain, qui possédaient plusieurs bâtiments conventuels dans ce quartier de Strasbourg.

Édifié entre 1746 et 1749 par les architectes Gaspard-Théodore Rabaliatti (1709-1766) et Charles Hiski. Les bâtiments conventuels étaient disposés autour d’un petit cloître bordé d’arcades en plein cintre.

L’ancien couvent abrite depuis 1974 le siège de la Fondation européenne de la science, dont la façade principale donne sur le quai Lezay-Marnésia ».

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G.L. Buffon, 30 ans en 1737

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) : naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain (sources : citations des articles de Wikipédia, de Larousse).

1707 (7 septembre). « Georges-Louis Buffon est né à Montbard (Côte d’Or) dans une famille bourgeoise, anoblie par l’achat de charges. Son père est procureur du Roi au grenier à sel puis conseiller au Parlement de Bourgogne.

Ses parents sont mariés depuis un an lorsque Georges-Louis vient au monde. Il est prénommé ainsi en l’honneur de son parrain et grand-oncle maternel Georges-Louis Blaisot, seigneur de Saint-Étienne et Marigny, collecteur des impôts du duc de Savoie, et Louis en l’honneur de son grand-père, Louis Leclerc, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maire de Montbard et juge prévôt. Son bisaïeul était médecin et bailli de Grignon, son trisaïeul barbier chirurgien.

1717 (Georges à 10 ans). Le père Buffon, bénéficiant de la fortune accumulée par Georges-Louis Blaisot et héritée par sa femme et son fils, achète les propriétés de la seigneurie de Buffon.

1720 (13 ans). Le père acquiert également une charge de commissaire général des maréchaussées qu’il revend trois ans plus tard pour une charge de conseiller au parlement de Dijon.

Le fils Buffon fait ses humanités au collège des Jésuites de Dijon, où il a pour condisciple Charles de Brosses.

1726 (19 ans). Buffon s’inscrit à la faculté de droit de Dijon et y obtient sa licence en 1726.

1728 (21 ans). Préférant les sciences, et au grand mécontentement de sa famille, il part étudier à la faculté d’Angers. Il s’y plonge dans les mathématiques et la botanique, lit Newton et les éléments d’Euclide, suit des cours de médecine, mais, ayant tué en duel un jeune officier croate, il se voit contraint de quitter précipitamment l’université.

A Nantes, il rencontre le second duc de Kingston, jeune aristocrate anglais qui parcourt l’Europe avec son précepteur allemand le naturaliste Nataniel Hickman, et avec lequel il se lie d’amitié. Il décide de les suivre dans leur Grand Tour, qui les mène à La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Béziers, Montpellier, puis en Italie, par Turin, Milan, Gênes, Florence, Rome, et en Angleterre.

1731 (24 ans). Son voyage est interrompu à la mort de sa mère.

1732 (25 ans). Il s’installe à Paris soucieux de s’éloigner de son père, remarié à sa grande fureur à l’âge de cinquante ans avec une jeune fille de vingt-deux ans, Antoinette Nadault. Le menaçant d’un procès, il obtient la libre disposition de sa fortune et récupère des terres que son père avait aliénées. Il fait démolir la maison paternelle de Montbard et construire l’hôtel de Buffon, aménage une ménagerie, un laboratoire et son cabinet de travail.

Il est décidé à réussir, commençant à signer Buffon. Il se loge au faubourg Saint-Germain, chez Gilles-François Boulduc, premier apothicaire du roi, professeur de chimie au Jardin royal des plantes, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de Stanislas. Ses premiers travaux portent sur les mathématiques, son domaine de prédilection.

1733 (26 ans). Il présente un mémoire à l’Académie des Sciences, Sur le jeu du franc-carreau. Il introduit pour la première fois le calcul différentiel et le calcul intégral en probabilité.

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Voltaire et d’autres intellectuels.

1734 (27 ans). Il est élu à l’Académie des sciences comme adjoint mécanicien le 9 janvier. Il a de puissants protecteurs, notamment Maurepas, et Louis XV. Il se fait introduire dans plusieurs salons prestigieux.

Maurepas, ministre de la Marine, demande en 1733 à l’Académie une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires. Faute de moyens, les commissaires nommés initialement se récusent, mais Buffon, exploitant forestier à Montbard, est là. Il multiplie les expériences et rédige un compte rendu des plus complets. Maurepas lui propose la surintendance de toutes les forêts de son domaine, mais il refuse.

1738 (31 ans). Anglophile, il correspond avec plusieurs savants et séjourne à Londres. 1739. Il est élu à la Royal Society.

Il montre à l’Académie son ouvrage Moyen facile d’augmenter la solidité, la force et la durée du bois rédigé à partir des expériences menées à Montbard. Mais Henri Louis Duhamel du Monceau, agronome éminent avec qui Maurepas souhaitait qu’il travaille en bonne intelligence, y voit un plagiat de son mémoire à venir : Diverses tentatives pour parvenir à augmenter la dureté ou l’intensité du bois. Il s’est fait là un ennemi de taille.

1739 (32 ans). Buffon, pour être élu Associé à l’Académie des sciences, passe de la section de mécanique à celle de botanique.

Après une admirable campagne de relations publiques auprès de son prédécesseur mourant, Dufay, il est nommé intendant du Jardin du roi le 26 juillet, supplantant une fois encore Duhamel du Monceau ; celui-ci obtiendra de Maurepas, comme lot de consolation, la responsabilité de réformer la Marine. Enfin établi, Buffon partagera désormais son temps, jusqu’à la fin de sa vie, entre sa propriété de Montbard, vivant tranquillement et rédigeant son œuvre, et Paris, où il administre le Jardin royal des plantes et entretient son image à la Cour.

1749 (42 ans). Les premiers volumes de L’Histoire Naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi paraissent en 1749. Placé par cet ouvrage au premier rang des écrivains de son siècle aussi bien que des savants. La publication en 35 volumes s’étend de 1749 à 1804. C’est l’une des plus importantes entreprises de publication scientifique du Siècle des Lumières.

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Cinq jardins botaniques / des plantes

Cinq jardins botaniques, dits aussi jardins des plantes, créés au 17ème siècle et enrichis au 18ème.

  • Montpellier, jardin fondé en 1598 sous Henri IV. En 1762, Antoine Gouan fait paraître le catalogue des plantes du jardin botanique de Montpellier, sous le titre d’Hortus regius monspeliensis. Chronique Montpellier. Médecine et Chirurgie.
  • Strasbourg, jardin botanique fondé en 1619. Chronique partie A, ci-dessous.
  • Paris, jardin royal des plantes médicinales fondé en 1626. Chronique partie B, ci-dessous.
  • Nantes, jardin des apothicaires, fondé en 1687. Chronique partie C, ci-dessous.
  • Rochefort, jardin fondé en 1697. 1741. Un nouveau Jardin, le Jardin-reposoir. Chronique Expéditions maritimes et Botanique.

A. Jardin botanique  de Strasbourg  (source : citations du site du Jardin Botanique).

1566. « Ville d’intellectuels et d’artistes, Strasbourg dispose dès 1566 de son Académie comprenant quatre Facultés : Théologie, Droit, Philosophie et Médecine. Cette dernière souhaite installer un Jardin botanique dans l’enceinte de la ville. Des négociations entre le Sénat et le couvent Saint-Nicolas-aux-Ondes permettent au recteur Storck d’obtenir une partie du jardin situé dans le quartier de la Krutenau. De par son origine maraîchère, ce nom alsacien signifie « plaine à choux ».

1619. Le Jardin botanique de Strasbourg est créé ; il est alors le deuxième sur l’ensemble du territoire aujourd’hui français (l’Alsace n’étant encore jamais été française à cette époque), après celui de Montpellier né en 1598. Situé à la place occupée actuellement par l’École des Arts Décoratifs, il est géré par les professeurs de la Faculté de Médecine. Plusieurs serres sont construites afin d’accroître la diversité des plantes à étudier.

1670. Le premier inventaire du Jardin, édité par le botaniste Marcus Mappus, recense 1600 espèces.  

1789. Suite à la Révolution Française, de nombreux jardins botaniques sont démantelés car leurs collections de plantes exotiques sont jugées trop aristocratiques par les révolutionnaires. Jean Hermann, alors directeur du Jardin botanique, lui sacrifie toute sa fortune personnelle pour sa survie. Il sauve aussi de la destruction une partie des statues de la Cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin.

1870. Les troupes prussiennes assiègent la ville au cours de la guerre de 1870. Les strasbourgeois encerclés n’ont plus accès aux cimetières situés en périphérie de la ville. Ils réquisitionnent alors le Jardin botanique, qui redevient un lieu de sépulture. Les corps ont été exhumés, mis à part les dépouilles non identifiées qui ont été placées dans un ossuaire situé sous le monument aux morts qui date de 1874. Il s’agit du seul monument aux morts de Strasbourg pour la guerre de 1870. Victorieuse, l’Allemagne impériale annexe l’Alsace et la Moselle en 1871.

Le Jardin botanique allemand. cliquer sur les images pour les agrandir

1884. Très vite, l’empereur Guillaume Ier a pour ambition de faire de Strasbourg la vitrine scientifique et culturelle de l’Allemagne, à l’Ouest de l’Empire. Il entreprend dans ce but la construction du campus wilhelmien où s’installe l’Université impériale à partir de 1884″.

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Expéditions maritimes et Botanique

Suite de la chronique Michel Bégon, intendant à Rochefort (1688-1710)

La Charente, vue de la Corderie de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Les Bégon, passionnés de botanique (source : eduquebec)

« Michel Bégon, quand il était encore intendant aux galères à Marseille, participe à l’envoi de navires d’exploration dont celui du père Charles Plumier, botaniste d’origine marseillaise avec pour objectif d’examiner les vertus des plantes et l’usage qu’on pourrait en faire dans la médecine. Lorsque le père Plumier revient, Bégon est parti pour Rochefort. La fleur qu’il ramène possède des pétales écarlates. En l’honneur de Michel Bégon, il la baptise : bégonia.

Source pour les photos des espèces botaniques : wikipédia.

L’arbre généalogique des Bégon est très lié au Canada car le petit-fils de Michel Bégon, Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693-1756) en devient gouverneur à la fin du régime français (1747-1749).

Le goût des plantes et des découvertes semble s’être transmis avec le prénom Michel : le marquis de la Galissonnière donne son nom à une variété de fleurs, les Magnolia Galonniensis.

Il est également à l’origine de l’introduction en France de nombreuses plantes américaines comme le Tulipier de Virginie« .

B. Le Jardin Botanique de Rochefort, aujourd’hui Jardin des Retours (source : Parcs et Jardins)

1697. Michel Bégon, lorsqu’il est intendant maritime de Rochefort, crée un premier jardin botanique où il souhaite voir pousser des plantes intéressantes pour leur agrément et leur utilité.

1726 (9 septembre). « Gérard Mellier, maire de Nantes, est l’instigateur d’une ordonnance royale : Pour assujettir les capitaines des navires de Nantes d’apporter des graines et des plantes des colonies des pays étrangers pour le jardin des plantes médicales de Nantes (source : Le transport maritime des plantes au XVIIIe siècle).

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Bézout, cours de maths, 1763-1782

1763-1782, Étienne Bézout inspecte l’enseignement des mathématiques à l’École des gardes de la marine de Rochefort et en rédige les cours.

Rochefort, Musée National de la Marine. Cliquer sur les images pour les agrandir

Au XVIIème siècle, Richelieu prend conscience de la nécessité pour la France de disposer d’une force maritime. Cependant, il a fallu attendre l’arrivée de Colbert au poste de secrétaire d’état à la Marine pour voir créer à Rochefort, Brest et Toulon, trois compagnies de Gardes de la Marine, première école de formation des officiers (source : site de l’École Navale).

La compagnie des gardes de la Marine de Rochefort est fondée en 1686, en même temps que celles de Toulon et de Brest. Jusqu’à sa suppression en 1786, elle forme l’ensemble du corps de la Marine royale. Choisis par le roi à l’âge de 14-16 ans, les gardes font pendant une dizaine d’années leurs études, souvent trop théoriques, en attendant d’obtenir le grade d’enseigne de vaisseau (source : France Archives).

  • Victor-Marie, duc d’Estrées (1660-1737) est représentatif des officiers de Marine de Louis XIV : fils d’officier, il participe à de nombreux combats contre la Royal Navy. Il manifeste dans le même temps une curiosité pour les sciences et les lettres. Il atteint la distinction de Vice-Amiral de France (source : Rochefort, Musée national de la Marine).

L’enseignement scientifique et technique au XVIIIe siècle, dans les écoles des Gardes de la Marine : le rôle essentiel d’Étienne Bézout (1730–1783) (source : article de Liliane Alfonsi dans Archives ouvertes).

Fils d’un magistrat de Nemours, Étienne Bezout (1730-1783) est nommé par Étienne François de Choiseul en 1763 examinateur des gardes de la marine, puis est chargé de la rédaction d’un cours de mathématiques qui conduira au Cours de mathématiques à l’usage des gardes du pavillon et de la marine. À la mort de Charles-Étienne Camus en 1768, il est nommé examinateur des élèves du corps de l’artillerie et rédige le Cours complet de mathématiques à l’usage de la marine et de l’artillerie, qui devient plus tard le livre de référence des candidats au concours d’entrée à l’École polytechnique (source Wikipédia).

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1788. Rochefort, Hôpital de Marine

Pierre Toufaire (1739-1794), ingénieur et architecte. « Fils de Pierre Toufaire, architecte et entrepreneur, et de Marie Audonneau, Pierre Toufaire travaille d’abord avec son père puis achève ses études à Paris.

1773. Il est nommé ingénieur des bâtiments civils de la Marine à Rochefort.

1777. Il est muté en septembre à Indret  où il est chargé de construire, sur une île de la Loire en aval de Nantes, des bâtiments destinés à abriter la fonderie de canons pour la marine (décision du ministre de la Marine Antoine de Sartine. Il termine les travaux en 1778.

1781. Il est nommé ingénieur en chef en janvier à Rochefort, ville où il accomplit une œuvre considérable, construisant en particulier les nouvelles casernes et le nouvel Hôpital de la marine et analysant la possibilité d’un dessèchement des marais de la région. Il établit aussi les plans des bâtiments de la fonderie du Creusot (1781-1782).

Le nouvel hôpital de la Marine. Cliquer sur les images pour les agrandir

1783-1788. Le nouvel hôpital de la Marine est construit en une seule campagne. Le premier hôpital datait de 1681-1683.

Mais l’approvisionnement de l’hôpital en eau pose problème. Rochefort manque d’eau potable en raison de l’absence de sources et de possibilité de forer des puits. Pierre Toufaire fait construire une pompe à feu qu’il établit sur le bord de la Charente ».

Rochefort. La Charente à marée basse. A droite : l’entrée des formes de radoub

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Rochefort. Musée Médecine navale

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine, de la pharmacie et de la chirurgie au 18ème siècle.

L’École de médecine navale de Rochefort, fondée en 1722, est devenue Musée en 1998, rattaché au Musée national de la Marine. Il a pris place dans l’ancien Hôpital de la Marine.

Visite virtuelle du musée. Diaporama 1 : 34 photos de la bibliothèque et de certains instruments et planches des collections. La prochaine chronique poursuivra la visite virtuelle : les personnalités médicales qui ont fait l’histoire de l’école.

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« L’école  formait les chirurgiens embarqués à bord des navires de guerre. En 1788, elle s’installe dans un pavillon du nouvel hôpital de la Marine. Les officiers de santé de Rochefort participaient aux voyages d’exploration. Une bibliothèque scientifique a été créée. En 1890, l’école de Rochefort devient simple établissement préparatoire mais accueille des étudiants jusqu’en 1964. En 1983, l’hôpital ferme ses portes et trois ans après, le Musée de la Marine est sollicité pour mettre le lieu en valeur. Le pavillon de l’ancien hôpital de la Marine a fait l’objet d’un réaménagement de ses salles pour une reconversion en musée. Il a été ouvert au public en 1998.

Sur trois niveaux, le musée présente les instruments pour enseigner et pratiquer la médecine, à savoir les objets, les ouvrages, les modes de présentation, de classement et de mise en scène du savoir proposés par les scientifiques et médecins il y a 150 ans.

La collection d’anatomie comporte ainsi des fioles où sont conservés des tissus humains, des squelettes, des fœtus dans du formol et elle est composée de supports à l’enseignement de la médecine navale tels que les panneaux d’artériologie, les crânes phrénologiques, les caisses de chirurgie.

Prothèse de jambe de bois. Planche de l’encyclopédie de Diderot

« La construction de ces sortes d’instruments, doit être dirigée par le chirurgien intelligent, afin d’imiter la nature autant qu’on le peut, et suppléer aux fonctions dont on est privé par la perte d’un membre. La nature du moignon plus ou moins court dans l’amputation de la cuisse, ou dans celle de la jambe ; les difformités naturelles ou accidentelles de la partie ; les complications permanentes de certains accidents incurables, telles que des tumeurs, des cicatrices, etc. toutes ces choses présentent des variations, qui obligent à chercher des points d’appui variés pour l’usage libre et commode d’une jambe de bois. Il faut choisir un ouvrier ingénieux, qui sache saisir les vues qu’on lui donne, et qui puisse les rectifier en cas de besoin. Ambroise Paré a recueilli dans ses œuvres la figure de diverses inventions de jambes, de bras, et de mains artificielles, qui réparent les difformités que cause la perte des membres, et qui servent à remplir l’action qu’ils exerçaient, et il en fait honneur à un serrurier de Paris, homme de bon esprit, nommé le petit Lorrain. La jambe de bois dont les pauvres se servent est assez connue ; mais il y en a d’autres qu’on modèle sur la jambe saine, qu’on chausse comme elle, qui par des charnières et ressorts artistement placés dans le pied facilitent la progression. Lorsque la personne veut s’asseoir, elle tire un petit verrou, qui donne la liberté de fléchir le genou. Cette jambe est gravée dans Ambroise Paré, et la description est faite dans les termes connus des ouvriers, pour qu’on puisse la leur faire exécuter sans difficulté. Ce grand chirurgien, dont les écrits ne respirent que l’amour de l’humanité et le bien public, donne pour ceux qui ont la jambe courte, après quelque accident, une béquille très-utile, inventée par Nicolas Picard, chirurgien du duc de Lorraine. Il y a un étrier de fer pour soutenir le pied, et un arc boutant qui embrasse le moignon de la fesse, et qui fait que l’homme en marchant est comme assis du côté dont il boite. On ne peut trop faire connaître les ressources que l’on a dans la multitude des maux qui affligent l’humanité ».

Le pulvérisateur de Lucas Champonnière, à pression et température constantes pour une peau saine et belle.

« Autrefois, les outils des blocs opératoires étaient stérilisés par pulvérisation. Pour sa part, Docteur Lucas Champonnière a adopté l’acide phénique en faisant appel à un appareil spécifique. Aujourd’hui, son pulvérisateur est utilisé dans le contexte de la beauté et fait partie des accessoires fondamentaux pour les spécialistes en matière de cosmétique. En diffusant les lotions sous forme de fines gouttelettes, il nettoie la peau, optimise les effets du maquillage et prépare la peau à recevoir les soins après la pulvérisation ».

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Les aventuriers des mers du Sud

Isabelle Gregor, Les aventuriers des mers du Sud, Hérodote .net, mars 2020. Elle a obtenu un doctorat de Lettres modernes avec une thèse consacrée au récit de voyage de Bougainville. Publications dans la Revue d’Histoire maritime et sur le blog Hérodote, en tant que collaboratrice. Elle enseigne les lettres dans un lycée de Poitou-Charentes.

Extraits et captures d’écran de l’article d’Isabelle Gregor. « L’océan Pacifique recouvre 166 millions de km2 mais n’est occupé que par 25 000 îles : récifs coralliens (atolls), îlots et archipels volcaniques. Représentation, sur la carte jointe, des itinéraires des explorateurs qui ont parcouru l’océan à leurs risques et périls du 16ème au 18ème siècle ».

  • 5 avril 1722 : découverte de l’île de Pâques
  • 16 juillet 1741 : Béring unit deux continents
  • 1er-6 avril 1768 : Bougainville à Tahiti… avec Jeanne Barret
  • 14 février 1779 : mort violente de James Cook
  • 1er août 1785 : voyage sans retour pour Lapérouse
  • 26 janvier 1788 : premiers immigrants en Australie
  • 28 avril 1789 : mutinerie à bord du Bounty

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