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1720-1861. Royaume de Sardaigne

Quand le sommet du Mont Blanc est atteint pour la 1ère fois en 1786 (chronique du 12 septembre 2021), les deux alpinistes vainqueurs se trouvent en Savoie, mais celle-ci n’appartient ni au Royaume de France ni à l’Italie (le pays n’existe pas encore).

« La Savoie et le Mont Blanc font partie du Royaume de Sardaigne, qui inclut Savoie et Piémont. Turin a été la capitale des États de Savoie de 1563 à 1713, du royaume de Sicile de 1713 à 1720, du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865″.

Piémont – Savoie, vers 1700

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Quels changements territoriaux au cours du 18ème et au début du 19ème ? Source : extraits de l’article de Wikipédia, Histoire de la Savoie de 1416 à 1792.

A. Le règne du duc Victor-Amédée II de Savoie (1675-1730)

« Le duc Victor-Amédée II de Savoie, né en 1666, succède en 1675, à l’âge de 9 ans, à son père, Charles-Emmanuel II de Savoie, mort le 12 juin 1675 à Turin. Durant son jeune âge et jusqu’en 1684, la régence des États de Savoie va être assumée par sa mère, Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours.

L’extension territoriale. Le duc Victor-Amédée II a fait preuve de nombreux talents diplomatiques, en adhérant à la Ligue d’Augsbourg, en s’alliant avec le Saint-Empire romain germanique, puis en renversant son alliance en faveur de la France de Louis XIV. Ses variations ont abouti à une importante expansion territoriale.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), il se joint à l’Autriche en 1703 à la demande de l’Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme (1654-1712).

1713. Au final, le duc Victor-Amédée II de Savoie, signataire du traité d’Utrecht, obtient en 1713 la libération des États de Savoie qui vont être évacués par les armées du roi Louis XIV. Certaines terres font leur retour à la couronne : une partie du Milanais, le Montferrat, Alexandrie et Valenza. Le royaume de Sicile fait partie en 1713 des attributions accordées, (moyennant finances), à Victor-Amédée II. Ce dernier peut désormais afficher un titre royal que la Maison de Savoie convoitait depuis longtemps.

1720. Victor-Emmanuel II de Savoie, nouveau et éphémère roi de Sicile, échange son île de Sicile contre l’île de Sardaigne avec l’empereur Charles VI d’Autriche. La Sardaigne ayant le statut de royaume, il portera désormais le titre de Roi de Sardaigne.

Victor-Amédée II a bénéficié de l’aide puissante de son cousin, le prince Eugène de Savoie (1663-1736), généralissime des armées du Saint-Empire, dans des combats aux fortunes diverses, qui se sont déroulés dans tous les territoires occupés, avec toutefois une incursion de courte durée en Dauphiné et en Provence. Le duc de Savoie a réussi à résister victorieusement en 1706, lors du siège de Turin par les armées françaises.

Le duc Victor-Amédée II de Savoie, prince de Piémont et nouveau roi de Sardaigne, abdique en 1730 en faveur de son fils, Charles-Emmanuel ».

B. Le règne du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1730-1772)

« Le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1772) succède en 1730 à son père, Victor-Amédée II qui a abdiqué en sa faveur, le 3 septembre 1730. Le roi de Sardaigne est confronté à deux conflits : la Guerre de Succession de Pologne, puis la Guerre de succession d’Autriche.

Occupation de la Savoie par l’Espagne durant la guerre de Succession d’Autriche (1742-1749). Charles-Emmanuel III s’étant placé du côté de l’Autriche en 1741, la Savoie subit en 1742 une offensive espagnole qui entraîne son occupation jusqu’à la fin de la guerre de Succession d’Autriche.

Pendant cette période, l’Espagne est représentée à Chambéry par l’infant Philippe, qui partira en décembre 1748, après le traité d’Aix-la-Chapelle ; les dernières troupes espagnoles quittent la Savoie en février 1749.

1760. Le traité de Turin, signé le 24 mars entre la France et le Royaume de Sardaigne, permet de délimiter la frontière entre les territoires de la Savoie, de Nice et du Piémont, et ceux du royaume de France. Les études et les plans ont été réalisés par Pierre Joseph de Bourcet, directeur des Fortifications du Dauphiné, pour le roi Louis XV.

1770. Charles-Emmanuel III promulgue une nouvelle version de la Royale Constitution de 1723, mise au point par Jacques Salteur et François-Xavier Maistre, respectivement premier président et second président du Sénat de Savoie ».

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1786. 1ère ascension du Mont Blanc

1786. Première ascension du Mont Blanc.

« Le 7 août 1786,  Jacques Balmat (24 ans) et le médecin Michel Paccard (29 ans) entreprennent la première ascension du Mont Blanc. Les deux hommes mettront deux jours à réaliser l’ascension, inventant sans le savoir une discipline promise à un prodigieux succès : l’alpinisme« .

« Point culminant des Alpes, le Mont Blanc (4810 mètres à l’époque ; 4807 aujourd’hui, d’après les derniers relevés) appartient à ce moment-là au royaume de Piémont-Sardaigne comme l’ensemble de la Savoie ».

Le Mont Blanc, photographié de Praz-sur-Arly, Pierre Dubois, août 2018

Le Mont Blanc, de maudit à convoité

« Nul n’a encore songé à escalader ce massif impressionnant, qualifié de montagne maudite par les Savoyards. De son sommet toujours couvert de neige et souvent noyé dans les nuages, descendent de redoutables glaciers, le glacier des Bossons et la Mer de Glace. Peu de gens, d’ailleurs, le connaissent, en-dehors des villageois du cru, car le massif alpin est encore largement dépourvu de voies carrossables. Au pied du massif du Mont Blanc, le modeste village de Chamonix n’est lui-même accessible que par des sentiers muletiers.

Toutefois, un jeune physicien et naturaliste genevois, Horace Bénédict de Saussure (20 ans), découvre en 1760 ce village. Envoûté par la montagne, il promet une prime consistante à qui atteindra le premier le sommet du Mont Blanc.

Lui-même en tente l’ascension à plusieurs reprises avec un guide local mais échoue régulièrement, tout comme les autres amateurs, attirés par la perspective de la prime. Il faut dire que les uns et les autres n’imaginent pas de faire étape une nuit complète sur le flanc de la montagne, par crainte de démons ou d’on ne sait trop quoi.

En 1786, un jeune cristallier du lieu, Jacques Balmat, décide de suivre une équipe qui va encore une fois tenter l’exploit. Mais il est distancé par ses compagnons. Perdu et terrorisé, le voilà obligé de se réfugier dans une grotte pour y passer la nuit. Le lendemain, il repère un passage vers le sommet. Convaincu de pouvoir enfin y accéder, il redescend à Chamonix en quête d’un compagnon d’escalade. Ce sera le médecin du village, Michel Paccard. Les deux hommes reprennent l’ascension et passent la nuit dans la même grotte avant de se porter enfin au sommet le 8 août à 18h22 !

Jacques Balmat se rend à Genève pour informer de Saussure de son succès et recevoir la prime.

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Soufflot, 30 ans en 1743

A 28 ans, au retour de son séjour en Italie, Jacques-Germain Soufflot est choisi comme architecte pour reconstruire l’Hôtel-Dieu de Lyon.

Photo de Pierre Dubois, avril 2019

Sources des extraits cités dans cette chronique biographique :

1713. Jacques-Germain Soufflot naît à Irancy, près d’Auxerre, le 22 juillet. Il est l’aîné des treize enfants de Germain Soufflot, avocat au parlement de Bourgogne et lieutenant au bailliage d’Irancy, et de Catherine Milon (1692-1743). Il sera un des grands architectes français du 18ème siècle et exercera une profonde influence sur le mouvement néoclassique.

 1724. Lyon. Existence d’une Académie des Sciences, des Belles Lettres et des Beaux-arts, divisée en deux compagnies : Sciences et Belles Lettres d’une part, Beaux-arts de l’autre avec vie indépendante mais un seul protecteur, celui qui avait sollicité et obtenu les Lettres patentes de 1724, le maréchal duc de Villeroy.

1732 (Soufflot a 19 ans). Selon la légende familiale, il commence des études de droit à Auxerre puis à Paris car il aurait dû hériter de la charge de lieutenant au bailliage de son père, mais il se prend de passion pour l’architecture. Il aurait alors emporté un sac contenant 1 000 livres de la maison familiale, pour quitter son foyer contre l’avis de ses parents.

1733-1738 (20-25 ans). Sur un coup de tête, cet autodidacte part étudier l’Antiquité ainsi que les œuvres de Palladio en Italie. Il reste à l’Académie de France à Rome, sans avoir remporté le Grand prix.

1737-1748. L’Hôtel-Dieu de Lyon a une excellente réputation à cette époque. On note une mortalité de un sur quatre à l’Hôtel-Dieu de Paris, contre un sur quatorze à celui de Lyon.

1738 (Soufflot a 25 ans). Sur le chemin du retour en France, il a marqué une halte à Viviers sur le Rhône au sud de Lyon (alors siège d’un évêché) et a pris part à l »inauguration de l’hôtel particulier de Roqueplane.

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers, photo de Pierre Dubois (avril 2019)

1738-1749 (25-36 ans). Le premier séjour lyonnais de Soufflot a duré 11 ans. C’est durant cette période qu’il a réalisé ses principaux travaux ou en a posé les bases. Il put bénéficier de la protection des plus hautes autorités : le duc de Villeroy, gouverneur, et le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon. Son arrivée dans la capitale des Gaules coïncidait par ailleurs avec le départ à la retraite de Ferdinand Delamonce, qui tenait le premier rang parmi les architectes de la ville.

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Vigne et Vin en France au 18ème

Extraits de l’article d’Isabelle Bernier, La vigne et le vin en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Futura Sciences, 15/09/2019.

« L’évolution du vignoble français à l’époque moderne se caractérise par une extension géographique et une spécialisation qualitative. Il existe très peu de nouvelles régions de vignobles à part le Beaujolais, créé essentiellement au cours du XVIIe siècle dans le prolongement des vignes du Lyonnais. La vigne progresse dans toute la Bourgogne et autour d’Avignon (Côtes du Rhône). Le canal du Midi favorise les exportations des vins du Languedoc qui sont acheminés vers le port de Bordeaux. La prospérité de la façade atlantique encourage l’extension des vignobles du Sud-Ouest  (Bordeaux, Armagnac, Bergerac, Jurançon) ».

Le vin, un marché en forte croissance

« Cette croissance n’est pas le fait des vignobles de qualité mais plutôt celui des petits vignerons qui profitent de la conjoncture économique et démographique favorable, pour planter des petites parcelles aux environs des villes où la consommation de vin s’accroît…

En 1789, la France compte près de 1,6 million d’hectares de vignes et produit une trentaine de millions d’hectolitres de vin (60 % de surface supplémentaire par rapport au XVIe siècle et doublement des volumes de vin) ».

La naissance des grands crus

« Cependant à partir du XVIIIe siècle, l’activité vinicole s’oriente vers la recherche de vins de plus grande qualité : choix des terroirs, réduction des rendements, amélioration de la vinification et possibilité de vieillissement des vins vont permettre la naissance de crus de très grande qualité.

Le vignoble bordelais est essentiellement détenu par des membres du Parlement de la ville, propriétaires de vastes domaines centrés autour d’un château. Dans les Graves et le Médoc, ils prennent conscience du potentiel de leurs vignes dont les cépages (Cabernet-Sauvignon) permettent le vieillissement du vin. Les grands crus apparaissent au début du XVIIIe siècle (Margaux, Lafite, Latour) et deviennent très recherchés par les Anglais qui en apprécient la couleur et la profondeur, favorisant le vieillissement et la mise en bouteilles »…

Le commerce du vin à Paris

« Au XVIIe siècle, les taxes prélevées sur le commerce du vin à Paris concernent les droits à payer pour faire entrer le vin dans la capitale. Acheminer frauduleusement du vin devient un exercice quotidien : on creuse même des tunnels clandestins pour installer des tuyaux ! 

Pour échapper aux taxes, les cabaretiers tentent de sortir du périmètre de leur application : à partir de 1675, cabarets et guinguettes s’installent au-delà des limites nord de Paris (actuelle rue Saint-Lazare). Le même vin servi d’un côté ou de l’autre des barrières d’octroi, voit son prix multiplié par quatre. Dans les guinguettes, le vin provenant des campagnes environnantes n’est pas trafiqué, contrairement aux vins servis intra-muros. Le succès de ces établissements populaires ne se dément pas tout au long du siècle suivant.

En 1789, le mur des Fermiers généraux est étendu de plusieurs kilomètres, ce qui a pour conséquence d’annexer les guinguettes. Durant trois jours d’insurrection, une partie des barrières d’octroi sont prises d’assaut et détruites par les insurgés. Les octrois sont supprimés en 1791″…

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Le travail étudiant en confinement

Le travail étudiant en période de confinement, Elsa Martin et Simon Paye, Université de Lorraine, UFR SHS Nancy, département de sociologie, avril 2020, 22 pages.

Extraits du rapport. « Ce compte-rendu d’enquête vient s’ajouter à ceux déjà publiés par des collègues des universités de Grenoble, de Nanterre, de Dauphine, de Paris 8, ainsi que de Rennes 2.

A Nancy, le conseil de formation de l’Université de Lorraine a indiqué que des possibilités d’examen à distance sont bien réelles et opérationnelles. Il appartient à chacun d’adapter l’évaluation au regard des possibilités offertes.

Nous souhaitions avant tout vérifier s’il était possible pour tous les étudiants de poursuivre leurs études à distance et sans interaction en présentiel avec leurs enseignants et leurs camarades de promotion. Sont abordés ici les aspects matériels de la question du travail à distance, ce qui constitue à nos yeux une des bases essentielles pour l’appréhender sereinement.

Quelques résultats de l’enquête.

  • 89 étudiants sur 299 n’ont pas répondu au sondage. Les problèmes identifiés dans ce compte-rendu, calculés sur les seuls répondants au sondage, sont sans doute sous-estimés
  • Seuls 17,6% des répondants déclarent avoir une connexion stable, rapide et illimitée
  • Près de la moitié (44,8%) disent rencontrer des problèmes de connexion sur une ou deux des dimensions (stabilité, rapidité et quantité illimitée)
  • Plus d’un tiers des répondants (37,6%) n’ont pas de connexion individuelle ou, s’ils en ont une, cumulent les trois problèmes de connexion (instabilité, lenteur et limitation)

Les décisions relatives au maintien des évaluations du deuxième semestre ou du calendrier universitaire ne peuvent faire l’économie des faits qui sont ici exposés.

Il convient pour finir de rappeler que ce sondage sur les conditions matérielles de travail à distance n’a traité que des dimensions techniques du problème. En ce sens, nous n’abordons ici que la partie visible de l’iceberg.

 La dégradation des conditions d’études et de travail liée à l’assignation à domicile provient également de la détérioration des conditions de vie (économiques, sociales, psychologiques) et de l’atomisation des enseignants et des étudiants ».

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Patrick Levy, ex-président, à gauche

Suite de la chronique : Municipales 2020. 7 ex-présidents. Cinq d’entre eux (1. Yvon Berland, 3. Alain Beretz, 4. Richard Lioger, 5. Luc Hittinger, 6. Jean-Emile Gombert) se présentent sur une liste LREM. Le 6ème, Pascal Olivard, se classe lui-même : « centriste ouvert ». Patrick Levy est le seul qui se positionne clairement à gauche.

Patrick Lévy, « né le 16 juillet 1954, est docteur en médecine depuis 1982 et pneumologue depuis 1983. Depuis 1989, il est professeur des universités et praticien hospitalier et a enseigné à partir de 2002 la physiologie à l’université Joseph Fourier à Grenoble.

En 2012, il succède à Farid Ouabdesselam à la présidence de l’université Joseph Fourier.

En 2013, les trois universités grenobloises souhaitent établir une université unique. Le décret de fusion est signé le 11 septembre 2015, pour une fusion effective le 1er janvier 2016.

Décembre 2015. Patrick Levy est élu président de la Comue (Communauté d’universités et établissements) Université Grenoble-Alpes ».

11 janvier 2018. Il est élu président de l’université Grenoble-Alpes pour une durée de deux ans

 1er janvier 2020. L’université Grenoble-Alpes et la Communauté Université Grenoble Alpes deviennent un établissement public expérimental qui intègre, en tant qu’établissement-composante, l’Institut polytechnique de Grenoble), l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, l’Institut d’études politiques de Grenoble.

1er janvier 2020. Yassine Lakhnech est élu président de l’UGA

Au 1er janvier 2020, Pascal Levy est âgé de 65 ans et demi. Se met-il en retraite avant d’entrer dans la campagne pour les élections municipales ?

25 janvier 2020. Olivier Noblecourt, à la tête de Grenoble Nouvel Air, présente sa liste complète pour les Municipales de mars prochain à Grenoble (59 noms), France Bleu Isère.

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Lyon 1. Des élections pour rien ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi organiser des élections aux conseils centraux de Lyon 1 Claude Bernard (elles ont eu lieu le 6 février 2020 : résultats dans la chronique à suivre) et à la présidence de cette université (elle aura lieu le 9 mars 2020) quand on sait d’avance que les mandats des administrateurs et du président seront écourtés, à cause du projet d’Université cible ?

Pourquoi la nécessite d’élections ? Les deux schémas ci-dessous illustrent un contexte et un calendrier inédits dans l’histoire des universités françaises.

  • Nécessité d’élections parce que les mandats des administrateurs et du président sortant, Frédéric Fleury, sont arrivés à échéance.
  • Nécessité d’élections parce que le projet de statuts de l’Université cible n’a pas été voté en décembre 2019, entrainant l’impossibilité de publier au 1er janvier 2020 le décret créant la dite-université.
  • Pour éviter une vacance de gouvernance, il aurait donc fallu que le ministère nomme un administrateur provisoire à Lyon 1. Il ne l’a pas fait.
  • Nécessité d’élections parce que le projet d’Université cible peut encore évoluer parce qu’il n’est pas encore clair pour toutes et tous, et en particulier pour les deux candidats qui s’affrontent pour accéder à une présidence de courte durée : Frédéric Fleury, président sortant, et le virologue Bruno Lina veulent encore débattre, le gagnant espérant pouvoir peser davantage sur les votes des administrateurs pour mettre en œuvre « son université cible à lui ».

Un autre évènement important s’est imposé à Université Lyon 2020, obligeant ces élections ubuesques : c’est l’IDEX Université de Lyon. Le schéma ci-dessus en indique le très long calendrier, faute d’accord au fil du temps entre toutes les parties a priori concernées : labellisation en février 2017 mais il a fallu attendre décembre 2018 pour parvenir à l’accord de Consortium. En 2019, Lyon 2 Louis Lumière a maintenu son hostilité à la fusion. L’INSA Lyon s’est retiré du projet d’université-cible en fin d’année 2019.

Contre toute attente, le gouvernement, sur avis du jury international, a confirmé, le 28 novembre 2019, la labellisation de février 2017. La cohérence aurait été que le jury y fût hostile puisque Lyon 2 et l’INSA Lyon étaient sortis du projet.

Deux communiqués commentent l’avis favorable. Le 1er est de la-dite Université de Lyon 2020, le 2nd émane de Frédéric Fleury, président sortant de Lyon 1. Le 1er ne précise pas une chose importante : laquelle ! Quiz en 5 secondes !

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Fabienne Blaise, rectrice depuis 2018

7 février 2020. Sale temps pour les Recteurs. Conseil des ministres du 5 février 2020 : six mesures d’ordre individuel (nomination ou promotion de rectrices et recteurs d’académie). Pourquoi six professeurs, anciens présidents d’université, acceptent-ils d’être recteur ?

  • alors que le projet de réforme des retraites est particulièrement pénalisant pour les personnels enseignants et non enseignants de l’ESRI
  • alors que la réforme Blanquer du Baccalauréat accentue les inégalités sociales
  • alors que le statut des enseignants-chercheurs est menacé par la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

2ème exemple. Promotion pour Fabienne Blaise, rectrice de l’académie de Grenoble, nommée rectrice déléguée pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Grand Est.

  • Lire aussi Sophie Béjean, rectrice de l’académie de Strasbourg, promue super-rectrice en Occitanie et rectrice de Montpellier

Fabienne Blaise a été présidente de l’université de Lille III de mai 2012 à décembre 2017 (lire la chronique). La trajectoire, qui l’a menée tardivement (à 55 ans) à une présidence d’université, est tout à fait atypique. Elle n’a été ni vice-présidente de l’université, ni membre d’une équipe présidentielle, ni directrice de composante, ni même élue dans un conseil central. Son expérience en matière de responsabilités de recherche est pourtant imposante tant au niveau local que national et surtout dans le champ de la recherche à la direction de l’UMR Savoirs et Textes, à la direction de le MESHS (Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société Lille, Nord de France) ?

Syndiquée au SNESUP bien avant sa première élection à la présidence de Lille III, élue en 2012 et réélue en 2016 avec le soutien du SNESUP, syndicat de gauche, pourquoi et quand Fabienne Blaise a-t-elle « tourné sa veste » ? Je laisse les lectrices et les lecteurs faire des hypothèses sur le Pourquoi. La concurrence est sévère entre les Hommes présidents pour participer à la « Lutte des places » ; elle est, de fait, moindre entre les Présidentes.

Dès la fin de son premier mandat et au début du second, la présidente de Lille 3 fait des choix qui la positionnent nationalement et la font donc connaître.

  • Février 2015. Elle est, avec deux autres présidents, l’auteur du rapport Disciplines rares. Une discipline rare peut-elle être une discipline en décroissance (en crise, en voie de disparition…) ou une discipline en émergence… Aller plus loin…
  • Décembre 2016. Elle est élue au Bureau CPU. Profession de foi. « Gilles Roussel est élu président de la Conférence des présidents d’université, en séance plénière, avec ses deux vice-présidents, Fabienne Blaise et Khaled Bouabdallah, président de l’Université de Lyon. Élus au premier tour à 82 voix sur les 94 votants, 130 inscrits. Profession de foi du bureau de la CPU (11 pages) Unité et collégialité, pour une CPU encore plus forte.
  • 2017. Fabienne Blaise, présidente d’une université SHS, ne refuse pas, comme d’autres universités de même type (Bordeaux, Lyon, Montpellier, Rennes), la fusion avec les deux autres universités lilloises. Préparée sous la gauche, la fusion est actée quelques mois après l’élection d’Emmanuel Macron. Le décret de création de l’université de Lille est paru le 11 septembre 2017 pour mise en œuvre le 1er janvier 2018. De plus, Fabienne Blaise accepte de ne pas candidater à la présidence de l’université fusionnée. Aller plus loin…

Ainsi Fabienne Blaise a construit un profil national, mais la position est fragile. Elle sait qu’elle ne sera plus jamais présidente d’université et donc qu’elle ne sera plus jamais vice-présidente de la CPU. Elle transforme cette fragilité en atout : elle est disponible pour une autre mission politique : elle sera Rectrice d’Académie. A droite comme à gauche, il y a accord pour une parité dans les nominations.

27 avril 2018. Fabienne Blaise, ex-présidente de l’université de Lille 3, nommée rectrice de l’académie de Grenoble. Un mois après le limogeage de Claudine Schmidt-Lainé, l’académie de Grenoble a trouvé sa nouvelle rectrice. Le conseil des ministres a en effet désigné Fabienne Blaise, à la tête du Rectorat, le 27 avril dernier.

Fabienne Blaise accepte, dois-je dire « sans vergogne » et « sans compassion », de remplacer une rectrice limogée. Mais qu’a fait Claudine Schmidt-Lainé pour subir cette sanction pour abus de confiance ? Sanction qui précède l’ouverture d’un procès en correctionnelle. Depuis quand une sanction s’applique-t-elle alors que l’affaire de référence n’a pas encore été jugée ? le 1er jugement fait d’ailleurs l’objet d’un appel en septembre 2018. Trois articles de presse relatent cette histoire tristissime (3 pages). Quid du jugement en appel ? Je ne l’ai pas trouvé/ Help svp.

11 septembre 2018. Fabienne Blaise. « Ces réformes profondes vont dans le sens de l’Histoire », L’essor Isère, Caroline Thermoz-Liaudy.

Nommée pour la première fois rectrice, dans l’académie de Grenoble, le 27 avril, Fabienne Blaise a fait sa première rentrée des classes. Une rentrée plutôt sereine selon ses termes malgré le train des réformes bien lancé. Réformes auxquelles elle adhère, non pas par dévotion envers le ministère, assure-t-elle, mais par conviction. Son crédo : l’égalité des chances.

Fabienne Blaise, c’est votre première rentrée dans l’académie de Grenoble en tant que rectrice, pouvez-vous tracer votre parcours avant cela ?

J’ai été professeur de langue et littérature grecque. J’ai dirigé quelques unités mixtes de recherche, laboratoires sous la tutelle du CNRS et le l’université Lille 3. J’ai d’ailleurs été la première femme élue directrice à ce poste, ce dont je suis fière. J’ai aussi dirigé une maison des sciences de l’Homme qui fédérait tous les laboratoires de sciences humaines et sociales de cette même région lilloise. En 2012, j’ai été élue présidente de l’Université Lille 3, où je me suis attelée avec les deux autres présidents à la fusion des universités. J’ai été réélue en 2016, au moment où la fusion a été effective. Et en même temps, j’ai travaillé avec Patrick Lévy et Lise Dumasy (respectivement président et ancienne présidente de l’UGA, NDLR) à monter un dossier Idex. Contrairement à Grenoble, Lille n’a pas eu l’Idex mais l’Isite. Mais c’était une concurrence amicale, car à mon sens, s’il n’avait dû y avoir qu’un Idex, il aurait été pour Grenoble.

Entre temps, j’ai été contacté plusieurs fois pour être rectrice. Ce n’était jamais le bon moment, jusqu’à cette dernière proposition. Et si je n’ai jamais eu de plan de carrière, j’ai l’impression que cette mission de rectrice est la dernière pièce qu’il fallait assembler. Vraiment, cette fonction m’épanouit ».

31 août 2019. Fabienne Blaise, rectrice d’académie : je ne crains pas la rentrée scolaire, je la fais, Le Dauphiné, Jean-Benoît Vigny. Deux mois après une fin d’année tendue, les enseignants ont fait leur rentrée ce vendredi 30 août. Fabienne Blaise, rectrice de l’académie, fait le point.

5 février 2020. Fabienne Blaise est promue Rectrice du Grand-Est, rectrice de Nancy. Dans deux ans, après de bons et loyaux services pour la Macronie, elle pourra prendre sa « retraite à l’âge pivot ».

Le jeu des chaises musicales est sans fin. Hélène Insel est nommée rectrice de l’académie de Grenoble. Elle était précédemment rectrice de l’académie de Reims depuis septembre 2015.

Après un doctorat en Sciences économiques soutenu en 1991, Hélène Insel est nommée maîtresse de conférences en sciences économiques à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne (1991-1994) puis obtient l’agrégation des universités en économie en 1994. Elle est successivement Professeure à l’université d’Angers (1994-1996), à l’université d’Évry-Val d’Essonne (1996-2005), puis à l’université Paris-XIII.

CV de Fabienne Blaise à jour sur EducPros.

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Présidente F. Blaise, 2012 à 2017

7 février 2020. Sale temps pour les Recteurs. Conseil des ministres du 5 février 2020 : six mesures d’ordre individuel (nomination ou promotion de rectrices et recteurs d’académie)

  • Promotion pour Fabienne BLAISE, rectrice de l’académie de Grenoble, nommée rectrice déléguée pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Grand Est.

I. 2012-2016. Premier mandat de Fabienne Blaise à la présidence de l’Université de Lille 3 Sciences Humaines et Sociales

17 mai 2012. Présidente Fabienne Blaise, élue le 12 mai 2012 à l’âge de 55 ans. Son blog. CV Université de Lille jusqu’à 2012. Un CV de cette époque

Née à Valenciennes en 1957, elle est professeur en langue et littérature grecque depuis 2007 et directrice de la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société Lille Nord de France depuis 2008.

Extraits de la chronique. La trajectoire qui a mené Fabienne Blaise à la présidence de Lille 3 est tout à fait atypique. Elle n’a été ni vice-présidente de l’université, ni membre d’une équipe présidentielle, ni directeur de composante, ni même élue dans un conseil central. Son expérience en matière de responsabilités est pourtant imposante tant au niveau local que national et ce depuis de nombreuses années, surtout dans le champ de la recherche à la direction de l’UMR Savoirs et Textes, de l’édition et de la valorisation des Humanités.

Mais pourquoi donc candidater à la présidence d’une université alors qu’on est devenu enfin professeur et surtout quand on est directrice d’une MSH ? Fabienne Blaise l’explique avec une grande honnêteté et tonicité dans sa profession de foi. « La situation actuelle m’oblige à cette décision, au nom de tout ce que m’a apporté notre communauté universitaire. Depuis quelques années, j’observe en effet avec inquiétude l’évolution de l’université Lille 3« .

Les objectifs du mandat présidentiel : « relever le défi de structurer la recherche en sciences humaines et sociales dans la région…, peser fermement dans la constitution de l’université de Lille…, défendre une ligne claire, où la recherche interdisciplinaire et sur programme ne doit pas faire oublier qu’elle ne peut exister sans recherche disciplinaire forte et sans soutien ferme et récurrent aux laboratoires…, concevoir recherche, formation et devenir des étudiants comme indissociables ».

« J‘ai appris que rien ne peut se faire si l’on n’accepte pas de s’exposer – même si cela nous met parfois en danger – en énonçant ses modalités d’action, au sein de son équipe et au-delà de cette équipe. C’est là, selon moi, assumer ses responsabilités de présidente sans tomber dans la personnalisation à laquelle incite la loi LRU ». Courage Présidente Blaise !…

Juin 2012. Mensuel du SneSUP, n°606, page 20. Une présidente à Lille 3. « Nous avons présenté des listes communes dans les collèges A ,B et C. La liste SNESUP-SGEN-CFDT est arrivée largement en tête dans les deux collèges enseignants, et nous avons également obtenu un élu dans le collège BIATOS, ce qui donnait à cette alliance 12 sièges sur 22 au CA ».

« Fabienne Blaise est syndiquée de longue date au SNESUP. Elle était bien connue de la section, puisqu’elle a fait la majeure partie de sac arrière dans notre établissement. Agrégée de Lettres depuis 1991, élève du philologue Jean Bollack, elle est devenue professeure de langue et littérature grecques en 2007, après avoir été recrutée comme maître de conférences en 1995″.

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Lyon 2. Candidate à un 2nd mandat

Les élections aux conseils centraux de l’université Lyon 2 Lumière auront lieu les 25 et 26 mars 2020.

Pour l’instant, pas davantage d’information en ligne. Il semble que celles-ci ne soient accessibles qu’après authentification. Si cela se confirme; il faudra dénoncer l’absence de transparence : les candidats aux conseils centraux et à la présidence doivent pouvoir être connus de tous les citoyens. L’université n’est pas une société secrète.

La présidente élue en 2016, Nathalie Dompnier, candidatera à un second mandat. CV avec la liste de ses publications.

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