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Nantes, 18ème. Mort d’une université

Nantes 18ème. Mort d’une université

L’université ducale de Bretagne est fondée à Nantes en 1460. Une tentative de déplacement de l‘université de Nantes à Rennes a lieu dès la fin du 16ème siècle ; elle n’aboutit pas. Dès le début du 18ème, l’université entre en déclin ; sa faculté de droit est transférée à Rennes en 1735. Toutes les universités du royaume sont fermées au moment de la Révolution. Nantes ne verra rouvrir une université sur son territoire qu’à la suite d’un décret du 29 décembre 1961.

A. La fondation de l’université à Nantes en 1460. Les premières mises en cause dès le 16ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia, Université de Nantes.

« L’université ducale de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le 4 avril 1460, à l’initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle pontificale du pape Pie II, donnée à Sienne, que l’évêque de Nantes Guillaume de Malestroit promulgua le 21 juillet suivant en qualité de protecteur de la nouvelle institution avec le titre de Chancelier et la dota 5 000 saluts d’or.

Charte de fondation

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Celle-ci incarne le vœu de François II d’affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu’aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s’ouvrent des universités.

Une première tentative de déplacement de l’université de Nantes à Rennes a lieu à la fin du 16ème siècle : le roi Henri IV cherchant ainsi à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L’université reçoit par lettre patente du 8 août 1589 l’ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L’institution n’est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du 5 septembre 1591 réitère cet ordre de transfert, mais là encore reste inappliquée. Une dernière lettre patente d’avril 1598 fixe la situation en confirmant l’établissement de l’université à Nantes ».

2. Louis XIV et l’enseignement du droit français. Source : extraits d’Info-Bretagne, Faculté de droit.

« L’édit de 1679, par lequel Louis XIV exige que le Droit français, contenu dans les ordonnances royales et les coutumes, soit enseigné publiquement aux futurs avocats, aurait pu rendre un peu de vie à la faculté de Droit, si le Roi avait pris en même temps des mesures pour faire vivre le professeur nouveau.

Et afin de ne rien omettre, dit-il, de ce qui peut servir à la parfaite instruction de ceux qui entreront dans les charges de judicature, nous voulons que le Droit français soit enseigné publiquement, et à cet effet, nous nommerons des professeurs qui expliqueront les principes de jurisprudence française (Archives de la mairie).

Dès 1681, l’avocat Douteau accepta d’occuper la chaire nouvelle, et son cours se continua pendant 17 ans, bien que le Roi eût négligé de lui assurer un traitement. En 1698, son grand âge lui fournissant un prétexte pour se retirer, il s’empressa de résigner ses fonctions. Personne ne s’étant présenté pour le remplacer, la chaire demeura vacante pendant près de 25 ans.

L’enseignement du Droit ne fut repris que le 18 novembre 1722, par le Sieur Bizeul, docteur agrégé en l’Université de Nantes, qui, pour ses honoraires, était autorisé à prélever sur chaque étudiant une taxe de 6 livres d’inscription dont le produit, bon an mal an, valait environ 300 livres. Pour l’encourager, les États de Bretagne lui accordèrent, en 1724, une gratification de 1,000 livres à laquelle il ajoutait les revenus de son grade d’agrégé, soit 25 livres. Le sieur Bizeul s’étant plaint d’être moins bien traité que ses collègues, l’intendant fit une enquête de laquelle il ressortit que chaque chaire de professeur de Droit civil ou canonique rapportait 1 862 livres, et que les émoluments du sieur Bizeul ne dépassaient pas 516 livres.

Les querelles intérieures qui agitèrent l’existence de la faculté de Droit ne mériteraient pas d’être signalées, si elles ne nous apprenaient quels rapports existaient entre les professeurs et les élèves.

Dans la contestation qui s’éleva en 1723, à propos de la présidence des thèses, le Conseil du Roi intervint par un arrêt, du 12 mai, qui fixe le droit de présidence à 9 livres, sans compter les droits des professeurs qui tous ensemble n’auront pas plus de 80 livres (Archives d’Ille-et-Vilaine, F 95). Par le même arrêt, il est enjoint aux professeurs de ne pas s’ingérer dans les répétitions de Droit, mais de laisser aux étudiants la liberté de choisir parmi les agrégés ; il est également défendu de prélever des taxes abusives et de dispenser des étudiants de l’examen sur le Droit français.

Depuis que la Faculté était sortie des salles primitives de la rue Saint-Gildas, elle n’était pas parvenue à trouver un local convenable pour ses leçons. En 1732, ses exercices, même les plus solennels, se passaient dans une sale obscure et malsaine qu’elle louait au couvent des Carmes ».

3. Le transfert du droit à Rennes. Source : capture de pages de B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Histoire ancienne de notre université, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, Année 1948, 55-1, pp. 156-182.

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1790, Nantes. Palais de la Bourse

1790, Nantes. Palais de la Bourse. Source 1. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

« 1641. Premier palais de la Bourse. Le bureau de la ville, dont le maire est alors Pierre Poullain de la Vincendière, décide de faire construire une bourse de commerce. La réalisation en est confiée à Hélie Brosset.

1686. Il est déjà question de remplacer l’édifice, dont la qualité laisse à désirer. Au début du XVIIIe siècle, le bâtiment menace ruine.

1718. La démolition est décrétée.

1722-1724. La commande de construction d’une nouvelle Bourse est effectuée. L’ingénieur du roi David Delafond en établit le projet, et l’architecte Jean Laillaud obtient l’adjudication. L’ancien ouvrage est détruit en 1723, et les travaux commencent en 1724.

Pendant les travaux, le maire, Gérard Mellier, met à disposition des commerçants le Jeu de boules du Bouvet qui est une halle plus longue que l’ancienne Bourse, et où les commerçants qui la fréquentent se plaisent. La nouvelle Bourse est implantée en bord de Loire, pour satisfaire les propriétaires des immeubles dont la vue risquerait d’être gênée par le bâtiment. Celui-ci est installé, en partie, sur pilotis. La chapelle Saint-Julien est incluse dans ce nouveau palais de la Bourse, qui est apprécié, et où se tiennent, outre son activité principale, des réunions, la plus prestigieuse étant celle des États de Bretagne, en 1764.

1725-1734. Le Pont de la Bourse, qui relie la partie est du quai à l’île Feydeau, dont le lotissement à destination des plus fortunés de la ville est lancé par Gérard Mellier, est construit en 1725. Mais l’ouvrage s’écroule en juillet 1729 et doit être reconstruit par Jean Laillaud entre 1731 et 1734. Il s’appelle alors le Pont Feydeau jusqu’à son remplacement en 1869.

1736. La nature du sol, instable à cause de la vase sur laquelle les remblais ont été déposés, menace de faire s’écrouler Le palais de la Bourse. Jean Laillaud en est réduit, dès 1736, à venir la nuit pour reboucher les fissures.

1769. Le bâtiment est finalement détruit.

1767. Après l’évacuation du bâtiment, devenu dangereux, Jean-Baptiste Ceineray, devenu architecte de la ville, répond à la demande des négociants de construire un bâtiment provisoire. C’est donc dans une loge en bois, située place de la Petite-Hollande, qu’ils sont installés. Puis Ceineray propose successivement trois plans pour la reconstruction d’une Bourse de commerce à Nantes.

1790. C’est finalement son successeur, Mathurin Crucy, un architecte nantais qui a fait ses preuves en dressant les plans du théâtre Graslin et de la place Royale, qui est sollicité pour construire le bâtiment. Celui-ci est commencé le 1er juillet. C’est la 3ème bourse de Nantes.

1792-1799. La construction de la Bourse s’interrompt dans les premières années de la Révolution, la municipalité ne disposant alors plus des fonds nécessaires à la poursuite du projet. Seul le gros œuvre est achevé, et sans toiture l’édifice est inutilisable. La loge en bois de la place de la Petite-Hollande n’ayant pas été conçue pour durer aussi longtemps, la mairie, propose aux négociants d’installer la Bourse sous le péristyle du théâtre Graslin, puis, devant le mécontentement des intéressés, dans la Salle haute de la halle au blé en 1795, puis de nouveau sur la place de la Petite-Hollande en 1799″.

1815. Achèvement du Palais de la Bourse.

Pour aller plus loin : liste des Architectes ayant exercé à Nantes au XVIIIéme.

Source 2. Statues du Palais de la Bourse, larges extraits de Nantes Patrimoine, 22 juillet 2021.

« Le Palais Crucy est un monument rectangulaire de style néo-grec. La façade ouest (côté jardin) est constituée d’un portique d’ordre ionique composé de dix colonnes ornées de statues allégoriques. Ces statues, placées en 1812, mesuraient six pieds de hauteur (soit environ deux mètres) et ont été réalisées par Jean-Baptiste-Joseph Debay père. Dès la fin du 19e siècle, suite aux travaux d’agrandissement de la Bourse, des copies ornent la façade.

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1788, Nantes. Le Théâtre Graslin

Nantes, 1788. Inauguration du Théâtre Graslin. Sources. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

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« Au XVIIIe siècle, le commerce nantais est florissant. De nombreux armateurs s’enrichissent, notamment par la traite négrière. Cet enrichissement des négociants nantais entraîne la construction d’hôtel particuliers et de bâtiments publics. Pour pouvoir réaliser ces projets, des opérations immobilières sont menées. La plus spectaculaire est la réalisation de l’île Feydeau. Après des débuts difficiles, cette opération démontre la possibilité de faire des profits sur la vente de biens immobiliers.

1760. À partir de la nomination de Jean-Baptiste Ceineray comme architecte-voyer, en 1760, la transformation de la ville s’accélère. Le problème principal est le manque de place.

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1727. Le Théâtre des Variétés possède une salle jugée trop petite, et l’académie de musique, fondée par le maire Gérard Mellier en 1727, ne dispose pas de lieu approprié pour donner ses concerts. La demande est donc forte pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle.

1755. L’architecte Pierre Vigné de Vigny envisage la construction de ce type d’équipement à la place d’une halle au blé et aux poissons. Ceineray conçoit d’édifier une salle de spectacle et une salle de concert tout d’abord au sud de la place Royale alors en projet. Mais à chaque fois, le manque d’espace disponible empêche la réalisation des projets.

1758. Jean-Joseph-Louis Graslin (1728-1790) n’avait encore que trente ans, quand il acheta, en 1758, du titulaire lui-même la charge de Receveur général des fermes du roi à Nantes, fonctions qu’il devait exercer avec intégrité jusqu’à sa mort.  

À la fin des années 1770, receveur général des fermes du roi, il décide de financer une opération immobilière privée d’envergure, dans un but spéculatif. Il achète des terres agricoles afin d’y faire construire des hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre. Pour en augmenter la valeur, il compte les desservir par des voies publiques de qualité, le long desquelles seront implantés des bâtiments publics de prestige, destinés à attirer la fraction la plus fortunée de la population. L’ouverture et l’attraction d’une salle de spectacle de prestige ont suffi à déplacer le centre de gravité de la ville vers le nouveau quartier (rive droite de la Loire).

1780. Jean-Joseph-Louis Graslin confie à Mathurin Crucy (1749-1826) la mission de dresser le plan de la salle de spectacles. L’architecte, plus au fait des nouveautés en matière de construction de ce type de bâtiments, œuvre dans une optique plus moderne que son prédécesseur Jean-Baptiste Ceineray.

Le modèle en vogue à l’époque où Crucy conçoit ses plans est celui de l’opéra de Lyon, réalisé par Jacques-Germain Soufflot entre 1753 et 1756. Lorsqu’il prend en main la conception du théâtre, en 1780, d’autres nouvelles salles marquent cette époque : le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré cette année-là ; le théâtre de l’Odéon, en construction, inauguré en 1782 ; le lancement de l’aménagement du théâtre du Palais-Royal, inauguré en 1784 ; et enfin le théâtre de Besançon, commencé en 1778 et inauguré en 1784 (Claude-Nicolas Ledoux, Théâtre de Besançon : chronique et photos du blog).

L’aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à la visibilité et à l’acoustique. Les références des architectes français sont italiennes, Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement séparées par des cloisons s’arrêtant à hauteur d’appui.

1783-1785. Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux excavations et nivellement pour permettre l’installation des fondations, anticipant l’accord du bureau de la ville et celui de l’Académie royale d’architecture, qui sont obtenus en septembre 1784. L’accord de construction est donné en février 1785. La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont durer quatre ans.

Durant cette période, les conflits d’intérêt entre Graslin, Crucy, le bureau de la ville et les entrepreneurs sont nombreux. Une des principales causes de ces heurts est la volonté d’économie de la ville… Les conflits financiers sont également nombreux, Graslin ayant du mal à obtenir les remboursements de frais qu’il avait engagés pour accélérer l’avancement des travaux.

1784. Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la capacité financière du promoteur et de la ville ne suffisent pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars 1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries… Le dépassement du budget provoque tensions et retards.

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1754, Nantes. Le Temple du goût

Nantes au 18ème siècle : une importante rénovation urbaine. Chronique 1 : Le baroque nantais dans l’île Feydeau. Chronique 2 : Hôtel de Guillaume Grou, armateur négrier.

Chronique 3 : Trois hôtels Hôtels particuliers à Nantes (Hôtel de Jacques Berouete, Hôtel de la Villestreux, Hôtel le Temple du Goût)

Diaporama de 28 photos.

Source 1. Extraits de A la découverte des Maisons de l’ile Feydeau, Collectif île Feydeau, mai 2021.

Hôtel Berouete, 8 quai Turenne.

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Jacques Berouete, négociant et avocat du roi, est l’un des actionnaires d’origine de la compagnie créée pour construire le lotissement. Il emménage dans sa nouvelle maison de l’Île Feydeau en 1753.

La façade côté quai est plus richement décorée avec des mascarons traitant de thèmes marins. Le balcon du 1er étage est monté sur des consoles, celui du 2ème en encorbellement sur une trompe.

Contrairement à beaucoup d’immeubles pour lesquels l’escalier est situé dans une tourelle, il a été choisi ici de l’intégrer au bâti. Il donne sur les couloirs d’entrée de chaque étage. Le mur noyau est ajouré pour donner plus de clarté.

La partie basse du rez-de-chaussée est construite en granite alors que la partie haute et notamment les mascarons sont en calcaire de Saint-Savinien (Charente-Maritime). Les étages sont construits en tuffeau de la région de Saumur ».

Hôtel de la Villestreux, 3 place de la Petite-Hollande. La plus grande « maison » de l’Île Feydeau.

« Nicolas Perrée de La Villestreux, négociant et armateur, fait l’acquisition de deux parcelles situées à l’extrémité ouest de l’Ile Feydeau. Il s’attache les services d’un architecte parisien nommé Landais. Les travaux ont lieu de 1743 à 1754. Le bâtiment est élevé sur un gril à la hollandaise, des fondations sur un radeau de bois.

« En 1776, de la Villestreux occupe un appartement de vingt pièces, tandis que sa mère, veuve, dispose d’un autre de quinze pièces. Cette même année, les autres occupants sont les frères Arnoux, négociants, et leurs cinq domestiques, dans un appartement de seize pièces.

Des appartements de huit pièces sont occupés par une « bourgeoise » et par d’autres négociants. Certains, moins riches, disposent d’appartements de deux à cinq pièces, hébergeant également des officiers. Cette catégorie dispose d’un ou deux domestiques.

Lors de la Terreur, Jean-Baptiste Carrier s’installe dans l’hôtel, dans les appartements du petit-fils de Nicolas Olivier Perrée de La Villestreux. Plusieurs représentants en mission y résidèrent par la suite, dont les négociateurs du traité de La Jaunaye, à qui Charette a rendu visite.

Au 19e siècle, l’hôtel a la réputation d’être hanté. En effet, des bruits de chaînes et de soupirs se font alors entendre dans les étages supérieurs ; le mystère est élucidé après la découverte d’une lézarde parcourant l’immeuble sur toute sa hauteur, et faisant parvenir du rez-de-chaussée les sons émis dans les écuries et dans l’atelier d’un boulanger ».

Source 2. Extraits de l’article de Wikipédia : Le temple du goût

« Temple du Goût, 16 allée Duguay-Trouin, hôtel particulier construit de 1753 à 1754 par l’architecte Pierre Rousseau (1716-1797).

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Nantes. G. Grou, armateur négrier

Suite de la chronique : Nantes, 18ème siècle : le baroque nantais dans l’île Feydeau.

Source 1. « Guillaume Grou (citations de l’article de Wikipédia), né le 31 mars 1698 à Nantes et mort le 28 novembre 1774 dans la même ville, est un important négociant et armateur nantais du XVIIIe siècle, à la suite de son père Jean-Baptiste Grou (1659-1740).Il a joué un rôle très important dans la traite négrière.

1719. Guillaume fait un apprentissage à Amsterdam. Il rentre à Nantes en 1719.

La fortune familiale dépasse alors un million de livres, permettant à Guillaume d’acheter, pour 60 000 livres, une charge anoblissante de conseiller secrétaire du roi.

Il est associé aux activités de son père, qu’il poursuit après la mort de celui-ci, avec son frère Jean-Baptiste, né en 1708.

1714-1765. Au total, au cours de la période, la famille Grou finance 114 expéditions, plus de la moitié pour la traite négrière.

1741. Guillaume Grou épouse Anne O’Shiell, fille de Luc O’Shiell et belle-sœur d’Antoine Walsh, un des fondateurs de la Société d’Angola. Il entre donc dans le milieu des Irlandais de Nantes, très actifs dans le grand commerce.

1745. À la mort de son beau-père, Anne, ses sœurs Agnès et Mary, ainsi que leur frère Luc Nicolas héritent du domaine de la Placelière à Château-Thébaud. Deux ans plus tard, Guillaume Grou et Anne rachètent ce dernier. Le couple fera entièrement reconstruire le manoir en 1747-1748.

1748. Il joue ensuite un rôle important dans la croissance de la société Grou et Michel, fondée en 1748, deuxième plus important opérateur de la traite négrière en France après la Société d’Angola.

1747-1752. Il fait construire l’Hôtel Grou sur l’île Feydeau. Ce bâtiment est en deux parties, est un immeuble de rapport, ainsi qu’un hôtel particulier où Grou s’installe, ce qui occasionne un problème à son décès : il aurait souhaité être inhumé à Saint-Nicolas, comme toute sa famille, mais l’île Feydeau relève de Sainte-Croix ».

« 1748-1751. La nouvelle société Grou et Michel, dotée de capitaux supplémentaires, représente 21 % des expéditions négrières au départ de Nantes. La guerre de Sept Ans donne cependant un coup de frein à son activité.

1745-1755. Guillaume Grou est élu consul des marchands en 1745, échevin en 1748 et juge-consul en 1755.

1774. S’appuyant sur un arrêt récent du Parlement imposant l’inhumation en fonction du lieu de résidence, le recteur de Sainte-Croix s’oppose au transfert. Guillaume Grou est de ce fait un des premiers inhumés du cimetière interparoissial de la Bouteillerie, ouvert seulement le 25 octobre 1774, situé dans la paroisse Saint-Donatien. Son enterrement eut lieu de nuit, son cercueil précédé de quatre-vingt serviteurs noirs portant des flambeaux

La fortune Grou s’élève à près de 4,5 millions de livres. Son testament comporte d’importants legs en faveur de l’humanité :

  • 200 000 livres à l’Hôtel-Dieu et au Sanitat, destinées à la création d’un orphelinat à Nantes, afin d’accueillir des enfants qui jusqu’alors sont placés à l’Hôtel-Dieu après avoir été en nourrice ;
  • 30 000 livres à l’Hôtel-Dieu, en contrepartie d’une messe hebdomadaire perpétuelle ;
  • 10 000 livres au Sanitat, en contrepartie d’une messe mensuelle perpétuelle.

1793. Faute de descendants, ses affaires sont reprises par Anne O’Shiell. Elle meurt 19 ans plus tard, le 30 juin 1793. En novembre, le comité révolutionnaire de Nantes confisque la totalité des biens de la famille, dans des circonstances controversées ».

Source 2. Hôtel Grou (citations de l’article de Wikipédia).

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18ème siècle : le baroque nantais

Nantes au 18ème. Une importante rénovation urbaine : de l’île de la Saulzaie à l’île Feydeau.

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Le baroque nantais ou style rocaille : visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes).

Le Temple du goût. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Citations de Nantes44 : l’île Feydeau.

« L’île Feydeau est une ancienne île de Loire (dénommée Ile de la Saulzaie). Au 15ème siècle, elle était constituée de fortifications en bois. Au 18ème, toutes les fortifications disparaissent avec le projet Feydeau. L’île était un quartier très vivant. Elle était le lieu de passage obligatoire avant d’accéder à la ville (nombreuses auberges et hôtelleries).

Pourquoi le rattachement de l’île à la ville ? Pour des raisons techniques tout d’abord : cales en ruines, creusement du lit du fleuve, baisse du niveau d’étiage, instabilité des maisons, nombreuses inondations. Pour des raisons sociales : se débarrasser du port de Nantes lié à la traite négrière, améliorer la circulation : petit à petit, le fleuve laissera place à de grandes artères de circulation pour des questions d’hygiène, de salubrité, odeurs, prolifération des maladies.

Projet de Goubert. La parcellisation du lotissement comportera 24 lots. Unité dans le plan : quatre blocs et deux rues ; chaque lot contient deux immeubles indépendants avec une cour commune. L’ensemble avec une façade sur quai et sur rue. Surface au sol de 530 mètres.

Unité dans l’élévation : les mêmes matériaux sont utilisés pour tous les immeubles : granit pour les soubassements, tuffeau pour l’élévation. La façade type : 2 étages d’habitation, 5 travées sur rez-de-chaussée, balcons sur consoles au premier, balconnets au second étage, arcade en plein cintre, porte cochère.

Le projet était trop coûteux et contraignant. Les actionnaires ont demandé au conseil d’état l’autorisation d’être libérés de l’obligation de façade. Utilisation très limitée du bois, pilotis pour les fondations. La plupart des habitants de l’île ont un métier en relation avec le commerce maritime ».

Source 2. Citations de Secret d’histoire : l’île Feydeau.

« L’aménagement de l’île de la Saulzaie débute à partir des années 1720 dans le cadre d’une opération de lotissements sous le patronage de Paul Esprit Feydeau de Brou, conseiller d’état, intendant de Bretagne entre 1716 et 1728 (chronique à venir), à qui l’île doit son nom actuel.

Les chantiers sont retardés à cause des terrains instables et inondables et vont se prolonger jusqu’à la Révolution française. En 1750, seuls quatre immeubles ont vu le jour. Ils commencent à s’affaisser dès leur édification ; il s’avère que les pilotis ne suffisent pas à stabiliser les fondations. 

Ce n’est que lorsque l’architecte Pierre Rousseau (1716-1797) suggère d’assoir les fondations sur un radeau de bois, comme en Hollande, que les chantiers s’accélèrent, après 1755. Les habitations prestigieuses qui sortent de terre, en tuffeau, sont le symbole de la richesse de la ville de Nantes, dans laquelle prospèrent les négociants et armateurs nantais.

Si l’on pousse les portes des immeubles, on découvre de magnifiques cours intérieures, des escaliers monumentaux. Les façades sont également ornées de ferronneries d’exception.

Cependant, sur l’île Feydeau, rien n’est droit et les immeubles prestigieux sont toujours penchés ». 

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Largillerre et ses 4 500 portraits

Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français. Il est l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Cette chronique n’en présente que cinq ! Sources : Wikipédia et visite des musées mentionnés (Lille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Tours).

Fin 17ème. Autoportrait. Cartel de l’œuvre (musée de Nantes). « Comme souvent dans ses autoportraits, l’artiste s’est représenté avec une certaine magnificence, un port de tête altier et le buste de profil, regardant le spectateur. Cette pose élégante et fière, qui affirme son statut social, est souvent utilisée dans les portraits de la fin du 17ème

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Sa pratique artistique se nourrit de son apprentissage à Anvers et puis en Angleterre avec le peintre hollandais Peter Lely, de son vrai nom Pieter Van der Faes (1618-1680, est un peintre d’origine néerlandaise. Il a connu une immense popularité comme portraitiste en Angleterre où il s’établit dans les années 1640. C’était aussi un grand amateur d’art, qui possédait une belle collection de dessins d’artistes. Après cette formation, Largillerre retourne à Paris et entre à l’Académie ».

1686. « Alternant les commandes officielles pour des ex-voto ou des allégories avec les portraits de la noblesse et de la haute bourgeoisie, son talent lui permet de gravir les échelons de la hiérarchie de l’Académie royale de peinture et de sculpture, où il est admis le 30 mars 1686, non seulement comme peintre de portraits, mais en qualité de peintre d’histoire, avec le portrait en pied de Le Brun (Paris, musée du Louvre) comme morceau de réception ».

1699. « Il épouse Marguerite-Élisabeth Forest, la fille d’un peintre de paysages nommé Jean Forest, peintre du roi et officier en l’Académie. Le portrait de son beau-père (palais des beaux-arts de Lille) où il reconnait sa dette envers Rembrandt, Rubens, Van Dyck, est curieux ».

Dans son Histoire des Peintres, Charles Blanc écrit à propos de ce tableau : Forest était un homme original, fantasque. Son gendre se fit un plaisir de le peindre dans le bizarre costume qui lui était familier, d’autant plus qu’il devait être las d’avoir toujours devant les yeux les mêmes modèles, toujours des magistrats avec leurs perruques in-folio et des bourgeois avec leurs perruques à boudin. Il représenta donc son beau-père en cheveux courts avec une sorte de bonnet de margrave à fond de soie et une hongreline doublée de fourrure. Assis dans un fauteuil, la main, le sourcil en mouvement, l’œil mouillé, le portrait respire, il est vivant.

1703. La Belle Strasbourgeoise (musée des Beaux-arts Strasbourg).

« Portraitiste célèbre de la haute bourgeoisie parisienne et protecteur du jeune Chardin, Largillierre, lui même auteur de natures mortes, a été formé en Flandre où il acquiert une grande richesse chromatique et un goût prononcé pour le rendu somptueux des étoffes et des matières. La même attention au réel caractérise le portraitiste et le peintre de nature morte.

Le costume porté par cette jeune femme est celui du patriciat de la Cité entre 1688 et 1730. Sous Louis XIV ce costume connaît son plus somptueux épanouissement. Il est composé d’une jupe rouge recouverte d’un grand tablier noir, de manches larges serrées au coude par des rubans plissés et terminées par des manchettes de dentelles, d’un buste lacé, d’un châle blanc bordé de dentelle et surtout d’un extravagant chapeau garni de dentelle noire. C’est l’étrangeté de ce chapeau qui a incité l’artiste à en faire le nœud du tableau.

L’identité du modèle reste encore mystérieuse, vraie strasbourgeoise, Parisienne portant un costume ou peut être la sœur du peintre ».

1707. L’Autoportrait de Nicolas de Largillierre (Musée de Tours) est une belle réplique d’atelier de l’autoportrait acquis par la National Gallery de Washington. L’original signé et daté 1707 représente l’artiste âgé alors de cinquante et un an dans l’intimité de son atelier.

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18ème. Portraits, peints ou sculptés

Le portrait, peint ou sculpté : dix œuvres du 18ème siècle au Musée d’arts de Nantes. Dans cette chronique, six portraits de célébrités du temps : un conseiller à la Grand’Chambre du Parlement de Paris, son fils, un trésorier des États de Bretagne, un sculpteur attitré de Louis XV, un pape – Clément XIII -, un premier architecte de la ville de Nantes.

Diaporama de 31 photos.

En guise d’introduction. Ressource pédagogique : Portrait et pouvoir aux 17ème et 18ème siècles. Service culturel des musées d’Orléans, dossier réalisé par les enseignants détachés, Hervé Finous, Nadine Mazier, Odile Ringuedé, Dominique Massardier, 27 pages.

« Aux origines du portrait. Lié à la conception religieuse et à l’organisation sociale et politique d’une société, le portrait est initialement associé à la notion de survie et à la transmission de l’image d’une personne aux générations futures. Il témoigne de l’apparence d’un individu à un moment donné de sa vie et représente un moyen de conjurer l’état éphémère lié à la condition humaine. Par conséquent, le portrait joue un rôle social important… :

Des portraits de pouvoir. A une époque où la peinture d’histoire se situe au sommet de la hiérarchie des genres, le portrait est d’autant plus légitime qu’il est au service de l’histoire, qu’il est un portrait d’un personnage engagé dans l’histoire. Aussi les portraits des 17ème et 18ème siècles sont-ils bien souvent des portraits de pouvoir, qui, d’une manière ou d’une autre, exaltent chez la personne portraiturée la possession ou la pratique d’un pouvoir.

L’exaltation du pouvoir peut s’exprimer à travers des accessoires, des attributs symboliques : regalia du souverain, ordres religieux et militaires, coiffure et costume révélateurs du rang social ou caractéristiques de la fonction, instruments propres à une profession… Elle peut se manifester à travers la richesse du décor, la somptuosité de la mise en scène. Elle peut aussi s’étendre à l’ensemble de la personne portraiturée : sa pose, ses gestes, son regard. Elle peut enfin prendre une tournure allégorique par le truchement d’une identité d’emprunt qui se superpose à l’identité réelle du modèle »…

A. Charles-Paul-Jean-Baptiste de Bourgevin de Vialart de Saint-Morys, Conseiller à la Grand Chambre du Parlement de Paris par Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), œuvre de la 2nde moitié du 18ème, huile sur bois.

« La Chambre au Plaid, devenue ensuite la Grand’Chambre, est le cœur du Parlement. Elle juge en appel les sentences des juridictions inférieures de son ressort. Les cas de crime de lèse-majesté lui sont soumis, ainsi que les procès concernant les pairs, les apanages, les parlementaires et les affaires de la régale. Au total y siègent plus de cent magistrats (premier président nommé par le roi, présidents à mortier, conseillers) et les princes du sang, ducs et pairs, qui tiennent particulièrement à ce grand privilège.

En 1753, translation de la Grand Chambre du Parlement à Pontoise ; dispersion et exil des magistrats des autres chambres en province ; enfin exil des magistrats de la Grand Chambre à Soissons (jusqu’à l’automne 1754) ».

Monsieur de Saint-Morys

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B. Cartel de l’œuvre du musée de Nantes. « Monsieur de Saint-Morys a certainement commandé ce portrait en même temps que celui de son fils.  A cette époque, la famille dispose d’une grande fortune grâce à l’héritage échu au jeune garçon, dont ses  parents avaient l’usufruit. Greuze connaît très bien la famille chez qui il a séjourné à plusieurs reprises. Cette relation explique sans doute l’approche directe et intime de ce portrait ».

C. Portrait de Monsieur 0live, trésorier des États de Bretagne, et de sa famille, par Marie-Geneviève Bouliard (Paris, 1763 – Château d’Arcy, 1825), 1791 ou 1792, huile sur toile.

« Les États de Bretagne s’assemblaient à partir de 1632 tous les deux ans, le plus souvent en hiver, après les récoltes et principaux travaux agricoles. Comme tous les états provinciaux, ceux de Bretagne comportaient en 1755 un nombre fixe de cent quatre sièges. Le vote se faisait par ordre et non par tête, chaque ordre ayant une voix. Aux représentants de la province s’unissait une vingtaine de commissaires du roi. Dans l’intervalle entre les assemblées, divers agents et organes assuraient l’exécution des décisions prises, dont le trésorier ».

Cartel de l’œuvre. « Ce portrait collectif n‘insiste pas sur le statut social du trésorier Olive, mais sur la représentation du bonheur conjugal et familial. Ceci illustre la nouvelle approche de l’éducation et de la place des enfants au sein de la famille, en écho aux écrits de Jean-Jacques Rousseau.

La carrière de Marie-Geneviève Bouliard, élève de Joseph Duplessis, témoigne de l’importance grandissante des femmes artistes à la fin du 18ème, comme Elisabeth Vigée Le Brun ».

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Nantes. Peintures du 18ème

Huit peintres du 18ème exposés dans les collections du Musée d’Arts de Nantes : Albotto, Bruandet, Coypel, Greuze, Watteau, Lancret, Pannini, Vernet.

Diaporama de 31 photos. Pour en savoir plus : lire les excellentes analyses des cartels des tableaux photographiés.

Francesco Albotto (v. 1721-1757), peintre italien de vedute, actif à Venise au XVIIIe siècle (source : extraits de Wikipédia).

« Contrairement à sa fantaisie prédominante et à son coup de pinceau désinvolte, la source d’inspiration principale de Francesco Albotto est liée aux modèles déjà réalisés par d’autres artistes, qu’il s’est appropriés en consultant les éditions Magnificentioris Selectioresque Venetiarum Prospectus, ainsi que Urbis Venetiarum Prospectus celebriores, gravées par Antonio Visentini ce qui a posé souvent des problèmes d’attribution ».

Vue du môle de la Zecca à Venise

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2. Lazare Bruandet (1755-1804), peintre et graveur français (source : France Culture).

  • Tewfik Hakem s’entretient avec l’auteur illustrateur de bande dessinée, Frantz Duchazeau, Le Peintre Hors la loi, éditions Casterman, 2021.  

« Dans les années 1790, sous Louis XVI et dans une France frappée par la Terreur, un peintre illuminé, à l’épée facile, cherche, dans la nature, comment se soustraire au monde en guerre.

Lazare Bruandet peignait des enseignes à Paris et, de temps en temps, il allait en forêt peindre sur motif. C’est un des premiers à l’avoir fait – et même s’il n’a pas laissé de trace, sinon peut-être, un unique tableau au Louvre, il était intéressant. A cette époque, en France, on peignait surtout des portraits, des scènes ; il fut le premier à peindre la nature, et exactement ce qu’il voyait, sans interprétation. 

Bruandet, était un peintre inconnu mais son nom claquait comme un couperet, son originalité m’intéressait.

Il maniait mieux l’épée que le pinceau, mais il a vu aussi toutes les absurdités de la Révolution, il en a été au cœur, il en a vu les aspects les plus sordides. Pour y échapper, il allait peindre dans la forêt. C’était un personnage contradictoire, il était plusieurs personnes dans le même homme. Dans l’histoire, il tue sa femme qu’il soupçonne d’adultère et donc, va trouver refuge en forêt, chez des moines ».

Vue prise dans le bois de Boulogne

3. Charles-Antoine Coypel (1694-1752), peintre et dramaturge français (source : extraits de Wikipédia).

« Il fut un portraitiste habile, bien qu’il fût premièrement peintre d’histoire.

Il accéda aux plus hauts postes de l’administration artistique. Il exerça la charge de Garde des tableaux et dessins de la Couronne de 1722 à 1752. Il entra à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 1715 et en fut nommé directeur en 1747.

Il fut nommé Premier peintre du Roi en 17471 et il prit une part importante dans la création de l’École des élèves protégés de l’Académie royale.

Parallèlement à sa carrière de peintre, Coypel écrivit une quarantaine de pièces de théâtre entre 1717 et 1747. Seule Les Folies de Cardenio (1720) fut publiée ».

 Cléopâtre avalant le poison (1749)

4. Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), peintre et dessinateur français (source : extraits de Wikipédia).

« Greuze est soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon. A Paris où il s’installe en 1750, il devient l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale de peinture et de sculpture.

Ses débuts au Salon de 1755 furent un triomphe (Père de famille lisant la Bible à ses enfants)

Il devient membre associé de l’Académie1. Il part étudier à Rome de 1755 à 17572

Aux couleurs claires et lumineuses, à l’attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l’idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie ».

Le Guitariste ou un oiseleur qui, au retour de la chasse, accorde sa guitare (vers 1757)

5. Jean-Antoine Watteau (1684-1721)

Arlequin empereur dans la lune (vers 1707)

6. Nicolas Lancret (1690-1743) (source : extraits d’Universalis)

« Une formation traditionnelle (apprentissage de la gravure, enseignement de d’Ulin, professeur à l’Académie, puis fréquentation de l’école de l’Académie, où il se fait suspendre pour indiscipline – aurait dû amener Lancret à devenir peintre d’histoire. Mais il découvre l’art de Watteau, peut-être à l’occasion de l’agrément de celui-ci à l’Académie en 1712, et soit par séduction, soit par opportunisme, Lancret décide de devenir peintre de fête galante. Il est alors élève de Gillot, comme l’a été Watteau, puis celui de Watteau lui-même, dont l’enseignement se borne, semble-t-il, à lui conseiller de travailler d’après la nature, de dessiner des paysages aux environs de Paris et d’y intégrer des figures dont l’invention, il est vrai, doit tout à ce maître.

Agréé à l’Académie en 1718 (un an après que Watteau y eut été reçu avec son Pèlerinage à l’île de Cythère), Lancret y est reçu en 1719 avec une Fête galante, catégorie reconnue officiellement depuis peu. Il est ainsi le premier des satellites de Watteau, de ceux qui ont diffusé, avec un bonheur inégal, un esprit et des sujets nouveaux dans la peinture.

Ses premiers clients sont ceux-là mêmes qui ont compris l’apport de Watteau : Jullienne, Leriget de La Faye, la comtesse de Verrue ou Quentin de Lorangère ; plus tard, le roi de Prusse Frédéric II accrochera aux murs de Sans Souci des tableaux de Lancret à côté de ses Watteau.

Pourtant, Lancret bénéficie d’avantages qui ont manqué à la carrière de Watteau. Il expose des toiles place Dauphine en 1722, 1723, 1724, puis au Salon entre 1737 et 1742, de telle sorte que le public peut apprécier ses œuvres, par ailleurs diffusées par la gravure dès 1728″.

Trois tableaux exposés à Nantes.

La camargo lisant (autour de 1730-1731). Avant le bal costumé (non daté). Arrivée d’une dame dans une voiture tirée par des chiens (non daté, photo ci-dessous)

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Nantes, Jardin des plantes (1726)

« Avec sept hectares de verdure en plein centre ville, plus de dix mille espèces vivantes et plus de 50.000 fleurs plantées chaque saison, le Jardin des Plantes de Nantes figure aujourd’hui parmi les quatre grands jardins botaniques de France. En 150 ans, les collections se sont enrichies et spécialisées. Le Jardin dispose de 800 mètres carrés de serres ».

Diaporama de 17 photos.

La Dormanron. Cliquer sur les images pour les agrandir

Les prémices du Jardin des plantes : le jardin des Apothicaires (source : citations de Wikipédia).

« C’est en 1687 que fut créé le premier jardin botanique de la ville de Nantes. Les maîtres apothicaires se voient confier la jouissance d’un terrain situé à l’ouest de la ville. Ce jardin se situe alors dans le quartier où sera construite la Tour Bretagne au XXe siècle. Il est uniquement destiné à la culture des végétaux. Ainsi, au XVIIIe siècle, la ville ne comporte pas de jardins particulièrement signifiants destinés à la promenade.

Ce jardin se développe sous l’action de Pierre Chirac (1657-1731), intendant du Jardin du Roi. Ce dernier comprend vite le rôle que peut jouer un jardin botanique qui se situe dans un port alimenté par un fort trafic de produits exotiques et qui, grâce à la Loire, permet un accès aisé vers Paris. Chirac y voit un lieu idéal pour favoriser l’acclimatation des plantes tropicales rapportées par les navigateurs de leurs lointaines escapades ».

18ème siècle

1711. Source : blog, La terre est un jardin. « Revenant d’une expédition aux Amériques en 1711, le voilier Saint-Michel rapporte à son bord un jeune Magnolia grandiflora d’abord identifié comme laurier-tulipier. Passionné de botanique, René Darquistade (1680-1754) est l’armateur du navire. Il fait fi des instructions du roi qui veulent que chaque nouvelle plante intègre d’abord le jardin botanique royal. Par deux fois, il sera maire de Nantes (1735-1737 et 1740-1747).

  • Le Magnolia grandiflora est débarqué discrètement et on l’installe dans son château de la Mallardière, au sud de Nantes. Le Magnolia végète pendant une vingtaine d’années dans l’orangerie avant d’être plantée en plein air près des dépendances du château. Le sujet revit et fleurit abondamment. L’arbre est multiplié par des marcottes aériennes et planté, de parcs en jardins, affirmant la notoriété botanique de Nantes qui accueille aujourd’hui la collection nationale française de Magnolia.

1719. L’action de René Darquistade permet au jardin des apothicaires de devenir un Jardin royal des plantes, subordonné au Jardin du Roi.

1726. Le développement de ce jardin se trouve considérablement encouragé par l’ordonnance royale prise le 9 septembre par Louis XV pour assujettir les Capitaines des Navires de Nantes d’apporter Graines & Plantes des Colonies des Païs Etrangers, pour le Jardin des Plantes Médicinales établi à Nantes.

Le succès de cette mesure est tel que le Jardin des apothicaires s’avère vite trop petit pour accueillir toutes les plantes. Cependant, la Révolution française survient sans qu’un autre emplacement ait été trouvé.

1793. Mise en place d’un Jardin des plantes à l’est de Nantes. La Convention nationale prend un décret qui marque la réorganisation des jardins botaniques en France. Il y est notamment décidé la création dans chaque département d’un jardin botanique de quatre arpents.

François Lemeignen (1732-1803), médecin originaire de Machecoul, se bat alors pour qu’un tel jardin soit créé à Nantes. Il propose de l’implanter dans le couvent des Ursulines fondé en 1626. Celui se trouve à l’est de la ville entre le faubourg Saint-Clément et celui de Richebourg, à peu de distance du cours Saint-Pierre ».

19ème siècle

1806. « Le 26 février, le préfet Belleville prend un arrêté définissant les limites du jardin botanique qui s’implante alors définitivement sur un terrain attenant à l’ancien couvent des Ursulines. Le tracé du jardin est confié à l’architecte-voyer nantais Félix-François Ogée.

1806. C’est à Gand que Ferdinand Favre, futur maire de Nantes, découvre le camélia. Il fait venir à grand frais les premières graines d’Angleterre. Il les sème et obtient sept mille plants dans sa propriété située près de Sorinières ».

Jean Alexandre Hectot (1769-1843).

« Apothicaire et botaniste, il est nommé directeur de ce nouveau jardin des plantes qui a désormais trouvé son emplacement définitif.

« Quand Hectot prend la succession de Lemeignen, la situation est moins brillante que jamais (source : les jardins de Nantes). Hectot fait lui-même l’inventaire de ce que son prédécesseur lui a légué. Je récupérais, en tout et pour tout, quelques instruments aratoires, une cinquantaine d’espèces de plantes en pots, environ 150 de pleine-terre, plus une boîte de graines reçue du Jardin Royal de Paris.

Devant cette pénurie, Hectot fait l’avance des fonds nécessaires à l’établissement. J’avoue que sans l’amour de la botanique j’aurais tout abandonné par la gêne où cette chose me mettait. Ses propres cultures et les échanges faits avec les autres jardins botaniques lui permettent bientôt de constituer une collection riche pour une ville de province.

Faute de locaux suffisants, Hectot hiverne ses végétaux fragiles dans les serres du Jardin des Apothicaires dont il a toujours la responsabilité ».

Jean-Marie Écorchard (1809-1882) est un médecin et botaniste.

Après des études de médecine à l’université de Rennes, il s’intéresse à la botanique et devient l’élève d’Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) à Genève.

1836. Le 30 mai, il est nommé pour assurer la chaire de botanique du jardin des plantes de Nantes créée par le conseil municipal le 5 juin 1835.

1840-1882. Il consacre dès lors plus de 40 ans à l’aménagement et à l’embellissement du Jardin des plantes dont il devient directeur le 1er janvier 1840. Il enrichit les collections de Magnolia grandiflora, Magnolia denudata, de Camellia japonica. Des plantes exotiques arrivent des îles Bourbon, de Pointe-à-Pitre et des Indes.

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