Archives mensuelles : septembre 2021

C-N. Ledoux, architecte néoclassique

Histoires d’universités : 6 chroniques et 97 photos sur Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique.

1762. Les lambris du Café militaire (album de 12 photos).

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1771. Ledoux a 35 ans. Œuvres de jeunesse (album de 24 photos).

1763. Château de Mauperthuis

1773. Il entre à l’Académie royale d’architecture

1774-1779. La Saline royale de Chaux, dite d’Arc-et-Senans (album de 30 photos).

1775-1784. Le Théâtre de Besançon : les innovations (album de 11 photos).

Il devient Architecte de la Ferme générale.

1784. Construction du Grenier à sel de Compiègne (album de 22 photos).

La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs. 

1784-1787. Construction des Barrières de Paris, pour taxer les marchandises entrant dans la capitale (album de 16 photos).

Les travaux sont suspendus en 1787, une des raisons étant leur coût excessif. Ledoux est révoqué de ses fonctions. Le 23 mai 1789, il est définitivement suspendu par Necker.

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1762 Ledoux. Décor de Café militaire

Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique. Décor de Café militaire. Source : citations du Musée Carnavalet, Histoire de Paris. Son œuvre la plus accomplie : la saline de Chaux, dite d’Arc-et-Senans. Une de ses premières commandes (1762) : à Paris, un décor de café réservé aux militaires.

Diaporama de 12 photos.

Claude-Nicolas Ledoux par Michel Martin Drolling, vers 1785, Huile sur toile

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A venir. Six chroniques et 97 photos sur l’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux, publiées à ce jour sur Histoires d’Universités.

« La mode du café se répand à la fin du 17e siècle et, dès le 18e siècle, on voit se développer à Paris les fameuses Maisons de café. On y goûte – pour les hommes du moins – – hors d’un cadre familial ou social bien défini, une liberté toute nouvelle.

Élevé en 1762, le café militaire occupait le rez-de-chaussée d’un immeuble de la rue Saint-Honoré, entre l’Oratoire et la place du Palais-Royal. La boutique est louée le 12 octobre 1762 à Henri Alexandre Godeau, marchant distillateur, et Marie charlotte Bauland, son épouse. Ils ouvrent un établissement réservé aux officiers.

Son décor est l’une des premières commandes parisiennes du jeune architecte Claude-Nicolas Ledoux. Il a alors 26 ans (né en 1736, mort en 1806). La conception inédite de l’espace et la précision du vocabulaire ornemental sont remarquables ».

« Il imagine un décor à thème guerrier, inspiré de l’Antiquité : couronnes de lauriers, trophées d’armes, étendards, bouclier d’Athéna avec la tête de la Méduse, dépouille du lion de Némée, foudre de Jupiter, évoquant la force, la générosité, la rapidité et l’invincibilité ».

« L’exécution est réalisée en bois sculpté peint et doré, selon les dessins de Claude-Nicolas Ledoux ».

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1745. Fontaine des Quatre-saisons

Edme Bouchardon (1698-1762), Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745), Paris, 57 et 59 rue de Grenelle.

Quatrième chronique d’Histoires d’universités sur Edme Bouchardon, sculpteur du roi (cf. ci-dessous : partie C).

Diaporama de 23 photos. Comme on peut le constater, le monument n’est guère entretenu : les sculptures des deux fleuves placés de chaque côté de Paris, au centre du monument, sont abimées ; de la végétation s’introduit dans les fissures. Les putti des bas-reliefs sont recouverts d’une couche de pollution grise. Cette fontaine, la plus coûteuse en son temps, est aujourd’hui indigne de Paris. Quand son ravalement est-il prévu ?

A. Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia : Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745)

« Édifiée sur un terrain donné par le couvent des Récolettes, la fontaine a fait l’objet d’un marché public passé le 1739. La construction représenta un très grand chantier entrepris par la Ville de Paris, sous la responsabilité de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI. Elle était destinée à procurer de l’eau au quartier mais aussi à être un monument commémoratif en l’honneur du roi Louis XV. Son coût a été considérable (plus de 139 000 livres). Le maître d’œuvre et l’ensemble de son décor sculpté sont confiés à Edme Bouchardon. Les travaux sont terminés en 1745.

L’importance du projet dans une si étroite rue suscita des réactions dont celle de Voltaire dans une lettre au Comte de Caylus en 1739 dans laquelle il raille le gigantisme et la prétention du projet pour un si petit service rendu. Cependant Michel-Étienne Turgot fut très satisfait du travail de Bouchardon et lui fit accorder une pension annuelle de 1500 livres.

La fontaine des Quatre-Saisons, nommée ainsi tardivement en raison des quatre bas-reliefs et des quatre statues représentant les saisons qui la décorent, est une fontaine unique à Paris de par son ampleur, son décor et son architecture. Elle se présente comme une façade de palais de style classique d’une dizaine de mètres de hauteur et qui se développe sur près de vingt mètres au long de la rue de Grenelle »…

B. Le chantier de la fontaine des Quatre-Saisons par Dominique Massounie, Livraisons de l’histoire de l’architecture, 16 | 2008, Openedition.

« L’histoire de la fontaine des Quatre-Saisons est sans conteste l’épisode le plus prestigieux de la carrière du sculpteur qui en réalisa le décor, Edme Bourchardon, qualifié par la Ville, le commanditaire de ce monument royal d’un nouveau genre, de Phidias moderne. L’exceptionnelle qualité des rondes-bosses du corps central et des niches latérales ainsi que des bas-reliefs a relégué au second plan l’étude de la construction de l’édifice dont les dimensions et le coût le classent également parmi les exceptions.

Les archives du bureau de la Ville et les archives notariales nous permettent de comprendre dans quelles circonstances il a vu le jour. Elles nous renseignent sur l’achat des terrains, celui des marbres statuaires et des pierres de Tonnerre, sur les émoluments de l’artiste, la nature des ouvrages de maçonnerie, le prix des mascarons de bronze et la rémunération de l’inspecteur des travaux.

Si la qualité des ouvrages est parfaitement connue, le coût global de la construction ne peut qu’être l’objet d’une estimation. En effet, le marché passé le 3 juin 1739 avec Jacques Mégrelin, sur la base du devis rédigé par Jean-Baptiste-Augustin Beausire, comporte uniquement le prix de la toise fixé pour chacun des ouvrages. En l’absence du toisé, est-il possible d’évaluer la dépense ? Elle a été considérable puisque ce chantier s’élevait déjà, hors paiements des ouvrages de maçonnerie et de plomberie, à plus de 139 000 livres. Elle fait de ce monument public, à la fois fontaine et monument commémoratif, vraisemblablement l’édifice le plus coûteux jamais construit pour l’embellissement des villes à l’époque moderne.

Entre 1739 et 1745, Edme Bouchardon, sculpteur du roi, travaille à la réalisation du décor de la nouvelle fontaine du faubourg Saint-Germain.

En 1902, dans un article consacré à l’édifice, Alphonse Roserot expliquait le caractère exceptionnel de cette commande par l’amitié qui liait à l’artiste le commanditaire, le prévôt des marchands Michel-Étienne Turgot, et par l’attention que le cardinal de Fleury, premier ministre, auteur de l’inscription du frontispice, porta à l’érection de ce monument. Ce chantier se signalait effectivement déjà par la qualité des acteurs, commanditaire et artiste, mais aussi par l’intérêt qu’il suscita, jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.

Le troisième traité de Vienne, signé le 18 novembre 1738, qui mettait fin à la guerre de succession de Pologne, inspira sans doute une modification du programme. L’événement est signalé sur la table de marbre noir qui surmonte la figure de la Ville.

Deux des dispositions de ce traité :

  • L’Électeur de Saxe, devenu en 1733 roi de Pologne sous le nom d’Auguste III, est maintenu sur le trône de Pologne, son rival Stanislas Lezczyński, aussi élu en 1733, abandonnant toutes ses prétentions, tout en conservant le titre de roi de Pologne.
  • En dédommagement, Stanislas reçoit les duchés de Lorraine et Bar à titre viager ; à sa mort, ils seront réunis au royaume de France (ce qui surviendra en 1766).

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L’Arc de triomphe, Wrapped

L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001. Longue et émouvante histoire d’une œuvre artistique contemporaine. Pour Christo et Jeanne Claude, une Histoire de vie commencée il y a 40 ans, et une Exposition de deux semaines, dans l’espace public. Une Histoire longue qui, le temps d’une exposition temporaire, devient courte et qui finit bien ! Clap de fin : 3 octobre 2021.

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Quand Christo meurt en mai 2020, il sait, depuis 2018, que les différentes autorités compétentes françaises ont donné leur feu vert pour la mise en œuvre du projet du couple.

Au final :

  • Un sublime cadeau posthume pour Christo & Jeanne Claude.
  • Un hommage à la France et à son histoire républicaine : les trois couleurs de l’enveloppe de tissu blanc-bleu et les cordes rouges rendent encore plus fascinant l’immense drapeau tricolore qui virevolte dans tous les sens.
  • Une assurance de visibilité accrue de la France dans son soutien à l’art contemporain.
  • Une des premières manifestations d’un courage audacieux : multiplier les œuvres éphémères et les garder en vie par l’Intelligence artificielle. L’espace public et l’espace muséal ne sont pas indéfiniment extensibles pour l’Art.
  • Un rappel historique : la France doit demeurer une terre d’accueil pour les exilés politiques. Christo a fui la Bulgarie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Diaporama de 47 photos, prises par Pierre Dubois, dimanche 26 septembre 2021.

Biographie. L’univers de Christo & Jeanne Claude. Une brève histoire de leur art, par Jacob Baal-Teshuva, Éditions Taschen, 2020, 96 pages.

Source 1. Citations de L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001.

« L’équipe Christo et Jeanne-Claude a réalisé le projet selon le vœu de Christo qui souhaitait la poursuite du projet après sa disparition, survenue le 31 mai 2020.

Visible pendant 16 jours, du samedi 18 septembre au dimanche 3 octobre 2021, l’œuvre nécessite 25 000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 3000 mètres de corde rouge de la même matière.

Le Centre des monuments nationaux, qui assure au nom de l’État la conservation et l’ouverture au public de l’Arc de triomphe, se félicite de la réalisation d’un projet qui témoigne de son engagement en faveur de la création contemporaine et de la mise en valeur de l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de France. 

Comme tous les projets artistiques de Christo et Jeanne-Claude, L’Arc de Triomphe, Wrapped, Paris (1961-2021) sera entièrement autofinancé grâce à la vente des œuvres originales de Christo : collages, dessins de ce projet et d’autres ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies. Il ne bénéficiera d’aucun autre financement public ou privé.

Histoire du projet. En 1961, trois ans après leur rencontre à Paris, Christo et Jeanne-Claude commencent à concevoir et créer des œuvres éphémères pour l’espace public. L’idée d’empaqueter l’Arc de triomphe voit le jour cette même année. Christo réalise, en 1962-63, un photomontage de cet empaquetage, vu depuis l’avenue Foch, puis, en 1988, un collage, avant de reprendre et développer ce projet à partir de 2017. 60 ans plus tard, ce projet sera concrétisé. 

Le projet a été présenté au Centre des monuments nationaux par le Centre Pompidou et reçoit le soutien de la Ville de Paris. En 2020, le Centre Pompidou a présenté l’exposition Christo et Jeanne-Claude. Paris ! qui retraçait la période parisienne de Christo et Jeanne-Claude, de 1958 à 1964, ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985« .

Source 2. Larges extraits de deux articles  du Monde : Les visiteurs découvrent l’Arc de triomphe empaqueté par Jeanne-Claude et Christo, 18 septembre 2021.

« Le rêve de jeunesse de Christo et Jeanne-Claude se réalise : jusqu’au 3 octobre, l’Arc de triomphe est empaqueté dans 25 000 mètres carrés de tissu.

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1722-1733. Strasbourg, l’archevêché

A. Chapitre de la cathédrale de Strasbourg : un Grand doyen franco-germanique, Frédéric-Constantin de La Tour d’Auvergne. Source 1 : citations de Personnages d’Alsace.

Visite guidée lors des Journées Européennes du Patrimoine, dimanche 19 septembre 2021.

Diaporama de 32 photos.

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« Au lendemain de la réunion de Strasbourg au royaume de France en 1681, le roi Louis XIV cherche à faire entrer des Français dans le chapitre de la  cathédrale alors entièrement occupé par les rejetons des grandes familles de l’aristocratie de l’Empire.

Il se heurte cependant aux conditions rigoureuses d’accès dans cette institution, à savoir les seize quartiers de grande noblesse. Frédéric-Constantin de La Tour d’Auvergne constitue un parfait candidat : par son père, il appartient à une famille française de noblesse immémoriale, issue de la province du même nom ; par sa mère, une Hohenzollern-Hechingen, il possède un parfait pedigree de prince germanique.

En 1695, à l’âge de treize ans, il fait donc son entrée parmi les vingt-quatre comtes-chanoines du Grand Chapitre de Strasbourg.

En 1722, au moment de l’abdication de Jean-Ernest de Loewenstein, évêque de Tournai, il profite de la nouvelle règle édictée par Louis XIV, qui réserve la dignité de grand doyen à un Français, pour se faire élire.

Il reprend aussitôt le projet de construction d’un splendide hôtel en lieu et place de la bâtisse médiévale destinée au logement du doyen. Conçu “à la française”, entre cour et jardin, ce bâtiment constitue le premier édifice d’une série qui donnera, entre autres, le palais des Rohan et la mairie.

Le Grand Doyen de La Tour d’Auvergne a hélas peu le temps d’en profiter. Il meurt le 4 avril 1732, alors que son hôtel, devenu aujourd’hui la résidence épiscopale, n’est pas entièrement achevé ».

B. 1722-1733. Construction de l’Hôtel du Grand-Doyenné, devenu plus tard le Palais épiscopal, ou Archevêché, 3 rue du Parchemin et 16 rue Brûlée, Strasbourg. Source 2. Citations d’Archi Wiki, Architecte Malo Auguste Saussard.

Mano Auguste Saussard, né à Paris vers 1690 et mort après 1737, sans que la date et le lieu de son décès aient pu être précisés. Il était fils d’un suisse au service du duc d’Antin.

A partir de 1712, il fut élève de l’Académie royale de Paris. Il fut admis à l’Académie de France à Rome en 1716, où il se fit remarquer dès 1717 par la création de parterres pour la villa Borghèse à Frascati.

En 1721, il obtint un congé pour se mettre à la disposition du prince Frédéric-Constantin de la Tour d’Auvergne, grand doyen du chapitre de la cathédrale de Strasbourg.

De 1722 à 1728, il construisit à Strasbourg l’Hôtel du Grand Doyenné, aujourd’hui Archevêché, la première des demeures dans le style parisien de Robert de Cotte, qui a participé à l’élaboration des plans. Parallèlement, il éleva le magasin à grains voisin (1722). Quelques années plus tard, il fut chargé de l’entreprise de maçonnerie du Palais Rohan.

En 1734, il signa un projet d’aménagement du chœur de la cathédrale.

Il acquit le droit de bourgeoisie à Strasbourg en 1726 et fut élu échevin de la tribu des Maçons en 1729. En 1737, il disparaît des listes officielles, ce qui signifie, soit son décès, soit son départ ».

Source 2bis. Citations d’archi wiki : construction de l’Ancien Hôtel du Grand-Doyenné.

« D’après le dictionnaire historique des rues de Strasbourg, cet hôtel est le premier construit dans le style d’une demeure parisienne pour le prince de Turenne, Frédéric-Constantin de la Tour d’Auvergne (1682-1732).

La façade est de style Régence, avec un archaïsme dans l’utilisation de tuiles en queue de castor.

On apprend dans l’ouvrage Panorama Monumental que l’édifice est dû à l’architecte exécutant Malo Auguste Saussard, architecte des bâtiments du Roi et ancien élève de l’Académie de France à Rome, et à l’entrepreneur Arnaud Lagardelle.

L’ouvrage précédemment cité ajoute même qu’il est probable que les extérieurs soient de Robert de Cotte, Premier Architecte du Roi. Cet architecte ayant été consulté sur les intérieurs et le jardin. Il a en effet été consulté pour les trois cheminées des salons, et a donné des conseils à l’architecte Saussard pour le lambrissage des salons et le perron avec l’escalier extérieur. Et de conclure : Les belles proportions de l’édifice, sa calme simplicité, portent en tout cas la marque de son influence.

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1700. Carte d’une Alsace morcelée

La province d’Alsace au début du XVIIIe siècle : frontière et mosaïque seigneuriale.

Source :  Citation du résumé en ligne de BOEHLER (Jean-Michel) : Une société rurale en milieu rhénan : la paysannerie de la plaine d’Alsace (1648-1789), Strasbourg, 1994, t. I, p. 132-133.

« La première impression qui se dégage de cette carte est celle de la bigarrure politique de la province, héritière d’un long processus remontant au Moyen Age, et de sa pérennité au-delà des traités de 1648. C’est qu’en vertu des traités de Westphalie le roi de France se substitue à l’empereur, en assumant les droits de souveraineté exercés jusque là  par ce dernier et en laissant aux seigneurs alsaciens, personnages individuels ou entités collectives, les droits liés à la supériorité territoriale et consacrés par la tradition. Quelles que soient les ambiguïtés des traités, l’affirmation progressive de l’autorité royale et les constants empiètements et « réunions » successives, une telle politique, qui ne bouleverse pas les structures existantes lors du rattachement de la province au royaume, ne saurait être génératrice d’homogénéité : cet émiettement territorial n’est pas sans rappeler, certes à petite échelle, la situation existant dans les principautés germaniques, marquées par la Kleinstaaterei, même si en Alsace la monarchie administrative centralisatrice tente, par intendant et Conseil souverain interposés, l’unification institutionnelle d’une province récemment rattachée à la France.

Au milieu de cette mosaïque, à la fois politique et religieuse, se détachent cependant les anciennes possessions autrichiennes de Haute Alsace, inféodées par le roi de France, dès le milieu du XVIIe siècle, aux Mazarin, qui, dans ces territoires d’« ancienne domination », héritent, en tant que seigneurs territoriaux,  des biens et droits que la Maison d’Autriche possédait dans une région comptant, à l’instar du Brisgau et du Tyrol, au nombre des vorösterreichischen Länder. Mais l’influence française s’essouffle, en dépit de la situation privilégiée qu’occupe le grand bailliage de Haguenau, à mesure que l’on pénètre dans les pays de « nouvelle domination » où peut subsister une certaine forme d’autonomie, principal obstacle à la mainmise royale et à la centralisation monarchique, caractérisant, au XVIIIe siècle, l’Etat moderne.

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Parmi les plus étendues, on relèvera les possessions des Wurtemberg, des Ribeaupierre et des Deux-Ponts qui voisinent avec une poussière de principautés laïques ou ecclésiastiques, parfois minuscules : une douzaine de bailliages alsaciens pour le comté de Hanau-Lichtenberg et guère davantage pour la régence épiscopale de Saverne, une dizaine de seigneuries se partageant l’Outre-Forêt, la république urbaine de Strasbourg flanquée de ses bailliages ruraux et la foule des membres de la noblesse immédiate d’Alsace, dont certains se partagent un ou plusieurs villages …

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J. Massol (1706-1771), architecte

1. Brève biographie de Joseph Massol. Source : citations de l’article de Wikipédia

« Joseph Massol, architecte français né en 1706 et mort en 1771. Il est l’auteur de nombreux bâtiments strasbourgeois. Il a notamment continué les travaux de Robert de Cotte au palais épiscopal de Strasbourg entre 1728 et 1729 avec le titre d’Architecte de l’Évêque et du Grand Chapitre de la Cathédrale.

Il réalise les plans de l’Hôtel de Klinglin pour le compte du prévôt royal François-Joseph de Klinglin. Ce dernier, mécontent du projet confie la réalisation du bâtiment à l’architecte de la ville Jean-Pierre Pflug. On estime cependant que celui-ci s’est inspiré des plans de Massol qui réalisera lui-même, en 1758, une aile, dite de l’intendance, au bâtiment initial ainsi que le portail d’entrée (rue Brulée) ».

2. Histoire de la Maison du 36 rue des juifs, reconstruite à neuf en 1751 par Joseph Massol. Source : citations de l’article de Maisons de Strasbourg.

Diaporama de 12 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

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« 1677. Le Grand Chœur du Grand Chapitre vend au remueur de grains Jean Georges Merckel la maison qui comprend un bâtiment avant et un bâtiment arrière.

1700. Le préteur royal Ulric Obrecht l’achète en même temps que plusieurs maisons dans le voisinage qui reviennent à la veuve de Georges Geoffroi de Rathsamhausen à la Pierre.

1748. La maison appartient ensuite au maître maçon Jean Nicolas Gœbel puis à la femme de l’entrepreneur du Roi Guillaume Bernard qui commence à y faire faire des travaux. Elle s’endette auprès de l’architecte de l’évêché Joseph Massol qui achète la maison en 1748, avec l’autorisation des Conseillers et des Vingt-et-Un puisqu’il n’est pas bourgeois de Strasbourg.

1751. Il est autorisé à y établir un balcon quand il la fait reconstruire à neuf en 1751 dans le goût de l’époque par un entrepreneur qui reste inconnu.

1752. Les travaux intérieurs se poursuivent. Un litige apprend en effet que les plâtriers ne sont pas sous l’autorité d’un maître, Georges Michel Müller qu’ils citent démentant les avoir engagés. Les contrôleurs des maçons constatent que les compagnons plâtriers Joseph Sébastien Kuntzelmann et Joseph Pschutt travaillent dans la maison de l’architecte Massol sans être sous l’autorité d’un maître. Ils répondent que leur associé Joseph Zieger leur a demandé de faire ce travail et qu’ils croient que Massol a passé commande au maître maçon Georges Michel. Celui-ci dément avoir engagé les défendeurs ou leur associé. Le conseil des maçons condamne chacun des ouvriers à une amende.

La maison estimée 800 livres strasbourgeoises en 1740 passe à 2 250 livres à la mort de Joseph Masso en 1771.

Elle appartient ensuite au médecin Augustin Meinrad Lachausse (1773-1793), à l’aubergiste (1793-1823) Jacques Donat Kimmich puis aux manufacturiers Gau des Voves avant de revenir à des veuves d’officiers (le chef d’escadron Antoine Martin Hirn, le maréchal de camp Georges Adolphe Bœrner) ».

Caractéristiques de la maison. « La façade parementée comporte des chaînes à refends, trois travées de baies et un avant-corps central.

Le linteau légèrement arqué des fenêtres du deuxième étage ressortit au style en vogue. Les linteaux arrondis au troisième étage, les linteaux droits au premier étage et l’ondulation qui surmonte la fenêtre du balcon seront ensuite repris sur d’autres édifices.

La porte est la seule ouverture d’origine à subsister au rez-de-chaussée.

La fenêtre du balcon est surmontée d’un mascaron représentant Minerve ».

Récapitulatif des propriétaires au 18ème siècle

1677. Grand Chœur du Grand Chapitre
Jean Georges Merckel, remueur de grains, et Anne Dorothée Acker
1700. Ulric Obrecht, docteur en droit, préteur royal, et (1671) Anne Marie Bœckler
1705. Anne Eléonore de Venningen femme (1672) de Georges Geoffroi de Rathsamhausen à la Pierre
1739. Louise de Rathsamhausen à la Pierre, femme de Joseph Bibereck baron de Reding, puis Anne François Davy de la Pailleterie, capitaine de cavalerie
1740. Jean Nicolas Gœbel, maître maçon, et Catherine Thérèse Villinger puis (1738) Marie Hélène Schiller
1741. Jean Michel Guth, maître maçon, et (1741) Marie Hélène Schiller, veuve de Jean Nicolas Gœbel
1745. Marie Elisabeth Brunelot dit Duchemin et (1745) Guillaume Bernard, entrepreneur des hôpitaux royaux en Flandres, veuf de Barbe Lombard
1748. Joseph Massol, architecte, et Marie Louise Rely, manants
1773. Marguerite Madeleine Kugler
1773. Augustin Meinrad Lachausse, médecin, et Marie Thérèse Françoise Josephe Walburge Carové
1793. Jacques Donat Kimmich, aubergiste, et (1761) Marguerite Elisabeth Hebenstreith

3. Biographie plus détaillée. Source : citations de la rubrique d’Archi-Wiki.

« Joseph Massol est né le 15.10.1700 à Avignon, fils de Guillaume Massol, maître maçon, et de Marie Blanchette. Il a été baptisé en l’église Saint-Pierre d’Avignon le 16.10.1700. Il se marie en 1725 à Paris avec Marie Louise Relly, qui lui survit, et dont il a eu 2 fils, qui lui survivent. Il est décédé le 12.3.1771 à Strasbourg. Le décès est enregistré dans les registres de Saint-Etienne, mais il a été inhumé dans l’église Saint-Antoine (donc le couvent des Antonins).

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Restaurer le portail Saint-Laurent

Journées européennes du Patrimoine, Strasbourg, Cathédrale Notre Dame, Le portail Saint-Laurent, Samedi 18 septembre 2021.

Visite du chantier de conservation-restauration (2020-2024). Montée dans les échafaudages. Explications fournies par Alexandre Cojannot conservateur à la DRAC, Frédéric Degenève tailleur de pierre et responsable des ateliers de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, Aymeric Zabollone tailleur de pierre et chargé des études, et il y avait aussi Nicolas Eberhardt tailleur de pierre et appareilleur. La voûte en béton recouvert de plomb n’est évidemment pas d’origine et pose bien des problèmes ; le béton n’est pas l’ami du grès !

Source écrite : larges extraits du dossier de l’Œuvre Notre-Dame.

48 photos de Pierre Dubois (19 septembre) : monter sur le toit du portail (diaporama de 24 photos), dessin du portail et statues du musée de l’œuvre Notre Dame (diaporama de 24 photos).

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« La façade de l’ancienne chapelle Saint-Laurent, dite portail Saint-Laurent, située sur le côté nord de la cathédrale, est érigée entre 1494 et 1505 sous la direction du maître d’œuvre Jacques de Landshut. Ce chef-d’œuvre est un parfait exemple de l’art gothique flamboyant où s’entremêlent prouesses techniques et artistiques.

L’Œuvre Notre-Dame, Loge Suprême du Saint Empire Romain Germanique depuis 1459, est au sommet de sa notoriété grâce à l’achèvement de la flèche de la cathédrale, vingt ans plus tôt. Elle fait notamment appel à deux sculpteurs de renom Conrad Sifer et Jean d’Aix-la-Chapelle qui réaliseront le programme iconographique du portail Saint-Laurent.

Ce programme est consacré au martyre de saint Laurent, le saint patron de la paroisse du même nom dont l’ancienne chapelle paroissiale était située dans l’aile nord du transept de la cathédrale.

L’iconographie des contreforts reflète en partie celle de l’ancien portail du transept nord avec la représentation de la Vierge à l’Enfant, entourée des trois Rois mages (détruit lors de la Révolution).

  • Le contrefort est du portail présente ainsi la Vierge à l’Enfant et les trois Rois mages, accompagnés d’un serviteur Maureé.
  • Le contrefort ouest du portail figure aujourd’hui saint Laurent, accompagné du pape Sixte, saint Étienne, saint Jacques et saint Maurice. Le dessin conservé au Musée de l’œuvre depuis plus de cinq siècles (ci-dessous) figure effectivement saint Laurent, mais les saintes femmes sont disparues. Qui a pris la décision de substitution?

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Classé dans AE. Histoire médiévale, AF. Histoire 16-17èmes siècles, AI. Art médiéval et moderne, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, E. Ingénierie, Architecture

Nantes, 18ème. Mort d’une université

Nantes 18ème. Mort d’une université

L’université ducale de Bretagne est fondée à Nantes en 1460. Une tentative de déplacement de l‘université de Nantes à Rennes a lieu dès la fin du 16ème siècle ; elle n’aboutit pas. Dès le début du 18ème, l’université entre en déclin ; sa faculté de droit est transférée à Rennes en 1735. Toutes les universités du royaume sont fermées au moment de la Révolution. Nantes ne verra rouvrir une université sur son territoire qu’à la suite d’un décret du 29 décembre 1961.

A. La fondation de l’université à Nantes en 1460. Les premières mises en cause dès le 16ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia, Université de Nantes.

« L’université ducale de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le 4 avril 1460, à l’initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle pontificale du pape Pie II, donnée à Sienne, que l’évêque de Nantes Guillaume de Malestroit promulgua le 21 juillet suivant en qualité de protecteur de la nouvelle institution avec le titre de Chancelier et la dota 5 000 saluts d’or.

Charte de fondation

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Celle-ci incarne le vœu de François II d’affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu’aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s’ouvrent des universités.

Une première tentative de déplacement de l’université de Nantes à Rennes a lieu à la fin du 16ème siècle : le roi Henri IV cherchant ainsi à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L’université reçoit par lettre patente du 8 août 1589 l’ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L’institution n’est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du 5 septembre 1591 réitère cet ordre de transfert, mais là encore reste inappliquée. Une dernière lettre patente d’avril 1598 fixe la situation en confirmant l’établissement de l’université à Nantes ».

2. Louis XIV et l’enseignement du droit français. Source : extraits d’Info-Bretagne, Faculté de droit.

« L’édit de 1679, par lequel Louis XIV exige que le Droit français, contenu dans les ordonnances royales et les coutumes, soit enseigné publiquement aux futurs avocats, aurait pu rendre un peu de vie à la faculté de Droit, si le Roi avait pris en même temps des mesures pour faire vivre le professeur nouveau.

Et afin de ne rien omettre, dit-il, de ce qui peut servir à la parfaite instruction de ceux qui entreront dans les charges de judicature, nous voulons que le Droit français soit enseigné publiquement, et à cet effet, nous nommerons des professeurs qui expliqueront les principes de jurisprudence française (Archives de la mairie).

Dès 1681, l’avocat Douteau accepta d’occuper la chaire nouvelle, et son cours se continua pendant 17 ans, bien que le Roi eût négligé de lui assurer un traitement. En 1698, son grand âge lui fournissant un prétexte pour se retirer, il s’empressa de résigner ses fonctions. Personne ne s’étant présenté pour le remplacer, la chaire demeura vacante pendant près de 25 ans.

L’enseignement du Droit ne fut repris que le 18 novembre 1722, par le Sieur Bizeul, docteur agrégé en l’Université de Nantes, qui, pour ses honoraires, était autorisé à prélever sur chaque étudiant une taxe de 6 livres d’inscription dont le produit, bon an mal an, valait environ 300 livres. Pour l’encourager, les États de Bretagne lui accordèrent, en 1724, une gratification de 1,000 livres à laquelle il ajoutait les revenus de son grade d’agrégé, soit 25 livres. Le sieur Bizeul s’étant plaint d’être moins bien traité que ses collègues, l’intendant fit une enquête de laquelle il ressortit que chaque chaire de professeur de Droit civil ou canonique rapportait 1 862 livres, et que les émoluments du sieur Bizeul ne dépassaient pas 516 livres.

Les querelles intérieures qui agitèrent l’existence de la faculté de Droit ne mériteraient pas d’être signalées, si elles ne nous apprenaient quels rapports existaient entre les professeurs et les élèves.

Dans la contestation qui s’éleva en 1723, à propos de la présidence des thèses, le Conseil du Roi intervint par un arrêt, du 12 mai, qui fixe le droit de présidence à 9 livres, sans compter les droits des professeurs qui tous ensemble n’auront pas plus de 80 livres (Archives d’Ille-et-Vilaine, F 95). Par le même arrêt, il est enjoint aux professeurs de ne pas s’ingérer dans les répétitions de Droit, mais de laisser aux étudiants la liberté de choisir parmi les agrégés ; il est également défendu de prélever des taxes abusives et de dispenser des étudiants de l’examen sur le Droit français.

Depuis que la Faculté était sortie des salles primitives de la rue Saint-Gildas, elle n’était pas parvenue à trouver un local convenable pour ses leçons. En 1732, ses exercices, même les plus solennels, se passaient dans une sale obscure et malsaine qu’elle louait au couvent des Carmes ».

3. Le transfert du droit à Rennes. Source : capture de pages de B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Histoire ancienne de notre université, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, Année 1948, 55-1, pp. 156-182.

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1790, Nantes. Palais de la Bourse

1790, Nantes. Palais de la Bourse. Source 1. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

« 1641. Premier palais de la Bourse. Le bureau de la ville, dont le maire est alors Pierre Poullain de la Vincendière, décide de faire construire une bourse de commerce. La réalisation en est confiée à Hélie Brosset.

1686. Il est déjà question de remplacer l’édifice, dont la qualité laisse à désirer. Au début du XVIIIe siècle, le bâtiment menace ruine.

1718. La démolition est décrétée.

1722-1724. La commande de construction d’une nouvelle Bourse est effectuée. L’ingénieur du roi David Delafond en établit le projet, et l’architecte Jean Laillaud obtient l’adjudication. L’ancien ouvrage est détruit en 1723, et les travaux commencent en 1724.

Pendant les travaux, le maire, Gérard Mellier, met à disposition des commerçants le Jeu de boules du Bouvet qui est une halle plus longue que l’ancienne Bourse, et où les commerçants qui la fréquentent se plaisent. La nouvelle Bourse est implantée en bord de Loire, pour satisfaire les propriétaires des immeubles dont la vue risquerait d’être gênée par le bâtiment. Celui-ci est installé, en partie, sur pilotis. La chapelle Saint-Julien est incluse dans ce nouveau palais de la Bourse, qui est apprécié, et où se tiennent, outre son activité principale, des réunions, la plus prestigieuse étant celle des États de Bretagne, en 1764.

1725-1734. Le Pont de la Bourse, qui relie la partie est du quai à l’île Feydeau, dont le lotissement à destination des plus fortunés de la ville est lancé par Gérard Mellier, est construit en 1725. Mais l’ouvrage s’écroule en juillet 1729 et doit être reconstruit par Jean Laillaud entre 1731 et 1734. Il s’appelle alors le Pont Feydeau jusqu’à son remplacement en 1869.

1736. La nature du sol, instable à cause de la vase sur laquelle les remblais ont été déposés, menace de faire s’écrouler Le palais de la Bourse. Jean Laillaud en est réduit, dès 1736, à venir la nuit pour reboucher les fissures.

1769. Le bâtiment est finalement détruit.

1767. Après l’évacuation du bâtiment, devenu dangereux, Jean-Baptiste Ceineray, devenu architecte de la ville, répond à la demande des négociants de construire un bâtiment provisoire. C’est donc dans une loge en bois, située place de la Petite-Hollande, qu’ils sont installés. Puis Ceineray propose successivement trois plans pour la reconstruction d’une Bourse de commerce à Nantes.

1790. C’est finalement son successeur, Mathurin Crucy, un architecte nantais qui a fait ses preuves en dressant les plans du théâtre Graslin et de la place Royale, qui est sollicité pour construire le bâtiment. Celui-ci est commencé le 1er juillet. C’est la 3ème bourse de Nantes.

1792-1799. La construction de la Bourse s’interrompt dans les premières années de la Révolution, la municipalité ne disposant alors plus des fonds nécessaires à la poursuite du projet. Seul le gros œuvre est achevé, et sans toiture l’édifice est inutilisable. La loge en bois de la place de la Petite-Hollande n’ayant pas été conçue pour durer aussi longtemps, la mairie, propose aux négociants d’installer la Bourse sous le péristyle du théâtre Graslin, puis, devant le mécontentement des intéressés, dans la Salle haute de la halle au blé en 1795, puis de nouveau sur la place de la Petite-Hollande en 1799″.

1815. Achèvement du Palais de la Bourse.

Pour aller plus loin : liste des Architectes ayant exercé à Nantes au XVIIIéme.

Source 2. Statues du Palais de la Bourse, larges extraits de Nantes Patrimoine, 22 juillet 2021.

« Le Palais Crucy est un monument rectangulaire de style néo-grec. La façade ouest (côté jardin) est constituée d’un portique d’ordre ionique composé de dix colonnes ornées de statues allégoriques. Ces statues, placées en 1812, mesuraient six pieds de hauteur (soit environ deux mètres) et ont été réalisées par Jean-Baptiste-Joseph Debay père. Dès la fin du 19e siècle, suite aux travaux d’agrandissement de la Bourse, des copies ornent la façade.

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