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Peintures du 18ème à Strasbourg

Suite de la chronique, Quiz. 8 peintures françaises du 18ème siècle, musée des Beaux-arts de Strasbourg.

9 peintures du 18ème siècle (Espagne, Flandres, Hollande, Italie), collections du Musée des Beaux-arts de Strasbourg. Ci-dessous citations de quelques notices en ligne.

La Vierge en gloire avec saint Laurent et à saint François de Paule, Gian Domenico Tiepolo (Venise, 1721 – Venise, 1804).

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

Vue de l’église de la Salute depuis l’entrée du Grand Canal, Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (Venise, 1697 – Venise, 1768), vers 1727.

« Canaletto, peintre vénitien renommé, s’est surtout adonné au genre pictural de la veduta. Ce type particulier du paysage, centré sur la représentation d’une vue de ville, tend à rendre avec précision la réalité, sans pour autant que l’œuvre soit dénuée d’une certaine poésie rendue par la transparence lumineuse.

Canaletto privilégie la représentation des sites et monuments célèbres de la ville de Venise ou de sa lagune et reprend souvent le même sujet dont il donne de multiples variantes.

Le tableau, grâce au support, rayonne de clarté et de luminosité. L’éclairage venant du sud-ouest indique une heure déjà avancée dans l’après-midi et la peinture lisse et fluide donne un effet d’ »après la pluie ».

Canaletto, à destination des riches touristes anglais, rend compte également de la vie quotidienne à Venise, à proximité du Grand Canal : les gondoliers, la présence de marchands, des diplomates venus d’Orient »…

Allégorie du Bon conseil, Francesco Zugno, vers 1750.

« Cette peinture de plafond qui ornait une pharmacie vénitienne est remise dans sa position d’origine et accompagnée d’une élévation dessinée des meubles de l’officine ».

Portrait de Don Bernardo Iriarte,  Francisco de Goya y Lucientes (Saragosse, 1746 – Bordeaux, 1828).

« Bernardo Iriarte était lié d’amitié avec Goya. Il faisait partie de ces Illustrados (« hommes éclairés ») qui entreprirent à la fin du XVIIIe siècle de sortir l’Espagne de sa léthargie intellectuelle et sociale, et de l’ouvrir au « siècle des lumières ». Libéraux, ils sympathisèrent avec les idées de la Révolution française. Plusieurs devaient s’engager aux côtés du roi Joseph, le frère de Napoléon, de 1808 à 1813. Iriarte fût de ceux-là et dût s’exiler comme Goya, après la guerre d’Espagne.

Le portrait a été exécuté en 1797, au moment où ces Illustrados étaient provisoirement arrivés au pouvoir et où Iriarte avait été nommé ministre de l’Agriculture. Que Goya portraiture plusieurs des hommes les plus éminents de ce parti libéral, ainsi que Guillemardet, ambassadeur de la République française est d’ailleurs l’une des indications les plus fiables quant à ses inclinations idéologiques personnelles. La première personnalité étrangère qu’il ait peinte, en 1798 précisément, était un régicide !

On doit relever l’extraordinaire qualité picturale du tableau et ce qu’elle annonce de l’impressionnisme par la fragmentation de la touche ».

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Les prince-évêques au 18ème siècle

Saison 8 du blog. Histoire du 18ème siècle en France et en Europe. Chronique sur les prince-évêques (citations d’extraits de l’article de Wikipédia).

« Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves. Le premier était l’archichancelier pour la Germanie et le plus important des électeurs : la Bulle d’or, établie par l’empereur Charles IV en 1356, stipulait qu’il était le président de l’assemblée électorale à Francfort et le dernier des sept à voter ; sa voix était donc déterminante en cas de partage à égalité des six premiers votes.

La matricule d’Empire, arrêtée à la diète de Worms en 1521, recense les trois électeurs ecclésiastiques et quatre États impériaux au rang de princes-archevêques : à Magdebourg, Salzbourg, Besançon et Brême. De plus, elle connaît au total 46 princes-évêques catholiques, par exemple à Bâle, Cambrai, Genève, Hildesheim, Liège, Münster, Paderborn, Sion, Strasbourg, Trente et Utrecht, ainsi que les Trois-Évêchés lorrains de Metz, Toul et Verdun.

Le nombre de prince-évêques a été réduit considérablement au cours de la réforme protestante.

Les grands dignitaires étaient souvent des chefs temporels plus que spirituels et il n’était pas rare qu’ils ne fussent même pas prêtres. Ainsi Ferdinand de Bavière, frère du duc Maximilien Ier de Bavière qui fut prince-archevêque de Cologne au temps de la guerre de Trente Ans, était également évêque de Freising, de Hildesheim, de Liège, de Münster et de Paderborn, mais n’était pas prêtre ». Par contre, pour être créé « cardinal », il faut être prêtre.

« Au siècle des Lumières, la légitimation du pouvoir temporel des évêques a pris fin face au rationalisme et à l’Aufklärung, notamment sous l’effet de la Révolution française. La totalité des principautés ecclésiastiques restantes fut supprimée à la suite de la paix de Lunéville au début du XIXe siècle » ».

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Strasbourg. L’alliance inattendue

Dimanche 7 juin 2020, vers 17 heures, terrasse du Palais Rohan, en bordure de l’Ill. J’ai programmé de photographier quelques édifices du 18ème à proximité, dont certains poêles de corporations de métiers (chroniques du blog sur l’Histoire du 18ème siècle).

Changement de programme : je comprends tout de suite que se font photographier les deux hommes-clés de l’alliance inattendue pour le second tour des élections municipales 2020, le 28 juin prochain. Alliance d’entre les deux tours, conclue entre la liste LREM, conduite par Alain Fontanel (premier adjoint au maire sortant), arrivée en 2ème position, et la liste du Parti Républicain, menée par Jean-Philippe Vetter et arrivée en 4ème position. Je vais les saluer, et engage une conversation avec eux ; les photographes officiels s’impatientent et me le disent gentiment.

Jean-Phillippe Vetter et Alain Fontanel

Je photographie à mon tour les deux alliés de fraiche date. J’ai choisi 7 photos : les regarder en diaporama plein écran, c’est mieux !

Alliance à droite conclue peu avant la dépôt des listes en mairie, et après l’échec de l’alliance attendue entre la liste Strasbourg Écologiste et Citoyenne, arrivée en tête au premier tour, et la liste du Parti socialiste, arrivée en 3ème position. Jeanne Barzeghian et Catherine Trautmann ne sont pas parvenues à un accord, accord qui leur aurait permis – probablement – de remporter l’élection.

Pour la première fois de ma vie

  • je n’ai pas voté au premier tour des élections municipales 2020 pour cause de pandémie, à cause des risques de contamination dans les bureaux de vote.
  • j’aurais voté pour l’alliance à gauche au second tour, le 28 juin. La fusion des listes Barzeghian – Trautmann ne s’étant pas faite pour des raisons mesquines, je m’abstiendrai. Je suis dégoûté de ces petits jeux politiciens, menés en catimini ! La politique n’est pas une lutte des places.

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Expérimentation et Technocratie

Commentaire critique de la circulaire du 6-5-2020, Expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion, Source MESRI – DGRH A1-2, BO du 4 juin 2020.

Texte de la circulaire en PDF

  • Une longue circulaire, ennuyeuse à ce point que je me demande si quelqu’un la lira en entier ; en tous cas, ce ne sera pas moi.
  • Une circulaire émanant d’un bureau d’une administration centrale, bref une circulaire technocratique.
  • Expérimenter suppose qu’une autonomie soit accordée aux établissements qui souhaitent se rapprocher, voire fusionner. Autonomie statutaire, financière, pédagogique. Pour le pire ou pour le meilleur. Diminuer la proportion d’élus des personnels dans le conseil d’administration jusqu’à la rendre minoritaire par rapport à celle des administrateurs extérieurs ne me semble pas représenter une expérimentation progressiste (cf. l’exemple de l’université Gustave Eiffel)
  • La technocratie n’aime pas l’expérimentation : elle adore réglementer jusque dans les moindres détails. La circulaire se propose de préciser les conditions de mise en œuvre des principales dispositions introduites par le texte de la loi en matière de gestion des ressources humaines. Ce faisant, elle va à l’encontre de l’autonomie ; elle est ainsi antinomique avec l’expérimentation.
  • La technocratie, puisqu’elle veut tout régenter, consomme le temps avec une extrême lenteur. Près de deux ans lui ont été nécessaires pour élaborer la circulaire GRH.
  • Heureusement, pendant ces deux années, les nouveaux établissements ont géré leurs ressources humaines. Pour le pire ou pour le meilleur. La technocratie va-t-elle rechercher maintenant les contrevenants aux règles précisées dans sa circulaire ? Non. Ce n’est pas son rôle. La DGRH A1-2 n’est ni une société de conseil, ni une inspection interne au MESRI, ni un département du HCERES, ni une Cour régionale des comptes.
  • En fait, la technocratie de la DGRH du MESRI avait-elle la compétence pour élaborer et de publier cette circulaire ? Quel types d’actes autorisés pour cette instance ? « la DGRH s’attache également à vérifier que le processus de prise de décision reste bien cohérent entre les différentes instances. Il s’agit d’écrire clairement quelle instance fait une proposition, rend un avis ou prend une décision. Différents types d’actes doivent être distingués : la proposition, l’avis simple, l’avis conforme et la décision ».
  • Une circulaire n’a pas force de loi ; au mieux, elle n’est qu’un avis. Dans le contexte d’un expérimentation organisationnelle, elle ne se sert à rien.

Texte intégral de la circulaire. L’article 52 de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance permet à un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) d’expérimenter de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et de leurs regroupements, de nouvelles modalités de coordination territoriale et de nouveaux modes d’intégration.  

L’ordonnance n° 2018-1131 du 12 décembre 2018, prise en application de l’article 52 précité ouvre ainsi la possibilité d’expérimenter de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement et de fusion.

La présente circulaire vise à préciser les conditions de mise en œuvre des principales dispositions introduites par le texte en matière de gestion des ressources humaines, pour les enseignants-chercheurs, les personnels de bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques, de santé et sociaux (BIATSS) et les personnels contractuels.

I- L’élaboration des statuts de l’établissement public expérimental au regard de la problématique de la gestion des ressources humaines

L’ordonnance du 12 décembre 2018 permet aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche d’expérimenter de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement dans le respect des objectifs et missions de l’enseignement supérieur. Les statuts de l’établissement public expérimental définissent ses règles particulières d’organisation et de fonctionnement. [1]

Les établissements qui envisagent de recourir à l’expérimentation dans ce cadre peuvent soumettre leurs projets de statuts à l’analyse des services de la DGRH pour ce qui concerne la gestion des ressources humaines.

Quels que soient les choix d’organisation, ces statuts doivent définir, de manière exhaustive, par énumération et/ou par renvois, les compétences des différents organes décisionnels en matière de ressources humaines, sous réserve des compétences obligatoires des instances mentionnées au livre IX du Code de l’éducation. Le tableau joint en annexe de la présente circulaire présente un panorama complet des actes de gestion RH concernant les enseignants-chercheurs et les enseignants non titulaires (cf. annexe 1) et permettra de vérifier que chaque acte relève bien d’une instance donnée.

Les statuts doivent également définir toutes les matières RH déléguées soit par le président ou le directeur de l’établissement expérimental aux établissements-composantes, soit par le président ou directeur de l’établissement-composante à l’établissement expérimental, soit entre établissements-composantes.

Outre la question de la vérification du traitement dans les statuts de l’exhaustivité des actes relatifs aux personnels de l’établissement expérimental et de ses établissements-composantes, la DGRH s’attache également à vérifier que le processus de prise de décision reste bien cohérent entre les différentes instances. Il s’agit d’écrire clairement quelle instance fait une proposition, rend un avis ou prend une décision. Différents types d’actes doivent être distingués : la proposition, l’avis simple, l’avis conforme et la décision. Dans le premier cas, la formule « Sur proposition de » sera privilégiée. S’il s’agit d’un avis, il devra être indiqué que l’instance « rend un avis ». Dans ce dernier cas, il conviendra de préciser si l’avis est simple ou conforme. Enfin, s’il s’agit d’une décision, le terme « délibère » devra être employé.

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1682-1712. Louis, duc de Bourgogne

Chroniques du blog sur le 18ème siècle en France et en Europe. Source de la chronique du jour : citations extraites de Wikipédia.

Louis de France (1682-1712), duc de Bourgogne, fils de Louis de France (dit le Grand Dauphin) et de Marie-Anne de Bavière. Par analogie avec son père, il est parfois appelé après sa mort le Petit Dauphin. Il était l’héritier en seconde ligne de son grand-père paternel Louis XIV mais mourut avant ce dernier, à l’âge de 30 ans. Son plus jeune fils devint le roi Louis XV en 1715.

Le 7 décembre 1697, il épouse Marie-Adélaïde de Savoie (1685 -12 février 1712), fille de Victor-Amédée II, duc de Savoie. Ils eurent trois enfants :

  • Louis de France (25 juin 1704 – 13 avril 1705), duc de Bretagne,
  • Louis de France (8 janvier 1707 – 8 mars 1712), duc de Bretagne puis dauphin de France,
  • Louis de France (15 février 1710 – 10 mai 1774), duc d’Anjou, futur Louis XV.

Il succéda à son père comme dauphin après la mort de ce dernier en 1711. Mais sa femme Marie-Adélaïde de Savoie et lui tombèrent malades et moururent à six jours d’intervalle au cours d’une épidémie de rougeole, entre le 12 et le 18 février 1712. Leur fils aîné, Louis, duc de Bretagne, succomba à la même maladie le 8 mars suivant.

Seul survécut leur plus jeune fils, le duc d’Anjou, alors âgé de deux ans seulement, et qui devint le roi Louis XV en 1715.

Louis de France, duc de Bourgone montra peu d’habileté à la guerre et n’éprouva que des revers dans la campagne de 1708, qu’il fit en Flandre avec l’assistance du duc de Vendôme, en réalité sous sa conduite autoritaire et fort peu bienveillante, et dans laquelle il eut à combattre Eugène de Savoie et le duc de Marlborough (déroute d’Audenarde dans la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714).

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37,9% des apprentis à Bac+2 ou plus

Émilie Cupillard, Les contrats d’apprentissage en 2018. Une hausse des entrées plus forte dans le privé que dans le public, DARES Résultats, mai 2020, n°017, 10 pages.

Citation d’extraits de ce DARES Résultats. « Les entrées en apprentissage ont fortement augmenté en 2018, avec 317 300 nouveaux contrats enregistrés, soit une hausse de 7,6 % par rapport à 2017. Pour la première fois depuis 2013, ce dynamisme est plus marqué dans le secteur privé (302 100 nouveaux contrats, +7,7 % par rapport à 2017), que dans le public (15 200 nouveaux contrats, +5,1% par rapport à 2017).

Le niveau de formation préparé en apprentissage continue d’augmenter. La part des nouveaux apprentis préparant une formation de niveau bac+2 ou plus augmente de deux points entre 2017 et 2018, passant de 35,9 % à 37,9 %. Le secteur tertiaire est surreprésenté parmi les embauches d’apprentis préparant un niveau de diplôme bac +2 ou plus (I à III) (65,1 %),

Cliquer ici pour agrandir l’image

Les entrées en apprentissage des 26 ans et plus augmentent de 44,6 %, ceux-ci étant majoritairement recrutés dans le cadre de l’expérimentation, commencée en 2017 et poursuivie en 2018, élargissant l’accès des 26-30 ans à l’apprentissage.

L’apprentissage dans le public. Une baisse des entrées dans les services de l’État. Le nombre de contrats enregistrés dans le secteur public non industriel et commercial augmente de 5,1 % en 2018, passant de 14 500 environ en 2017 à 15 200 en 2018. Le dynamisme du secteur public est ainsi moins important que celui du secteur privé.

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ParcourSup. Jurys d’admission ?

ParcourSup, phase 3. A partir du 19 mai, les candidats à la poursuite d’études dans le supérieur recevront des réponses des formations (réponses Oui, Oui si, Non) et devront se décider : j’ai plusieurs réponses « Oui », je prends ou je prends pas ? Je n’ai que des réponses négatives, je demande un accompagnement individuel ou non ?

Entre la phase 2 et la phase 3 du calendrier, il y a une phase cachée et chronophage : celle des jurys d’admission. Du 2 avril 2020 (date de la clôture des vœux et de la finalisation des dossiers) au 19 mai 2020, les dossiers des candidats à l’entrée dans l’enseignement supérieur dans une des 17 000 formations proposées par ParcourSup sont examinés par autant de jurys d’admission distincts.

Le problème : les universités, les classes supérieures des lycées, les prépas intégrées de certaines écoles d’ingénieurs ou de commerce sont fermées depuis mi-mars et leurs enseignants étaient confinés chez eux jusqu’au début de cette semaine.

Comment tenir des jurys d’admission dans ce contexte ? Site du MESRI : Covid-19 et Parcoursup 2020 : informations aux candidats

  • Confirmation des vœux, continuité de la procédure Parcoursup et de l’accompagnement des candidats, modification des modalités des épreuves de sélection écrites ou orales : consultez notre FAQ.
  • La continuité administrative et pédagogique est assurée dans les établissements d’enseignement supérieur, ce qui permet d’assurer l’examen des dossiers comme prévu de début avril à mi-mai.
  • Chaque commission d’examen des vœux mettra en place une organisation adaptée pour examiner tous les dossiers confirmés par les candidats comme prévu de début avril à mi-mai afin d’envoyer les réponses aux candidats à compter du 19 mai 2020.

Il faut par ailleurs rappeler qu’un jury doit être composé de plusieurs enseignants, que signer un PV de jury sans y avoir participé n’est pas d’une élégance extrême !

Il n’y a pas d’obstacles techniques à ce que les jurys d’admission se tiennent à distance, sous deux conditions : les dossiers de candidature doivent être dématérialisés, les entretiens avec chacun des candidats représenteraient une telle charge de travail et une forte probabilité d’aléas qu’il vaut mieux ne pas y penser ! ParcourSup répond à ces deux conditions

Y aura-t-il une évaluation des jurys d’admission de cette année (points forts, points faibles, opportunités, contraintes) ? J’aimerais qu’une recherche multidisciplinaire accompagne cette évaluation

J’ai navigué ce matin sur les sites web des universités du Grand-Est. Pas une fois, je n’ai vu mentionner, pour les enseignants ou responsables de formation, les jurys d’admission dans les Plans de continuité pédagogique ou de reprise de l’activité.

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Depuis 15 ans, le flop de la licence

Avril 2005, la loi d’orientation de l’école se fixe trois objectifs ambitieux :
1. garantir que 100% des élèves aient acquis un diplôme ou une qualification reconnue au terme de leur formation scolaire ;
2. assurer que 80% d’une classe d’âge accède au niveau du baccalauréat ;
3. conduire 50% d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur.

Chronique en 3 pages. Page 1. Synthèse critique. Page 2. Cohorte de bacheliers 2014 et devenir en 2018 : taux d’obtention de la licence en 3 ou 4 ans. Page 3. Résultats de cohortes antérieures et explication des échecs en licence.

1. Depuis 15 ans, les réformes du lycée et du baccalauréat ont permis d’atteindre le deuxième objectif : 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Plus surprenant, le niveau des bacheliers semble avoir fortement progressé en 20 ans : le pourcentage de bacheliers généraux avec mention dépasse 50 %.

Échec par contre pour le 3ème objectif de la loi de 2005 (50% d’une classe d’âge diplômée du supérieur). Échec largement dû au flop des réformes du 1er cycle universitaire. La réforme LMD de 2002 sous J. Chirac et Jospin, le plan licence sous  N. Sarkozy, V. Pécresse et L. Wauquiez, la loi relative à l’ESR de 2013 sous F. Hollande, G. Fioraso, N. Vallaud-Belkacem et B. Hamon, la loi ORE de 2018 sous E. Macron et F. Vidal n’ont pas fait progresser le taux d’obtention de la licence universitaire en 3 ou 4 ans : il reste scotché autour de 40%. L’échec est flagrant et durable : un gaspillage ubuesque d’investissement humain, matériel, financier. L’échec est même un massacre pour les bacheliers technologiques et professionnels qui s’aventurent en licence.  

Toutes les réformes d’aide à l’orientation post-bac (d’APB à Parcoursup) n’ont rien changé. Au final, moins d’un bachelier sur deux réussit sa licence en 3 ou 4 ans. La mention Très bien au bac n’est même pas le sésame pour obtenir la licence à tous les coups : seulement 70% des bacheliers ayant obtenu cette brillante mention ont réussi la licence en 3 ans.

Depuis 11 ans, je défends le projet d’une réforme de l’ensemble du premier cycle et non de la seule licence : créer des Instituts d’enseignement supérieur (IES), pour faire progresser nettement le taux de bacheliers obtenant le diplôme licence en 3 ans.

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Devenir des diplômés de DUT

Les enquêtes sur le devenir des diplômés de DUT (celle présentée en page 2 de cette chronique est la 15ème) est-elle encore utile pour l’orientation des élèves de terminale dans la mesure où 92% des diplômés de DUT poursuivent des études ? Ne serait-il pas plus fécond d’étudier l’insertion des diplômés de DUT qui ont poursuivi des études durant une année de plus (en licence professionnelle par exemple) ?

Le mieux serait d’anticiper la réforme des études en IUT qui sera mise en œuvre en 2021. Analyser le devenir des diplômés 2017 (DUT + 1 année) en décembre 2020, et ainsi de suite pour arriver à l’impact de la future réforme : devenir en décembre 2026 (devenir à 30 mois) des diplômés 2024 de la nouvelle licence IUT.

Accueillir davantage de bacheliers technologiques, créer un cursus complet en trois ans, limiter les poursuites d’études jusqu’à bac + 5 : la réforme des IUT, prévue pour 2021, suscite certaines inquiétudes, Sylvie Lecherbonnier, Le Monde, 07 février 2020.

Autre problème, celui abordé dans la chronique d’hier (29 avril), Sale temps pour les enquêtes et pour les enquêtés. Quel impact de la pandémie sur les premières années professionnelles des diplômés 2018, 2019 et 2020 ?

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Sale temps pour les enquêtes

Suite de la chronique, L’orientation, 3 ans après la loi ORE. Pour mieux orienter les étudiants, il faut des enquêtes sur la réussite dans les études et des enquêtes sur l’insertion. La loi ORE y a bien pensé : l’article L. 611-5 du code de l’éducation institue un observatoire de l’insertion professionnelle dans chaque université par délibération du conseil d’administration…

En période de confinement et de fermeture des universités, le fonctionnement des observatoires est évidemment perturbé. Les ingénieurs d’études ou de recherche, qui composent l’ossature des observatoires, travaillent-ils à distance ? En cas d’enquêtes téléphoniques, dans quelles conditions concrètes, les enquêteurs vacataires sont-ils mobilisés ?

On peut faire l’hypothèse que la pandémie Covid-19 et le confinement qu’elle entraîne impactent les conditions de vie et d’études des étudiants, la recherche du premier emploi, les débuts de la vie active, le volume des offres d’emploi. Printemps 2020 : sale temps pour les enquêtes, sale temps pour les enquêtés.

  • « En mars 2020, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A en France (hors Mayotte) enregistre sa plus forte hausse depuis le début de la série en 1996 (+246 100, soit +7,1 %), pour s’établir à 3 732 500 », DARES, 27 avril 2020.

Les perturbations touchent aussi les enquêtes nationales, A. celle de l’OVE, B. celle du CEREQ (page 2 de cette chronique).

A. Enquête de l’Observatoire de la Vie Étudiante sur Les conditions de vie des étudiant(e)s.

Exemple de résultat en ligne pour l’enquête de l’OVE, Conditions de vie 2016

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