Archives de Catégorie: AH. Histoire 19-20èmes siècles

J-J. Henner, 30 ans en 1859

Jean-Jacques Henner  (1829-1905) : 30 ans en 1859.

Deux sources. Citations de l’article de Wikipédia (Jean-Jacques Henner) et des cartels de l’exposition qui lui est consacrée à Strasbourg.

Diaporama de 47 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

« Auteur d’une œuvre abondante présentée dans de nombreux musées, il a une réputation de portraitiste et de dessinateur apprécié de son vivant. Il est surtout connu pour ses nombreux nus féminins aux chairs pâles, à la chevelure rousse et aux poses alanguies. Il est resté toute sa vie à l’écart des évolutions artistiques de son époque.

1829. Naissance le 5  mars à Bernwiller (Haut-Rhin). Fils de paysan sundgauvien, les premiers tableaux de Jean-Jacques Henner sont des portraits et des scènes de la vie quotidienne des habitants de sa région traitées dans un réalisme parfois naïf.

1841-1843 (12-14 ans). Henner suit ses premiers cours de dessin au collège d’Altkirch auprès de Charles Goutzwiller.

1843-1846 (14-17 ans). Il entre dans l’atelier de Gabriel-Christophe Guérin à Strasbourg. Celui-ci meurt en 1846.

1845 (16 ans). Il peint le portrait de Séraphin, son frère (1815-1894). C’est à lui que revint la responsabilité de l’éducation du jeune Jean-Jacques à la mort de leur père.

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1847 (18 ans). Grâce à l’octroi de plusieurs bourses du conseil général du Haut-Rhin, il poursuit ses études à Paris à l’École des Beaux-arts et fréquente l’atelier de l’alsacien Michel Martin Drolling. Il suit un enseignement académique et commence à fréquenter d’autres jeunes élèves tels Alexandre Falguière, Jules-Elie Delaunay et Jules Lefebvre.

Les professeurs étant des membres de l’Institut venant corriger les travaux des élèves, Henner bénéficie des conseils de James Pradier, David D’Angers, Horace Vernet et Jean-Auguste Dominique Ingres.

1847-1858 (18-29 ans). Il rentre régulièrement en Alsace et peint des scènes de genre et des portraits de ses proches.

1847 (18 ans). Autoportrait. Portrait de jeune fille alsacienne.

  • février 1848 – décembre 1852. Lors de la révolution de 1848, Jean-Jacques Henner a 19 ans. Lors de l’installation en décembre 1852 du Second Empire, il va bientôt fêter ses 24 ans. Cinq années de vie parisienne : barricades de février 1848 ; proclamation de la 2ème République en juin 1848 ; coup d’État de décembre 1851 au bénéfice du futur Napoléon III ; décembre 1852, instauration du Second Empire, sous la férule de l’empereur Napoléon III.
  • Jean-Jacques Henner n’a peint aucun de ces évènements clés de l’Histoire de France. L’exposition de Strasbourg cache cette anomalie. Pourquoi ? Pourquoi cette toile de 1849 ? Ecce Homo !

1849 (20 ans). Ecce Homo.

1850-1851 (21-22 ans). Il est inscrit au registre des copistes du Louvre et forme son œil au contact des maîtres anciens : Titien, Raphaël, Poussin retiennent particulièrement son attention.

A la mort de Drölling, Henner entre dans l’atelier de François-Édouard Picot. À cette époque, il réalise de nombreuses copies d’après des chefs-d’œuvre exposés au musée du Louvre. Ingres, Pierre-Paul Prud’hon et Corot comptent parmi les peintres du XIXe siècle qu’il apprécie par ailleurs.

1851 (22 ans). Portrait de Magdeleine Wadel-Henner (mère de l’artiste).

1852 (23 ans). Il tente son premier essai pour le Grand Prix de Rome de peinture.

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Réattu, Suzanne et les vieillards

A. Biographie de Jacques Réattu (1760-1833), prix de Rome en 1790. Source 1 : Citations du site du Musée Réattu (Arles).

« Jacques Réattu est né en Arles en 1760. Dès 1775, il entre à l’académie royale de peinture et de sculpture. Il se destine à la carrière de Peintre d’histoire, le plus noble des Genres dans la classification donnée alors à la peinture.

Cette ambition passe par l’obtention du Grand Prix de Rome attribué par concours, auquel il participe dès 1782. Il n’obtiendra le succès tant espéré, qu’en 1790 pour son œuvre Daniel faisant arrêter les vieillards accusateurs de la chaste Suzanne. Le prix lui ouvre les portes d’un séjour en Italie en tant que pensionné du Roi ».

Diaporama de 44 photos, prises par Pierre Dubois au Musée Réattu à Arles en avril 2019.

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  • Suzanne et les vieillards (ou Suzanne et les deux vieillards ou encore Suzanne au bain) est un épisode biblique relatant l’histoire d’une jeune femme, Suzanne qui, observée alors qu’elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards. Pour se venger ceux-ci l’accusent alors d’adultère et la font condamner à mort. Mais le prophète Daniel, encore adolescent, intervient et prouve son innocence. Il fait condamner les vieillards. L’épisode se trouve au chapitre 13 du livre de Daniel. Robert Gauthier, Suzanne et les vieillards, Galerie des Arts.

« Malheureusement le contexte politique ne lui permettra pas de séjourner comme prévu quatre années dans la capitale pontificale.

Ce séjour sera néanmoins l’occasion pour Jacques Réattu de réaliser une œuvre majeure, Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu (1792), première œuvre à discours révolutionnaire de l’artiste (cf. source 2).

De retour en France en 1793, il séjourne d’abord à Marseille où il obtient en 1795 la commande pour le décor du Temple de la Raison de huit tableaux monumentaux peints en grisaille à l’imitation de bas reliefs illustrant les idéaux révolutionnaires.

En 1798, il revient définitivement en Arles où il acquiert la commanderie de Saliers, puis la totalité des lots du Grand Prieuré de l’Ordre de Malte dont les biens furent confisqués et vendus dès 1793. C’est là qu’il installe son atelier dans un face à face intime avec le Rhône.

De 1802 à 1819, Jacques Réattu se consacre à la gestion de son patrimoine foncier.

Il ne reprend ses pinceaux qu’à partir de 1819 pour entamer l’une des périodes les plus productives de sa carrière avec de grands projets de décors en particulier de théâtres et hôtels de Villes à Marseille, Nîmes et Lyon. A côté des grandes productions allégoriques de la période, Jacques Réattu renoue également avec des œuvres d’inspiration mythologique.

Enfin à partir de 1826, il entreprend son premier et seul grand décor religieux pour l’église St Paul de Beaucaire mais l’artiste décède en 1833 n’ayant eu le temps de réaliser que trois des œuvres sur les cinq prévues ».

B. La figure de Prométhée dans l’œuvre de Jacques Réattu : Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu. Citations de Claude Badet, Presses Universitaires de Rennes, Books Open Edition.

« En Italie, sa vie est celle d’un élève studieux. C’est à l’automne de 1792 que nous avons les témoignages de son engagement pour les idées de la Révolution, de sa solidarité avec les autres pensionnaires ainsi que de la rencontre avec le peintre Topino-Lebrun qui travaille dans la capitale romaine à ce moment-là. Le procès puis la mort du Roi entraînent des violences qui rendent la situation dangereuse pour les pensionnaires. Le peintre est d’ailleurs, comme ses camarades, parti à Naples se mettre à l’abri. Enfin, il quitte l’Italie en novembre 1793, et débarque, désargenté, à Marseille.

Avant de commencer la peinture du Prométhée, le peintre a réalisé un certain nombre de travaux préparatoires : au moins deux dessins et une esquisse peinte.

La comparaison entre ce dessin préparatoire et la composition finale fait apparaître un certain nombre de modifications opérées par l’artiste. Le vêtement de Minerve traité dans le dessin d’une manière plutôt baroque est désormais d’une facture néo-classique.

La tête de Prométhée n’est plus tournée vers le soleil, vers le haut. Le regard se porte désormais vers le feu dérobé.

Ces différences semblent indiquer que Réattu a voulu changer le moment de la scène. Sur le dessin, l’effort fait par les personnages tend à montrer qu’il s’agit du moment où Prométhée va toucher le feu du ciel, nous nous trouvons encore dans une phase ascendante. La composition peinte, de son côté, montre l’instant précis où Prométhée vient de dérober ce feu…

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J-J. Henner, prix de Rome en 1858

Jean-Jacques Henner (1829-1905), prix de Rome en 1858.

Diaporama de 10 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Cliquer sur les images pour les agrandir. Colonne de droite : les autres candidats au Prix

Source 1. Extraits de l’article de Florian Siffer, L’élève et ses maîtres, in Les Saisons d’Alsace, Jean-Jacques Henner. Un maître alsacien, Hors-série, octobre 2021, pp. 21 et 22.

« Lorsqu’il intègre l’atelier de François-Édouard Picot en 1851, Jean-Jacques Henner est en fin de formation. Maîtrisant déjà les principes de la peinture d’histoire, il est disposé à atteindre l’objectif ultime de son apprentissage : le prix de Rome qui octroie une bourse d’étude à la Villa Médicis (Rome) et qui est l’aboutissement naturel de la formation artistique au 19ème siècle.

Sa première tentative intervient en 1855. Il est alors opposé à 19 candidats et le sujet consiste à représenter La mort de Saphire, femme d’Ananie, thème puisé dans le Nouveau Testament. Henner échoue. Même s’il semble satisfait de sa production, ce revers le plonge dans le doute.

Il rentre durant un an sur ses terres natales avant de retrouver la force de revenir à Paris afin de retenter sa chance en 1857 ; le sujet du concours est alors La résurrection de Lazare.

Mais il doit encore patienter une année avant d’obtenir enfin cette récompense en 1858 avec le tableau Adam et Eve trouvant le corps d’Abel. Henner pourra alors enrichir son imaginaire avec la lumière italienne et débuter une carrière prometteuse ».

Source 2. Citation de l’article de Wikipédia. En 1858 et après deux tentatives infructueuses, le jury de l’École des beaux-arts composé de trente-et-un membres, parmi lesquels Abel de Pujol, Jean-Victor Schnetz, François-Joseph Heim, Picot, Jacques Raymond Brascassat, Hippolyte Flandrin, Eugène Delacroix et Léon Cogniet, lui décerne le prix de Rome pour sa composition Adam et Eve trouvant le corps d’Abel, ce qui lui ouvre les portes de la villa Médicis à Rome pendant cinq ans de 1859 à 1864. Il y côtoie notamment le sculpteur Falguière et le compositeur Bizet. Les portes d’une carrière officielle lui sont ouvertes.

Source 3. Caïn et Abel in Genèse 4.1-15.

Adam eut des relations conjugales avec sa femme Eve. Elle tomba enceinte et mit au monde Caïn. Elle dit: J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel.
Elle mit encore au monde le frère de Caïn, Abel. Abel fut berger et Caïn fut cultivateur.
Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l’Éternel.
De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre.
L’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.
Cependant, Caïn dit à son frère Abel: Allons dans les champs et, alors qu’ils étaient dans les champs, il se jeta sur lui et le tua.
L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?

Dieu dit alors: Qu’as-tu fait? Le sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Désormais, tu es maudit, chassé loin du sol qui s’est entrouvert pour boire le sang de ton frère versé par ta main. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus toutes ses ressources. Tu seras errant et vagabond sur la terre.
Caïn dit à l’Éternel: Ma peine est trop grande pour être supportée. Voici que tu me chasses aujourd’hui de cette terre. Je serai caché loin de toi, je serai errant et vagabond sur la terre, et toute personne qui me trouvera pourra me tuer.
L’Éternel lui dit: si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois et l’Éternel mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas.

Source 4. Commentaire de l’œuvre sur le site du Musée Henner. « Le peintre décrit lui-même son œuvre en ces termes : Mon Abel est couché tout le long, sur le premier plan. Ève à genoux s’élance vers lui Adam lui semble plutôt reculer, car il a deviné tout de suite, tandis qu’Ève pourrait encore douter.

Ce tableau est conservé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il en existe une esquisse peinte à Paris au musée national Jean-Jacques Henner, ainsi qu’une seconde au musée des beaux-arts de Mulhouse. Une autre esquisse ou répétition appartient à une collection privée parisienne réunissant une série d’esquisses pour le concours de Rome.

En 1858, après deux échecs, Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Dans l’esquisse du musée, le peintre met en place tous les éléments du grand tableau. Le sujet du concours s’inspire de la Genèse : Adam et Ève découvrent le corps sans vie de leur fils Abel, tué par son propre frère Caïn.

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1663-1968. Histoire du prix de Rome

Histoire du prix de Rome. Source : citations de l’article de Wikipédia.

« Les grands prix de peinture et de sculpture sont créés en 1663 en France sous le règne de Louis XIV, ils ne sont au départ qu’assortis de bourses et de cadeaux. Ce concours est organisé chaque année par l’Académie royale de peinture et de sculpture et est ouvert à ses élèves, patronnés par les académiciens. Ces prix sont des recommandations de l’Académie : seul le directeur des Bâtiments, Arts et Manufactures du roi possède le pouvoir d’envoyer ou non l’un de ces primés en Italie. Dès lors, il existe de nombreuses attributions de prix qui n’entraînent pas systématiquement un séjour à Rome. Ce n’est qu’en 1664 que le roi fait promesse aux lauréats d’une pension pour ce séjour.

Le grand prix d’architecture est organisé à partir de 1720 par l’Académie royale d’architecture sur le même modèle.

L’Académie de France a eu plusieurs sièges successifs à Rome dont, au XVIIIe siècle, le palais Mancini, avant de se fixer définitivement à la villa Médicis en 1803″…

Villa Médicis : photos de Pierre Dubois, mai 2017.

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  • La Villa Médicis. « Les anciens bâtiments de l’Académie de France à Rome ayant été incendiés en 1793, Napoléon Bonaparte décide en 1803, après la création du royaume d’Étrurie, d’installer celle-ci à la Villa Médicis. Le cardinal Giovanni Ricci di Montepulciano avait fait bâtir la villa Médicis vers 1564, par les architectes Giovanni Lippi et Annibale Lippi.
  • La villa est acquise en 1576 par le cardinal Ferdinand de Médicis qui, jusqu’en 1587, fait exécuter les projets de Bartolomeo Ammannati. Il se fait représenter dans la chambre dite des Muses en Jupiter régnant sur les Arts par le peintre Jacopo Zucchi. Les armes de la Maison « de Médicis ornent la façade côté jardin ».

« Après la suppression des Académies royales, la mise à sac du palais Mancini par les Romains en 1793, et l’interruption des concours entre 1794 et 1796 (en raison de la guerre et de l’impossibilité de se rendre en Italie), les concours reprennent en 1797 sous la houlette du nouvel Institut de France, qui remplace les anciennes académies. Les concours de peinture, sculpture et architecture sont recréés et sont ajoutés la composition musicale en 1803, la gravure en taille douce en 1804, le prix du paysage historique en 1817″.

Quelques-uns des prix de Rome en peinture au 18ème siècle.

1711. François Lemoyne, Ruth glane dans les champs de Booz.

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La BNU en Orient : 4 coups de cœur

Exposition de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg : L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus. Catalogue remarquable : 192 pages, extrêmement soignées

3ème chronique sur cette exposition : 4 coups de cœur :

Diaporama de 28 photos (dont détails).

Portrait d’homme, Inde, 18-19ème siècle. Catalogue : pièce 6.22, page 171.

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Trois pages d’une Ragamala, Inde, Jaipur et Lucknow (peintures) et Iran (marges). Fin du 18ème – début du 19ème. Catalogue : pièce 6.20, page 170.

Hemacandra (12ème siècle). Commentaire particulier des six règles obligatoires. Catalogue : pièce 6.15, page 166.

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1765. Façade de St-Thomas-d’Aquin

Saint-Thomas-d’Aquin, Paris (de 1683 à 1765). Architecte Pierre Bullet, pour l’ensemble de l’église. Père Claude Navan pour la façade (1765).

Diaporama de 23 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

A. Source : citations de Patrimoine – Histoire – Paris.

« En 1632, au cœur du faubourg Saint-Germain, les Dominicains installèrent le noviciat général de l’ordre de Saint-Dominique. Une chapelle dédiée bien sûr au saint patron de leur ordre fut édifiée. La population du quartier s’accroissant et les largesses du cardinal de Richelieu s’ajoutant à celles des fidèles, c’est tout un monastère qui fut construit en 1682.

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La construction de la nouvelle église commença dès 1683 sur les plans de l’architecte Pierre Bullet (1639-1716), ingénieur du Roi et de la ville de Paris. Elle est de style classique, d’inspiration baroque italien. Sous une voûte en berceau, la nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein-cintre. Les piliers sont ornés de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

La chapelle Saint-Louis est ajoutée en 1722.

Le plafond est décoré de la peinture de François Lemoyne (1688-1737) : La Transfiguration.

La façade n’est élevée qu’en 1765 selon les dessins d’un religieux du couvent, le père dominicain Claude Navan (1697-1774). De style classique, elle présente un ordre dorique en bas et ionique en haut.

Le tympan du fronton est une œuvre de François-Charles Butteux (1732-1788). Intitulée La Religion, elle est datée de 1769. Appuyée sur la Vérité, elle fait face aux tables de la Loi.

Bas-relief : la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique de Théodore-Charles Gruyère (1814-1885). Œuvre de 1867.

À la Révolution, les ordres et les congrégations sont supprimés, les religieux expulsés. Le couvent devient manufacture d’armes, puis musée d’Artillerie. L’église est érigée en paroisse en 1791 et dédiée à saint Thomas. Dépouillée de ses biens, elle est confiée au club des Jacobins en 1793 et devient Temple de la Paix.

L’église Saint-Thomas-d’Aquin est rendue au culte catholique en 1803. Aux XIXe et XXe siècles, ses richesses perdues furent remplacées par de nombreuses œuvres d’art données par la Ville de Paris ».

B. Source : citations du site de la paroisse.

« L’église du couvent des dominicains a été construite en 1631 sur l’ancien emplacement du jardin de la reine Margot. Elle n’est pas «orientée» et se trouvait alors dans l’axe d’une allée de tilleuls, face à l’Hôtel de LUYNES. Couvent et église sont démantelés en 1791. L’église est rendue au culte en 1803 et devient la paroisse Saint Thomas d’Aquin mais elle ne sera de nouveau consacrée par Monseigneur FELTIN qu’en 1950.

Le mur de l’abside de l’église s’étant effondré en 1722, les dominicains décident de créer leur propre chœur. Ils confient la réalisation de la Transfiguration sur le plafond de leur chapelle à François LEMOYNE (1688-1737). La statue de la chapelle de la Vierge est de Gilles GUÉRIN (qui a réalisé les chevaux du bassin d’Apollon à Versailles). 

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J. Euting, orientaliste, bibliothécaire

Source : larges extraits de Julius Euting (1839 – 1913) par Robert Weyl, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n°10, juin 1987.

Diaporama de 34 photos.

Chroniques et photos sur l’exposition de la BNUS : L’Orient inattendu.
7 octobre 2021 : L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Julius Euting, orientaliste et bibliothécaire, protestant luthérien (né à Stuttgart, décédé à Strasbourg). Études secondaires au Gymnase de Stuttgart et au Séminaire théologique de Blaubeuren. De 1900 à 1909, il fut directeur de la Kaiserliche Universitäts und Landesbibliothek, devenue aujourd’hui la BNUS.

Années 1850. Études de théologie et des langues orientales à l’Université de Tübingen.

1862 (Euting a 23 ans) : docteur en philologie. Il abandonne la théologie pour poursuivre à Paris, à Londres et à Oxford des études en vue de la carrière de bibliothécaire.

1866 (27 ans). Nommé Kustos de la Stiftsbibliothek de Tübingen, puis bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire de Tübingen.

1867 (28 ans). Euting commence à voyager. Il descend le Danube sur une barque en compagnie de deux Anglo-saxons, visite la Transylvanie, Constantinople, Smyrne, Athènes et Venise.

1868-1870 (29-31 ans). Il visite la Suède et la Norvège, la Sicile et la Tunisie (Carthage) dont il ramène une quantité d’estampages qu’il publie après les avoir déchiffrés. 1870, il fait un nouveau voyage en Sicile, à Athènes, Smyrne, Constantinople, Bucarest, Budapest et Vienne.

1871 (32 ans). Nommé bibliothécaire de la Kaiserliche Universitäts und Landesbibliothek de Strasbourg.

1880 (41 ans). Nommé Ordentliche Honorar Professor à la Faculté de Philosophie de Strasbourg, il était Geheimer Regierungsrat et enseigne l’hébreu au Gymnase protestant.

Julius Euting, peint en 1886 par Antoine Boubong (1842-1908), Huile sur toile, Bibliothèque de l’université de Tübingen

1883-1884 (44-45 ans). Il entreprend un long voyage, parcourant le Proche Orient. Il est soutenu par le roi de Wurtemberg et le Statthalter von Manteuffel. Au Caire, il obtint des lettres de recommandation pour divers émirs. Il voyageait déguisé en arabe sous le nom d’Abdel Wahab et maîtrisait la langue des pays traversés. Il séjourne durant trois mois à Hayel, auprès de l’émir Mohammed ibn Abdallah ar Rashid. Après son départ de Hayel, il est attaqué par des Bédouins et, pour se défendre, doit tuer deux assaillants. Son compagnon de voyage, l’orientaliste Charles Huber qui s’était séparé de lui, est assassiné près de Djedda. Il ramène de son voyage des centaines d’estampages ou de copies d’inscriptions.

Portrait de Charles Huber assis, vers 1880, Photographie, BNUS

Il est devenu un spécialiste pour l’araméen, le syriaque, le mandéen, le samaritain, le palmyrénien, le nabatéen, l’hébreu, le phénicien, le punique, l’arabe, le minéen, le sabéen, le liyanèen, l’himyarite, le pehlvi.

Selle de dromadaire de Julius Euting avec ses accessoires, Arabie, vers 1884, Stuttgart, Linden Museum

1889 (50 ans). Nouveau voyage en Égypte septentrionale, dans la presqu’île du Sinaï (où il déchiffra le sinaïtique) et en Transjordanie. 1890 (51 ans). Il participe sous la direction de Koldewey aux fouilles de Zindjirli près d’Alexandrette.

1898 (59 ans). Nouveau voyage par Port-Saïd, Jérusalem, Jéricho, Madaba jusqu’à Pétra, voyage dont il rendra compte dans une conférence devant des têtes couronnées en 1901.

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Julius Euting, Bek’a (Arabie), 14 novembre 1883, Aquarelle sur papier, Tübingen, bibliothèque de l’université

1900-1909 (61-70 ans). Euting devient Directeur de la Bibliothèque impériale de Strasbourg. 1909. Il prend sa retraite.

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L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). L’Orient inattendu, Du Rhin à l’Indus. Sources : extraits des sites de la BNUS et du Musée de l’impression des étoffes de Mulhouse (page 2 de la chronique), du Catalogue de l’exposition strasbourgeoise.

Diaporama de 11 photos : L’Orient, source d’inspiration pour les industries alsaciennes.

A. « À l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de la Bibliothèque nationale et universitaire et de l’Université de Strasbourg, l’exposition L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus invite à porter un regard nouveau sur l’histoire de la ville et de la région sous l’angle des relations avec l’Orient et plus précisément les terres d’Islam. Une exposition événement en partenariat avec les Musées de Strasbourg et le Musée du Louvre.

Pourquoi une telle approche ? Outre la présence fréquemment interrogée de l’Islam et de musulmans dans notre société, il existe, dans les collections patrimoniales régionales, des traces matérielles de contacts historiques, parfois très anciens, remontant jusqu’au Moyen Âge. Ces contacts et ces objets patrimoniaux, souvent méconnus, représentent une face inattendue de notre histoire et de notre patrimoine, en quelque sorte une face cachée de nous-mêmes.

Du 18 septembre 2021 au 16 janvier 2022, l’exposition propose d’explorer cette histoire avec un triple fil conducteur : les représentations de l’Orient islamique dans la région rhénane et plus particulièrement en Alsace ; sa réception et son impact dans les sciences, la littérature et les arts ; et enfin les traces de cette réception dans les collections régionales et nationales ».

B. Les Orients des industries textiles alsaciennes, extraits de l’article d’Aziza Gril-Mariote, in Catalogue de l’exposition, pp. 113-117.

« L’Alsace et ses industries d’art, surtout ses industries textiles, ont entretenu avec l’Orient – un espace lointain allant de l’Inde au Levant en passant par la Perse – des liens ambivalents en nouant des relations commerciales et en cherchant une inspiration artistique tout en reprochant aux Orientaux leurs procédés artisanaux …

C’est d’abord l’Inde qui est apparue comme source d’approvisionnement essentielle en indiennes au 17ème siècle, puis en toiles de coton brut au 18ème siècle, avant de céder la place au Levant et à l’Égypte pour leur coton acheminé vers les filatures qui ouvraient en Europe au début du 19ème siècle »…

« Pendant près de deux siècles, les manufactures d’indiennes alsaciennes ont perpétué cette tradition stylistique, tandis que l’essor industriel a permis de s’affranchir des procédés techniques orientaux…

Le terme indienne désigne aujourd’hui une fine toile de coton imprimée à la planche de bois de motifs d’inspiration végétale aux couleurs éclatantes…

Après l’instauration de la prohibition du commerce des indiennes pour protéger les productions nationales en 1686, Marseille devient une plaque tournante dans un véritable trafic ».

« A la levée de la prohibition en 1759, alors que l’indiennage se développe en France, l’Encyclopédie définit encore les indiennes comme des toiles peintes qui nous viennent des Indes. En réalité, fabricants et commerçants utilisent le terme jusqu’au 19ème siècle pour désigner aussi bien les indiennes orientales que les impressions européennes…

Les premières adaptations au goût européen apparaissent au niveau des décors des bordures qui accommodent les ornements traditionnels à la mode européenne (image ci-dessous). Lorsque ces toiles débarquent en Europe, cette adaptation n’est pas connue ni perçue du public et les motifs apparaissent comme exotiques ».

Indienne au monogramme, Inde, côte de Coromandel, début du 18ème

Toile de coton teinte par mordançage et réserve, peinte, 8 couleurs, Mulhouse, musée de l’Impression sur Étoffes. Cette indienne d’Inde intègre de nombreux motifs occidentaux : anges, aigles bicéphales et basilics (monstres à tête d’oiseau).

« L’introduction de l’indiennage à Mulhouse à partir de 1746 bénéficie de la proximité de la Suisse où cette industrie se développe pendant la prohibition… La fin des années 1770 est marquée par un essor technique ; l’usage de fines toiles de coton importées d’Inde et la mise au point d’un vocabulaire décoratif inspiré des motifs des importations…

Les dessinateurs reprennent les décors des indiennes d’Inde, notamment les bordures des palempores, pour en faire des compositions florales, ou bien laissent libre cours à leur imagination, transformant les arbres de vie en ramages fleuris dont les arabesques se prêtent mieux à la répétition du dessin sur les métrages de toile. Les motifs relèvent désormais du monde floral européen et de ses déclinaisons stylisées…

Après les fleurs d’indiennes, les impressions alsaciennes doivent leur réputation aux palmettes Cachemire, qui est un fil de laine obtenu à partir du duvet de chèvres dans la vallée du Kashmir. Le tissage des fils teints donne des étoles aussi chaudes que fines et douces, qui sont décorées aux extrémités de palmettes. Ces châles arrivent en Angleterre dans les cargaisons des Compagnies des Indes à la fin du 18ème siècle, avant leur introduction en France au retour de la campagne d’Égypte : leur mode fait fureur sous l’Empire…

Lorsque les fabricants mulhousiens Dollfus-Mieg & Cie et Thierry Mieg & Cie expérimentent l’impression sur laine, cela donne lieu à de véritables imitations imprimées des châles tissés à Paris, Lyon ou Nîmes.

A partir des années 1830, les châles cachemire imprimés en Alsace sont un produit d’innovation technique et artistique qui participe à l’essor de la chimie des couleurs. Certaines dénominations renvoient encore à l’Orient. C’est le cas du Rouge turc ou d’Andrinople.

C’est à Monsieur Daniel Koechlin qu’on doit d’avoir porté directement cette teinture sur des pièces déjà tissées. Ce grand industriel avait acquis d’un marchand d’Andrinople des notions encore incomplètes sur le procédé suivi en Orient pour huiler le coton, opération capitale dans la production du rouge. Après de nombreuses tentatives, poursuivies avec persévérance, il parvint en 1810 à produire ces belles toiles pour lesquelles Mulhouse se fit une si grande réputation (Penot, 1871) ».

« Les dessinateurs imaginent de grands châles où le motif s’étire, s’entrecroise, s’agrandit et se répète. De format carré, leurs dimensions varient entre 100 et 130 cm, tandis que les modèles rectangulaires vont jusqu’à plus de 3 mètres. La forme carrée est la plus répandue, facile à porter en pointe, une fois le châle plié en deux dans la diagonale ».

Châle carré rouge à bordure de grandes palmes

Mulhouse, Thierry Mieg, 1846-1849. Assemblage de 5 morceaux, laine, fonds teint en rouge, bordure imprimée à la planche, 6 couleurs (noir, rouge, rose, orange, bleu, vert), effilés gaufrés, 182 x 182 cm. Mulhouse, Musée de l’impression sur étoffes.

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L’Arc de triomphe, Wrapped

L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001. Longue et émouvante histoire d’une œuvre artistique contemporaine. Pour Christo et Jeanne Claude, une Histoire de vie commencée il y a 40 ans, et une Exposition de deux semaines, dans l’espace public. Une Histoire longue qui, le temps d’une exposition temporaire, devient courte et qui finit bien ! Clap de fin : 3 octobre 2021.

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Quand Christo meurt en mai 2020, il sait, depuis 2018, que les différentes autorités compétentes françaises ont donné leur feu vert pour la mise en œuvre du projet du couple.

Au final :

  • Un sublime cadeau posthume pour Christo & Jeanne Claude.
  • Un hommage à la France et à son histoire républicaine : les trois couleurs de l’enveloppe de tissu blanc-bleu et les cordes rouges rendent encore plus fascinant l’immense drapeau tricolore qui virevolte dans tous les sens.
  • Une assurance de visibilité accrue de la France dans son soutien à l’art contemporain.
  • Une des premières manifestations d’un courage audacieux : multiplier les œuvres éphémères et les garder en vie par l’Intelligence artificielle. L’espace public et l’espace muséal ne sont pas indéfiniment extensibles pour l’Art.
  • Un rappel historique : la France doit demeurer une terre d’accueil pour les exilés politiques. Christo a fui la Bulgarie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Diaporama de 47 photos, prises par Pierre Dubois, dimanche 26 septembre 2021.

Biographie. L’univers de Christo & Jeanne Claude. Une brève histoire de leur art, par Jacob Baal-Teshuva, Éditions Taschen, 2020, 96 pages.

Source 1. Citations de L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001.

« L’équipe Christo et Jeanne-Claude a réalisé le projet selon le vœu de Christo qui souhaitait la poursuite du projet après sa disparition, survenue le 31 mai 2020.

Visible pendant 16 jours, du samedi 18 septembre au dimanche 3 octobre 2021, l’œuvre nécessite 25 000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 3000 mètres de corde rouge de la même matière.

Le Centre des monuments nationaux, qui assure au nom de l’État la conservation et l’ouverture au public de l’Arc de triomphe, se félicite de la réalisation d’un projet qui témoigne de son engagement en faveur de la création contemporaine et de la mise en valeur de l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de France. 

Comme tous les projets artistiques de Christo et Jeanne-Claude, L’Arc de Triomphe, Wrapped, Paris (1961-2021) sera entièrement autofinancé grâce à la vente des œuvres originales de Christo : collages, dessins de ce projet et d’autres ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies. Il ne bénéficiera d’aucun autre financement public ou privé.

Histoire du projet. En 1961, trois ans après leur rencontre à Paris, Christo et Jeanne-Claude commencent à concevoir et créer des œuvres éphémères pour l’espace public. L’idée d’empaqueter l’Arc de triomphe voit le jour cette même année. Christo réalise, en 1962-63, un photomontage de cet empaquetage, vu depuis l’avenue Foch, puis, en 1988, un collage, avant de reprendre et développer ce projet à partir de 2017. 60 ans plus tard, ce projet sera concrétisé. 

Le projet a été présenté au Centre des monuments nationaux par le Centre Pompidou et reçoit le soutien de la Ville de Paris. En 2020, le Centre Pompidou a présenté l’exposition Christo et Jeanne-Claude. Paris ! qui retraçait la période parisienne de Christo et Jeanne-Claude, de 1958 à 1964, ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985« .

Source 2. Larges extraits de deux articles  du Monde : Les visiteurs découvrent l’Arc de triomphe empaqueté par Jeanne-Claude et Christo, 18 septembre 2021.

« Le rêve de jeunesse de Christo et Jeanne-Claude se réalise : jusqu’au 3 octobre, l’Arc de triomphe est empaqueté dans 25 000 mètres carrés de tissu.

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1720-1861. Royaume de Sardaigne

Quand le sommet du Mont Blanc est atteint pour la 1ère fois en 1786 (chronique du 12 septembre 2021), les deux alpinistes vainqueurs se trouvent en Savoie, mais celle-ci n’appartient ni au Royaume de France ni à l’Italie (le pays n’existe pas encore).

« La Savoie et le Mont Blanc font partie du Royaume de Sardaigne, qui inclut Savoie et Piémont. Turin a été la capitale des États de Savoie de 1563 à 1713, du royaume de Sicile de 1713 à 1720, du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865″.

Piémont – Savoie, vers 1700

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Quels changements territoriaux au cours du 18ème et au début du 19ème ? Source : extraits de l’article de Wikipédia, Histoire de la Savoie de 1416 à 1792.

A. Le règne du duc Victor-Amédée II de Savoie (1675-1730)

« Le duc Victor-Amédée II de Savoie, né en 1666, succède en 1675, à l’âge de 9 ans, à son père, Charles-Emmanuel II de Savoie, mort le 12 juin 1675 à Turin. Durant son jeune âge et jusqu’en 1684, la régence des États de Savoie va être assumée par sa mère, Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours.

L’extension territoriale. Le duc Victor-Amédée II a fait preuve de nombreux talents diplomatiques, en adhérant à la Ligue d’Augsbourg, en s’alliant avec le Saint-Empire romain germanique, puis en renversant son alliance en faveur de la France de Louis XIV. Ses variations ont abouti à une importante expansion territoriale.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), il se joint à l’Autriche en 1703 à la demande de l’Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme (1654-1712).

1713. Au final, le duc Victor-Amédée II de Savoie, signataire du traité d’Utrecht, obtient en 1713 la libération des États de Savoie qui vont être évacués par les armées du roi Louis XIV. Certaines terres font leur retour à la couronne : une partie du Milanais, le Montferrat, Alexandrie et Valenza. Le royaume de Sicile fait partie en 1713 des attributions accordées, (moyennant finances), à Victor-Amédée II. Ce dernier peut désormais afficher un titre royal que la Maison de Savoie convoitait depuis longtemps.

1720. Victor-Emmanuel II de Savoie, nouveau et éphémère roi de Sicile, échange son île de Sicile contre l’île de Sardaigne avec l’empereur Charles VI d’Autriche. La Sardaigne ayant le statut de royaume, il portera désormais le titre de Roi de Sardaigne.

Victor-Amédée II a bénéficié de l’aide puissante de son cousin, le prince Eugène de Savoie (1663-1736), généralissime des armées du Saint-Empire, dans des combats aux fortunes diverses, qui se sont déroulés dans tous les territoires occupés, avec toutefois une incursion de courte durée en Dauphiné et en Provence. Le duc de Savoie a réussi à résister victorieusement en 1706, lors du siège de Turin par les armées françaises.

Le duc Victor-Amédée II de Savoie, prince de Piémont et nouveau roi de Sardaigne, abdique en 1730 en faveur de son fils, Charles-Emmanuel ».

B. Le règne du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1730-1772)

« Le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1772) succède en 1730 à son père, Victor-Amédée II qui a abdiqué en sa faveur, le 3 septembre 1730. Le roi de Sardaigne est confronté à deux conflits : la Guerre de Succession de Pologne, puis la Guerre de succession d’Autriche.

Occupation de la Savoie par l’Espagne durant la guerre de Succession d’Autriche (1742-1749). Charles-Emmanuel III s’étant placé du côté de l’Autriche en 1741, la Savoie subit en 1742 une offensive espagnole qui entraîne son occupation jusqu’à la fin de la guerre de Succession d’Autriche.

Pendant cette période, l’Espagne est représentée à Chambéry par l’infant Philippe, qui partira en décembre 1748, après le traité d’Aix-la-Chapelle ; les dernières troupes espagnoles quittent la Savoie en février 1749.

1760. Le traité de Turin, signé le 24 mars entre la France et le Royaume de Sardaigne, permet de délimiter la frontière entre les territoires de la Savoie, de Nice et du Piémont, et ceux du royaume de France. Les études et les plans ont été réalisés par Pierre Joseph de Bourcet, directeur des Fortifications du Dauphiné, pour le roi Louis XV.

1770. Charles-Emmanuel III promulgue une nouvelle version de la Royale Constitution de 1723, mise au point par Jacques Salteur et François-Xavier Maistre, respectivement premier président et second président du Sénat de Savoie ».

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