Archives de Catégorie: AH. Histoire 19-20èmes siècles

L. van Beethoven, 30 ans en 1800

Ludwig van Beethoven (1770-1827) est un compositeur et pianiste allemand né à Bonn et mort à Vienne.

Source de la chronique du blog : Biographie des 30 premières années de Beethoven à partir de l’article de Wikipédia.

1770. « Beethoven naît à Bonn en décembre dans une famille modeste qui perpétue une tradition musicale depuis au moins deux générations.

Son père, Johann van Beethoven (1740-1792), est musicien et ténor à la Cour du prince-électeur de Cologne, Clément-Auguste de Bavière. Le père de Ludwig est un homme médiocre, brutal et alcoolique ; il élève ses enfants dans la plus grande rigueur.

1775 (Ludwig a 5 ans). Il ne faut pas longtemps à Johann van Beethoven père pour détecter le don musical de son fils et réaliser le parti exceptionnel qu’il peut en tirer. Songeant à l’enfant Wolfgang Amadeus Mozart, exhibé en concert à travers toute l’Europe une quinzaine d’années plus tôt, il entreprend l’éducation musicale de Ludwig.

1778 (8 ans). Devant les exceptionnelles dispositions de son fils, il tente de le présenter au piano à travers la Rhénanie, de Bonn à Cologne.

1781 (11 ans). Mais il ne semble capable que d’autoritarisme et de brutalité, et cette expérience demeure infructueuse, à l’exception d’une tournée aux Pays-Bas en 1781.

1782-1783 (12-13 ans). Le jeune Ludwig devient l’élève de Christian Gottlob Neefe (piano, orgue, composition) qui lui transmet le goût de la polyphonie en lui faisant découvrir Le Clavier bien tempéré de Bach. Il compose pour le piano les 9 variations sur une marche de Dressler et les trois Sonatines dites à  l’Électeur.

1784 (14 ans). Devenu organiste adjoint à la cour du nouvel Électeur Max-Franz, qui devient son protecteur, Beethoven est remarqué par le comte Ferdinand von Waldstein dont le rôle s’avère déterminant pour le jeune musicien.

1787 (17ans). Celui-ci emmène Beethoven une première fois à Vienne en avril, séjour au cours duquel a eu lieu une rencontre furtive avec Wolfgang Amadeus Mozart.

1792 (22 ans). En juillet, le comte Waldstein présente le jeune Ludwig à Joseph Haydn qui, revenant d’une tournée en Angleterre, s’était arrêté à Bonn. Impressionné par la lecture d’une cantate composée par Beethoven et tout en étant lucide sur les carences de son instruction, Haydn l’invite à faire des études suivies à Vienne sous sa direction. Beethoven accepte.

À la fin du XVIIIe siècle, Vienne est la capitale de la musique occidentale et représente la meilleure chance de réussir pour un musicien désireux de faire carrière. Âgé de vingt-deux ans à son arrivée, Beethoven a déjà beaucoup composé, mais pour ainsi dire rien d’important. Bien qu’il soit arrivé à Vienne moins d’un an après la disparition de Mozart, le mythe du passage du flambeau entre les deux artistes est infondé : encore très loin de sa maturité artistique, ce n’est pas comme compositeur, mais comme pianiste virtuose que Beethoven forge sa réputation à Vienne… Malgré l’influence profonde et durable de Haydn sur l’œuvre de Beethoven et une estime réciproque plusieurs fois rappelée par ce dernier, le père de la symphonie n’a jamais eu avec Beethoven les rapports de profonde amitié qu’il avait eus avec Mozart

1794 (24 ans). Après le nouveau départ de Haydn pour Londres, Beethoven poursuit des études épisodiques jusqu’au début de 1795 avec divers autres professeurs. Ses talents de pianiste et ses dons d’improvisateur le font connaître et apprécier des personnalités mélomanes de l’aristocratie viennoise.

1795 (25 ans). Beethoven donne son premier concert public le mars pour la création de son Concerto pour piano n°2 (écouter sur France Musique).

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1711. Cathédrale de St-Dié, façade

« L’origine de l’église de Saint-Dié remonte à Déodat, moine irlandais qui fonda au VIIe siècle la cité qui porte encore son nom. D’abord église abbatiale, elle devint la collégiale d’un chapitre de chanoines séculiers.

René II la considérait comme la quatrième cathédrale de son duché, après celles des Trois-Évêchés lorrains, Metz, Toul et Verdun. En 1777 l’église fut élevée au rang de cathédrale lorsque le pape Pie VI octroya la bulle d’érection de l’évêché de Saint-Dié.

Photos de Pierre Dubois, octobre 2020. Cliquer sur les images pour les agrandir

Plusieurs fois incendiée au cours de son histoire, la cathédrale fut dynamitée par les Allemands en novembre 1944 et perdit l’ensemble de sa voûte ». Photos des immeubles sinistrés : vidéo de 2’47.

« Reconstruite à l’identique, elle reçut un nouveau mobilier et fut à nouveau consacrée en 1974 ».

Intérieur et extérieur de la cathédrale : diaporama de 24 photos

  • Sources. Extraits de l’article de Wikipédia et photos inédites d’octobre 2020.
  • Visite guidée (office du tourisme) : vidéo de 8’15
  • page 1 de la chronique : extérieur de la cathédrale
  • page 2 : intérieur de la cathédrale (dont vitraux)
  • page 3 : cloître de la cathédrale et église romane Notre-Dame de Galilée accolée au cloître.

« La façade fut élevée de 1711 à 1714 par l’Italien Giovan Betto, qui participa par ailleurs à la construction de plusieurs églises lorraines (dont la cathédrale de Nancy).

La façade, sans les tours, possède des proportions palladiennes et son modèle le plus rapprochant est la basilique palladienne San Giorgio Maggiore à Venise.

Photo de Pierre Dubois, août 2015

Sobre et massive, de style classique, la façade est rythmée par un avant-corps encadré de quatre colonnes doubles supportant un fronton triangulaire. Deux tours surmontées de bulbes complètent l’ensemble.

La nef romane, élevée après le second des trois incendies qui ravagèrent l’édifice (1065, 1155 et 1554), possède un style caractéristique de la Lorraine du Sud. Elle est animée d’un décor de cordons et d’entrelacs. Les chapiteaux romans de la deuxième moitié du XIIe siècle ont été prodigieusement épargnés après le dynamitage criminel par les nazis fin novembre 1944.

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1793. Table rase en Médecine

La médecine sous la Révolution (1789-1799). Source des citations de la chronique : site Medarus, Portraits de Médecins, La Médecine au 17ème et 18ème siècles.

« La Révolution allait faire table rase, mais seulement après avoir vainement tenté de réformer les vieilles méthodes et de les adapter au goût du jour. L’homme qui fut chargé de présenter un rapport sur la nécessité de réorganiser l’enseignement de la médecine en France s’appelait Félix Vicq d’Azyr, Membre de l’Académie française et de l’Académie des Sciences, professeur d’anatomie comparée à la Faculté de Paris.

Suppression des corporations, congrégations et confréries

La Loi Le Chapelier, promulguée en France le 17 juin 1791, supprime pour un siècle toute association professionnelle en France. Cette loi suit  le Décret d’Allarde des 2 et 7 mars 1791, qui abolit toute corporation ou jurande (groupement professionnel).

L’Assemblée Législative par la Loi du 18 août 1792 supprime les congrégations séculières (religieuses y compris enseignantes : universités, facultés, Sociétés médicales…)  et les confréries. La faculté de médecine est supprimée, mais celle-ci n’avait plus reçu de docteur depuis 1785, totalement dépassée par l’école de chirurgie.

Fermeture des Facultés et Académie

Le décret du 8 août 1793 (20 thermidor an I), la Convention nationale votait « Toutes les Académies et sociétés littéraires, patentées ou dotées par la nation, sont supprimées ». C’était le premier pas dans la voie nouvelle.

Le 15 septembre 1793, un décret de la Convention nationale décrétait la dissolution et la fermeture des facultés et organisations enseignantes. Toutes les Facultés de Médecine, Collège de Chirurgie et un Collège de Pharmacie disparaissent ainsi que l’Académie de Chirurgie et la société Royale de Médecine.

Le vieil édifice universitaire s’effondrait. La médecine, comme les autres professions, échappait ainsi à tout contrôle, l’exercice de la médecine devient libre, et peut, désormais, être exercée sans qu’il soit nécessaire d’avoir fait des études médicales ou de posséder un diplôme. La convention nationale fit la partie belle aux médecins improvisés ou peu scrupuleux. Une telle situation ne pouvait qu’engendrer l’anarchie… Les responsables de la santé publique (Cabanis, de Pinel, de Guillotin et de Fourcroy) comprirent l’urgence d’agir ».

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1783. École des mines de Paris

Suite des chroniques sur les Académies royales, les Écoles Royales, fondées au 18ème siècle en dehors des universités : École des Ponts et Chaussées, École Polytechnique, Académie Royale de Peinture, Sculpture et Architecture…

Deux parties dans cette chronique. La première (page 1) est dédiée à l’Histoire de l’École des Mines entre sa fondation en 1783 et 1816. La seconde (page 2) concerne les prémisses de l’école en 1750 et 1783.

Source de la chronique : article de Wikipédia. « Fondée le 19 mars 1783 sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des directeurs intelligents pour les mines du royaume de France, l’École nationale supérieure des mines de Paris est l’une des plus anciennes et sélectives écoles d’ingénieurs françaises.

À l’époque de sa fondation, l’exploitation des mines était à la fois une industrie d’excellence et un secteur stratégique, où se retrouvaient toutes sortes de problèmes allant de la géophysique au génie des procédés en passant par la sécurité minière, la gestion économique des ressources et la stratégie géopolitique. Les ingénieurs des mines étaient alors formés pour les résoudre.

La bibliothèque des Mines est créée en 1783 afin de permettre aux élèves de jouir d’une documentation pratique. Des choix dans les dépôts littéraires permettent de l’enrichir pendant la Révolution. Les fonds se constituent parallèlement à l’émergence des sciences comme la minéralogie ou la géologie. Le fonds ancien est également marqué par les documents en langue étrangère, particulièrement en allemand, pays où se développent d’abord ces sciences.

La première école des mines est établie à l’hôtel des Monnaies de Paris. Disparue en 1791 dans la tourmente révolutionnaire, puis reconstituée par un arrêté du Comité de salut public le 13 messidor an II (1794), elle fut transportée à Peisey-Nancroix en Savoie, à ce moment française, après l’arrêté des consuls du 23 pluviôse an X (1802). L’école prend le nom d’École pratique des Mines du Mont-Blanc. L’administration de l’école est installée dans les locaux de l’ancien grand séminaire de Moûtiers.

Les élèves-ingénieurs, qui portent un uniforme, sont rémunérés durant leur scolarité. Les promotions annuelles comportent une demi-douzaine d’élèves. La formation est à la fois théorique et pratique, sur le site de la mine de Peisey, mais aussi dans toute la région au moyen de cours géologiques et de «voyages métallurgiques. Un examen sanctionne la fin de la scolarité, avec la rédaction d’un mémoire.

Les lauréats sont nommés dans un grade d’aspirant puis d’ingénieur pour être affectés dans un département de l’Empire. Durant ses douze années de fonctionnement, l’école a formé entre 60 et 70 élèves. L’invasion sarde de 1814 interrompt le fonctionnement de l’école.

Après les événements de 1814, avec le même personnel, l’école est définitivement reconstituée à Paris, par l’ordonnance du 6 décembre 1816, et établie à l’hôtel de Vendôme, longeant le jardin du Luxembourg,

Pour aller plus loin. Alexis Chermette, Un ingénieur des mines au XVIIIe siècle : Johann Gottfried Schreiber (1746-1827), publications de la Société Linnéenne de Lyon, Année 1975, 44-10, pp. 33-42.

Ivan Cadenne et  Patrick Givelet, L’École des Mines de Peisey-Nancroix en Savoie (1802-1814), Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, Année 1996, 24-2-4, pp. 169-182.

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Saint-Dié. 10 ans de reconstruction

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus. 8ème chronique dédiée à une visite virtuelle de l’expo : le Plan de Reconstruction de la ville, conçu par Le Corbuisier en 1945.

Le musée Pierre Noël  de Saint-Dié-des-Vosges comprend une petite dizaine de sections, dont une dédiée à Le Corbusier. Lorsque le moment arriva de reconstruire la ville après le dynamitage allemand de 1944, un projet audacieux de l’architecte fut envisagé. Très en avance sur son temps, donnant la priorité aux espaces verts et aux piétons, celui-ci proposa une vision globale de la ville du futur, que ses opposants jugèrent trop collectiviste. Ses idées ne furent donc pas retenues.

La salle François Cholé s’organise autour d’une grande maquette de la ville telle que Le Corbusier l’avait imaginée au moment de la reconstruction. Cette présentation en trois dimensions est complétée par des plans, perspectives et photos diverses, notamment celles liés au seul projet effectivement réalisé par l’architecte-urbaniste à Saint-Dié-des-Vosges, l’usine Claude et Duval, une bonneterie qui est aussi le seul bâtiment industriel dans une œuvre abondante par ailleurs (lire la chronique du blog : 1947-52. Le Corbusier, l’usine Duval)

Deux sources mobilisées pour cette chronique :

A. La lente reconstruction

« La reconstruction tarde dans un pays qui sombre économiquement au plus bas en 1947. Le théoricien et architecte Le Corbusier, nommé conseil auprès de l’architecte en chef Jacques André, propose un projet au ministre de la Reconstruction Raoul Dautry : une cité jardin assemblage de grandes tours au centre de la vallée et des maisons de loisirs parsemées aux abords des collines. Mais la pénurie de matériel et de fonds entrave l’amorce de cette réalisation modèle dont le plan d’ailleurs tarde du fait des désaccords entre architectes et/ou fonctionnaires. Différentes associations de sinistrés ou assemblées de propriétaires et d’habitants s’offusquent et finissent par se rassembler autour du plan simple et pratique, conciliant avec les propriétaires car en grande partie restaurateur de l’ancien plan cadastral urbain, de l’architecte en chef départemental Georges Michau, secondé par Paul Résal. Le 31 janvier 1946, le conseil municipal adopte sans appel un projet d’un fonctionnaire du ministère, inspiré par la proposition Michau.

En 1946, le ciment est rare et les soubassements des logements provisoires ne peuvent être réalisés qu’en bois. Début 1952, la rue Thiers n’est encore qu’amas de pierres. La lente reconstruction du cœur de la ville commence. Fin 1952, la rue Dauphine commence à renaître et une première maison apparaît rue Thiers. Quelques rares habitants peuvent réintégrer le centre en reconstruction, mais l’immense majorité des habitants qui n’ont pas quitté la ville vivent en baraques. Le camp de la Vaxenaire ouvert en 1944 et qui commence à se vider à partir de 1956 était un des plus grands camps boueux. Les hauteurs de la Vigne Henry couvertes de baraques en bois aux planches disjointes, sans réseau d’eau, ni électricité, ressemblent en 1948 à un vaste bidonville que de nombreux habitants essaient de quitter souvent en vain. C’est la réalité quotidienne de la plupart des gens de Saint-Dié ».

B. Le plan de reconstruction de Saint-Dié (1945). L’échec de Le Corbusier

Long texte de Daniel Grandidier, conservateur du musée de Saint-Dié, publié dans Transvosges n°12. Photos de la maquette exposée au musée de Saint-Dié-des-Vosges.

En rose, l’église Saint-Martin et la cathédrale. En rouge les voies pour les voitures. En jaune, les voies piétonnes

« Un jeune industriel déodatien en bonneterie, Jean-Jacques Duval, qui avait fait ses études à l’École polytechnique de Zurich où il avait entendu parler de Le Corbusier, décide de rencontrer ce dernier dans son atelier de la rue de Sèvres à Paris, vers 1935 (rencontre de le Corbusier).

En 1943, Jean-Jacques Duval demande à l’architecte-urbaniste de réfléchir au développement futur d’une ville industrielle et en particulier de se pencher sur le cas de Saint-Dié. A cette époque, personne n’imagine le désastre de novembre 1944 où les nazis feront dynamiter et incendier tout le centre historique de la ville. C’est donc finalement un plan de reconstruction qu’il faudra concevoir.

Le bilan de novembre 1944 est en effet catastrophique : 10 585 sinistrés totaux, 1200 sinistrés partiels (la ville comptait 17 500 habitants en 1940, 15 000 en 1944).  Plus de 2000 immeubles, 400 commerces, tous les édifices publics sont atteints ou anéantis. Depuis le début du conflit, la ville a payé un lourd tribut humain : 1107 déportés dont 943 le 8 novembre 1944, 249 requis pour le S.T.O. en Allemagne, 28 tués.

Certains architectes originaires de Lorraine et résidant à Paris voient dans ce cataclysme une aubaine et proposent immédiatement leurs services au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (le MRU), avançant le nom de Jacques André de Nancy comme urbaniste.

Jean-Jacques Duval pense, quant à lui, que se présente là « l’occasion unique de réaliser un plan d’urbanisme exceptionnel ». Tout d’abord Le Corbusier, consulté par Jean-Jacques Duval, décline l’offre. Amer, car le Ministère ne lui a confié que le port de La Pallice (La Rochelle) – reconstruction et extension – et l’extension de Saint-Gaudens en liaison avec l’exploitation du gaz naturel dans ce secteur, l’architecte est également méfiant : dès lors qu’il aura accepté, il sait qu’il consacrera « tout son temps, tout son enthousiasme et toute son énergie pour un résultat très aléatoire ».

Jean-Jacques Duval s’emploie à sensibiliser la municipalité et certaines personnalités locales. Une des deux associations de sinistrés de la ville adhère au mouvement. Finalement au printemps 1945, Le Corbusier, après un voyage à Saint-Dié, accepte, séduit par le site et stimulé par l’amitié, d’être urbaniste-conseil de la ville.  En juin 1945, le plan pour Saint-Dié est prêt. C’est André Wogenscky qui a dessiné tout le projet d’après les croquis de Le Corbusier.

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Mobiliers par Le Corbusier, Prouvé

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus. 7ème chronique dédiée à une visite virtuelle dédiée aux mobiliers : chaises, fauteuils, chaises longues, tabourets, bureaux…

  • Le Corbusier (page 1 de la chronique)
  • Jean Prouvé (page 2)
  • Charlotte Perriand (page 3)

Diaporama de 40 photos

Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, Fauteuil B 301, 1928-1929 (expo Saint-Dié)

Le Corbusier (1887-1965). Fauteuil à dossier basculant avec structure en acier chromé brillant ou laqué noir opaque.

Source des extraits ci-dessous : Authentics Design

« L’un des plus célèbres et des plus emblématiques meubles de Le Corbusier, la chaise LC1 Cassina est une ode à la pureté et au design. Inspirée de la chaise coloniale utilisée par les officiers au XIXe siècle dans l’Empire britannique, la chaise voit le jour en 1928 et est dévoilée en 1929 au Salon d’Automne. De son origine, elle garde une simplicité et une élégance qui lui permettent de s’intégrer dans toutes les décorations.

Ce fauteuil à dossier basculant fait appel à plusieurs thématiques chères à Le Corbusier : simplicité des traits, fonctionnalité recherchée, dynamisme par l’immobilité et un design novateur, allant à l’inverse des normes de l’époque.

Il est composé d’une structure en tubes d’acier chromé qui constituent une structure résolument ouverte. Seul élément fermé, les accoudoirs prennent la forme de bandes de cuirs enroulées autour des tubes d’acier : le mariage des formes et des matières.

Il n’est pas qu’une œuvre d’art, c’est avant tout une véritable déclaration d’amour à la fonctionnalité. Structure de l’assise et du dossier assurent ainsi un confort de tous les instants sans pour autant sacrifier aux lignes de l’ensemble. Le dossier quant à lui bascule et permet de rester confortablement assis dans toutes les positions ».

Pour aller plus loin : autres photos du fauteuil à dossier basculant.

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1962. Jean Prouvé, la villa Gauthier

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus.

6ème chronique dédiée à une visite virtuelle de l’exposition. La villa Gauthier, conçue et construite par Jean Prouvé, en 1962. Elle est en vente depuis octobre 2020 au prix de 1,715 million d’euros.

Diaporama de 11 photos, prises dans l’exposition en octobre 2020.

Source : Wikipédia. « La villa Prouvé se situe sur la Tête-de-Saint-Roch. Le terrain fut acheté en juillet 1961 par le docteur Pierre Gauthier afin d’y bâtir une maison d’habitation menée par son beau père Jean Prouvé.

Construite en 1962, elle comporte des panneaux d’aluminium strié, montrant une conception de changement constructif sur l’idée de noyau et de panneaux porteurs.

La salle d’eau, la salle de bains et la cuisine forment un noyau, élément porteur principal pour les supports de toiture, fers en U couchés sur poteaux. Les façades sont porteuses d’elles-mêmes, grâce à l’utilisation de panneaux à cadre métallique rigide. Des chambres, bureau et un vaste séjour sont disposés à l’ouest dans une partie fermée.

L’intégralité est recouverte de panneaux en aluminium moulé en arêtes présentant un auvent couvrant l’accès à l’avant-corps. La toiture étroite ne permet pas d’avoir de vues sur les arbres en arrière-plan ».

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1947-52. Le Corbusier, l’usine Duval

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus.

Dans la première chronique de cette série de visites virtuelles, j’ai énoncé quatre proximités entre Le Corbusier et Jean Prouvé.

En voici une cinquième et elle est unique : ils ont laissé tous deux une construction dans la ville de Saint-Dié : une usine pour Le Corbusier (la bonneterie Duval), une villa pour Jean Prouvé (la maison du docteur Gauthier, chronique à venir).

Première Source, Le plan de reconstruction de Saint-Dié. « Un jeune industriel déodatien en bonneterie, Jean-Jacques Duval (1913-2009), qui avait fait ses études à l’École polytechnique de Zurich où il avait entendu parler de Le Corbusier, décide de rencontrer ce dernier dans son atelier de la rue de Sèvres à Paris, vers 1935.

En 1943, Jean-Jacques Duval demande à l’architecte-urbaniste de réfléchir au développement futur d’une ville industrielle et en particulier de se pencher sur le cas de Saint-Dié. A cette époque, personne n’imagine le désastre de novembre 1944 où les nazis feront dynamiter et incendier tout le centre historique de la ville. C’est donc finalement un plan de reconstruction qu’il faudra concevoir ». Il sera rejeté par les autorités locales.

Deuxième source, Wikipédia et l’usine Duval (1947-1952)

Diaporama de 12 photos (octobre 2020).

Le Corbusier laissera cependant une trace originale à Saint-Dié, l’usine Duval (1947-1952). Le bâtiment est le seul bâtiment industriel qu’il ait conçu.

« Les études commencèrent en janvier 1947. Au début du mois d’avril 1948 eut lieu l’ouverture du chantier. La construction se termina trois ans plus tard, en 1951.

L’usine ouvrit en 1952 après que son intérieur fut équipé de meubles de Charlotte Perriand et de Jean Prouvé.

L’usine est construite en béton armé et montée sur pilotis. La conception verticale de l’édifice, inhabituelle pour un bâtiment industriel, résulte à la fois de la surface limitée de l’emprise au sol, de la nécessité d’entreposer les réserves de charbon, de garer les deux cents vélos du personnel et, dernière raison mais non la moindre, de donner à ce dernier un espace agréable et lumineux de travail ».

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Prouvé, Jeanneret. 1939-1940

Deux projets de construction, liés à la guerre qui s’engage en septembre 1939, occupent une place importante dans l’exposition de Saint-Dié-des-Vosges : Le Corbusier – Jean Prouvé, proches à distance.

Diaporama de 17 photos.

Le premier projet est la construction de baraquements, rapidement montables, pour loger les ingénieurs et les dessinateurs du chantier d’une usine de guerre (la SCAL à Issoire). Le second est celui d’écoles volantes, en ce sens qu’elles peuvent être rapidement construites à partir d’éléments industriels, démontables et déplaçables.

A. La construction de baraquements (Issoire, 1939-1940). Source des extraits qui suivent : Anne Bony, mars 2015, Jean Prouvé, Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, L’usine SCAL.

« La guerre éclate en septembre 1939. L’industrie doit se réorganiser pour produire des armes et en particulier des avions. Avec le soutien du gouvernement, il est décidé que la Société du Duralumin : la SCAL (Société centrale des alliages légers) engage un projet extrêmement novateur d’usine de laminage des tôles.

L’implantation de cette réalisation industrielle à Issoire présente de nombreux avantages : la situation géographique est stratégique, bordée par l’Allier les possibilités en énergie sont favorables et dans cette région agricole la main d’œuvre est abondante.

Les frères Perret architectes sont désignés pour bâtir cette colossale unité de transformation, dont la structure est prévue avec une ossature en béton armé. A la fin de l’année 1939, le projet validé, il s’avère nécessaire de produire dans l’urgence des équipements pour accueillir les ingénieurs et les dessinateurs chargés du programme de construction et de développement de l’usine.

Un accord se fait sur le choix d’une équipe dédiée pour résoudre, dans un temps court, l’enjeu constructif. Déjà liés par la pensée architecturale et l’amitié, se trouvent réunis Jean Prouvé constructeur dont les ateliers de production sont à Nancy, Pierre Jeanneret architecte, cousin et bras droit de Le Corbusier, et Charlotte Perriand.

Leur conviction repose sur le fait que la solution architecturale relève de nouveaux procédés économiques et rapides. La réalisation de la commande de la SCAL pour les bâtiments d’accueil du personnel se concrétise rapidement, fondée sur la théorie d’une maison usinée (brevet) de Jean Prouvé, adaptée pour l’usage par Pierre Jeanneret. Charlotte Perriand intervient pour le dessin de la plupart des meubles : tables, potences, sièges…

Sur la base des recherches de préfabrication de Jean Prouvé, deux solutions techniques sont retenues pour construire les bâtiments.

Le système retenu développe une structure complexe à portique axial placé à l’intérieur du bâtiment afin de supporter les poutres de faitage. Le modèle déposé en février 1939 avait été envisagé dès 1938. Le principe repose sur une structure métallique porteuse en V inversé. Le bâtiment à usage de bureaux et d’atelier de dessin se déploie sur deux niveaux en mars 1940, le club pour les ingénieurs est monté quelques mois plus tard. Les trois pavillons pour les chambres, ainsi que l’infirmerie et le dispensaire proposent une variation structurelle avec des portiques en U inversé.

La défaite de Juin 1940 met un coup d’arrêt au chantier. Nancy se trouvant en zone occupée, Jean Prouvé éprouve des difficultés pour répondre aux engagements. L’acier pour les structures manque. Il compensera pour les commandes suivantes avec des parois, une structure porteuse et des portiques en bois (1942). Les contraintes de rationnement et les difficultés n’altèrent pas leur enthousiasme. Ils inventent les solutions.

Le projet d’Issoire permet de confirmer la justesse de l’industrialisation des éléments d’architecture et d’établir de façon innovante le principe de préfabrication ».

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Le Corbusier. La Cité radieuse

La Cité Radieuse de Marseille : diaporama de 32 photos.

Photos de 2009 : visite d’un appartement de la Cité radieuse.

Cliquer sur les photos pour les agrandir

De 2013 : exposition à Marseille, Le Corbusier (1887-1965) et la question du brutalisme.

De 2020 : exposition à Saint-Dié- des-Vosges, Le Corbusier et Jean Prouvé, proches à distance.

Source du texte : extraits de l’article de Wikipédia Le Corbusier

« Sortie de la Seconde Guerre mondiale, la France a besoin de se reconstruire. À cette époque le manque de logements sociaux est un problème auquel il faut apporter rapidement une solution. C’est dans ce contexte que l’État français passe commande en 1946 à Le Corbusier : la construction d’une unité d’habitation à Marseille. Il lui demande alors de montrer un nouvel art de bâtir qui transforme le mode d’habitat. Dès 1944, Le Corbusier avait entrepris des recherches sur des immeubles de capacité importante, longs et de grande hauteur ».

Les cinq points d’une architecture nouvelle : les pilotis gigantesques en béton, les toits-jardins, le plan libre, la fenêtre en longueur, la façade libre.

« L’unité d’habitation de Marseille, connue sous le nom de Cité radieuse ou plus familièrement La Maison du fada, est une résidence édifiée entre le 14 octobre 1947 (pose de la première pierre) et le 14 octobre 1952 par l’architecte Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier. Celui-ci en aurait souhaité trois à Marseille ; une seule verra le jour.

Bâtie sous forme de barre sur pilotis (en forme de piétements évasés à l’aspect brutaliste), elle tente de concrétiser une nouvelle forme de cité, un village vertical appelé Unité d’habitation.

Plan. Expo de Saint-Dié-des-Vosges

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