Archives de Catégorie: AH. Histoire 19-20èmes siècles

L’esthétique des Trente Glorieuses

Il faut rouvrir les musées (chronique du blog du 17 mars 2021). D’ailleurs… pourquoi sont-ils fermés depuis cinq mois et demi ?

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Quels arguments ont été avancés ? Trop facile de dire que c’était pour éviter ou réduire la diffusion du virus. Que le gouvernement prouve donc qu’il y a eu des contaminations à partir des musées quand ils été rouverts pendant le 1er déconfinement. Qu’il prouve qu’il aurait été impossible de fixer une jauge pour leur fréquentation, de vendre leurs billets en ligne, d’établir un parcours de visite sans retour en arrière possible, tout en fermant leurs cafétérias.

La publication de L’esthétique des Trente Glorieuses renforce ma furieuse envie de retourner dans les musées, en particulier dans ceux mentionnés dans le bel ouvrage publié sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin : Paris, Caen, Le Havre, Saint-Lô, Nancy, Strasbourg…

  • L’esthétique des Trente Glorieuses sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin avec la collaboration de 24 spécialistes, Illustria Librairie des musées, 2021, format : 240 x 320 mm, environ 240 illustrations en couleurs, 296 pages, prix public : celui d’un ouvrage d’art, 45,00 €.

Titres principaux de la table des matières. Construire plus fonctionnel et plus beau, Un nouveau décor. Représenter l’industrie. Art et économie dans la France du redressement industriel…

4 pages de l’éditeur : couverture, liste des auteurs, table des matières, 4ème de couverture

Extrait de la 4ème de couverture. « On considère avec nostalgie les Trente glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l’abondance économique, alors qu’il fallait d’abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, qui aurait été dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d’inconscience. Aussi, l’architecture et l’art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés.

Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l’urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l’industrie dans les représentations de ce temps. Contre l’opposition romantique du beau et de l’utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles, et constituer un objet d’intérêt pour l’art. La démocratisation du beau exigeait qu’il s’impose dans les lieux de travail. Inversement, l’expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l’inspiration artistique ».

Pour aller plus loin

Le Corbusier et Jean Prouvé, proches à distance, Exposition du Musée Pierre Noël, Saint-Dié-des-Vosges. Appareil photo en action, j’ai pu visiter cette expo rétrospective en octobre 2020. Lire la suite, page 2

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St-Pierre-le-Jeune : 3 Passions

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

10ème chronique. Les trois Passions de l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune (Strasbourg). Sources : citations de Wikipédia, du Guide de visite, des documents du CRDP.

Album de 21 photos (Pierre Dubois, mars 2021).

L’église, commencée dans la seconde moitié du 13ème siècle par le chœur, est consacrée en 1320. Des chapelles s’ajoutent aux 14 et 15èmes siècles. Les fresques murales sont réalisées à la même période.

Crucifixion, fresque murale. Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1524, l’église passe à la Réforme. Toutes les peintures intérieures sont recouvertes d’une épaisse couche de badigeon, renouvelée en 1707, 1753 et 1822.

Flagellation et Portement de la croix. On remarquera l’anachronisme : les soldats portent un « chapeau pointu infamant en forme de cône ou d’entonnoir renversé, blanc ou jaune, porté par les Juifs dans l’Europe médiévale« .

En 1682, Louis XIV restaure une paroisse catholique à laquelle il donne le chœur ; un mur de séparation prenant appui sur le Jubé sépare alors le chœur de la nef.

Au cours de la période allemande, après la défaite française de1870, le mur de séparation entre les deux confessions chrétiennes est supprimé lorsque, en 1898, après la construction de l’église catholique Saint Pierre le Jeune, toute l’église redevient protestante.

Lors de la restauration de la fin du 19ème siècle, sous la direction de Karl Schäfer, les couches de badigeon sont éliminées et on tente de reconstituer le décor du Moyen-âge sur les murs : grandes briques rouges séparées par un liseré blanc coupé par une rainure noire. Certaines fresques sont repeintes avec le même sujet, d’autres sont éliminées et remplacées par de nouveaux sujets.

Les fresques restaurées retracent, au sud, une généalogie de Jésus-Christ, à l’ouest et au nord des épisodes de la Passion du Christ.

Le chœur de Saint-Pierre le Jeune date du 13ème siècle. Les huit nervures au fond de la voûte sont réunies en une seule clef de voûte. Les boiseries baroques et la chaire ont été ajoutées au milieu du 18ème siècle. Le panneau central du retable dédié à la passion du Christ est daté de 1518.

Karl Schäfer, architecte, professeur, restaurateur

  • Né le 18 Janvier 1844 à Kassel et décédé le 5 Mai 1908 à Carlsfeld. Il était fils de Johannes Schäfer, couturier et aubergiste.
  • De 1858 à 1862, il a poursuivi des études d’ingénieur et d’architecte à Kassel. Il a ensuite séjourné successivement à Munich (1867-1868), à Kassel (1868-1871), à Marbourg (1871-1878), à Berlin (1878-1894) et à Karlsruhe (1894-1908).
  • Il a publié de nombreuses études sur l’architecture gothique, sur la peinture et le vitrail médiévaux, sur l’ornement et les objets d’art.
  • De 1897 à 1901 / 1902, il a restauré l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg.
  • Schäfer fut professeur d’architecture à Berlin et plus tard auprès de l’école supérieure technique de Karlsruhe.
  • Dans l’ouvrage Strasbourg, de la Grand-Ile à la Neustadt, on peut lire « Schäfer était réputé pour son enseignement à première vue conservateur et illustré par des exemples médiévaux, ayant tout de même une influence moderne sur ses élèves étant donné qu’il accentuait les liens entre fonction, construction, matériel et forme« .
  • Ainsi il développa auprès de ses élèves sa pensée sur le Heimatstil, le style régionaliste, et sur l’alliance entre art et artisanat. Parmi eux, on trouve les architectes strasbourgeois Théo Berst, Gustave Oberthur, et pour l’administration municipale, Édouard Schimpf et Fritz Beblo.

La restauration en cours. Source des citations : église Sainte-Pierre-le-Jeune

« Toutes les trois générations, il faut restaurer les merveilleuses peintures.

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Billet de santé et passeport vaccinal

Laissez-passer les p’tits papiers : petite histoire du passeport, Préfecture de Lozère, mars 2017.

« Glissés dans une poche, ou au fond d’un sac à main, ils nous suivent partout, nous définissent. Quoi de plus personnel que nos papiers d’identité ? Leur délivrance relève pourtant d’un acte fondateur de l’autorité régalienne. Parmi tous les documents officiels, cartes d’identité, permis de conduire, livrets militaires, le passeport incarne le plus ancien et le plus emblématique. Du sauf-conduit médiéval au dernier-né biométrique, il n’a cessé d’évoluer, avec le double objectif de permettre la circulation des hommes et d’établir leur identification.

La définition du passeport par l’Encyclopédie renvoie d’abord à la liberté de circulation. Il s’agit d’une permission accordée par une autorité souveraine, à un individu ou un groupe de passer, d’entrer ou sortir de son territoire, librement et sans être inquiété. Du XVe au XVIIIe siècle, l’usage du passe-port se répand avec la multiplication des échanges. Ces billets commandent de laisser passer sans encombre jusqu’à la destination indiquée, le porteur dont le nom est mentionné.

Dans le Gévaudan d’Ancien Régime, nul n’ignore, le nom, le sobriquet, la généalogie, des autres habitants de sa paroisse. Les papiers sont superflus pour identifier une personne, chacun étant connu de tous. Seuls les étrangers, les migrants de toutes sortes (colporteurs, vagabonds) sont exclus de ces relations d’interconnaissance. À la fin du 17ème, le pouvoir, souhaitant contrôler l’afflux de miséreux vers les villes, décide l’enfermement de ces individus dangereux dans les hôpitaux généraux. Dès 1724, seuls les pauvres munis d’un passe-port donnant leur signalement peuvent prétendre aux secours. Lors des périodes d’épidémie (peste de 1720 …), il existe des billets de santé garants du bon état sanitaire des voyageurs.

La Révolution, au nom de la liberté de circulation, supprime dès 1790 les passeports. Mais les troubles, la guerre, entraînent d’abord leur rétablissement pour les étrangers, potentiels ennemis de la Nation, puis dès 1792, l’instauration de « passeports pour l’intérieur »  pour tout citoyen circulant en France.

Selon le décret du 10 vendémiaire an IV (2 octobre 1795), nul individu ne pourra quitter le territoire de son canton, ni voyager, sans être muni et porteur d’un passeport signé par les officiers municipaux de la commune ou administration municipale du canton. En réalité, ils sont seulement exigés pour sortir du département.  Tout passeport contiendra le signalement de l’individu, sa signature ou sa déclaration qu’il ne sait signer, référera le numéro de son inscription au tableau la commune, et sera renouvelé au moins une fois par an (art 3). Il indique aussi la profession et parfois le motif du voyage. Les femmes voyageant seules ont un passeport, les autres figurent sur celui de l’homme qui les accompagne, tout comme les enfants.

En 1807, pour lutter contre les fraudes, Fouché, ministre de la police, fait adopter un modèle uniformisé sur papier spécial à filigrane et encre inaltérables, avec un dessin courant à la fois sur la souche et l’original, permettant de démasquer les falsificateurs, son montant est fixé à 2 Fr. Il existe également un passeport gratuit pour les indigents, qui bénéficient aussi de secours de route auprès des bureaux de bienfaisance des communes. Tous ces papiers sont visés à chaque étape du trajet ».

B. Covid-19 : la Commission européenne mise sur un certificat sanitaire pour faciliter la liberté de mouvement, par  Virginie Malingre (Bruxelles, bureau européen), Le Monde, 17 mars 2021.

« Ce passeport vaccinal permettrait de fluidifier la circulation au sein de l’UE. Mais le débat sur les informations qu’il comportera et les droits qu’il ouvrira s’annonce difficile.

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L’industrie du nourrisson parisien

Nourrices (XVIIIe – XIXe siècle). L’industrie du nourrisson parisien

Pour lire l’article de Christian de la Hubaudière, s’abonner à Hérodote.net, Le media de l’Histoire (20 euros par an).

« Au XVIIIe et XIXe siècles, les nouveau-nés de la bourgeoisie citadine ne vivent pas avec leurs parents mais avec leur nourrice, à la campagne. Ces séjours peuvent se prolonger jusqu’à l’âge de deux ans, lors du sevrage. Ce phénomène prend une telle ampleur qu’il va déboucher sur une pratique professionnelle que l’administration royale devra réglementer.

Cette pratique sociale a eu un impact économique considérable par ses flux financiers entre milieux urbains et ruraux. Une contribution méconnue mais bien réelle à l’unification économique du pays ».

Lire également le roman de Christian de la Hubaudière Au Sein de Paris narrant l’histoire exemplaire de Marguerite, nourrice normande, de 1743 à 1791, année de sa mort.

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1772. Corporation de l’Ancre

Strasbourg, 9 quai des Bateliers. Poële de la corporation de l’Ancre. Diaporama de 23 photos.

Source des citations : ArchiWiki. « L’immeuble a été construit en 1772, le deuxième et le troisième étage, ainsi que le balcon du premier étage ont été rajoutés en 1861.

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Formée en 1331, la corporation des Bateliers était installée à l’angle de l’impasse de l’Ancre et le n°9 du quai des Bateliers de 1398 à 1791.

Première de préséance, l’Ancre, corporation très puissante, est importante pour la prospérité de la ville car elle bénéficie du monopole de la navigation sur le Rhin entre Strasbourg et Mayence, jusqu’en 1681.

Au XVe siècle, les voyageurs et les pèlerins qui choisissaient la voie d’eau pour leur voyage s’y rencontraient pour débattre le prix de leur voyage avec le bedeau de la corporation (secrétaire). Le bedeau rassemblait ensuite les bateliers pour tirer au sort ceux qui devraient assurer le transport.

L’immeuble est dans un style Louis XV. Ses sculptures sont très riches et les deux statues qui surmontent la façade semblaient défier le temps. A hauteur d’homme sur le pilier d’angle, l’inscription Schiff Leut Staden (quai des Bateliers) gravée en 1789 rappelle que le secteur appartenait au 9e canton ».

Quatre mascarons représentent les 4 saisons. De gauche à droite : le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.

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Saint-Gall. La tombe d’Arnold

Strasbourg. Source Archi Wiki. « Des découvertes archéologiques attestent de la présence d’une zone de nécropole dès l’époque romaine dans le secteur de l’actuelle avenue du Cimetière.

Cimetière Saint-Gall. Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1282, le chevalier Gösselin Kurnagel dédie une chapelle à Saint Gall et crée une fondation pour y dire une messe quotidienne.

Des inhumations semblent signalées dès 1522 dans ce secteur connu sous le nom de S’Gallemaettel.

La création du cimetière actuel, qui est contemporain des cimetières Saint-Urbain et Sainte-Hélène, remonte toutefois à l’ordonnance de 1527 du Magistrat de Strasbourg, qui interdit d’inhumer des défunts à l’intérieur de la ville.

Cette nécropole abrite de nombreux monuments d’artistes et de personnalités strasbourgeois ». Parmi les personnalités nées au 18ème siècle, figurent :

Le Marais Saint Gall fait partie des circuits pédestres du Parc Naturel Urbain de Strasbourg : Cimetière Saint-Gall (lire ci-dessus), Cimetière juif, Tour de Schloessel.

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Révolution à Strasbourg : 1789-1795

Georges-Daniel Arnold, né le 18 février 1780 à Strasbourg et mort dans cette même ville le 18 février 1829. Juriste et homme de lettres alsacien. Comment suivre des études de droit et devenir professeur des universités dans une période « agitée » ?

Sources. Citations de Wikipédia et de la Biographie de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace.

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1787 (7 ans). Études au gymnase protestant de Strasbourg, interrompues à la suite de la fermeture dudit gymnase en 1794. Il souhaite poursuivre des études à la faculté de droit de Strasbourg.

1795 (15 ans). Il adhère aux idées libérales de la Société des jeunes amis de la Constitution. Alors que ses amis étudiants, dont Ehrenfried Stoeber, poursuivent leurs études en Allemagne à Tübingen ou à Erlangen, Georges Daniel trouve un emploi en 1795 à la Préfecture en qualité de sous-chef de bureau de la guerre et de l’administration départementale du Bas-Rhin. Il en profite pour écrire une Chronique de la Révolution à Strasbourg de 1789 à 1795.

1801-1803 (21-23 ans). Séjour d’études à Göttingen : droit, langues anciennes et modernes, philosophie, antiquités, beaux-arts, sciences naturelles, sciences exactes. Voyages pendant les vacances en Allemagne du Nord (Brême, Hambourg, Lübeck, Berlin, Dresde, Iéna ; à Weimar, il rend visite à Goethe.

1803 (23 ans). A l’automne, il rejoint son maître et professeur Koch (membre du Tribunat) à Paris pour parfaire ses études de droit. Koch l’introduit auprès de Chabot, Sédillez, Cuvier.

1804 (24 ans). Il attend sa nomination comme professeur à l’une des nouvelles Hautes écoles de droit, créées par ordonnance impériale.

1806 (26 ans). Le 1er septembre, par décret impérial, il est nommé professeur de code civil à la Faculté de droit de Koblenz et appelé comme conseiller juridique auprès de Lezay-Marnésia, préfet du département de Rhin-et-Moselle. Il écrit la même année ses Notices littéraires et historiques sur les poètes alsaciens.

1807-1808 (27-28 ans). Cours de pédagogie à l’École normale.

1809 (29 ans). Rentré en Alsace à la suite de Lezay-Marnésia, il est nommé titulaire de la chaire d’Histoire à l’Académie. Les projets audacieux exposés en 1809 en font le précurseur de l’École Historique du Droit dont la faculté de Droit de Strasbourg sera le porte-parole français jusqu’en 1870.

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2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine. En 2015, la nouvelle Hermione a fait le voyage aller et retour aux USA. Depuis son retour à Rochefort, elle a fait un déplacement mouvementé à Sète : vidéo de 28’38. Son port d’attache est le radoub Napoléon III.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, octobre 2015).

2012 (6 juillet). Dossier de Presse. « 50 000 personnes sont attendues à Rochefort pour fêter la sortie de l’Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l’arsenal de Louis XV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l’Atlantique, la coque de l’Hermione, non mâtée, sortira de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la 2ème guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l’initiative de la ville de Rochefort d’un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d’occupation.

Reconstruire l’Hermione, c’est bâtir un navire de plus de 65 m de long hors tout, portant trois mâts et 2 200 m² de voilure de route. C’est concevoir une coque entièrement en chêne, avec des épaisseurs pouvant atteindre 70 cm, inimaginables aujourd’hui mais conçues au 18ème siècle pour résister aux boulets ennemis.

  • 1993-1996 : études préparatoires
  • 1997-2000 : construction de l’ossature de la charpente.
  • 2000-2008 :  construction des ponts et des superstructures.
  • 2009-2011 : bordage et calfatage de la coque ; début mâture, gréement, voiles.
  • 2012-2013 : suite mâture, gréement, voiles, montages et finitions.
  • 2014 : suite des essais en mer.
  • 2015 : départ pour le voyage transatlantique

1997 (août). Début de la reconstruction de la frégate historique  : pose de l’arcasse

« C’est au tour de l’arcasse et de l’étambot d’être révélés au public. Une fois relevé, cet ensemble complexe de plus de 4.5 tonnes de chêne est fixé sur l’extrémité arrière de la quille. L’étambot recevra plus tard le gouvernail ».

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Rochefort. Les 3 formes de radoub

« Une forme de radoub est un bassin qui permet l’accueil de navires et leur mise à sec pour leur entretien, leur carénage, leur construction, voire parfois leur démantèlement. On parle également de forme, de cale sèche, parfois de forme-écluse en fonction de la configuration rencontrée ».

La forme de radoub à deux bassins, 18ème siècle. Cliquer sur les images pour les agrandir

1666. « Création à Rochefort d’un grand port du Royaume de France. Des cales de construction existaient sur plusieurs points dans l’arsenal ; mais on n’y possédait pas encore de forme ou bassin de radoub. On supposait que le sol des rives de la Charente ne présentait pas assez de solidité pour que l’on pût fonder d’une manière durable un établissement de cette nature.

Un point parut cependant offrir quelques garanties : on avait cru remarquer que dans la troisième partie de l’arsenal gisait à peu de profondeur, un rocher d’une certaine solidité ; des sondages vinrent en confirmer l’existence et bientôt une fosse y fut creusée.

Pour éviter les délicates manœuvres d’abattage en carène (technique ancienne qui consistait à coucher le navire sur un de ses flancs, afin de pouvoir travailler sur sa carène, à flot), on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse après la fermeture des portes (avec l’aide d’une machine hydraulique comprenant trois chaînes à godets, actionnée par un manège à chevaux). Une drague à godets permettait de dévaser ».

La Charente à marée basse. A droite, l’entrée du radoub Louis XV

Les 3 formes de radoub de Rochefort : 17ème siècle, 18ème siècle, 19ème siècle.

A. 1669-1671. La vieille forme, conçue par François Le Vau sur les volontés de Louis XIV, est le premier bassin de radoub construit en France. Elle est la toute première à être maçonnée au monde ; elle est construite en pierre de taille perpendiculairement à la Charente. Elle se ferme par des portes en bois.

B. 1683-1728. « Forme de radoub à deux bassins, dite aussi Louis XV, conçue et décidée par l’intendant de la marine Pierre Arnoul. Sa construction, qui fut une première mondiale, nécessita 45 ans d’efforts contre un environnement inadapté. On éprouva de grandes difficultés : des sources jaillissantes, qu’on ne pouvait ni tarir ni détourner, remplissaient incessamment le bassin et l’on se vit même forcé d’abandonner les travaux commencés. On parvint enfin à combattre, puis à vaincre cet obstacle, mais, en 1728 seulement, on put se servir de la nouvelle forme.

  • Pierre Arnoul, fils de Nicolas Arnoul, fut reçu chevalier de Malte de minorité en 1668, commissaire de la marine au département de Toulon (1670), contrôleur-général de la marine du Ponan (1672), intendant des galères de France et des fortifications de Provence (1673), intendant de la marine et des fortifications après son père (1675), révoqué en 1679, replacé au Havre (1680)/ Il tint ensuite les fonctions d’intendant de la marine et d’intendant de justice, police et finances à Rochefort, La Rochelle, Brouage… Il meurt en 1719.

Des modifications ont été apportées par rapport à la conception de la Vieille forme. Elle est fermée par un bateau-porte ; les parois ne sont plus droites mais en gradins, de façon à faciliter le travail des ouvriers à l’intérieur ».

1734. Le bateau-porte d’origine n’ayant jamais bien fonctionné, il est remplacé par des portes en bois.

C. 1853-1861. « Construction de la forme Napoléon III. Elle fut allongée en 1900 pour accueillir le Dupleix, long de 134 m, le dernier grand croiseur-cuirassé construit à Rochefort ».

Quelques termes techniques : radier, bajoyer, bateau-porte.

« Constituant le fond du bassin, le radier est une surface en règle générale plane dans les bassins récents, permettant le positionnement des tins ou des bers supportant le navire à accueillir, et la circulation du personnel et des engins nécessaires aux travaux de coque à réaliser sur le navire accueilli.

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18ème. Toxicité de la suie, du plomb

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine du travail. Percival Pott et la toxicité de la suie pour les ramoneurs (1775). Benjamin Franklin, Amédée Lefebvre et la toxicité du plomb pour les marins (1796).

A.La toxicité de la suie. « Percivall Pott (1713- 1788) est un chirurgien britannique qui a identifié pour la première fois une substance chimique comme étant la cause d’un cancer professionnel : en 1775 il a prouvé que la suie était responsable du cancer du scrotum des petits ramoneurs de Londres et a mis en cause les conditions de travail très dures des enfants qui devaient se faufiler à travers d’étroits conduits de cheminées encore brûlant et avaient en permanence la peau imprégnée de résidus de combustion de houille grasse.

Il explique la localisation des tumeurs par l’accumulation de particules fines de suie au niveau de la peau fine et plissée des bourses, facilitée par la sueur et incrimine aussi l’irritation par le frottement du pantalon et de la corde dont se servaient les ramoneurs pour descendre dans les cheminées.

À cette époque les ramoneurs commençaient à travailler vers l’âge de 5 ans et le cancer apparaissait après la fin de leur activité professionnelle vers l’âge de 30 ans. Malgré cette étude, le travail des petits ramoneurs n’a été réglementé qu’en 1840″.

B. La toxicité du plomb in Histoire et évolution de la santé au travail. « Benjamin Franklin (17 janvier 1706 – 17 avril 1790) qui en plus d’être un homme politique et un des pères fondateurs des états unis d’Amérique était un physicien et un scientifique curieux de tout, étudia la toxicité du plomb et son rôle dans l’apparition du saturnisme maladie qu’il diagnostiqua chez des cristalliers et des céramistes. Ses découvertes sont présentées dans une lettre datée de 1796, mais il fait remonter le début de ses travaux à plus de 60 ans auparavant.

Cliquer sur les images pour les agrandir. Amédée Lefebvre, in École de médecine navale de Rochefort

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