Archives de Catégorie: AH. Histoire 19-20èmes siècles

La broderie : le bal de Madame B

Présentation sur le site des Ateliers ouverts 2022. Nathalie Berizzi-Graux. Atelier, 35 rue du Fossé des Treize, Strasbourg.

Youtube, février 2022, 4’08. L’atelier du Bal de Madame B, une découverte en forme de portrait.

Diaporama de 20 photos.

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Brodeuse de mode, chineuse de précieux. « Telle une passeuse de mémoire de notre patrimoine collectif, je chine mes matières premières nobles, naturelles, perles, tissu, vêtements anciens, linge de lit, pour en raconter des histoires et en faire des créations que l’on transmet et qui perpétuent le symbole même du trousseau de famille. Toiles ordinaires à usage domestique, humbles et modestes, pudiques et anonymes, habits austères, ils deviennent pour moi le prolongement d’une garde robe raffinée et sophistiquée. Sortir la toile de la coulisse pour la placer sur scène pleine d’artifices, grâce à l’impression de mes collages, personnages romanesques, dandy, androgynes et au décalage par le fil ».

Le site web : le Bal de Madame B.

« Telle une passeuse de mémoire de notre patrimoine collectif, le travail de Nathalie Berizzi-Graux commence à l’instant même où elle se met à chiner des matières premières nobles, anciennes et naturelles, perles, fils et paillettes, pour en raconter des histoires immuables, et en faire des créations que l’on transmet et qui perpétuent le symbole même du trousseau de famille »…

Collages papier, impression à l’encre, broderie main

« Le processus de réalisation est long et aléatoire. Il dépend essentiellement du butin, de la source première, des matériaux trouvés imparfaits et uniques, de la matière, du tissage et finition particulière et irrégulière, traces, tâches, de leur réaction à l’eau, à la pression de l’encre et poids des passementeries anciennes, qui y seront appliquées et à la part de hasard à laquelle le BAL DE MADAME B tient absolument.

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Chr. Guérin, graveur (1758-1831)

Christophe Guérin, peintre et graveur, né à Strasbourg le 14 février 1758 et mort dans la même ville le 27 septembre 1831 à l’âge de 73 ans. Source : citation de l’article de Georges Foessel dans Alsace Histoire, 1989.

Christophe Guérin, dans une famille d’artistes en Alsace.

« 1778 (Christophe Guérin a 20 ans). Étudiant de Jeulain et de P. Muller, il fit son instruction à l’École des Beaux-arts de Paris et obtint en 1778 la 3e médaille.

1783 (25 ans). Il concourut pour le Prix de Rome et obtint à nouveau la 3e médaille.

1788 à 1792 (30 à 34 ans). Il fut, comme son père, graveur de coins, puis maître de la Monnaie de Strasbourg.

Durant la Révolution, alors que la cathédrale elle-même était menacée par les fureurs des fanatiques, il accepta de peindre une déesse Raison et de participer au culte républicain, pour éloigner les périls, en donnant une affectation reconnue au monument.

1803 (45 ans). Il fut nommé par la municipalité, conservateur en chef de la galerie des peintures de la ville, née des dépôts effectués par l’État auprès des grandes villes de France. Il conserva ce poste jusqu’à sa mort en 1831.

Le 19 novembre 1803, il sollicita du conseil municipal la fondation d’une école gratuite de dessin qui serait placée sous sa direction. Le conseil, en date du 27 décembre 1803, en décréta la création et le 18 novembre 1804, la réunit au musée à charge de recevoir un certain nombre d’élèves gratuits, pris dans la classe ouvrière ou indigente, qui seraient nommés chaque année par le conseil municipal.

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Strasbourg. Le Sac du NeuBau (1789)

« Le NeuBau (source : Archi-wiki) est un très bel édifice de la Renaissance, construit de 1582 à 1585. Architecte, Hans Schoch, sculpteurs suisses Paul Maurer et Joerg Schmitt. Neue bau (nouvelle construction) car il s’agissait de la première construction civile entièrement en pierre à Strasbourg.

Le Neubau servit d’hôtel de ville pendant 14 ans seulement. Dès l’origine, il accueillait également des commerces au rez-de-chaussée.

Pour les étages supérieurs il faudra attendre 1588 suite à l’accueil d’une délégation Zurichoise. De fait, le Neubau sera le Palais des congrès de Strasbourg jusqu’en 1779.

L’originalité de ce bâtiment réside dans son architecture classique de la Renaissance qui tranchait avec l’architecture locale à colombages. C’est le premier bâtiment en Alsace où l’on voit la superposition canonique des trois ordres antiques. Au-dessus de chaque chapiteau de colonne on trouve des têtes d’hommes reprenant chacune les professions des corporations, rappelant ainsi l’origine commerciale de l’édifice ».

Partie 1. Un évènement révolutionnaire.

Jean-Henri CLESS, Pillage de l’Hôtel de ville de Strasbourg le 21 juillet 1789, Cabinet des dessins et estampes. Source : gravure EV15 3.

Diaporama de 13 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

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« Jean Henri Cless assiste aux soulèvements révolutionnaires qui aboutissent au pillage de l’Hôtel de ville le 21 juillet 1789. Le bâtiment, abritant désormais la Chambre de Commerce et d’Industrie, fut la cible de destructions importantes. Ce dessin, réalisé sur le vif, illustre la violence du moment, avec la défenestration de documents d’archives ou de meubles. Même les tuiles sont arrachées et projetées au sol » (source Cabinet des dessins et estampes).

Après le pillage de juillet 1789, le bâtiment, en 1802, est acheté et rénové par la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Le pillage vu par deux voyageurs étrangers contemporains. 1. Arthur Young, Voyages en France en 1787, 1788, 1789.

2. Rodolphe Baudin, Nikolaï Karamzine à Strasbourg. Un écrivain-voyageur russe dans l’Alsace Révolutionnaire, Presses Universitaires de Strasbourg. « Les Lettres d’un voyageur russe (1791-1801) fut le premier récit de voyage littéraire jamais publié en Russie et l’œuvre principale de Nikolaï Karamzine (1766-1826), figure phare du sentimentalisme et premier grand historien de son pays ».

Analyse d’un Historien du 1er quart du 20ème siècle : Rodolphe Reuss (1841-1924). Le sac de l’Hôtel de ville de Strasbourg, juillet 1789. Épisode de l’histoire de la Révolution en Alsace, Revue Historique, Presses Universitaires de France, T. 120, Fascicule 1 (1915), pp. 26-55.

Partie 2. Le Neubau du 16ème au 20ème siècle. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia. lire la suite page 2.

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Musée des Beaux-arts de Besançon

« Au cœur de la ville historique, dans la boucle du Doubs, le musée des Beaux-arts et d’Archéologie de Besançon possède une longue histoire ». Source : extraits du site du Musée.

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Trois parties dans cette chronique : le musée le plus ancien de France ; Louis Miquel, l’architecte du musée d’aujourd’hui ; la donation de la collection de Pierre-Adrien Pâris.  

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1694. La plus ancienne collection publique française

« Son origine remonte à 1694, soit un siècle avant la création des musées qui date de la Révolution française (Le Louvre ouvre en 1793).

En 1694, à Besançon, Jean-Baptiste Boisot, abbé de Saint-Vincent, lègue ses collections aux bénédictins de la ville, à condition qu’elles soient mises à la disposition du public selon des jours et horaires réguliers, sous contrôle de la Ville et des religieux ».

« Les ouvrages et œuvres d’art réunis proviennent des prestigieuses collections ayant appartenu à Nicolas Perrenot de Granvelle (1486-1550) et à son fils Antoine, hommes politiques de premier plan (Nicolas fut Premier ministre de Charles Quint), mécènes, grands collectionneurs. Cette collection privée ouverte aux visiteurs dans l’ancienne abbaye Saint-Vincent sera fréquentée durant tout le XVIIIe siècle.

C’est à partir de 1843 que les collections devenues publiques et augmentées des saisies révolutionnaires sont installées dans la nouvelle Halle aux grains, édifice conçu par l’architecte Pierre Marnotte« . (1797-1882) ».

Partie 2. 1967-1970. Louis Miquel architecte du Musée d’aujourd’hui. Source : extraits du site du Musée

« En 1963, George et Adèle Besson déposent au musée des Beaux-arts et d’Archéologie plus de 300 œuvres de leur prestigieuse collection, en contre partie les donateurs exigent des conditions d’exposition à la hauteur de leur présent. Un réaménagement du musée est privilégié. Le choix de l’architecte se porte sur Le Corbusier, connu des Francs-Comtois pour la chapelle Notre-Dame-Du-Haut à Ronchamp (1955), mais il est également l’une des rares personnalités à avoir mené un travail de réflexion profond sur les musées, initié vers 1929-1930 : c’est le principe du musée à croissance illimitée.

Malheureusement, celui-ci décline la proposition en raison d’engagements antérieurs. La Ville de Besançon demande alors que son suppléant soit l’un de ses disciples. Après le refus d’André Wogenscky, c’est finalement Louis Miquel (1913-1987) qui sera retenu.

Le projet est mis au point après la première visite à Besançon en 1964, le chantier s’ouvre en 1967 et se termine en 1970. La partie centrale, construite entièrement dans un espace vide et carré, est techniquement indépendante de l’édifice ancien, auquel elle se rattache par des passerelles ».

« Les matériaux choisis sont le béton brut de décoffrage pour les murs, une céramique noire pour les sols. L’éclairage, naturel et zénithal dans la partie supérieure, est artificiel ailleurs. L’ensemble est conçu comme une spirale carrée irrégulière, ascendante par une succession de plans inclinés scandés de paliers, prenant leur origine au centre du rez-de-chaussée ».

Partie 3. 1818, la donation de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819). Source : extraits du site du Musée.

« Architecte néoclassique, Pierre-Adrien Pâris est né à Besançon le 25 octobre 1745, dans le quartier Battant. Il grandit à la cour du prince-évêque de Bâle, où son père fut nommé intendant des bâtiments ».

« 1760 (Pâris a 15 ans). Il s’installe à Paris pour étudier l’architecture.

1769 (24 ans). Après trois tentatives infructueuses pour remporter le Prix de Rome, il obtient finalement en 1769 une pension royale qui lui permet de se rendre à Rome. Là-bas, il est précepteur du fils de son professeur et assiste à l’Académie de France. 

Entre 1772 et 1774 (27-29 ans). Pâris dessine dans la campagne romaine aux côtés de peintres tels que François-André Vincent avec qui il s’initie aux dessins de vues. Il en profite également pour réaliser de nombreuses études de monuments antiques (Pompéi, Paestum, Herculanum…) et commence une petite collection de dessins et de contre-épreuves de sanguines de ses camarades peintres.

1778 (33 ans). De retour en France, ses dessins d’architecture lui apportent un emploi. Louis XVI le nomme dessinateur, et lui demande de concevoir le décor des divertissements de la cour.

1780 (35 ans). Il rejoint la prestigieuse Académie Royale et est retenu à Rome pour la direction des fouilles du Colisée ».

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1776, le Doubs, navigation à vapeur

Première Partie. 1776, première navigation d’un bateau à vapeur, Le Palmipède, sur le Doubs par Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans (1751-1832). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

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« Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans (1751-1832) est le fils aîné du marquis Claude-Jean-Eugène de Jouffroy d’Abbans (1715-1796) et de Jeanne Henriette de Pons de Rennepont (1717-1793). Il commence ses études chez les Dominicains près du Château familial d’Abbans, près de Besançon..

1764 (13 ans). Son père le fait entrer à treize ans à la Cour de France du Château de Versailles, comme page au service de la princesse dauphine Marie-Josèphe de Saxe.

1767 (16 ans). La mort de cette dernière en 1767 le fait revenir au château paternel.

1768 (17 ans). il est initié à la franc-maçonnerie à la loge Sincérité de Besançon, constituée quelques années plus tôt à l’initiative de Charles de Lacoré (intendant de la province de Franche-Comté).

1772 (21 ans). Devenu lieutenant au régiment de Bourbon-Infanterie, il a une altercation — pour les faveurs d’une jeune duchesse — avec le responsable de ce régiment, le comte d’Artois, petit-fils du roi Louis XV (et futur roi Charles X). Une lettre de cachet de Louis XV l’envoie au cachot, au fort royal de l’île Sainte-Marguerite, des îles de Lérins. Ce serait lors de ce séjour qu’il observe le passage des galères, et met son enfermement à profit pour étudier les sciences et perfectionner les machines à vapeur qu’il utilisera sur ses bateaux.

1774 (23 ans). Libéré mais privé des perspectives d’une carrière militaire, il rejoint Paris et s’intéresse à la fois à la construction des navires et à l’avenir de la machine à vapeur. il entre dans une société formée par Claude d’Auxiron de Quingey, les frères Périer (banquiers), et Monnin de Follenay dont le projet est de faire naviguer un bateau à vapeur.

1776 (25 ans). Peu soutenu par son père, c’est sa sœur aînée Marie Elisabeth, chanoinesse de l’abbaye de Baume-les-Dames, qui intercède auprès de l’abbesse Henriette de Damas-Cruz, cette dernière convainquant les dames du monastère de le subventionner financièrement. En 1776, avec l’aide du chaudronnier baumois Pourchot, il construit sa première embarcation, le Palmipède, dont une machine à vapeur actionne des rames en forme de palme. Il parvient à naviguer avec succès pour la première fois de l’histoire de la navigation sur le bassin de Gondé, là ou le Cusancin se jette dans le Doubs, à Baume-les-Dames, aux mois de juin et juillet de la même année. Les deux paires de rames de chaque côté du bateau empêchent le passage aux écluses, et ce relatif échec du procédé de propulsion incite son inventeur à abandonner ce projet.

1781 (30 ans). Brouillé avec ses associés, et renié par sa famille, Claude François de Jouffroy d’Abbans se retire dans son château d’Abbans, pour étudier une évolution de son bateau à vapeur. Il crée une société à Lyon pour exploiter le Pyroscaphe, premier bateau à roues à aubes de 46 mètres de long, muni de nouvelles pales montées sur des aubes. Il est construit à Lyon avec le concours du maître de forges Antoine Frerejean.

1783 (32 ans). Le 15 juillet, il réalise, au nord de Lyon, une spectaculaire démonstration publique devant dix mille spectateurs en remontant la Saône sur plusieurs kilomètres, de la cathédrale Saint-Jean de Lyon à l’Île Barbe, durant environ un quart d’heure ».

Seconde Partie. L’expérience de Jouffroy d’Abbans en 1783 et la navigation à vapeur dans la région lyonnaise (catalogue d’exposition), compte-rendu en ligne (Persée) par Jacques Payen, Revue d’histoire des sciences, Année 1985, 38-1, pp. 89-91.

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Archives de P. Bourdieu enterrées ?

Depuis le 1er février 2022, le Grand Équipement Documentaire du Campus Condorcet ouvre à la communication le Fonds d’archives Pierre Bourdieu.

Il faudrait s’en féliciter (chronique. In Memoriam : Pierre Bourdieu). En fait, il faut plutôt s’en inquiéter.

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Commentaires :

  • il s’agit d’un fonds privé. Qui en est le propriétaire ? Les héritiers ? Si oui, pourquoi est-il confié maintenant à un établissement public ? Pierre Bourdieu a-t-il fait un testament, précisant son souhait ?
  • la communication du fonds est ouverte sous certaines conditions : nous verrons qu’elles sont irréalistes et dissuasives.
  • le GED n’est pas présentement en situation d’accueillir les chercheurs qui voudraient consulter le fonds et qui seraient autorisés à le faire : Campus Condorcet : la Cour des Comptes accuse. Impossible de trouver en ligne les jours et les heures d’ouverture du GED ; en fin d’année dernière, il n’était ouvert que deux jours par semaine, faute d’un personnel suffisant.
  • Mettre six ans pour inventorier le fonds n’est-il pas excessif alors qu’il était déjà géré mais ailleurs ? Qui a supporté le coût de l’inventaire et du transfert ?

Partie A de la chronique. Citation exhaustive du texte dédié au fonds Pierre Bourdieu sur le site du Campus Condorcet. Et Commentaires personnels

Un fonds exceptionnel.

« Constitué d’un vaste ensemble documentaire couvrant toute l’activité professionnelle de Pierre Bourdieu des années 1950 jusqu’à sa disparition en 2002, le fonds comprend des manuscrits originaux de livres et d’articles avec la documentation afférente, des matériaux d’enquêtes, des supports de cours et de séminaires, des notes, des affiches, des rapports réalisés pour différentes institutions, des documents liés au travail éditorial (collections Le Sens Commun aux Éditions de Minuit, Liber au Seuil, revue Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Revue internationale des livres Liber, Éditions Raisons d’Agir), ainsi que de la correspondance. Au total, le fonds occupe environ 100 mètres linéaires d’archives, pour plus de 1000 dossiers, auxquels s’ajoute une partie significative de la bibliothèque personnelle de Pierre Bourdieu ».

Des archives pour une histoire sociale des Sciences sociales.

« Ce fonds offre un excellent moyen d’enrichir et de renouveler l’histoire des sciences sociales, tant par son ampleur que par sa richesse documentaire et son ouverture à d’autres disciplines que la sociologie : la philosophie, la linguistique, l’anthropologie, l’histoire, l’esthétique, etc. Il permet de lancer ou d’enrichir les recherches sur ou autour de l’œuvre de Pierre Bourdieu, mais aussi sur des auteurs avec qui il fut en relation au cours de sa vie. Au-delà de ces objectifs généraux, ces archives permettent de penser les liens entre les recherches et les espaces sociaux dont elles dépendent et où elles produisent des effets, ou entre des œuvres savantes et l’ensemble des personnes ou institutions (enquêtés, collaborateurs, collègues ou concurrents, éditeurs, lecteurs, journalistes, etc.) impliquées dans leur production et/ou leur réception. Mais ce fonds ne se réduit pas au passé »…

Modalités d’accès et procédures d’évaluation

« En concertation avec le service des Archives du GED, l’accès au fonds est soumis à l’avis du Comité d’évaluation scientifique du Fonds Pierre Bourdieu. Celui-ci est actuellement composé de neuf membres : Etienne Anheim (EHESS), Jérôme Bourdieu (EHESS), Julien Duval (CNRS), Paul Pasquali (CNRS), Amín Pérez (UQAM), Franck Poupeau (CNRS), Nicolas Renahy (INRAE), Marie-Christine Rivière (Collège de France) et Gisèle Sapiro (EHESS) ».

Commentaires. C’est donc le service des archives du GED qui est le décideur, mais il ne peut décider que si le comité donne un avis. S’il tarde à le faire ou s’il ne le fait pas, la décision est bloquée.

Le comité scientifique précédent était composé de 17 membres (dont 3 chercheurs étrangers, cf. l’image ci-dessous). Il n’en compte plus que 9. Est-ce un signe de désaffection ?

« Certaines parties du fonds, dont la correspondance, des documents comportant des informations personnelles sur des tiers et certains documents audiovisuels, ne sont pas communicables, sauf dérogation exceptionnelle du comité d’évaluation et sous réserve du statut juridique des documents concernés. C’est aussi le cas du fonds d’ouvrages qui n’est pas encore catalogué par les services du GED ».

« Le fonds d’archives est consultable dans la salle Archives & Réserve située au 3ème étage du GED« .

Commentaire. Une salle de consultation sans affichage des heures et jours d’ouverture !

« L’inventaire du fonds est disponible sur Calames. Attention : toute demande de consultation doit indiquer précisément le ou les documents désirés ainsi que leurs cotes indiquées sur Calames ».

Commentaire. J’ai recherché et ai trouvé. Pierre Bourdieu, Études et carrière : cote 1 ARCH 1, boite 588.

« Deux types de demandes de consultation sont possibles, en fonction de l’étendue et de la durée de consultation envisagées : soit limitée et ponctuelle, soit étendue et au long cours.

Les demandes de consultation limitées et ponctuelles font l’objet d’une validation au fil de l’eau, sur la base d’un message électronique à envoyer au comité (archives.bourdieuatgmail.com) avec copie au service des Archives du GED dans lequel sont indiqués l’objet de la recherche, la justification du choix des documents consultés et la cote précise de ces derniers. Le comité d’évaluation vérifie la pertinence de la demande au regard du contenu du fonds et de sa politique scientifique générale ».

Commentaire : texte récent sur cette politique scientifique générale ?

« Les demandes nécessitant un accès prolongé au fonds et la consultation d’un nombre important de documents sont examinées par le comité d’évaluation dans les trois mois. Ces demandes au long cours nécessitent, outre le message électronique mentionné ci-dessus, un projet de recherche et/ou de valorisation du fonds de deux à trois pages au maximum, précisant les cotes concernées, la finalité du travail (mémoire universitaire, publication, enquête journalistique…), les grandes lignes de la recherche dans laquelle cette demande de consultation s’inscrit, ainsi que le calendrier envisagé. Le message électronique et le projet rédigé doivent être envoyés au comité avec copie au service des Archives du GED. Le comité d’évaluation prend en considération l’intérêt et l’originalité des projets, leur articulation avec les recherches en cours ainsi que leur attention à la déontologie du travail scientifique. Toute réponse négative fera l’objet d’une motivation par mail ».

Conditions légales et usage des documents.

« Attention : l’autorisation de consultation est distincte de l’autorisation d’usage ou de citation des documents.

Tout usage ou citation doit faire l’objet d’une demande spécifique auprès des ayants droits du fonds Bourdieu par l’intermédiaire du service des Archives du GED. Dans ce cas, toute citation et réutilisation des documents contenus dans le fonds Bourdieu reste soumise au respect des droits d’auteur définis par le Code de la propriété intellectuelle ».

Commentaire : qui sont les ayants droits ? Y a-t-il des sous à la clé ? Si un éditeur veut republier un livre épuisé de Pierre Bourdieu, combien doit-il mettre sur la table ?

« Sauf dérogation accordée par les ayants-droits, la reproduction des documents contenus dans le fonds Pierre Bourdieu est strictement interdite, quels que soient le support et le moyen utilisés (appareil photo, smartphone, scanner portable, photocopieuse, caméra, etc.), sous peine de poursuites judiciaires.

Plus généralement, toute personne accédant au fonds s’engage à respecter les règles de communicabilité des archives publiques définies par les articles L213-1 à L213-7 du Code du Patrimoine modifié par la loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008.

Enfin, à l’issue d’une recherche (ponctuelle ou non, limitée ou étendue) mobilisant des archives du fonds Pierre Bourdieu, un exemplaire électronique de la publication doit obligatoirement être remis au comité d’évaluation à l’adresse suivante : archives.bourdieuatgmail.com ».

Commentaires : qui va être assez folle ou fou pour se lancer dans cette procédure kafkaïenne sans être sûr(e) d’en voir le bout. Pierre Bourdieu, dis-nous que tu n’as pas voulu cela ! Fais-nous savoir que tu ne veux pas être enterré une seconde fois !

Pour mes chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle, j’ai pu consulter, photographier et publier les fonds d’archives de La Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg et ceux du Cabinet des dessins et des estampes de Strasbourg. Lors d’un entretien avec chacun des responsables de ces archives, un accord a été trouvé très facilement et le travail de collecte lancé très rapidement.

Mais heureusement, il existe en ligne énormément de traces de Pierre Bourdieu. La suite : partie 2 de la chronique.

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In Memoriam : Pierre Bourdieu

Vingtième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu (1er août 1930 – 23 janvier 2002).

Le début de carrière. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1960. « Pierre Bourdieu regagne Paris, devient l’assistant de Raymond Aron à la Faculté de Lettres de l’Université de Paris. Raymond Aron fait également de lui le secrétaire du Centre de sociologie européenne, institution de recherche qu’il a fondée en 1959, à partir de reliquat de structures d’après-guerre et avec l’aide financière de la fondation Ford. »

1961-1965. Pierre Bourdieu est enseignant de sociologie à la faculté des Lettres de Lille, rue Auguste Angellier. En 1964, il publie les Héritiers avec Jean-Claude Passeron.

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1964-1966. Source : souvenirs personnels. En 1964-1965, Pierre Bourdieu a 34 ans, donne des cours dans le cadre du certificat Morale et Sociologie. Une petite centaine d’étudiants de philosophie et une dizaine d’étudiants inscrits dans la licence de sociologie, créée en 1958, comme le doctorat de sociologie. Du fait de ce faible effectif, la plupart des cours sont mutualisés avec les étudiants en philosophie, ou en psychologie, ou en démographie, ou en économie politique. Je suis inscrit en sociologie.

Dans l’amphi, Pierre Bourdieu va et vient dans l’allée centrale, lit des extraits d’Économie et Société de Max Weber qu’il tient dans à la main. Mais il s’agit de la version en allemand ; il traduisait en temps réel. Nous étions subjugués.

Les 12 étudiants lillois en sociologie n’étaient pas des Héritiers. Ils en étaient fiers. La plupart avaient choisi la sociologie pour changer la société. Comment ? Et pourraient-ils en vivre ? Ils n’en savaient trop rien. Bourdieu, Passeron et Chamboredon ne publieront le Métier de sociologue qu’en 1966.

Après le cours, il arrivait à Pierre Bourdieu de nous rejoindre dans la petite bibliothèque du 5ème étage. Il discutait avec nous, proposait quelquefois d’aller prendre une bière au café de la place Philippe Le Bon, siège de la faculté des Sciences. Je n’ai pas souvenir qu’il nous ait mentionné la naissance de son fils Emmanuel en avril 1965 ; il n’était pas là pour nous parler de sa vie privée.

Il nous a par contre associés à une partie de l’enquête dont les résultats seront publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966, compte-rendu par Régine Rodriguez, L’Homme et la société, Année 1967, 3, pp. 220-222.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de les reconnaître, leur visite terminée. Nous leur posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous).

Étudiants, nous trouvons que la sociologie, c’est plutôt sympa : enquêter sur le terrain, rencontrer des gens, traiter les données et même des données quantitatives. Aucun n’effleure l’idée que l’observation in situ puisse être gratifiée ; les indemnités de stage seront pour plus tard.

1964-1965. Jean-Claude Chamboredon est l’assistant de Pierre Bourdieu à Lille. Il est décédé le 30 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Extraits de l’Hommage à J-C. Chamboredon. Les apprentis sociologues que nous étions ignoraient tout de son statut. C’était un parisien, nous étions des provinciaux plutôt impressionnés par cet habitué du TEE, Trans Europe Express, 1 heure 57 pour faire Paris-Lille. Impressionnés bien qu’il fût très jeune (26 ans), de petite taille et habillé toujours pareil : veston bleu marine, pantalon gris, chemise blanche ; une cravate ? Nous ignorions tout de son excellent parcours scolaire ; il ne le mettait d’ailleurs jamais en avant.

En travaux dirigés, il nous faisait travailler sur les photographies que nous avions apportées. Encore un livre en vue : sous la direction de Pierre Bourdieu (Luc Boltanski, Jean-Claude Chamboredon), Un art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie, Éditions de minuit, Collection Le sens commun, 1965, 368 pages.

1965 (juillet). Cinq des douze étudiants en sociologie de Lille sont invités par Pierre Bourdieu pour un stage d’une semaine dans son centre de recherche de la rue Monsieur le Prince (Paris 6ème). Séminaires de recherche, travaux pratiques sur les données de l’enquête sur la pratique sociale de la photographie, sur la fréquentation des musées. Nous logions dans le pavillon du Maroc à la Cité internationale. Jacques-Yves Eloy nous avait photographiés, Richard Biéganski et moi, dans le Jardin du Luxembourg.

1966 (juin). Douze étudiants obtiennent la licence de sociologie à la Faculté des Lettres de Lille, dont les 5 qui ont suivi le stage de Paris.

1966 (septembre). Je commence une thèse sur les délégués du personnel dans l’industrie textile du Nord de la France. Mon directeur est Jean-René Tréanton : il m’a trouvé une bourse de thèse. Le doctorat soutenu en février 1969, j’entre au CNRS, comme attaché de recherche dans le laboratoire de Sociologie industrielle, dirigé par Alain Touraine.

Je perds de vue Pierre Bourdieu. Je lui voue et lui vouerai une éternelle reconnaissance pour cette première année de formation à la sociologie à Lille, en 1964-1965.

1975. Pierre Bourdieu  fonde les Actes de la recherche en sciences sociales.

1981. Pierre Dubois et Daniel Chave, Les Mutants dans l’usine. Production de la Mobilité et Mobilité dans la Production, article écrit pour la revue dirigée par Pierre Bourdieu. Le titre choisi est un clin d’œil : notre maître n’avait-il pas écrit « Paysans sans terre et terres sans paysans ».

Malgré cela, l’article est refusé par le Comité de rédaction : il faut avouer que l’article était une lettre à un ouvrier que l’on tutoyait. Qu’à cela ne tienne ! Article proposé, accepté et publié par Les Temps Modernes, 2 / 1981, pp. 1352-1387. Traduction : I Mutanti nella fabrica, Unita Proletaria, 3/4/1981, pp. 92-102.

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Paris Cluny. 6 adorations des mages

« L’histoire de l’hôtel de Cluny et la fondation du musée au 19e siècle sont intimement liées à la famille Du Sommerard. Conseiller-maître à la Cour des comptes, Alexandre Du Sommerard (1779-1842) compte parmi les amateurs de cette première moitié du 19e siècle qui suscitèrent un nouvel intérêt pour la période médiévale. Il réunit une vaste collection consacrée aux arts du Moyen Âge et s’installe en 1832 dans une partie de l’hôtel. Après sa mort, l’État acquiert en 1843 l’hôtel de Cluny et ses collections, riches de près de 1 500 objets. La même année, la Ville de Paris cède à l’État les thermes gallo-romains et le dépôt lapidaire qu’il contenait, dont le Pilier des nautes.

Durant la même décennie 1830, l’architecte Albert Lenoir (1801-1891) propose d’installer dans le palais des thermes et dans l’hôtel de Cluny un « musée d’antiquités nationales » ou « musée d’art français », préservant les bâtiments et s’inscrivant dans la lignée du musée des Monuments français (1795 – 1816). Responsable de la restauration des thermes dès 1838, de celle de l’hôtel de Cluny à partir de 1843, Albert Lenoir dégage les bâtiments antiques des ajouts postérieurs ».

Dans le musée de Cluny, six œuvres évoquant les rois mages.

Diaporama de 23 photos (dont 4 captures d’écran).

A. Plaque de l’Adoration des mages, 4e quart du 12e siècle. Source de la citation : Musée de Cluny.

« Cette plaque de l’adoration des mages était un élément d’un retable posé sur l’autel majeur de l’église abbatiale de Grandmont. Elle provient du foyer de Limoges, grand centre de production d’émaux sur cuivre selon la technique du champlevé.

A l’origine d’une abondante production, parfois en série, les ateliers limousins ont également créé des objets uniques dont cette Adoration des mages aux couleurs éclatantes, où les personnages émaillés contrastent avec le Christ, en réserve ».

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B. Châsse de l’Adoration des mages, 4e quart du 12e siècle / 1er quart du 13e siècle. Source de la citation: Musée de Cluny

« Ce coffret destiné à abriter des reliques est un bel exemple des créations des artistes de Limoges, à l’apogée de leur art.

Création rare, évocatrice et raffinée par son iconographie, précieuse et chatoyante par le travail des émaux, elle se distingue par un dynamisme particulier. Sur le toit les Rois mages et les chevaux en cuivre doré, gravés et ciselés, avec têtes appliquées en demi-relief, semblent engagés dans une course allègre ; sur le flanc, leur procession devant la Vierge et l’Enfant est calme et majestueuse ».

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Art du papier mâché : la famille Adt

Sources : extraits des articles de Wikipédia (A. Papier mâché) et du magazine Proantic (B. Manufacture d’objets en papier mâché : les Adt)

Diaporama de 16 photos prises dans les salles du Musée Au fil du Papier (Pont-à-Mousson), dédiées à toutes sortes de beaux objets en papier mâché.

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A. Le papier mâché : du 17ème siècle à nos jours

« Le papier mâché est un matériau de construction composé de plusieurs bandelettes de papier, auxquelles on ajoute parfois des morceaux de textile pour le rendre plus solide, qui sont assemblées par une colle humide type colle à papiers peints. Lorsque la colle sèche, l’objet ainsi formé durcit, devient très résistant et garde la forme.

Une forme de papier mâché a d’abord existé en Chine, avant que des techniques plus efficaces soient inventées en Europe.

Au XVIIe siècle, l’art du papier mâché, ou cartapesta, se développe dans la ville de Lecce en Italie, dont il devient la spécialité (chronique à suivre).

Le britannique Henry Clay obtint en 1772 un brevet pour son papier mâché.

C’est un matériau qui fut très utilisé au cours du XIXe siècle pour fabriquer des plateaux et petits meubles laqués ou des poupées avant l’apparition du plastique ».

1904, La Revue universelle, article sur l‘industrie parisienne du jouet :

Carton-pâte. « Ici nous trouvons la petite fabrication, parce que ce commerce n’exige ni capitaux ni matériel important. La main-d’œuvre est tout. Du papier d’emballage ramassé dans les sous-sols des magasins, et vendu 16 francs les 100 kilogrammes ; de la colle de farine et alun (2 francs les 40 kilogrammes), un moule en pierre pour y tasser la pâte avec la mailloche ; et cela suffit pour monter, par moitiés qu’on soude ensuite, des masques, des chevaux, des accessoires de cotillon, des bigotphones, chevaux-jupons, poissons d’avril, charcuterie et pâtisserie de théâtre, passe-boules, quilles fantaisie ».

B. Manufacture d’objets en papier mâché : la famille Adt

« Une famille s’est particulièrement distinguée dans la manufacture d’objets en papier mâché : les Adt.

En territoire sarrois, se trouve un village du nom d’Ensheim. Au XVIII siècle, le meunier des lieux, Mathias Adt, a l’idée de fabriquer des tabatières en bois. C’est le début de la grande épopée des tabatières et des articles les plus divers confectionnés pour toutes sortes d’usages.

Mathias prend connaissance de l’invention faite par un imprimeur parisien  qui a eu l’idée de coller des feuilles de papier les unes sur les autres : le papier mâché est né. Les huit fils du meunier, puis leurs descendants, développent la production en l’améliorant grâce à toutes les innovations technologiques du XIXème siècle. Les presses à vapeur, par exemple, constitue un apport déterminant en matière de variété des formes et de qualité des articles les plus divers fabriqués en papier mâché.

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1902. La Villa Louis Majorelle

La Villa, photos du 27 novembre 2021

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Diaporama de 43 photos

20 autres photos dans ma chronique de décembre 2018 : Louis Majorelle, 30 ans en 1889.

A. Brève biographie de Louis Majorelle. Source : extraits de l’article de Wikipédia. « Né à Toul, 26 septembre 1859, mort à Nancy, 15 janvier 1926. Ébéniste et décorateur du mouvement Art nouveau de l’École de Nancy.

En 1861, son père, Auguste Majorelle (1825-1879), lui-même concepteur et fabricant de meubles, déménage avec sa famille de Toul à Nancy. C’est là que Louis finit ses études initiales avant d’aller en 1877, et pour deux ans, à l’École des beaux-arts de Paris, dans l’atelier du peintre Aimé Millet. À la mort de son père, il arrête son cursus et revient à Nancy pour surveiller la fabrique familiale de faïence et de meubles. Cela l’occupe pour le reste de sa vie.

Le bâtiment de l’entreprise Majorelle, conçu par l’architecte de l’École de Nancy Lucien Weissenburger (1860-1929), était situé au 6, rue du Vieil-Aître, dans la partie ouest de Nancy. Dans les années 1880, Majorelle y fabriquait des copies de meubles de style Louis XV, qu’il a exposées en 1894 à l’Exposition d’Art décoratif et industriel de Nancy mais, influencé par le fabricant de verres et de meubles Émile Gallé (1846-1904), il donne à sa production une nouvelle direction. Son œuvre est caractérisée par l’utilisation d’éléments naturalistes dans ses formes et ses marqueteries.

Commencée dans les années 1890, la production des meubles Majorelle, embellis par des entrelacements, prend sa source dans la nature : plantes en tiges, nénuphars, chardons, libellules.

Au tournant de 1900, il ajoute un atelier de forge pour les artisans afin de produire des poignées et des charnières dans l’esprit des lignes fluides de son travail de menuiserie. Au changement de siècle, son atelier réalisait des balcons forgés, des rampes d’escalier et des détails extérieurs de nombreux bâtiments de Nancy. Il évolue vers des formes plus simples et plus dépouillées peu après son grand succès à l’exposition universelle de 1900 et se lance parallèlement dans une production en série, ce qui lui permet d’enrichir rapidement son catalogue ».

B. La villa Majorelle rénovée. Source : extraits du site du Musée de l’école de Nancy.

« Sous la conduite de Camille André, architecte du patrimoine, restaurateurs et entreprises spécialisés se sont attelés à une rénovation minutieuse et respectueuse du bâtiment, tel que l’ont habité Louis Majorelle et sa famille. Sont ouvertes à la visite les pièces de réception du rez-de-chaussée (salle à manger, salon, terrasse) ainsi que la chambre à coucher au premier étage, sans oublier l’exceptionnel escalier et ses vitraux de Jacques Gruber.

Une dernière phase travaux ne nécessitant pas de fermeture au public est programmée en 2021-2022. Elle prévoit la recréation de la salle de bain et de la penderie attenante à la chambre à coucher, ainsi que la rénovation de l’atelier de Louis Majorelle au 2e étage.  

Première maison Art Nouveau de Nancy. Œuvre de l’architecte Henri Sauvage construite vers 1901-1902 pour l’artiste Louis Majorelle, maison emblématique de l’Art nouveau nancéien.

La Villa occupe une place toute particulière dans l’histoire de l’architecture. Première maison entièrement Art nouveau de Nancy, elle témoigne d’une parfaite collaboration entre artistes parisiens et nancéiens. C’est ainsi qu’aux côtés d’Henri Sauvage, on retrouve les noms de Jacques Gruber pour les vitraux, d’Alexandre Bigot pour les grès, de Francis Jourdain et Henri Royer pour les peintures sans oublier Louis Majorelle lui-même pour les ferronneries, les boiseries et le mobilier ou encore Lucien Weissenburger pour l’exécution et le suivi du chantier.

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