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La BNU en Orient : 4 coups de cœur

Exposition de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg : L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus. Catalogue remarquable : 192 pages, extrêmement soignées

3ème chronique sur cette exposition : 4 coups de cœur :

Diaporama de 28 photos (dont détails).

Portrait d’homme, Inde, 18-19ème siècle. Catalogue : pièce 6.22, page 171.

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Trois pages d’une Ragamala, Inde, Jaipur et Lucknow (peintures) et Iran (marges). Fin du 18ème – début du 19ème. Catalogue : pièce 6.20, page 170.

Hemacandra (12ème siècle). Commentaire particulier des six règles obligatoires. Catalogue : pièce 6.15, page 166.

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J. Euting, orientaliste, bibliothécaire

Source : larges extraits de Julius Euting (1839 – 1913) par Robert Weyl, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n°10, juin 1987.

Diaporama de 34 photos.

Chroniques et photos sur l’exposition de la BNUS : L’Orient inattendu.
7 octobre 2021 : L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Julius Euting, orientaliste et bibliothécaire, protestant luthérien (né à Stuttgart, décédé à Strasbourg). Études secondaires au Gymnase de Stuttgart et au Séminaire théologique de Blaubeuren. De 1900 à 1909, il fut directeur de la Kaiserliche Universitäts und Landesbibliothek, devenue aujourd’hui la BNUS.

Années 1850. Études de théologie et des langues orientales à l’Université de Tübingen.

1862 (Euting a 23 ans) : docteur en philologie. Il abandonne la théologie pour poursuivre à Paris, à Londres et à Oxford des études en vue de la carrière de bibliothécaire.

1866 (27 ans). Nommé Kustos de la Stiftsbibliothek de Tübingen, puis bibliothécaire de la Bibliothèque universitaire de Tübingen.

1867 (28 ans). Euting commence à voyager. Il descend le Danube sur une barque en compagnie de deux Anglo-saxons, visite la Transylvanie, Constantinople, Smyrne, Athènes et Venise.

1868-1870 (29-31 ans). Il visite la Suède et la Norvège, la Sicile et la Tunisie (Carthage) dont il ramène une quantité d’estampages qu’il publie après les avoir déchiffrés. 1870, il fait un nouveau voyage en Sicile, à Athènes, Smyrne, Constantinople, Bucarest, Budapest et Vienne.

1871 (32 ans). Nommé bibliothécaire de la Kaiserliche Universitäts und Landesbibliothek de Strasbourg.

1880 (41 ans). Nommé Ordentliche Honorar Professor à la Faculté de Philosophie de Strasbourg, il était Geheimer Regierungsrat et enseigne l’hébreu au Gymnase protestant.

Julius Euting, peint en 1886 par Antoine Boubong (1842-1908), Huile sur toile, Bibliothèque de l’université de Tübingen

1883-1884 (44-45 ans). Il entreprend un long voyage, parcourant le Proche Orient. Il est soutenu par le roi de Wurtemberg et le Statthalter von Manteuffel. Au Caire, il obtint des lettres de recommandation pour divers émirs. Il voyageait déguisé en arabe sous le nom d’Abdel Wahab et maîtrisait la langue des pays traversés. Il séjourne durant trois mois à Hayel, auprès de l’émir Mohammed ibn Abdallah ar Rashid. Après son départ de Hayel, il est attaqué par des Bédouins et, pour se défendre, doit tuer deux assaillants. Son compagnon de voyage, l’orientaliste Charles Huber qui s’était séparé de lui, est assassiné près de Djedda. Il ramène de son voyage des centaines d’estampages ou de copies d’inscriptions.

Portrait de Charles Huber assis, vers 1880, Photographie, BNUS

Il est devenu un spécialiste pour l’araméen, le syriaque, le mandéen, le samaritain, le palmyrénien, le nabatéen, l’hébreu, le phénicien, le punique, l’arabe, le minéen, le sabéen, le liyanèen, l’himyarite, le pehlvi.

Selle de dromadaire de Julius Euting avec ses accessoires, Arabie, vers 1884, Stuttgart, Linden Museum

1889 (50 ans). Nouveau voyage en Égypte septentrionale, dans la presqu’île du Sinaï (où il déchiffra le sinaïtique) et en Transjordanie. 1890 (51 ans). Il participe sous la direction de Koldewey aux fouilles de Zindjirli près d’Alexandrette.

1898 (59 ans). Nouveau voyage par Port-Saïd, Jérusalem, Jéricho, Madaba jusqu’à Pétra, voyage dont il rendra compte dans une conférence devant des têtes couronnées en 1901.

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Julius Euting, Bek’a (Arabie), 14 novembre 1883, Aquarelle sur papier, Tübingen, bibliothèque de l’université

1900-1909 (61-70 ans). Euting devient Directeur de la Bibliothèque impériale de Strasbourg. 1909. Il prend sa retraite.

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L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). L’Orient inattendu, Du Rhin à l’Indus. Sources : extraits des sites de la BNUS et du Musée de l’impression des étoffes de Mulhouse (page 2 de la chronique), du Catalogue de l’exposition strasbourgeoise.

Diaporama de 11 photos : L’Orient, source d’inspiration pour les industries alsaciennes.

A. « À l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de la Bibliothèque nationale et universitaire et de l’Université de Strasbourg, l’exposition L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus invite à porter un regard nouveau sur l’histoire de la ville et de la région sous l’angle des relations avec l’Orient et plus précisément les terres d’Islam. Une exposition événement en partenariat avec les Musées de Strasbourg et le Musée du Louvre.

Pourquoi une telle approche ? Outre la présence fréquemment interrogée de l’Islam et de musulmans dans notre société, il existe, dans les collections patrimoniales régionales, des traces matérielles de contacts historiques, parfois très anciens, remontant jusqu’au Moyen Âge. Ces contacts et ces objets patrimoniaux, souvent méconnus, représentent une face inattendue de notre histoire et de notre patrimoine, en quelque sorte une face cachée de nous-mêmes.

Du 18 septembre 2021 au 16 janvier 2022, l’exposition propose d’explorer cette histoire avec un triple fil conducteur : les représentations de l’Orient islamique dans la région rhénane et plus particulièrement en Alsace ; sa réception et son impact dans les sciences, la littérature et les arts ; et enfin les traces de cette réception dans les collections régionales et nationales ».

B. Les Orients des industries textiles alsaciennes, extraits de l’article d’Aziza Gril-Mariote, in Catalogue de l’exposition, pp. 113-117.

« L’Alsace et ses industries d’art, surtout ses industries textiles, ont entretenu avec l’Orient – un espace lointain allant de l’Inde au Levant en passant par la Perse – des liens ambivalents en nouant des relations commerciales et en cherchant une inspiration artistique tout en reprochant aux Orientaux leurs procédés artisanaux …

C’est d’abord l’Inde qui est apparue comme source d’approvisionnement essentielle en indiennes au 17ème siècle, puis en toiles de coton brut au 18ème siècle, avant de céder la place au Levant et à l’Égypte pour leur coton acheminé vers les filatures qui ouvraient en Europe au début du 19ème siècle »…

« Pendant près de deux siècles, les manufactures d’indiennes alsaciennes ont perpétué cette tradition stylistique, tandis que l’essor industriel a permis de s’affranchir des procédés techniques orientaux…

Le terme indienne désigne aujourd’hui une fine toile de coton imprimée à la planche de bois de motifs d’inspiration végétale aux couleurs éclatantes…

Après l’instauration de la prohibition du commerce des indiennes pour protéger les productions nationales en 1686, Marseille devient une plaque tournante dans un véritable trafic ».

« A la levée de la prohibition en 1759, alors que l’indiennage se développe en France, l’Encyclopédie définit encore les indiennes comme des toiles peintes qui nous viennent des Indes. En réalité, fabricants et commerçants utilisent le terme jusqu’au 19ème siècle pour désigner aussi bien les indiennes orientales que les impressions européennes…

Les premières adaptations au goût européen apparaissent au niveau des décors des bordures qui accommodent les ornements traditionnels à la mode européenne (image ci-dessous). Lorsque ces toiles débarquent en Europe, cette adaptation n’est pas connue ni perçue du public et les motifs apparaissent comme exotiques ».

Indienne au monogramme, Inde, côte de Coromandel, début du 18ème

Toile de coton teinte par mordançage et réserve, peinte, 8 couleurs, Mulhouse, musée de l’Impression sur Étoffes. Cette indienne d’Inde intègre de nombreux motifs occidentaux : anges, aigles bicéphales et basilics (monstres à tête d’oiseau).

« L’introduction de l’indiennage à Mulhouse à partir de 1746 bénéficie de la proximité de la Suisse où cette industrie se développe pendant la prohibition… La fin des années 1770 est marquée par un essor technique ; l’usage de fines toiles de coton importées d’Inde et la mise au point d’un vocabulaire décoratif inspiré des motifs des importations…

Les dessinateurs reprennent les décors des indiennes d’Inde, notamment les bordures des palempores, pour en faire des compositions florales, ou bien laissent libre cours à leur imagination, transformant les arbres de vie en ramages fleuris dont les arabesques se prêtent mieux à la répétition du dessin sur les métrages de toile. Les motifs relèvent désormais du monde floral européen et de ses déclinaisons stylisées…

Après les fleurs d’indiennes, les impressions alsaciennes doivent leur réputation aux palmettes Cachemire, qui est un fil de laine obtenu à partir du duvet de chèvres dans la vallée du Kashmir. Le tissage des fils teints donne des étoles aussi chaudes que fines et douces, qui sont décorées aux extrémités de palmettes. Ces châles arrivent en Angleterre dans les cargaisons des Compagnies des Indes à la fin du 18ème siècle, avant leur introduction en France au retour de la campagne d’Égypte : leur mode fait fureur sous l’Empire…

Lorsque les fabricants mulhousiens Dollfus-Mieg & Cie et Thierry Mieg & Cie expérimentent l’impression sur laine, cela donne lieu à de véritables imitations imprimées des châles tissés à Paris, Lyon ou Nîmes.

A partir des années 1830, les châles cachemire imprimés en Alsace sont un produit d’innovation technique et artistique qui participe à l’essor de la chimie des couleurs. Certaines dénominations renvoient encore à l’Orient. C’est le cas du Rouge turc ou d’Andrinople.

C’est à Monsieur Daniel Koechlin qu’on doit d’avoir porté directement cette teinture sur des pièces déjà tissées. Ce grand industriel avait acquis d’un marchand d’Andrinople des notions encore incomplètes sur le procédé suivi en Orient pour huiler le coton, opération capitale dans la production du rouge. Après de nombreuses tentatives, poursuivies avec persévérance, il parvint en 1810 à produire ces belles toiles pour lesquelles Mulhouse se fit une si grande réputation (Penot, 1871) ».

« Les dessinateurs imaginent de grands châles où le motif s’étire, s’entrecroise, s’agrandit et se répète. De format carré, leurs dimensions varient entre 100 et 130 cm, tandis que les modèles rectangulaires vont jusqu’à plus de 3 mètres. La forme carrée est la plus répandue, facile à porter en pointe, une fois le châle plié en deux dans la diagonale ».

Châle carré rouge à bordure de grandes palmes

Mulhouse, Thierry Mieg, 1846-1849. Assemblage de 5 morceaux, laine, fonds teint en rouge, bordure imprimée à la planche, 6 couleurs (noir, rouge, rose, orange, bleu, vert), effilés gaufrés, 182 x 182 cm. Mulhouse, Musée de l’impression sur étoffes.

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C-N. Ledoux, De la cité idéale

Claude-Nicolas Ledoux, Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation, tome 1, ouvrage publié en 1804. Le contexte expliqué par Jean-Michel Leniaud, dans France Archives.

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Claude-Nicolas Ledoux. L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation (1804). Source : extrait du site de la Saline Royale d’Arc-et-Senans.

« Si le demi-cercle de la Saline symbolise à lui seul la cité idéale, c’est en fait L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation (1804) – seul tome publié sur les quatre annoncés – qui offre à la postérité les réflexions et propositions de Claude Nicolas Ledoux pour une société harmonieuse.

Esquissée, pensée dès 1773, dessinée, modifiée, perfectionnée jusqu’à la fin de sa vie, la ville idéale de Chaux a toujours été le rêve secret de Claude Nicolas Ledoux…

Adepte des théories de Rousseau, soucieux de réinstaller la société dans son environnement naturel, Claude Nicolas Ledoux imagina une ville à la campagne, située entre la rivière Loue et la forêt de Chaux. Un cercle complet, exactement le doublement de la Saline d’Arc et Senans. Pour Rousseau, philosophe des lumières, l’Homme est perfectible et s’il est corrompu, c’est par l’immoralité inhérente aux sociétés urbaines. Ce sera donc une ville verte, conçue avec des plantations d’alignement en triple rang qui bordent les routes desservant la province, la superficie des jardins potagers doublée, et des bâtiments intégrés dans la nature au mieux de leur environnement.

Claude Nicolas Ledoux concevra toute sortes de bâtiments nécessaires à la vie sociale, à la vie domestique : marché couvert, bains publics, église, maison de gymnastique et aire de canotage, écoles, université, hospice, ateliers pour les ouvriers de la forêt, maison de convalescence, de tolérance, tel des bâtiments plus moralisateurs à la gloire des vertus humaines : panarethéon ou temple de la vertu, pacifère ou temple de la paix, la maison d’éducation.

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1780. Paucton, père de la métrologie

Source : citations de Alexis Paucton (1732-1798), un mécontent, et un père de la métrologie scientifique moderne ; calculateur du Bureau du Cadastre de Gaspard Prony et pour la Connaissance des temps de 1794 à 1798, par Guy Boistel (Centre François Viète, université de Nantes), 12/03/2021. Publié dans Les procès-verbaux du Bureau des longitudes. Un patrimoine numérisé (1795-1932).

1732. Alexis Paucton est né le 10 février, en Mayenne près de Lassay, d’une famille très modeste. Remarqué par un ecclésiastique, c’est à partir de ses 18 ans qu’il fit ses études de mathématiques et de pilotage à Nantes où il dut manifester quelques talents. Puis il se rendit à Paris où il gagna sa vie en tant que précepteur.

1768. Il publie une Théorie de la Vis d’Archimède, peut-être destinée à concourir pour un prix proposé par l’Académie de Berlin.

1780. Il se fait très certainement connaître de l’Académie des sciences par son traité modèle, Métrologie ou Traité des mesures, poids et monnoies des anciens peuples & des modernes, dans lequel il défend l’idée d’une base métrologique commune partagée par les peuples anciens, idée forte de l’époque. En outre, Paucton suggère de rattacher les étalons métrologiques à des quantités prises dans la nature et propose un étalon de longueur lié de manière simple à la circonférence terrestre. Cet ouvrage forge la métrologie scientifique. Il est attesté que Lalande a contribué à cet ouvrage et l’a sans doute même encouragé.

1781. Il publie une Théorie des Lois de la Nature ou la Science des causes et des effets, suivie d’une dissertation sur les Pyramides d’Égypte dans lequel il poursuit ses considérations sur les normes de mesures antiques et tente de montrer que la coudée pharaonique se rattachait au degré de méridien terrestre.

La source du Bureau des Longitudes et la source Wikipédia ne mentionnent pas l’année de nomination de Paucton au professorat à Strasbourg. Elles divergent dans l’interprétation.

  • 1ère source. Ses qualités remarquables lui permettent d’obtenir une chaire de mathématiques à l’Université de Strasbourg.
  • 2nde source. Tous ses travaux améliorèrent peu la situation de Paucton ; il obtint seulement une chaire de mathématiques à Strasbourg.
  • Cette divergence est permise par une lacune documentaire : L’abbé Angot a fait faire des recherches infructueuses à Strasbourg par MM. Bezard pour y retrouver les traces du professorat d’Alexis Paucton.

1792-1793. La place de Strasbourg ayant été menacée d’un blocus par les Autrichiens, et le Magistrat ayant ordonné aux habitants de se pourvoir de vivres pour le temps du siège, ou de quitter la ville, Paucton, qui n’avait pas de quoi acheter des provisions d’avance, fut obligé de sortir de la ville avec sa femme et ses trois enfants.

Il se rend alors à Dôle où il trouve un emploi de précepteur chez un particulier dans des conditions déplorables qu’il fustige dans un opuscule intitulé Défense contre le citoyen F.

1794. Paucton se fâche avec son logeur qui veut le payer en assignats hors de cours, ce qui anéantit son salaire et le plonge dans une grande maladie.

De retour à Paris, il est recruté par Gaspard Prony pour calculer au Bureau du Cadastre dans l’ombre de Cornelier-Lémery et aux côtés des futurs calculateurs du Bureau, Jean-Baptiste Marion et Charles Haros.

1796. D’une certaine manière « père » de la métrologie moderne, évoluant au beau milieu de la révolution métrologique et de la réforme des poids et mesures, Paucton est dans la foulée élu membre associé non résidant de la section des Arts méchaniques de la 1ère Classe de l’Institut national, le 28 février 1796 (9 Ventôse an IV) et reçoit un secours de 3 000 francs de la Convention.

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G.L. Buffon, 30 ans en 1737

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) : naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain (sources : citations des articles de Wikipédia, de Larousse).

1707 (7 septembre). « Georges-Louis Buffon est né à Montbard (Côte d’Or) dans une famille bourgeoise, anoblie par l’achat de charges. Son père est procureur du Roi au grenier à sel puis conseiller au Parlement de Bourgogne.

Ses parents sont mariés depuis un an lorsque Georges-Louis vient au monde. Il est prénommé ainsi en l’honneur de son parrain et grand-oncle maternel Georges-Louis Blaisot, seigneur de Saint-Étienne et Marigny, collecteur des impôts du duc de Savoie, et Louis en l’honneur de son grand-père, Louis Leclerc, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maire de Montbard et juge prévôt. Son bisaïeul était médecin et bailli de Grignon, son trisaïeul barbier chirurgien.

1717 (Georges à 10 ans). Le père Buffon, bénéficiant de la fortune accumulée par Georges-Louis Blaisot et héritée par sa femme et son fils, achète les propriétés de la seigneurie de Buffon.

1720 (13 ans). Le père acquiert également une charge de commissaire général des maréchaussées qu’il revend trois ans plus tard pour une charge de conseiller au parlement de Dijon.

Le fils Buffon fait ses humanités au collège des Jésuites de Dijon, où il a pour condisciple Charles de Brosses.

1726 (19 ans). Buffon s’inscrit à la faculté de droit de Dijon et y obtient sa licence en 1726.

1728 (21 ans). Préférant les sciences, et au grand mécontentement de sa famille, il part étudier à la faculté d’Angers. Il s’y plonge dans les mathématiques et la botanique, lit Newton et les éléments d’Euclide, suit des cours de médecine, mais, ayant tué en duel un jeune officier croate, il se voit contraint de quitter précipitamment l’université.

A Nantes, il rencontre le second duc de Kingston, jeune aristocrate anglais qui parcourt l’Europe avec son précepteur allemand le naturaliste Nataniel Hickman, et avec lequel il se lie d’amitié. Il décide de les suivre dans leur Grand Tour, qui les mène à La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Béziers, Montpellier, puis en Italie, par Turin, Milan, Gênes, Florence, Rome, et en Angleterre.

1731 (24 ans). Son voyage est interrompu à la mort de sa mère.

1732 (25 ans). Il s’installe à Paris soucieux de s’éloigner de son père, remarié à sa grande fureur à l’âge de cinquante ans avec une jeune fille de vingt-deux ans, Antoinette Nadault. Le menaçant d’un procès, il obtient la libre disposition de sa fortune et récupère des terres que son père avait aliénées. Il fait démolir la maison paternelle de Montbard et construire l’hôtel de Buffon, aménage une ménagerie, un laboratoire et son cabinet de travail.

Il est décidé à réussir, commençant à signer Buffon. Il se loge au faubourg Saint-Germain, chez Gilles-François Boulduc, premier apothicaire du roi, professeur de chimie au Jardin royal des plantes, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de Stanislas. Ses premiers travaux portent sur les mathématiques, son domaine de prédilection.

1733 (26 ans). Il présente un mémoire à l’Académie des Sciences, Sur le jeu du franc-carreau. Il introduit pour la première fois le calcul différentiel et le calcul intégral en probabilité.

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Voltaire et d’autres intellectuels.

1734 (27 ans). Il est élu à l’Académie des sciences comme adjoint mécanicien le 9 janvier. Il a de puissants protecteurs, notamment Maurepas, et Louis XV. Il se fait introduire dans plusieurs salons prestigieux.

Maurepas, ministre de la Marine, demande en 1733 à l’Académie une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires. Faute de moyens, les commissaires nommés initialement se récusent, mais Buffon, exploitant forestier à Montbard, est là. Il multiplie les expériences et rédige un compte rendu des plus complets. Maurepas lui propose la surintendance de toutes les forêts de son domaine, mais il refuse.

1738 (31 ans). Anglophile, il correspond avec plusieurs savants et séjourne à Londres. 1739. Il est élu à la Royal Society.

Il montre à l’Académie son ouvrage Moyen facile d’augmenter la solidité, la force et la durée du bois rédigé à partir des expériences menées à Montbard. Mais Henri Louis Duhamel du Monceau, agronome éminent avec qui Maurepas souhaitait qu’il travaille en bonne intelligence, y voit un plagiat de son mémoire à venir : Diverses tentatives pour parvenir à augmenter la dureté ou l’intensité du bois. Il s’est fait là un ennemi de taille.

1739 (32 ans). Buffon, pour être élu Associé à l’Académie des sciences, passe de la section de mécanique à celle de botanique.

Après une admirable campagne de relations publiques auprès de son prédécesseur mourant, Dufay, il est nommé intendant du Jardin du roi le 26 juillet, supplantant une fois encore Duhamel du Monceau ; celui-ci obtiendra de Maurepas, comme lot de consolation, la responsabilité de réformer la Marine. Enfin établi, Buffon partagera désormais son temps, jusqu’à la fin de sa vie, entre sa propriété de Montbard, vivant tranquillement et rédigeant son œuvre, et Paris, où il administre le Jardin royal des plantes et entretient son image à la Cour.

1749 (42 ans). Les premiers volumes de L’Histoire Naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi paraissent en 1749. Placé par cet ouvrage au premier rang des écrivains de son siècle aussi bien que des savants. La publication en 35 volumes s’étend de 1749 à 1804. C’est l’une des plus importantes entreprises de publication scientifique du Siècle des Lumières.

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Culture. Pas essentiel

« Pas essentiel », le slam de Grand Corps Malade contre la fermeture des lieux culturels (source : FranceTvInfo, 11 décembre 2020).

Écouter le Slam

Cette chanson évoque le malaise du monde du spectacle et la frustration provoquée par les nombreuses restrictions des derniers mois en raison de l’épidémie de Covid-19.

Une chanson rendue publique quelques heures après l’annonce par Jean Castex de la prolongation de trois semaines de la fermeture des lieux culturels. « L’économie culturelle plus importante que celle de l’automobile ».

Grand Corps Malade commente son morceau mis en ligne Pas essentiel : »Ce morceau c’est aussi un hymne à la vie qui va bientôt reprendre. On espère pouvoir retrouver les gens, faire des accolades, danser ensemble dans les soirées. C’est ça aussi. C’est essayer de lutter contre le stress ambiant, parler de ce sujet-là, en essayant de le rendre convivial et de se dire qu’on s’en sortira tous ensemble. »

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BNU, 2018, 2019. Visite virtuelle (3)

Suite des visites virtuelles d’expositions de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg. Deux chroniques et 81 photos ont été consacrées à la visite de l’exposition en cours, 2000 vins (Esprit du vin, vin divin. L’or du vin. Au bonheur du vin. Et le vin fût) ; 2000 vins au 18ème siècle.

Deux autres visites virtuelles. Expositions de 2018 (Mai 1968 en Alsace) et 2019 (Hors du Monde. La Carte et l’imaginaire).

A. Mai 68 en Alsace : la 1re chronique du blog. Diaporama de 46 photos. Quiz sur l’intruse : quelle est la photo qui s’est introduite subrepticement dans cet album ?

2nde chronique du blog. De mai 68 à la loi Faure de novembre (réforme de l’université).

L’exposition a créé chez moi un certain malaise. Je m’attendais en effet à ce qu’une partie de l’expo soit consacrée aux résultats, à l’impact du mouvement pour l’Université en général (la loi Faure de novembre 1968) et pour l’université de Strasbourg en particulier (la scission en trois universités : Louis Pasteur, Robert Schumann, Marc Bloch, scission qui allait durer jusqu’en 2009).

B. Seconde visite virtuelle : Hors du monde. La carte et l’imaginaire (exposition de 2019). 95 photos.

Catalogues de cinq expositions posti2014

Carte de la chronique de Nuremberg (1493) : le monde connu au temps de la Genèse.

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Les prix du vin au 18ème siècle

A propos de l’Exposition de la BNUS, Deux mille vins.

Gilbert Larguier, Les prix du vin, XVIe-XVIIIe siècle. Le Midi et les grandes aires de production françaises, Annales du Midi, Année 2013, 125-281, pp. 9-27.

Cet article fait partie d’un numéro thématique : Le cours des vins en Catalogne et Languedoc-Roussillon. Fluctuations et portée des prix dans le temps long de l’histoire;

Bonnes feuilles de l’article de Gilbert Larguier :

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18ème. Abbaye de Moyenmoutier

Fondée vers l’an 671 par Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves, l’Abbaye bénédictine de Moyenmoutier fut soumise dès l’origine aux rois d’Austrasie et ensuite à l’empereur Charlemagne et à ses successeurs. Elle abrita jusqu’à 300 religieux.

Histoire de l’abbaye, 17ème et 18ème siècles. Source pour le 17ème : extraits de Pays des abbayes. Source pour le 18ème : extraits de Wikipédia.

L’Abbatiale en deux albums : extérieur (24 photos) et intérieur (22 photos).

« Moyenmoutier, Medianum Monasterium, le monastère du milieu… Lorsque les 4 premières abbayes furent édifiées, elles ont formé une croix. Il fut dit que Moyenmoutier en serait son centre… Senones et Etival situées sur l’axe est-ouest cédèrent une partie de leurs dotations à saint Hydulphe, venu en l’an 671, christianiser ces terres sauvages des Vosges. Le prestige du saint homme attire de nombreux moines et l’abbaye acquiert pouvoir et influence. Mais en 915, les invasions hongroises dévastent la Lorraine et l’abbaye de Moyenmoutier est détruite….

1612. La richesse retrouvée, les tentations sont nombreuses… Hubert de Parroy n’y résiste pas et s’autoproclame voué de Moyenmoutier et de son territoire. Alors les moines font appel au duc de Lorraine Mathieu II pour libérer l’abbaye du joug de son voué. En 1612, la réforme de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe insuffle à la Lorraine un nouvel élan spirituel.

1661. Un nouvel abbé régulier est élu, Philibert Galavaux, mais l’abbé commendataire Nicolas-François de Lorraine est également nommé. Finalement ce dernier se désiste en 1662, ce qui marque la fin du régime de commende à l’abbaye.

1676-1705. Sous l’abbatiat de Hyacinthe Alliot, une académie des sciences est créée. Moines théologiens, historiens, naturalistes, archéologues, entomologistes, médecins, on retrouve à l’abbaye l’élite savante de l’ordre bénédictin sous la tutelle de l’abbé humaniste. Le premier « Traité du Cancer » y est écrit et publié à Paris sous le nom de Jean Baptiste Alliot, médecin de Louis XIV et frère de l’abbé. Les premières fouilles gallo-romaines sont entreprises au sommet du Donon.

1705-1727. Abbatiat de Humbert Belhomme (1653-1727). La bibliothèque s’enrichit considérablement et compte 11 000 volumes.

L’Abbé mène une politique documentaire d’envergure. Il la définit dans une lettre datée de 1710, adressée à Dom Calmet : je désire que nous continuions à former notre bibliothèque selon le plan que nous nous sommes proposé, qui est d’avoir tous les auteurs originaux grecs et latins, toutes les nouvelles éditions de Paris et tous les nouveaux livres qui en vaudront la peine.

Dom Calmet y écrit Les commentaires sur l’ancien testament, Le dictionnaire de la bible pendant ses huit années de séjour à Moyenmoutier. Chronique du blog sur Dom Calmet.

Humbert Belhomme fait également entièrement reconstruire l’abbaye, sur les bords de la rivière Rabodeau. Sur son tombeau, ses frères moines écrivent cette épitaphe : Homme humble d’origine, il apprit à goûter et à réaliser de grandes choses. Il fut d’une piété sincère, d’un esprit pénétrant, d’un goût cultivé et raffiné en toutes choses, d’une habileté remarquable dans la conduite des affaires et le maniement des âmes. Il reconstruisit le monastère qu’il rendit aussi agréable que commode. Ceux qui étaient sous son autorité, ils les aima d’une telle charité qu’ils ne le craignaient pas comme un maître mais le vénéraient et l’aimaient comme un père« .

Construction de la 3ème abbaye à partir de 1767

1727-1790. « Sous les abbatiats de Humbert Barrois (1727-1771) et François Maillard (1771-1790), la construction d’une nouvelle abbaye est entreprise sur le site actuel à partir de 1767.

La réalisation est confiée à l’architecte Ambroise Pierson, un bénédictin de Senones. L’ancienne abbaye est détruite au fur et à mesure que la nouvelle se construit. Dix années suffisent à l’architecte pour faire ce chef-d’œuvre d’architecture, inauguré en 1776. C’est cette troisième abbaye que l’on peut admirer aujourd’hui et qui est le « plus bel édifice baroque de Lorraine ».

Lors de la Révolution française, l’abbaye de Moyenmoutier est une des rares à ne pas être dépeuplée. François Maillard est encore entouré d’une vingtaine de moines (dont Joseph Fréchard). Les dernières prises d’habit datent de 1788 ! Tout est calme en ce mois de juillet 1789 à Moyenmoutier, les relations sont bonnes entre les bénédictins et les habitants.

À la salle capitulaire, le 30 juillet, François Maillard dresse un acte officiel devant ses religieux : Dans les circonstances actuelles où l’esprit d’insubordination, d’insoumission et d’anarchie parait s’être répandu dans toutes les parties du royaume de France, l’abbaye de Moyenmoutier ayant à craindre qu’il ne lui soit fait violence, soit pour abandonner ses droits, ses propriétés, ses titres et archives, proteste par cet acte contre tous abandons ou cessions que la crainte, les menaces, la violence, la force ou les voies de faits pourraient leur arracher et extorquer sous quelque prétexte que ce soit.

1790. François Maillard meurt le 2 février. Entre les 13 et 19 février, l’Assemblée constituante décide l’abolition des vœux monastiques et la suppression des ordres et congrégations régulières autres que d’éducation publique et de charité. C’est à partir du 10 mai que les autorités municipales de Moyenmoutier se rendent à l’abbaye pour procéder aux inventaires des biens et à l’interrogatoire des religieux. Il est à peu près certain que ceux-ci optèrent pour la liberté de rentrer dans le monde. L’histoire des bénédictins à l’abbaye de Moyenmoutier se termine avec le départ des moines au cours de l’année 1791.

1791-1792. À la suite du décret du 2 décembre 1789, les domaines et possessions de l’Église sont déclarés biens nationaux. Les ventes mobilières à Moyenmoutier s’effectuent de février 1791 à mai 1792 (meubles, fauteuils, nappes, lampes, horloges, bottes, souliers, estampes, prie-Dieu, bureaux, vaches, chevaux, fourrage, chariots, charrues, harnais…) ».

Description de l’édifice actuel (source :Pays des Abbayes)

« L’abbaye est construite en grès rose des Vosges.

L’intérieur de l’abbatiale est de facture baroque, mais reste assez sobre si on la compare aux édifices de même style d’Allemagne ou d’Autriche. Le badigeon coloré « jaune Marie-Thérèse » procurait une agréable lumière, comme à l’église Saint-Jacques de Lunéville, mais n’existe plus aujourd’hui, laissant la place à un gris délavé.

L’abbatiale surprend par ses dimensions: 60 m de long, 16 m de large et 30 m de haut. La construction sans contrefort à l’extérieur et sans pilier à l’intérieur réside dans la charpente en forme de bateau renversé. Un savant entrelacs de poutres renvoie, par le jeu d’équilibre des forces, la charge sur les pilastres et les murs de l’église. La cage à écureuil y est toujours présente. La nef de 5 travées et le chœur sont couverts de voûtes bombées séparées par des doubleaux à caissons ornés de rosaces.

L’autel (dont la croix et les six chandeliers de 1734) est en marbre XVIIIe siècle, et le tableau de 1740 de la Cène est attribué à Dumont le Lorrain.

Dans l’avant-chœur sont installées des stalles de 1698, sous une large coupole sur pendentif. L’ensemble compte 36 sièges dont les miséricordes sculptées montrent des visages. Toutes les stalles sont adossées à des panneaux en bois sculptés appelés dorsaux, composés de trois étages inégaux : en haut une frise avec des feuillages et fruits divers, au centre des perspectives de cloître et en bas des motifs religieux et musicaux alternés. Aux portes des stalles, des bas-reliefs illustrent quatre vertus (la Charité, la Justice, la Force et la Prudence).

Enfin, à l’extrémité des stalles, deux grands panneaux entourés de cariatides représentent St Hydulphe exorcisant un possédé qui crache son démon, et l’autre Saint Hydulphe et son frère Saint Erhard baptisant Sainte Odile.

Dans la nef, 4 trophées-appliques provenant de la deuxième abbaye, placés sur 4 piliers des voûtes.

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