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J-J. Henner, 30 ans en 1859

Jean-Jacques Henner  (1829-1905) : 30 ans en 1859.

Deux sources. Citations de l’article de Wikipédia (Jean-Jacques Henner) et des cartels de l’exposition qui lui est consacrée à Strasbourg.

Diaporama de 47 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

« Auteur d’une œuvre abondante présentée dans de nombreux musées, il a une réputation de portraitiste et de dessinateur apprécié de son vivant. Il est surtout connu pour ses nombreux nus féminins aux chairs pâles, à la chevelure rousse et aux poses alanguies. Il est resté toute sa vie à l’écart des évolutions artistiques de son époque.

1829. Naissance le 5  mars à Bernwiller (Haut-Rhin). Fils de paysan sundgauvien, les premiers tableaux de Jean-Jacques Henner sont des portraits et des scènes de la vie quotidienne des habitants de sa région traitées dans un réalisme parfois naïf.

1841-1843 (12-14 ans). Henner suit ses premiers cours de dessin au collège d’Altkirch auprès de Charles Goutzwiller.

1843-1846 (14-17 ans). Il entre dans l’atelier de Gabriel-Christophe Guérin à Strasbourg. Celui-ci meurt en 1846.

1845 (16 ans). Il peint le portrait de Séraphin, son frère (1815-1894). C’est à lui que revint la responsabilité de l’éducation du jeune Jean-Jacques à la mort de leur père.

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1847 (18 ans). Grâce à l’octroi de plusieurs bourses du conseil général du Haut-Rhin, il poursuit ses études à Paris à l’École des Beaux-arts et fréquente l’atelier de l’alsacien Michel Martin Drolling. Il suit un enseignement académique et commence à fréquenter d’autres jeunes élèves tels Alexandre Falguière, Jules-Elie Delaunay et Jules Lefebvre.

Les professeurs étant des membres de l’Institut venant corriger les travaux des élèves, Henner bénéficie des conseils de James Pradier, David D’Angers, Horace Vernet et Jean-Auguste Dominique Ingres.

1847-1858 (18-29 ans). Il rentre régulièrement en Alsace et peint des scènes de genre et des portraits de ses proches.

1847 (18 ans). Autoportrait. Portrait de jeune fille alsacienne.

  • février 1848 – décembre 1852. Lors de la révolution de 1848, Jean-Jacques Henner a 19 ans. Lors de l’installation en décembre 1852 du Second Empire, il va bientôt fêter ses 24 ans. Cinq années de vie parisienne : barricades de février 1848 ; proclamation de la 2ème République en juin 1848 ; coup d’État de décembre 1851 au bénéfice du futur Napoléon III ; décembre 1852, instauration du Second Empire, sous la férule de l’empereur Napoléon III.
  • Jean-Jacques Henner n’a peint aucun de ces évènements clés de l’Histoire de France. L’exposition de Strasbourg cache cette anomalie. Pourquoi ? Pourquoi cette toile de 1849 ? Ecce Homo !

1849 (20 ans). Ecce Homo.

1850-1851 (21-22 ans). Il est inscrit au registre des copistes du Louvre et forme son œil au contact des maîtres anciens : Titien, Raphaël, Poussin retiennent particulièrement son attention.

A la mort de Drölling, Henner entre dans l’atelier de François-Édouard Picot. À cette époque, il réalise de nombreuses copies d’après des chefs-d’œuvre exposés au musée du Louvre. Ingres, Pierre-Paul Prud’hon et Corot comptent parmi les peintres du XIXe siècle qu’il apprécie par ailleurs.

1851 (22 ans). Portrait de Magdeleine Wadel-Henner (mère de l’artiste).

1852 (23 ans). Il tente son premier essai pour le Grand Prix de Rome de peinture.

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J-J. Henner, prix de Rome en 1858

Jean-Jacques Henner (1829-1905), prix de Rome en 1858.

Diaporama de 10 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Cliquer sur les images pour les agrandir. Colonne de droite : les autres candidats au Prix

Source 1. Extraits de l’article de Florian Siffer, L’élève et ses maîtres, in Les Saisons d’Alsace, Jean-Jacques Henner. Un maître alsacien, Hors-série, octobre 2021, pp. 21 et 22.

« Lorsqu’il intègre l’atelier de François-Édouard Picot en 1851, Jean-Jacques Henner est en fin de formation. Maîtrisant déjà les principes de la peinture d’histoire, il est disposé à atteindre l’objectif ultime de son apprentissage : le prix de Rome qui octroie une bourse d’étude à la Villa Médicis (Rome) et qui est l’aboutissement naturel de la formation artistique au 19ème siècle.

Sa première tentative intervient en 1855. Il est alors opposé à 19 candidats et le sujet consiste à représenter La mort de Saphire, femme d’Ananie, thème puisé dans le Nouveau Testament. Henner échoue. Même s’il semble satisfait de sa production, ce revers le plonge dans le doute.

Il rentre durant un an sur ses terres natales avant de retrouver la force de revenir à Paris afin de retenter sa chance en 1857 ; le sujet du concours est alors La résurrection de Lazare.

Mais il doit encore patienter une année avant d’obtenir enfin cette récompense en 1858 avec le tableau Adam et Eve trouvant le corps d’Abel. Henner pourra alors enrichir son imaginaire avec la lumière italienne et débuter une carrière prometteuse ».

Source 2. Citation de l’article de Wikipédia. En 1858 et après deux tentatives infructueuses, le jury de l’École des beaux-arts composé de trente-et-un membres, parmi lesquels Abel de Pujol, Jean-Victor Schnetz, François-Joseph Heim, Picot, Jacques Raymond Brascassat, Hippolyte Flandrin, Eugène Delacroix et Léon Cogniet, lui décerne le prix de Rome pour sa composition Adam et Eve trouvant le corps d’Abel, ce qui lui ouvre les portes de la villa Médicis à Rome pendant cinq ans de 1859 à 1864. Il y côtoie notamment le sculpteur Falguière et le compositeur Bizet. Les portes d’une carrière officielle lui sont ouvertes.

Source 3. Caïn et Abel in Genèse 4.1-15.

Adam eut des relations conjugales avec sa femme Eve. Elle tomba enceinte et mit au monde Caïn. Elle dit: J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel.
Elle mit encore au monde le frère de Caïn, Abel. Abel fut berger et Caïn fut cultivateur.
Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l’Éternel.
De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre.
L’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.
Cependant, Caïn dit à son frère Abel: Allons dans les champs et, alors qu’ils étaient dans les champs, il se jeta sur lui et le tua.
L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?

Dieu dit alors: Qu’as-tu fait? Le sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Désormais, tu es maudit, chassé loin du sol qui s’est entrouvert pour boire le sang de ton frère versé par ta main. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus toutes ses ressources. Tu seras errant et vagabond sur la terre.
Caïn dit à l’Éternel: Ma peine est trop grande pour être supportée. Voici que tu me chasses aujourd’hui de cette terre. Je serai caché loin de toi, je serai errant et vagabond sur la terre, et toute personne qui me trouvera pourra me tuer.
L’Éternel lui dit: si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois et l’Éternel mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas.

Source 4. Commentaire de l’œuvre sur le site du Musée Henner. « Le peintre décrit lui-même son œuvre en ces termes : Mon Abel est couché tout le long, sur le premier plan. Ève à genoux s’élance vers lui Adam lui semble plutôt reculer, car il a deviné tout de suite, tandis qu’Ève pourrait encore douter.

Ce tableau est conservé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il en existe une esquisse peinte à Paris au musée national Jean-Jacques Henner, ainsi qu’une seconde au musée des beaux-arts de Mulhouse. Une autre esquisse ou répétition appartient à une collection privée parisienne réunissant une série d’esquisses pour le concours de Rome.

En 1858, après deux échecs, Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Dans l’esquisse du musée, le peintre met en place tous les éléments du grand tableau. Le sujet du concours s’inspire de la Genèse : Adam et Ève découvrent le corps sans vie de leur fils Abel, tué par son propre frère Caïn.

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1663-1968. Histoire du prix de Rome

Histoire du prix de Rome. Source : citations de l’article de Wikipédia.

« Les grands prix de peinture et de sculpture sont créés en 1663 en France sous le règne de Louis XIV, ils ne sont au départ qu’assortis de bourses et de cadeaux. Ce concours est organisé chaque année par l’Académie royale de peinture et de sculpture et est ouvert à ses élèves, patronnés par les académiciens. Ces prix sont des recommandations de l’Académie : seul le directeur des Bâtiments, Arts et Manufactures du roi possède le pouvoir d’envoyer ou non l’un de ces primés en Italie. Dès lors, il existe de nombreuses attributions de prix qui n’entraînent pas systématiquement un séjour à Rome. Ce n’est qu’en 1664 que le roi fait promesse aux lauréats d’une pension pour ce séjour.

Le grand prix d’architecture est organisé à partir de 1720 par l’Académie royale d’architecture sur le même modèle.

L’Académie de France a eu plusieurs sièges successifs à Rome dont, au XVIIIe siècle, le palais Mancini, avant de se fixer définitivement à la villa Médicis en 1803″…

Villa Médicis : photos de Pierre Dubois, mai 2017.

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  • La Villa Médicis. « Les anciens bâtiments de l’Académie de France à Rome ayant été incendiés en 1793, Napoléon Bonaparte décide en 1803, après la création du royaume d’Étrurie, d’installer celle-ci à la Villa Médicis. Le cardinal Giovanni Ricci di Montepulciano avait fait bâtir la villa Médicis vers 1564, par les architectes Giovanni Lippi et Annibale Lippi.
  • La villa est acquise en 1576 par le cardinal Ferdinand de Médicis qui, jusqu’en 1587, fait exécuter les projets de Bartolomeo Ammannati. Il se fait représenter dans la chambre dite des Muses en Jupiter régnant sur les Arts par le peintre Jacopo Zucchi. Les armes de la Maison « de Médicis ornent la façade côté jardin ».

« Après la suppression des Académies royales, la mise à sac du palais Mancini par les Romains en 1793, et l’interruption des concours entre 1794 et 1796 (en raison de la guerre et de l’impossibilité de se rendre en Italie), les concours reprennent en 1797 sous la houlette du nouvel Institut de France, qui remplace les anciennes académies. Les concours de peinture, sculpture et architecture sont recréés et sont ajoutés la composition musicale en 1803, la gravure en taille douce en 1804, le prix du paysage historique en 1817″.

Quelques-uns des prix de Rome en peinture au 18ème siècle.

1711. François Lemoyne, Ruth glane dans les champs de Booz.

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18ème. Nattier, beau-père de Tocqué

Deux portraitistes du 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766), beau-père de Louis Tocqué (1696-1772).

Les lignées familiales de peintres ne sont pas rares au 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766) est le fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier.

Le père de Louis Tocqué (1696-1772), peintre de portraits médiocre, destinait son fils à la même carrière que lui. Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits.

La lignée familiale s’élargit par une sorte d’adoption. Elle se poursuit par un mariage. Jean-Marc Nattier devient le beau-père de Louis Tocqué : celui-ci épouse sa fille aînée en 1747.

Les deux peintres ont aussi en commun d’être des portraitistes célèbres. Sous le long règne de Louis XV, ils ont obtenu régulièrement des commandes de la famille royale. Cf. les réponses au Quiz : 2 peintres et 2 portraits

Enfin, ils ont tous les deux peint l’autre.

1739. Nattier peint le portrait de Tocqué.

Source : Wikipédia. Cliquer sur les images pour les agrandir

1740. Tocqué peint Nattier.

Source : Wikipédia

Toutefois, une différence importante les a séparés en fin de vie : Nattier est mort dans la misère. Tocqué abandonna entièrement la peinture pour jouir tranquillement de la fortune que lui avaient procurée ses ouvrages.

A. Jean-Marc Nattier. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia

« Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.

Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris.

1702-1704. Nattier. L’Éducation de Marie de Médicis, Estampe, Bibliothèque nationale de France, Paris. Le tout jeune Jean-Marc Nattier a obtenu l’autorisation de dessiner et de faire graver les vingt-quatre tableaux peints par Rubens entre 1621 et 1625 et représentant l’Histoire de Marie de Médicis (1575-1642). Ces tableaux retracent des épisodes de la vie de la Reine en les associant à des thèmes mythologiques.

En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre Ier le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays, la France.

Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peignit tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska ; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758.

Portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV, 1750-1751, musée Cognacq-Jay

Agréé en 1713, il avait été élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).

Le 26 mars 1746, il fut nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il exposa aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XVIIIe siècle.

Portrait de la Comtesse Tessin, 1741, Musée du Louvre

Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier furent remplies de chagrin. Bien avant que d’être hors d’état de pouvoir toucher le pinceau, il fut malheureux. La guerre, le fléau des arts, l’inconstance du public, le goût de la nouveauté, tout se réunit pour lui faire éprouver le plus triste abandon… Aux chagrins qu’il ressentit de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vint se joindre une douleur plus grande encore… Six mois après son arrivée à Rome, son fils se noya en se baignant dans le Tibre.

Les trois filles de Nattier avaient épousé, deux d’entre elles les peintres Challe et Tocqué, la troisième, Brochier, secrétaire d’ambassade. Réduit à un état voisin de la misère, ayant échoué à obtenir une pension qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes du mal qui le retint au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier fut recueilli par son gendre Challe, chez lequel il mourut, en 1766, à l’âge de 81 ans« .

Liste des peintures de Jean-Marc Nattier

Lire aussi. Revue universelle des arts, Nécrologie des artistes et des curieux : Nattier, pp. 118-122.

B. Louis Tocqué. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia.

« Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis Tocqué fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits que l’on doit aux plus grands maîtres en ce genre. Tocqué acquit ainsi une manière belle, large, et parvint à donner à ses copies la même perfection que les originaux…

Ses ouvrages, quoiqu’ils se distinguent par une touche franche, spirituelle, et par une belle marche de lumière, se ressentent du goût de son temps ; ses poses ont quelque chose de prétentieux et d’affecté qui donne à ses personnages un air théâtral et tout à fait opposé au naturel.

1731. Agréé à l’Académie, sur présentation de la Famille de Peirenc de Moras, il y fut reçu en même temps que Boucher, au commencement de 1734, avec des portraits en trois-quarts de Louis Galloche et de Jean-Baptiste Lemoyne (aujourd’hui au Louvre).

1737 à 1759. Tocqué exposa à presque tous les Salons sans voir son succès fléchir.

1739-1740. Il eut à peindre, en 1739, le portrait du grand dauphin, l’an d’après celui de la reine Marie Leczinska (Paris, musée du Louvre). Toutefois le portrait de celle-ci est ici la pièce maîtresse du peintre, la reine en pied et debout, le corps un peu tourné à gauche, la tête de face, la main droite désignant la couronne royale posée sur une console dorée ; la robe est de satin blanc fleuri de pavots rouges, de feuillages verts et d’or. D’une coloration souple et puissante qui n’exclue ni la force, ni la douceur, elle a un air de majesté aimable, d’autorité souriante qui fait de cette peinture, du plus incontestable mérite.

Portrait en pied de Marie Leczinska, 1740. Ce tableau, copié plusieurs fois, est conservé en plusieurs exemplaires se trouvant au Musée du Louvre, au Musée des châteaux de Versailles et des Trianons, à L’Assemblée nationale, et au musée chinois du musée national du château de Fontainebleau.

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1765. Façade de St-Thomas-d’Aquin

Saint-Thomas-d’Aquin, Paris (de 1683 à 1765). Architecte Pierre Bullet, pour l’ensemble de l’église. Père Claude Navan pour la façade (1765).

Diaporama de 23 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

A. Source : citations de Patrimoine – Histoire – Paris.

« En 1632, au cœur du faubourg Saint-Germain, les Dominicains installèrent le noviciat général de l’ordre de Saint-Dominique. Une chapelle dédiée bien sûr au saint patron de leur ordre fut édifiée. La population du quartier s’accroissant et les largesses du cardinal de Richelieu s’ajoutant à celles des fidèles, c’est tout un monastère qui fut construit en 1682.

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La construction de la nouvelle église commença dès 1683 sur les plans de l’architecte Pierre Bullet (1639-1716), ingénieur du Roi et de la ville de Paris. Elle est de style classique, d’inspiration baroque italien. Sous une voûte en berceau, la nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein-cintre. Les piliers sont ornés de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

La chapelle Saint-Louis est ajoutée en 1722.

Le plafond est décoré de la peinture de François Lemoyne (1688-1737) : La Transfiguration.

La façade n’est élevée qu’en 1765 selon les dessins d’un religieux du couvent, le père dominicain Claude Navan (1697-1774). De style classique, elle présente un ordre dorique en bas et ionique en haut.

Le tympan du fronton est une œuvre de François-Charles Butteux (1732-1788). Intitulée La Religion, elle est datée de 1769. Appuyée sur la Vérité, elle fait face aux tables de la Loi.

Bas-relief : la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique de Théodore-Charles Gruyère (1814-1885). Œuvre de 1867.

À la Révolution, les ordres et les congrégations sont supprimés, les religieux expulsés. Le couvent devient manufacture d’armes, puis musée d’Artillerie. L’église est érigée en paroisse en 1791 et dédiée à saint Thomas. Dépouillée de ses biens, elle est confiée au club des Jacobins en 1793 et devient Temple de la Paix.

L’église Saint-Thomas-d’Aquin est rendue au culte catholique en 1803. Aux XIXe et XXe siècles, ses richesses perdues furent remplacées par de nombreuses œuvres d’art données par la Ville de Paris ».

B. Source : citations du site de la paroisse.

« L’église du couvent des dominicains a été construite en 1631 sur l’ancien emplacement du jardin de la reine Margot. Elle n’est pas «orientée» et se trouvait alors dans l’axe d’une allée de tilleuls, face à l’Hôtel de LUYNES. Couvent et église sont démantelés en 1791. L’église est rendue au culte en 1803 et devient la paroisse Saint Thomas d’Aquin mais elle ne sera de nouveau consacrée par Monseigneur FELTIN qu’en 1950.

Le mur de l’abside de l’église s’étant effondré en 1722, les dominicains décident de créer leur propre chœur. Ils confient la réalisation de la Transfiguration sur le plafond de leur chapelle à François LEMOYNE (1688-1737). La statue de la chapelle de la Vierge est de Gilles GUÉRIN (qui a réalisé les chevaux du bassin d’Apollon à Versailles). 

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1720-1861. Royaume de Sardaigne

Quand le sommet du Mont Blanc est atteint pour la 1ère fois en 1786 (chronique du 12 septembre 2021), les deux alpinistes vainqueurs se trouvent en Savoie, mais celle-ci n’appartient ni au Royaume de France ni à l’Italie (le pays n’existe pas encore).

« La Savoie et le Mont Blanc font partie du Royaume de Sardaigne, qui inclut Savoie et Piémont. Turin a été la capitale des États de Savoie de 1563 à 1713, du royaume de Sicile de 1713 à 1720, du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865″.

Piémont – Savoie, vers 1700

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Quels changements territoriaux au cours du 18ème et au début du 19ème ? Source : extraits de l’article de Wikipédia, Histoire de la Savoie de 1416 à 1792.

A. Le règne du duc Victor-Amédée II de Savoie (1675-1730)

« Le duc Victor-Amédée II de Savoie, né en 1666, succède en 1675, à l’âge de 9 ans, à son père, Charles-Emmanuel II de Savoie, mort le 12 juin 1675 à Turin. Durant son jeune âge et jusqu’en 1684, la régence des États de Savoie va être assumée par sa mère, Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours.

L’extension territoriale. Le duc Victor-Amédée II a fait preuve de nombreux talents diplomatiques, en adhérant à la Ligue d’Augsbourg, en s’alliant avec le Saint-Empire romain germanique, puis en renversant son alliance en faveur de la France de Louis XIV. Ses variations ont abouti à une importante expansion territoriale.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), il se joint à l’Autriche en 1703 à la demande de l’Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme (1654-1712).

1713. Au final, le duc Victor-Amédée II de Savoie, signataire du traité d’Utrecht, obtient en 1713 la libération des États de Savoie qui vont être évacués par les armées du roi Louis XIV. Certaines terres font leur retour à la couronne : une partie du Milanais, le Montferrat, Alexandrie et Valenza. Le royaume de Sicile fait partie en 1713 des attributions accordées, (moyennant finances), à Victor-Amédée II. Ce dernier peut désormais afficher un titre royal que la Maison de Savoie convoitait depuis longtemps.

1720. Victor-Emmanuel II de Savoie, nouveau et éphémère roi de Sicile, échange son île de Sicile contre l’île de Sardaigne avec l’empereur Charles VI d’Autriche. La Sardaigne ayant le statut de royaume, il portera désormais le titre de Roi de Sardaigne.

Victor-Amédée II a bénéficié de l’aide puissante de son cousin, le prince Eugène de Savoie (1663-1736), généralissime des armées du Saint-Empire, dans des combats aux fortunes diverses, qui se sont déroulés dans tous les territoires occupés, avec toutefois une incursion de courte durée en Dauphiné et en Provence. Le duc de Savoie a réussi à résister victorieusement en 1706, lors du siège de Turin par les armées françaises.

Le duc Victor-Amédée II de Savoie, prince de Piémont et nouveau roi de Sardaigne, abdique en 1730 en faveur de son fils, Charles-Emmanuel ».

B. Le règne du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1730-1772)

« Le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1772) succède en 1730 à son père, Victor-Amédée II qui a abdiqué en sa faveur, le 3 septembre 1730. Le roi de Sardaigne est confronté à deux conflits : la Guerre de Succession de Pologne, puis la Guerre de succession d’Autriche.

Occupation de la Savoie par l’Espagne durant la guerre de Succession d’Autriche (1742-1749). Charles-Emmanuel III s’étant placé du côté de l’Autriche en 1741, la Savoie subit en 1742 une offensive espagnole qui entraîne son occupation jusqu’à la fin de la guerre de Succession d’Autriche.

Pendant cette période, l’Espagne est représentée à Chambéry par l’infant Philippe, qui partira en décembre 1748, après le traité d’Aix-la-Chapelle ; les dernières troupes espagnoles quittent la Savoie en février 1749.

1760. Le traité de Turin, signé le 24 mars entre la France et le Royaume de Sardaigne, permet de délimiter la frontière entre les territoires de la Savoie, de Nice et du Piémont, et ceux du royaume de France. Les études et les plans ont été réalisés par Pierre Joseph de Bourcet, directeur des Fortifications du Dauphiné, pour le roi Louis XV.

1770. Charles-Emmanuel III promulgue une nouvelle version de la Royale Constitution de 1723, mise au point par Jacques Salteur et François-Xavier Maistre, respectivement premier président et second président du Sénat de Savoie ».

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1786. 1ère ascension du Mont Blanc

1786. Première ascension du Mont Blanc.

« Le 7 août 1786,  Jacques Balmat (24 ans) et le médecin Michel Paccard (29 ans) entreprennent la première ascension du Mont Blanc. Les deux hommes mettront deux jours à réaliser l’ascension, inventant sans le savoir une discipline promise à un prodigieux succès : l’alpinisme« .

« Point culminant des Alpes, le Mont Blanc (4810 mètres à l’époque ; 4807 aujourd’hui, d’après les derniers relevés) appartient à ce moment-là au royaume de Piémont-Sardaigne comme l’ensemble de la Savoie ».

Le Mont Blanc, photographié de Praz-sur-Arly, Pierre Dubois, août 2018

Le Mont Blanc, de maudit à convoité

« Nul n’a encore songé à escalader ce massif impressionnant, qualifié de montagne maudite par les Savoyards. De son sommet toujours couvert de neige et souvent noyé dans les nuages, descendent de redoutables glaciers, le glacier des Bossons et la Mer de Glace. Peu de gens, d’ailleurs, le connaissent, en-dehors des villageois du cru, car le massif alpin est encore largement dépourvu de voies carrossables. Au pied du massif du Mont Blanc, le modeste village de Chamonix n’est lui-même accessible que par des sentiers muletiers.

Toutefois, un jeune physicien et naturaliste genevois, Horace Bénédict de Saussure (20 ans), découvre en 1760 ce village. Envoûté par la montagne, il promet une prime consistante à qui atteindra le premier le sommet du Mont Blanc.

Lui-même en tente l’ascension à plusieurs reprises avec un guide local mais échoue régulièrement, tout comme les autres amateurs, attirés par la perspective de la prime. Il faut dire que les uns et les autres n’imaginent pas de faire étape une nuit complète sur le flanc de la montagne, par crainte de démons ou d’on ne sait trop quoi.

En 1786, un jeune cristallier du lieu, Jacques Balmat, décide de suivre une équipe qui va encore une fois tenter l’exploit. Mais il est distancé par ses compagnons. Perdu et terrorisé, le voilà obligé de se réfugier dans une grotte pour y passer la nuit. Le lendemain, il repère un passage vers le sommet. Convaincu de pouvoir enfin y accéder, il redescend à Chamonix en quête d’un compagnon d’escalade. Ce sera le médecin du village, Michel Paccard. Les deux hommes reprennent l’ascension et passent la nuit dans la même grotte avant de se porter enfin au sommet le 8 août à 18h22 !

Jacques Balmat se rend à Genève pour informer de Saussure de son succès et recevoir la prime.

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Strasbourg.10 peintures du 18ème

Exposition temporaire. Peintures européennes des 17, 18 et 19ème siècles du Musée des Beaux-arts, du 18 août 2021 au 14 février 2022.

Cette exposition est riche et, de ce fait, se trouve un peu à l’étroit dans la Galerie Heitz du Palais Rohan. Mais il y a un avantage certain à ces regroupements rapprochés : les tableaux sont disposés à hauteur de visage.

10 tableaux du 18ème européen : un diaporama de 44 photos.

Pour aller plus loin : la peinture française du 18ème siècle

1. La Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière. Cette toile a été présentée dans la chronique d’hier, Largillerre et ses 4 500 portraits

Détail du tableau. Cliquer sur les images pour les agrandir

2. Dernière acquisition du musée. Louis de Boullogne le Jeune (1654-1733), Le Triomphe de Galatée, peint vers 1700, huile sur toile, 72 x 103 cm. Notice du Musée.

Détail du tableau

« Louis de Boullogne est un artiste fascinant, dont la vie et l’œuvre se situent entre les grands décors du château de Versailles dirigés par Charles Le Brun et la « génération de 1700 » (comprenant Boucher et Chardin) qui incarne le Siècle de Louis XV…

Fils d’un bon peintre, Louis entreprit, comme son frère Bon, la même carrière. Il compléta sa formation à l’Académie de France à Rome et dès son retour fut employé à Versailles. Reçu en 1681 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, son talent lui permit de recevoir tous les honneurs jusqu’à être nommé Premier Peintre de Louis XV et même anobli…

Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. On voit à gauche le cyclope Polyphème qui tomba amoureux de Galatée représentée triomphante sur les mers, sur une conque tirée par un dauphin et entourée de naïades, putti et tritons. L’artiste a choisi de ne pas représenter Acis, rival malheureux de Polyphème.

Un tableau sur ce sujet fut exposé par l’artiste aux Salons de 1699 puis de 1704. Il est préparé par un important dessin préparatoire conservé au Louvre ».

3. François Boucher (1703-1770). Béthuel accueillant le serviteur d’Abraham, vers 1725, Huile sur toile, 100 x 83 cm. Notice du musée.

« Boucher est considéré comme un des géants de la peinture française du XVIIIe siècle. Il fut le peintre préféré de Madame de Pompadour et des fastueux financiers de son temps. Il eut tous les honneurs académiques, finissant sa carrière comme Premier Peintre de Louis XV en 1765.

D’après le texte de la Genèse, Abraham cherchait une jeune femme digne d’épouser son fils unique Isaac. Il envoya donc son serviteur Eliezer vers Béthuel, père de Rébecca. Le moment représenté est celui où le mariage est accepté par le père de Rébecca et où les servantes admirent les bijoux donnés à la jeune fille. Ces textes bibliques offraient l’intérêt de représenter des scènes orientales rustiques et très pittoresques.

Boucher a sans doute regardé les œuvres des Vénitiens (dont Véronèse et Ricci) et s’est inspiré de leur style enlevé et très coloré. Mais bien française est la manière de traiter le sujet un peu solennellement et de conserver une certaine réserve dans la touche. Dans cette peinture, une des premières œuvres du style rococo français, se ressent ainsi le souvenir de l’art maniériste de l’école de Fontainebleau, celui des peintres au service de François Ier« .

4. Giandomenico Tiepolo (1727-1804). La Vierge en gloire avec Saint Laurent et Saint François de Paule, Huile sur toile, 220 x 119 cm.

Détail. Le gril, instrument du martyre de Saint Laurent

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

L’Immaculée Conception avec saint Laurent et saint François de Paule

« Le tableau représente Marie, mère de Jésus comme l’ Immaculée , apparaissant à Saint Laurent , qui la regarde, et à François de Paule , qui regarde le spectateur en pointant sa main gauche vers l’apparition. En raison de sa virtuosité flamboyante et de son expressivité, on a longtemps pensé que l’œuvre avait été peinte par le père de Giovanni Domenico, Giovanni Battista, mais depuis 1939, il est accepté comme un chef-d’œuvre précoce par le jeune Tiepolo. En raison des ressemblances stylistiques avec les peintures de Giovanni Battista, on pense qu’il a été peint peu de temps après sa mort, c’est-à-dire 1770, lorsque Giovanni Domenico portait encore le manteau de son père tout en commençant à développer son propre style, plus réaliste et même naturaliste (ici visible dans la corbeille en trompe-l’œil au bord inférieur du tableau).

Le tableau fut acheté en 1898 par Wilhelm von Bode au marchand d’art florentin Elia Volpi, et entra dans les collections en 1900″.

5. Jean-Baptiste Siméon Chardin. Nature morte, 1756, Huile sur toile.

« Jean Siméon Chardin, né à Paris  le 2 novembre 1699 et mort dans la même ville le 6 décembre 1779. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels.

Chardin se consacre à nouveau à la nature morte depuis 1748.. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres… Il semble s’intéresser davantage aux volumes et à la composition qu’à un vérisme soucieux du détail, voire des effets de trompe-l’œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière ».

Pierre Rosenberg : En un premier temps, l’artiste peint par larges touches qu’il dispose côte à côte sans les fondre entre elles (…) ; après avoir pendant quelques années, vers 1755-1757, multiplié et miniaturisé les objets qu’il éloigne du spectateur, tenté d’organiser des compositions plus ambitieuses, il accordera une place de plus en plus grande aux reflets, aux transparences, au « fondu »; de plus en plus ce sera l’effet d’ensemble qui préoccupera l’artiste, une vision synthétique qui fera surgir d’une pénombre mystérieuse objets et fruits, résumés dans leur permanence.

6. Joseph-Marie Vien (Montpellier, 1716 – Paris 1809), La Vertueuse athénienne, 1762, huile sur toile

Détail

« Élève de Natoire, languedocien comme lui, Vien remporta le grand prix en 1743 et partit l’année suivante pour Rome, où il resta jusqu’en 1750. Fortement influencé par J.-F. de Troy, alors directeur du palais Mancini, il donna quelques tableaux hérités du style de ce dernier et de celui des maîtres bolonais (Guerchin). 

Vien fut agréé en 1751 et reçu académicien en 1754 (Dédale et Icare). C’est vers la fin des années 1750 qu’il rompit brusquement avec la tradition rococo d’un Boucher (mort en 1770) et s’orienta vers un nouveau style, qui devait déterminer la peinture française pour de nombreuses années.

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Nantes. Peintures du 18ème

Huit peintres du 18ème exposés dans les collections du Musée d’Arts de Nantes : Albotto, Bruandet, Coypel, Greuze, Watteau, Lancret, Pannini, Vernet.

Diaporama de 31 photos. Pour en savoir plus : lire les excellentes analyses des cartels des tableaux photographiés.

Francesco Albotto (v. 1721-1757), peintre italien de vedute, actif à Venise au XVIIIe siècle (source : extraits de Wikipédia).

« Contrairement à sa fantaisie prédominante et à son coup de pinceau désinvolte, la source d’inspiration principale de Francesco Albotto est liée aux modèles déjà réalisés par d’autres artistes, qu’il s’est appropriés en consultant les éditions Magnificentioris Selectioresque Venetiarum Prospectus, ainsi que Urbis Venetiarum Prospectus celebriores, gravées par Antonio Visentini ce qui a posé souvent des problèmes d’attribution ».

Vue du môle de la Zecca à Venise

Cliquer sur les images pour les agrandir

2. Lazare Bruandet (1755-1804), peintre et graveur français (source : France Culture).

  • Tewfik Hakem s’entretient avec l’auteur illustrateur de bande dessinée, Frantz Duchazeau, Le Peintre Hors la loi, éditions Casterman, 2021.  

« Dans les années 1790, sous Louis XVI et dans une France frappée par la Terreur, un peintre illuminé, à l’épée facile, cherche, dans la nature, comment se soustraire au monde en guerre.

Lazare Bruandet peignait des enseignes à Paris et, de temps en temps, il allait en forêt peindre sur motif. C’est un des premiers à l’avoir fait – et même s’il n’a pas laissé de trace, sinon peut-être, un unique tableau au Louvre, il était intéressant. A cette époque, en France, on peignait surtout des portraits, des scènes ; il fut le premier à peindre la nature, et exactement ce qu’il voyait, sans interprétation. 

Bruandet, était un peintre inconnu mais son nom claquait comme un couperet, son originalité m’intéressait.

Il maniait mieux l’épée que le pinceau, mais il a vu aussi toutes les absurdités de la Révolution, il en a été au cœur, il en a vu les aspects les plus sordides. Pour y échapper, il allait peindre dans la forêt. C’était un personnage contradictoire, il était plusieurs personnes dans le même homme. Dans l’histoire, il tue sa femme qu’il soupçonne d’adultère et donc, va trouver refuge en forêt, chez des moines ».

Vue prise dans le bois de Boulogne

3. Charles-Antoine Coypel (1694-1752), peintre et dramaturge français (source : extraits de Wikipédia).

« Il fut un portraitiste habile, bien qu’il fût premièrement peintre d’histoire.

Il accéda aux plus hauts postes de l’administration artistique. Il exerça la charge de Garde des tableaux et dessins de la Couronne de 1722 à 1752. Il entra à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 1715 et en fut nommé directeur en 1747.

Il fut nommé Premier peintre du Roi en 17471 et il prit une part importante dans la création de l’École des élèves protégés de l’Académie royale.

Parallèlement à sa carrière de peintre, Coypel écrivit une quarantaine de pièces de théâtre entre 1717 et 1747. Seule Les Folies de Cardenio (1720) fut publiée ».

 Cléopâtre avalant le poison (1749)

4. Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), peintre et dessinateur français (source : extraits de Wikipédia).

« Greuze est soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon. A Paris où il s’installe en 1750, il devient l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale de peinture et de sculpture.

Ses débuts au Salon de 1755 furent un triomphe (Père de famille lisant la Bible à ses enfants)

Il devient membre associé de l’Académie1. Il part étudier à Rome de 1755 à 17572

Aux couleurs claires et lumineuses, à l’attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l’idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie ».

Le Guitariste ou un oiseleur qui, au retour de la chasse, accorde sa guitare (vers 1757)

5. Jean-Antoine Watteau (1684-1721)

Arlequin empereur dans la lune (vers 1707)

6. Nicolas Lancret (1690-1743) (source : extraits d’Universalis)

« Une formation traditionnelle (apprentissage de la gravure, enseignement de d’Ulin, professeur à l’Académie, puis fréquentation de l’école de l’Académie, où il se fait suspendre pour indiscipline – aurait dû amener Lancret à devenir peintre d’histoire. Mais il découvre l’art de Watteau, peut-être à l’occasion de l’agrément de celui-ci à l’Académie en 1712, et soit par séduction, soit par opportunisme, Lancret décide de devenir peintre de fête galante. Il est alors élève de Gillot, comme l’a été Watteau, puis celui de Watteau lui-même, dont l’enseignement se borne, semble-t-il, à lui conseiller de travailler d’après la nature, de dessiner des paysages aux environs de Paris et d’y intégrer des figures dont l’invention, il est vrai, doit tout à ce maître.

Agréé à l’Académie en 1718 (un an après que Watteau y eut été reçu avec son Pèlerinage à l’île de Cythère), Lancret y est reçu en 1719 avec une Fête galante, catégorie reconnue officiellement depuis peu. Il est ainsi le premier des satellites de Watteau, de ceux qui ont diffusé, avec un bonheur inégal, un esprit et des sujets nouveaux dans la peinture.

Ses premiers clients sont ceux-là mêmes qui ont compris l’apport de Watteau : Jullienne, Leriget de La Faye, la comtesse de Verrue ou Quentin de Lorangère ; plus tard, le roi de Prusse Frédéric II accrochera aux murs de Sans Souci des tableaux de Lancret à côté de ses Watteau.

Pourtant, Lancret bénéficie d’avantages qui ont manqué à la carrière de Watteau. Il expose des toiles place Dauphine en 1722, 1723, 1724, puis au Salon entre 1737 et 1742, de telle sorte que le public peut apprécier ses œuvres, par ailleurs diffusées par la gravure dès 1728″.

Trois tableaux exposés à Nantes.

La camargo lisant (autour de 1730-1731). Avant le bal costumé (non daté). Arrivée d’une dame dans une voiture tirée par des chiens (non daté, photo ci-dessous)

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Majolique, faïence, porcelaine

Céramique, Majolique, Faïence, Porcelaine. Prochaine chronique : index des chroniques du blog dédiées aux manufactures de faïence et de porcelaine au 18ème siècle.

Point sur l’Histoire du 18ème siècle : 332 articles publiés.

Qu’est-ce que la céramique ? Manufacture de Sèvres. Plan de l’article : les poteries, les faïences, les porcelaines, les grès.

« Mot d’origine grecque : keramos signifie argile. Le terme générique de céramique désigne l’ensemble des objets fabriqués en terre qui ont subi une transformation physico-chimique irréversible au cours d’une cuisson à température plus ou moins élevée ».

Pour aller plus loin. Jean Rosen. La faïence en France du XIIIe au XIXe siècle : technique et histoire, Archives Ouvertes, 163 pages, 2018.

Vases de monstrance. Éléments de la pharmacie de Stanislas Lesczynski, manufacture de Niderviller, faïence à décor à petit feu, 1750-1755

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A. Faïence (de Faenza, Italie)

« Céramique à pâte argileuse, tendre, poreuse, recouverte d’un enduit imperméable et opaque. Le décor peint sur émail cru et cuit avec lui définit les faïences dites de grand feu. Le décor posé sur émail déjà cuit exigera une cuisson supplémentaire à basse température pour les couleurs (faïences dites de petit feu) ».

La faïence à Faenza : vidéo de 4’05.

B. Majolique 

« Il s’agit dans un premier temps d’une céramique à lustre métallique, technique héritée principalement de la Perse musulmane de la seconde moitié du IXe siècle. La céramique lustrée fait alors son chemin en Espagne, puis en Italie, s’éloignant de son modèle oriental. Une majolique est le nom générique qui désigne, en français, une faïence, soit hispano-mauresque, soit italienne de la Renaissance, ou l’une des premières faïences françaises, soit fabriquée par des Italiens, soit fabriquée selon la technique et dans le goût italiens aux XVIe et XVIIe siècles.

Le terme majolique désigne par la suite une faïence à émail stannifère. Après séchage, une première cuisson dite de Biscuit est réalisée aux alentours de 1 000 – 1100 °C. La poterie peut alors être émaillée à l’aide d’une glaçure au plomb opacifiée avec de l’oxyde d’étain. Le décor coloré est ensuite peint sur l’émail blanc sec, pulvérulent mais non cuit. Une fois le décor peint, une glaçure de finition translucide à base de plomb – la coperta – permet de rehausser les nuances et d’apporter un brillant uniforme. L’objet est alors prêt pour une seconde et dernière cuisson à 800 – 900 degrés ».

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