Archives de Catégorie: D. Italie

17 évènements en 1748

Suite des chroniques sur le 18ème siècle, année par année.

17 évènements en 1748

  • Montesquieu publie De l’esprit des lois. L’ouvrage est attaqué à la fois par les jésuites et par les jansénistes. La faculté de théologie de Paris le censure. Le pape le met à l’Index. Voltaire publie Zadig.
  • Long pontificat de Benoît XIV (1740 à 1758). Ce pape a marqué le siècle des Lumières par son ouverture d’esprit. Pape moderne qui a tenté de calmer les querelles religieuses, de ramener l’Église grecque et l’Église arménienne dans le giron de Rome. Pape conservateur, il a confirmé la bulle Unigenitus, tout en adoucissant les rigueurs exercées contre les Jansénistes.
  • Fin de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), après une dernière victoire française (prise de Maastricht). Par les traités d’Aix-la-Chapelle et malgré la situation favorable, Louis XV renonce à ses conquêtes (Pays-Bas autrichiens, Savoie, Nice),

Cinq chroniques du blog.  

Chronologie de l’année.

15 janvier : la Seine est complètement prise par les glaces (minimum de température -14°1 à Paris le 12 janvier. Les froids tardifs de mars retardent les travaux agricoles. L’hiver, très rigoureux, tue une partie des oliviers en Provence (-10° à Nîmes le 10 janvier).

Janvier : émission pour 6 millions à 5 % de rentes perpétuelles.

25 février : un édit crée des droits nouveaux sur la poudre à poudrer et sur les bougies, rétablit les anciens droits sur les suifs, et augmente les droits sur les papiers et le parchemin.

30 avril : préliminaires de paix entre la France et la Grande-Bretagne signés à Aix-la-Chapelle.

5 mai : Louis XV écrit à Ferdinand VI d’Espagne pour lui annoncer qu’il veut une paix sans annexions.

7 mai : prise de Maastricht par Maurice de Saxe et Lowendal. De 1747 à 1748, elle passa une nouvelle fois sous domination française après la bataille de Lauffeld. Durant ces périodes françaises, les protestants de Maastricht perdirent les droits qui les rendaient égaux aux autres chrétiens.

10 mai : création de l’École royale du génie de Mézières.

6 juin : l’Assemblée du clergé réunie à Versailles accorde au roi un don gratuit de 16 millions de livres.

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Besançon. Passion et Résurrection

Besançon. Œuvres du Musée des Beaux-arts, de la cathédrale Saint-Jean et de l’église Sainte Madeleine, dédiées à la Passion et à la Résurrection du Christ.

Musée des Beaux-arts. Diaporama de 12 photos (5 œuvres, notices, et détails).

Cathédrale Saint-Jean et église Sainte Madeleine. Diaporama de 21 photos (8 œuvres, notices, et détails)

Œuvres des 16ème, 17ème et 18ème siècles, rangées selon la chronologie de la Passion et de la Résurrection. De la Cène à la Résurrection du Christ.

Claude Arnoux, dit Lulier (1510-1580). La Cène (1560)

Grand bas-relief (300 x 70 cm) de 1560 en marbre blanc du sculpteur franc-comtois Claude Arnoux, dit Lulier. La Cène était autrefois encastrée dans le fronton du Jubé Renaissance érigé en 1549 et détruit à la Révolution.

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D’après Jusepe de Ribeira (1591-1652), Le reniement et les larmes de Saint-Pierre, MBA de Besançon. Le musée possède deux autres œuvres représentant la même scène

Attribué à Marcello Venusti (vers 1512-1579), Le Christ en croix, d’après Michel Ange, huile sur bois

Francesco Trevisiani (1656-1746), Christ en Croix, 1699

Achat après commande effectuée par le biais du Comte de Grammont en 1698), huile sur toile

Charles-Joseph Natoire (1700-177), Descente de Croix, 1755, Abside du Saint-Suaire, Cathédrale Saint-Jean

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Nancy. Passion et Résurrection

Peintures du Musée des Beaux-arts de Nancy dédiées à la Passion et à la Résurrection du Christ.

Diaporama de 41 photos (12 œuvres, notices, et détails).

Œuvres des 16ème et 17ème siècles, rangées selon la chronologie de la Passion et de la Résurrection. De l’entrée du Christ à Jérusalem à Noli me tangere du Christ ressuscité, adressé à Marie-Madeleine.

Nicolas Poussin (1594-1665). L’entrée de Jésus dans Jérusalem, après 1642

Six œuvres sont présentées dans cette chronique. Elles sont rangées par date et par peintre.

1. Wilhelm Stetter (1487-1552). Source : Wikipédia

La mise au tombeau, 1536

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« Les peintures de Wilhelm Stetter, peintre et prêtre, ont été créées pour répondre aux besoins de son ordre, la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem. A la destruction de la commanderie en 1633, ses œuvres sont dispersées et certaines se retrouvent dans des églises de Strasbourg.

Les peintures de Stetter s’inspirent du travail de Hans Baldung, dont il est possible qu’il ait été l’élève entre 1510 et 1512. Il utilise une palette claire, en mélangeant des techniques de tempera et de peinture à l’huile. Son œuvre est caractérisée par une architecture riche, des paysages atmosphériques et une répétition des figures. Son style se rapproche de ceux d’Albrecht Dürer et Hans Baldung Grien, et est considéré comme de facture moyenne ».

2. Jacques Bellange. Source Universalis.

Lamentation sur le Christ mort, vers 1602-1604

« Lors qu’au début du 17ème siècle la peinture parisienne traverse une phase de relative éclipse, Nancy et la Lorraine connaissent au contraire une période faste. Jacques Bellange (ou de Bellange) est avec Callot et Deruet l’un des artisans de cet heureux temps.

Il a exercé son activité en Lorraine, entre 1600 et 1615, comme décorateur, peintre et graveur. Nulle mention d’un voyage en Italie. Pourtant, l’art de Bellange ne peut se concevoir que sur la base d’une solide formation acquise au-delà des Alpes : trop de motifs et de traits stylistiques apparaissent empruntés à Parmesan et au Baroche, en particulier, pour qu’il n’ait pas connu directement leurs œuvres. Les sujets traités par Bellange dans ses gravures sont essentiellement d’inspiration religieuse ».

3. Gérard Seghers.

Le Christ après la flagellation, vers 1620-1625, Huile sur toile, H. en cm : 113 ; L. en cm : 173.

« Cette scène rarement peinte du cycle de la Passion se situe entre la Flagellation et le Couronnement d’épines ; elle montre le Christ détaché de la colonne, rampant pour ramasser ses vêtements. Le cadrage, la lumière traitée en clair-obscur et le réalisme brutal de l’humiliation et de la souffrance du Christ se rattachent à l’art du Caravage. Cette œuvre provient de la cathédrale de Toul ».

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1740-1758. Benoit XIV, pape

Prospero Lorenzo Lambertini, né le 31 mars 1675 à Bologne, est le troisième enfant d’une famille noble des États pontificaux. Il devient pape en 1740 sous le nom de Benoît XIV. Il meurt le 3 mai 1758 à Rome.

Cinq sources en ligne. L’article de Wikipédia structure la chronique. S’y ajoutent, en page 2, quatre focus (captures d’écran d’une petite partie d’un ouvrage ou d’un article).

Partie 1. 1740, Le conclave.

1732 et 1733. Encore cardinal Prospero Lambertini, il intervient en soutien à Laura Bassi pour sa soutenance de disputatio de philosophie. Elle devient en 1733 la seconde femme à être docteur en philosophie et enseigne la physique et les mathématiques à l’université de Bologne.

Le pape Clément XII meurt le 6 février 1740. Le conclave élit le cardinal Lambertini à l’unanimité le 17 août 1740, après un des plus longs conclaves depuis des siècles : en effet, il ne dure pas moins de six mois et nécessite 254 scrutins.

Olivier Descamps, L’ecclésiologie de Benoît XIV, p. 309-322, in Patrick Arabeyre (ed), Les clercs et les princes, Publications de l’École Nationale des Chartes, 2013.

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Partie 2. Benoit XIV, pape de 1740 à 1758 (source Wkipédia).

Tableau de Pierre Subleyras (copie du portrait peint en 1740 par Giuseppe Maria Crespi), 1741

Quelques mois après son accession au trône de Saint Pierre, éclate la Guerre de succession d’Autriche (1740-1748). La guerre de Sept ans (1756-1763) en est à 2ème année quand il meurt.

Pape Moderne et Conservateur. Législateur de l’Église moderne, Benoit XIV a marqué le XVIIIe siècle par son long pontificat de dix-huit ans et par son ouverture d’esprit au siècle des Lumières. C’est un pape moderne qui tente de calmer les querelles religieuses, de ramener l’Église grecque et l’Église arménienne dans le giron de Rome, et, tout en confirmant la bulle Unigenitus, il adoucit les rigueurs que l’on exerçait sur les jansénistes.

1741. Féru de sciences (en particulier de physique, de chimie, de mathématiques), il autorise les œuvres sur les nouvelles représentations du monde (héliocentrisme à cette époque).

Devant la preuve optique de la trajectoire orbitale de la Terre apportée par James Bradley, il fait accorder par le Saint-Office l’imprimatur à la première édition des œuvres complètes de Galilée. Ce geste constitue une révision implicite des sentences de 1616 et 1633.

1742 et 1744. Benoit XIV sait aussi se montrer conservateur. Soupçonneux à l’égard des initiatives missionnaires des Jésuites, il condamne les Réductions du Paraguay et met fin à la querelle des rites en interdisant définitivement les rites chinois et malabars qu’il juge imprécis, par les lettres apostoliques Ex quo singulari (1742) et Omnium sollicitudinum (1744).

1745. Il se montre favorable aux Lumières et entretient des relations avec Frédéric II de Prusse par l’intermédiaire du savant Maupertuis. Voltaire lui dédie en 1745 sa tragédie Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète. La lettre de remerciement du pape au philosophe témoigne l’excellence de leurs rapports. Voltaire admirait sincèrement ce pontife cultivé et ouvert aux idées de son temps.

1748. Il apporte son soutien à Maria Gaetana Agnesi pour qui il fait créer une chaire de mathématiques à l’université de Bologne.

1750. Il proclame l’Année sainte et charge (en vain) l’évêque de Mirepoix de faire cesser l’adultère du roi Louis XV.

1751. Il se montre favorable au projet d’encyclopédie de Diderot et d’Alembert

1751… mais il renouvelle les réserves pontificales à l’égard de la franc-maçonnerie, condamnée dans la bulle Providas romanorum.

1753… mais Il condamne la thèse soutenue à Paris par l’abbé de Prades.

1753 (9 juillet). Il réorganise l’Index dans un sens plus libéral, en donnant plus de garanties aux auteurs incriminés, par la constitution Sollicita ac provida.

1757. Les ouvrages favorables à l’héliocentrisme sont autorisés, par un décret de la Congrégation de l’Index, qui retire ces ouvrages du catalogue des livres interdits.

Partie 3. Trois focus sur Benoit XIV

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Crespi dit Lo Spagnolo (1665-1747)

Giuseppe Maria Crespi dit Lo Spagnolo, né le 14 mars 1665 à Bologne où il est mort le 16 juillet 1747, est un peintre et graveur italien.

Le musée des Beaux-arts de Strasbourg possède trois peintures de Crespi :

  • L’Amour vainqueur ou L’Ingegno (vers 1695-1700) : partie 1 de la chronique.
  • Portrait de jeune homme accordant sa pandurina (1700-1710) : partie 2.
  • Le Christ tombé sous la croix (vers 1740) : partie 3.

Diaporama de 17 photos. La 1ère et la dernière photo (les deux tours de Bologne, la statue de Neptune), ainsi que la photo de céroplastie anatomique (partie 4) ont été prises par mes soins. J’ai en effet eu le bonheur de pouvoir travailler à Bologne, 4 mois en 1998 et 2 mois en 2008.

Autoportrait de Crespi, vers 1700, Source Wikipédia

Source : citation de l’article de Wikipédia. « Crespi est le fils de Girolamo Crespi et Isabella Cospi. Il a été surnommé Lo Spagnolo pour son habitude de porter des habits serré,s typiques de la mode espagnole de l’époque.

Élève de Domenico Maria Canuti, il se laisse d’abord imprégner par le naturalisme des Carrache, en particulier par Ludovico, diffusé par Carlo Cesare Malvasia dans la Bologne de l’époque.

Le pape Benoît XIV l’engagea comme peintre personnel, et lui donna le titre de comte palatin ».

Tableau de Pierre Subleyras, 1741 (copie du portrait peint en 1740 par Crespi)

« En 1708, il se présente au grand-prince Ferdinand de Toscane qui l’invite à séjourner à la villa Pratolino en 1709, où il réalisera La Foire de Poggio a Caiano, inspirée d’une œuvre de Jacques Callot ».

Partie 1. L’Amour vainqueur ou L’Ingegno, vers 1695-1700, huile sur toile, 114 x 95 cm. Source : notice du MBA de Strasbourg.

« C’est seulement depuis quelques années que les critiques considèrent Giuseppe Maria Crespi comme l’un des plus remarquables artistes italiens de la première moitié du XVIIIe siècle. Ce fut un peintre très éclectique : il réalisa de grands retables, des natures mortes et des portraits. Le mélange d’attention naturaliste et d’émotion contenue qui apparaît dans son travail, allié à de grandes qualités de luministe, confère à l’œuvre de Crespi une grande originalité.

Ce tableau représente l’Ingegno, personnification de l’esprit d’invention : l’arc et la flèche évoquent son adresse et sa pénétration ; l’aigle et le cimier signifient sa générosité, la hauteur et la justesse de ses vues.

Il est possible de voir ici également le thème de l’Amour vainqueur : il apparaît sous la forme d’un bel adolescent souriant qui, l’arc et les flèches à la main, se désigne lui-même de l’index comme l’éternel vainqueur sur tout ce qui pourrait nous distraire de l’amour, notamment les sciences et les lettres, symbolisées par le livre qu’il écrase de sa main gauche et l’astrolabe placé derrière lui.

La figure, vue à mi-corps, se détache par son intense luminosité sur un fond neutre. L’ensemble de la composition se fond dans la monochromie et le coloris ne joue que sur des subtiles nuances de brun, de jaune, et de beige, que viennent ça et là animer quelques légères touches plus froides. Tout semble être conçu pour mettre en valeur la triomphante et éclatante beauté du personnage ».

Partie 2. Portrait de jeune homme accordant sa pandurina, 1700-1710, Hauteur en cm 81.5, Largeur en cm 69, Huile sur toile (ovale). Source : Pop culture.

« Un jeune homme, vêtu d’une chemise blanche et d’un veston brun-rouge accorde une pandurina posée sur ses genoux. Assis de trois quarts, il est entouré des instruments de ses loisirs : une raquette et un volant sont posés sur une table, une arbalète est laissée contre un mur. Derrière le personnage, un vase avec des fleurs claires prend également place sur une table. Le personnage, unique protagoniste du tableau se détache d’un fond très sombre ».

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Sélestat. Collège jésuite. Chaire

Sélestat en Alsace n’est pas seulement célèbre pour son école latine et sa bibliothèque humaniste. Elle l’est également pour le devenir de son église Sainte-Foy au 18ème siècle ; affectée aux jésuites et à leur collège (1623-1765), elle accueille une splendide chaire baroque (1733), décrite dans la partie 2 de cette chronique.

Diaporama de 35 photos.

Le Lion qui représente l’évangéliste Saint Marc (chaire de Sainte-Foy)

Partie 1. Histoire des collèges jésuites en Alsace de 1580 à 1765. Source 1 : extraits d’un article de la BNUS.

« La Société de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, est reconnue par Paul III en 1540. Aux trois vœux traditionnels d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, les jésuites ajoutent celui d’obéissance au pape. Pierre Canisius (1521-1597), premier jésuite allemand, est appelé en 1551 par le Grand Chapitre de Strasbourg pour prêcher à la cathédrale, mais la venue ne se concrétise pas.

Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle que les jésuites s’installent en Alsace où ils ouvrent sept collèges : Molsheim en 1580, Haguenau en 1604, Ensisheim en 1614, Sélestat en 1623, Rouffach en 1656, puis après le rattachement à la France, Strasbourg en 1685, Colmar en 1698.

Les collèges jésuites de Strasbourg, Colmar et Ensisheim sont confiés à la province jésuite de Champagne et les régents y donnent les leçons également en allemand et en français. Ils sont sous le gouvernement d’un provincial français. Les quatre autres collèges jésuites de Sélestat, Rouffach, Molsheim et Haguenau continueront d’être confiés à la province d’Allemagne avec pour siège Mayence, qui les avait fondés. En 1722, le plan de réunir au sein d’une même congrégation les établissements des deux provinces échoue. Aux sept collèges cités, il est possible d’ajouter un huitième, Bouquenom, fondé en 1630.

Les jésuites offrent ainsi, à partir du XVIIe siècle, un réseau éducatif de haut niveau face à celui qu’a constitué la bourgeoisie protestante des grandes villes d’Alsace avec ses gymnases et son Université. L’organisation stricte des collèges jésuites, avec leur encadrement administratif et pédagogique, leurs enseignants qui ont subi une formation longue et variée, développe ce que le P. Delattre considère comme le caractère original de l’enseignement de la Compagnie : une progression annuelle par classes de niveau, de la Cinquième, Quatrième, Troisième avec la grammaire, des Humanités en Seconde et de la Rhétorique en Première, le tout en latin, qui est la seule langue pratiquée dans ces établissements, et imposée jusque dans les cours de récréation.

Un grand nombre d’élèves était pensionnaire et subissait la règle d’une discipline toute religieuse que viennent seulement interrompre des grandes vacances inaugurées par la cérémonie de la distribution des prix et la représentation d’une pièce de théâtre : à cette occasion seule, le collège s’ouvre au public.

C’est  l’archiduc Léopold qui favorise l’installation des jésuites à Sélestat. Ils arrivent le 15 janvier 1615. L’archiduc leur remet la lettre de fondation le 23 mars 1616, laquelle met à leur disposition l’ancien prieuré bénédictin de Sainte-Foy en même temps qu’une propriété épiscopale, appelée Schnellenbühl  et située dans le ried local. Le 27 août 1616, il y ajoute le prieuré de Saint-Valentin à Rouffach. Le pape ratifie la fondation et les dotations en 1618.

Le collège ouvre ses portes en 1623. Le pape donne son assentiment officiel en 1629. L’enseignement est confié à des magistri, maîtres-professeurs, jeunes religieux qui, au sortir du noviciat de deux ans, s’adonnent durant deux ans à des études littéraires, puis pendant trois ans à des études philosophiques. Ils instruisent les élèves du collège durant plusieurs années, puis se consacrent pendant quatre années aux études théologiques qui aboutissent à l’ordination sacerdotale. En 1623, il y a à Sélestat deux maîtres ; en 1630, six« .

Source 2 sur l’histoire du collège jésuite de Sélestat : article de Marie-Philippe Scheurer dans Wikipédia.

« Les jésuites, installés à Sélestat depuis 1615, ouvrent une école en 1621 en demandant un terrain de construction au magistrat qui tente de résister malgré l’insistance de l’archiduc Léopold, protecteur des jésuites ; en 1623 le magistrat achète deux maisons et fait détruire la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour aménager une cour sur son emplacement ; un bâtiment d’école est construit en 1687.

En 1731, les jésuites voudraient construire une école plus vaste et demandent l’autorisation à l’intendant qui refuse ; en 1737 une nouvelle demande est acceptée ; un projet et un devis sont dressés par l’architecte communal Jean Martin Diringer.

Il est revu en 1740 et la construction est entreprise en 1742 après que l’inspecteur principal des ponts et chaussées, M. François, ait examiné le projet et revu le devis ; les travaux de maçonnerie, de plâtrage et de couverture sont confiés à l’entrepreneur Gallay de Strasbourg ; les travaux se poursuivent de 1742 à 1745. L’école est inaugurée le 28 juillet 1745 ; elle comprend 3 salles de classe au rez-de-chaussée, 4 salles à l’étage et une salle de théâtre au 2e étage.

Il ne reste aujourd’hui que la cage d’escalier du 18e siècle : d’après Alexandre Dorlan, la rampe en fer forgé serait signée par le ferronnier Michel Schultz et datée de 1743.

L’école est fermée en 1765 lors du départ des jésuites.

Le bâtiment abrite le tribunal de 1791 à 1800, puis le collège communal de 1803 à 1806 et de nouveau le tribunal de 1806 à 1870. De 1872 à 1921, il abrite l’école normale d’institutrices, puis la cité administrative.

Un campanile avait été ajouté sur le toit au 19e siècle et a été supprimé au 20e siècle ».

Partie 2. 1733 : la chaire baroque de l’église Sainte-Foy. Source : article de Wikipédia.

« La chaire, en bois polychrome, est réalisée en 1733, d’après le programme iconographique du père jésuite Ignace Saint-Lô, mais le sculpteur est inconnu » (à suivre page 2).

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Musée des Beaux-arts de Besançon

« Au cœur de la ville historique, dans la boucle du Doubs, le musée des Beaux-arts et d’Archéologie de Besançon possède une longue histoire ». Source : extraits du site du Musée.

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Trois parties dans cette chronique : le musée le plus ancien de France ; Louis Miquel, l’architecte du musée d’aujourd’hui ; la donation de la collection de Pierre-Adrien Pâris.  

Diaporama de 12 photos.

1694. La plus ancienne collection publique française

« Son origine remonte à 1694, soit un siècle avant la création des musées qui date de la Révolution française (Le Louvre ouvre en 1793).

En 1694, à Besançon, Jean-Baptiste Boisot, abbé de Saint-Vincent, lègue ses collections aux bénédictins de la ville, à condition qu’elles soient mises à la disposition du public selon des jours et horaires réguliers, sous contrôle de la Ville et des religieux ».

« Les ouvrages et œuvres d’art réunis proviennent des prestigieuses collections ayant appartenu à Nicolas Perrenot de Granvelle (1486-1550) et à son fils Antoine, hommes politiques de premier plan (Nicolas fut Premier ministre de Charles Quint), mécènes, grands collectionneurs. Cette collection privée ouverte aux visiteurs dans l’ancienne abbaye Saint-Vincent sera fréquentée durant tout le XVIIIe siècle.

C’est à partir de 1843 que les collections devenues publiques et augmentées des saisies révolutionnaires sont installées dans la nouvelle Halle aux grains, édifice conçu par l’architecte Pierre Marnotte« . (1797-1882) ».

Partie 2. 1967-1970. Louis Miquel architecte du Musée d’aujourd’hui. Source : extraits du site du Musée

« En 1963, George et Adèle Besson déposent au musée des Beaux-arts et d’Archéologie plus de 300 œuvres de leur prestigieuse collection, en contre partie les donateurs exigent des conditions d’exposition à la hauteur de leur présent. Un réaménagement du musée est privilégié. Le choix de l’architecte se porte sur Le Corbusier, connu des Francs-Comtois pour la chapelle Notre-Dame-Du-Haut à Ronchamp (1955), mais il est également l’une des rares personnalités à avoir mené un travail de réflexion profond sur les musées, initié vers 1929-1930 : c’est le principe du musée à croissance illimitée.

Malheureusement, celui-ci décline la proposition en raison d’engagements antérieurs. La Ville de Besançon demande alors que son suppléant soit l’un de ses disciples. Après le refus d’André Wogenscky, c’est finalement Louis Miquel (1913-1987) qui sera retenu.

Le projet est mis au point après la première visite à Besançon en 1964, le chantier s’ouvre en 1967 et se termine en 1970. La partie centrale, construite entièrement dans un espace vide et carré, est techniquement indépendante de l’édifice ancien, auquel elle se rattache par des passerelles ».

« Les matériaux choisis sont le béton brut de décoffrage pour les murs, une céramique noire pour les sols. L’éclairage, naturel et zénithal dans la partie supérieure, est artificiel ailleurs. L’ensemble est conçu comme une spirale carrée irrégulière, ascendante par une succession de plans inclinés scandés de paliers, prenant leur origine au centre du rez-de-chaussée ».

Partie 3. 1818, la donation de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819). Source : extraits du site du Musée.

« Architecte néoclassique, Pierre-Adrien Pâris est né à Besançon le 25 octobre 1745, dans le quartier Battant. Il grandit à la cour du prince-évêque de Bâle, où son père fut nommé intendant des bâtiments ».

« 1760 (Pâris a 15 ans). Il s’installe à Paris pour étudier l’architecture.

1769 (24 ans). Après trois tentatives infructueuses pour remporter le Prix de Rome, il obtient finalement en 1769 une pension royale qui lui permet de se rendre à Rome. Là-bas, il est précepteur du fils de son professeur et assiste à l’Académie de France. 

Entre 1772 et 1774 (27-29 ans). Pâris dessine dans la campagne romaine aux côtés de peintres tels que François-André Vincent avec qui il s’initie aux dessins de vues. Il en profite également pour réaliser de nombreuses études de monuments antiques (Pompéi, Paestum, Herculanum…) et commence une petite collection de dessins et de contre-épreuves de sanguines de ses camarades peintres.

1778 (33 ans). De retour en France, ses dessins d’architecture lui apportent un emploi. Louis XVI le nomme dessinateur, et lui demande de concevoir le décor des divertissements de la cour.

1780 (35 ans). Il rejoint la prestigieuse Académie Royale et est retenu à Rome pour la direction des fouilles du Colisée ».

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Cartes de l’Europe au 18ème siècle

Les cartes de l’Europe en 1700, 1715, 1748, 1772, 1795, 1799 montrent une très importante évolution des frontières en Europe orientale (disparition de la Pologne et de la Lituanie, recul de l’Empire Ottoman, forte progression de l’Empire de Russie), et en Europe centrale (progression du Royaume de Prusse, stabilisation de l’Empire d’Autriche, affaiblissement du Royaume de Suède – repli dans ses frontières contemporaines).

1795-1799. Carte de la France en Europe

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1772, 1793, 1795. Pologne et Lituanie partagées entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

1772. La République des deux nations (Pologne et Lituanie)

1772. Le Premier partage

1795. Le troisième partage fait disparaître la Pologne et la Lituanie.

1748. Carte de l’Europe (chronique du blog)

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Besançon, St-Jean. Décor grandiose

Cathédrale Saint-Jean de Besançon : une décoration intérieure très riche. Suite de la chronique du 1er mars 2022) : Saint-Jean de Besançon, histoire résumée et reconstruction, 1729-1734. Source : extraits du site Patrimoine-Histoire.

Diaporama de 39 photos.

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« Le clocher et l’abside ont été construits dans les années 1730 par l’architecte Jean-Pierre Galezot, après l’écroulement du précédent clocher en 1729 (ce qui entraîna l’effondrement de l’abside et de deux travées de la nef).

Le financement des travaux fut assuré d’une heureuse façon. La riche abbaye de Luxueuil, dans les Vosges, avait perdu son titulaire, l’abbé de Bauffremont, en 1733. Le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, accorda au chapitre de Saint-Jean les bénéfices de l’abbaye. Luxeuil n’eut ainsi plus de titulaire de 1733 à 1741.

Les travaux intérieurs de l’abside et des deux chapelles au nord et au sud s’étalent de 1740 à 1756. C’est l’architecte parisien Germain Boffrand (1667-1754), élève de Jules-Hardouin Mansart, qui fut choisi pour toute la structure de l’ornementation, qui est de modèle Régence.

Grâce à un don de deux mille livres du chanoine Boitouset, on put concevoir un décor grandiose, appuyé sur les principes baroques et enrichi de toiles de maître. À Besançon, ce fut une révolution esthétique.

Couples d’anges au sommet des pilastres dans l’abside du Saint-Suaire. Ils portent les instruments de la Passion et divers objets qui s’y rapportent (bourse de Judas, coq de saint Pierre…). Cette série d’anges est due au sculpteur Julien Chambert, chargé des travaux de l’abside en 1746″.

Partie 1. L’abside du Saint-Suaire, cinq peintures du 18ème siècle, Passion et Résurrection du Christ.

« Pour abriter le Suaire, Germain Boffrand opta pour un autel à la romaine, c’est-à-dire détaché du mur. Il y logea un coffre où fut déposée la relique. Le Suaire fut détruit pendant la Terreur ».

« Les tableaux de l’abside ont une histoire qui met en exergue la jalousie et la susceptibilité entre artistes, que leur grand talent semblait pourtant placer au-dessus de ces bas sentiments.

En 1748, le chapitre de Saint-Jean établit l’ornementation de l’abside et son iconographie : il fait choix de cinq tableaux illustrant les derniers moments de la vie du Christ, du jardin des Oliviers à la Résurrection.

Les chanoines s’adressent alors au peintre parisien considéré comme le meilleur de son temps : Carl Van Loo (1705-1765). Celui-ci demande 2500 livres par toile. Par manque de ressources, on se contenta au début d’une seule toile, la principale, celle de la Résurrection. Pour 2250 livres. Le chapitre lui demanda d’y faire figurer le Saint-Suaire (qui de fait est tenu par l’ange de droite dans le tableau). En 1750, la toile arriva à Besançon ».

« De nouveaux dons permirent de concrétiser la suite du cycle. Carl Van Loo accepta de prendre en charge les quatre toiles qui restaient pour 1600 livres chacune. À condition que sa femme reçoive une reproduction du Saint-Suaire sur drap d’or. Le peintre accrut par la suite ses exigences, mais s’engagea néanmoins à peindre deux toiles pour le montant prévu (3200 livres en tout) : La Descente de croix et la Sépulture de Notre-Seigneur. Nous sommes en mars 1751.

Sans doute lassé de ces exigences, le chapitre se tourne vers un autre peintre, Jean-François de Troy (1679-1752), et lui commande deux toiles du cycle pour 1500 livres chacune : Le Christ au jardin des Oliviers et le Christ portant sa croix sur le Calvaire. Bien que le peintre ait dépassé les soixante-dix ans, ce choix a été expliqué par la réputation de de Troy de travailler rapidement. En effet, dès le mois de décembre 1751, les toiles sont expédiées depuis Rome (où vit de Troy) vers Besançon, via Marseille »

« Vers la même époque, de Troy reçoit la commande d’un Martyre de saint Étienne pour la chapelle du même nom, au nord de l’abside du Saint-Suaire ».

« Carl van Loo réagit fort mal. Il refuse d’honorer ses engagements au prétexte que les toiles de de Troy ont été peintes à Rome. En fait le chapitre comprend que le peintre cherche, par n’importe quel moyen, à se défaire de la commande. La concurrence d’un autre artiste lui a-t-elle déplu ? C’est probable.

Les chanoines se tournent donc vers un autre grand nom de la peinture française au XVIIIe siècle : Charles-Joseph Natoire (1700-1777). En avril 1753, celui-ci accepte, dans un premier temps, de peindre une grande toile illustrant la Prédication de saint Ferréol et saint Ferjeux pour la chapelle sud, attenante à l’abside du Saint-Suaire, pour 1500 livres. L’œuvre arrive à Besançon en 1755. En juin 1753, Natoire prend à sa charge l’exécution des deux dernières toiles du cycle : La Descente de croix et la Mise au tombeau, là encore pour 1500 livres chacune. Peintes à Rome, les deux œuvres arrivent à Besançon au début de l’année 1756″.

Partie 2. La Vierge des Jacobins, 17ème siècle, Domenico Cresti, dit Le Passignano.

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1678. Louis XIV annexe Besançon

Les traités de Nimègue (1678 et 1679) concluent la Guerre de Hollande (1672-1678). La Franche-Comté espagnole et Besançon, longtemps ville libre d’Empire, sont rattachées définitivement au Royaume de France.

Sous Louis XIV, les guerres s’enchainent  les unes aux autres. La Guerre de dévolution (1667-1668) précède la Guerre de Hollande (1672-1678). S’ensuivent la Trêve de Ratisbonne (1684), la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) conclue par le traité de Ryswick, la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1713).

Partie 1. Guerre de dévolution (1667-1668) et Traité d’Aix-la-Chapelle. Source : Université de Perpignan.

« Louis XIV, à la suite du décès du roi d’Espagne, Philippe IV, dont il était à la fois le gendre et le neveu, réclame la dot (500 000 écus d’or) de la reine, Marie-Thérèse, épousée à la suite du traité des Pyrénées de 1659, et non versée. Il invoque aussi les coutumes de Brabant, selon lesquelles les possessions du défunt reviennent aux enfants du premier lit, dont Marie-Thérèse est la seule survivante.

La guerre sera ainsi désignée comme la guerre de Dévolution. Le roi de France attaque les Pays-Bas espagnols le 24 mai 1667. Pour disposer d’une monnaie d’échange en vue des négociations, il fait aussi occuper la Franche-Comté. La médiation du Pape permet aux belligérants de conclure rapidement un traité de paix à Aix-la-Chapelle, le 2 mai 1668″.

Besançon à l’époque moderne. Source : article de Wikipédia.

« 8 février 1668, l’armée de Condé se voit ouvrir les portes de la ville après que les autorités locales eurent capitulé. L’occupation française est plutôt mal vécue et les troupes françaises rebroussent chemin dès le 9 juin. La défense de la cité ayant été mal assurée, on entreprend alors l’amélioration des fortifications : la première pierre de la citadelle est posée au mont Saint-Étienne le 29 septembre 1668 et à l’autre extrémité, d’importants travaux sont entrepris autour de Charmont (sur les hauteurs de Battant).

Besançon perd son statut de ville libre impériale et devient possession de la couronne d’Espagne. Cependant, cette annexion est mal acceptée par la population. Celle-ci se constituera (ou du moins se considèrera) en ville libre de Besançon jusqu’en 1678″.

Partie 2. La guerre de Hollande (1672-1678) et les Traités de Nimègue (1678 et 1679). Source : article de Wikipédia.

« La guerre de Hollande se déroule de 1672 à 1678. Elle oppose la France et ses alliés (Angleterre, Münster, Liège, Bavière, Suède) à la Quadruple-Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et la Monarchie espagnole. Triomphant de ses adversaires, la France, par le traité de Nimègue qui met fin à la guerre, confirme son rang de première puissance européenne en acquérant la Franche-Comté et de nombreuses places-fortes flamandes.

La guerre déclarée le 6 avril 1672, et marquée notamment par la rupture des digues afin de provoquer l’inondation du pays afin d’empêcher l’avancée des troupes françaises, permet à Guillaume d’Orange de rétablir le stathoudérat et d’obtenir le soutien de l’Espagne, de l’Autriche et de la Lorraine.

La guerre en Franche Comté. Le 26 avril 1674, Henri-Jules de Bourbon-Condé, duc d’Enghien et fils du Grand-Condé, prend position devant la cité à la tête d’une armée composée de 15 000 à 20 000 hommes. Vauban participe également au siège. Afin d’écourter la prise de la ville, ce dernier décide de faire monter de nuit, quasiment à dos d’homme, sur le mont Chaudanne grande artillerie de 36 bouches à feu. Au terme d’un siège de vingt-sept jours auquel assistent Louis XIV et Louvois, la citadelle tombe finalement entre les mains des assiégeants le 22 mai.

Siège de Besançon par Vauban en 1674

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Besançon, après plusieurs tentatives vaines, devient enfin la capitale de la Franche-Comté au détriment de Dole par lettres patentes du 1er octobre 1677 : un grand nombre d’administrations, parmi lesquelles le gouvernement militaire, l’intendance, le parlement ou encore l’université, sont progressivement implantées dans la nouvelle capitale.

Louis XIV décide de faire de Besançon un des maillons essentiels du système de défense de l’Est de la France et confie à Vauban le soin de réaliser les améliorations nécessaires. La citadelle est ainsi entièrement remaniée entre 1674 et 1688, les autres fortifications sont édifiées de 1689 à 1695 et de nombreuses casernes sortent de terre à partir de 1680.

La construction de la citadelle coûta très cher, à tel point que Louis XIV aurait demandé si ses murailles n’étaient pas en or« .

Partie 3. 1678 et 1679, Traités de Nimègue : Besançon française. Source : article de Wikipédia.

« Le congrès de paix est réuni à Nimègue dès 1676. Mais les traités de Paix sont seulement signés en 1678 et 1679. Les traités de Nimègue rattachent définitivement la ville de Besançon et la région de Franche-Comté au royaume de France ».

« Louis XIV se débarrasse des enclaves en territoires étrangers et rend :

  • la ville de Maastricht et la principauté d’Orange, occupée militairement par les Français depuis 1672, sont rendues à Guillaume III. De plus, par le traité de commerce et de navigation souhaité par les Provinces-Unies, celles-ci bénéficient de la suppression du tarif douanier français de 1667 et de celle du droit d’aubaine, ce qui favorise les échanges commerciaux de la France ;
  • quelques places fortes telles que Charleroi, Binche, Ath, Audenarde et Courtrai sont restituées à l’Espagne.

Le grand perdant de la guerre est l’Espagne qui cède à la France :

  • la Franche-Comté  et sa capitale Besançon
  • les places fortes flamandes de Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Aire, Saint-Omer, Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l’Escaut, Bavay, Maubeuge et la place forte de Valenciennes.

En mer des Caraïbes, les Français étendent leurs possessions :

  • aux dépens des Hollandais qui cèdent Tobago ;
  • aux dépens des Espagnols qui cèdent la Trinité ;
  • et des Britanniques qui reconnaissent laisser à la France Saint-Vincent, La Dominique et Sainte-Lucie, possessions souvent effectives mais disputées depuis le début du XVIIe siècle.

Au total, la frontière du nord de la France est lissée, et comprend moins d’enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace« .

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