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Casanova, 30 ans en 1755

Giacomo Casanova (1725 – 1798). Bourreau des cœurs , par Pénélope Pélissier, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « De tous les libertins de l’Ancien Régime, Giacomo Casanova est le plus célèbre. C’est au point que son nom est devenu un mot commun pour désigner un séducteur à la fois aimable et troublant. Sa vie exubérante, sa curiosité et ses talents ne sauraient cependant se réduire à ce cliché.

Giacomo Girolamo Casanova est né le 2 avril 1725 à Venise dans une famille de comédiens. Il est élevé par sa grand-mère dans un milieu de femmes et reçoit une éducation soignée.

Le jeune homme mène ses études avec sérieux. Il se consacre au droit et à la théologie de 1735 à 1742, obtient son doctorat à l’université de Padoue et se prépare à devenir abbé : il prononce ses vœux et officie à l’église San Samuele.

Après en avoir été chassé pour cause d’ivresse, il profite de la protection du sénateur Malipiero et du cardinal Acquaviva pour continuer à prêcher à Venise, Naples et Rome. Ses aventures féminines sont alors mises au grand jour ; il doit abandonner ses habits de prêtre pour se tourner vers une autre voie : celle d’aventurier ».

Casanova par Francesco Narici (source Wikipédia). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

« Dès lors, Casanova enchaîne les petits boulots à travers le monde : marin, violoniste, (faux) guérisseur, il reçoit l’appui de la famille Grimani. Il joue beaucoup aux casinos et a des aventures avec de nombreuses femmes, 142 selon ses dires.

Contrairement à l’image laissée par le personnage de Don Juan, Casanova n’est pas un cynique ou un dominant. Chaque conquête renouvelle son désir et sa passion. Chaque rupture est ressentie comme un échec. Sans doute est-ce qui lui vaut d’être apprécié par les soubrettes comme par les princesses »… 

Lire aussi l’article de Wikipédia. Giacomo Girolamo Casanova

« Né le 1725 à Venise et mort le juin 1798 à Dux en Bohême. Aventurier, il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l’unique but d’escroquer Madame d’Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de Vénitien »…

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Près de la Croix, Marie et Jean

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

11ème chronique. Au pied de la Croix, les peintres ont représenté parfois Marie, la mère de Jésus, Marie, sa sœur et femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean, le disciple bien aimé. Les trois Marie sont quelquefois appelées Les saintes femmes.

Lucas Cranach l’Ancien, vers 1515. Cliquer sur les images pour les agrandir

Près de la croix (Évangile de Jean 19 : 25-28). Source : Biblegateway.com

25. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

26. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait (Jean), dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

27. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

28. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif ».

Diaporama de 12 photos. Deux groupes sculptés au pied de la Croix (1470-1480) : celui de la Vierge, de saint Jean et des saintes femmes, celui du centurion avec Nicodème et Joseph d’Arimathie, Musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Commentaire de la Scène sur le blog Vie chrétienne.catholique.org. « Dans ce passage saint Jean nous raconte un des derniers instants avant la mort de Jésus. Jésus est en train de mourir sur la croix. C’est le moment culminant de sa mission, où son amour pour nous le mène à nous donner sa vie jusqu’à la dernière goutte de son sang. Il nous a tout donné. Mais comme si ce n’était pas suffisant, Il veut nous laisser son dernier grand « cadeau » : sa Sainte Mère.

On peut dire que tout ce qui était sien, Il nous l’a donné. Dieu nous connaît bien, il connaît notre besoin de tendresse, d’affection maternelle et de soutien inconditionnel, c’est pourquoi Il a voulu nous donner la même mère que celle qu’Il a choisie pour son Fils. De la même façon que la Sainte Vierge a pris soin de son Fils, l’a éduqué, l’a soutenu, l’a consolé, l’a aimé de tout son cœur de mère et ne l’a jamais abandonné jusqu’au moment de sa mort, elle le fait avec chacun d’entre nous. Quelquefois il est difficile de le voir car, comme nous le montre l’Évangile, elle agit avec beaucoup de discrétion.

Elle ne veut pas faire ombrage à son Fils, mais elle est bien là, comme elle l’a toujours été avec Jésus au cours de sa vie mais de différentes façons suivant ses besoins. Tout ce qu’elle a fait pour Jésus, elle le fera pour nous ; car son cœur de mère est pour tous. C’est profondément touchant et presque « scandalisant » de voir que tout ce que Dieu le Père a donné à son Fils unique, Il veut aussi nous le donner : Il nous fait ses fils à l’image de son Fils unique, Il nous fait participer de sa vie divine au travers des sacrements, Il nous fait don du Saint Esprit, qui demeure dans notre cœur, et Il nous donne Marie pour mère… Dieu est vraiment fou d’amour pour chacun d’entre nous »…

Près de la croix, se tenaient la mère de Jésus, Marie, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean.

Diaporama de 40 photos (avec des détails de la plupart des œuvres). Toiles de

Mathias Grünewald, Le Christ sur la croix avec Marie et Jean, vers 1525, Musée des Beaux-arts de Karlsruhe

Mathias Grünewald, scène de la crucifixion, retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden

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Jésus couronné d’épines, flagellé

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

7ème chronique : Jésus couronné d’épines, flagellé.

Matthieu 27, Jésus conduit chez Pilate

« L’aube s’était levée. L’ensemble des chefs des prêtres et des responsables du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort. Ils le firent lier et le conduisirent chez Pilate, le gouverneur, pour le remettre entre ses mains.

En voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait trahi, fut pris de remords : il alla rapporter aux chefs des prêtres et aux responsables du peuple les trente pièces d’argent et leur dit : J’ai péché en livrant un innocent à la mort ! Mais ils lui répliquèrent : Que nous importe ? Cela te regarde ! »

Martin Schongauer. Scènes de la Passion du Christ, Colmar, Musée Unterlinden Le retable des Dominicains (vers 1480).

Album de 13 photos. De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020.

Marc 15, 16-20. Jésus est flagellé et couronné d’épines

« Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire. Ils Le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la Lui mettent. Et ils se mirent à Le saluer : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils Lui frappaient la tête avec un roseau et ils Lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant Lui pour Lui rendre hommage. Puis, quand ils se furent moqués de Lui, ils Lui ôtèrent le manteau de pourpre et Lui rendirent Ses vêtements ».

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Ponce Pilate présente Jésus au jugement du peuple et dit Ecce Homo ! (Voici l’Homme)

Le Caravage (1571-1610). Le Christ à la colonne (entre 1606 et 1607), Musée des Beaux-Arts de Rouen,

Le Caravage, Vélasquez, 19 photos.

Extrait de l’article d’Isabelle Majorel, Panorama de l’Art, avril 2015. Le style réaliste initié par Le Caravage se fonde sur l’étude des figures d’après des modèles vivants… Les biographes du peintre racontent qu’il se vantait de choisir ses modèles dans la rue, pour plus de vérité et pour se moquer des raffinements de ses prédécesseurs. Les bourreaux de La Flagellation donnent la certitude qu’ils ont été peints d’après des gens du peuple, aux visages marqués et aux mains rudes. Ils sont pauvrement vêtus et l’un deux porte même une chemise avec un accroc à la manche. Mais l’artiste décrit leur humanité simple sans caricature. Même si l’artiste suit la règle d’observer la nature pour peindre ses figures, une recherche de la beauté reste perceptible dans le motif du buste athlétique du Christ. Il rappelle le modelé classique du torse du Belvédère, une œuvre de l’antiquité célèbre que le peintre a pu copier à Rome.

Caravage, Flagellation, musée de Naples, 1607

Évangile de Jean, 19.

« Pilate donna l’ordre d’emmener Jésus et de le faire fouetter.

Les soldats lui mirent sur la tête une couronne tressée de rameaux épineux et ils l’affublèrent d’un manteau de couleur pourpre et, s’avançant au-devant de lui, ils s’écriaient : Salut, roi des Juifs ! Et ils lui donnaient des gifles.

Pilate sortit de nouveau du palais et dit aux Juifs : Voilà ! Je vous le fais amener ici dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune raison de le condamner. Jésus parut donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de couleur pourpre. Pilate leur dit : Voici l’homme.

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Jésus trahi par Judas, par Pierre

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

Chronique 6. Jésus trahi par Judas, par Pierre

A. La trahison de Judas. Source : Wikipédia.

« Sur la trahison de Judas et sur sa mort, les seules informations que l’on ait proviennent de sources chrétiennes ». « L’historicité de ce personnage […] reste fragile et ne se fonde sur aucune certitude historique » selon Simon Mimouni. En effet, les récits de la mort de Jésus dans les évangiles sont destinés à l’édification des fidèles lors des pratiques liturgiques et n’ont pas été conçus comme des documents historiques.

D’après l’évangile selon Matthieu (26, 15), Judas, qui assurait le rôle de trésorier, livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente pièces d’argent. Dans les évangiles synoptiques, Jésus se trouvait au jardin de Gethsémani. Judas le désigne aux gardes en l’embrassant.

Judas perçoit les trente deniers, fresque de Giotto, Chapelle Scrovegni (Padoue), 1306. Source: Images Google

Cliquer sur les images pour les agrandir

Le Sanhédrin, rassemblant les autorités religieuses juives, et favorable au gouvernement colonial romain, condamna Jésus à mort (Matthieu, 26, 65-66), puis le mena devant Pilate, gouverneur romain de Judée.

L’Évangile selon Matthieu fait mourir Judas peu de temps après la condamnation de Jésus : pris de remords, il rapporta les pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j’ai péché en livrant un sang innocent… Alors, il se retira en jetant l’argent du côté du sanctuaire et alla se pendre (Matthieu. 27,5).

Judas embrasse Jésus pour le désigner aux soldats. Reims, Anonyme flamand, Beaux-arts, vers 1520

B. Jésus au Jardin des Oliviers. Source Wikipédia.

Jésus est représenté priant la nuit dans un jardin que l’on sait être celui du mont des oliviers à Jérusalem ; trois de ses disciples, Pierre, Jean et Jacques le Mineur, qui l’accompagnent sont endormis non loin. Des anges lui offrent un calice à boire (en acceptation de sa destinée). La présence dans le décor lointain de vues des murs de la ville de Jérusalem rappelle précisément le lieu.

Martin Schongauer. Le retable des Dominicains (vers 1480). Scènes de la Passion du Christ. Album de 13 photos.

De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020. Colmar, Musée Unterlinden.

Jésus au Mont des Oliviers. Disciples endormis.

On ne confondra pas cette scène avec la suite immédiate de l’arrestation au Jardin des Oliviers, qui comporte une cohorte de soldats romains, guidée par Judas, venue arrêter Jésus. Malgré cette précaution formelle, certains tableaux anticipent cet épisode proche et rassemblent dans une même composition, les deux épisodes par le principe de la représentation de la Storia de la narration médiévale et byzantine plutôt qu’une précision formelle de l’Espace chère à la Renaissance.

C. Le Reniement de Pierre. Source : Wikipédia.

Évangiles selon Matthieu 26-34 ; Marc 14-30 ; Luc 22-34 ; Jean 13, 38.

Chacun des quatre Évangiles rapporte qu’après l’arrestation de Jésus, l’apôtre Pierre, par peur de risquer lui aussi la mort, nie trois fois avoir eu aucune relation avec celui-ci. Puis, lorsque le coq chante, Pierre sort et pleure amèrement, au souvenir de l’annonce que le Christ lui a faite de cette lâcheté : avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois.

José de Ribera, 1591-1652, Exposition 2015, Strasbourg, musée des Beaux-arts, galerie Heitz.

Vers 1610. Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Le Reniement de Saint Pierre, vers 1610

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La Cène dans la peinture

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

5ème chronique. Cinq Cènes peintes entre 1303 et 1520, dont celles de Giotto, de Schongauer, de Léonard de Vinci.

« Au moyen âge, la représentation de la Cène a d’abord une valeur pédagogique. Utilisée au Moyen Âge central comme instrument de lutte contre les hérésies qui rejettent l’Eucharistie, elle ne devient un thème iconographique majeur qu’à la Renaissance.

Le renforcement de la doctrine et de la doctrine eucharistique de l’Église à partir du concile de Latran IV (1215) ne réussit pas à imposer la Cène comme une des grandes images chrétiennes : elle demeure loin derrière, par exemple, le Lavement des pieds, qui la jouxte dans les programmes où elle est présente » (source Wikipédia)

1.1303-1306. Les fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue. Source Wikipédia : Giotto de Bondone.

« Giotto di Bondone, dit Giotto (1266 ou 1267 -1337), est un peintre, sculpteur et architecte florentin du Trecento.

Les fresques qu’il a peintes à Florence (basilique Santa Croce), à Assise (basilique Saint-François) et à Padoue (chapelle des Scrovegni dans l’église de l’Arena) figurent parmi les sommets de l’art chrétien.

Il a probablement autour de quarante ans quand il commence la décoration de la chapelle : les cinquante-trois fresques qui sont considérées comme son chef-d’œuvre. Il les termine dans un temps étonnamment court qui ne peut s’expliquer que par la totale maîtrise technique à laquelle il était parvenu.

La dernière Cène par Giotto, 1303-1306

Source Google Images, Ciné club de Caen. Cliquer sur les images pour les agrandir

Commandé par le banquier padouan Enrico Scrovegni, ce cycle iconographique réunit dans un même espace les scènes de la vie de Joachim, de la Vierge et du Christ, une synthèse quasi inédite dans l’art occidental.

Le bleu profond utilisé par le peintre dans l’ensemble de ses fresques, contrastant avec l’or également très présent (utilisé notamment pour les auréoles des personnages saints et les étoiles de la voûte) constitue une des caractéristiques marquantes de l’œuvre de Giotto ».

« Le 15ème siècle, puis la Contre-Réforme donnent au Dernier Repas une place de choix dans l’art occidental : il suffit de penser à la production quasi industrielle de représentations de la Cène par le Tintoret à Venise ».

2. Vers 1480. La cène dans le retable de Martin Schongauer, dédié à la Passion du Christ. Source : chronique de mon blog.

« Schongauer n’a que 30 ans quand lui et son atelier livrent aux dominicains un retable en 24 panneaux représentant la Passion du Christ (seize panneaux en intérieur) et les Sept Joies de la Vierge (huit peintures extérieures). C’est sa destination qui finira par lui donner son titre, le Retable des Dominicains, exposé aujourd’hui dans le Musée Unterlinden de Colmar.

Album 1 : 13 photos de Pierre Dubois. De l’entrée du Christ dans Jérusalem (les Rameaux) à sa condamnation à mort, en passant par la Cène (deux photos ci-dessous).

Album 2 : 18 photos de Pierre Dubois. Du chemin de croix vers le Golgotha à l’Ascension du Christ en passant par sa Crucifixion et sa Résurrection.

Le retable ouvert donne à voir seize scènes de la Passion depuis l’Entrée à Jérusalem jusqu’à la Pentecôte, incluant le Noli me tangere et l’Incrédulité de Saint-Thomas. Certains panneaux s’inspirent directement des gravures de Martin Schongauer tels que l’Arrestation du Christ ou le Christ devant Caïphe ».

3. 1485. La cène dans la Passion du Christ, église Saint-Pierre le Vieux, Strasbourg. Source Wikipédia.

« C’est en 1130 qu’il est fait pour la première fois mention publique de son nom. Construite le long de l’une des plus importantes voies romaines de la ville, la Strata Superior, l’église comporte, en effet, certains vestiges datés de l’époque mérovingienne.

1382. La construction gothique est édifiée.

La passion du Christ. Dix scènes peintes par Henri Lutzelmann (1473-1505), et insérées dans les boiseries du chœur. Source : Commons Wikimédia.

Parmi ces scènes, la Dernière Céne, Jésus avec ses disciples. Photos de Pierre Dubois

En 1529, l’église Saint-Pierre-le-Vieux passe dans le giron luthérien.

En 1683, deux ans après la conquête de Strasbourg, Louis XIV ordonne la restitution du chœur de l’église aux catholiques, et fait construire un mur au niveau du jubé, pour limiter le culte protestant à la nef.

4. 1495-1498. La cène de Léonard de Vinci. Source Wikipédia.

« Le Dernier Souper de Léonard de Vinci est une peinture murale à la détrempe de 460 × 880 cm, pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan.

La Cène est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ pris avec les Douze Apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa Crucifixion. Depuis le Moyen Âge les murs des réfectoires monastiques sont illustrés de la Cène. Ainsi, durant leur repas, les moines avaient-ils sous les yeux l’image de celui que partagea leur Seigneur pour la dernière fois.

Source : Wikipédia. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Le commanditaire en est sans aucun doute le duc de Milan, Ludovic Sforza. La Cène est indissociable du projet qu’il mène dès 1492, pour faire de Santa Maria delle Grazie, le mausolée des Sforza.

Le programme iconographique du réfectoire fait d’ailleurs clairement référence à Ludovic Sforza : outre les trois blasons qui surmontent la fresque, une main anonyme a rajouté sur la Crucifixion de Giovanni Antonio Donato Montorfano, les figures agenouillées et de profil  de Ludovic Sforza et Béatrice d’Este, accompagnés de leurs deux fils.

La technique de la buon fresco consistait à appliquer directement les pigments sur l’enduit encore frais, ce qui assurait une excellente conservation à l’œuvre. L’artiste fixait chaque jour une partie de la fresque à peindre, une giornata. Léonard ne pouvait se satisfaire d’une telle contrainte. Il a donc appliqué une technique personnelle qui lui permettait de peindre quand il le souhaitait et autorisait les retouches.

Léonard a d’abord étendu sans doute en une seule fois  sur le mur l’intonaco (l’élément préparatoire qui va protéger les pigments) composé de 30 % de sable fluvial, et 70 % de quartz. Il a dessiné directement dessus le dessin préparatoire au pinceau avec de la terre rouge (la sinopia).

Il a ensuite appliqué un enduit (composé de carbonate de calcium et de magnésium). Puis il a appliqué, comme il le faisait pour ses tableaux, une fine préparation blanche, exaltant la luminosité des couleurs grâce à sa base blanche (l‘imprimatura). Il a ensuite peint à sec probablement en émulsionnant des huiles avec des œufs ».

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La Cène selon les évangiles

Chroniques sur la semaine sainte dans l’Art :

Chronique 4, première partie : La dernière Cène selon les évangiles (source des citations Wikipédia). La seconde partie de la chronique présentera d’autres cènes dans l’Art (dont celle de Giotto et celle de Léonard de Vinci).

Église d’Antigny (Vienne), La cène, fresques de la chapelle Sainte-Catherine, 15ème siècle

Cliquer sur les images pour les agrandir

Selon Matthieu (26, 26-28) : Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés.

La dernière cène, Bâle, Cathédrale Notre-Dame, élément de retable, vers 1525

Selon Jean : Avant le repas proprement dit, Jésus lave les pieds de ses disciples. Cette action n’est pas mentionnée dans les autres évangiles. Jésus ne prononce pas les paroles qui instituent l’Eucharistie, Prenez, mangez, ceci est mon corps.

Il donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres, Jean (13, 34). Dans ce que l’on appelle le Discours de la Cène (Jean, chapitres 14 à 17) : Jésus transmet une sorte de testament sur les commandements à garder par les disciples qu’il considère, non plus comme ses serviteurs, mais comme ses amis. C’est cette partie de la Cène qui est la seule relatée par Jean dans son évangile.

Selon les quatre évangiles (Matthieu 26, 20-25, Marc 14, 17-21, Luc 22, 21-23, Jean 13, 21-30), Jésus annonce ensuite que l’un des disciples va le trahir : Judas. Celui-ci quitte la pièce.

Selon les quatre évangiles également (Matthieu 26-34, Marc 14-30, Luc 22-34, Jean 13-8), Jésus dit à Pierre qu’il le reniera par trois fois avant que le coq ne chante.

Le reniement de Pierre par Ribera (Expo 2015, Galerie Heitz, Strasbourg, Beaux-Arts, Ribera à Rome)

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Entrée de Jésus dans Jérusalem

1ère chronique de la Semaine sainte dans l’Art : Jésus entre dans Jérusalem.

L’entrée de Jésus à Jérusalem est un événement tiré des quatre évangiles canoniques. Elle a lieu dans les jours précédant la Cène, marquant le début de la Passion du Christ.

Sources. Chronique du blog (10 avril 2020). Schongauer : la Passion du Christ, Retable des dominicains, vers 1480, 16 scènes de la Passion du Christ, 31 photos de Pierre Dubois, Colmar, Musée Unterlinden.

Schongauer, retable des dominicains, Entrée de Jésus dans Jérusalem. cliquer sur les images pour les agrandir

Wikipédia. Entrée dans Jérusalem, Dimanche des Rameaux.

Giotto, 1304-1306 (source Wikipédia)

Dans Jean 12, 9–11, après la résurrection de Lazare d’entre les morts, des foules se rassemblent à Béthanie apprenant la présence de Jésus et voulant constater le miracle. Le lendemain, les foules qui se sont rassemblées à Jérusalem pour la fête accueillent Jésus à son entrée dans la ville.

Dans Matthieu 21, 1–11, Marc 11, 1–11, Luc 19, 28–44 et Jean 12, 12–19, Jésus descend du mont des Oliviers vers Jérusalem où les foules étendent leur vêtement sur le chemin pour l’accueillir, entrant solennellement dans la ville.

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1700-1715. Médecine sous Louis XIV

Source. Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie. État de la médecine au 18ème siècle.

« Le XVIIIe siècle voit naître la philosophie sociale et expérimentale. Certains médecins adhéreront aux idées nouvelles de Diderot et de Voltaire, de nombreux articles traitant de la médecine et de la chirurgie seront publiés dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. A la fin du siècle la recherche médicale sera également influencée par les progrès des sciences, de la chimie et de la physique.

La médecine du XVIIIe siècle est moins spectaculaire que celle du XVIIème siècle avec les grandes découvertes comme celle sur la circulation du sang, ou du XIXème. Cependant l’anatomie et la physiologie vont s’enrichir grâce à Cowper, Albinus, Haller, Scarpa ou Soemmering spécialiste du système nerveux, Sénac et ses études sur le cœur ou Galvani et ses expériences sur l’électricité. Morgagni fondera l’anatomie pathologique et étudiera sur le cadavre les désordres produits par la maladie sur les organes. Auenbrugger inventera la percussion, méthode permettant de connaître l’état des poumons et du cœur par le son perçu dans la poitrine lorsqu’on percute celle-ci , mais ses travaux ne seront reconnus qu’au début du XIXe siècle grâce à Corvisart . Le grand Laënnec joindra cette méthode à celle de l’auscultation médiate. Lorry étudiera les maladies de la peau. Mesmer, charlatan de génie, fit courir le « Tout Paris » de l’époque avec sa théorie sur le magnétisme animal. L’électrisation fut également une thérapeutique à la mode, Marat ouvrira d’ailleurs une boutique d’électricité médicale. Lavoisier établira la théorie de la respiration. Enfin la découverte de la vaccine (ou variole de la vache) – éruption pustuleuse qui se produit sur le pis de la vache -, sera capitale dans l’histoire de la médecine du XVIIIe siècle ».

1. Années 1700-1715, fin du règne de Louis XIV

1700B. RAMAZZINI, De morbis artificum diatriba, important ouvrage pour la médecine du travail.
1701H. BOERHAAVE, professeur à Leyde, développe l’enseignement de la médecine clinique..
1704G. BAGLIVI, Opera omnia medico-practica et anatomica, Lyon
1705J.-L. PETIT, L’art de guérir les maladies des os où l’on traite des luxations et des fractures, Paris. L’auteur emploie pour la 1ère fois le terme ostéomalacie.
1706E. NARABAYASHI traduit en japonais les Œuvres complètes d’Ambroise PARE.
M. BRISSEAU, Nouvelles observations sur la cataracte, Tournay. Cette maladie a son siège dans le cristallin.
G.B. MORGAGNI, Adversaria anatomica, entre 1706 et 1743, Bologne.
1707Pierre DIONIS, Cours d’opérations de chirurgie, démontrées au Jardin Royal.
Antoine MAITRE-JAN, en accord avec les travaux de BRISSEAU sur la cataracte, Traité des maladies de l’œil, Troyes.
1710F. POURFOUR DU PETIT, thèse sur l’innervation collatérale, Trois lettres d’un médecin sur un nouveau système du cerveau.
1711Charles de SAINT-YVES ouvre une clinique pour les maladies des yeux, véritable cabinet ophtalmologique, Paris.
1713D. ANEL, Nouvelle méthode de guérir les fistules lacrymales, Turin.
R.A.F. REAUMUR démontre la corrélation existant entre l’action du suc gastrique et sa composition.
E. TIMONI se fait le défenseur de la variolisation en expliquant que les femmes circassiennes la pratiquent pour ne pas être défigurées par la variole.
F. HOFFMANN crée l’expression « anatomie pathologique ».
1714Jean ASTRUC, « Traité des causes de la digestion » (sécrétion s’effectuant dans le tube digestif), Paris
1715R. VIEUSSENS, « Traité nouveau de la structure et des causes du mouvement naturel du cœur« 

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E. Bouchardon, 30 ans en 1728

Edme Bouchardon, né à Chaumont-en-Bassigny le 29 mai 1698 et mort à Paris le 27 juillet 1762, est un sculpteur et dessinateur réputé.

  • Citations de l’article de Wikipédia et de l’ouvrage d’Henriette Pforr, Edme Bouchardon, Éditions Prisma, 2016, 223 pages. Chronologie de la période (pages 7-8) et biographie du sculpteur (page 213-214).
  • Chronique du blog du 30 septembre 2020. Les Cris dans la ville, gravures d’après les dessins d’Edme Bouchardon. Exposition au musée des Beaux-arts de Caen, du 2 juin au 29 novembre 2020. 44 photos.
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Edme Bouchardon (1698-1762) naît dans une famille d’artistes. Son père Jean-Baptiste et son frère Jacques-Philippe étaient sculpteurs. Il devient l’élève de Guillaume Coustou.

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1720 (22 ans). Il exécute le bas-relief La lapidation de Saint-Etienne pour l’église Saint-Étienne de Dijon.

1722 (24 ans). Il obtient le prix de Rome avec un relief ayant pour sujet Gédéon choisit ses soldats en observant leur manière de boire. 1722, Sacre et couronnement de Louis XV (né en 1710).

1723 (25 ans). Il part se perfectionner à l’Académie de France à Rome où il restera neuf ans. Il se trouve dans la cité papale au même moment que le sculpteur Adam l’aîné, et présente un projet pour la fontaine de Trévi.

1725. Mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska.

1725-1737. Le peintre Nicolas Vleughels (1668-1737) est directeur de l’Académie.

1726-1730 (28-32 ans). Edme Bouchardon  profite de son séjour pour réaliser une copie du Faune endormi appartenant au cardinal Barberini.

Commentaires fermés sur E. Bouchardon, 30 ans en 1728

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7 fuites en Égypte à Rome

Sept fuites en Égypte ou Repos pendant la fuite en Égypte exposés à Rome dans le Palazzo Doria Pamphilj ou dans le Musée National Barberini-Corsini. Diaporama de 25 photos (mai 2017).

Chroniques antérieures sur le même sujet : 15 fuites en Égypte en Alsace, 7 fuites en Égypte en Catalogne

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1.Rome, Palazzo Doria Pamphilj, deux visions de la Fuite en Égypte (source Blog BlueLion).

« Deux tableaux ont particulièrement retenu notre attention. Il s’agit de ceux du Carrache et de Caravage, traitant à quelques années près la même thématique, celle religieuse et biblique de la Fuite en Égypte.

Annibale Carracci (1560-1609), Paysage avec la Fuite en Égypte, vers 1604.

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C’est après avoir admiré les fresques du Palais Farnèse peintes par Annibale Carracci, ou Carrache, que le Cardinal Pietro Aldobrandini commanda au célèbre peintre une œuvre afin de décorer sa chapelle privée. La Fuite en Égypte fera ainsi partie d’une série de six tableaux illustrant les épisodes marquants de la vie de la Vierge…

Dans cette œuvre, Carracci prend comme prétexte l’épisode biblique de la Fuite en Égypte pour établir l’un de ses plus beaux paysages. La masse imposante de la muraille d’une petite ville avec sa cascade attire le regard du spectateur… Au premier plan, les personnages de la Sainte famille sont montrés sans emphase. Ils ne se distinguent quasiment pas du batelier qui les a aidés à traverser la rivière, ni du pasteur sur la colline à l’arrière. Le peintre se concentre en effet sur ce qu’il affectionne le plus : la représentation du paysage.

La construction sur différents plans avec des diagonales reliées et des dégradés de couleurs pour marquer la perspective aérienne, sans point de fuite précis, donne un rythme au tableau et nous incite à admirer l’horizon. La rivière offre quant à elle un plan horizontal et son affluent s’impose comme un prétexte pour conduire notre regard vers le point central du tableau, la cascade adossée à la ville. Seuls les chameaux, visibles en arrière plan à gauche de la ville, nous rappellent que la scène de l’œuvre est censée se situer en Égypte »…

2. Caravaggio (Le Caravage), Repos durant la Fuite en Égypte, vers 1595

« Ce magnifique tableau, peint durant sa jeunesse (vers 1595-1596) fut destiné, pour son sujet et la liberté d’expression artistique qui le caractérise, à une demeure privée plutôt qu’à une Église. Propriété de l’une des descendants du Cardinal Vittrici, il fut acquis vers 1650 par Camillo Pamphilj et placé tout d’abord dans sa villa du Bel Respiro, avant d’intégrer la galerie du palais Pamphilj.

La différence avec l’œuvre de Carracci est saisissante. Alors que ce dernier construit un paysage et une nature idéalisée à travers l’épisode biblique, Le Caravage se concentre sur la représentation des personnages qui occupent tout l’espace du tableau et laisse peu de place à la nature.

Pour accentuer ce choix, le peintre a même opté pour une disposition de ses personnages à la fois audacieuse et inusuelle pour l’époque. L’Ange, jouant au violon, est en effet représenté de dos et scinde le tableau en deux pans distincts. Nu, il est lumineux et le voile blanc qui l’entoure accroche le regard tout en contrastant avec les couleurs sombres de ses ailes.

D’un côté, Joseph représenté sous les traits d’un humble homme du peuple, avec la peau brune, le visage marqué par l’âge, regarde admiratif l’Ange. Il porte dans ses mains une partition, dont les portées, parfaitement lisibles, sont celles d’un motet composé en 1519 par le compositeur flamand Noël Bauldewjin et inspiré du Chant des Cantiques. Un âne se tient derrière lui.

À droite de l’Ange, Marie, assise et endormie, tient dans ses bras l’enfant Jésus. Son visage est le portrait d’un modèle qui avait déjà posé pour Le Caravage. Avec sa peau claire et sa coiffure recherchée, elle contraste avec le personnage de Joseph.

Représentés au second plan, Marie et Joseph semblent se fondre dans le paysage automnal. Les couleurs de leurs vêtements, le rouge, le gris et l’ocre, rappellent celles de la nature qui les entoure ».

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