Archives de Catégorie: AF. Histoire 16-17èmes siècles

16 massacres des Innocents

Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 16-18. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Jérémie : Ainsi parle l’Éternel : On entend des cris à Rama, des lamentations, des larmes amères ; Rachel pleure ses enfants ; elle refuse d’être consolée sur ses enfants, car ils ne sont plus.

Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

Édith Parmentier, Le massacre des Innocents, une construction mémorielle, Ékklèsia, Approches croisées d’histoire politique et religieuse, 104 | 2017, pp. 225-240.

« Le massacre des Innocents fixe la date de naissance de Jésus et donne le point de départ des persécutions. Cependant, l’évangile de Matthieu est le seul texte à évoquer cet événement qui joue un rôle fonctionnel dans la littérature chrétienne. Ni les autres évangélistes, ni l’historien juif Flavius Josèphe, qui partagent la même réprobation des crimes d’Hérode, n’en disent mot. Le seul témoignage qui pourrait l’attester indirectement est une plaisanterie d’Auguste, déclarant que mieux valait être le porc d’Hérode que son fils. Connue par l’anthologie tardive de Macrobe, ce bon mot doit son succès, dans le contexte culturel des calembours gréco-romains en vogue à la cour impériale, à la contamination entre un lieu commun pamphlétaire sur l’infanticide et une plaisanterie anti-juive sur l’abstinence du porc. L’amalgame chrétien entre les enfants de Bethléem et les fils d’Hérode n’est pas dû à Auguste, c’est une addition introduite a posteriori et popularisée par la mémoire collective ».

L’ensemble des Églises honore les Innocents comme martyrs au cours du Jour des Saints Innocents ; cet événement est fêté le 28 décembre en Occident.

A. Quatre massacres des Innocents découverts depuis l’an dernier.

Diaporama de 22 photos.

13ème siècle. Basilique Saint-Denis, retable de l’Enfance de Jésus : la Nativité, les Rois mages, Vierge à l’enfant, le massacre des Innocents, la fuite en Égypte, pierre peinte, chapelle de la Vierge.

1480. L’Adoration des Mages, attribué à Hans SCHÜECHLIN, vers 1480, ateliers de Franconie, triptyque, peinture, sculpture; bois stuqué et polychromé, Musée de la Cour d’Or de Metz.

« La fabrication d’un retable est une entreprise qui engage différents métiers : sculpteurs, peintres et doreurs sont réunis au sein d’un atelier dirigé par un Maître. Ce dernier se déplace en fonction des commandes qu’il reçoit, selon une pratique courante au XVe siècle. Le style de la sculpture et des panneaux peints du triptyque évoque le travail d’un Maître actif en Franconie (Nuremberg ou ses environs), et probablement itinérant en Souabe, autre région du sud de l’Allemagne. Hans Schüechlin s’est formé d’après les maîtres de Cologne et de l’école néerlandaise. Cologne, Nuremberg, la Bavière, l’Autriche sont les grands centres de la peinture allemande (la production est surtout celle de retables à volets sculptés et peints). Il a tenu une position honorable dans l’histoire de l’art du Moyen-Âge, bien que le temps en ait laissé seulement peu d’ouvrages certifiés ».

1543. Pont-à-Mousson, Église Saint-Laurent, Retable de Philippe de Gueldre, volets ouverts : largeur 4,8m, hauteur 2,4m. Diaporama de 27 photos.

« Ce retable a été commandé par la duchesse de Lorraine Philippe de Gueldre à un atelier anversois. 22 scènes principales. Le cycle marial et les scènes de la Passion du Christ, accompagnés de scènes des Évangiles et de l’Ancien Testament ainsi que de la Légende Dorée, sont le reflet de la spiritualité de sa commanditaire ».

1967. Fernando Botero associe le massacre des Innocents et la fuite en Égypte, exposition 2015, musée Würth à Erstein (Bas-Rhin). Chronique : Fernando Botero, 30 ans en 1962. Des dizaines d’œuvres dans une vidéo de Hugues Pénot (4’37).

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Rome. 4 adorations des mages

Vœux 2022 : visite virtuelle de musées et d’églises : Art sacré, médiéval et moderne, de Noël à La fuite en Égypte. Suite des chroniques et photos : 63 Adorations des mages.

Quatre adorations des mages à Rome : Sainte-Marie du Trastevere, Sainte-Marie de la Paix, Galerie Doria Pamphilj. Diaporama de 17 photos.

A. Rome. Basilique Sainte-Marie du Trastevere.

« La basilique est l’une des plus anciennes églises de Rome, construite sous le pape Calixte 1er (217-222), avec l’accord de l’empereur Sévère Alexandre, elle fut probablement le premier lieu de culte chrétien officiellement ouvert au public ».

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Pietro Cavallini (1250 – 1330) est un peintre et mosaïste du Trecento. Il travailla à la décoration des plus importantes églises de Rome et de Naples.

« La scène de l’adoration des mages représente la Vierge vêtue d’un vêtement d’un bleu éblouissant, assise sur un trône dans une demeure suggérée par deux colonnes. L’Enfant Dieu, sur les genoux de sa Mère, se penche sur les présents, comme s’il voulait les saisir. Saint Joseph, à la barbe et aux cheveux blancs – montrant ainsi l’homme déjà âgé qu’il était en épousant Marie – se tient modestement à l’arrière.

Les Rois Mages, en habits persans, avec de riches manteaux et des couronnes royales, ploient le genou. A l’arrière-plan, une ville fortifiée représente Jérusalem. L’Étoile qui les a guidés ici se trouve au-dessus de la maison de la Sainte Famille.

Pietro Cavallini s’éloigne de la rigidité des mosaïques byzantines. Le mouvement des personnages est très fluide et la richesse des couleurs n’est pas dominée par le fond d’or.

B. Rome. Santa-Maria della Pace

« Cette petite église est une des œuvres majeures du baroque. Elle est proche de la Place Navone. Elle fut construite sur le site d’une chapelle dédiée à Saint-André-des-Porteurs-d’Eau. Sa construction fut décidée en 1482 par le pape Sixte IV, après le saignement miraculeux en ce lieu d’une icône de la vierge. Elle est attribuée à Baccio Pontelli ».

Adoration des mages (détail ci-dessous) par Baldassare Peruzzi (1481-1536), école florentine.

Le thème de l’Adoration des Mages a été traité à plusieurs reprises par cet artiste. Ch. L. Frommel (Baldassare Peruzzi als Maler und Zeichner, Vienne, 1967-1968, n° 45, p. 85) met en rapport un dessin du Louvre avec les fresques de la Cappella Ponzetti dans l’église de Santa Maria della Pace.

C. Rome, Galerie Doria Pamphilj.

Le bâtiment remonte au XVIe siècle. Il appartient à l’origine au cardinal Fazio Santoro, avant de passer aux Della Rovere puis, au début du XVIIe siècle, au cardinal Pietro Aldobrandini. Le palais fait ensuite partie de la dot d’Olimpia Aldobrandini. En 1647, celle-ci, veuve de Paolo Borghèse, épouse le prince Camillo Pamphilj, neveu du pape Innocent X et lui apporte l’actuel palais, qui fait toujours partie du patrimoine Pamphilj au XXIe siècle.

L’adoration des mages (détail ci-dessous) par Francesco Albani

« Né à Bologne en 1578, d’un marchand de soieries, et mort en 1660, ce peintre débuta dans sa ville natale avec le maniériste Denis Calvaert.

Vers 1595. Il rejoint l’Académie des Incamminati fondée par les Carrache.

En 1601, il est à Rome où il assiste Annibal Carraci dans quelques-unes de ses œuvres importantes telles les fresques de Saint-Jacques-des-Espagnols et les lunettes Aldobrandini de la Galerie Doria-Pamphilj.

Il fait la rencontre de Guido Reni et du Dominiquin avec qui il travaille à San Domenico (Mystères du Rosaire).

En 1614, de retour à Bologne, il y travaillera de façon pratiquement ininterrompue, exécutant des retables pour les églises de la ville.

Il a traité autant de sujets mythologiques et allégoriques que de sujets pieux, et il a écrit sur son art. Il a peint dans un style classique gracieux des compositions mythologiques ou allégoriques privilégiant les formats ronds ou ovales. Son style léger, caractérisé par la présence de nymphes et de putti, jeunes angelots nus, souriants dans des paysages idéaux, inspira jusqu’aux peintres du XVIIIe siècle ».

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Schwäbisch. 4 adorations des mages

Schwäbisch Hall. Quatre adorations des mages et diaporama de 23 photos (cartels, œuvres dans leur encadrement, détails).

Peter Murer, L’adoration des trois rois mages, vers 1465

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Septembre 2019. Escapade à Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), découverte de l’histoire millénaire d’une ville moyenne au cœur de l’Europe, d’une ville libre d’Empire pendant plus de 500 ans… Lire la suite de la chronique du blog : Ville libre d’Empire (1280 à 1803).

Saint Michel terrassant le dragon, saint patron de Schwäbisch Hall. Dans l’église éponyme, il n’y a pas moins 14 représentations de cet archange, l’un des sept majeurs (avec Gabriel et Raphaël notamment) des religions abrahamiques… Lire la suite de la chronique du blog

Schwäbisch Hall et l’entreprise Würth. « Fondée en 1945, elle est devenue une multinationale présente dans 80 pays. Würth France à Erstein regroupe 4 000 salariés (dont les 3/4 de commerciaux) et revendique 250 000 clients et 30 000 références. Elle est le leader mondial des matériels de montage et de fixations pour l’artisanat et l’industrie, pour les vis, les chevilles, les équipements de protection intérieure, l’équipement lourd dans diverses industries, la haute technologie, les produits chimiques et techniques, les ferrures, les machines, l’outillage à main ». Pour aller plus loin : Histoire de l’entreprise.

Mais les Würth sont aussi des collectionneurs et des mécènes. Un premier tableau est acheté en 1972. Leur idée est que chaque création d’usine soit accompagnée par la fondation d’un musée. Il en existe même deux à Schwäbisch Hall. Reinhold Würth a souhaité que l’entrée y soit gratuite.

Le plus petit des deux musées est issu de la reconversion de l’église des Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Johanniterkirche), ancienne église du couvent du XIIe siècle.

Retabel der Marienkirche in Riden, Brussel oder Löwen, um 1449/50

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Tours. 5 adorations des mages

Cinq adorations des mages au musée des Beaux-arts de Tours.

Diaporama de 26 photos (cartels, peintures dans leur encadrement, détails). Trois autres adorations sur les vitraux de la cathédrale : elles figureront dans ma carte de vœux n°5.

Source Wikipédia. « Le musée est installé dans l’ancien palais des Archevêques de Tours, au pied de la cathédrale Saint-Gatien.

Photo d’août 2017. Cliquer sur les images pour les agrandir

« Le grand corps de logis classique, articulé à son beau jardin, englobe ou complète des éléments de plusieurs édifices présents sur ce site de l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle : rempart et tour gallo-romains (IVe s.), vestiges de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais (IVe-XIIe s.), salle des États, transformée en chapelle au XVIIIe siècle, ancien palais du XVIIe. La cour d’entrée, avec sa porte monumentale formant arc de triomphe, a été aménagée à la veille de la Révolution. Elle accueille en son centre un cèdre bicentenaire classé Arbre Remarquable ».

« Le fonds le plus ancien du musée est constitué de saisies révolutionnaires, provenant en particulier des grandes abbayes de Marmoutier, de Bourgueil et de La Riche, ainsi que de tableaux et des meubles provenant des châteaux de Chanteloup et de Richelieu. Des dépôts de l’État ont enrichi les collections initiales, avec notamment les deux célèbres panneaux de Mantegna« .

« Les primitifs italiens sont particulièrement bien représentés, grâce notamment au legs consenti en 1963 par le peintre et collectionneur Octave Linet « .

A. Naddo Ceccarelli est un peintre italien de l’école siennoise, actif entre 1330 et 1360. Tableaux exposés dans quelques musées européens. Le Christ en homme de pitié ou Ecce Homo, 1347, musée Liechtenstein, Vienne, Vierge à l’Enfant et quatre saints, polyptyque, Pinacothèque nationale de Sienne, L’Annonciation et L’Adoration des mages, 2e quart du XIVe siècle, musée des beaux-arts de Tours, La Crucifixion, milieu du XIVe siècle, Fitzwilliam Museum, Cambridge.

B. Anonyme, Adoration des mages, Flandres, vers 1520-1525.

C. Mechteld Lichtenberg toe Boecop (vers 1520-1598), Adoration des mages avec un groupe de donatrices, huile sur bois.

« C’est l’une des rares peintres hollandais du nord de l’époque dont le nom est connu. On ne sait pas comment elle a appris à peindre, bien qu’il soit possible qu’elle ait été l’apprentie de Jan van Scorel. Œuvres au musée d’Utrecht Pietà avec Mary Magdalene (1546), Adoration du berger (1572). Également, une grande peinture de La Cène sur deux panneaux (1574). La Dernière Cène présente des membres de la famille Boecop comme des apôtres ».

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Lyon. 4 adorations des mages

La création du musée des Beaux-arts de Lyon.

« Sous la Révolution, l’abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains doit à sa proximité avec l’Hôtel de Ville de ne pas être vendue ou détruite. En 1792, le Conseil municipal désigne l’édifice comme lieu de conservation des tableaux, médailles, bronzes et autres monuments des arts.

Le 14 Fructidor an IX (1801), le décret Chaptal instituant des collections de Peintures dans quinze villes de France est l’acte fondateur du musée de Lyon. L’institution répond aussi à des aspirations locales, comme rappeler le prestigieux passé romain de la ville et proposer des modèles à la Fabrique de la soie alors en crise.

A partir de 1803, le Muséum du Louvre envoie 110 tableaux : P.P. Rubens, L’Adoration des Mages (cf. infra), Le Guerchin, La Circoncision, Philippe de Champaigne, L’Invention des reliques de saint Gervais et saint Protais« .

Lyon. Quatre adorations des mages. Diaporama de 20 photos (cartels, peintures dans leur encadrement, détails).

A. L’adoration des mages, Maître au monogramme A.H, 1505-1510, Huile sur toile, Hauteur en cm : 120, Largeur : 70.

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B. L’adoration des mages, attribué à Véronèse (dit Paolo Caliari, 1528-1588).

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Gand. 6 adorations des mages

Six adorations des mages : diaporama de 36 photos (cartels, peintures dans leur encadrement, détails).

Musée des Beaux-arts de Gand (Belgique, MSK Gent).

« C’est un des plus anciens musées de Belgique. Son origine remonte en 1798, à l’époque où Gand est devenue la capitale du département français de l’Escaut, lorsque la France décida de rassembler une collection d’œuvres d’art accessible au public. Il est initialement établi en l’église Saint-Pierre de Gand. 

En 1809, il est transféré dans un bâtiment plus approprié, dans une salle de l’Académie municipale située dans un ancien couvent des Augustins. Plus tard, la ville de Gand tentera vainement de récupérer certaines œuvres importantes emmenées en France, dont certaines se trouvent toujours au Louvre.

C’est en 1898 qu’est prise la décision de construire un nouvel édifice capable d’accueillir les nouvelles œuvres achetées par la ville, le plus souvent aux salons qu’elle organisait. Le nouveau complexe muséal a été dessiné par l’architecte Charles Van Rysselberghe« .

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A. Maître MS, L’adoration des mages, 1506, Huile et feuille d’or sur bois (chêne).

« Le Maître MS est un peintre anonyme hongrois actif durant la première décennie du XVIe siècle. Son monogramme a été retrouvé sur l’un des panneaux du retable de Banskà Štiavnica (Slovaquie). Il a été rapproché de Martin Schwarz, un artiste connu pour avoir travaillé à Cracovie avec le sculpteur germanique Veit Stoss en 1477″.

B. Maître du Wenemaer, Triptyque, Scènes de la vie du Christ, 1475, Huile sur toile: 84 cm x 68,8 cm.

« Le Triptyque de Wenemaer emprunte son nom à l’ancien hospice Wenemaer, situé à la Veerleplein à Gand, où l’œuvre est conservée à l’époque. Fondé en 1323 par Guillaume Wenemaer, un patricien gantois des plus influents, et son épouse Marguerite de Brune, l’hospice soigne et accueille des vieillards indigents. Le triptyque nous fait découvrir des scènes de l’enfance de Jésus. Sur le panneau central on aperçoit L’Adoration des bergers, sur le volet gauche, La Présentation au temple et sur le volet droit L’Adoration des Mages. De par sa palette lumineuse et décorative et son emploi d’or, le triptyque rappelle les miniaturistes gantois de la fin du XVe siècle. Remarquons les attitudes élégantes et l’allongement contre nature des personnages ».

C. Maître du Prélat Mur, L’Adoration des Mages, 15ème siècle, huile sur toile, 124,5 cm x 112,5 cm.

« Le thème de L’Adoration des Mages est emprunté à l’évangile selon saint Matthieu. Leur représentation comme des rois constitue toutefois un développement ultérieur dans la tradition chrétienne s’étant généralisé à partir du 12ème siècle. Les présents offerts par les Rois mages ont une valeur symbolique: l’or représente le royaume du Christ, la myrrhe sa nature humaine et l’encens sa nature divine. Le Maître du Prélat Mur fait partie de l’École Aragonaise. La mise en œuvre d’or et de relief, si caractéristique de la peinture sur bois espagnole ancienne, se limite ici aux vases et à quelques motifs décoratifs vestimentaires ».

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Vœux 2022. Musée, visite virtuelle

2022. Les meilleurs vœux de Pierre Dubois (Blog Histoires d’universités)

Visite virtuelle d’une vingtaine de Musées des Beaux-arts en France et en Europe

Art sacré, médiéval et moderne. Œuvres choisies pour cette période de Noël et Épiphanie

Vierge allaitant ou allaitante ou au lait,

Adoration des Mages,

Massacre des Innocents,

Fuite ou repos en Égypte,

Retables et vitraux comprenant plusieurs des scènes précédentes.

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1er thème : La Vierge allaitant

La maternité dans l’iconographie mariale. Les Vierges enceintes ou allaitantes dans l’art chrétien, par M. Christian Jouffroy, 34 pages, 2007.

Lille, Caen, Dijon, Metz, Paris le Louvre, Strasbourg, Toul, Tours (musées des Beaux-arts), 11 vierges allaitant, de 2014 à 2021.

Caen. Rogier van der Weyden (1400-1464), La vierge à l’Enfant, musée des Beaux-arts

Dijon, Maître au brocart d’or, seconde moitié du 15ème, Vierge à l’enfant, Musée des Beaux-arts

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Angers, Musée des Beaux-arts, 7 vierges allaitantes, 27 août 2016.

Gand, Musée des Beaux-arts, 4 Vierges allaitant, 23 janvier 2018.

KarlsruheHans Baldung, Vierge / Vénus, 9 février 2020.

Musées divers, La Vierge allaitant, 16 peintures, 21 décembre 2020.

Rome, 6 Vierges allaitantes, 21 décembre 2020.

Catalogne, 4 vierges allaitant, 25 décembre 2020.

Dijon, Musée des Beaux-arts, 4 vierges allaitant, 29 mai 2021.

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1744 (12-14 mai). Louis XV à Lille

1667. Conquête de Lille par Louis XIV, lors de la guerre de Dévolution. Le visage de la ville est profondément modifié par l’introduction du style classique français. Vauban édifie de 1667 à 1670 la Reine des citadelles.

1744. Guerre de Succession d’Autriche. Le maréchal de Noailles conseille au Roi de conquérir les Pays-Bas autrichiens. Deux armées commandées l’une par Noailles, l’autre par Maurice de Saxe entrent en Flandre.

1744 (mai). Louis XV a 34 ans quand il décide de se rendre à Lille pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, pour suivre les opérations sur le terrain.

Histoire des conquêtes de Louis XV. Tant en Flandre que sur le Rhin, en Allemagne & en Italie, depuis 1744, jusqu’à la paix conclue en 1748. Ouvrage enrichi d’estampes

Aristote Crapet, alors professeur à l’École normale de Douai, met en scène l’arrivée, le séjour et le départ du roi. Source. Larges extraits d’un article en ligne : Le premier voyage de Louis XV à Lille (12-14 mai 1744), Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

Répartition des rôles entre d’une part les représentants du roi dans la province (Intendant, Gouverneur, Baillis), et d’autre part le Magistrat et les bourgeois de la ville. Problèmes de préséance dans la présentation des uns et des autres au roi, de la signature des serments de fidélité, du financement des dépenses (logement, repas, fêtes somptueuses). Et puis… la favorite de Louis XV, Madame de Châteauroux, est favorable au voyage à Lille et veut être présente aux côtés du Roi. Elle ne parviendra à ses fins qu’en juin, lors d’un autre séjour du Roi à Lille ; la question est socialement et religieusement plus que délicate.

Mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, en suivre les opérations.

Maurepas fit entendre à Louis XV que sa présence était nécessaire à l’armée pour ranimer le courage du soldat.

Madame de Châteauroux approuva le projet d’occuper le Roi du soin de ses affaires, pour éloigner du prince Maurepas qui était alors le ministre de confiance, et pour se donner la réputation de concourir à la gloire du Roi et de l’Etat. Elle voulait tirer le Roi de son apathie, le ressusciter. Elle crut qu’en arrachant le Roi à son indolence, et en le plaçant à la tête de ses armées, elle s’attirerait l’estime et l’affection du public.

Elle pensait pouvoir suivre le Roi jusque dans le camp. Maurepas, qui avait pénétré ses intentions et qui redoutait son séjour à l’armée, persuada au Roi qu’il fallait, pour «jouir… de l’affection de ses sujets… la laisser à Paris. » Louis XV se rendit à cet avis, mais le duc de Richelieu et la favorite obtinrent que Maurepas n’accompagnerait pas le Roi non plus. Richelieu engagea alors Madame de Châteauroux à se soumettre, en lui assurant qu’il prenait sur lui de la faire venir à l’armée sous peu (cf. infra : mois de juin).

3 mai. Louis XV part de Versailles le dimanche 3 mai, à trois heures un quart du matin. Il couche à Péronne. Le 4 mai, il est à Valenciennes, d’où il visite Condé, Le Quesnoy et Maubeuge. D’Argenson écrit le 10 mai : Le Roi fait merveille à l’armée. Il s’applique, il se donne de grands mouvemens pour savoir et pour connoître, il parle à tout le monde. La joie est grande parmi les troupes, et parmi les peuples en Flandre. Aurions-nous donc un Roi ?

Le 11 mai, après s’être arrêté à Bouchain, il se rend à Douai, qu’il quitte le 12, à onze heures, pour gagner Lille. Il y arrive le 12 et y séjourne une première fois du 12 au 14.

Le Magistrat de la Ville indique à l’intendant, M. de Séchelles, que l’arrivée du Roi lui occasionne des dépenses considérables qu’il ne lui est pas possible de supporter ; ainsi, il proteste contre les demandes  de bougie, de charbon, de bois et de chandelle, d’ustensiles de cuisine pour la maison du Roi. De même, les bourgeois de Lille qui occupent des terres dans les villages environnants font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas payer leur quote-part dans la contribution des trèfles et des herbes qu’on fournit à la maison du Roi.

Le 12 mai, les membres du Magistrat, en robe, se rendent à pied, vers midi à la première barrière de la porte des Malades. Ils vont attendre, sous une marquise dressée sur le glacis à gauche en entrant, l’arrivée de Sa Majesté.

M. de Boufflers, gouverneur militaire (chronique à venir), les rejoint à deux heures. A deux heures et demie arrivent en carrosse le comte de Glermont, le duc de Penthièvre et le duc de Chartres. A trois heures un quart apparaît enfin le carrosse du Roi, précédé d’un détachement de gardes du corps ; il s’arrête à cent pas de la barrière. Louis XV en descend, monte à cheval  ainsi que les princes et seigneurs de sa suite, et s’avance jusqu’à l’endroit où se tient le Magistrat.

Là se trouvaient M, de Boufflers et son état-major, M. Lespagnol, premier conseiller pensionnaire de la ville, le mayeur, et, derrière eux, le Magistrat sur deux rangs. Tout le monde mit genou en terre et M. Lespagnol complimenta Sa Majesté en un bref discours de sept à huit lignes. Boufflers présenta alors au Roi le bassin de vermeil dans lequel on avait mis les clefs de la ville. Le Roi les prit et les donna au duc d’Ayen qui les remit ensuite dans le bassin.

Puis le Roi entra dans la ville au bruit du canon et des acclamations du peuple criant Vive le Roi ! et au son de toutes les cloches qui carillonnèrent pendant deux heures.

Le sieur Patou prononça les paroles suivantes : Sire, les baillis des États de Lille viennent vous rendre leurs hommages ; nous devons aux soins de Votre Majesté le repos dont nous jouissons depuis plus de trente ans. Cette tranquillité qui fait le bonheur des peuples paraît un peu troublée par les appareils de guerre qui nous environnent, mais, Sire, la présence de Votre Majesté nous rassure et nous fait espérer que ces nuages seront bientôt dissipés ; guerre ou paix, Sire, nous supplions Votre Majesté d’être persuadés de notre zèle et de notre fidélité.

Le clergé et la noblesse eurent leur audience immédiatement après. Ils prétendaient être présentés avant les baillis, mais ceux-ci, la veille, étaient allés voir Boufflers et lui avaient rappelé que lors du voyage de Louis XIV en 1670, ils avaient été présentés avant les ecclésiastiques et les nobles : le Roi en avait décidé ainsi sur le rapport de M. de Louvois à qui on avoit justifié par titre l’ancien usage.

C’était pour les Lillois une question très importante que celle du serment de respecter les privilèges de la ville. Le Magistrat en avait délibéré dans l’assemblée du 4 mai et il avait été d’avis que le Roi devait prêter le serment.

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1697. Nicolas Lemery, Pharmacopée

Nicolas Lemery (1645-1715) est un chimiste apothicaire, contemporain du règne du roi Louis XIV. Source 1. Extraits de de l’article de Wikipédia.

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« Lemery est un empiriste qui toujours essaya de s’en tenir au mieux à l’expérience de laboratoire telle qu’elle pouvait être interprétée avec les hypothèses de la théorie des Cinq principes ou les modèles corpusculaires. La théorie des principes est une tentative de comprendre la structuration de la matière en éléments indécomposables par les seuls moyens de la chimie, pour ne plus à avoir à s’en remettre à la tradition philosophique des Quatre éléments remontant à l’Antiquité…

Colbert créa l’Académie royale des sciences en 1666 pour disposer d’une société savante dotée d’un budget suffisant pour pouvoir mener des expériences coûteuses. La création de l’Académie marque le début de la professionnalisation de la carrière scientifique.

Après le renouvellement de l’Académie royale des sciences le 20 janvier 1699, Louis XIV nomme Lemery chimiste associé le 28 janvier de la même année, puis chimiste pensionnaire le 23 novembre 1699. En 1712, il est nommé directeur, mais gravement malade, il est contraint de démissionner le 6 mars 1715. Il reçoit alors le titre de pensionnaire vétéran ».

  • Son fils, Louis Lemery (1677-1743), « prend sa place le 18 mars 1715 ; il est médecin, botaniste et chimiste. Il obtient la chaire de pharmacie à la Faculté de médecine, puis exerce comme médecin à l’Hôtel-Dieu de Paris de 1710 jusqu’à sa mort. De 1722 à 1743, il est aussi médecin auprès de Louis XV et de la princesse de Conti. Il occupe la chaire de chimie au Jardin du roi de 1731 à 1743 ».

1675. »Nicolas Lemery a 30 ans quand il publie Le cours de Chymie.

Il enseigna la chimie et la pharmacie à de nombreux étudiants qui venaient de toute l’Europe. Son Cours est d’une clarté et d’une précision remarquable pour l’époque. Il fut constamment réédité durant toute sa vie et même après sa mort jusqu’en 1757, ainsi que traduit en anglais, allemand, italien, espagnol et latin. Habile expérimentateur, Lemery présente sur près de mille pages dans les dernières rééditions, tout le savoir empirique de la chimie de la fin du XVIIe siècle.

La dernière édition est celle de Baron, publiée en 1756 et 1757 ; elle comporte de nombreux commentaires et remarques qui montrent l’évolution de la chimie, plus de 40 ans après la mort de Lmery. Bref , le Cours de Chymie a fait autorité pendant un siècle.

Ses autres publications n’en ont pas moins connu au siècle des Lumières un réel succès ».

1697. La Pharmacopée universelle.

1698. Le Traité universel des drogues simples (ou Dictionnaire universel des drogues).

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Apothicaires et Pharmaciens

Apothicaires & Pharmaciens. Remèdes aux maladies. Source 1. Archives de Loire-Atlantique : extraits.

Nantes, jusqu’au 23 décembre 2021. « Les Archives consacrent une exposition aux apothicaires et pharmaciens, aux remèdes et aux médicaments afin de retracer leur histoire au sein du département, éclairer l’évolution des métiers et des substances, interroger les parts d’empirique et scientifique. Exposition en partenariat inédit avec l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris ».

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Source 2. Blog Saint-Yrieix-la-Perche. Christophe Cesbron. L’exposition Remèdes. “Un apothicaire doit être prudent, sage, de bonnes mœurs, modéré en ses passions, sobre, craignant Dieu, laborieux, vigilant…”, écrivait Nicolas Lémery dans l’introduction de son ouvrage La Pharmacopée universelle.

L’exposition proposée par les Archives départementales de Nantes porte un regard riche, documenté sur l’histoire du médicament et celle du professionnel qui le délivre. Guérisseurs, apothicaires, charlatans, chercheurs, pharmaciens se partagent nos espoirs de guérisons mettant au point toutes sortes de pratiques, de potions, de remèdes, de médicament pouvant plus ou moins soulager nos souffrances. Au travers d’un parcours savamment scénographié, mettant en scène documents et objets “de curiosité”, s’appuyant sur l’histoire de Nantes, l’exposition propose avec rigueur, pédagogie et beaucoup d’humour, un parcours chronologique clair mais jamais dogmatique. Elle montre tout autant l’évolution d’une profession (qui peu à peu s’organise) que celle du rapport humain à la maladie et à la guérison (qui souvent oscille entre rationalisme et pensée magique). Passionnant ! »

Source 3. Charles-Henri Fialon. Histoire des mots « Pharmacien » et « Apothicaire ». Revue d’Histoire de la Pharmacie, Année 1920, 28, pp. 262-269.

 

Source 4. Deux vidéos à propos de l’exposition des Archives départementales de Loire-Atlantique.

Brève présentation (58 secondes).

La maison des apothicaires de Nantes (1 heure 21). « Au cœur de la ville, se trouve une maison emblématique, rare vestige d’un Moyen Âge tardif dans la ville : la Maison des apothicaires, ou Maison du Change. Pourquoi ces appellations ? Qui étaient les occupants successifs de cette maison ? Un bel exemple d’histoire foncière en zone urbaine ».

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