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1697, Ryswick : Louis XIV restitue

Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg.

A. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« À la suite de la guerre de Hollande de 1678, Louis XIV, devenu le souverain le plus puissant d’Europe, avait agrandi le territoire du royaume, mais il restait insatisfait. En usant d’une combinaison d’agressions, d’annexions et de moyens quasi légaux, dont le paroxysme fut la brève guerre des Réunions (1683 – 1684), Louis XIV chercha immédiatement à étendre ses gains pour stabiliser et renforcer les frontières du royaume. La trêve de Ratisbonne qui en résulta garantissait l’extension des frontières de la France pour 20 ans.

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions.

Les combats principaux eurent lieu aux frontières françaises : dans les Pays-Bas espagnols, la Rhénanie, le duché de Savoie et la Catalogne. Le conflit fut dominé par des batailles de siège comme à Mons, Namur, Charleroi et Barcelone, tandis que les batailles rangées comme à Fleurus ou à La Marsaille furent plus rares.

Ces engagements tournèrent souvent à l’avantage des armées françaises, mais à partir de 1696 la France dut faire face à une grave crise économique. Les puissances maritimes (Angleterre et Provinces-Unies) étaient également ruinées ; lorsque la Savoie quitta l’Alliance, toutes les parties furent d’accord pour trouver un compromis ».

B. Les traités de Ryswick (1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Carte de l’Europe en 1700 après le traité de Ryswick et avant la guerre de succession d’Espagne (source : Wikipédia)

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« Le diplomate suédois Nils Lillieroot remplit la fonction de médiateur entre les belligérants. Les négociations traînaient en longueur. Louis XIV fit un ultimatum aux coalisés. La paix devait être signée avant le 20 septembre. Un délai supplémentaire fut accordé à l’Empereur Léopold Ier.

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Jésus trahi par Judas, par Pierre

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

Chronique 6. Jésus trahi par Judas, par Pierre

A. La trahison de Judas. Source : Wikipédia.

« Sur la trahison de Judas et sur sa mort, les seules informations que l’on ait proviennent de sources chrétiennes ». « L’historicité de ce personnage […] reste fragile et ne se fonde sur aucune certitude historique » selon Simon Mimouni. En effet, les récits de la mort de Jésus dans les évangiles sont destinés à l’édification des fidèles lors des pratiques liturgiques et n’ont pas été conçus comme des documents historiques.

D’après l’évangile selon Matthieu (26, 15), Judas, qui assurait le rôle de trésorier, livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente pièces d’argent. Dans les évangiles synoptiques, Jésus se trouvait au jardin de Gethsémani. Judas le désigne aux gardes en l’embrassant.

Judas perçoit les trente deniers, fresque de Giotto, Chapelle Scrovegni (Padoue), 1306. Source: Images Google

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Le Sanhédrin, rassemblant les autorités religieuses juives, et favorable au gouvernement colonial romain, condamna Jésus à mort (Matthieu, 26, 65-66), puis le mena devant Pilate, gouverneur romain de Judée.

L’Évangile selon Matthieu fait mourir Judas peu de temps après la condamnation de Jésus : pris de remords, il rapporta les pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j’ai péché en livrant un sang innocent… Alors, il se retira en jetant l’argent du côté du sanctuaire et alla se pendre (Matthieu. 27,5).

Judas embrasse Jésus pour le désigner aux soldats. Reims, Anonyme flamand, Beaux-arts, vers 1520

B. Jésus au Jardin des Oliviers. Source Wikipédia.

Jésus est représenté priant la nuit dans un jardin que l’on sait être celui du mont des oliviers à Jérusalem ; trois de ses disciples, Pierre, Jean et Jacques le Mineur, qui l’accompagnent sont endormis non loin. Des anges lui offrent un calice à boire (en acceptation de sa destinée). La présence dans le décor lointain de vues des murs de la ville de Jérusalem rappelle précisément le lieu.

Martin Schongauer. Le retable des Dominicains (vers 1480). Scènes de la Passion du Christ. Album de 13 photos.

De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020. Colmar, Musée Unterlinden.

Jésus au Mont des Oliviers. Disciples endormis.

On ne confondra pas cette scène avec la suite immédiate de l’arrestation au Jardin des Oliviers, qui comporte une cohorte de soldats romains, guidée par Judas, venue arrêter Jésus. Malgré cette précaution formelle, certains tableaux anticipent cet épisode proche et rassemblent dans une même composition, les deux épisodes par le principe de la représentation de la Storia de la narration médiévale et byzantine plutôt qu’une précision formelle de l’Espace chère à la Renaissance.

C. Le Reniement de Pierre. Source : Wikipédia.

Évangiles selon Matthieu 26-34 ; Marc 14-30 ; Luc 22-34 ; Jean 13, 38.

Chacun des quatre Évangiles rapporte qu’après l’arrestation de Jésus, l’apôtre Pierre, par peur de risquer lui aussi la mort, nie trois fois avoir eu aucune relation avec celui-ci. Puis, lorsque le coq chante, Pierre sort et pleure amèrement, au souvenir de l’annonce que le Christ lui a faite de cette lâcheté : avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois.

José de Ribera, 1591-1652, Exposition 2015, Strasbourg, musée des Beaux-arts, galerie Heitz.

Vers 1610. Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Le Reniement de Saint Pierre, vers 1610

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Metz, Toul, Verdun au 18ème siècle

Source : citations de l’encyclopédie Larousse : Les trois évêchés.

14ème et 15ème siècles. La France prend Metz, Toul et Verdun sous sa protection

« À la faveur du désordre qui règne en Lorraine au 14ème siècle, la France intervient dans cette région où elle convoite, en particulier, les trois cités épiscopales de Metz, Toul et Verdun, qui tiennent des positions stratégiques et possèdent chacune d’importants domaines.

Menacés par le duc de Lorraine, par les comtes de Bar et de Luxembourg et par le duc de Deux-Ponts, Toul (1300) et Verdun (1315) acceptent la Garde française. Reprenant à son compte la politique française, Louis d’Orléans prend sous sa protection ces deux cités (1402-1407).

Au cours d’une expédition en Lorraine (1444-1445), Charles VII rétablit la Garde française sur Toul et Verdun et tente en vain d’attirer Metz dans sa vassalité.

Annexion des Trois-Évêchés par la France

1544. L’invasion en Lorraine des troupes de Charles Quint, qui s’avancent jusqu’à Meaux, détermine les trois villes, trop faibles pour assurer leur défense, à choisir pour maître le roi de France, désireux, quant à lui, de renforcer la frontière du nord-est du royaume par l’annexion de ces cités.

1552. Profitant des luttes intestines de l’Empire, Henri II conclut le traité de Chambord (15 janvier) avec les princes protestants allemands qui lui accordent – moyennant la promesse de subsides – le droit d’occuper les villes d’Empire de langue française, notamment Metz, Toul et Verdun, en qualité de vicaire d’Empire. En avril, le roi entre à Toul et à Metz, puis occupe Verdun en juin.

1553. Le siège victorieux que soutient à Metz le duc François de Guise contre Charles Quint (octobre 1552-janvier 1553) assure à la France la possession des Trois-Évêchés, où la suzeraineté de l’Empire demeure cependant reconnue en principe.

1631-1632. Les biens temporels des évêques de Metz, Toul et Verdun sont saisis.

1648. L’annexion de facto n’est transformée en annexion de jure que le 24 octobre 1648 au traité de Münster (traités de Westphalie). Les Trois-Évêchés forment dès lors un gouvernement et une généralité (ou intendance) placés sous l’autorité d’un gouverneur et d’un intendant installés à Metz. Mais ils avaient perdu définitivement leur indépendance dès 1633 avec la création à Metz d’un parlement.

1659-1661. Les trois-évêchés s’agrandirent ensuite du Luxembourg français, partie du duché de Luxembourg cédée à la France par le traité des Pyrénées (1659), puis d’un corridor, cédé à la France par le traité de Vincennes (1661). Ces territoires et les duchés de Bar et de Lorraine formaient jusqu’alors une mosaïque territoriale complexe, objet de conflits récurrents.

Les Trois-évêchés en 1789

Dotés des institutions françaises, les Trois-évêchés deviennent un pays de salines en ce qui concerne la gabelle et un pays d’étranger effectif au point de vue des traites : à ce titre, ils commercent librement avec les pays étrangers, mais se heurtent à un dense réseau de douanes du côté des provinces françaises.

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Gouverneur général ou particulier

Cette chronique fait partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle. Lire la chronique sur la Genèse de l’Intendance.

A. Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.

Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.

Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Par ordonnance du 18 mars 1776, le roi Louis XVI distribua les gouvernements généraux des provinces, au nombre de trente-neuf, en deux classes :

  • La première classe comprit dix-huit gouvernements généraux, dont les titulaires percevaient chacun annuellement, soit en appointements, soit en émoluments, une somme de 60 000 livres ;
  • La seconde classe comprit vingt-un gouvernements, à chacun des titulaires desquels il n’était attribué que 30 000 livres par an.

Les dix-huit gouvernements généraux de la première classe étaient les suivants :

  • Gouvernement de l’Isle de France (chef-lieu : Paris) ;
  • Gouvernement de Picardie (chef-lieu : Amiens) ;
  • Gouvernement de Flandre et de Hainaut (chef-lieu : Lille) ;
  • Gouvernement de Champagne et de Brie (chef-lieu : Troyes) ;
  • Gouvernement de Metz et Pays messin, Verdun et Verdunois ou des Évêchés (chef-lieu : Metz) ;
  • Gouvernement de Lorraine et Barrois (chef-lieu : Nancy) ;
  • Gouvernement d’Alsace (chef-lieu : Strasbourg) ;
  • Gouvernement du Comté de Bourgogne (chef-lieu : Besançon) ;
  • Gouvernement du Duché de Bourgogne (chef-lieu : Dijon) ;
  • Gouvernement de Lyonnais, Forez, Beaujolais (chef-lieu : Lyon) ;
  • Gouvernement de Dauphiné (chef-lieu : Grenoble) ;
  • Gouvernement du Pays et Comté de Provence (chef-lieu : Aix) ;
  • Gouvernement de Languedoc (chef-lieu : Toulouse) ;
  • Gouvernement de Roussillon (chef-lieu : Perpignan) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Navarre et Béarn (chef-lieu : Pau) ;
  • Gouvernement de Guyenne et Gascogne (chef-lieu : Bordeaux) ;
  • Gouvernement de Bretagne (chef-lieu : Rennes) ;
  • Gouvernement de Normandie (chef-lieu : Rouen) ».

B. Source Encyclopédie Larousse.

« Commissaires institués par la royauté à partir de la fin du 13ème siècle dans les provinces frontières au-dessus des baillis et des sénéchaux, les gouverneurs étaient nommés par lettres de provisions temporaires et révocables. Issus de la haute noblesse, ils avaient des attributions essentiellement militaires. Aux 15ème et 16ème, ils accrurent leurs pouvoirs au détriment des officiers locaux et, lors des guerres de Religion, ils exercèrent toutes les prérogatives du roi dans leurs gouvernements. Henri IV et Richelieu réduisirent leur rôle. Dépouillés par Louis XIV de leurs pouvoirs, attribués aux intendants et aux lieutenants généraux, ils n’eurent plus qu’un rôle honorifique. Leurs charges furent supprimées le 22 décembre 1789« .

C. Source Encyclopédie Universalis (article de Solange Marin)

« Commissaire ordinaire du roi, le gouverneur chargé de le représenter dans une circonscription administrative appelée gouvernement. Créés au 15ème siècle, ces gouvernements étaient au 16ème au nombre de douze ; ils recouvraient les grandes provinces frontières et en fait la plus grande partie du territoire français, soit la Bretagne, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, la Bresse, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, l’Orléanais et l’Île-de-France. Les gouverneurs répondaient à une nécessité : celle de maintenir l’ordre et d’assurer la défense des provinces pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans. Chefs de l’armée, ils pouvaient en réalité intervenir en toutes occasions où l’ordre public, la sécurité des populations ou l’autorité royale étaient menacés. En raison de leurs pouvoirs militaires, ils étaient choisis exclusivement dans l’ordre de la noblesse.

 N’étant point propriétaires de leur charge, les gouverneurs sont révocables à tout instant, et les souverains ne se privèrent pas d’user de ce droit, surtout à partir du 17ème siècle, estimant que l’influence de ces hauts personnages contrebalançait la leur. Ils leur adjoignent des lieutenants généraux qui prennent le véritable commandement de l’armée, et Louis XIV leur interdit de résider dans leur gouvernement sans sa permission.

Ce sont les Intendants qui ont alors la réalité du pouvoir dans le royaume ainsi que la confiance du roi, et ce sont eux qui sont l’objet de l’hostilité des parlements. Au 18ème siècle, néanmoins, les parlements s’attaqueront aux gouverneurs et lieutenants généraux, comme en témoigne l’affaire de Bretagne ».

D. Bernard Barbiche, Les gouverneurs, in Les institutions de la monarchie française à l’époque moderne, 2012, pages 323 à 333.

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17ème. Genèse de l’Intendance

Michel Antoine, Genèse de l’institution des intendants, Journal des Savants, Année 1982, 3-4, pp. 283-317. Texte intégral en ligne sur Persée.

Page 283 de l’article de Michel Antoine. Cliquer sur les images pour les agrandir

Les deux premières parties de l’article d’Antoine (pages 283 à 301) démontrent l’antériorité de la fonction de Gouverneur par rapport à celle d’Intendant. « Les gouverneurs, représentant le roi dans une ou plusieurs provinces, avaient d’abord une fonction militaire et s’entouraient de conseillers qu’ils connaissaient dans cette fonction. Dès le milieu du 16ème siècle, le roi leur a enjoint de s’entourer également de gens de robe pour affronter les questions judiciaires, administratives et financières ».

Les anciens gouvernements en 1789

Page 291. « Cette solution donnait satisfaction à tous, au Roi et aux gouverneurs : au Roi qui, en les flanquant d’un robin désigné ou au moins agréé par lui, y trouvait un moyen non seulement de leur garantir un concours compétent et indispensable, mais peut-être aussi de les surveiller, et aux gouverneurs, assurés de bénéficier d’une aide éclairée en des matières délicates ».

Page 296. « On voit l’extrême importance de la période des guerres de religion dans l’histoire administrative de la France. L’usage de placer près des gouverneurs des hommes de robe et de plume nommés ou reconnus par le Roi, déjà courant sous Henri II, fut renforcé sous le règne de ses fils par le recours à des commissaires de l’édit » (de droit).

Page 299. « Henri IV, dès 1589, chaussant les bottes de ses prédécesseurs, envoya des intendants de justice auprès des gouverneurs, mais l’on ne relève guère d’innovations de sa part avant 1597 : suppression des offices de trésorier de France qui viendraient à vaquer jusqu’à ce que leur nombre fût réduit à deux par généralité… Même décision pour les officiers des bureaux des finances ».

Page 300. « Par édit de novembre 1608, Henri IV et Sully, ayant contraint les bureaux des finances à l’effacement, députèrent dans les provinces des commissaires chargés  de l’intendance et direction de nosdictes finances… Ces commissaires n’étaient plus mis à la disposition des gouverneurs et n’avaient aucune part à leurs opérations ».

Page 301. « Pour l’observation de l’édit de Nantes ou pour les besognes financières les plus variées, Henri IV envoya dans les provinces de préférence des conseillers d’Etat, des maîtres des requêtes et des officiers des compagnies parisiennes ».

Page 306 et 307. La troisième partie et la conclusion de l’article de Michel Antoine sont plus souvent citées que les deux premières car le 17ème siècle diffuse la fonction d’Intendant dans toutes les provinces du Royaume.

« Rôle clé joué par Pierre Séguier dans le développement de l’institution de l’intendance. Citations de Wikipédia. « Le 28 février 1633, il est nommé garde des sceaux sous le ministère du cardinal de Richelieu puis, à la mort du chancelier Étienne I d’Aligre, devient chancelier de France ; il prête serment le 19 décembre 1635… Rétabli comme garde des sceaux le 8 septembre 1651, Mathieu Molé les garde jusqu’à sa mort le 3 janvier 1656. De 1651 à 1656, le chancelier Séguier revenu au Conseil cohabite avec Molé dans des conditions assez difficiles. À la mort de Molé, les sceaux lui reviennent jusqu’à sa propre mort en 1672.

Tous les officiers de justice dépendent donc de lui pendant à peu près quarante années (1633-1672), ce qui veut dire que toute l’administration du royaume pendant cette période repose sur lui. Laissé dans l’ombre par les fortes personnalités de Richelieu et de Mazarin, il joue pourtant un rôle essentiel dans la continuité des politiques de centralisation et d’acheminement vers un gouvernement qu’on appellera plus tard absolutiste ».

Page 308 du livre d’Antoine

« Déclaration de 1643. Désormais l’intendant de justice, police et finances assurerait l’essentiel de la répartition et de la levée de cet impôt [la taille] et de ses annexes… Cette évolution contribua évidemment à distendre encore davantage les liens entre gouverneurs et intendants sans toutefois les rompre »…

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18ème. Administrer le Royaume

Administrer le Royaume de France. La monarchie ne peut se passer d’une administration et d’administrateurs. Quelles en ont été les principales évolutions au 18ème siècle, tout au moins avant la Révolution de 1789 ?

Problèmes contemporains évoqués : centralisation versus décentralisation, concentration des pouvoirs versus déconcentration. Au niveau territorial : tensions entre élus et représentants de l’État. Deux sources introductives pour le 18ème :

L’administration n’est pas encore unifiée au 18ème siècle. Elle garde les traces de l’histoire du Royaume : pays d’élection, pays d’État, pays d’imposition. Le 18ème siècle, c’est la volonté d’unifier le droit tout en n’attaquant pas de front les particularités locales. La volonté peut n’être que velléité.

Pays d’élection, Pays d’Etat, Pays d’imposition. Cliquer sur les miages pour les agrandir

Le Roi n’est pas seul. Conseillers, Contrôleurs généraux des Finances, Ministres et Secrétaires d’État font partie de son entourage proche ; ces fonctions politiques ont leur propre administration centrale. Je n’en ferai pas l’analyse pour l’instant.

La monarchie repose sur une société d’Ordres. Noblesse d’épée et de robe, Clergé, Tiers-État (bourgeoisie ou roture). Les fonctions administratives sont réservées à tel ou tel Ordre, mais il existe bien des exceptions. Les abbés, les évêques ou les archevêques n’ont pas tous été ordonnés prêtres ou l’ont été tardivement : le cas de l’abbé Dubois, premier ministre sous la Régence, est célèbre (chronique du blog : la carrière de l’abbé Dubois). Les gouverneurs peuvent avoir été anoblis en cours de carrière, en récompense de leurs succès militaires.

Dans les prochaines chroniques, je m’intéresserai à plusieurs administrations organisées au niveau du territoire (de la province ou généralité) ou de plusieurs territoires associés.

Je retiendrai six entités : les gouvernements, les armées, les intendances, les parlements, les évêchés, les communes. Leurs prérogatives font toujours l’objet d’édits royaux, enregistrés en Parlement. Le 18ème est un siècle de nombreuses réformes… qui peuvent être abolies au terme de quelques années seulement. La suppression de la vénalité des charges (offices) est une question récurrente dans la seconde partie du siècle.

Les personnalités à la tête de ces administrations territoriales sont toujours nommées et révocables, à deux exceptions près : celle des charges (offices) qui sont achetées et qui sont ou non transmissibles à la parentèle, et des élus qui constituent le magistrat municipal, qui possède d’ailleurs sa propre administration (le magistrat de Strasbourg subsiste aux côtés de l’administration royale jusqu’à la révolution – chronique du blog).

L’influence de chacune de ces administrations dans l’ensemble de l’organisation du Royaume et le rapport de forces entre elles évoluent au cours du siècle, et pas seulement en conséquence d’une réforme du droit. Les hommes qui sont à leur tête en modèlent les contours selon leur personnalité, leur histoire, leur ancienneté dans la fonction.

Ainsi l’Intendant, à la tête d’une généralité, a un pouvoir plus étendu que le Gouverneur dont les fonctions sont d’abord militaires… Il a plus d’influence car il couvre le champ des finances et de l’économie. Selon les estimations, la moitié des effectifs de toutes les administrations réunies concernerait les finances (recettes et dépenses). Chronique du blog : Turgot, intendant du Limousin.

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1719-1720. Que la fête commence (2)

Suite de la chronique dédiée au film de Bertrand Tavernier, Que la fête commence (1) : biographie de trois personnalités-clés de la Régence et plus particulièrement des années 1719 et 1720 : le Régent, Philippe d’Orléans, son principal ministre d’État, l’Abbé Dubois, le Révolté breton, le marquis de Pontcallec.

Cette seconde chronique présente les biographies résumées de trois autres acteurs importants de la Cour en 1719-1720 : le maréchal de Villeroy (1644-1730), le médecin Pierre Chirac (1657-1732), le financier John Law (1671-1729).

A. François de Neufville de Villeroy (1644-1730 mort à l’âge de 86 ans). En 1719, il est gouverneur de Louis XV, chargé de l’éducation militaire du roi (dans le film : scène de l’essai d’un nouveau canon léger, qui tourne au désastre).

« Marquis, puis 2e duc de Villeroy et pair de France (de 1675 à 1694), c’est un militaire français. Il est élevé à la dignité de maréchal de France au printemps 1693. Profondément présomptueux, il se révèle incapable de commander en chef. Dès lors, sa carrière militaire n’est qu’une accumulation de désastres comme au siège de Namur de 1695, à la bataille de Chiari en 1701, et en particulier à la bataille de Ramillies, en 1706, qui met à nu son ineptie.

Villeroy est chef du conseil royal des Finances et ministre d’État sous Louis XIV (1714), puis chef du conseil des Finances et membre du conseil de Régence (1715), et chef du conseil du Commerce (1716). Présentant peu de dispositions pour ces emplois, il n’y figure qu’à titre honorifique. De 1717 à 1722, il exerce jalousement les fonctions de gouverneur de Louis XV. Obstacle à la politique du Régent et du cardinal Dubois, il est exilé dans le Lyonnais de 1722 à 1724″.

B. Pierre Chirac, « né en 1657 et mort en 1732 à l’âge de 75 ans, est médecin du roi Louis XV depuis 1716. En juillet 1719, le Régent l’appelle d’urgence au chevet de sa fille, Marie-Louise-Élisabeth d’Orléans, duchesse de Berry. Mais Pierre Chirac ne peut sauver la jeune princesse. Mal relevée de précédentes couches, alcoolique notoire et prématurément usée par une vie dissolue, elle meurt dans la nuit, à l’âge de 24 ans. Elle était fille du Régent Philippe II d’Orléans et de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), fille de Louis XIV et de Mme de Montespan .

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1719-1720. Que la fête commence (1)

Que la fête commence, film de Bertrand Tavernier (1975) avec Philippe Noiret (le Régent), Jean Rochefort (l’abbé Dubois) et Jean-Pierre Marielle en marquis de Pontcallec, révolté breton.

Le film se déroule en 1719 et en 1720, à mi-parcours de La Régence (1715-1723). Louis XIV est mort en 1715. Louis XV, son arrière-petit-fils, est son successeur mais il n’a que 5 ans. La Régence est exercée par Philippe d’Orléans (1674-1723) ; Guillaume Dubois, dit l’Abbé Dubois parce qu’il avait été tonsuré dans son jeune âge, est son principal Ministre d’État.

Interview des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage et du film illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Éléments contextuels pour la Régence, repris par Tavernier. De l’intérêt pédagogique d’un tel type de film !

  • un libertinage assumé par le Régent et l’abbé Dubois,
  • une contestation de la monarchie par la Bretagne (ses nobles et ses paysans),
  • des tensions au sein de l’Europe (l’alliance avec les Anglais et les Provinces Unies et la guerre larvée contre l’Espagne),
  • une éducation militaire du jeune Louis XV par l’incompétent Maréchal de Villeroy,
  • la création du papier-monnaie par John Law, la colonisation de la Louisiane et la course à l’enrichissement rapide et facile (c’est aussi le cas l’abbé Dubois dans sa conquête de bénéfices ecclésiastiques de plus en plus importants),
  • les médecins à l’œuvre, Pierre Chirac en tête.

Cette chronique est dédiée aux biographies résumées des 3 personnages historiques principaux

A. Le Régent Philippe d’Orléans (né en 1674) et l’abbé Dubois (né en 1656) ont une différence d’âge de 18 ans. Mais, hasards de l’Histoire, ils meurent tous les deux en 1723 (le premier le 2 décembre, le second l’a précédé dans la mort, le 10 août).

Louis XV est sacré le 25 octobre 1722. En février 1723, à 13 ans et un jour, il devient  majeur, et la Régence cesse. Philippe d’Orléans continue d’assurer la réalité du pouvoir, d’abord au travers du cardinal Dubois, principal ministre. A la mort de Dubois (22 août 1723), il se fait nommer principal ministre par Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection.

Le 2 décembre 1723, Philippe d’Orléans meurt lui aussi. Lui succède l’impopulaire duc de Bourbon, son neveu, chef d’une autre branche cadette de la famille royale et petit-fils de Louis XIV par sa mère, une autre fille légitimée que le feu roi avait eu de madame de Montespan.

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Les Fontaines de Trèves

Chroniques sur les fontaines du 18ème siècle : fontaines de Nancy, d’Aix-en-Provence, de Rochefort, de Trèves (siège d’un archevêché dont le titulaire était prince-électeur) .

Diaporama de 17 photos. Trois fontaines dans cette ville que traverse la Moselle, mais une seule est datée du 18ème siècle : Saint-Georges sur la place du Marché aux grains. La fontaine Saint-Pierre est antérieure (1595) et la fontaine des Artisans est contemporaine.

Fontaine Saint-Georges. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source : article de Wikipédia. « Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties.

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves« .

« Le palais du Prince-électeur (source : article de Wikipédia) a été la résidence des électeurs de Trèves, depuis le XVIIe siècle jusqu’en 1794…

1629. « Trèves étant devenue dangereuse pendant la Guerre de Trente ans, les électeurs avaient déménagé leur résidence à Coblence.

1647. Fut achevée la Tour rouge, un bâtiment carré massif abritant la chancellerie et les archives, au Nord-ouest du château inférieur. Ce n’est que sous l’électeur suivant, Karl Kaspar von der Leyen, que la construction du palais fut entièrement achevée. Cependant, le nouveau bâtiment était rarement utilisé.

1757-1761. Johann Philipp von Walderdorff  chargea Johannes Seiz, un élève de Balthasar Neumann, de convertir et d’agrandir l’aile Sud du palais selon le goût du rococo. Les sculptures ont été réalisées par Ferdinand Tietz, qui avait entre autres travaillé pour Balthasar Neumann à Wurtzbourg.

La nouvelle aile Sud, de couleur rose, devait dépasser des deux côtés du château précédent. Un avant-corps central a été construit, et des risalites d’angle auraient encore dû subdiviser la longue aile des deux côtés. Cependant, le projet n’a jamais été complètement achevé ».

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18ème. Les fontaines de Rochefort

A. 1750. Rochefort, Fontaine du mariage de la Charente et de l’Atlantique. Source de la citation : Petit patrimoine. Diaporama de 13 photos.

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Le Groupe qui surmonte la fontaine, représentant l’Océan et la Charente, est dû au ciseau de Bourguignon, alors Maitre sculpteur du Port.

Une inscription concernant la Charente dit : Laeta diu varios errabam nympha per agros, Laetior in vestris mœnibus ecce fluo. Autrefois je coulais joyeuse dans les campagnes, plus joyeuse encore je coule maintenant dans vos murs.

  • Pour aller plus loin. J-T . Viaud et E-J. Fleury, Histoire de la ville et du port de Rochefort, 1845, Madame Honorine Fleury, Libraire Éditeur, pp. 146-148 (voir la capture de ces pages en fin de chronique).

B. 1759-1763. La fontaine-réservoir de Saint-Nazaire-sur-Charente, dite Fontaine Lupin. Source des citations : le Petit Patrimoine, les panneaux explicatifs à proximité du site. Diaporama de 20 photos.

1666. « Louis XIV et Colbert font le choix de Rochefort pour y établir un site propre à recevoir les grands vaisseaux de la marine du Ponant. Mais la ville a peu de ressources en eau potable. L’eau des marais, saumâtre, est impropre à la consommation. L’approvisionnement en eau douce est un problème pour les hommes et les bateaux de la flotte.

1667. L’Amiral Duc de Beaufort, petit-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, réclame la création d’une aiguade, fontaine réservoir destinée à remplir les tonneaux dont on charge les vaisseaux.

  • Aiguade. Une aiguade désigne à la fois la provision d’eau douce sur un navire et l’endroit d’une côte où l’on fait provision d’eau douce pour les navires. On emploie ce mot dans l’expression Faire aiguade, désignant l’action de ravitailler en eau douce un bateau. Le terme désigne aussi la corvée d’eau.

L’existence de plusieurs sources abondantes à Saint-Nazaire-sur-Charente est alors signalée à Colbert, qui décide de faire capter l’eau de la source des Morts et de la source de Font-Pourri, symbolisées sur le fronton ci-dessous.

1670-1675. Le Chevalier de Clerville (1610-1677), urbaniste du roi Louis XIV et ingénieur chargé des fortifications, fait édifier la 1ère Fontaine royale dans le lit de l’estuaire de la Charente.

1676. La Fontaine royale de Lupin est terminée. C’était une tour hexagonale de 14 mètres de haut. L’eau douce était amenée à l’aiguade au moyen d’une canalisation en grès, fabriquée à la Chapelle-de-Saintonge, mesurant environ 2 800 mètres de long, et rectiligne sur ses 650 derniers mètres jusqu’à la Charente.

1759-1763. La Fontaine est reconstruite en aval de fort Lupin. C’est un chainon important car il s’agit de l’une des trois seules aiguades, lieu d’approvisionnement des navires en eau douce, conservées de nos jours. Les deux autres sont à Brest et Belle-Ile.

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