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Strasbourg. Plan-relief (1725-1728)

Strasbourg. Quatre sources pour présenter le Plan-relief (1725-1728).

Diaporama de 19 photos.

Source 1. Citations de Thierry Hatt, Le plan-relief : une pièce exceptionnelle à de multiples égards, CRDP Canopé, avril 2014.

« Le relief de Strasbourg est une pièce exceptionnelle pour ses qualités intrinsèques et quelques hasards historiques conjugués.

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Les plans relief sont au XVIIe et XVIIIe siècle ce que sont les images 3D du cinéma d’aujourd’hui : une production de très haute technologie, ce que l’on fait de mieux en matière de repérage et de positionnement géographique, de qualité de rendu des volumes, de précision documentaire au service du roi de France. Les coûts de production des plans-reliefs sont importants au point que Vauban estime qu’ils entrent en concurrence avec le prix de la construction des places fortes.

La période de 1725 à 1760 correspond à l’âge d’or de cette fabrication. Élaboré entre 1725 et 1728 (on en a la preuve par une lettre du 19 mars 1727 du Ministre de la Guerre qui lui demande d’accélérer la fabrication) par l’ingénieur François de Ladevèze, le relief de Strasbourg a derrière lui une longue tradition technique commencée sous Louis XIV en 1663 avec le relief de Pignerol, 1725 est sa troisième version. Les deux premiers plans sont perdus. Toutes les compétences techniques nécessaires sont entre les mains des ingénieurs géographes militaires : qualité des instruments pour une grande précision des mesures de terrain en différences de niveaux et angles, calculs trigonométriques simplifiées par le recours aux tables de logarithmes.

Le corps des ingénieurs géographes est capable, en quelques semaines, d’établir les levés détaillés nécessaires, et mettent au point une démarche systématique en choisissant une échelle unique, soit, selon la valeur du pied et de la toise le 1/600, un pied pour 100 toises, échelle qui est conservée jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Il y eut à peu près 260 reliefs fabriqués. On connaît la date de 230 d’entre eux. On remarque le pic entre 1663 et la mort de Louis XIV en 1715. Il représente 138 reliefs, soit 60 % du total connu.

Ladevèze est un ingénieur expérimenté, à la tête d’une équipe solide. On lui attribue une dizaine de plans de 1710 à 1726 (il meurt en 1729). Sept d’entre eux sont conservés. Celui de Strasbourg est un des derniers réalisés. Son équipe est donc, à cette date, d’une maturité efficace ».

Source 2. Plan-relief de 1725-1728, conservé au Musée historique de Strasbourg. Citations de Maisons de Strasbourg

« L’état des Plans en relief des Places fortes (1794) mentionne que le plan relief (douze mètres sur six) de Strasbourg date de 1725-1728 et qu’il a été réparé en 1783. L’époque de sa construction est corroborée par une lettre du ministre de la Guerre à l’ingénieur ordinaire du roi à Strasbourg, Ladevèze, datée du 10 mars 1727, et par le séjour de Ladevèze au poêle des Charpentiers en 1726-1727.

Séjour de l’ingénieur Ladevèze à la tribu des Charpentiers (1726-1727). Texte du protocole des Conseillers et des Vingt-et-Un. Argument : L’ingénieur Ladevèze (Ladevesse) loge depuis quelque temps au poêle de la tribu des Charpentiers. Le maître de la tribu demande en décembre 1726 que les autres tribus soient tenues d’indemniser les Charpentiers des frais et du manque à gagner.

Le lundi 16 décembre, le représentant du maître de la tribu expose aux Conseillers et aux Vingt-et-Un que l’ingénieur qui lève les dessins de la ville loge au poêle des Charpentiers le temps de son travail. Il demande que chacune des autres tribus verse une indemnité aux Charpentiers. L’avocat Scheffmacher estime la demande fondée et propose de nommer une commission chargée d’estimer exactement le préjudice. Le Préteur royal appuie la proposition. L’assemblée l’adopte en nommant deux chargés de mission.

Lundi 23 décembre, les chargés de mission exposent leurs conclusions. Ils ont dressé un état des localités qu’occupe l’ingénieur Ladevèze et ont estimé que le manque à gagner s’élève à 54 livres, sans compter les frais de mise en état avant et après le séjour. Les échevins demandent que chaque tribu verse trois livres par an. Le Préteur royal approuve cette proposition pour toute la durée du séjour de l’ingénieur. Les Conseillers et les Vingt-et-Un adoptent la proposition.

Le plan relief qui faisait partie de la collection particulière des rois de France a d’abord été exposé dans la grande galerie du Louvre. Devenu propriété nationale à la Révolution, il a été transporté aux Invalides où le général prussien Blücher l’a fait enlever en 1815 après la défaite de Napoléon à Waterloo. Il a alors rejoint les collections prussiennes à l’Arsenal (Zeughaus) de Berlin en même temps que celui d’autres des villes du nord et de l’est (Fort-Louis, Landau, Sarrelouis, Bitche, Thionville, Longwy, Mézières, Sedan, Givet, Philippeville, Maubeuge, Avesnes, Le Quesnoy, Condé, Valenciennes, Cambrai, Lille, Ecluse de Graveline).

Il a quitté Berlin pour Strasbourg en 1903 après que l’empereur Guillaume eut signé le 13 juin 1902 à l’instigation du maire Back l’ordre de le remettre à la Ville de Strasbourg. Le plan-relief a d’abord été conservé au château des Rohan (1903-1923) avant d’entrer au Musée historique de la Grande Boucherie ».

Source 3. Œuvres du musée historique de Strasbourg : le plan-relief.

« Une ville pour le prestige et l’art de la guerre. Occupant 72m², réalisé en 23 tables, le plan-relief de Strasbourg par Ladevèze, ingénieur du roi, séduit par la profusion de détails.

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18ème. 5 architectes pour Dijon

18ème siècle. Cinq architectes embellissent Dijon.

  • A. Aménagement de la Place Royale et Statue équestre de Louis XIV.
  • B. Transformations du Palais des Ducs et du Palais des États au 18ème siècle. Diaporama de 33 photos.
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A. Dijon, 1686-1792. Place Royale et Statue équestre de Louis XIV. Source : citations d’un document du Musée des Beaux-arts.

1686-1692. « Aménagement de la Place Royale par l’architecte Martin de Noinville, place en hémicycle constituée d’une succession d’arcades couronnées d’une balustrade devant servir d’écrin à la statue royale. Les Élus des États de Bourgogne avaient en effet décidé de faire élever une statue équestre de Louis XIV.

Le 18 mai 1686, un marché est passé avec Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, formé dans l’atelier de J. Sarrazin, bronzier réputé.

Le modèle est achevé en 1690. La fonte est entreprise immédiatement. En 1692, la statue du roi et le cheval sont acheminés par la Seine et l’Yonne jusqu’à Auxerre. Le mauvais état des routes et le poids de l’œuvre empêchent de continuer le transport ».

Source : Musée des Beaux-arts de Dijon

« Les sculptures sont alors remisées dans une grange du village de La Brosse pendant 27 années.

Ce n’est qu’en 1718 que l’on réussit à acheminer par route la statue jusqu’à Dijon : elle est déposée dans la Cour du Logis du Roi ; il faut attendre encore quatre années pour que les Etats décident de faire dessiner un socle, celui choisi à l’origine n’étant plus de leur goût. Ils s’adressent à Jacques-Ange Gabriel, architecte ordinaire du roi, pour le piédestal qui sera achevé en 1725 ; l’inauguration a enfin lieu le 15 avril 1725, mais le décor du socle ne sera complètement achevé et entouré d’une grille qu’en 1742 ; les plaques des inscriptions commémoratives ne seront posées qu’en 1747.

Pas moins de 62 ans et de nombreuses péripéties auront été nécessaires pour que le monument soit enfin achevé.

La statue va disparaître 45 ans plus tard, victime du vandalisme révolutionnaire. La sculpture est brisée le 15 août 1792. Le bronze est envoyé, partie à la Monnaie de Dijon, partie aux fonderies de canons du Creusot ».

B. Dijon, 18ème siècle. Palais des ducs et Palais des États. Source : Musée des Beaux-Arts, Histoire de l’Architecture.

En 1688, l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) propose de transformer les bâtiments disparates du palais en un ensemble cohérent, avec une cour d’honneur dans l’axe de la place et deux ailes en retour.

1710. A l’arrière, du côté du jardin des ducs, Robert de Cotte (1656-1735) édifie une nouvelle aile pour les appartements du Prince de Condé.

1731-1736. Jacques Gabriel (1667-1742) édifie le grand escalier des États et, en 1736-1738, la chapelle des Élus (chronique à venir).

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Académie Royale d’Architecture

L’Académie Royale d’Architecture a été créée en 1671 et supprimée en 1793. Source principale de la chronique : larges extraits de Wikipédia. En page 2 de cette chronique : liste des directeurs, des secrétaires généraux, des professeurs.

1671. L’Académie royale d’architecture est créée le 30 décembre par Louis XIV. Inspirée par Jean-Baptiste Colbert, elle a eu, pour premier directeur, l’architecte et théoricien François Blondel (1618-1686), architecte de la ville de Paris.

1692. Établie d’abord au Palais-Royal puis au Louvre, elle comporte une école d’architecture (chronique à venir).

L’académie se réunit une fois par semaine, discute des points techniques qui lui sont soumis, donne son avis sur des édifices quand il lui est demandé, fait la lecture des écrivains qui font autorité en architecture, les commente et les discute : Vitruve, Palladio Philibert de l’Orme, Scamozzi, Alberti, Serlio. Dès ses premières séances, elle a cherché à savoir s’il y avait des lois fixes pour le beau et traita du Bon Goust en architecture.

Pendant quarante-six ans, le roi donne des brevets à ceux qu’il juge dignes d’entrer dans cette compagnie, dont son premier architecte était le directeur (chronique à venir).

1699. Le 4 mai, le Surintendant des Bâtiments Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) réunit l’Académie.

Mansart peint par Rigaud (source Wikipédia). Cliquer sur les images pour les agrandir
  • Lire aussi Hyacinthe Rigaud in Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

Mansart fait part de la décision du roi de rétablir l’académie dans son premier état, à savoir:

  • sept architectes : Robert de Cotte, Pierre Bullet, Pierre Delisle-Mansart, Jacques V Gabriel, Thomas Gobert, Pierre Lambert, Pierre Le Maistre, avec Philippe de La Hire, professeur, et Jean-François Félibien, secrétaire.

mais en créant une seconde classe de dix architectes :

  • Pierre Cailleteau dit Lassurance, Nicolas II Delespine, Mathieu, Antoine Desgodets, Le Maistre le jeune, Jean-Baptiste Bullet de Chamblain, François Bruand, Cochery, Armand Claude Mollet, Pierre Gittard fils.

1717. Le duc d’Antin (1665-1736), surintendant des bâtiments royaux, fait confirmer l’Académie d’architecture par lettres patentes, avec des statuts et un règlement qui lui confère le droit de recruter par élection.

Le nombre des académiciens passe de 8 à 24, avec deux classes, la première composée de dix architectes, d’un professeur et d’un secrétaire, et la deuxième de douze architectes.

  • Lire aussi. 1671-1726. Cinquante années de l’Académie Royale d’Architecture
  • Procès-verbaux de l’Académie royale d’architecture (1671- 1793), publiés pour la Société de l’histoire de l’art français, sous le patronage de l’Académie des Beaux-arts, par Henry Lemonnier. T. I-IV (1671-1726), Journal des Savants, Année 1915, 10, pp. 445-460.

1728. La seconde classe est augmentée de huit membres.

1756. Elle en perd quatre qui passent dans la première.

1767. L’Académie est supprimée par le roi le 2 octobre, pour avoir protesté contre la nomination illégale de Charles de Wailly directement dans la première classe, sans avoir fait partie de la seconde, contrairement aux statuts de l’académie. Mais elle est rétablie peu après.

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1685-1802. De l’esclavage

Législation Pour ou Contre l’abolition de l’esclavage

  • 1685. Le Code noir : condition juridique des esclaves et des affranchis.
  • 1794. Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
  • 1802. Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage dans les colonies sucrières.

A. Mars 1685. Le Code noir est le titre donné à l’Ordonnance royale de Louis XIV touchant la police des îles de l’Amérique française,

Condition juridique des esclaves et des affranchis. « Les articles 2 et suivants organisent le primat de la religion catholique, en la rendant obligatoire aux esclaves (art. 2 et 3), interdisant aux maîtres protestants de leur imposer leur religion ou des commandeurs appartenant à leur religion (art. 4 et 5). Le dimanche est un jour chômé (art. 6), le mariage (art.10) et la sépulture des esclaves baptisés (art.14) doivent se faire selon le rite catholique et le droit français. Le concubinage entre le maître et l’esclave est interdit, sous peine d’amende et de confiscation, mais le maître peut épouser sa concubine et l’affranchir par ce moyen (art. 9). Le maître doit consentir au mariage de ses esclaves mais ne peut pas le leur imposer (art.11).

Dépourvu de personnalité juridique, l’esclave est légalement approprié par son maître et soumis à sa volonté. Il ne peut rien posséder en propre et appartient au patrimoine de son maître (art.28). En tant qu’objet de propriété, l’esclave est transmis héréditairement, en principe à titre de bien meuble (art. 44 et s.). Le maître peut non seulement l’obliger à travailler gratuitement et le punir en cas de désobéissance (art. 42), mais aussi le vendre, le louer ou le prêter. Le prix de l’esclave mis à mort par décision de justice doit être remboursé à son maître non complice du crime commis (art. 40), lequel doit en revanche réparer les dommages causés par son esclave à autrui (art.37), mais aussi le représenter en justice et défendre ses intérêts, tant en matière civile que criminelle (art. 31).

Enfin, les esclaves sont soumis à un statut social héréditaire (par voie matrilinéaire – art.13), discriminatoire et humiliant au sein de la société coloniale, destiné à garantir leur soumission. Le Code Noir leur interdit de porter des armes (art. 15), de s’attrouper (art. 16), de faire du commerce sans la permission de leur maître (art.18, 19 et 30), ainsi que d’agir et de témoigner en justice (art. 30 et 31). Il punit sévèrement les vols (art. 35 et 36), l’agression contre des personnes libres (art. 34) — et plus durement encore celle contre les maîtres et leur famille (art. 33) —, ainsi que la fuite des esclaves (art. 38), qu’on appellera en pratique le marronnage, bien que ce terme recouvre des réalités fort diverses.

Cependant, l’esclave est par ailleurs protégé par la loi, qui oblige son maître à le nourrir (art. 22), le vêtir (art. 25) et ne pas l’abandonner, même en cas d’incapacité provisoire ou définitive de travail par « maladie, vieillesse ou autrement » (art. 27), et à ne pas le mettre à mort, le torturer, le mutiler (art. 42 et 43) ou lui infliger de traitements « barbares et inhumains » (art. 26).

En ce qui concerne l’affranchissement, hormis le cas déjà mentionné du mariage entre le maître et sa concubine (art. 9), le maître peut affranchir l’esclave soit de son vivant, soit par testament (art. 55). De plus, l’esclave sera considéré comme affranchi s’il est désigné par son maître, légataire universel, exécuteur testamentaire ou tuteur de ses enfants (art. 56).

En principe, l’affranchi possède les mêmes droits que les personnes nées libres (art. 59). Néanmoins il devra conserver un respect particulier à son ancien maître et à sa famille (art. 58). Toutefois il ne s’agit que d’un respect moral, l’ancien maître ne pouvant pas exiger de son ex-esclave des services ou des privilèges économiques en qualité de patron (art. 58) ».

Ile de Saint-Domingue en 1764 (source Wikipédia)

B. 26 août 1789. Adoption par l’Assemblée constituante de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Représentation, par le Barbier, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. La Monarchie, tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation, tenant le sceptre du Pouvoir, entourent la déclaration. Source Wikipédia

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C. 15 mai 1791. Par décret de l’assemblée constituante, l’esclavage est confirmé, l’égalité des droits politiques est accordée aux mulâtres libres de deuxième génération.

D. 24 mars 1792. Par décret de l’assemblée législative, mesures en faveur de l’égalité politique de tous les libres.

E. 4 février 1794. « Le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, voté à l’unanimité par la Convention, confirme la déclaration des droits de l’homme de 1789. Il décide l’abolition de l’esclavage des Nègres (mais pas explicitement la traite) dans toutes les Colonies. Il suit et confirme l’initiative des commissaires civils de Saint Domingue, Sonthonax et Polverel, et prend valeur de loi générale.

Le texte ne prévoit d’indemnisation pour aucune des catégories sociales. Inégalement appliqué, il a été abrogé par la loi du 20 mai 1802″.

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1732-1734. Hôtel Andlau-Klinglin

L’ancien Hôtel d’Andlau-Klinglin est situé au 25 rue de la Nuée-Bleue à Strasbourg.

Sources : extraits des Maisons de Strasbourg et de Archi-Wiki.

Diaporama de 25 photos de Pierre Dubois (avril 2021).

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16ème siècle. L’origine de l’hôtel remonte au début du 16ème. « Les éléments les plus anciens proviennent de cinq maisons établies sur ce site dès le 15ème. Un certain nombre de vestiges réutilisés dans l’édifice actuel évoquent ces constructions. Pour le Moyen Age et la Renaissance, on notera surtout la porte gravée Claus Berer et datée de 1516, ou la tourelle d’escalier en vis sur cour, de plan octogonal. D’après le dictionnaire historique des rues de Strasbourg : à l’intérieur, porte flamboyante avec la devise de Claus Berer : INANIS APTA, Prépare le Néant ».

Source : Maisons de Strasbourg

Vers 1568, Bernard de Botzheim unifie des constructions disparates par l’édification d’une façade à deux oriels.

1587. La maison qui appartient à Bernard Botzheim porte le nom de Zum Wolckenberg d’après un des propriétaires précédents, le barbier Jean Wolckenberg.

1667. La maison comprend trois bâtiments (bâtiment avant, bâtiment arrière et bâtiment latéral) comme le montre la vente à Gérard von Stœcken, docteur en droit originaire du Danemark, professeur à l’Université.

1707. Ses enfants vendent la maison au chirurgien major des hôpitaux du Roi, Pierre Duconte.

1713. Celui-ci la cède à Antoine d’Andlau, lieutenant-colonel et assesseur au Directoire de la Noblesse immédiate de Basse-Alsace, et son épouse Marie-Anne de Klinglin. Acquis au nouveaux courant architecturaux, ils entament la modernisation des deux ailes sur cour et notamment escalier d’honneur à rampe ouvragée en ferronnerie.

1730-1732. Antoine d’Andlau achète un terrain et un bâtiment détachés de la même parcelle. Le maçon Jean Martin Pfundstein est autorisé à remettre un oriel sur la façade en reconstruction et à employer autant de compagnons en surnombre qui seront nécessaires.

  • Jean-Martin Pfundstein (1680-1742) est né à Marktheidenfeld, près de Wurtzbourg, vers 1680 (selon l’hypothèse de Théodore Rieger).
  • Le 5 avril 1712, il se marie une première fois en l’église Saint-Pierre-le Vieux catholique, à Strasbourg, avec Marie Madeleine Mentzinger, déjà veuve deux fois et qui décède en 1728. Il se remarie alors en l’église Saint Marc, le 17 janvier 1729, avec Anne Eve Nické.
  • Il est reçu maître-maçon en 1712 à Strasbourg et présente son chef-d’œuvre de maîtrise.

1732-1734. Marie Anne de Klinglin, veuve d’Antoine d’Andlau et remariée au maréchal du Bourg, gouverneur de la province d’Alsace, achète la maison voisine Zum Koch. La construction est achevée en 1734 lors du partage de ses biens auquel est jointe une estimation qui fait état des changements intervenus depuis 1730.

L’hôtel est reconstruit par l’Architecte Jean-Martin Pfundstein. « La nouvelle façade en grès rose allie une élévation à la française à des réminiscences locales de la Renaissance germanique perceptible dans la toiture comme dans les balcons à l’allemande un peu anachroniques. L’un des deux, au nord, réutiliserait les consoles d’un oriel antérieur. A mettre au compte du classicisme, scansion verticale de la façade par des pilastres et la présence de larges bandeaux déterminant trois niveaux d’inégale hauteur ».

1737. Un fronton triangulaire coiffe les trois travées médianes ;  jusqu’en 1872, on pouvait y identifier les armoiries du grand prévôt du chapitre de la cathédrale, le prince Henri-Oswald de la Tour d’ Auvergne, à qui l’hôtel fut cédé en 1737.

  • Jean-Martin Pfundstein n’accède qu’en 1737 à la fonction d’échevin des Maçons. On lui doit essentiellement l’Hôtel d’Andlau (1732-1734). Théodore Rieger souligne que « l’harmonieuse façade de grès rose, d’allure parisienne, s’orne néanmoins de deux oriels de tradition strasbourgeoise« .
  • Il meurt le 9 avril 1743, l’inhumation ayant lieu en l’église Saint-Pierre-le-Vieux, âgé de 58 ans.

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18ème. Thionville en Luxembourg

A. 1659-1790. Thionville, capitale du Luxembourg français. Source : citations de l’article de Wikipédia

  • B. Les gouverneurs militaires de Thionville au 18ème siècle
  • C. Les fortifications de la citadelle aux 17ème et 18ème siècles

« Prise par le prince de Condé en 1643, la ville est cédée à la France par le traité des Pyrénées, qui consacre la défaite de l’Espagne (1659). Thionville devint alors la capitale du Luxembourg français, tout en étant réunie à la province des Trois-Évêchés (Évêché de Metz).

Les Français reprennent aussitôt les travaux de fortifications de la cité et Thionville devient, à la suite d’un édit de novembre 1661, le siège d’un bailliage rattaché au parlement de Metz et régi par la coutume de Luxembourg. La ville connaît alors une période de prospérité. Le nombre des communautés comprises dans le bailliage de Thionville était de 120 (ou 143 avec la seigneurie de Rodemack).

Thionville était le siège d’un archiprêtré faisant partie de l’archidiaconé de Marsal, auquel appartenaient environ 23 paroisses.

En 1790, la ville devient le chef-lieu d’un district qui comprend neuf cantons.

En 1792, la ville est assiégée par les troupes autrichiennes, renforcées par des bataillons de français émigrés, dont fait partie François-René de Chateaubriand. Les victoires et les annexions françaises ôtent à Thionville son rôle de ville frontalière et son importance stratégique.

B. 1643-1790. Les gouverneurs militaires de Thionville, Source : extraits du blog de Michel Persin, Histoire de Thionville, novembre 2020.

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Les gouverneurs de Thionville n’étaient pas des gouverneurs généraux mais des gouverneurs particuliers. Ils gouvernaient des places, en l’occurrence ici la citadelle de Thionville.

  • Lire la chronique du 24 mars 2021. Gouverneur général ou particulier. La chronique de ce jour fait en effet partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle.
  • Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.
  • Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.
  • Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Lire la suite, page 2…

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1633-1789. Le parlement de Metz

« Le parlement de Metz est une Cour de justice souveraine du royaume, créée en 1633 et supprimée en 1789, dont le ressort correspondait principalement au territoire des Trois-Évêchés, les principautés épiscopales de Metz, Toul et Verdun, conquises par Henri II en 1552 ; il incluait aussi les territoires du Luxembourg français (Thionville) et de la Frontière de Champagne (Sedan).

Les Trois-Évêchés, qui relèvent de l’Empire, sont conservés par la France lors des traités de Cateau-Cambrésis (1559) et de Vervins (1598) ; leur annexion au royaume de France est reconnue par l’Empereur au traité de Münster (1648) ».

Ouvrage de 1845 (Gallica). Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le parlement de Metz. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1633. Ce parlement est créé le 15 janvier par Louis XIII. « L’édit de création précise que les évêques de Metz, Toul et Verdun, l’abbé de Saint-Arnoul de Metz et le gouverneur de Metz sont et demeurent des conseillers de droit de cette cour, à qui sont accordés les mêmes droits, honneurs, prérogatives et privilèges qu’aux autres parlements de France.

Le parlement a le droit de remontrance à l’égard des nouvelles lois ; mais le roi peut le contourner en exerçant, en sa présence, un lit de justice.

Le parlement assume aussi les fonctions de Chambre des comptes, de Cour des aides et de Cour des monnaies.

L’édit de création du 15 janvier 1633 prévoit un premier président, six présidents à mortier et cinquante-quatre conseillers qui pouvaient siéger par semestre, sauf le chef de la Cour. Pour former cette première Cour, Richelieu a choisi d’y placer des magistrats d’autres ressorts dont les familles étaient restées fidèles au roi pendant les troubles de la Ligue.

Le parlement de Metz a été ensuite composé d’un Premier président, de douze présidents à mortier, de six conseillers d’honneur, de quatre conseillers chevaliers, de quatre-vingt-onze conseillers, tant clercs et laïcs, d’un procureur général, de deux avocats généraux et de sept substituts.

À la différence de la plupart des autres parlements, ses chambres sont renouvelées tous les six mois.

1634-1637. Pendant l’occupation du duché de Lorraine par les armées de Louis XIII, une cour souveraine est créée à Nancy, composée en majeure partie de magistrats détachés du parlement de Metz.

Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement est transféré à Toul. L’entrée solennelle a lieu le 16 avril 1637.

1658. Le parlement a séjourné vingt ans à Toul. Il réintègre Metz le 1er décembre, après des années de tractations.

En septembre 1658, le roi Louis XIV lui accorde ses lettres de noblesse. Les membres du parlement sont automatiquement anoblis au bout de vingt ans de carrière (ou s’ils meurent en fonction avant 20 ans).

1661. Une chambre des requêtes du palais est créée pour juger en première instance les causes des chapitres, des communautés et de certains privilégiés.

1679-1686. Il existe dans le parlement une Chambre de réunion, destinée à étudier les droits que Louis XIV pouvait avoir sur certains territoires, ce qui a fourni le prétexte de la guerre de la ligue d’Augsbourg.

1697. Le traité de Ryswick restitue des territoires réunis au Royaume de France par la Chambre de réunion du Parlement de Metz. Chronique du blog, Ryswick : Louis XIV restitue.

1766. Le duché de Lorraine intègre le royaume de France, à la mort de Stanislas Leczinski selon les termes du traité de Vienne de 1738 qui met fin à la guerre de succession de Pologne. Chronique du blog

B. Un parlement singulièrement entreprenant, 1766-1771. Source 2 : citations de René Bour, Histoire de Metz, Éditions Serpenoise, 2007, pp. 142-148.

1766. « Devenu une Cour provinciale, le parlement reprit son ancien rôle et s’occupa davantage des intérêts du Pays messin. Ceux-ci étaient bien connus car depuis la fin du siècle précédent, les deux tiers de ses  membres appartenaient à des familles du terroir. On le vit se pencher sur les problèmes économiques, essayer, par exemple, de ranimer le commerce du cuir (objet d’un mémoire en 1768) et prendre des mesures pour empêcher la cherté des vivres.

Les protestations du Parlement dégénérèrent en lutte ouverte. Lors du conflit qui avait opposé le duc d’Aiguillon au parlement de Rennes, Calonne, alors intendant à Metz, avait accusé plusieurs conseillers bretons d’avoir décrié le roi. Dans un esprit de solidarité, les conseillers messins décidèrent que l’intendant ne serait plus invité à siéger au parlement tant qu’il ne se serait pas justifié de ses imputations calomnieuses.

Calonne, peint par Vigée Le Brun

Le roi chargea le gouverneur militaire de tenir une sorte de lit de justice pour obliger le parlement à rayer la délibération concernant Calonne. Mais la cour protesta et fit de nouvelles démonstrations, cette fois en faveur de parlement de Paris.

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1697, Ryswick : Louis XIV restitue

Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg.

A. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« À la suite de la guerre de Hollande de 1678, Louis XIV, devenu le souverain le plus puissant d’Europe, avait agrandi le territoire du royaume, mais il restait insatisfait. En usant d’une combinaison d’agressions, d’annexions et de moyens quasi légaux, dont le paroxysme fut la brève guerre des Réunions (1683 – 1684), Louis XIV chercha immédiatement à étendre ses gains pour stabiliser et renforcer les frontières du royaume. La trêve de Ratisbonne qui en résulta garantissait l’extension des frontières de la France pour 20 ans.

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions.

Les combats principaux eurent lieu aux frontières françaises : dans les Pays-Bas espagnols, la Rhénanie, le duché de Savoie et la Catalogne. Le conflit fut dominé par des batailles de siège comme à Mons, Namur, Charleroi et Barcelone, tandis que les batailles rangées comme à Fleurus ou à La Marsaille furent plus rares.

Ces engagements tournèrent souvent à l’avantage des armées françaises, mais à partir de 1696 la France dut faire face à une grave crise économique. Les puissances maritimes (Angleterre et Provinces-Unies) étaient également ruinées ; lorsque la Savoie quitta l’Alliance, toutes les parties furent d’accord pour trouver un compromis ».

B. Les traités de Ryswick (1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Carte de l’Europe en 1700 après le traité de Ryswick et avant la guerre de succession d’Espagne (source : Wikipédia)

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« Le diplomate suédois Nils Lillieroot remplit la fonction de médiateur entre les belligérants. Les négociations traînaient en longueur. Louis XIV fit un ultimatum aux coalisés. La paix devait être signée avant le 20 septembre. Un délai supplémentaire fut accordé à l’Empereur Léopold Ier.

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Jésus trahi par Judas, par Pierre

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

Chronique 6. Jésus trahi par Judas, par Pierre

A. La trahison de Judas. Source : Wikipédia.

« Sur la trahison de Judas et sur sa mort, les seules informations que l’on ait proviennent de sources chrétiennes ». « L’historicité de ce personnage […] reste fragile et ne se fonde sur aucune certitude historique » selon Simon Mimouni. En effet, les récits de la mort de Jésus dans les évangiles sont destinés à l’édification des fidèles lors des pratiques liturgiques et n’ont pas été conçus comme des documents historiques.

D’après l’évangile selon Matthieu (26, 15), Judas, qui assurait le rôle de trésorier, livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente pièces d’argent. Dans les évangiles synoptiques, Jésus se trouvait au jardin de Gethsémani. Judas le désigne aux gardes en l’embrassant.

Judas perçoit les trente deniers, fresque de Giotto, Chapelle Scrovegni (Padoue), 1306. Source: Images Google

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Le Sanhédrin, rassemblant les autorités religieuses juives, et favorable au gouvernement colonial romain, condamna Jésus à mort (Matthieu, 26, 65-66), puis le mena devant Pilate, gouverneur romain de Judée.

L’Évangile selon Matthieu fait mourir Judas peu de temps après la condamnation de Jésus : pris de remords, il rapporta les pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j’ai péché en livrant un sang innocent… Alors, il se retira en jetant l’argent du côté du sanctuaire et alla se pendre (Matthieu. 27,5).

Judas embrasse Jésus pour le désigner aux soldats. Reims, Anonyme flamand, Beaux-arts, vers 1520

B. Jésus au Jardin des Oliviers. Source Wikipédia.

Jésus est représenté priant la nuit dans un jardin que l’on sait être celui du mont des oliviers à Jérusalem ; trois de ses disciples, Pierre, Jean et Jacques le Mineur, qui l’accompagnent sont endormis non loin. Des anges lui offrent un calice à boire (en acceptation de sa destinée). La présence dans le décor lointain de vues des murs de la ville de Jérusalem rappelle précisément le lieu.

Martin Schongauer. Le retable des Dominicains (vers 1480). Scènes de la Passion du Christ. Album de 13 photos.

De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020. Colmar, Musée Unterlinden.

Jésus au Mont des Oliviers. Disciples endormis.

On ne confondra pas cette scène avec la suite immédiate de l’arrestation au Jardin des Oliviers, qui comporte une cohorte de soldats romains, guidée par Judas, venue arrêter Jésus. Malgré cette précaution formelle, certains tableaux anticipent cet épisode proche et rassemblent dans une même composition, les deux épisodes par le principe de la représentation de la Storia de la narration médiévale et byzantine plutôt qu’une précision formelle de l’Espace chère à la Renaissance.

C. Le Reniement de Pierre. Source : Wikipédia.

Évangiles selon Matthieu 26-34 ; Marc 14-30 ; Luc 22-34 ; Jean 13, 38.

Chacun des quatre Évangiles rapporte qu’après l’arrestation de Jésus, l’apôtre Pierre, par peur de risquer lui aussi la mort, nie trois fois avoir eu aucune relation avec celui-ci. Puis, lorsque le coq chante, Pierre sort et pleure amèrement, au souvenir de l’annonce que le Christ lui a faite de cette lâcheté : avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois.

José de Ribera, 1591-1652, Exposition 2015, Strasbourg, musée des Beaux-arts, galerie Heitz.

Vers 1610. Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Le Reniement de Saint Pierre, vers 1610

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Metz, Toul, Verdun au 18ème siècle

Source : citations de l’encyclopédie Larousse : Les trois évêchés.

14ème et 15ème siècles. La France prend Metz, Toul et Verdun sous sa protection

« À la faveur du désordre qui règne en Lorraine au 14ème siècle, la France intervient dans cette région où elle convoite, en particulier, les trois cités épiscopales de Metz, Toul et Verdun, qui tiennent des positions stratégiques et possèdent chacune d’importants domaines.

Menacés par le duc de Lorraine, par les comtes de Bar et de Luxembourg et par le duc de Deux-Ponts, Toul (1300) et Verdun (1315) acceptent la Garde française. Reprenant à son compte la politique française, Louis d’Orléans prend sous sa protection ces deux cités (1402-1407).

Au cours d’une expédition en Lorraine (1444-1445), Charles VII rétablit la Garde française sur Toul et Verdun et tente en vain d’attirer Metz dans sa vassalité.

Annexion des Trois-Évêchés par la France

1544. L’invasion en Lorraine des troupes de Charles Quint, qui s’avancent jusqu’à Meaux, détermine les trois villes, trop faibles pour assurer leur défense, à choisir pour maître le roi de France, désireux, quant à lui, de renforcer la frontière du nord-est du royaume par l’annexion de ces cités.

1552. Profitant des luttes intestines de l’Empire, Henri II conclut le traité de Chambord (15 janvier) avec les princes protestants allemands qui lui accordent – moyennant la promesse de subsides – le droit d’occuper les villes d’Empire de langue française, notamment Metz, Toul et Verdun, en qualité de vicaire d’Empire. En avril, le roi entre à Toul et à Metz, puis occupe Verdun en juin.

1553. Le siège victorieux que soutient à Metz le duc François de Guise contre Charles Quint (octobre 1552-janvier 1553) assure à la France la possession des Trois-Évêchés, où la suzeraineté de l’Empire demeure cependant reconnue en principe.

1631-1632. Les biens temporels des évêques de Metz, Toul et Verdun sont saisis.

1648. L’annexion de facto n’est transformée en annexion de jure que le 24 octobre 1648 au traité de Münster (traités de Westphalie). Les Trois-Évêchés forment dès lors un gouvernement et une généralité (ou intendance) placés sous l’autorité d’un gouverneur et d’un intendant installés à Metz. Mais ils avaient perdu définitivement leur indépendance dès 1633 avec la création à Metz d’un parlement.

1659-1661. Les trois-évêchés s’agrandirent ensuite du Luxembourg français, partie du duché de Luxembourg cédée à la France par le traité des Pyrénées (1659), puis d’un corridor, cédé à la France par le traité de Vincennes (1661). Ces territoires et les duchés de Bar et de Lorraine formaient jusqu’alors une mosaïque territoriale complexe, objet de conflits récurrents.

Les Trois-évêchés en 1789

Dotés des institutions françaises, les Trois-évêchés deviennent un pays de salines en ce qui concerne la gabelle et un pays d’étranger effectif au point de vue des traites : à ce titre, ils commercent librement avec les pays étrangers, mais se heurtent à un dense réseau de douanes du côté des provinces françaises.

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