Archives de Catégorie: AF. Histoire 16-17èmes siècles

1765. Façade de St-Thomas-d’Aquin

Saint-Thomas-d’Aquin, Paris (de 1683 à 1765). Architecte Pierre Bullet, pour l’ensemble de l’église. Père Claude Navan pour la façade (1765).

Diaporama de 23 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

A. Source : citations de Patrimoine – Histoire – Paris.

« En 1632, au cœur du faubourg Saint-Germain, les Dominicains installèrent le noviciat général de l’ordre de Saint-Dominique. Une chapelle dédiée bien sûr au saint patron de leur ordre fut édifiée. La population du quartier s’accroissant et les largesses du cardinal de Richelieu s’ajoutant à celles des fidèles, c’est tout un monastère qui fut construit en 1682.

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La construction de la nouvelle église commença dès 1683 sur les plans de l’architecte Pierre Bullet (1639-1716), ingénieur du Roi et de la ville de Paris. Elle est de style classique, d’inspiration baroque italien. Sous une voûte en berceau, la nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein-cintre. Les piliers sont ornés de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

La chapelle Saint-Louis est ajoutée en 1722.

Le plafond est décoré de la peinture de François Lemoyne (1688-1737) : La Transfiguration.

La façade n’est élevée qu’en 1765 selon les dessins d’un religieux du couvent, le père dominicain Claude Navan (1697-1774). De style classique, elle présente un ordre dorique en bas et ionique en haut.

Le tympan du fronton est une œuvre de François-Charles Butteux (1732-1788). Intitulée La Religion, elle est datée de 1769. Appuyée sur la Vérité, elle fait face aux tables de la Loi.

Bas-relief : la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique de Théodore-Charles Gruyère (1814-1885). Œuvre de 1867.

À la Révolution, les ordres et les congrégations sont supprimés, les religieux expulsés. Le couvent devient manufacture d’armes, puis musée d’Artillerie. L’église est érigée en paroisse en 1791 et dédiée à saint Thomas. Dépouillée de ses biens, elle est confiée au club des Jacobins en 1793 et devient Temple de la Paix.

L’église Saint-Thomas-d’Aquin est rendue au culte catholique en 1803. Aux XIXe et XXe siècles, ses richesses perdues furent remplacées par de nombreuses œuvres d’art données par la Ville de Paris ».

B. Source : citations du site de la paroisse.

« L’église du couvent des dominicains a été construite en 1631 sur l’ancien emplacement du jardin de la reine Margot. Elle n’est pas «orientée» et se trouvait alors dans l’axe d’une allée de tilleuls, face à l’Hôtel de LUYNES. Couvent et église sont démantelés en 1791. L’église est rendue au culte en 1803 et devient la paroisse Saint Thomas d’Aquin mais elle ne sera de nouveau consacrée par Monseigneur FELTIN qu’en 1950.

Le mur de l’abside de l’église s’étant effondré en 1722, les dominicains décident de créer leur propre chœur. Ils confient la réalisation de la Transfiguration sur le plafond de leur chapelle à François LEMOYNE (1688-1737). La statue de la chapelle de la Vierge est de Gilles GUÉRIN (qui a réalisé les chevaux du bassin d’Apollon à Versailles). 

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Restaurer le portail Saint-Laurent

Journées européennes du Patrimoine, Strasbourg, Cathédrale Notre Dame, Le portail Saint-Laurent, Samedi 18 septembre 2021.

Visite du chantier de conservation-restauration (2020-2024). Montée dans les échafaudages. Explications fournies par Alexandre Cojannot conservateur à la DRAC, Frédéric Degenève tailleur de pierre et responsable des ateliers de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, Aymeric Zabollone tailleur de pierre et chargé des études, et il y avait aussi Nicolas Eberhardt tailleur de pierre et appareilleur. La voûte en béton recouvert de plomb n’est évidemment pas d’origine et pose bien des problèmes ; le béton n’est pas l’ami du grès !

Source écrite : larges extraits du dossier de l’Œuvre Notre-Dame.

48 photos de Pierre Dubois (19 septembre) : monter sur le toit du portail (diaporama de 24 photos), dessin du portail et statues du musée de l’œuvre Notre Dame (diaporama de 24 photos).

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« La façade de l’ancienne chapelle Saint-Laurent, dite portail Saint-Laurent, située sur le côté nord de la cathédrale, est érigée entre 1494 et 1505 sous la direction du maître d’œuvre Jacques de Landshut. Ce chef-d’œuvre est un parfait exemple de l’art gothique flamboyant où s’entremêlent prouesses techniques et artistiques.

L’Œuvre Notre-Dame, Loge Suprême du Saint Empire Romain Germanique depuis 1459, est au sommet de sa notoriété grâce à l’achèvement de la flèche de la cathédrale, vingt ans plus tôt. Elle fait notamment appel à deux sculpteurs de renom Conrad Sifer et Jean d’Aix-la-Chapelle qui réaliseront le programme iconographique du portail Saint-Laurent.

Ce programme est consacré au martyre de saint Laurent, le saint patron de la paroisse du même nom dont l’ancienne chapelle paroissiale était située dans l’aile nord du transept de la cathédrale.

L’iconographie des contreforts reflète en partie celle de l’ancien portail du transept nord avec la représentation de la Vierge à l’Enfant, entourée des trois Rois mages (détruit lors de la Révolution).

  • Le contrefort est du portail présente ainsi la Vierge à l’Enfant et les trois Rois mages, accompagnés d’un serviteur Maureé.
  • Le contrefort ouest du portail figure aujourd’hui saint Laurent, accompagné du pape Sixte, saint Étienne, saint Jacques et saint Maurice. Le dessin conservé au Musée de l’œuvre depuis plus de cinq siècles (ci-dessous) figure effectivement saint Laurent, mais les saintes femmes sont disparues. Qui a pris la décision de substitution?

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Nantes, 18ème. Mort d’une université

Nantes 18ème. Mort d’une université

L’université ducale de Bretagne est fondée à Nantes en 1460. Une tentative de déplacement de l‘université de Nantes à Rennes a lieu dès la fin du 16ème siècle ; elle n’aboutit pas. Dès le début du 18ème, l’université entre en déclin ; sa faculté de droit est transférée à Rennes en 1735. Toutes les universités du royaume sont fermées au moment de la Révolution. Nantes ne verra rouvrir une université sur son territoire qu’à la suite d’un décret du 29 décembre 1961.

A. La fondation de l’université à Nantes en 1460. Les premières mises en cause dès le 16ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia, Université de Nantes.

« L’université ducale de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le 4 avril 1460, à l’initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle pontificale du pape Pie II, donnée à Sienne, que l’évêque de Nantes Guillaume de Malestroit promulgua le 21 juillet suivant en qualité de protecteur de la nouvelle institution avec le titre de Chancelier et la dota 5 000 saluts d’or.

Charte de fondation

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Celle-ci incarne le vœu de François II d’affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu’aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s’ouvrent des universités.

Une première tentative de déplacement de l’université de Nantes à Rennes a lieu à la fin du 16ème siècle : le roi Henri IV cherchant ainsi à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L’université reçoit par lettre patente du 8 août 1589 l’ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L’institution n’est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du 5 septembre 1591 réitère cet ordre de transfert, mais là encore reste inappliquée. Une dernière lettre patente d’avril 1598 fixe la situation en confirmant l’établissement de l’université à Nantes ».

2. Louis XIV et l’enseignement du droit français. Source : extraits d’Info-Bretagne, Faculté de droit.

« L’édit de 1679, par lequel Louis XIV exige que le Droit français, contenu dans les ordonnances royales et les coutumes, soit enseigné publiquement aux futurs avocats, aurait pu rendre un peu de vie à la faculté de Droit, si le Roi avait pris en même temps des mesures pour faire vivre le professeur nouveau.

Et afin de ne rien omettre, dit-il, de ce qui peut servir à la parfaite instruction de ceux qui entreront dans les charges de judicature, nous voulons que le Droit français soit enseigné publiquement, et à cet effet, nous nommerons des professeurs qui expliqueront les principes de jurisprudence française (Archives de la mairie).

Dès 1681, l’avocat Douteau accepta d’occuper la chaire nouvelle, et son cours se continua pendant 17 ans, bien que le Roi eût négligé de lui assurer un traitement. En 1698, son grand âge lui fournissant un prétexte pour se retirer, il s’empressa de résigner ses fonctions. Personne ne s’étant présenté pour le remplacer, la chaire demeura vacante pendant près de 25 ans.

L’enseignement du Droit ne fut repris que le 18 novembre 1722, par le Sieur Bizeul, docteur agrégé en l’Université de Nantes, qui, pour ses honoraires, était autorisé à prélever sur chaque étudiant une taxe de 6 livres d’inscription dont le produit, bon an mal an, valait environ 300 livres. Pour l’encourager, les États de Bretagne lui accordèrent, en 1724, une gratification de 1,000 livres à laquelle il ajoutait les revenus de son grade d’agrégé, soit 25 livres. Le sieur Bizeul s’étant plaint d’être moins bien traité que ses collègues, l’intendant fit une enquête de laquelle il ressortit que chaque chaire de professeur de Droit civil ou canonique rapportait 1 862 livres, et que les émoluments du sieur Bizeul ne dépassaient pas 516 livres.

Les querelles intérieures qui agitèrent l’existence de la faculté de Droit ne mériteraient pas d’être signalées, si elles ne nous apprenaient quels rapports existaient entre les professeurs et les élèves.

Dans la contestation qui s’éleva en 1723, à propos de la présidence des thèses, le Conseil du Roi intervint par un arrêt, du 12 mai, qui fixe le droit de présidence à 9 livres, sans compter les droits des professeurs qui tous ensemble n’auront pas plus de 80 livres (Archives d’Ille-et-Vilaine, F 95). Par le même arrêt, il est enjoint aux professeurs de ne pas s’ingérer dans les répétitions de Droit, mais de laisser aux étudiants la liberté de choisir parmi les agrégés ; il est également défendu de prélever des taxes abusives et de dispenser des étudiants de l’examen sur le Droit français.

Depuis que la Faculté était sortie des salles primitives de la rue Saint-Gildas, elle n’était pas parvenue à trouver un local convenable pour ses leçons. En 1732, ses exercices, même les plus solennels, se passaient dans une sale obscure et malsaine qu’elle louait au couvent des Carmes ».

3. Le transfert du droit à Rennes. Source : capture de pages de B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Histoire ancienne de notre université, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, Année 1948, 55-1, pp. 156-182.

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Nantes, Jardin des plantes (1726)

« Avec sept hectares de verdure en plein centre ville, plus de dix mille espèces vivantes et plus de 50.000 fleurs plantées chaque saison, le Jardin des Plantes de Nantes figure aujourd’hui parmi les quatre grands jardins botaniques de France. En 150 ans, les collections se sont enrichies et spécialisées. Le Jardin dispose de 800 mètres carrés de serres ».

Diaporama de 17 photos.

La Dormanron. Cliquer sur les images pour les agrandir

Les prémices du Jardin des plantes : le jardin des Apothicaires (source : citations de Wikipédia).

« C’est en 1687 que fut créé le premier jardin botanique de la ville de Nantes. Les maîtres apothicaires se voient confier la jouissance d’un terrain situé à l’ouest de la ville. Ce jardin se situe alors dans le quartier où sera construite la Tour Bretagne au XXe siècle. Il est uniquement destiné à la culture des végétaux. Ainsi, au XVIIIe siècle, la ville ne comporte pas de jardins particulièrement signifiants destinés à la promenade.

Ce jardin se développe sous l’action de Pierre Chirac (1657-1731), intendant du Jardin du Roi. Ce dernier comprend vite le rôle que peut jouer un jardin botanique qui se situe dans un port alimenté par un fort trafic de produits exotiques et qui, grâce à la Loire, permet un accès aisé vers Paris. Chirac y voit un lieu idéal pour favoriser l’acclimatation des plantes tropicales rapportées par les navigateurs de leurs lointaines escapades ».

18ème siècle

1711. Source : blog, La terre est un jardin. « Revenant d’une expédition aux Amériques en 1711, le voilier Saint-Michel rapporte à son bord un jeune Magnolia grandiflora d’abord identifié comme laurier-tulipier. Passionné de botanique, René Darquistade (1680-1754) est l’armateur du navire. Il fait fi des instructions du roi qui veulent que chaque nouvelle plante intègre d’abord le jardin botanique royal. Par deux fois, il sera maire de Nantes (1735-1737 et 1740-1747).

  • Le Magnolia grandiflora est débarqué discrètement et on l’installe dans son château de la Mallardière, au sud de Nantes. Le Magnolia végète pendant une vingtaine d’années dans l’orangerie avant d’être plantée en plein air près des dépendances du château. Le sujet revit et fleurit abondamment. L’arbre est multiplié par des marcottes aériennes et planté, de parcs en jardins, affirmant la notoriété botanique de Nantes qui accueille aujourd’hui la collection nationale française de Magnolia.

1719. L’action de René Darquistade permet au jardin des apothicaires de devenir un Jardin royal des plantes, subordonné au Jardin du Roi.

1726. Le développement de ce jardin se trouve considérablement encouragé par l’ordonnance royale prise le 9 septembre par Louis XV pour assujettir les Capitaines des Navires de Nantes d’apporter Graines & Plantes des Colonies des Païs Etrangers, pour le Jardin des Plantes Médicinales établi à Nantes.

Le succès de cette mesure est tel que le Jardin des apothicaires s’avère vite trop petit pour accueillir toutes les plantes. Cependant, la Révolution française survient sans qu’un autre emplacement ait été trouvé.

1793. Mise en place d’un Jardin des plantes à l’est de Nantes. La Convention nationale prend un décret qui marque la réorganisation des jardins botaniques en France. Il y est notamment décidé la création dans chaque département d’un jardin botanique de quatre arpents.

François Lemeignen (1732-1803), médecin originaire de Machecoul, se bat alors pour qu’un tel jardin soit créé à Nantes. Il propose de l’implanter dans le couvent des Ursulines fondé en 1626. Celui se trouve à l’est de la ville entre le faubourg Saint-Clément et celui de Richebourg, à peu de distance du cours Saint-Pierre ».

19ème siècle

1806. « Le 26 février, le préfet Belleville prend un arrêté définissant les limites du jardin botanique qui s’implante alors définitivement sur un terrain attenant à l’ancien couvent des Ursulines. Le tracé du jardin est confié à l’architecte-voyer nantais Félix-François Ogée.

1806. C’est à Gand que Ferdinand Favre, futur maire de Nantes, découvre le camélia. Il fait venir à grand frais les premières graines d’Angleterre. Il les sème et obtient sept mille plants dans sa propriété située près de Sorinières ».

Jean Alexandre Hectot (1769-1843).

« Apothicaire et botaniste, il est nommé directeur de ce nouveau jardin des plantes qui a désormais trouvé son emplacement définitif.

« Quand Hectot prend la succession de Lemeignen, la situation est moins brillante que jamais (source : les jardins de Nantes). Hectot fait lui-même l’inventaire de ce que son prédécesseur lui a légué. Je récupérais, en tout et pour tout, quelques instruments aratoires, une cinquantaine d’espèces de plantes en pots, environ 150 de pleine-terre, plus une boîte de graines reçue du Jardin Royal de Paris.

Devant cette pénurie, Hectot fait l’avance des fonds nécessaires à l’établissement. J’avoue que sans l’amour de la botanique j’aurais tout abandonné par la gêne où cette chose me mettait. Ses propres cultures et les échanges faits avec les autres jardins botaniques lui permettent bientôt de constituer une collection riche pour une ville de province.

Faute de locaux suffisants, Hectot hiverne ses végétaux fragiles dans les serres du Jardin des Apothicaires dont il a toujours la responsabilité ».

Jean-Marie Écorchard (1809-1882) est un médecin et botaniste.

Après des études de médecine à l’université de Rennes, il s’intéresse à la botanique et devient l’élève d’Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) à Genève.

1836. Le 30 mai, il est nommé pour assurer la chaire de botanique du jardin des plantes de Nantes créée par le conseil municipal le 5 juin 1835.

1840-1882. Il consacre dès lors plus de 40 ans à l’aménagement et à l’embellissement du Jardin des plantes dont il devient directeur le 1er janvier 1840. Il enrichit les collections de Magnolia grandiflora, Magnolia denudata, de Camellia japonica. Des plantes exotiques arrivent des îles Bourbon, de Pointe-à-Pitre et des Indes.

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1722. Dijon, université mort-née

Dijon, 1722. Une université mort-née. Source principale. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé, gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages.

A. Vers l’université de Bourgogne (source)

1422. Les écoles publiques de Dijon jouissent au Moyen Âge d’une grande réputation. Aussi, la création de l’université de Dôle, en 1422, vont leur porter gravement atteinte, car elles se voient privées d’étudiants et surtout des étrangers. L’université de Dôle était une université fondée pour les deux Bourgogne (comté et duché), par le duc Philippe le Bon.

  • Histoire de l’université du Comté de Bourgogne, par Nicolas-Antoine Labbey de Billy, ancien vicaire général de Langres, professeur d’histoire de l’Académie Royale de Besançon, Président annuel de l’Académie des Belles-Lettres de cette même ville, Tome second, 1815, Imprimeur Mourgeon.

1424. « Les Recteurs et autres Officiers de l’université furent très longtemps choisis parmi les élèves. Les nominations qui d’abord se renouvelaient de six en six mois, ne furent plus faites, à partir de l’année 1464, qu’une fois chaque année.

Antoine Desnoyers, premier Recteur de l’université, fut ensuite Archidiacre d’Autun, bailli de Macon en 1431, vers le Duc de Savoie de la part du Duc de Bourgogne. Sa famille était noble et ancienne dans le Comté de Bourgogne »…

1425. Fondation de l’université de Louvain, par le duc Jean de Bourgogne (duc Jean IV de Brabant), ainsi que par les autorités municipales de la ville de Louvain (source). Cette fondation fut confirmée par une bulle papale de Martin V.

1516. À la demande du maire et des échevins appuyés par Georges de la Trémoille, gouverneur de la province de Bourgogne, François Ier de France (1515-1547) institue à Dijon une université avec quatre facultés en 1516, mais cette décision reste lettre morte, même si les patentes royales sont très flatteuses pour les Dijonnais.

1531 et 1581. Le Collège des Martinots (fondé en 1531), puis le collège jésuite des Godrans (fondé en 1581), en exécution du testament d’Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, tentent avec plus ou moins de succès de pallier cette situation.

1691. « À la suite de la conquête de la Franche-Comté en 1678, le roi Louis XIV fait transférer l’université de Dôle à Besançon, nouvelle capitale de la Franche-Comté. Ce transfert incite les États de Bourgogne à solliciter du roi Louis XIV la création d’une université à Dijon. Les deux villes deviennent alors rivales.

B. 1710. L’entrée en scène du Gouverneur de Bourgogne, Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740). Celui-ci est né à Versailles le 18 août, 7e prince de Condé (1710), duc de Bourbon, duc d’Enghien et duc de Guise, pair de France, duc de Bellegarde et comte de Sancerre.

A la mort du son père, il devient Prince de Condé. On l’appela cependant Monsieur le Duc, la maison de Condé ayant renoncé au titre de Monsieur le Prince, au profit de la maison d’Orléans.

Il devient également Gouverneur de la province de Bourgogne.

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Poêles à carreaux de céramique

18ème siècle. Kachelofe est un poêle à carreaux de céramique ; Kunscht est un Kachelofe auquel a été accolée une banquette, chauffée en sortie de four. Le Musée alsacien de Strasbourg possède ces deux types.

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A. Kachelofe, poêle à carreaux de céramique. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Un Kachelofe ou Kachelowe (terme alsacien), littéralement four ou poêle ou poêle de masse en carreaux de céramique (terre cuite vernissée ou faïence). Il est caractérisé par son foyer fermé ».

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« Kunscht est un appareil le plus souvent à banquettes, adossé à un mur. La fumée chaude de la cuisinière adossée à l’autre face du mur, est captée pour circuler à l’intérieur des banquettes. Ce récupérateur de chaleur a été inventé simultanément à Constance et à Strasbourg au milieu du XVIe siècle et est resté en usage dans les secteurs ruraux du sud de la Forêt-Noire et de l’Alsace, et en Suisse jusqu’au milieu du XXe siècle ».

Le poêle de masse, appelé aussi poêle à inertie, est un appareil de chauffage à accumulation. Il se caractérise par sa capacité à absorber rapidement l’énergie provenant de la combustion du bois puis à la restituer durant une longue période.

Il se compose de 3 éléments principaux  :

  • Le foyer, c’est l’espace où a lieu de chargement et la combustion du bois.
  • Le récupérateur de chaleur, un système de chicanes par lequel les fumées sortant du foyer transitent et transmettent leur énergie à l’habillage du poêle. Le récupérateur a une fonction d’échangeur de chaleur entre le foyer et l’habillage.
  • L’habillage, ou le manteau extérieur du poêle, qui absorbe la chaleur émise par le foyer et le récupérateur de chaleur, pour la stocker, puis la diffuser par rayonnement dans la maison ».

B. Vidéos. Sébastien Koehler, passionné des poêles en carreaux de faïence (Youtube 5’07).

La restauration des Kachelofe : un savoir-faire en voie de disparition ? (Youtube 3’41). 

D. Musées du Grand Est : collections de poêles en faïence

« Généralement situé dans la pièce de vie , le poêle au 18ème tend à rivaliser avec le mobilier. Le corps de ce poêle s’ordonne en trois niveaux surmontés par un couvercle à pignon.

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Église de Brou. Les 3 tombeaux

Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse (66 photos de Pierre Dubois, 16 et 17 juillet 2021).

  • Diaporama 1 : 28 photos. L’Église Saint-Nicolas de Tolentin (1505-1532). La façade occidentale, les cloîtres, le jubé.
  • Diaporama 2 : 18 photos. Tombeaux de Marguerite de Bourbon, de Philibert II de Savoie, de Marguerite d’Autriche.
  • Diaporama 3 : 20 photos. Vitraux de l’église. Philibert de Savoie et Marguerite d’Autriche représentés à genoux.

Source. Extraits de Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse, Patrimoine de l’Ain.

« Fille de l’empereur Maximilien de Habsbourg et petite-fille du dernier grand-duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche (1480-1530) est veuve à 24 ans de Philibert le Beau, duc de Savoie, qui meurt en 1504 après une partie de chasse. Dès 1506, elle décide de bâtir aux portes de la ville de Bourg en lieu et place d’un modeste prieuré bénédictin, le monastère royal de Brou pour perpétuer sa gloire et le souvenir de l’amour qu’elle portait à son époux, mais aussi son ambition politique d’héritière du duché de Bourgogne et de régente des Pays-Bas.

Suite à la décision de la princesse d’être inhumée aux côtés de son époux, il s’agit désormais de construire un écrin digne de son rang qui abritera trois somptueux tombeaux : ceux de Philibert le Beau, de sa mère, Marguerite de Bourbon (1438-1483), et le sien propre. En souvenir du jour de la mort de Philibert, Marguerite exige que l’église soit placée sous le vocable de saint Nicolas de Tolentin, moine augustin italien très populaire en Savoie.

Nommée en 1506 régente des Pays-Bas pour le compte de son père puis de son neveu l’empereur Charles Quint, Marguerite suit depuis la Belgique ce chantier exceptionnel, rapidement mené (1505-1532). Elle y envoie les meilleurs maîtres d’œuvre et artistes de toute l’Europe, dont l’architecte de renom Loys Van Boghem qui succède à Jean Perréal.

En juillet 1513, la première pierre de la nouvelle église est posée. Il ne faudra que 26 ans pour construire ce magnifique chef d’œuvre, ce qui est exceptionnel à cette époque. Marguerite s’éteint le 1er décembre 1530, sans avoir vu son œuvre achevée. Son corps est inhumé à Brou en juin 1532.

Les bâtiments monastiques. Dans les premières années du chantier, la priorité est donnée à l’établissement convenable des moines augustins de Lombardie chargés de prier pour les illustres personnes enterrées à Brou. Édifiés de 1506 à 1512, les bâtiments monastiques s’articulent autour de l’église et de trois cloîtres ».

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« Chacun répond à une fonction particulière : le premier, lieu de transition entre le monde extérieur et la communauté des moines, abrite aussi les appartements de Marguerite d’Autriche ; le second, le plus vaste, remplit la fonction traditionnelle de lieu de médiation et de promenade pour les moines ; le troisième, séparé des deux autres par le grand corps du bâtiment principal, répond aux besoins pratiques de la vie monastique ; le style bressan de son architecture conduit à penser qu’il a été réalisé par des maîtres-maçons locaux. Le rez-de-chaussée abrite les salles de la vie communautaire des moines, dont deux salles capitulaires et le réfectoire. A l’étage, un vaste couloir plafonné à la française dessert les cellules avec antichambre réparties sur toute la longueur du bâtiment.

« L’aisance financière des moines du vivant de Marguerite d’Autriche s’estompe progressivement et l’entretien des bâtiments devient de plus en plus lourd. Les moines augustins déchaussés français qui leur succèdent, demeurent néanmoins à Brou jusqu’à la Révolution française, date à laquelle ils sont contraints d’abandonner les lieux.

Le bâtiment est saisi comme bien de la nation. Thomas Riboud, procureur général syndic de l’administration départementale, obtient de l’assemblée constituante que Brou soit classé monument national ce qui le garantit de toute destruction. Dès 1791, l’église sert de grenier à fourrage pour l’armée ; les bâtiments monastiques sont reconvertis en caserne pour les invalides et la garde départementale, et en prison pour les prêtres réfractaires.

L’église du monastère, unique en France par son style bruxellois, s’impose par sa remarquable toiture. Les travaux de restauration engagés de 1996 à 2000 ont restitué, conformément aux dispositions d’origine, le haut comble à deux versants pentus couvert de tuiles vernissées de quatre couleurs disposées en losange. Cette toiture d’inspiration bourguignonne affichait au loin l’ambition politique de la princesse à recouvrer le duché de Bourgogne ».

« Bâtie selon un plan traditionnel en croix latine à transept saillant, l’église exprime la virtuosité qui caractérise l’art gothique flamboyant. Les fastes du style s’épanouissent à profusion dans cette dentelle de pierre. Ce ne sont que cannelures, niches, pinacles, arcatures, archivoltes festonnées, feuilles de choux frisés… formant un exceptionnel ensemble artistique à l’aube de la Renaissance ».

« La nef dépouillée contraste avec le chœur qui concentre toute la splendeur décorative. Sobre et voûtée d’ogives, elle est flanquée de bas-côtés et de chapelles. La lumière pénètre largement à travers les verres clairs de ses grandes baies en arc brisé. N’étant pas une église paroissiale, mais un mausolée dans lequel ne priaient que les moines augustins, elle ne contient aucun banc pour les fidèles.

Le jubé a été conçu, non seulement pour séparer la nef du chœur, mais aussi pour porter une galerie. Abondamment décoré d’une dentelle de pierre, il développe trois arcades en arc surbaissé au-dessus desquelles un passage protégé par des balustrades permettait la circulation de Marguerite d’Autriche entre son oratoire et ses appartements privés ».

« Un somptueux dallage coloré et figuré ornait le sol du chœur. En faïence polychrome fragile, il a disparu progressivement sous les pas des visiteurs. Seuls 200 carreaux sont conservés aujourd’hui sur près de 9 000 à l’origine. Leur vocabulaire décoratif se rattache à la Renaissance avec une grande variété de personnages antiques, trophée d’armes ou d’instruments de musiques, entrelacs dans des tons de bleu et ocre jaune.

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Marguerite d’Autriche (1480-1530)

Marguerite de Habsbourg-Bourgogne, archiduchesse d’Autriche (1480-1530), fut successivement princesse de Bourgogne, fille de France, infante d’Espagne, duchesse de Savoie, régente des Pays-Bas.

Fortune de Marguerite d’Autriche

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Source : larges extraits de l’article de Wikipédia. Photos d’œuvres du musée du monastère de Brou.

1480. « Petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche est le second enfant (après Philippe, futur roi de Castille) de l’empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne.

1482. Le traité de paix d’Arras, accompagné d’une alliance matrimoniale, est signé le 28 avril. Que ce soit du côté français ou bourguignon, cette paix, qui met fin à quinze ans de guerre, est bien accueillie par la population, lassée de cet éternel conflit entre le Royaume de France et la Bourgogne.

1483 (Marguerite a 3 ans). Comme le veut la coutume, le 24 avril, à l’âge de 3 ans, la petite Marguerite part de Bruxelles escortée par la délégation bourguignonne. Elle est rejointe à Hesdin par Anne de France, fille de Louis XI et régente du Royaume, et par son mari, Pierre de Bourbon pour ensuite être conduite à Amboise le 22 juin, où les fiançailles avec Charles VIII sont célébrées. À Plessis-Lèz-Tours, elle est élevée en fille de France par Madame de Segré, sous la houlette de la princesse Anne de France, dame de Beaujeu. Surnommée la « petite reine », Marguerite reçoit une éducation soignée concentrée sur les langues et les arts, et elle est entourée de beaucoup d’égards, de tendresse et de soins.

1491 (11 ans). Le 17 novembre, influencé par Anne de France et pour des raisons politiques, Charles VIII se résout à répudier Marguerite afin d’épouser Anne de Bretagne. Marguerite, meurtrie, gardera toute sa vie une profonde rancœur à l’égard de la France.

1493 (13 ans). Le Traité de Senlis est signé le 23 mai et Marguerite est restituée à son père avec une grande partie de sa dot. Elle reprend donc le chemin des Pays-Bas. Son père, dans le but de lutter contre la France, se rapproche des Rois catholiques ».

Retrouvailles de Marguerite d’Autriche avec son père l’Empereur Maximilien, près de Cambrai, d’après Alexandre Colyn, après 1566 ou 19ème siècle, relief en tilleul.

« 1497 (17 ans). Le 3 avril, Marguerite d’Autriche épouse Jean d’Aragon. La lune de miel ne dure que six mois, puisque Jean, de santé fragile, décède dès le 4 octobre. Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon sont dévastés par la mort de leur fils mais, Marguerite étant enceinte, ils espèrent qu’un nouvel héritier le remplace. Leurs prières ne sont malheureusement pas entendues car elle accouche d’un enfant mort-né. Marguerite, effondrée, demeure encore deux ans en Espagne, puis rejoint Bruxelles.

1501 (21 ans). Devenue veuve, elle reste ensuite aux Pays-Bas pendant quelques années le temps que son frère et son père s’accordent à la marier de nouveau à un potentiel allié de la maison austro-bourguignonne. Le choix se porte rapidement sur Philibert II, dit Philibert le Beau, duc de Savoie qui a tout juste 20 ans, dont le territoire se trouve à la frontière entre la France et l’Italie. Le 3 décembre, elle épouse le duc. Celui-ci lui fait découvrir les joies de la chasse, des joyeuses entrées dans les villes, mais aussi les subtilités de la politique.

Marguerite a désormais une grande influence sur son mari et, sans doute mortifiée par la rupture des fiançailles françaises et par fidélité dynastique, elle oriente la politique du duché dans le sens des intérêts de son père, l’empereur Maximilien et de son frère Philippe. La Savoie sort de l’orbite française pour entrer dans celle de la maison de Habsbourg ».

Mariage de Marguerite et Philibert, vitrail de l’église du monastère de Brou, 1ère moitié du 16ème siècle

Armoiries et devise de Marguerite d’Autriche, Fortune infortune fort une

1502 (22 ans). Marguerite et Philibert s’installent à Pont-d’Ain.

1504 (24 ans). Leur bonheur est éphémère : le 10 septembre, Philibert meurt à vingt-quatre ans, des suites d’un accident de chasse. Ainsi, Marguerite se retrouve veuve pour la troisième fois (si l’on compte le roi de France) et sans enfant. Elle refuse de se marier de nouveau, malgré les propositions faites par son père et son frère.

Pendant deux ans encore, elle reste en tant que duchesse douairière en Savoie et décide également d’ériger un monument à la mémoire de son époux : le monastère royal de Brou. Voulant réaliser le vœu de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon, qui avait également voulu ériger un monument pour son époux, elle utilise les moyens importants dont elle dispose afin de construire le monastère.

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Carte de France, 1552 à 1798

Carte de France : agrandissement du territoire de 1552 à 1798

Source : Chronologie de la France sous Louis XIV, Wikipédia. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Mulhouse : ultime territoire intégré dans la France, au cours de la période 1552-1798.

La Réunion de Mulhouse à la France est le rattachement voté par les citoyens de la République de Mulhouse, fondée en 1347 à la toute jeune République française le mars 1798. Le terme a été préféré à ceux de rattachement ou d’annexion. Source : Wikipédia.

1798. Traité de réunion de la république de Mulhausen à la république française. 12 articles. Source : Wikisource

« Le Directoire exécutif de la République française, instruit que les vœux du magistrat, conseils, citoyens et habitants de la république de Mulhausen se déclaraient pour la réunion à la République française et l’incorporation à la grande nation, et voulant donner aux plus anciens alliés de la France une dernière preuve de son amitié généreuse, a nommé le citoyen Jean-Ulric Metzger, membre de l’administration centrale du département du Haut-Rhin, commissaire du gouvernement pour constater les vœux émis pour la réunion, et en stipuler le mode et les conditions :

Pour lequel effet les magistrats, conseils et citoyens de la république de Mulhausen ont nommé pour traiter et stipuler en leur nom MM. Jean Hofer, bourguemestre ; Josué Hofer, syndic ; Paul Huguenin, Jérémie Kœchlin, membres du grand conseil ; Jacques Kœchlin, l’un des Quarante adjoints au grand conseil, et Sébastien Spœrlein, notable, tous de la ville de Mulhausen ; lesquels messieurs les députés sont également, et autant que besoin, particulièrement chargés et autorisés de stipuler pour les habitants d’Illzach et de Modenheim, formant dépendance de la république de Mulhausen ; et le commissaire du gouvernement français s’étant fait constater et certifier par actes authentiques ci – annexés l’émission libre des vœux pour la réunion, les commissaires et députés ont produit et échangé leurs pleins – pouvoirs et sont convenus des articles ci-après :

Article 1er.

La République française accepte le vœu des citoyens de la république de Mulhausen, et celui des habitants de la commune d’Illzach et de son annexe Modenheim, formant une dépendance de Mulhausen, et déclare lesdits citoyens et habitants Français nés…

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Collectionneurs d’art. Les Magnin

Collectionneurs d’art à Dijon. Les Magnin. Source : larges extraits du site du Musée.

« Le charme du musée Magnin de Dijon tient d’abord à son cadre. Si Jeanne et son frère Maurice Magnin vécurent à Paris où ils constituèrent leur collection, c’est dans leur maison natale, l’hôtel Lantin à Dijon, qu’ils décidèrent de l’installer lorsqu’ils voulurent en faire un musée. Mobilier, objets d’art décoratif, pendules, tentures devaient contribuer à la délectation de la visite et préserver l’atmosphère d’une ancienne demeure ».

Diaporama de 33 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

« Maurice Magnin (1861-1939), conseiller maître à la cour des Comptes à Paris, développa pour une grande part son goût et ses connaissances en art en fréquentant assidument l’hôtel des ventes Drouot.

Jean-Gabriel Goulinat, peintre et chef de l’Atelier de restauration des musées nationaux, était de ses amis et a réalisé son portrait peint.

Jeanne Magnin (1855-1937) se forma à la peinture auprès du paysagiste Henri Harpignies. Elle a laissé quelques petits tableaux ainsi qu’un ensemble en verre peint, qui fut présenté à l’Exposition universelle de 1889. Sans doute autodidacte en histoire de l’art, elle rédigea deux brochures sur le romantisme et le paysage ainsi que les catalogues des peintures des musées des beaux-arts de Besançon, Dole et Dijon. La connaissance des fonds de ces musées exerça sans doute une influence sur leurs acquisitions.

Dotés d’une fortune honnête mais sans revenus excessifs, les Magnin s’étaient volontairement limités dans le montant alloué à leurs achats. À force d’expérience et de science, ils firent l’acquisition durant cinquante ans, essentiellement dans des ventes publiques, de 1700 peintures, dessins et petites sculptures, œuvres de premier plan pour certaines, esquisses, copies anciennes ou pochades pour d’autres, que Maurice Magnin légua à l’État à sa mort en 1939.

L’une des originalités des Magnin fut d’acheter en dehors, voire à l’encontre des modes, avec néanmoins l’ambition de constituer des ensembles qui puissent évoquer les principaux moments d’une histoire de l’art écrite sans préjugés. Rares sont ceux qui au début du XXe siècle s’intéressaient aux peintres florentins du XVIIe ou napolitains du XVIIIe siècle ; les œuvres de Boucher de Bourges sont rarissimes en dehors de sa ville d’origine et de Rennes, et les noms d’Eustache Le Sueur, Laurent de La Hyre, Sébastien Bourdon ou Claude Vignon ne sonnaient pas avec la même familiarité qu’aujourd’hui, à une époque où le XVIIe siècle français n’était considéré qu’à travers Nicolas Poussin, Gaspard Dughet et Le Lorrain.

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