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La Belle Strasbourgeoise pleure

Strasbourg, samedi 17 septembre 2022, place du château devant l’entrée du Palais Rohan, la belle Strasbourgeoise pleure.

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Toile de Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français, l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Ma chronique du 9 septembre 2021 n’en présente que cinq !

Diaporama de 15 photos.

La centaine de manifestants semble chanter Brel : Ne nous quitte pas, Belle Strasbourgeoise !

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
À savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
À coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Il faut oublier la déraisonnable et assassine réforme des jours et des heures d’ouverture de 8 musées strasbourgeois, imposée par la mairie de Strasbourg. La rejeter en bloc et totalement. Maintenir le statu quo au-delà du 1er octobre 2022.  Ne commencer la négociation que lorsque sera sur la table un dossier-bilan écrit, reprenant chaque point de l’argumentaire de la mairie, et le publier sur le site de l’euro métropole.

J’ai publié ma contribution au débat dans la chronique Strasbourg. Braderie des musées : 1 proposition générale et 7 propositions particulières.

Partie 2. Comment et quand m’est venu l’Amour de l’Art ? C’était en 1965 grâce à Pierre Bourdieu.

In Memoriam, Pierre Bourdieu, Chronique d’Histoires d’universités, 7 février 2022.

« Pierre Bourdieus associait des étudiants aux recherches qu’il menait. Celle sur la fréquentation des musées, en 1965.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de reconnaître chacun/e, une fois la visite terminée. Nous posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale d’appartenance, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous). La problématique n’est pas originale mais les résultats en sont prouvés par des enquêtes. Ils ne procèdent pas d’opinions ».

Partie 3. Les résultats sont publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966.

« L’accès aux trésors artistiques est à la fois ouvert à tous et interdit en fait au plus grand nombre. Qu’est-ce qui sépare des autres ceux qui fréquentent les musées ? Les amoureux de l’art vivent leur amour comme affranchi des conditions et des conditionnements. Ne fallait-il pas qu’ils fussent prédisposés à recevoir la grâce pour aller à sa rencontre et pour l’accueillir ? Pourtant, le musée est un des lieux où l’on ressent le plus vivement le poids des obligations mondaines : la pratique obligée peut-elle conduire à la vraie délectation ou bien le plaisir cultivé est-il irrémédiablement marqué par l’impureté de ses origines ? Chaque visiteur des musées est enclin à suspecter la sincérité des autres : mais ne trahit-il pas par là qu’il sait que son amour doit aux arguments de la raison et à la force de la coutume autant qu’à l’inspiration du cœur ?

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Strasbourg. Braderie des musées

A propos de l’excellent article de Danae Corte et Jean-François Gérard, Les musées de Strasbourg fermeront deux jours par semaine et de 13h à 14h, Rue89 Strasbourg, 31 août 2022.

Je suis un inlassable visiteur de musées. A Strasbourg, en Alsace, en France et en Europe (je serai prochainement à Sarrebruck). Depuis 2009, 624 visites de Musées, chroniquées sur mon blog Histoires d’universités et plus de 10 000 photos d’œuvres.

Tout est mauvais dans la réforme pointilliste orchestrée par la Ville. Il faut la jeter. Sinon, la fréquentation des 8 musées, par les touristes étrangers en particulier, va inéluctablement diminuer, conduire à la fermeture de certains d’entre eux, ou à celle d’une partie de leurs salles, ou à l’enfermement dans les réserves d’une partie croissante des collections. Les expositions temporaires se raréfieront.

Le développement de la culture muséale n’est-il pas aussi bénéfique pour la Vie que celui des pistes cyclables ?

Une contre-proposition générale et 7 propositions particulières.

Je propose à la Ville et à l’Eurométropole d’abandonner leur projet et d’annoncer : toutes les salles des huit musées de Strasbourg seront ouvertes, tous les jours de la semaine de 10 à 18 heures de mars à octobre, de 11 à 17 heures de novembre à février.

Proposition 1. Accroître l’emploi. Il faut cesser de jeter la pierre aux personnels absentéistes (La Lapidation de Saint Étienne).

Il faut augmenter le nombre de fonctionnaires territoriaux, de contractuels de droit public, tout en allégeant le coût de la main-d’œuvre par le recrutement de jeunes apprentis de la fonction publique territoriale et de stagiaires rémunérés, choisis dans les filières de formation ad hoc de l’enseignement supérieur.

Proposition 2. Organiser des braderies chaque trimestre pour vendre, à des prix attractifs, les œuvres jamais ou rarement exposées.

Proposition 3. Proposer, en billetterie, d’acheter des bons de soutien aux 8 musées, en particulier aux visiteurs bénéficiant d’un accès gratuit (du type Pass Musées).

Propositions 4. Faire réaliser des audits indépendants et en attendre des bilans financiers et des propositions sur les points suivants :

Avenir du 5ème lieu ? Chronique du 19 février 2020.

Legs opérés pour des raisons fiscales ? Devenir des œuvres, passée leur présentation dans une exposition temporaire ? Chronique du 15 décembre 2019. La collection de Jeannine Poitrey et Marie-Claire Ballabio comprend 17 peintures et 40 dessins et gravures,

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Bouilleurs de cru au 18ème

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Suite de la chronique d’hier : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui. Quatre parties dans cette nouvelle chronique.

Partie 1. Eaux-de vie de cerises. Source : deux photos prises en randonnée (septembre 2022).

« La fabrication d’eaux de vie de cerises a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin, en particulier à Oberkirch (Bade-Wurtemberg) ».

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Partie 2. Distiller les cerises à Fougerolles aux XVIIIe et XIXe siècle.  Source : extraits de l’article d’Abdelhak El Mostain dans la Revue d’histoire des techniques, e-Phaïtos, VI-1, 2017-1018.

« Fougerolles est la capitale française du kirsch, une des plus anciennes eaux-de-vie de fruits en France, issue d’un savoir-faire ancestral en matière de distillation et de culture du cerisier et qui bénéficie depuis 2010 de l’Appellation d’Origine Contrôlée. D’abord activité complémentaire de l’agriculture fougerollaise, la production du kirsch s’est semi-industrialisée dès le début du XIXe siècle en faisant émerger de véritables entrepreneurs qui vont marquer le marché des alcools de bouche en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le développement de la distillation alcoolique à travers le produit phare, le kirsch, est d’abord le résultat du savoir-faire et de la volonté tenace des paysans de ce pays particulier qui, malgré les obstacles, ont apprivoisé le cerisier et se sont lancés dans la production et la commercialisation de l’eau-de-cerise et dont quelques-uns ont joué historiquement, dès la fin du XVIIIe siècle, un rôle de charnière entre le bouilleur de cru traditionnel et le nouvel industriel dont la pratique sera plus lucrative. Enfin, la réussite de l’activité de distillation est la conséquence de l’évolution des techniques de production utilisées allant de la distillation à feu nu jusqu’à la distillation à la vapeur en passant par le procédé de distillation au bain-marie »…

Fougerolles, le pays de la cerise et la capitale du kirsch

Le cerisier, l’eau-de-cerise… et le kirsch

Du paysan-distillateur au distillateur de profession

De la cerise au kirsch : un savoir-faire et des techniques de distillation

De la cueillette des cerises au kirsch

De l’alambic à feu nu à la distillation à la vapeur

L’avènement de la distillation à la vapeur

« Issu de la distillation de deux variétés principales au sein de l’espèce Prunus avium, les merises et les guignes, le kirsch est l’une des plus anciennes eaux-de-vie en France. Reconnu en 2010 appellation d’origine contrôlée, le kirsch de Fougerolles est le premier alcool de fruit à obtenir une AOC en France. Actuellement, l’aire géographique de l’AOC Kirsch de Fougerolles compte plus de 10.000 cerisiers produisant annuellement 500 tonnes de cerises et 35.000 litres d’eau-de-vie. C’est la plus petite zone AOC en France ».

Partie 3. Du schnaps et des bouilleurs de cru et de ce qu’il en reste dans la mémoire alsacienne. Source : extraits de l’article de Paul Eschbach, Revue d’Alsace, 137, 2011, pp. 185-197.

« Inventé en Egypte, il y a plus de deux mille ans, introduit en Europe par les Arabes, l’art de la distillation a été porté en Alsace à un haut degré de raffinement. Il est à l’origine d’une vaste gamme d’eaux-de-vie de fruits dont la fabrication et la consommation ont engendré les rites et les traditions d’un riche folklore. Des abus aussi, que les ligues antialcooliques ont combattus en exigeant la suppression du privilège des bouilleurs de cru. À présent, une vaine campagne ! D’origine fermière ou professionnelle, les eaux-de-vie blanches n’ont plus la cote et les distillateurs alsaciens se mettent eux-mêmes à produire whiskys et vodkas. Au village cependant quelques nostalgiques s’obstinent à maintenir la tradition ».

Un facteur de prospérité : le Brandwinn des Brennherren de Colmar

Les bouilleurs de cru prennent la relève

Passe et repasse

De la rincette matinale au Bethipserle

Boire n’est pas déguster

Ne pas confondre privilège et droit de distiller

Chez nous, écrivait Jean Egen, tous les fruits sont appelés aux béatitudes de l’alambic, et de la quetsche au gratte-cul, ils sont tous élus. Pour nous exprimer plus prosaïquement que l’auteur des Tilleuls de Lautenbach, disons que l’Alsace – et sa sœur la Lorraine – forment la région en Europe où l’on produit la plus grande variété d’eaux‑de‑vie de fruits. Et les meilleures, de surcroît.

Cette particularité a une histoire : elle est née des faveurs d’un terroir, elle a généré des traditions, un folklore, des rites, mais aussi des abus. On serait enclin à dire qu’il y avait une culture de la goutte, ou du schnaps, comme il y a une culture du vin. Au reste, dans un passé plus lointain, et s’agissant plus spécialement de l’Alsace, le vin et l’eau‑de‑vie avaient déjà fait cause commune. Avant de distiller les fruits, c’est du vin – et du vin exclusivement – que l’on tirait en quantités significatives les premières eaux‑de‑vie à vocation alimentaire »…

« Les bouilleurs de cru prennent la relève. 5 500 hectolitres en 1672 et… plus rien un siècle plus tard, à en croire Schoepflin, qui note en 1761 qu’à Colmar, le commerce jadis si florissant des eaux‑de‑vie a complètement cessé. L’Alsace ayant été rattachée à la couronne de France, la perte des débouchés en pays germaniques n’était pas étrangère à ce déclin, mais elle ne l’expliquait pas totalement. Les Brennherren de Colmar avaient certes déserté le Brennbaechlein, mais en d’autres lieux, et plus particulièrement à la campagne, d’autres distillateurs avaient pris le relais. Au fil des temps, l’alambic s’étant banalisé, la distillation avait intégré l’activité propre aux gens de la terre producteurs de la matière première. Une matière première qui ne se limitait dès lors plus au vin, mais qui comprenait aussi les marcs des viticulteurs, puis progressivement les fruits, et pour commencer la cerise ».

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1763. Barr, la Folie Marco

1763. Barr (Bas-Rhin), la Folie Marco, aujourd’hui Musée des Arts décoratifs.

521ème chronique du Blog Histoires d’universités sur le 18ème siècle.

Diaporama de 39 photos.

Partie 1. Histoire de la Folie Marco. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Ce musée d’arts décoratifs est installé dans une demeure patricienne du XVIIIe siècle. Il abrite des collections de mobilier bourgeois alsacien du XVIIe au XIXe siècle. Achevé en 1763, l’édifice fait, partiellement, l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1935 et le musée, fondé en juin 1964, possède le label musée de France ».

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« Alors que Marco est le patronyme de son constructeur, le bailli strasbourgeois Louis-Félix Marco. L’appellation Folie suggère le type de résidences en vogue à partir du XVIIe siècle. Cependant l’historien d’art Hans Haug estime qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une folie, mais plutôt d’une maison de campagne assez vaste. D’autres conservateurs expliquent cette appellation par le caractère recherché de cet hôtel particulier et les fêtes mondaines dont il fut le cadre. Quant à ses concitoyens, les sommes – déraisonnables à leurs yeux – investies par l’avocat dans cette entreprise qui le laissa ruiné ont aussi pu les conduire à y voir une folie, au sens premier du terme.

Lorsque Louis Félix Marco (1718-1772), avocat au Conseil souverain d’Alsace, est nommé bailli de la seigneurie de Barr en 1750, il entreprend de faire construire une demeure à la hauteur de ses nouvelles fonctions, dont les travaux sont achevés en 1763. Après sa mort et à la suite de difficultés financières, son fils Louis Romain doit revendre la propriété à ses créanciers.

La veuve de l’un d’eux, Barbara Froehlich (1747-1816), s’y installe vers 1780 avec son second mari, le Strasbourgeois Jean-Christophe Kienlin (1747-1812), qui fait l’acquisition du vignoble situé face à la maison, lorsque celui-ci est vendu comme bien national après la Révolution ».

« Entre 1816 et 1922, la maison devient la résidence d’été de la famille strasbourgeoise Trawitz, des négociants de tabac prospères qui effectuent une série de transformations.

Créé au XVIIIe siècle, plusieurs fois modifié, puis rénové en 2001, le jardin couvre une superficie de 2 400 m2 et abrite de grands arbres aux essences variées datant de la première moitié du XIXe siècle, notamment un hêtre pourpre, des pins noirs et un if majestueux, ainsi que des plantes vivaces et grimpantes, telles chèvrefeuille, polygonum et rosiers grimpants, et diverses fleurs annuelles, pulmonaires, iris, hémérocalles, ou encore geranium.

Des gloriettes et divers éléments lapidaires agrémentent l’espace. Dans le mur de clôture situé à l’est est enchâssé un balcon à atlantes en provenance de l’abbaye d’Andlau« .

Pour aller plus loin. Hans Haug, Musée de la Folie Marco. Fondation Schwartz-Danner. 1960. Notice historique. Guide. Présentation d’objets, Société des amis du musée de la Folie Marco, Ville de Barr et DRAC, Barr, 1964 (livret mis à jour en 1993 par le Dr. M. Krieg, Conservateur), 25 p.

Partie 2. Les collections du Musée. Source : extraits du site du musée.

« La Folie Marco, grande demeure mi-seigneuriale mi-bourgeoise, est devenue un musée grâce à un legs fait en 1960 à la Ville de Barr. Les bâtiments et les collections qui y sont réunies constituent pour l’amateur comme pour le touriste un complément indispensable à la connaissance de la vie alsacienne. La Folie Marco est aujourd’hui un musée avec du mobilier bourgeois alsacien du 17e au 19e siècle, de la Renaissance rhénane à l’Empire et à la Restauration.

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Mechanisches Musikkabinett

Croisière sur le Rhin et la Moselle. Escale à Rüdesheim am Rhein (kilomètre 514 depuis le lac de Constance). Tour dans les vignes (cépage Riesling) en petit train. Visite du Siegfried’s Mechanisches Musikkabinett.

Diaporama de 40 photos. Cinq parties dans cette chronique :

  • Musée des Instruments de Musique Mécaniques
  • Histoire des automates et des androïdes
  • Jacques de Vaucanson (1709-1782)
  • Pendule à orgues. Le Concert de singes
  • Réhabiliter les automates français.

Partie 1. Rüdesheim. Musée des Instruments de Musique Mécaniques. Source : site du musée.

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« Vous n´allez pas en croire vos oreilles. Bienvenue au Musée des Instruments de Musique Mécaniques, le premier du genre en Allemagne.

Réjouissez-vous à l´idée de : 

  • Découvrir environ 350 instruments de musique mécaniques des 3 derniers siècles (du 18e s. au 20e s.), de la simple boîte à musique au piano-orchestrion-concert faisant jouer jusqu’à 15 instruments.
  • Faire une visite guidée de 45 minutes tout en écoutant de la musique
  • Profiter de visites guidées proposées en 9 langues.

Venez nous rendre visite au Brömserhof, une demeure qui date du 15ème siècle, située en haut de la fameuse Drosselgasse à Rüdesheim sur le Rhin ».

Histoire de Rüdesheim am Rhein.

« Siegfried Wendel (1935-2016), collectionneur allemand d’instruments de musique mécaniques et opérateur de musée ». Source : article de Wikipédia.

« Lorsque Siegfried Wendel a visité un musée en plein air près de Los Angeles lors de sa lune de miel au milieu des années 1960, qui exposait également un certain nombre de pianos mécaniques et d’autres machines à musique, cela l’a inspiré à fonder le premier musée allemand des instruments de musique mécaniques le 17 octobre 1969. Les locaux devinrent bientôt trop petits et, en 1975, il s’installa au Brömserhof. Depuis lors, il dirige le cabinet de musique mécanique de Siegfried avec l’aide de son fils Jens Wendel .

En 1975, Wendel est membre fondateur de la Society for Self-Playing Musical Instruments.  Il a inventé le terme stockage de données – instruments de musique et a ainsi placé les disques et les bandes utilisés dans les machines à musique dans la lignée ancestrale des supports de stockage assistés par ordinateur modernes ».

Partie 2. Histoire des automates et des androïdes. Source : site Automates et Boîtes de musique.

« Selon le dictionnaire Larousse, un automate est une machine qui, par le moyen de dispositifs mécaniques, pneumatiques, hydrauliques, électriques ou électroniques, est capable d’actes imitant ceux des corps animés. Par ailleurs, on désigne par le terme « androïde » tout automate à figure humaine. Dans sa forme la plus aboutie, l’androïde est doté de mouvements et de dimensions qui copient étroitement la nature.

Le XVIIIème siècle, époque des androïdes et des animaux artificiels. Les véritables automates sont nés en plein siècle des lumières avec l’art de l’horlogerie. Cette époque, dominée par l’esprit scientifique, et, plus précisément, par la conception biomécanicienne de l’être humain, voit naître de nombreuses créatures artificielles qui tentent de copier trait pour trait la nature : androïdes et animaux mécaniques sont ainsi réalisés par des horlogers-mécaniciens attirés par la médecine et les sciences naturelles. Leur but n’est pas de divertir mais de faire progresser la science en s’entourant de médecins et de chirurgiens dans l’élaboration des différents organes artificiels.

Les grands automatistes de cette époque sont : Vaucanson, Friedrich Von Knauss, le Baron Von Kempelen, Pierre et Louis Jaquet-Droz, l’abbé Mical, et Kintzing.

Chacun des êtres artificiels réalisés au XVIIIème siècle était généralement une pièce unique qui résultait d’un long et fastidieux travail d’élaboration. Mais le résultat était impressionnant : de nombreux androïdes, souvent très complexes et remplissant des fonctions bien réelles, furent construits : automates écrivains, dessinateurs ou musiciens.

Les animaux artificiels, nés, eux aussi, de cette philosophie, avaient un comportement qui copiait presque parfaitement le monde animal : paons, insectes, chiens, cygnes, grenouilles, éléphants, écrevisses et canards constituaient, entre autre, le bestiaire de ces créateurs – zoologistes ».

Partie 3. Jacques de Vaucanson (1709-1782). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Jacques Vaucanson, ou Jacques de Vaucanson, est un inventeur et mécanicien français. Il a créé des automates dont le canard de Vaucanson ».

« Il suit à Paris, de 1728 à 1731, des études de mécanique, physique, anatomie et musique.

À partir de 1733 ou 1735 et jusqu’en 1737 ou 1738, il construit son premier automate, le flûteur automate, qui joue de la flûte traversière. Il semblait être grandeur nature, habillé en sauvage et jouant assis sur un rocher. Il fait forte impression au public, qui peut le voir à la foire de Saint-Germain, puis à l’hôtel de Longueville.

Une grande partie du mécanisme de l’automate était placée dans un piédestal ; celui-ci, entraîné par un poids, consistait en un cylindre de bois couvert de picots, qui, par l’intermédiaire de quinze leviers et de chaînes et de câbles, pouvait modifier le débit d’air, la forme des lèvres, et les mouvements des doigts. Le flux était produit par neuf soufflets de puissances différentes, une sorte de langue artificielle ouvrait ou fermait le passage. La flûte n’est pour l’automate qu’un instrument remplaçable par un autre, et ce sont les mouvements des lèvres, doigts, et le contrôle du souffle qui lui permettent de jouer de la musique, comme un humain. Le flûteur automate a disparu au début du XIXe siècle ».

Le canard de Vaucanson. Sources : extraits de l’article de Wikipédia et Youtube de 16’56.

Créé vers 1734 et présenté au public en 1739, célèbre tant pour le naturel, la complexité et la diversité de ses mouvements que pour la manière réaliste dont il simule la digestion et la défécation.

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Musée. Imprimerie et Carte à jouer

Grevenmacher (Luxembourg). Musée de l’imprimerie et de la Carte à jouer.

4 parties dans cette chronique :

  • Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Diaporama de 33 photos.
  • Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers.
  • Partie 3. Histoire des cartes à jouer en Europe et en France.
  • Partie 4. Grevenmacher. Nouvelle exposition permanente sur l’histoire de l’imprimerie. Diaporama de 19 photos.

Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Source : exposition sur le cartier Jean Dieudonné.

« Le musée du jeu de cartes est dédié à Jean Dieudonné, né vers 1720 aux environs de Thionville, fondateur d’une dynastie de cartiers qui s’est installée à Grevenmacher en 1754. Le musée reconstitue son atelier du début du XIXe siècle, avec la presse telle qu’elle fonctionnait alors, ainsi que les pochoirs, clichés et autres outils utilisés pour la fabrication des cartes ».

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« Les produits de la manufacture Dieudonné étaient surtout destinés au marché étranger, les avantages fiscaux au Luxembourg créant un contexte favorable pour cet artisanat florissant. Les successeurs de Jean Dieudonné continuèrent la manufacture jusqu’en 1880, date à laquelle Jean-Paul Dieudonné décida l’abandon de la production de cartes.

L’histoire de la manufacture est intimement liée aux mutations politiques qui ont jalonnée son existence. Ainsi, à la suite de la Révolution française et de l’annexion du Luxembourg en 1795, il fut interdit de représenter des têtes couronnées sur des cartes de jeux, et lorsqu’en 1797, le gouvernement français introduisit la taxe sur les jeux de cartes, il fallut toute l’intelligence commerciale des Dieudonné pour assurer la survie de l’entreprise.

Le gouvernement néerlandais qui succéda aux Français abolit la taxe, et ce n’est que bien plus tard, en 1905, que le gouvernement luxembourgeois décida de la rétablir ; à cette époque, les manufactures Dieudonné avaient déjà cessé d’exister ».

Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers. Source : extraits des Archives d’Angers.

« Angers fut pendant quatre siècles le siège d’une importante industrie cartière, maintenue jusqu’en 1952 par la fabrique Dieudonné qui dût fermer à la suite de la loi de 1946 accordant liberté totale de fabrication des cartes à jouer à tous les imprimeurs ».

« Les cartes de Jacques Rousseau, maître cartier documenté entre 1689 et 1695, constituent la plus ancienne trace des productions angevines. La première feuille, caractéristique des cartes au portrait de Paris très répandu en France du nord, de l’est et de l’ouest, présente la série complète des dames (Judic dame de cœur, Palas dame de pique, Argine dame de trèfle, Rachel dame de carreau), un fragment du valet de trèfle et le valet de pique Hogier, traditionnellement accompagné d’un petit chien dressé contre sa jambe gauche. Les personnages portent les noms actuels, fixés vers la fin du XVIIe siècle. Ceux de la seconde feuille, gravés en revanche selon le portrait de Guyenne, ne portent aucun nom. Toutes deux ne présentent aucune enseigne (pique, trèfle…) : celles-ci étaient peintes après l’impression.

Les registres paroissiaux livrent en 1674 le nom d’Étienne Madigné, tige d’une dynastie de « marchands cartiers » qui se poursuit jusqu’à la Révolution. Le 4 juin 1675, Simon Helboult, marchand cartier, épouse Marie Joret appartenant à une autre dynastie de cartier. Les Archives d’Angers conservent un spécimen d’enveloppe de jeu de Simon Elbout (orthographe la plus commune) marquée : A bon jeu, bon argent. Cartes très fines à batons faite par Simon Elbout rus du Beuf Couronné à la Bonne Renommée à Angers. Gros marchand, Simon Elbout, mort en 1708, paie vingt livres de capitation en 1694. Le cartier Quitteboeuf a un commerce encore plus considérable puisqu’il est taxé à cinquante livres.

Au XVIIIe siècle, les maîtres cartiers d’Angers sont huit à dix en moyenne. Dès les années 1680-1690, leur production très soignée fait rude concurrence aux cartiers nantais. Le métier, regroupé avec les cartonniers, est libre. N’étant pas constitué en corporation, il n’a pas de statut. Seuls de grands centres comme Nantes, Toulouse, Rouen, Paris ou Lyon purent obtenir le groupement en corporation.

Les cartiers angevins ne sont plus que six en 1789 (quatre à Toulouse, huit à Lyon), mais produisent environ 105 300 jeux de piquet par an. Le plus actif d’entre eux, Pierre Sigogne, taxé à soixante-quatorze livres de capitation, fait partie des Angevins les plus imposés. Il rédige le cahier de doléances des cartiers-cartonniers en 1789″.

Partie 3. Brève histoire des cartes à jouer. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Les cartes à jouer sont apparues en Europe au XIVe siècle (leur présence est attestée en Catalogne en 1371, en Allemagne et à Florence dès 1377, en Espagne entre 1377 et 1381 et en France en 1381) ; elles y sont peut-être arrivées par l’intermédiaire des Arabes ou par les échanges marchands avec les Mongols le long de la Route de la soie, deux hypothèses retenues par Joseph Needham ou par Thomas T. Allsen.

Le jeu de tarots apparaît dans les années 1440 en Italie du Nord. Très tôt sa structure se fixe : quatre couleurs composées de dix cartes numérales de l’as au dix, quatre figures (valet ou fante, cavalier, reine et roi) ; à ces quatre séries est ajoutée une cinquième série de cartes (les triomphes qui seront plus tard désignés comme atouts) de vingt-deux cartes ».

« En France, l’énorme demande pour ce nouveau jeu de hasard va pouvoir être satisfaite grâce à la gravure sur bois, un procédé innovant qui permet la multiplication mécanique des images. Lyon, ville de l’impression sur étoffes utilise déjà ce mode de fabrication de motifs en gravant des figures sur une plaque de bois qui va servir de tampon. Après encrage, les plaques impriment leurs motifs par pression sur le papier. Puis le contre-collage de quatre feuilles de papier rigidifie le tout pour lui donner une texture cartonnée, d’où le nom de cartes. Elles sont alors peintes à la main, puis découpées avant d’être recouvertes de savon, et enfin passées au lissoir afin de faciliter une bonne manipulation du jeu.

Les cartiers de Lyon présentent leurs cartes avec des caractéristiques propres : les rois portent un sceptre à la fleur de lys, le roi de cœur tient un perroquet, le roi de trèfle un globe surmonté d’une croix, la dame de carreau une fleur de tournesol, le valet de carreau une hallebarde.

Sous l’Ancien régime, les cartes sont soumises à des droits qui provoquèrent parfois la colère des cartiers.

C’est en 1704 que le père jésuite François Ménestrier (1631-1705), enseignant au collège de la Trinité à Lyon, considère que le jeu de cartes représente un état politique composé de quatre corps: les ecclésiastiques, gens de cœur; la noblesse militaire et ses armes, les piques ; les bourgeois aux maisons pavées comme des carreaux et les trèfles revenant tout naturellement aux paysans. Louis XIV en profite, aussitôt, pour lever un impôt sur chaque jeu.

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La Lapidation de Saint Étienne

La Lapidation de Saint Étienne par Hans Baldung Grien, 1522, musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Diaporama de 24 photos (l’œuvre, des détails, les notices).

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Signature de Hans Baldung Grien et date du tableau

La Lapidation de Saint Étienne. Source : extraits de Wikipédia.

« Le tableau représente une scène biblique décrite dans les Actes des Apôtres, chapitre 7 versets 54 à 60 : la mort du martyr Étienne, jeune diacre appartenant à la communauté chrétienne de Jérusalem, lapidé par l’assemblée du Sanhédrin, le grand conseil des chefs spirituels de la communauté juive ».

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De Rohan, abbés commendataires

Louis-René de Rohan (1734-1803), prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, a bénéficié, au cours de sa vie, d’abbayes commendataires : Sauxillanges, La Chaise Dieu, Montmajour, Saint Vaast.

L’abbaye commendataire n’est pas une charge royale (elle ne s’achète, ni ne se vend). Elle est souvent associée à une position dans la hiérarchie de l’église : des évêques coadjuteurs, des évêques, des archevêques, des cardinaux obtiennent des abbayes commendataires.

Elle est, pour le Clergé noble ou anobli, une marque de confiance royale, une récompense pour services rendus ou attendus. Ce qui veut dire que, quand la confiance n’existe plus, la commende est retirée (ce sera le cas pour Louis-René de Rohan au moment de l’affaire du Collier de la Reine, en 1784).

La commende constitue une source de revenus fort variable, entre 1 000 livres et 130 000 livres par an (ce dernier montant est celui de l’abbaye de Saint-Germain des Près quand le cardinal Charles-Antoine de la Roche-Aymon en obtint la commende en 1771). Ce revenu est cumulable avec d’autres commendes (le montant de la dernière obtenue étant plus élevé que celui de l’avant-dernière). J’ai noté 25 commendes dont le revenu est égal ou supérieur à 40 000 livres par an.

Les commendes ne constituent pas la seule source de revenus de Louis-René de Rohan. Il faut y ajouter le poste d’ambassadeur à Vienne durant deux ans, la principauté épiscopale de Strasbourg à partir de 1779, le provisorat de Sorbonne, l’Hôpital des Quinze-Vingts…

Autre avantage financier pour le Clergé : la non–imposition. Mais, à partir de Louis XIV, le don gratuit, contribution aux finances royales, devient coutumier et est exigé à chaque assemblée du clergé. Le montant des sommes versées a été très variable. Entre 1715 et 1788, le clergé aurait contribué pour 288 millions de livres, soit 2,7 % des revenus du Trésor royal d’après Necker.

L’Almanach Royal annuel existe depuis 1699 (une quinzaine d’années sont consultables à la BNU de Strasbourg). Celui de 1777 recense plus de 700 abbayes commendataires pour hommes.

De gauche à droite : année de la nomination du titulaire de la commende; nom de l’abbaye; nom du titulaire; nom du diocèse où se trouve l’abbaye; montant, en florins, de la somme versée à Rome pour la nomination; montant, en livres, du revenu annuel de l’abbaye.

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L’Almanach de 1777 recense près de 300 abbayes commendataires pour « filles ». La plus importante est l’Abbaye Royale de Fontevraud. Julie Pardaillon d’Antin, abbesse depuis 1766, est la 36e et dernière abbesse. L’Almanach affiche un revenu de 80 000 livres. Sept autres revenus d’abbayes féminines se situent entre 30 000 et 55 000 livres. Les Abbesses commendataires sont-elles pénalisées financièrement par rapport aux Abbés ? Je ne sais !

1789-1790. L’Assemblée nationale prend  les décisions qui mettent un terme à la vie monastique, et, de fait, au système de la commende. « Le 2 novembre, les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la Nation ; le 13 novembre, les communautés doivent déclarer leurs biens mobiliers et immobiliers. Le 13 février 1790, les vœux monastiques sont interdits et les ordres religieux supprimés. En 1792, la République décide la vente des biens nationaux ».

Parties 1 à 4 : les commendes de Louis-René de Rohan. Cette chronique ne dit rien – hélas – de l’investissement personnel de l’abbé commendataire dans chacune d’entre elles. Revenus annuels : Sauxillanges (non mentionné dans l’Almanach), La Chaise Dieu (10 000 livres), Montmajour (20 000), Saint Vaast (40 000). En 1715, Armand-Gaston de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, était abbé commendataire de Saint-Vaast ; le revenu annuel était déjà de 40 000 livres.

Partie 1. 1745 (11 ans). Louis-René de Rohan nommé prieur commendataire du monastère de Sauxillanges en Auvergne.

Source : Le prieur clunisien de Saxillanges

« L’histoire de Sauxillanges est liée à la puissante abbaye de Cluny, fondée en 910 par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne. Monastère important qui accroît son patrimoine grâce aux donations de l’aristocratie locale : 41 églises, mais aussi champs, vignes et terres forment un important réseau de dépendances religieuses et de revenus agricoles. Le cartulaire est un inestimable recueil de 979 actes, précieuse ressource documentaire sur la vie de la communauté et le réseau clunisien.

L’empreinte monastique. De forme rectangulaire, la place centrale du bourg traduit toute l’emprise du monastère, autrefois bordée des bâtiments des moines, écuries, hôtellerie, infirmerie, dortoir, salle capitulaire, château du prieur. Si l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul a disparu, une partie de l’ancien cloître est intégrée dans une propriété privée. La chapelle Notre-Dame du Bois du 15e siècle, conserve des clefs de voûtes aux armes de France, de Cluny et de prieurs de Sauxillanges.

Au pied du monastère, un bief dérive l’eau de la rivière Eau-Mère pour irriguer les jardins, alimenter les moulins fariniers et fournir force motrice à tout un quartier d’artisans, tanneurs, tisserands, qui ont fait la richesse du bourg au 18e siècle ».

Partie 2. Nommé évêque coadjuteur en 1759, le dernier des Rohan reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de La Chaise-Dieu en Auvergne.

Sources : extraits du site de l’Abbaye de la Chaise-Dieu et de l’article de Wikipédia.

« Devenu roi en 1515, François Ier (1494-1547) signe un an plus tard, à Bologne, un concordat avec le Pape Léon X par lequel le roi de France peut nommer les évêques et abbés. Les rois abusent rapidement de cette facilité pour récompenser des proches, en particulier à La Chaise-Dieu. Les abbés nommés par le roi n’étaient pas tous ordonnés. S’ils venaient à La Chaise-Dieu au moins une fois pour prendre possession de leur charge, ils ne s’intéressaient guère à l’abbaye et se faisaient représenter par un vicaire général. Ainsi Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, fut abbé de 1562 à 1586.

Le cardinal Richelieu, devenu abbé commendataire de la Chaise-Dieu en 1629, a décidé en 1640 d’attacher les monastères sous la Chaise-Dieu à la Congrégation de Saint-Maur, qu’il avait fait créer en 1618, mais en gardant pareillement l’ancienne communauté, qui était autorisée d’y rester. Il s’agissait d’une réforme liturgique avec ce que les Mauristes ont apporté, à savoir le bréviaire de Saint-Maur approuvé par le pape Paul V et le missel romain tridentin de Pie V.

En même temps, ils entreprenaient de remettre en état l’abbatiale ravagée par les huguenots. Le tombeau du pape Clément VI fut reconstruit au milieu du chœur et le gisant put y être replacé. Le maître-autel, ceux des chapelles latérales ainsi que les retables datent de cette époque

La doctrine du jansénisme apparaît en 1640. L’abbaye devint un foyer d’accueil pour les jansénistes. Elle accueillit notamment Jean Soanen, évêque de Senez, l’un des plus farouches appelants, qui avait été suspendu de ses fonctions épiscopales et que le roi avait contraint à se retirer à La Chaise-Dieu, où il vécut de 1727 à sa mort en 1740 à l’âge de 93 ans.

L’abbé Hyacinthe Serroni fit construire un orgue, qui fut amélioré au début du XVIIIe siècle.

1695. Un incendie a détruit la plupart des bâtiments conventuels. Ils ont été reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1759. Devenu évêque-coadjuteur de Strasbourg, Louis-René de Rohan reçoit en commende La Chaise-Dieu. Il en devient le dernier abbé.

1785-1786. Il est mêlé à l’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette. Valeur estimée de ce collier : 1 600 000 livres payables par tranche en deux ans.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, il est exilé à la Chaise Dieu. En fait, son séjour n’a duré que trois mois et demi. A la Chaise, on ne voulait pas de lui. Dès lors, les moines lui donnent la maison qu’on voit encore près de l’escalier qui mène à l’église.

Arrêté en raison de sa compromission dans l’affaire du collier, il démissionne également de sa charge de grand aumônier. La charge en est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

1789. L’abbaye de La Chaise-Dieu compte encore une quarantaine de moines à la Révolution. Elle ne lui a pas survécu.

1790. La fermeture de l’abbaye de la Chaise-Dieu se fit sans incident en février 1790. Le dernier prieur, dom Pierre Terrasse, et tous les moines furent relevés de leurs vœux. La plupart se dispersèrent. Dom Pierre Terrasse fut désigné maire. Il veilla à ce que l’Inventaire fut établi en mars 1790 dans le calme. Il organisa la dispersion de l’importante bibliothèque de 5 853 volumes soit à l’évêché de Saint-Flour soit à la municipalité de Brioude. Le 3 mai 1790, jour de la prise de possession du monastère par le corps municipal, il demanda de s’abstenir des fonctions municipales.

1793. Si l’église abbatiale fut relativement protégée par la population de La Chaise-Dieu, en revanche les bâtiments abbatiaux, abandonnés, furent pillés. En 1793, la plupart furent vendus aux enchères à des habitants du pays, dont certains moines rendus à la vie civile.

1801. Le Concordat signé en 1801 par le Premier Consul Bonaparte et le Pape Pie VII permet de rétablir une relative sérénité ».

Partie 3. 1759. Nommé évêque coadjuteur, Louis René  reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de Montmajour en Provence.

Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« L’abbaye Saint-Pierre de Montmajour est une abbaye bénédictine fondée en 948, à environ quatre kilomètres du centre historique d’Arles.

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Université de Dole. La guerre l’a tuée

Les guerres du 17ème siècle ont tué l’université de Dole (Jura). Chroniques sur Dole.

Partie 1. 1287. Une université est fondée à Gray. Source : Histoire de Gray.

« Gray fut au 13ème et 14ème siècle une ville d’importance dans l’Europe d’alors. Si en 1287 il semble que le comte Othon IV de Bourgogne ait fondé une petite institution littéraire à Gray, la ville devint les années qui suivirent un pôle universitaire majeur par l’entremise de Nicolas IV (pape de 1288-1292, né en 1227 à Ascoli) également fondateur par la bulle Quia Sapientia des universités de Montpellier, d’Ascoli et de Macerata.

Située à un emplacement stratégique, aux confins de la Bourgogne et de la Franche-Comté, entre les deux métropoles régionales de Besançon et Dijon, la ville de Gray constitue un des principaux pôles économiques et urbains du département de la Haute-Saône.

En 1423, Philippe le Bon transféra l’université à Dole, à partir de quoi la ville de Gray perdit de son rayonnement ».

Partie 2. 1423-1636. L’université de Dole. Source : Archives départementales du Doubs, Besançon.

« L’Université de Dole fut autorisée et créée par une bulle de Martin V et des lettres patentes du duc Philippe le Bon, en 1423. Elle fut dotée par les États de la Province, la ville de Dole et les Comtes de Bourgogne. Elle suscita les rivalités des villes de Gray et de Besançon.  

Blason de l’université de Dole. De gueules à un bras de carnation, paré d’or et tenant un livre du même, issant d’une nuée d’argent mouvant du chef.

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En 1423, le duc assembla les États à Salins pour le vote d’un subside de plus de 9000 francs garantis par le revenu des salines. Alors Philippe le Bon engagea le recrutement des professeurs et informa les territoires proches pour recruter des étudiants. Ces derniers arrivent dès 1424. Le duc veilla au respect des statuts, à un bon enseignement.

1432. Ses statuts, analogues à ceux de l’Université de Paris, et ses privilèges (exemption de charges et d’impôts) furent confirmés par les Comtes en 1483, 1531.

1479-1484. Après le siège et la prise de la ville, en 1479, le roi Louis XI fit transférer l’université à Besançon en 1481, puis à Poligny en 1483, mais elle n’eut pas d’exercice réel. C’est le roi Charles VIII sollicité par les Dolois, conseillé par Guillaume de Rochefort (qui avait étudié à Dole) qui la rétablit en 1484.

1537. La faculté de théologie fut érigée par une bulle de 1537.

En 1570, le Roi, Comte de Bourgogne, interdit par lettres patentes aux Comtois d’aller étudier en dehors de la province, sauf à Rome. La chaire d’anatomie fut dotée par les archiducs en 1619.

L’Université comprenait 5 facultés : théologie depuis 1537; droit canon et droit civil, médecine, arts. Elle était administrée par un collège composé du recteur, de professeurs, des procureurs. Les étudiants, à l’origine, participaient à l’administration. Les distributeurs s’occupaient de la police, de la comptabilité ».

Partie 3. Des professeurs. Source : Wikipédia, Louis Gollut.

D’illustres professeurs enseignèrent à Dole dont V. A. Beaune et J. d’Arbaumont.

« 1570-1595. Louis Gollut est un historien, enseignant et homme politique franc-comtois du 16ème siècle né en 1535 à Pesmes et mort le 22 octobre 1595 à Dole. Il est considéré comme le premier véritable historien de la Franche-Comté. Il est également maire de Dole de 1591 à 1595.

Très jeune, avec sa famille il part vivre dans la capitale comtoise, là d’où sa mère était originaire. Il commence ses études au collège puis les poursuit à l’université de Dole, il y fait la connaissance de Claude de la Baume, futur archevêque de Besançon. Il devient ensuite l’élève de Gilbert Cousin à Nozeroy. Ensemble, avec également son camarade de la Baume, ils passent plusieurs années vers 1559 en Italie. Il décide au cours de ce voyage de partir seul pour l’Espagne avant de regagner la comté.

À son retour, il étudie le droit et exerce la profession d’avocat au parlement. Dans l’exercice de sa fonction, il jouit alors d’une grande renommée qui parvient jusqu’à Madrid. En 1570, il est nommé à la chaire de littérature latine de l’université de Dole créée pour lui par Philippe II d’Espagne ».

1562. Source : article de Wikipédia. « Dole compte 268 étudiants, dont 45 comtois et 223 étrangers, ainsi que plusieurs professeurs flamands et italiens, ce qui montre le rayonnement international de l’université de Dole, en cette fin du Moyen Âge.

1613. Les enseignants, désireux de transformer leur université en un Magisteruniversität, à l’instar de celles de Louvain et de Douai, députent un émissaire auprès du couple ducal, en résidence à Bruxelles, afin d’en formuler la requête, qui leur est accordée par plusieurs édits de 1616 à 1618″.

Partie 4. Une université à Dole : le saviez-vous ?

« Les responsables de l’Université doloise achètent une maison près de l’hôpital Notre-Dame d’Arans, non loin de la tour de la ville et du couvent des Cordeliers. Les locaux étant insuffisants, il est probable que des cours ont pu se dérouler chez des professeurs bien logés« .

Ancien portail d’entrée de l’université (32 rue des arènes, Dole) ?

« La turbulence des étudiants n’est pas une légende. De nombreuses affaires surgissent à Dole dès 1424 à l’ouverture de l’établissement et se poursuivra. Un jour de mai 1669, une troupe d’étudiants se procurèrent un âne et accompagnés de musiciens s’introduisirent dans la cour du collège de l’Arc en dansant. Les cours étant dispensés à ce moment là, ils visitèrent les classes les unes après les autres avant de repartir à travers la ville. Souvent, des rixes éclataient entre étudiants. Pourtant, afin d’éviter les désordres, l’université de Dole détenait certaines prescriptions. Il était interdit de jouer au ballon dans les salles sauf autorisation du recteur ou encore de fréquenter les lieux publics ».

Partie 5. 1636-1691. Un demi-siècle de guerres en Europe

Hôtel-Dieu, siège de la médiathèque et des Archives municipales

1636. « Le Siège de Dôle par les Français est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai –15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

1636, 14 août. Alors qu’une armée de secours composée de l’armée franc-comtoise, de mercenaires lorrains et de troupes du Saint-Empire, commandée par Charles IV de Lorraine est en approche de Dole, Condé reçoit l’ordre de lever le siège pour conduire ses troupes en Picardie contre les Espagnols. 15 août. Les troupes françaises évacuent : la ville est sauvée.

1668 (10-14 février). Le siège de Dole oppose les troupes françaises de Louis XIV et les troupes bourguignonnes. Celle-ci capitulent au bout de quelques jours..

Par le traité d’Aix-la-Chapelle du 2 mai 1668, la France doit restituer Dole et le reste de la Franche-Comté aux Habsbourg d’Espagne.

Le siège de 1674. Source : Dole plein de culture. La guerre de Hollande. Louis XIV inquiet de la puissance commerciale de la hollande attaque tour à tour les alliés des Provinces-Unies. C’est le cas de la Franche-Comté espagnole, l’Espagne étant un allié des Provinces-Unies ».

1673 (12 octobre). La déclaration de Guerre espagnole.

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Dole, Doubs, Canal Rhône au Rhin

Quatre voies d’eau interconnectées à Dole (Jura) : le Doubs, le Canal Charles Quint, le Canal du Rhône au Rhin, le Canal des Tanneurs.

Le Canal du Rhône au Rhin relie la Saône au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer.

Diaporama de 39 photos (mai 2022).

Lire aussi sur le blog : Le canal du Midi, Le canal de Sète au Rhône.

Source 1. Le Canal Charles Quint (source : projet Babel).

Préfiguration Louis X1, puis Philippe II. Commencé vers 1530, mis en service dans la 1ère moitié du 16ème  siècle.

Canal de dérivation du Doubs, en amont de Dole, cote : 200 mètres, pas d’écluse, longueur : 1 kilomètre.

Ce canal à l’origine à vocation militaire a servi par la suite de port en communication directe avec le canal du Rhône au Rhin. Il est toujours accessible dans ses premiers mètres par les bateaux de plaisance, notamment pour aller s’amarrer devant le restaurant voisin.

Le pont du canal Charles Quint est détruit le 6 septembre 1944. Sa reconstruction démarre dès le début 1945.

Ouvrage remarquable, à proximité du canal Charles Quint : le pont roman en pierre. Ses vestiges sont les plus anciens de la ville.

Ce pont date du 13ème siècle et comportait historiquement 17 arches. Tableau du siège de Dole en 1668 peint par Adam Frans Van der Meulen.

Une arche a été totalement reconstruite en 2020.

Source 2. Le Canal du Rhône au Rhin. Prémices et tergiversations au 16ème et 17ème siècles

« En 1554, le Comte de Montbéliard, puis le roi de France, proposèrent le principe de rendre le Doubs navigable, idée soutenue par le fait que le Comté de Montbéliard demeurait une enclave. La conquête de l’Alsace puis de la Franche-Comté en 1678, par Louis XIV ouvrit la question de la navigation sur le Doubs.

Un large débat fut ouvert en France sur la navigabilité des rivières et sur les canaux de jonction. La mauvaise qualité des routes et le coût élevé des transports terrestres, opposés à l’économie et à la sécurité des transports fluviaux mettaient ceux-ci en tête des préoccupations des dirigeants.

L’intendant de Franche-Comté, détracteur du projet, donna en 1698 deux bonnes raisons pour écarter la possibilité d’aménager le Doubs:
– la défense de Besançon sera affaiblie,
– le coût de la régulation des cours du Doubs entre Besançon et Montbéliard, et de son endiguement entre Dole et Verdun sur le Doubs est dissuasif.

L’intérêt de rendre le Doubs navigable sans liaison avec le Rhin est aussi mis en doute, car en l’absence de marchandises à transporter, mis à part le bois pour la marine, la concurrence des autres voies de transports serait trop forte. Si l’intendant de Franche-Comté restait persuadé du manque d’intérêt à aménager le Doubs, la ville de Dole au contraire en était convaincue. Elle obtint en 1705, par arrêt du conseil d’état, l’autorisation de faire les travaux nécessaires pour rendre le Doubs navigable. C’est alors que furent réalisés les premiers aménagements ».

Source 3. Le Canal du Rhône au Rhin : son histoire au 18ème siècle.

Le canal du Rhône au Rhin relie la Saône, affluent navigable du Rhône, au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer sur le Rhin, un autre prolongement rejoignant Strasbourg par la canalisation de l’Ill.

L’idée de relier le bassin du Rhône à celui du Rhin par des voies navigables est ancienne puisque Colbert et Vauban l’avaient évoquée sous Louis XIV après l’annexion de la Franche-Comté et de l’Alsace, mais c’est au 18ème siècle que le projet prend forme.

Le canal du Rhône au Rhin commence à Saint-Symphorien-sur-Saône (Côte d’Or) pour finir à Niffer (Haut-Rhin), soit un parcours de 236 kms et 114 écluses.

Les travaux de la jonction entre la Saône et le Doubs de Saint-Symphorien-sur-Saône en Côte-d’Or à Dole dans le Jura sont réalisés avec des temps d’arrêt liés à la Révolution entre 1784 et 1802 par l’ingénieur Philippe Bertrand. Ils sont poursuivis avec des interruptions de 1804 à 1832 en direction du Rhin sous la direction de Joseph Liard.

Au début du 18ème siècle, Dole qui cherche à permettre les échanges avec Lyon s’attache à rendre navigable la partie inférieure du Doubs jusqu’à Verdun-sur-le-Doubs mais elle se heurte à diverses oppositions (péages, villes défendant leur octroi, sociétés de coches) qui font cesser le trafic. Pour contourner les difficultés, un magistrat de la ville avance alors en 1719 l’idée d’un canal entre Dole et Saint-Jean-de-Losne.

Le Doubs à Dole

L’idée est reprise quelques décennies plus tard par Claude-Quentin La Chiche, né à Dole le 31 octobre 1719, mort général de brigade à Paris le 15 octobre 1803. Il observe dès 1744 que le bassin du Doubs peut facilement être relié au bassin du Rhin à Valdieu-Lutran où se situe la ligne de partage des eaux et que le Doubs aménagé peut permettre la liaison de la Saône au Rhin. Des ingénieurs alsaciens confirment ces observations dans un rapport en 1754.

Le 21 octobre 1758. La Chiche fait parvenir un mémoire à M. de Beaumont, intendant de Franche-Comté, dans lequel après avoir indiqué le point de partage et le tracé du canal jusqu’au Doubs, près de Montbéliard, il s’étend principalement sur les avantages d’un canal de dérivation qui relierait directement la ville de Dole à la Saône, à la hauteur de Saint-Jean-de-Losne, débouché dès lors assigné au futur canal de Bourgogne. Il lui est répondu que ces travaux ne seraient profitables qu’à Dole tant que l’ensemble ne serait pas réalisé et que les finances publiques ne permettaient pas d’envisager un tel chantier. Un deuxième mémoire envoyé à Choiseul en 1765 ne donne pas de meilleurs résultats.

Mais l’idée est maintenant dans l’air et Philippe Bertrand, chef du service des ponts et chaussées de Franche-Comté, arrive aux mêmes conclusions concernant une liaison entre la Saône (et donc le Rhône) et le Rhin. Il établit, sans connaître les travaux de La Chiche, en 1774 puis en 1777, plusieurs rapports favorables à l’utilisation du cours du Doubs entre Dole et Montbéliard en mettant en avant la priorité à accorder au canal de dérivation de Saint-Symphorien à Dole.

Finalement la décision concernant ce canal de dérivation est prise le 20 janvier 1783 : Bertrand est chargé des travaux en Franche-Comté et Émiland Gauthey en Bourgogne, province qui prend en charge un tiers des coûts. Le 25 septembre 1783, un arrêté du Conseil du Roi confirme ces engagements et l’adjudication des travaux du canal de Franche-Comté a lieu au début de 1784 pour 610 000 livres tournois.

Dole, le port sur le Canal du Rhône au Rhin

Le Canal des Tanneurs. « Dans le quartier du Prélot, la rue Pasteur, l’une des plus anciennes de la ville puisqu’il en est fait mention dès 1274, voit ses maisons tournées vers le canal en particulier les caves qui étaient d’anciennes tanneries. Les caves des maisons du bord de l’eau possédaient de larges ouvertures donnant directement sur le canal, à titre d’exemple : la maison natale de Louis Pasteur« .

De son côté Claude-Quentin La Chiche poursuit ses études sur l’ensemble de la liaison Saône-Rhin et revendique la paternité du projet dans de nombreux mémoires de 1778 à 1791

Louis V Joseph de Bourbon-Condé, gouverneur de Bourgogne, inaugure le 24 juillet 1784 à Saint-Jean-de-Losne en même temps les travaux du tronçon-est du canal de Bourgogne qui devait relier la Saône à la Seine (partie Saône – Dijon, 30 km) et du canal de Franche-Comté qui reçoit la dénomination de Canal de Monsieur  en l’honneur du gouverneur que l’on dénommait Monsieur le Prince.

Arrêtés au début de la Révolution, les travaux sont relancés en 1792 : Philippe Bertrand est nommé à directeur du canal du Rhône au Rhin et promu en 1798 directeur en chef du projet du canal de jonction du Rhône au Rhin.

Poursuivis de manière intermittente, les travaux entre Saint-Symphorien-sur-Saône et Dole sont à peu près achevés en 1802/1803 sous le Consulat quand l’ingénieur Aimable Hageau réalise l’écluse de Dole. L’inauguration a lieu le 20 octobre 1802.

Il faut attendre 1804 (décret du 5 mai 1804, complété par celui du 11 avril 1806) pour que les travaux se poursuivent en direction du Rhin : Philippe Bertrand assure le contrôle général du projet.

Grand pont sur le Doubs à Dole : construction au 18ème siècle

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