Archives de Catégorie: AF. Histoire 16-17èmes siècles

Quiz. 8 fuites en Égypte

Quiz : 8 œuvres représentant la Fuite en Égypte ou le Repos pendant la Fuite en Égypte, 6 exposées dans des musées en France, une en Belgique, une en Autriche, datées du 15 au 18ème siècle, numérotées de 1 à 8 par ordre chronologique.

Diaporama de 8 photos.

  • nom du peintre ?
  • siècle de l’œuvre ?
  • dans quel musée ?

Un indice. Parmi les œuvres, l’une a été peinte par Rembrandt à l’âge de 21 ans. Laquelle ?

Dernière chronique de la série Scènes de l’enfance de Jésus dans l’Art : de Noël à l’épiphanie. Vierges allaitant, Adorations des mages, Massacres des Innocents, Fuites en Égypte.

Chroniques antérieures sur le même sujet : 15 fuites en Égypte en Alsace, 7 fuites en Égypte en Catalogne, 7 fuites en Égypte à Rome

1.Fuite en Égypte

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2. Le repos pendant la fuite en Égypte

3. Le repos pendant la fuite en Égypte

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1718. Mort du pirate Barbe noire

« La piraterie désigne une forme de banditisme pratiquée sur mer par des marins appelés pirates. Cependant, les pirates ne se limitent pas seulement aux pillages de navire, mais attaquent parfois de petites villes côtières ». Source : article de Wikipédia.

Source de la chronique : article de Wikipédia. « Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe, né vraisemblablement à Bristol vers 1680 et mort le 1718 sur l’île d’Ocracoke est un pirate anglais qui a opéré dans les Antilles et sur la côte Est des colonies britanniques en Amérique.

En 1716, il rejoint l’équipage de Benjamin Hornigold, pirate basé à New Providence dans la Caraïbe, puis, commandant son propre navire, le Queen Anne’s Revenge, comptant 40 canons et jusqu’à 350 hommes à son bord, il devient un pirate de renom dans les années 1717 et 1718. Son apparence inquiète en raison de son épaisse barbe noire qui lui vaut son surnom et de son habitude de mettre des mèches à canon allumées dans ses cheveux lors des combats.

Après s’être séparé de Hornigold, Teach forme une alliance de pirates avec laquelle il organise le blocus du port de Charleston, en Caroline du Sud, obtenant ainsi une rançon des habitants de cette colonie britannique. Peu après, il échoue son navire sur un banc de sable, près de Beaufort, en Caroline du Nord, dans un acte peut-être volontaire pour se séparer de ses hommes et se faire plus discret.

Il accepte une grâce royale pour une partie de ses équipages, mais reprend rapidement ses activités à bord d’un sloop plus léger. Celles-ci attirent l’attention du gouverneur de Virginie, Alexander Spotswood, qui confie à un détachement de soldats et de marins la mission de le capturer. Le 1718, lors d’une violente bataille, Teach est tué par un petit groupe de marins dirigé par le lieutenant Robert Maynard.

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Rome. Sainte Cécile au 18ème

22 novembre, fête de Sainte Cécile. Republication de la chronique de juin 2017, Rome, Basilique Sainte-Cécile dans le Trastevere. Dans la seconde partie (page 2), transformations de la Basilique au 18ème siècle.

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La légende de Sainte Cécile. « Celle-ci vécut en Sicile. Entre 176 et 180, sous l’empereur Marc Aurèle, elle fut condamnée au martyre, après avoir converti de nombreuses personnes, dont son mari.Les actes de son martyre n’ont rien d’authentique.

Fille d’une famille noble, elle est mariée de force malgré son souhait de se consacrer à Dieu et de rester vierge. Une fois mariée, elle convertit au christianisme son mari, Valérien, et ils vécurent dans la chasteté. Lors des persécutions des chrétiens, son mari est arrêté et exécuté. Peu de temps après ce fut son tour. Tout d’abord enfermée dans le sudatorium (sauna) de sa maison elle survécut malgré la chaleur avant d’être finalement poignardée. Saint Cécile a été inhumée dans les catacombes de Saint Callixte.

En 822, elle apparaît en songe au Pape Pascal et lui indique l’emplacement de son tombeau. Le cercueil est alors déplacé dans l’église Sainte Cécile au Trastevere et placé sous l’autel ».

Histoire de l’église et également ici.

5ème siècle. La première église Sainte-Cécile fut fondée probablement par le pape Urbain Ier, et dédiée à la martyre romaine Cécile. La tradition dit que l’église fut construire à l’emplacement de sa maison.

9ème siècle. Le pape Pascal Ier fit reconstruire l’église en 822, et ramena les reliques de sainte Cécile des catacombes de Calixte Ier.

La mosaïque de l’abside montre Jésus avec Saint-Paul, Agathe et Valérien à sa droite ; Saints Pierre et Cécile à sa gauche. Puis, tout à gauche, portant une maquette d’église à la main, Pascal.

12ème et 13ème siècles. Le campanile et le portique. Le pavage cosmatesque. Le baldaquin, chef d’œuvre gothique. Pietro Cavallini, Le Jugement dernier, le Christ en majesté entouré d’anges, 1293, fresque.

Première moitié du 16ème. Statue de Saint Sébastien reconnue comme l’œuvre de Lorenzo Lotti dit Lorenztto (Florence 1499 – Rome 1541).

1599, lors de la rénovation de l’église, le cercueil est ouvert et on retrouve le corps de Sainte Cécile admirablement conservé et toujours dans la position dans laquelle elle avait été découverte. Une très belle statue de Stefano Maderno (1576-1636) est placée sous l’autel, représentant la sainte dans la position de son martyre.

1601. Décollation de Sainte Cécile par Guido Reni.

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Helvétius et les remèdes du Roi

Les épidémies demeurent nombreuses au 18ème siècle, mais une politique nationale de santé publique se dessine. Une organisation est mise en place pour accélérer la circulation des informations, des décisions et des remèdes. A la base, un système d’observation décentralisé sur le territoire : faits observés par les médecins de campagne (peu nombreux) et surtout les curés de paroisse. Collecte et traitement des données par les intendants des Généralités, ceux-ci assurant la transmission vers le haut : Faculté de médecine (puis dans la 2nde partie du siècle, vers la Société Royale de Médecine), Contrôle Général des finances, tel ou tel Conseil du Roi.

A. Une gestion en boucle : de la Cour au territoire, du territoire à la Cour

Cette organisation de bas en haut est bien sûr doublée d’une organisation de haut en bas. Un de ses aspects est l’envoi de « valises » contenant les remèdes dits d’Helvétius. Leur nombre ira croissant au fil du siècle. Dès le 18ème siècle, la France a cherché à combiner une gestion centralisée et une gestion décentralisée des crises épidémiques.

  • Conseil du roi. Arrêts en commandement (1721-1722)
  • « Pour organiser la lutte contre l’épidémie de peste qui, née à Marseille, ravagea la Provence à partir de la fin de l’été 1720peste qui, née à Marseille, ravagea la Provence à partir de la fin de l’été 1720, le Régent créa en janvier 1721 un bureau, puis Conseil de Santé, qu’il laissa présider par le chancelier ou le garde des sceaux, mais dont les délibérations lui étaient soumises. C’est là que fut concertée l’action énergique grâce à laquelle la peste, qui menaçait au départ la France tout entière et les états voisins, fut cantonnée dans le Midi provençal, où elle s’éteignit à la fin de 1722.
  • Le Conseil de Régence se trouvait ainsi concurrencé par la résurgence des anciens Conseils de Louis XIV et par l’apparition de Conseils nouveaux. Aussi son rôle devint-il de plus en plus effacé : il ne tenait plus qu’une séance par semaine, le dimanche, consacrée presque exclusivement à la diplomatie ».

B. Les remèdes d’Helvétius, diffusion de 1710 à 1770. Pages 171 et 172 du livre de François Lebrun, Médecins, saints et sorciers aux 17éme et 18ème siècles, Temps actuels, 1983.

Pour en savoir plus. Jean Hossard, Les remèdes du Roi et l’organisation sanitaire rurale au XVIIIe siècle, Revue d’Histoire de la Pharmacie, Année 1975, 226, pp. 465-472, Fait partie d’un numéro thématique : Communications du congrès international d’histoire de la pharmacie de Paris (24-29 septembre 1973).

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BNU, 2018, 2019. Visite virtuelle (3)

Suite des visites virtuelles d’expositions de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg. Deux chroniques et 81 photos ont été consacrées à la visite de l’exposition en cours, 2000 vins (Esprit du vin, vin divin. L’or du vin. Au bonheur du vin. Et le vin fût) ; 2000 vins au 18ème siècle.

Deux autres visites virtuelles. Expositions de 2018 (Mai 1968 en Alsace) et 2019 (Hors du Monde. La Carte et l’imaginaire).

A. Mai 68 en Alsace : la 1re chronique du blog. Diaporama de 46 photos. Quiz sur l’intruse : quelle est la photo qui s’est introduite subrepticement dans cet album ?

2nde chronique du blog. De mai 68 à la loi Faure de novembre (réforme de l’université).

L’exposition a créé chez moi un certain malaise. Je m’attendais en effet à ce qu’une partie de l’expo soit consacrée aux résultats, à l’impact du mouvement pour l’Université en général (la loi Faure de novembre 1968) et pour l’université de Strasbourg en particulier (la scission en trois universités : Louis Pasteur, Robert Schumann, Marc Bloch, scission qui allait durer jusqu’en 2009).

B. Seconde visite virtuelle : Hors du monde. La carte et l’imaginaire (exposition de 2019). 95 photos.

Catalogues de cinq expositions posti2014

Carte de la chronique de Nuremberg (1493) : le monde connu au temps de la Genèse.

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Les prix du vin au 18ème siècle

A propos de l’Exposition de la BNUS, Deux mille vins.

Gilbert Larguier, Les prix du vin, XVIe-XVIIIe siècle. Le Midi et les grandes aires de production françaises, Annales du Midi, Année 2013, 125-281, pp. 9-27.

Cet article fait partie d’un numéro thématique : Le cours des vins en Catalogne et Languedoc-Roussillon. Fluctuations et portée des prix dans le temps long de l’histoire;

Bonnes feuilles de l’article de Gilbert Larguier :

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1682-1715. Théâtre et musique

Théâtre et musique en marge de la cour de Versailles (1682-1715), Mondes sociaux, Rémy Campos, Anne-Madeleine Goulet, 2 novembre 2020.

« Au sein d’assemblées ouvertes aux tendances artistiques les plus novatrices, de nouvelles sociabilités émergent et des opportunités inédites sont ainsi offertes aux artistes. L’installation de la cour à Versailles n’entraîne donc pas le renforcement du monopole esthétique du roi et voit, tout au contraire, le développement artistique d’autres espaces, à l’activité foisonnante.

Un déplacement du regard

En 1682, le fait que la cour adopte un lieu fixe et qu’elle abandonne partiellement l’itinérance constitue une sorte de révolution. Ce choix entraîne la multiplication autour du domaine versaillais de résidences-satellites, longtemps perçues comme des lieux périphériques – pâles reflets de la cour de Versailles. Notre approche, qui relève des arts du spectacle – entendus comme un champ de confrontation disciplinaire plutôt que comme une discipline constituée – propose de déplacer le regard, de l’étude de la cour à celle de ces lieux situés dans la ville de Versailles, à Paris ou ailleurs en Île-de-France.

À l’évidence, les propriétés du duc d’Orléans à Saint-Cloud ou au Raincy, le château de Choisy que la Grande Mademoiselle fait construire à partir de 1682, le château de Saint-Maur pour les Condés, le domaine de Sceaux où s’établissent le duc et la duchesse du Maine en 1700, celui de Meudon que le Grand Dauphin investit à partir de 1695, ou encore le château de la Bretèche et celui de Rambouillet, qui échoient respectivement en 1700 et en 1706 au comte de Toulouse, s’imposent comme autant de foyers artistiques fort dynamiques, ouverts au théâtre et à la musique. La haute aristocratie emboîte alors le pas aux membres de la famille royale, comme l’atteste le divertissement organisé en l’honneur du Grand Dauphin au château du Raincy le 9 et 10 juin 1697 par Louis Ier Sanguin, marquis de Livry (1648-1723), premier maître d’hôtel du roi, et confié à André Campra.

Il suffit de feuilleter les livraisons successives du Mercure galant, le périodique mensuel que Jean Donneau de Vizé lance à partir de 1672, pour constater que les provinces ne sont pas en reste. Fêtes ordinaires (mariages, baptêmes…) et extraordinaires (célébrations pour la naissance d’un enfant royal ou pour une victoire militaire) se succèdent à une cadence rapide. La fête que le maréchal de Vivonne offre à Mme de Grignan à Marseille en 1680 est ainsi conçue sur le modèle des fêtes de cour : promenade en galère au son de la musique, dîner au château d’If avec concert et représentation de l’opéra Bellérophon de Quinault et Lully.

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18ème. Abbaye de Moyenmoutier

Fondée vers l’an 671 par Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves, l’Abbaye bénédictine de Moyenmoutier fut soumise dès l’origine aux rois d’Austrasie et ensuite à l’empereur Charlemagne et à ses successeurs. Elle abrita jusqu’à 300 religieux.

Histoire de l’abbaye, 17ème et 18ème siècles. Source pour le 17ème : extraits de Pays des abbayes. Source pour le 18ème : extraits de Wikipédia.

L’Abbatiale en deux albums : extérieur (24 photos) et intérieur (22 photos).

« Moyenmoutier, Medianum Monasterium, le monastère du milieu… Lorsque les 4 premières abbayes furent édifiées, elles ont formé une croix. Il fut dit que Moyenmoutier en serait son centre… Senones et Etival situées sur l’axe est-ouest cédèrent une partie de leurs dotations à saint Hydulphe, venu en l’an 671, christianiser ces terres sauvages des Vosges. Le prestige du saint homme attire de nombreux moines et l’abbaye acquiert pouvoir et influence. Mais en 915, les invasions hongroises dévastent la Lorraine et l’abbaye de Moyenmoutier est détruite….

1612. La richesse retrouvée, les tentations sont nombreuses… Hubert de Parroy n’y résiste pas et s’autoproclame voué de Moyenmoutier et de son territoire. Alors les moines font appel au duc de Lorraine Mathieu II pour libérer l’abbaye du joug de son voué. En 1612, la réforme de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe insuffle à la Lorraine un nouvel élan spirituel.

1661. Un nouvel abbé régulier est élu, Philibert Galavaux, mais l’abbé commendataire Nicolas-François de Lorraine est également nommé. Finalement ce dernier se désiste en 1662, ce qui marque la fin du régime de commende à l’abbaye.

1676-1705. Sous l’abbatiat de Hyacinthe Alliot, une académie des sciences est créée. Moines théologiens, historiens, naturalistes, archéologues, entomologistes, médecins, on retrouve à l’abbaye l’élite savante de l’ordre bénédictin sous la tutelle de l’abbé humaniste. Le premier « Traité du Cancer » y est écrit et publié à Paris sous le nom de Jean Baptiste Alliot, médecin de Louis XIV et frère de l’abbé. Les premières fouilles gallo-romaines sont entreprises au sommet du Donon.

1705-1727. Abbatiat de Humbert Belhomme (1653-1727). La bibliothèque s’enrichit considérablement et compte 11 000 volumes.

L’Abbé mène une politique documentaire d’envergure. Il la définit dans une lettre datée de 1710, adressée à Dom Calmet : je désire que nous continuions à former notre bibliothèque selon le plan que nous nous sommes proposé, qui est d’avoir tous les auteurs originaux grecs et latins, toutes les nouvelles éditions de Paris et tous les nouveaux livres qui en vaudront la peine.

Dom Calmet y écrit Les commentaires sur l’ancien testament, Le dictionnaire de la bible pendant ses huit années de séjour à Moyenmoutier. Chronique du blog sur Dom Calmet.

Humbert Belhomme fait également entièrement reconstruire l’abbaye, sur les bords de la rivière Rabodeau. Sur son tombeau, ses frères moines écrivent cette épitaphe : Homme humble d’origine, il apprit à goûter et à réaliser de grandes choses. Il fut d’une piété sincère, d’un esprit pénétrant, d’un goût cultivé et raffiné en toutes choses, d’une habileté remarquable dans la conduite des affaires et le maniement des âmes. Il reconstruisit le monastère qu’il rendit aussi agréable que commode. Ceux qui étaient sous son autorité, ils les aima d’une telle charité qu’ils ne le craignaient pas comme un maître mais le vénéraient et l’aimaient comme un père« .

Construction de la 3ème abbaye à partir de 1767

1727-1790. « Sous les abbatiats de Humbert Barrois (1727-1771) et François Maillard (1771-1790), la construction d’une nouvelle abbaye est entreprise sur le site actuel à partir de 1767.

La réalisation est confiée à l’architecte Ambroise Pierson, un bénédictin de Senones. L’ancienne abbaye est détruite au fur et à mesure que la nouvelle se construit. Dix années suffisent à l’architecte pour faire ce chef-d’œuvre d’architecture, inauguré en 1776. C’est cette troisième abbaye que l’on peut admirer aujourd’hui et qui est le « plus bel édifice baroque de Lorraine ».

Lors de la Révolution française, l’abbaye de Moyenmoutier est une des rares à ne pas être dépeuplée. François Maillard est encore entouré d’une vingtaine de moines (dont Joseph Fréchard). Les dernières prises d’habit datent de 1788 ! Tout est calme en ce mois de juillet 1789 à Moyenmoutier, les relations sont bonnes entre les bénédictins et les habitants.

À la salle capitulaire, le 30 juillet, François Maillard dresse un acte officiel devant ses religieux : Dans les circonstances actuelles où l’esprit d’insubordination, d’insoumission et d’anarchie parait s’être répandu dans toutes les parties du royaume de France, l’abbaye de Moyenmoutier ayant à craindre qu’il ne lui soit fait violence, soit pour abandonner ses droits, ses propriétés, ses titres et archives, proteste par cet acte contre tous abandons ou cessions que la crainte, les menaces, la violence, la force ou les voies de faits pourraient leur arracher et extorquer sous quelque prétexte que ce soit.

1790. François Maillard meurt le 2 février. Entre les 13 et 19 février, l’Assemblée constituante décide l’abolition des vœux monastiques et la suppression des ordres et congrégations régulières autres que d’éducation publique et de charité. C’est à partir du 10 mai que les autorités municipales de Moyenmoutier se rendent à l’abbaye pour procéder aux inventaires des biens et à l’interrogatoire des religieux. Il est à peu près certain que ceux-ci optèrent pour la liberté de rentrer dans le monde. L’histoire des bénédictins à l’abbaye de Moyenmoutier se termine avec le départ des moines au cours de l’année 1791.

1791-1792. À la suite du décret du 2 décembre 1789, les domaines et possessions de l’Église sont déclarés biens nationaux. Les ventes mobilières à Moyenmoutier s’effectuent de février 1791 à mai 1792 (meubles, fauteuils, nappes, lampes, horloges, bottes, souliers, estampes, prie-Dieu, bureaux, vaches, chevaux, fourrage, chariots, charrues, harnais…) ».

Description de l’édifice actuel (source :Pays des Abbayes)

« L’abbaye est construite en grès rose des Vosges.

L’intérieur de l’abbatiale est de facture baroque, mais reste assez sobre si on la compare aux édifices de même style d’Allemagne ou d’Autriche. Le badigeon coloré « jaune Marie-Thérèse » procurait une agréable lumière, comme à l’église Saint-Jacques de Lunéville, mais n’existe plus aujourd’hui, laissant la place à un gris délavé.

L’abbatiale surprend par ses dimensions: 60 m de long, 16 m de large et 30 m de haut. La construction sans contrefort à l’extérieur et sans pilier à l’intérieur réside dans la charpente en forme de bateau renversé. Un savant entrelacs de poutres renvoie, par le jeu d’équilibre des forces, la charge sur les pilastres et les murs de l’église. La cage à écureuil y est toujours présente. La nef de 5 travées et le chœur sont couverts de voûtes bombées séparées par des doubleaux à caissons ornés de rosaces.

L’autel (dont la croix et les six chandeliers de 1734) est en marbre XVIIIe siècle, et le tableau de 1740 de la Cène est attribué à Dumont le Lorrain.

Dans l’avant-chœur sont installées des stalles de 1698, sous une large coupole sur pendentif. L’ensemble compte 36 sièges dont les miséricordes sculptées montrent des visages. Toutes les stalles sont adossées à des panneaux en bois sculptés appelés dorsaux, composés de trois étages inégaux : en haut une frise avec des feuillages et fruits divers, au centre des perspectives de cloître et en bas des motifs religieux et musicaux alternés. Aux portes des stalles, des bas-reliefs illustrent quatre vertus (la Charité, la Justice, la Force et la Prudence).

Enfin, à l’extrémité des stalles, deux grands panneaux entourés de cariatides représentent St Hydulphe exorcisant un possédé qui crache son démon, et l’autre Saint Hydulphe et son frère Saint Erhard baptisant Sainte Odile.

Dans la nef, 4 trophées-appliques provenant de la deuxième abbaye, placés sur 4 piliers des voûtes.

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1714. Fénelon : avocats, prédicateurs

Chroniques du blog sur le 18ème siècle. Fénelon (1651-1715) et son double, catalogue de l’exposition de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, 2015, 120 pages. Diaporama de 11 photos.

Deuxième chronique. Fénelon, 30 ans en 1681

Troisième chronique sur Fénelon, ce jour : critique des avocats, des prédicateurs. Lettre sur les occupations de l’Académie française, Paris, Libraire Ch. Delagrave, 1714.

Cet ouvrage fut le dernier écrit de Fénelon. Il le composa pour répondre au désir de l’Académie qui l’avait consulté sur les travaux qu’elle devait achever ou entreprendre. Il y traite successivement du Dictionnaire, d’un projet de Grammaire, d’une Rhétorique, d’une Poétique, de trois traités distincts sur la Tragédie, sur la Comédie et sur l’Histoire ; et termine cette Lettre par des considérations sur les anciens et les modernes.

Extraits du Projet de rhétorique (pages 14-16). « Par rapport à la Grèce antique, « la parole n’a aucun pouvoir semblable chez nous ; les assemblées n’y sont que des cérémonies et des spectacles. Il ne nous reste guère de monuments de forte éloquence, ni de nos anciens parlements, ni de nos états généraux, ni de nos assemblées de notables ; tout se décide en secret dans le cabinet des princes, ou dans quelque négociation particulière : ainsi notre nation n’est point excitée à faire les mêmes efforts que les Grecs pour dominer par la parole. L’usage public de l’éloquence est maintenant presque borné aux prédicateurs et aux avocats.

Nos avocats n’ont pas autant d’ardeur pour gagner le procès de la rente d’un particulier, que les rhéteurs de la Grèce avaient d’ambition pour s’emparer de l’autorité suprême dans une république. Un avocat ne perd rien et gagne même de l’argent, en perdant la cause qu’il plaide. Est-il jeune ? il se hâte de plaider avec un peu d’élégance pour acquérir quelque réputation, et sans avoir jamais étudié ni le fond des lois ni les grands modèles de l’antiquité. A-t-il quelque réputation établie ? il cesse de plaider, et se borne aux consultations, où il s’enrichit. Les avocats les plus estimables sont ceux qui exposent nettement les faits, qui remontent avec précision à un principe de droit, et qui répondent aux objections suivant ce principe. Mais où sont ceux qui possèdent le grand art d’enlever la persuasion et de remuer les cœurs de tout un peuple ?

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1748. Louis XV, abolition des galères

27 septembre 1748, Abolition des galères, dossier d’André Larané, fondateur d’Herodote.net en 2004.

« Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l’institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale. Les forçats sont désormais internés dans des prisons côtières ou dans des navires hors service, notamment à Toulon, dans ce qui sera le bagne.

Depuis 1560, où une ordonnance de Charles IX avait institué une peine de réclusion d’un minimum de dix ans, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. À leurs côtés, les engagés volontaires n’étaient pas enchaînés. Quand la galère coulait, ceux-ci pouvaient tenter de survivre si, du moins, ils savaient nager… Les condamnés quant à eux coulaient avec l’épave. Les uns et les autres formaient… la chiourme.

Naissance de la Royale. Les galères s’étaient multipliées au siècle précédent, sous le règne de Louis XIV. Le Roi-Soleil avait manifesté sa volonté de dominer les mers comme le continent et il avait confié à son ministre Colbert le soin de créer une marine digne de ce nom, rivale des marines anglaise et hollandaise.

Colbert avait d’abord acheté des navires à l’étranger avant de lancer une industrie navale en France même. Dès 1677, la France comptait 116 vaisseaux dont douze de premier rang, avec 74 à 120 canons. Au total plus de 6000 canons.

Les galères royales basées à Toulon étaient au nombre d’une quarantaine. Ces bateaux longs et bas, à un pont et deux mâts, étaient armés de canons à l’avant. À l’arrière, ils étaient surmontés du carrosse ou tabernacle, où se tenaient les officiers… Lire la suite

Pour aller plus loin. Extrait du dossier de Wikipédia, Galères.

« La marine recrutait ses galériens auprès des tribunaux qui condamnaient, dans un premier temps les criminels et, par la suite, les petits délinquants, les faux-sauniers, les contrebandiers, les déserteurs, les mendiants, les vagabonds, les protestants, les révoltés contre les nouveaux impôts.

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