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1754-1758. Saint-Jean, Sarrebruck

Suite des Chroniques d’Histoires d’universités sur Sarrebruck – Saarbrücken

Diaporama de 43 photos

Partie  1. La Basilique Saint-Jean est une église catholique située sur le marché Saint-Jean à Sarrebruck. Source : article de Wikipédia.

« St. Johann était administrée à l’époque de la Réforme par un seigneur protestant et seule une chapelle, la chapelle Saint-Jean, était affectée au culte catholique.

Au XVIIIe siècle, sous la domination française de Louis XIV, la population catholique s’accrut. Le pouvoir en place finança alors la construction de la basilique, qui était le seul édifice religieux construit depuis cent ans. Celui-ci fut construit à la place de la chapelle du même nom par l’architecte Frédéric-Joachim Stengel entre 1754 et 1758.

La basilique fut plusieurs fois réaménagée, détruite et rénovée.Elle tient son nom actuel d’une décision de Paul VI qui en fit une basilique mineure en 1975. Elle fait partie d’une paroisse qui compte cinq églises.

L’intérieur a été réaménagé conformément à l’original baroque entre 1972 et 1975″.

Partie 2. Source : Larges extraits du site canadien dédié à la musique d’orgue

« Le 21 décembre 1684, sous la pression du roi Louis XIV, la chapelle St. Johann est retirée au culte protestant et rendue au culte catholique. La base de cette décision veut que dans lieux réunifiés où il existe deux églises, la plus petite soit assignée aux catholiques, et là où une seule église existe, l’utilisation doit se faire en alternance. Selon le point de vue français, comme St. Johann et Saarbrücken ne forment qu’une seule ville, la chapelle St. Johann revient aux catholiques. Les moines prémontrés du monastère de Wadgassen se chargent des services de pastorale.

Lorsque la Paix de Rijswijk est signée le 30 octobre 1697, mettant fin à guerre de Neuf-Ans (1688-1697) entre la France et la Grande Alliance qui inclut l’Angleterre, l’Espagne, l’Autriche et la République hollandaise, la France doit retourner la région de Saar. L’empereur et les autorités impériales catholiques décident que toutes les mesures politico-religieuses françaises continuent de s’appliquer. Ainsi, la chapelle St. Johann demeure catholique.

Vers 1750, la vieille chapelle St. Johann est devenue trop petite pour accueillir tous les catholiques du comté de Saarbrücken. Le curé, Jean-Baptiste Namour, un moine prémontré du monastère de Wadgassen, soumet l’idée de construite une nouvelle église paroissiale aux autorités compétentes qui sont Michael Stein, l’abbé du monastère de Wadgassen, le prince Wilhelm Heinrich (1718-1763), et le roi de France, Louis XV (1710-1774).

Après que l’emplacement et le style du nouvel édifice aient été déterminés, les dons sont recueillis pour financer les coûts de construction. Parmi ceux-ci, Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon  (1695-1760), évêque (1733-1760) de Metz, fait don de 1 000 francs pour le maître-autel alors que le prince Wilhelm Heinrich fait don du bois en provenance de sa  forêt privée. Quelle que soit leur allégeance religieuse, tous les résidents doivent participer aux corvées sur le site.

La construction du clocher est rendue possible grâce à Herz Cerfbeer de Medelsheim (1730-1793), un banquier juif, par un prêt à Strasbourg ».

« Le principal architecte est Friedrich Joachim Stengel (1694-1787) qui a reçu l’aide de l’architecte Heinrich Eckardt au cours de la phase de planification. Ont participé à la construction, les sculpteurs Johann Philipp Mihm (vers 1710-après 1774), Jacques Gounin (avant 1750-après 1775), Jakob Stein, le plâtrier Wunibald Wagner, le peintre et doreur Saladin, et les facteurs d’orgues les frères Stumm. Aussi impliqués sont le maître maçon, les charpentiers, les menuisiers, l’ardoisier, le maître vitrier, les tuyautiers, le forgeron, et le plombier.

La consécration a lieu le 8 janvier 1758 et est présidée par Michael Stein, abbé du monastère des prémontrés de Wadgassen. Le clocher est complété en 1763.

Lorsque la paroisse St. Johann est rattachée au diocèse de Trèves à la suite du Concordat de 1801 avec Napoléon Bonaparte (1769-1821) et soumise à une réorganisation ecclésiastique en 1821, les moines prémontrés sont remplacés par des prêtres séculiers diocésains.

L’édifice a été restauré trois fois au cours du XIXe siècle : en 1835-1836 par l’architecte Fr. Hochapfel, en 1869-1870 par l’architecte Carl Benzel, et en 1879 par l’architecte H. Langwied. En 1907, sous la direction de l’architecte local Gustav Schmoll dit Eisenwerth (1881-1916), l’édifice est agrandi pour y inclure une sacristie, une salle latérale, et une façade de style du nouvel art baroque ».

« Dans les années 1972-1975, l’intérieur est complètement restauré et reçoit une allure baroque. Les travaux sont réalisés par la firme Fuchs, de Würzburg. L’intérieur est peint en blanc et vert océan, tel qu’il était, en 1757, aménagé par Michael Krieger. Pour ce faire, les restaurateurs ont retiré 18 couches de peinture provenant de 217 ans. La voûte en stucco du chœur comprend l’agneau de l’Apocalypse entouré des quatre symboles des évangélistes ».

« Le clocher est intégré dans la façade et forme une entité structurelle avec elle. La façade est divisée en trois parties tant sur la hauteur que sur la largeur. La nef, en forme de salle, intègre un chœur qui se termine par un chevet à six pans ».

« Un des éléments les plus importants de l’ameublement doré est la chaire qui a été fabriquée par le menuisier Hackspill et le sculpteur Graner en 1764. C’est un don de Michael Stein, abbé du monastère de Wadgassen ».

« Les niches contiennent les statues des quatre évangélistes et celle du Christ enseignant. À l’intérieur de l’abat-voix, une sculpture de l’Esprit-Saint sous forme d’une colombe est une allégorie de l’inspiration ».

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Rochefort et la Charente (17-19ème)

Rochefort et la Charente du 17ème au 19ème siècle. Suite de la chronique Turgot et la Charente (1772-1773). Le pont suspendu de Tonnay-Charente.

La Charente en Charente maritime : la marée à Rochefort, l’aménagement et la défense de l’estuaire à Port des barques, le canal de Brouage, l’assainissement au 18ème et 19ème siècles (page 2, cliquer ici), le pont transbordeur entre Rochefort et Échillais (page 3, cliquer ici).

Quatre diaporamas (63 photos).

Carte de 1689

Partie 1. De la création de l’Arsenal de Rochefort en 1666 à l’aménagement d’un système militaire complet, pour empêcher un ennemi éventuel de remonter l’estuaire de la Charente jusqu’à Rochefort. Source : extraits de Moisdon Pascale, présentation de la vallée de la Charente en Charente-Maritime, dossier d’aire d’étude.

« Rendu navigable à partir d’Angoulême par des aménagements pratiqués au Moyen Âge, le fleuve a permis le développement d’une myriade de petits ports et de quelques places plus importantes, comme celles d’Angoulême, Cognac, Saintes, Taillebourg ou Tonnay-Charente ».

Néanmoins, entre l’océan et Rochefort, la marée se fait puissamment sentir et rend difficile ou impossible la navigation à marée basse étale.

Diaporama 1 (14 photos). Marée basse à Rochefort

« A partir de 1666 et l’implantation de l’arsenal à Rochefort, l’accroissement du trafic fluvial pour l’alimentation de l’établissement en matériaux, vivres et marchandises manufacturées, stimule l’économie des communes traversées mais aussi celles alentours. Le rôle joué par Rochefort dans les échanges avec les colonies, en augmentant encore les besoins, participe de ce mouvement.

L’établissement militaire, qui se déploie sur la rive droite à Rochefort, possède un certain nombre de sites annexes dans l’estuaire : bassins ou fosses à bois, fontaine, magasins à poudre… En outre, des redoutes et des forts y sont édifiés pour protéger l’arsenal de toute incursion ennemie, ainsi que des phares pour guider les vaisseaux dans l’entrée du fleuve ».

Le fort Lupin (1685-1689).

La fontaine royale de Lupin « construite en 1676, reconstruite en 1763 en aval de fort Lupin, c’est la première source captée puisque son origine remonte à la fondation de l’arsenal de Rochefort pour permettre aux navires de se ravitailler en eau potable ».

Diaporama 2 (18 photos). Fontaine royale de Lupin

En mars 1780, La Fayette repart en Amérique à bord de la frégate Hermione. Il aurait embarqué à la Fontaine de Lupin, pour éviter le lent et long trajet naval depuis Rochefort. Il arrivera à Boston le 27 avril.

Partie 2. Le canal de Brouage, devenu canal de la Bridoire, relie la Charente à la Seudre. Source : inventaire Nouvelle Aquitaine

Diaporama 3 (15 photos). La citadelle et le canal de Brouage

« Le Canal de Brouage est le seul canal navigable aménagé dans les marais des environs de Rochefort. La carte de l’embouchure de la Charente relevée en 1704 par Claude Masse montre qu’il emprunte, au moins partiellement, l’ancien lit de la rivière d’Arnou ou de Pont-L’Abbé qui meut le moulin de la Bridoire situé à son embouchure. Sur cette carte, les terres basses alentour sont des marais. Ce canal est réalisé en plusieurs campagnes de travaux ; le projet initial qui prévoyait de relier Rochefort à Brouage est complété par une jonction avec la Seudre ».

« L’aménagement de la première partie d’une quinzaine de kilomètres entre Brouage et Rochefort est commencé entre 1782 et 1785 sous la direction de l’intendant Réverseaux ; en même temps sont ouverts les canaux de Broue et de Mérignac. Le canal de la Bridoire doit faciliter la navigation entre la mer et la Charente, tout en assainissant par un ensemble de canaux et de fossés les territoires marécageux de Pont-l’Abbé-d’Arnoult et de Champagne, dans les marais de Brouage. François Philibert Boischot, adjudicataire des ouvrages de dessèchement des marais de Rochefort en 1783, est chargé de ceux nécessaires à l’ouverture de ce canal.

Après avoir été interrompus une vingtaine d’années, les travaux reprennent sous la direction des ingénieurs Champion de la Bretonnière et Masquelez, au début du 19e siècle. La partie déjà réalisée est curée et deux écluses sont construites, l’une à l’embouchure du canal dans la mer, l’autre à celle de la Bridoire. Le canal, ainsi rendu navigable à partir de 1807, sert au transport de sels, de vins, d’eaux-de-vie et de bois de construction.

Pour permettre la navigation, le canal fait 17 mètres de large avec une profondeur de 2,50 mètres. Des gares et des élargissements pratiqués à chacune de ses inflexions servent de points de repos et facilitent le croisement des bateaux de fort tonnage à fond plat. Ainsi, les chargements peuvent partir de Brouage et remonter la Charente directement, sans subir de transvasements entre des bâtiments de mer et des bateaux de faible tirant. Deux fois par an, pour l’entretien du canal, il est nécessaire de faucher, de réparer les talus et banquettes et d’effectuer son curage. Le halage se fait à bras d’hommes et par chevaux ».

Commentaires fermés sur Rochefort et la Charente (17-19ème)

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Art sacré, Noël et Épiphanie

Dans ma collection de photos d’Art sacré, j’ai choisi, pour présenter, aux lectrices et lecteurs du blog, mes vœux pour Noël et l’année nouvelle, quatre évènements liés à la naissance de Jésus : la Vierge Allaitant, l’Adoration des Mages, le Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte.

Ces quatre épisodes pris en compte par les évangélistes illustrent encore les paradoxes du monde contemporain. D’un côté, la joie de pouvoir fonder une famille et d’être respecté par les plus riches. D’un autre côté, l’horreur de la violence au quotidien, le massacre des innocent(e)s, la folie de l’exil forcé.

En février 2022, dans le seul musée des Beaux-arts de Besançon, j’ai eu l’opportunité de pouvoir photographier deux Vierges Allaitant, une Adoration des Mages, un Massacre des Innocents, trois Fuites en Égypte.

Diaporama de 26 photos (œuvres, cartels, détails). Cliquer sur les images pour les agrandir.

Le Louvre possède un tableau d’Orazio Gentileschi (vers 1628) qui associe deux des quatre scènes mentionnées : lors du repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte, la Vierge allaite Jésus..

Collections des années passées, publiées sur le blog :

Six chroniques sur la Vierge Allaitante (dite aussi la Vierge du lait, Galaktotrophousa, ou encore Madonna del latte ou Maria che allatta).

Andrea di Bartolo, dit Solario, La Vierge Marie allaitant l’enfant, vers 1507-1510, Le Louvre (photo d’octobre 2022)

Commentaires fermés sur Art sacré, Noël et Épiphanie

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18ème. Ingénieurs, Écoles des mines

18ème siècle. Du charbon aux Écoles des mines. Chronique en 7 parties. 1. Charbon, 2. Mines, 3. La Compagnie des Mines d’Anzin, 4. La formation des ingénieurs, 5. Vers la création d’écoles des Mines, 6. École nationale supérieure des mines de Paris (1783), 7. Montage de 150 diapos : création de l’École des mines dans son contexte historique,

Partie 1. Charbon. Source : extraits de l’article de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, volume 3, 1753, pages 190 à 194.

« Il y a  tout lieu de croire que par des révolutions arrivées à notre globe dans les temps les plus reculés, des forêts entieres de bois résineux ont été englouties & ensevelies dans le sein de la terre, où peu-à-peu & au bout de plusieurs siecles, le bois, après avoir souffert une décomposition, s’est ou changé en un limon, ou en une pierre, qui ont été pénétrés par la matiere résineuse que le bois lui-même contenoit avant sa décomposition.

On trouve du charbon minéral dans presque toutes les parties de l’Europe, & sur-tout en Angleterre : ceux qui se tirent aux environs de Newcastle sont les plus estimés ; aussi font-ils une branche très-considérable du commerce de la grande Bretagne. La Suede & l’Allemagne n’en manquent point, non plus que la France, où il s’en trouve une très-grande quantité de la meilleure espece. Il y en a des mines en Auvergne, en Normandie, en Hainaut, en Lorraine, dans le Forès, & dans le Lyonnois.

Les mines de charbon se rencontrent ordinairement dans des pays montueux & inégaux : on a pour les reconnoître des signes qui leur sont communs avec les autres especes de mines métalliques. Mais ce qui les caractérise plus particulierement, c’est qu’on trouve dans le voisinage des mines de charbon, des pierres chargées d’empreintes de plantes, telles que sont les fougeres, les capillaires, &c. L’air est souvent rempli de vapeurs & d’exhalaisons sulphureuses & bitumineuses, surtout pendant les fortes chaleurs de l’été.

M. Triewald, qui a fourni à l’Académie des Sciences de Stockolm des mémoires très detaillés sur les mines de charbon de terre, donne deux manieres de s’assûrer de leur présence : la premiere consiste à faire l’examen des eaux qui sortent des montagnes, & des endroits où l’on soupçonne qu’il peut y avoir du charbon ; si cette eau est fort chargée d’ochre jaune, qui après avoir été séchée & calcinée, ne soit presque point attirable par l’aimant, on aura raison de fouiller dans ces endroits : la seconde maniere, que les mineurs Anglois regardent comme la plus certaine, & dont ils font un très-grand mystere, est fondée sur ce qu’en Angleterre il se trouve très-souvent de la mine de fer mêlée avec le charbon de terre : on prend donc une ou plusieurs pintes de l’eau qui est chargée d’ochre jaune, on la met dans un vaisseau de terre neuf vernissé, & on la fait évaporer peu-à-peu à un feu très-modéré ; si le sédiment qui reste au fond du vaisseau après l’évaporation est d’une couleur noire, il y aura toute apparence, suivant M. Triewald, que l’eau vient d’un endroit où il y a une mine de charbon. Outre les différentes manieres que nous venons de dire on se sert encore de la sonde ou tarriere ; c’est vraissemblablement la méthode la plus sûre.

Le charbon minéral se trouve ou par couches ou par veines dans le sein de la terre : ces couches varient dans leur épaisseur, qui n’est quelquefois que de deux ou trois pouces ; pour lors elles ne valent point la peine d’être exploitées : d’autres au contraire ont une épaisseur très-considérable. On dit qu’en Scanie, près de Helsingbourg, il y a des couches de charbon de terre qui ont jusqu’à 45 piés d’épaisseur.

Le charbon fossile se rencontre entre plusieurs lits de terres & de pierres de différentes especes ; telles que l’ardoise, le grais, des pierres plus dures, que les Anglois nomment whin ; des pierres à aiguiser, des pierres à chaux, entre-mêlées d’argille, de marne, de sable ».

Partie 2. Mines. Source : extraits de l’article de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, volume 10, 1765, pages 521 à 523.

« Dans l’histoire naturelle du règne, on appelle mine toute substance terreuse ou pierreuse qui contient du métal ; c’est ainsi qu’on appelle mine d’or toute pierre dans laquelle on trouve ce métal. Mais dans un sens moins étendu, on donne le nom de mine à tout métal qui se trouve minéralisé, c’est-à-dire combiné avec le soufre ou avec l’arsenic, ou avec l’un & l’autre à la fois ; combinaison qui lui fait perdre sa forme, son éclat & ses propriétés. »Dans l’histoire naturelle du règne, on appelle mine toute substance terreuse ou pierreuse qui contient du métal ; c’est ainsi qu’on appelle mine d’or toute pierre dans laquelle on trouve ce métal. Mais dans un sens moins étendu, on donne le nom de mine à tout métal qui se trouve minéralisé, c’est-à-dire combiné avec le soufre ou avec l’arsenic, ou avec l’un & l’autre à la fois ; combinaison qui lui fait perdre sa forme, son éclat & ses propriétés.

C’est dans cet état que les métaux se trouvent le plus ordinairement dans les filons ou veines métalliques, alors on dit que ces métaux sont minéralisés, ou dans l’état de mine ; au lieu que quand un métal se trouve dans le sein de la terre sous la forme qui lui est propre, on le nomme métal natif ou métal vierge.

Il y a souvent plusieurs métaux qui sont mêlés & confondus dans une même mine, c’est ainsi qu’on trouve rarement des mines de cuivre qui ne contiennent en même temps une portion de fer ; toutes les mines de plomb contiennent plus ou moins d’argent. Voilà précisément ce qui cause la difficulté de reconnaître les mines au simple coup-d’œil, il faut pour cela des yeux fort accoutumés, quelquefois on est obligé même de recourir au microscope, & souvent encore c’est sans succès, & l’on est forcé de faire l’essai de la mine, quand on veut être assuré de ce qu’elle contient ».

Partie 3. La Compagnie des mines d’Anzin. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« La Compagnie des mines d’Anzin est une ancienne compagnie minière. Elle se distingue par son rôle dans l’histoire économique pour avoir lancé l’exploitation du charbon dans le Nord de la France et avoir ainsi été l’une des premières grandes sociétés industrielles françaises. Elle a été créée à Anzin le 19 novembre 1757 par le vicomte Jacques Désandrouin. Les signatures officialisant sa création ont été faites dans le château de l’Hermitage à Condé-sur-l’Escaut, propriété d’Emmanuel de Croÿ-Solre à l’époque. Elle a exploité ses mines pendant près de deux siècles (1757-1949), jusqu’à la nationalisation des mines. »La Compagnie des mines d’Anzin est une ancienne compagnie minière. Elle se distingue par son rôle dans l’histoire économique pour avoir lancé l’exploitation du charbon dans le Nord de la France et avoir ainsi été l’une des premières grandes sociétés industrielles françaises. Elle a été créée à Anzin le 19 novembre 1757 par le vicomte Jacques Désandrouin. Les signatures officialisant sa création ont été faites dans le château de l’Hermitage à Condé-sur-l’Escaut, propriété d’Emmanuel de Croÿ-Solre à l’époque. Elle a exploité ses mines pendant près de deux siècles (1757-1949), jusqu’à la nationalisation des mines.

1678. A la suite des guerres de conquête de Louis XIV, une partie du Hainaut est rattaché à la France par le traité de Nimègue. Le rattachement à la France pose problème à quelques industries implantées dans la région : leur approvisionnement en charbon dans la région de Mons est compliqué et renchéri par le fait qu’il soit de l’autre côté de la frontière, aux Pays-Bas autrichiens.

1716. Parmi ces industriels, la famille Désandrouin, de Lodelinsart, possède une verrerie à Fresnes, qui est alors du côté belge (et donc autrichien à l’époque) de la frontière. Le vicomte Desandrouin est convaincu que la veine du gisement houiller se poursuit dans le sous-sol côté français et obtient l’autorisation d’entamer des recherches en 1716 après la mort de Louis XIV.

Il en confie la direction à l’ingénieur Jacques Mathieu, le responsable technique de son charbonnage de Lodelinsart, qui traverse la frontière avec toute sa famille et une vingtaine de jeunes gens recrutés à Charleroi.

Ces recherches sont extrêmement difficiles, car le gisement n’affleure pas en surface. De plus, la nappe phréatique se trouvait à une distance relativement faible de la surface. On devait donc, au fur et à mesure qu’on approfondissait les puits, évacuer les eaux.

1720. Une première veine de quatre pieds (à peu près 1,20 m) fut découverte en 1720 à Fresnes-sur-Escaut, à 35 toises de profondeur (à peu près 70 m), dans la pâture de Jeanne Colard, qui donne son nom à la première fosse. Trois fosses y furent exploitées pendant quelques années, mais il s’agissait d’un charbon maigre, qui n’était pas apte à tous les usages. À Noël 1720, le cuvelage de l’une cède, plusieurs associés se retirent et du matériel est vendu.

Cependant, Jacques Desandrouin ne perd pas espoir et fonde une nouvelle société avec une partie des associés qui lui sont fidèles et le soutien de l’État, représenté par l’intendant de Hainaut, René Hérault, de la famille Hérault de Séchelles.

1720-1734. Les travaux furent poursuivis pendant dix ans, en creusant de nouvelles fosses, mais en se déplaçant vers l’est, vers Valenciennes. On trouve à Anzin le premier gisement de houille exploitable de la région en 1734, c’est la « fosse du Pavé » et son charbon gras. De 1720 à 1734, la plupart des 35 puits que l’on trouve sont rentables. Désormais, le Nord de la France devient une grande région productrice de charbon alors que ce dernier était auparavant acheté en Belgique.

1757. La compagnie des mines d’Anzin est créée en 1757 par la fusion de trois des Premiers entrepreneurs du charbon français qui se disputent un territoire proche, le vicomte Jacques Désandrouin, François Marie Le Danois et Emmanuel de Croÿ-Solre, seigneur haut justicier de la région. La Compagnie Desandrouin-Taffin et la Compagnie Desandrouin-Cordier, toutes deux appartenant à Jacques Désandrouin et ses associés, les premiers avoir développé les mines, n’obtiennent que 9 des 24 parts.

La Compagnie des mines d’Anzin est la plus ancienne des grandes mines du Nord, celle qui y a lancé l’exploitation de charbon. Lors de la fusion, elle devient l’une des premières sociétés industrielles d’Europe.

Dès ses débuts, la société profite d’innovations puisque, vers la fin du XVIIIe siècle, ses machines à vapeur lui permettent d’extraire du charbon à 200 mètres de profondeur. « En 1789, la société avec 27 puits, 12 machines à vapeur et 4 000 ouvriers assure le tiers de la production française » de charbon. La Révolution française entraîne des remises en cause du statut de la société qui emploie Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau (en 1791) puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès pour défendre ses intérêts. Elle donne lieu à une profonde modification de l’actionnariat.

Les actifs des nobles émigrés (58 % du capital) sont saisis, rachetés par Désandrouin, et revendus pour bonne part à un groupe de financiers issu de la Compagnie française des Indes orientalesDès lors, grâce à l’appui financier de Sabatier, les Perier prennent progressivement le contrôle des Mines d’Anzin ».

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Musée National de la Récupération

Deux expositions, en cours à Strasbourg, concernent la seconde guerre mondiale, l’Allemagne nazie. celle qui fait l’objet de cette chronique (Passé, Présent, Avenir d’œuvres récupérées en Allemagne en 1945), celle de la BNUS (Face au nazisme, le cas alsacien). Une autre exposition de la BNUS est un hommage à Fritz Beblo, architecte allemand, auteur de nombreux bâtiments de Strasbourg entre 1903 et 1918.

De son côté, les Dernières Nouvelles d’Alsace publient un numéro des Saisons d’Alsace, consacré aux Malgré eux. L’incorporation de force (1942-1945) : un crime contre l’Alsace-Moselle.

Partie 1. Passé, Présent, Avenir d’œuvres récupérées en Allemagne en 1945. Les MNR des Musées de Strasbourg.

Exposition du 22 octobre 2022 au 15 mai 2023, Galerie Heitz, Palais Rohan.

Diaporama de 39 photos (œuvres, cartouches, détails)

Commissariat. Thibault de Ravel d’Esclapon, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, et Dominique Jacquot, conservateur en chef du Musée des Beaux- Arts. Deux vidéos Youtube : 2’44 et 2,20.

Partie 2. Exposition MNR. Entretien avec Paul Lang, Directeur des Musées de Strasbourg, RCF Radio Alsace, 24/10/2022. 

« Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 61 000 œuvres et objets d’art spoliés par les nazis ont été retrouvés en Allemagne, 2200 n’ont pas été réclamés. 27 font l’objet d’une exposition à Strasbourg, jusqu’au 15 mai 2023. Des œuvres dites MNR : Musée National de la Récupération, qui appartenaient principalement à des familles juives.

Nous avons un programme d’accompagnement autour de cette explosion avec une série de conférences, de projections, de visites. C’est le fruit d’une collaboration, d’un partenariat d’associations même avec l’université de Strasbourg. Mais le point d’orgue de ce programme d’accompagnement se tiendra en juin dans le cadre d’un symposium international. C’est une exposition qui n’est pas figée parce que dans un monde idéal, à la fin de l’exposition, le 15 mai, elles devraient avoir retrouvé leurs légitimes propriétaires. Ça, c’est c’est un peu utopique puisque depuis qu’ils nous ont confié la situation est absolument inchangée, alors que d’autres œuvres classées MNR ont pu retrouver leurs propriétaires depuis 1950. Ce n’est pas encore le cas pour les œuvres confiées au Musée de la ville de Strasbourg ».

La création du monde par Melchior Bocksberger, 1570-1580

Partie 3. Rose Valland, 43 ans en 1941 (chronique du blog Histoires d’universités, 9 mars 2019).

Conférence d’Emmanuelle Polack, Rose Valland sur le front de l’art (1940-1944), organisée par Denise Borlée et Hervé Doucet, ARCHE, Faculté des Sciences Historiques, Strasbourg, 5 mars 2019.

« Travailleuse précaire devenue Femme d’exception. Une trajectoire inouïe.

Paradoxe. C’est en 1941, sous l’occupation allemande, que Rose Valland (1898-1980) obtiendra enfin un travail stable et un statut dignes de ses compétences en Histoire de l’Art. Elle n’était, durant les années 30, qu’une travailleuse bénévole.

Après son rôle décisif et internationalement reconnu dans la récupération des œuvres d’art spoliées par les Nazis, elle bénéficiera après-guerre de plus de considération de la part de la France !

Entre les deux guerres, Rose Vallant suit des formations supérieures, obtenant plusieurs diplômes prestigieux dans le champ de l’Art. Et pourtant, elle ne parvient pas à obtenir un travail rémunéré stable. En 1932 (elle a 34 ans), elle ne devient qu’attachée bénévole à la Galerie du Jeu de Paume.

1940 (42 ans). A partir du 30 octobre, à la demande du directeur des Musées nationaux, Jacques Jaujard, elle demeure en activité au Musée de Jeu de Paume, officiellement comme attachée de conservation, officieusement chargée par Jaujard de lui rendre compte des agissements des Allemands qui viennent de réquisitionner le musée pour y stocker les œuvres d’art spoliées à des collectionneurs privés.

1941 (43 ans). Rose Valland est enfin salariée et titularisée »…

Partie 4. Rose Valland, une vie à  l’œuvre.

Ophélie Jouan , Jacqueline Barthalay, Alice Buffet, Olivier Cogne (Préface) Jean-Pierre Barbier (Préface), Une vie à l’œuvre , novembre 2019, Essai.

François-Xavier Vispre (1730-1790). Nature morte aux prunes

« Rose Valland compte parmi ces discrètes et méconnues ouvrières de l’Histoire, dont l’action force l’admiration à mesure qu’on la découvre. Sa résistance est isolée et singulière : c’est pour la protection des œuvres d’art françaises privées et pour rendre justice à leurs propriétaires dépossédés que cette brillante historienne de l’art dauphinoise s’engage à partir de 1940. Le jour de ses 42 ans, l’attachée de conservation voit s’installer dans « son » musée du Jeu de Paume un service de spoliation nazi d’une redoutable efficacité, l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg.

Dès lors, observation, mémoire et patience deviennent ses armes pour espionner les rouages de ce pillage légal ordonné par Hitler lui-même et servi par des Allemands et des Français complaisants. Prises au péril de sa vie, les nombreuses notes clandestines de Rose composeront une importante documentation qui permettra de structurer les recherches et les restitutions de l’après-guerre ».

Anonyme (France), style Louis XV, Console d’applique

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L’âne à l’honneur. Quiz du W-E

L’âne à l’honneur en trois parties : ânes au cœur de la peinture d’un artiste contemporain et de deux scènes du Nouveau Testament, personnage central de deux films récents.

Partie 1. Quiz : ânes / ânesses dans 6 tableaux d’un artiste contemporain.

Diaporama de 6 photos (Pierre Dubois, octobre 2022)

Quiz. A. Qui est l’artiste auteur des 6 toiles?

B. Dans quel musée son œuvre est-elle exposée actuellement ?

C. Titre et date d’au moins deux des six tableaux ?

Le Quiz a été trouvé (cf; le commentaire) : merci Jean-Marc. Pour aller plus loin : Gérard Garouste, l’exposition. Boutique du Centre Pompidou (Paris), 58 pages, 10 euros 30.

Partie 2. L’âne au cœur de deux épisodes du Nouveau Testament

Bernard Antérion, L’âne, humble animal biblique et riche symbole, Imaginaire & Inconscient, 2003/3 (no 11), pages 117 à 118.

Entrée de Jésus dans Jérusalem. Chronique du 28 mars 2021 : 31 photos. « Il avait dit à ses disciples : allez au village et vous trouverez une ânesse et un ânon et si on vous demande quelque chose, dites : le Seigneur en a besoin ! Comme en eurent besoin Balaam et le messie pacifique de Zacharie. La monture n’est pas brillante, mais elle est solide. Elle est liée à la marche et à la démarche du Seigneur sur le chemin des hommes; elle est solide, commune, familière et proche de la volonté de Dieu même dans ce qu’elle a de plus surprenant pour les hommes : outil de bénédiction plutôt que de malédiction, outil de lucidité plutôt que de vanité, instrument de service et de paix plutôt que de gloire et de conquête ». Peinture (1480) ci-dessous : Martin Schongauer, Musée Unterlinden, Colmar.

Fuite en Égypte. Chronique du 25 janvier 2022 : 38 Fuites en Égypte. « L’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode (Matthieu, 2, 13-15) ».

Corrado Giaquinto, Le repos pendant la fuite en Égypte, vers 1736-1737, Musée du Louvre.

Partie 3. L’âne au cœur de deux films récents

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Moulins à vent au 18ème

Innovations touchant les Moulins à vent au 18ème.

Partie 1. Les moulins à vent de Mondrian. Suite de la chronique du blog : Mondrian. Moulins, arbres, masures.

Exposition Mondrian Evolution, Fondation Beyeler. Neuf moulins à vent.

Mondrian les a peints entre 1903 et 1917. Certains sont nommés : moulin au bord du Gein, moulin Winkel. On peut penser qu’ils sont bien réels, qu’ils ne sont pas le fruit de la seule imagination ; c’est ainsi qu’on peut assez facilement distinguer les moulins-tour et les moulins sur pivot (cf. partie 2).

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Mais des questions demeurent. Quels sont les critères de choix de Mondrian : pourquoi ce moulin-ci ou celui-là ? Disposait-il de photographies avant de commencer son travail de stylisation ? Peignait-il en atelier ou sur site, y compris au crépuscule ou dans la nuit ? Certains d’entre eux ont-il été construits au 18ème siècle ou même avant ? Je n’ai pas trouvé de réponses en ligne. Figurent-elles dans le catalogue ? Je l’ai parcouru, mais… non acheté.

Partie 2. Les Moulins à vent : innovations mises en œuvre au 18ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le moulin à vent est un dispositif qui transforme l’énergie éolienne en mouvement rotatif au moyen d’ailes ajustables. Il est utilisé le plus souvent pour moudre des céréales, broyer, piler, pulvériser diverses substances, presser des drupes ou écraser des olives pour produire de l’huile ; il a pu aussi servir à actionner une pompe, par exemple pour l’irrigation ou pour assécher les polders ; ou un groupe de scies (scierie à vent).

Le moulin à vent s’est généralisé en Europe vers le XIIe siècle, d’abord sur les côtes maritimes des pays du Nord : Grande-Bretagne, Pays-Bas, puis dans les pays de la bordure atlantique : Portugal, France, de la mer du Nord et de la mer Baltique : Belgique, Allemagne, Danemark, et dans les îles, y compris en mer Méditerranée.

On les trouve sur des éminences, soit isolés, soit groupés en série, ainsi que dans des lieux éloignés des cours d’eau. La première attestation de moulin à vent en France, en 1170, figure dans une charte de la ville d’Arles. Il se développe au XIIe siècle dans les régions à côte venteuse (Cotentin, Pays de Caux, Bretagne) même si certains seigneurs sont réticents à remplacer le moulin à eau, banalité plus robuste ».

« 1779. En France, les seigneurs profitèrent de la construction des moulins à vent pour exiger un droit de vent qui fut contesté. Jean François Finot note dans son Journal, début novembre 1779, que le propriétaire d’un moulin à vent construit à Mertrud (Champagne) ne paie aucun cens au seigneur parce qu’il a été jugé depuis peu que le vent étant un élément libre, il n’appartenait pas aux seigneurs mais à tout le monde (Cahiers Haut-marnais. 2009).

Les Pays-Bas sont probablement le pays qui a compté le plus grand nombre de moulins à vent. Éléments caractéristiques du paysage, ils sont représentés notamment dans la peinture flamande.

Le moulin à vent classique est constitué d’une tour en maçonnerie, surmontée d’une calotte orientable dans le sens du vent, qui supporte les ailes fixées à un axe horizontal ou légèrement incliné vers le haut et un toit en bardage ; c’est le moulin-tour.  

Parfois, c’est tout le corps du moulin, construit en bois, qui s’oriente selon le vent : c’est le moulin sur pivot, aussi appelé chandelier dans certaines régions de France, ou post mill en Angleterre, standaardmolen en néerlandais. Il repose sur un socle en bois, formé par deux poutres en croix, la croisée, et par des liens obliques. Il peut reposer sur une base maçonnée ou être assis par terre, c’est-à-dire reposer uniquement sur son socle en bois ».

« 1792. Par leur structure en bois, ils étaient aussi souvent victimes d’incendies ou, en temps de guerre, de destructions volontaires car constituant des repères et des moyens de communication par signaux (ce fut le cas par exemple du moulin de Valmy lors de la célèbre bataille de 1792).

1772. Ailes à voilures réglables. La nécessité de régler la voilure avec les ailes à l’arrêt a toujours été un inconvénient majeur. En 1772, le charpentier de moulins écossais Andrew Meikle (1719-1811) invente les ailes à jalousie (spring sails), qui permettent une régulation de la surface alaire en fonction de la vitesse du vent. Des volets de bois montés sur ressorts s’ouvrent plus ou moins selon la force du vent. Le meunier doit néanmoins arrêter le moulin pour régler la tension des ressorts. Ce système étant complexe, les ailes à jalousie sont souvent combinées avec des ailes traditionnelles, deux à deux. Les ailes à jalousie se répandent principalement au Danemark vers 1880″.

« 1789. L’aile à enrouleur (roller riefing sail) fut inventée en 1789 par Stephen Hooper. Sur le principe de l’aile à jalousie, ce sont des petits secteurs de toile qui sont enroulés et déroulés au moyen d’un système de leviers sans avoir à arrêter les ailes.

1745. Fantail. Le forgeron anglais Edmund Lee invente un dispositif d’orientation automatique, le fantail, parfois appelé en France papillon ou moulinet d’orientation. Il s’agit d’ailes disposées perpendiculairement aux ailes principales et solidaires soit de la calotte (dans le cas d’un moulin-tour), soit du corps du moulin dans le cas d’un modèle chandelier et reposant alors sur un chemin de roulement au sol. En faisant tourner ce moulin miniature, le vent provoque la rotation de la calotte, jusqu’à ce que, se trouvant parallèle au fil du vent, il cesse de tourner : les ailes principales sont alors face au vent, en position optimale. Le fantail se retrouve principalement en Grande-Bretagne, au Danemark, en Allemagne ».

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Sarrebruck. Musée Schlosskirche

Partie 1. Histoire de l’église du château et de sa transformation en musée. Source : site Tourisme à Sarrebruck.

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« De style gothique flamboyant, elle date du XVe siècle et a été coiffée d’une tour-clocher baroque par Friedrich Joachim Stengel en 1743.

Après avoir été fortement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, l’église a été reconstruite dans les années 50 et ornée de vitraux réalisés avec art par Georg Meistermann.

Dans l’espace du chœur se trouvent les tombeaux des derniers princes de Sarrebruck ».

Partie 2. Louis Crato, Comte de Nassau-Sarrebruck (1663-1713). Source : article de Wikipédia.

Diaporama de 37 photos : Mausolée du Comte (1713), Statues et Bas-relief (1300-1520).

« Louis Crato est le fils du comte Gustave-Adolphe de Nassau-Sarrebruck et Éléonore-Claire de Hohenlohe-Neuenstein. Il fait ses études à Neuenstein avec son oncle, le comte Wolfgang de Hohenlohe-Neuenstein, et, plus tard, à Tübingen. Son père est à l’époque prisonnier de guerre en France ».

À la mort de son père, en 1677, il hérite des comtés de Sarrebruck et de Sarrewerden. Il ne peut pas prendre l’administration de ses territoires, parce qu’ils sont occupés par les Français. C’est probablement la recherche de l’aventure et le manque d’opportunités qui le conduit à entrer au service des français. Il atteint le grade de lieutenant général.

 Au cours de sa carrière, il est distingué par sa bravoure et son sang-froid. Il prend part au siège et à la prise de Luxembourg en 1684« .

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La Belle Strasbourgeoise pleure

Strasbourg, samedi 17 septembre 2022, place du château devant l’entrée du Palais Rohan, la belle Strasbourgeoise pleure.

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Toile de Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français, l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Ma chronique du 9 septembre 2021 n’en présente que cinq !

Diaporama de 15 photos.

La centaine de manifestants semble chanter Brel : Ne nous quitte pas, Belle Strasbourgeoise !

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
À savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
À coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Il faut oublier la déraisonnable et assassine réforme des jours et des heures d’ouverture de 8 musées strasbourgeois, imposée par la mairie de Strasbourg. La rejeter en bloc et totalement. Maintenir le statu quo au-delà du 1er octobre 2022.  Ne commencer la négociation que lorsque sera sur la table un dossier-bilan écrit, reprenant chaque point de l’argumentaire de la mairie, et le publier sur le site de l’euro métropole.

J’ai publié ma contribution au débat dans la chronique Strasbourg. Braderie des musées : 1 proposition générale et 7 propositions particulières.

Partie 2. Comment et quand m’est venu l’Amour de l’Art ? C’était en 1965 grâce à Pierre Bourdieu.

In Memoriam, Pierre Bourdieu, Chronique d’Histoires d’universités, 7 février 2022.

« Pierre Bourdieus associait des étudiants aux recherches qu’il menait. Celle sur la fréquentation des musées, en 1965.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de reconnaître chacun/e, une fois la visite terminée. Nous posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale d’appartenance, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous). La problématique n’est pas originale mais les résultats en sont prouvés par des enquêtes. Ils ne procèdent pas d’opinions ».

Partie 3. Les résultats sont publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966.

« L’accès aux trésors artistiques est à la fois ouvert à tous et interdit en fait au plus grand nombre. Qu’est-ce qui sépare des autres ceux qui fréquentent les musées ? Les amoureux de l’art vivent leur amour comme affranchi des conditions et des conditionnements. Ne fallait-il pas qu’ils fussent prédisposés à recevoir la grâce pour aller à sa rencontre et pour l’accueillir ? Pourtant, le musée est un des lieux où l’on ressent le plus vivement le poids des obligations mondaines : la pratique obligée peut-elle conduire à la vraie délectation ou bien le plaisir cultivé est-il irrémédiablement marqué par l’impureté de ses origines ? Chaque visiteur des musées est enclin à suspecter la sincérité des autres : mais ne trahit-il pas par là qu’il sait que son amour doit aux arguments de la raison et à la force de la coutume autant qu’à l’inspiration du cœur ?

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Strasbourg. Braderie des musées

A propos de l’excellent article de Danae Corte et Jean-François Gérard, Les musées de Strasbourg fermeront deux jours par semaine et de 13h à 14h, Rue89 Strasbourg, 31 août 2022.

Je suis un inlassable visiteur de musées. A Strasbourg, en Alsace, en France et en Europe (je serai prochainement à Sarrebruck). Depuis 2009, 624 visites de Musées, chroniquées sur mon blog Histoires d’universités et plus de 10 000 photos d’œuvres.

Tout est mauvais dans la réforme pointilliste orchestrée par la Ville. Il faut la jeter. Sinon, la fréquentation des 8 musées, par les touristes étrangers en particulier, va inéluctablement diminuer, conduire à la fermeture de certains d’entre eux, ou à celle d’une partie de leurs salles, ou à l’enfermement dans les réserves d’une partie croissante des collections. Les expositions temporaires se raréfieront.

Le développement de la culture muséale n’est-il pas aussi bénéfique pour la Vie que celui des pistes cyclables ?

Une contre-proposition générale et 7 propositions particulières.

Je propose à la Ville et à l’Eurométropole d’abandonner leur projet et d’annoncer : toutes les salles des huit musées de Strasbourg seront ouvertes, tous les jours de la semaine de 10 à 18 heures de mars à octobre, de 11 à 17 heures de novembre à février.

Proposition 1. Accroître l’emploi. Il faut cesser de jeter la pierre aux personnels absentéistes (La Lapidation de Saint Étienne).

Il faut augmenter le nombre de fonctionnaires territoriaux, de contractuels de droit public, tout en allégeant le coût de la main-d’œuvre par le recrutement de jeunes apprentis de la fonction publique territoriale et de stagiaires rémunérés, choisis dans les filières de formation ad hoc de l’enseignement supérieur.

Proposition 2. Organiser des braderies chaque trimestre pour vendre, à des prix attractifs, les œuvres jamais ou rarement exposées.

Proposition 3. Proposer, en billetterie, d’acheter des bons de soutien aux 8 musées, en particulier aux visiteurs bénéficiant d’un accès gratuit (du type Pass Musées).

Propositions 4. Faire réaliser des audits indépendants et en attendre des bilans financiers et des propositions sur les points suivants :

Avenir du 5ème lieu ? Chronique du 19 février 2020.

Legs opérés pour des raisons fiscales ? Devenir des œuvres, passée leur présentation dans une exposition temporaire ? Chronique du 15 décembre 2019. La collection de Jeannine Poitrey et Marie-Claire Ballabio comprend 17 peintures et 40 dessins et gravures,

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