1790, Nantes. Palais de la Bourse

1790, Nantes. Palais de la Bourse. Source 1. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

« 1641. Premier palais de la Bourse. Le bureau de la ville, dont le maire est alors Pierre Poullain de la Vincendière, décide de faire construire une bourse de commerce. La réalisation en est confiée à Hélie Brosset.

1686. Il est déjà question de remplacer l’édifice, dont la qualité laisse à désirer. Au début du XVIIIe siècle, le bâtiment menace ruine.

1718. La démolition est décrétée.

1722-1724. La commande de construction d’une nouvelle Bourse est effectuée. L’ingénieur du roi David Delafond en établit le projet, et l’architecte Jean Laillaud obtient l’adjudication. L’ancien ouvrage est détruit en 1723, et les travaux commencent en 1724.

Pendant les travaux, le maire, Gérard Mellier, met à disposition des commerçants le Jeu de boules du Bouvet qui est une halle plus longue que l’ancienne Bourse, et où les commerçants qui la fréquentent se plaisent. La nouvelle Bourse est implantée en bord de Loire, pour satisfaire les propriétaires des immeubles dont la vue risquerait d’être gênée par le bâtiment. Celui-ci est installé, en partie, sur pilotis. La chapelle Saint-Julien est incluse dans ce nouveau palais de la Bourse, qui est apprécié, et où se tiennent, outre son activité principale, des réunions, la plus prestigieuse étant celle des États de Bretagne, en 1764.

1725-1734. Le Pont de la Bourse, qui relie la partie est du quai à l’île Feydeau, dont le lotissement à destination des plus fortunés de la ville est lancé par Gérard Mellier, est construit en 1725. Mais l’ouvrage s’écroule en juillet 1729 et doit être reconstruit par Jean Laillaud entre 1731 et 1734. Il s’appelle alors le Pont Feydeau jusqu’à son remplacement en 1869.

1736. La nature du sol, instable à cause de la vase sur laquelle les remblais ont été déposés, menace de faire s’écrouler Le palais de la Bourse. Jean Laillaud en est réduit, dès 1736, à venir la nuit pour reboucher les fissures.

1769. Le bâtiment est finalement détruit.

1767. Après l’évacuation du bâtiment, devenu dangereux, Jean-Baptiste Ceineray, devenu architecte de la ville, répond à la demande des négociants de construire un bâtiment provisoire. C’est donc dans une loge en bois, située place de la Petite-Hollande, qu’ils sont installés. Puis Ceineray propose successivement trois plans pour la reconstruction d’une Bourse de commerce à Nantes.

1790. C’est finalement son successeur, Mathurin Crucy, un architecte nantais qui a fait ses preuves en dressant les plans du théâtre Graslin et de la place Royale, qui est sollicité pour construire le bâtiment. Celui-ci est commencé le 1er juillet. C’est la 3ème bourse de Nantes.

1792-1799. La construction de la Bourse s’interrompt dans les premières années de la Révolution, la municipalité ne disposant alors plus des fonds nécessaires à la poursuite du projet. Seul le gros œuvre est achevé, et sans toiture l’édifice est inutilisable. La loge en bois de la place de la Petite-Hollande n’ayant pas été conçue pour durer aussi longtemps, la mairie, propose aux négociants d’installer la Bourse sous le péristyle du théâtre Graslin, puis, devant le mécontentement des intéressés, dans la Salle haute de la halle au blé en 1795, puis de nouveau sur la place de la Petite-Hollande en 1799″.

1815. Achèvement du Palais de la Bourse.

Pour aller plus loin : liste des Architectes ayant exercé à Nantes au XVIIIéme.

Source 2. Statues du Palais de la Bourse, larges extraits de Nantes Patrimoine, 22 juillet 2021.

« Le Palais Crucy est un monument rectangulaire de style néo-grec. La façade ouest (côté jardin) est constituée d’un portique d’ordre ionique composé de dix colonnes ornées de statues allégoriques. Ces statues, placées en 1812, mesuraient six pieds de hauteur (soit environ deux mètres) et ont été réalisées par Jean-Baptiste-Joseph Debay père. Dès la fin du 19e siècle, suite aux travaux d’agrandissement de la Bourse, des copies ornent la façade.

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1788, Nantes. Le Théâtre Graslin

Nantes, 1788. Inauguration du Théâtre Graslin. Sources. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

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« Au XVIIIe siècle, le commerce nantais est florissant. De nombreux armateurs s’enrichissent, notamment par la traite négrière. Cet enrichissement des négociants nantais entraîne la construction d’hôtel particuliers et de bâtiments publics. Pour pouvoir réaliser ces projets, des opérations immobilières sont menées. La plus spectaculaire est la réalisation de l’île Feydeau. Après des débuts difficiles, cette opération démontre la possibilité de faire des profits sur la vente de biens immobiliers.

1760. À partir de la nomination de Jean-Baptiste Ceineray comme architecte-voyer, en 1760, la transformation de la ville s’accélère. Le problème principal est le manque de place.

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1727. Le Théâtre des Variétés possède une salle jugée trop petite, et l’académie de musique, fondée par le maire Gérard Mellier en 1727, ne dispose pas de lieu approprié pour donner ses concerts. La demande est donc forte pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle.

1755. L’architecte Pierre Vigné de Vigny envisage la construction de ce type d’équipement à la place d’une halle au blé et aux poissons. Ceineray conçoit d’édifier une salle de spectacle et une salle de concert tout d’abord au sud de la place Royale alors en projet. Mais à chaque fois, le manque d’espace disponible empêche la réalisation des projets.

1758. Jean-Joseph-Louis Graslin (1728-1790) n’avait encore que trente ans, quand il acheta, en 1758, du titulaire lui-même la charge de Receveur général des fermes du roi à Nantes, fonctions qu’il devait exercer avec intégrité jusqu’à sa mort.  

À la fin des années 1770, receveur général des fermes du roi, il décide de financer une opération immobilière privée d’envergure, dans un but spéculatif. Il achète des terres agricoles afin d’y faire construire des hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre. Pour en augmenter la valeur, il compte les desservir par des voies publiques de qualité, le long desquelles seront implantés des bâtiments publics de prestige, destinés à attirer la fraction la plus fortunée de la population. L’ouverture et l’attraction d’une salle de spectacle de prestige ont suffi à déplacer le centre de gravité de la ville vers le nouveau quartier (rive droite de la Loire).

1780. Jean-Joseph-Louis Graslin confie à Mathurin Crucy (1749-1826) la mission de dresser le plan de la salle de spectacles. L’architecte, plus au fait des nouveautés en matière de construction de ce type de bâtiments, œuvre dans une optique plus moderne que son prédécesseur Jean-Baptiste Ceineray.

Le modèle en vogue à l’époque où Crucy conçoit ses plans est celui de l’opéra de Lyon, réalisé par Jacques-Germain Soufflot entre 1753 et 1756. Lorsqu’il prend en main la conception du théâtre, en 1780, d’autres nouvelles salles marquent cette époque : le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré cette année-là ; le théâtre de l’Odéon, en construction, inauguré en 1782 ; le lancement de l’aménagement du théâtre du Palais-Royal, inauguré en 1784 ; et enfin le théâtre de Besançon, commencé en 1778 et inauguré en 1784 (Claude-Nicolas Ledoux, Théâtre de Besançon : chronique et photos du blog).

L’aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à la visibilité et à l’acoustique. Les références des architectes français sont italiennes, Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement séparées par des cloisons s’arrêtant à hauteur d’appui.

1783-1785. Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux excavations et nivellement pour permettre l’installation des fondations, anticipant l’accord du bureau de la ville et celui de l’Académie royale d’architecture, qui sont obtenus en septembre 1784. L’accord de construction est donné en février 1785. La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont durer quatre ans.

Durant cette période, les conflits d’intérêt entre Graslin, Crucy, le bureau de la ville et les entrepreneurs sont nombreux. Une des principales causes de ces heurts est la volonté d’économie de la ville… Les conflits financiers sont également nombreux, Graslin ayant du mal à obtenir les remboursements de frais qu’il avait engagés pour accélérer l’avancement des travaux.

1784. Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la capacité financière du promoteur et de la ville ne suffisent pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars 1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries… Le dépassement du budget provoque tensions et retards.

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1754, Nantes. Le Temple du goût

Nantes au 18ème siècle : une importante rénovation urbaine. Chronique 1 : Le baroque nantais dans l’île Feydeau. Chronique 2 : Hôtel de Guillaume Grou, armateur négrier.

Chronique 3 : Trois hôtels Hôtels particuliers à Nantes (Hôtel de Jacques Berouete, Hôtel de la Villestreux, Hôtel le Temple du Goût)

Diaporama de 28 photos.

Source 1. Extraits de A la découverte des Maisons de l’ile Feydeau, Collectif île Feydeau, mai 2021.

Hôtel Berouete, 8 quai Turenne.

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Jacques Berouete, négociant et avocat du roi, est l’un des actionnaires d’origine de la compagnie créée pour construire le lotissement. Il emménage dans sa nouvelle maison de l’Île Feydeau en 1753.

La façade côté quai est plus richement décorée avec des mascarons traitant de thèmes marins. Le balcon du 1er étage est monté sur des consoles, celui du 2ème en encorbellement sur une trompe.

Contrairement à beaucoup d’immeubles pour lesquels l’escalier est situé dans une tourelle, il a été choisi ici de l’intégrer au bâti. Il donne sur les couloirs d’entrée de chaque étage. Le mur noyau est ajouré pour donner plus de clarté.

La partie basse du rez-de-chaussée est construite en granite alors que la partie haute et notamment les mascarons sont en calcaire de Saint-Savinien (Charente-Maritime). Les étages sont construits en tuffeau de la région de Saumur ».

Hôtel de la Villestreux, 3 place de la Petite-Hollande. La plus grande « maison » de l’Île Feydeau.

« Nicolas Perrée de La Villestreux, négociant et armateur, fait l’acquisition de deux parcelles situées à l’extrémité ouest de l’Ile Feydeau. Il s’attache les services d’un architecte parisien nommé Landais. Les travaux ont lieu de 1743 à 1754. Le bâtiment est élevé sur un gril à la hollandaise, des fondations sur un radeau de bois.

« En 1776, de la Villestreux occupe un appartement de vingt pièces, tandis que sa mère, veuve, dispose d’un autre de quinze pièces. Cette même année, les autres occupants sont les frères Arnoux, négociants, et leurs cinq domestiques, dans un appartement de seize pièces.

Des appartements de huit pièces sont occupés par une « bourgeoise » et par d’autres négociants. Certains, moins riches, disposent d’appartements de deux à cinq pièces, hébergeant également des officiers. Cette catégorie dispose d’un ou deux domestiques.

Lors de la Terreur, Jean-Baptiste Carrier s’installe dans l’hôtel, dans les appartements du petit-fils de Nicolas Olivier Perrée de La Villestreux. Plusieurs représentants en mission y résidèrent par la suite, dont les négociateurs du traité de La Jaunaye, à qui Charette a rendu visite.

Au 19e siècle, l’hôtel a la réputation d’être hanté. En effet, des bruits de chaînes et de soupirs se font alors entendre dans les étages supérieurs ; le mystère est élucidé après la découverte d’une lézarde parcourant l’immeuble sur toute sa hauteur, et faisant parvenir du rez-de-chaussée les sons émis dans les écuries et dans l’atelier d’un boulanger ».

Source 2. Extraits de l’article de Wikipédia : Le temple du goût

« Temple du Goût, 16 allée Duguay-Trouin, hôtel particulier construit de 1753 à 1754 par l’architecte Pierre Rousseau (1716-1797).

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Nantes. G. Grou, armateur négrier

Suite de la chronique : Nantes, 18ème siècle : le baroque nantais dans l’île Feydeau.

Source 1. « Guillaume Grou (citations de l’article de Wikipédia), né le 31 mars 1698 à Nantes et mort le 28 novembre 1774 dans la même ville, est un important négociant et armateur nantais du XVIIIe siècle, à la suite de son père Jean-Baptiste Grou (1659-1740).Il a joué un rôle très important dans la traite négrière.

1719. Guillaume fait un apprentissage à Amsterdam. Il rentre à Nantes en 1719.

La fortune familiale dépasse alors un million de livres, permettant à Guillaume d’acheter, pour 60 000 livres, une charge anoblissante de conseiller secrétaire du roi.

Il est associé aux activités de son père, qu’il poursuit après la mort de celui-ci, avec son frère Jean-Baptiste, né en 1708.

1714-1765. Au total, au cours de la période, la famille Grou finance 114 expéditions, plus de la moitié pour la traite négrière.

1741. Guillaume Grou épouse Anne O’Shiell, fille de Luc O’Shiell et belle-sœur d’Antoine Walsh, un des fondateurs de la Société d’Angola. Il entre donc dans le milieu des Irlandais de Nantes, très actifs dans le grand commerce.

1745. À la mort de son beau-père, Anne, ses sœurs Agnès et Mary, ainsi que leur frère Luc Nicolas héritent du domaine de la Placelière à Château-Thébaud. Deux ans plus tard, Guillaume Grou et Anne rachètent ce dernier. Le couple fera entièrement reconstruire le manoir en 1747-1748.

1748. Il joue ensuite un rôle important dans la croissance de la société Grou et Michel, fondée en 1748, deuxième plus important opérateur de la traite négrière en France après la Société d’Angola.

1747-1752. Il fait construire l’Hôtel Grou sur l’île Feydeau. Ce bâtiment est en deux parties, est un immeuble de rapport, ainsi qu’un hôtel particulier où Grou s’installe, ce qui occasionne un problème à son décès : il aurait souhaité être inhumé à Saint-Nicolas, comme toute sa famille, mais l’île Feydeau relève de Sainte-Croix ».

« 1748-1751. La nouvelle société Grou et Michel, dotée de capitaux supplémentaires, représente 21 % des expéditions négrières au départ de Nantes. La guerre de Sept Ans donne cependant un coup de frein à son activité.

1745-1755. Guillaume Grou est élu consul des marchands en 1745, échevin en 1748 et juge-consul en 1755.

1774. S’appuyant sur un arrêt récent du Parlement imposant l’inhumation en fonction du lieu de résidence, le recteur de Sainte-Croix s’oppose au transfert. Guillaume Grou est de ce fait un des premiers inhumés du cimetière interparoissial de la Bouteillerie, ouvert seulement le 25 octobre 1774, situé dans la paroisse Saint-Donatien. Son enterrement eut lieu de nuit, son cercueil précédé de quatre-vingt serviteurs noirs portant des flambeaux

La fortune Grou s’élève à près de 4,5 millions de livres. Son testament comporte d’importants legs en faveur de l’humanité :

  • 200 000 livres à l’Hôtel-Dieu et au Sanitat, destinées à la création d’un orphelinat à Nantes, afin d’accueillir des enfants qui jusqu’alors sont placés à l’Hôtel-Dieu après avoir été en nourrice ;
  • 30 000 livres à l’Hôtel-Dieu, en contrepartie d’une messe hebdomadaire perpétuelle ;
  • 10 000 livres au Sanitat, en contrepartie d’une messe mensuelle perpétuelle.

1793. Faute de descendants, ses affaires sont reprises par Anne O’Shiell. Elle meurt 19 ans plus tard, le 30 juin 1793. En novembre, le comité révolutionnaire de Nantes confisque la totalité des biens de la famille, dans des circonstances controversées ».

Source 2. Hôtel Grou (citations de l’article de Wikipédia).

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18ème siècle : le baroque nantais

Nantes au 18ème. Une importante rénovation urbaine : de l’île de la Saulzaie à l’île Feydeau.

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Le baroque nantais ou style rocaille : visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes).

Le Temple du goût. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Citations de Nantes44 : l’île Feydeau.

« L’île Feydeau est une ancienne île de Loire (dénommée Ile de la Saulzaie). Au 15ème siècle, elle était constituée de fortifications en bois. Au 18ème, toutes les fortifications disparaissent avec le projet Feydeau. L’île était un quartier très vivant. Elle était le lieu de passage obligatoire avant d’accéder à la ville (nombreuses auberges et hôtelleries).

Pourquoi le rattachement de l’île à la ville ? Pour des raisons techniques tout d’abord : cales en ruines, creusement du lit du fleuve, baisse du niveau d’étiage, instabilité des maisons, nombreuses inondations. Pour des raisons sociales : se débarrasser du port de Nantes lié à la traite négrière, améliorer la circulation : petit à petit, le fleuve laissera place à de grandes artères de circulation pour des questions d’hygiène, de salubrité, odeurs, prolifération des maladies.

Projet de Goubert. La parcellisation du lotissement comportera 24 lots. Unité dans le plan : quatre blocs et deux rues ; chaque lot contient deux immeubles indépendants avec une cour commune. L’ensemble avec une façade sur quai et sur rue. Surface au sol de 530 mètres.

Unité dans l’élévation : les mêmes matériaux sont utilisés pour tous les immeubles : granit pour les soubassements, tuffeau pour l’élévation. La façade type : 2 étages d’habitation, 5 travées sur rez-de-chaussée, balcons sur consoles au premier, balconnets au second étage, arcade en plein cintre, porte cochère.

Le projet était trop coûteux et contraignant. Les actionnaires ont demandé au conseil d’état l’autorisation d’être libérés de l’obligation de façade. Utilisation très limitée du bois, pilotis pour les fondations. La plupart des habitants de l’île ont un métier en relation avec le commerce maritime ».

Source 2. Citations de Secret d’histoire : l’île Feydeau.

« L’aménagement de l’île de la Saulzaie débute à partir des années 1720 dans le cadre d’une opération de lotissements sous le patronage de Paul Esprit Feydeau de Brou, conseiller d’état, intendant de Bretagne entre 1716 et 1728 (chronique à venir), à qui l’île doit son nom actuel.

Les chantiers sont retardés à cause des terrains instables et inondables et vont se prolonger jusqu’à la Révolution française. En 1750, seuls quatre immeubles ont vu le jour. Ils commencent à s’affaisser dès leur édification ; il s’avère que les pilotis ne suffisent pas à stabiliser les fondations. 

Ce n’est que lorsque l’architecte Pierre Rousseau (1716-1797) suggère d’assoir les fondations sur un radeau de bois, comme en Hollande, que les chantiers s’accélèrent, après 1755. Les habitations prestigieuses qui sortent de terre, en tuffeau, sont le symbole de la richesse de la ville de Nantes, dans laquelle prospèrent les négociants et armateurs nantais.

Si l’on pousse les portes des immeubles, on découvre de magnifiques cours intérieures, des escaliers monumentaux. Les façades sont également ornées de ferronneries d’exception.

Cependant, sur l’île Feydeau, rien n’est droit et les immeubles prestigieux sont toujours penchés ». 

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1720-1861. Royaume de Sardaigne

Quand le sommet du Mont Blanc est atteint pour la 1ère fois en 1786 (chronique du 12 septembre 2021), les deux alpinistes vainqueurs se trouvent en Savoie, mais celle-ci n’appartient ni au Royaume de France ni à l’Italie (le pays n’existe pas encore).

« La Savoie et le Mont Blanc font partie du Royaume de Sardaigne, qui inclut Savoie et Piémont. Turin a été la capitale des États de Savoie de 1563 à 1713, du royaume de Sicile de 1713 à 1720, du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865″.

Piémont – Savoie, vers 1700

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Quels changements territoriaux au cours du 18ème et au début du 19ème ? Source : extraits de l’article de Wikipédia, Histoire de la Savoie de 1416 à 1792.

A. Le règne du duc Victor-Amédée II de Savoie (1675-1730)

« Le duc Victor-Amédée II de Savoie, né en 1666, succède en 1675, à l’âge de 9 ans, à son père, Charles-Emmanuel II de Savoie, mort le 12 juin 1675 à Turin. Durant son jeune âge et jusqu’en 1684, la régence des États de Savoie va être assumée par sa mère, Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours.

L’extension territoriale. Le duc Victor-Amédée II a fait preuve de nombreux talents diplomatiques, en adhérant à la Ligue d’Augsbourg, en s’alliant avec le Saint-Empire romain germanique, puis en renversant son alliance en faveur de la France de Louis XIV. Ses variations ont abouti à une importante expansion territoriale.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), il se joint à l’Autriche en 1703 à la demande de l’Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme (1654-1712).

1713. Au final, le duc Victor-Amédée II de Savoie, signataire du traité d’Utrecht, obtient en 1713 la libération des États de Savoie qui vont être évacués par les armées du roi Louis XIV. Certaines terres font leur retour à la couronne : une partie du Milanais, le Montferrat, Alexandrie et Valenza. Le royaume de Sicile fait partie en 1713 des attributions accordées, (moyennant finances), à Victor-Amédée II. Ce dernier peut désormais afficher un titre royal que la Maison de Savoie convoitait depuis longtemps.

1720. Victor-Emmanuel II de Savoie, nouveau et éphémère roi de Sicile, échange son île de Sicile contre l’île de Sardaigne avec l’empereur Charles VI d’Autriche. La Sardaigne ayant le statut de royaume, il portera désormais le titre de Roi de Sardaigne.

Victor-Amédée II a bénéficié de l’aide puissante de son cousin, le prince Eugène de Savoie (1663-1736), généralissime des armées du Saint-Empire, dans des combats aux fortunes diverses, qui se sont déroulés dans tous les territoires occupés, avec toutefois une incursion de courte durée en Dauphiné et en Provence. Le duc de Savoie a réussi à résister victorieusement en 1706, lors du siège de Turin par les armées françaises.

Le duc Victor-Amédée II de Savoie, prince de Piémont et nouveau roi de Sardaigne, abdique en 1730 en faveur de son fils, Charles-Emmanuel ».

B. Le règne du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1730-1772)

« Le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1772) succède en 1730 à son père, Victor-Amédée II qui a abdiqué en sa faveur, le 3 septembre 1730. Le roi de Sardaigne est confronté à deux conflits : la Guerre de Succession de Pologne, puis la Guerre de succession d’Autriche.

Occupation de la Savoie par l’Espagne durant la guerre de Succession d’Autriche (1742-1749). Charles-Emmanuel III s’étant placé du côté de l’Autriche en 1741, la Savoie subit en 1742 une offensive espagnole qui entraîne son occupation jusqu’à la fin de la guerre de Succession d’Autriche.

Pendant cette période, l’Espagne est représentée à Chambéry par l’infant Philippe, qui partira en décembre 1748, après le traité d’Aix-la-Chapelle ; les dernières troupes espagnoles quittent la Savoie en février 1749.

1760. Le traité de Turin, signé le 24 mars entre la France et le Royaume de Sardaigne, permet de délimiter la frontière entre les territoires de la Savoie, de Nice et du Piémont, et ceux du royaume de France. Les études et les plans ont été réalisés par Pierre Joseph de Bourcet, directeur des Fortifications du Dauphiné, pour le roi Louis XV.

1770. Charles-Emmanuel III promulgue une nouvelle version de la Royale Constitution de 1723, mise au point par Jacques Salteur et François-Xavier Maistre, respectivement premier président et second président du Sénat de Savoie ».

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1786. 1ère ascension du Mont Blanc

1786. Première ascension du Mont Blanc.

« Le 7 août 1786,  Jacques Balmat (24 ans) et le médecin Michel Paccard (29 ans) entreprennent la première ascension du Mont Blanc. Les deux hommes mettront deux jours à réaliser l’ascension, inventant sans le savoir une discipline promise à un prodigieux succès : l’alpinisme« .

« Point culminant des Alpes, le Mont Blanc (4810 mètres à l’époque ; 4807 aujourd’hui, d’après les derniers relevés) appartient à ce moment-là au royaume de Piémont-Sardaigne comme l’ensemble de la Savoie ».

Le Mont Blanc, photographié de Praz-sur-Arly, Pierre Dubois, août 2018

Le Mont Blanc, de maudit à convoité

« Nul n’a encore songé à escalader ce massif impressionnant, qualifié de montagne maudite par les Savoyards. De son sommet toujours couvert de neige et souvent noyé dans les nuages, descendent de redoutables glaciers, le glacier des Bossons et la Mer de Glace. Peu de gens, d’ailleurs, le connaissent, en-dehors des villageois du cru, car le massif alpin est encore largement dépourvu de voies carrossables. Au pied du massif du Mont Blanc, le modeste village de Chamonix n’est lui-même accessible que par des sentiers muletiers.

Toutefois, un jeune physicien et naturaliste genevois, Horace Bénédict de Saussure (20 ans), découvre en 1760 ce village. Envoûté par la montagne, il promet une prime consistante à qui atteindra le premier le sommet du Mont Blanc.

Lui-même en tente l’ascension à plusieurs reprises avec un guide local mais échoue régulièrement, tout comme les autres amateurs, attirés par la perspective de la prime. Il faut dire que les uns et les autres n’imaginent pas de faire étape une nuit complète sur le flanc de la montagne, par crainte de démons ou d’on ne sait trop quoi.

En 1786, un jeune cristallier du lieu, Jacques Balmat, décide de suivre une équipe qui va encore une fois tenter l’exploit. Mais il est distancé par ses compagnons. Perdu et terrorisé, le voilà obligé de se réfugier dans une grotte pour y passer la nuit. Le lendemain, il repère un passage vers le sommet. Convaincu de pouvoir enfin y accéder, il redescend à Chamonix en quête d’un compagnon d’escalade. Ce sera le médecin du village, Michel Paccard. Les deux hommes reprennent l’ascension et passent la nuit dans la même grotte avant de se porter enfin au sommet le 8 août à 18h22 !

Jacques Balmat se rend à Genève pour informer de Saussure de son succès et recevoir la prime.

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Strasbourg.10 peintures du 18ème

Exposition temporaire. Peintures européennes des 17, 18 et 19ème siècles du Musée des Beaux-arts, du 18 août 2021 au 14 février 2022.

Cette exposition est riche et, de ce fait, se trouve un peu à l’étroit dans la Galerie Heitz du Palais Rohan. Mais il y a un avantage certain à ces regroupements rapprochés : les tableaux sont disposés à hauteur de visage.

10 tableaux du 18ème européen : un diaporama de 44 photos.

Pour aller plus loin : la peinture française du 18ème siècle

1. La Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière. Cette toile a été présentée dans la chronique d’hier, Largillerre et ses 4 500 portraits

Détail du tableau. Cliquer sur les images pour les agrandir

2. Dernière acquisition du musée. Louis de Boullogne le Jeune (1654-1733), Le Triomphe de Galatée, peint vers 1700, huile sur toile, 72 x 103 cm. Notice du Musée.

Détail du tableau

« Louis de Boullogne est un artiste fascinant, dont la vie et l’œuvre se situent entre les grands décors du château de Versailles dirigés par Charles Le Brun et la « génération de 1700 » (comprenant Boucher et Chardin) qui incarne le Siècle de Louis XV…

Fils d’un bon peintre, Louis entreprit, comme son frère Bon, la même carrière. Il compléta sa formation à l’Académie de France à Rome et dès son retour fut employé à Versailles. Reçu en 1681 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, son talent lui permit de recevoir tous les honneurs jusqu’à être nommé Premier Peintre de Louis XV et même anobli…

Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. On voit à gauche le cyclope Polyphème qui tomba amoureux de Galatée représentée triomphante sur les mers, sur une conque tirée par un dauphin et entourée de naïades, putti et tritons. L’artiste a choisi de ne pas représenter Acis, rival malheureux de Polyphème.

Un tableau sur ce sujet fut exposé par l’artiste aux Salons de 1699 puis de 1704. Il est préparé par un important dessin préparatoire conservé au Louvre ».

3. François Boucher (1703-1770). Béthuel accueillant le serviteur d’Abraham, vers 1725, Huile sur toile, 100 x 83 cm. Notice du musée.

« Boucher est considéré comme un des géants de la peinture française du XVIIIe siècle. Il fut le peintre préféré de Madame de Pompadour et des fastueux financiers de son temps. Il eut tous les honneurs académiques, finissant sa carrière comme Premier Peintre de Louis XV en 1765.

D’après le texte de la Genèse, Abraham cherchait une jeune femme digne d’épouser son fils unique Isaac. Il envoya donc son serviteur Eliezer vers Béthuel, père de Rébecca. Le moment représenté est celui où le mariage est accepté par le père de Rébecca et où les servantes admirent les bijoux donnés à la jeune fille. Ces textes bibliques offraient l’intérêt de représenter des scènes orientales rustiques et très pittoresques.

Boucher a sans doute regardé les œuvres des Vénitiens (dont Véronèse et Ricci) et s’est inspiré de leur style enlevé et très coloré. Mais bien française est la manière de traiter le sujet un peu solennellement et de conserver une certaine réserve dans la touche. Dans cette peinture, une des premières œuvres du style rococo français, se ressent ainsi le souvenir de l’art maniériste de l’école de Fontainebleau, celui des peintres au service de François Ier« .

4. Giandomenico Tiepolo (1727-1804). La Vierge en gloire avec Saint Laurent et Saint François de Paule, Huile sur toile, 220 x 119 cm.

Détail. Le gril, instrument du martyre de Saint Laurent

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

L’Immaculée Conception avec saint Laurent et saint François de Paule

« Le tableau représente Marie, mère de Jésus comme l’ Immaculée , apparaissant à Saint Laurent , qui la regarde, et à François de Paule , qui regarde le spectateur en pointant sa main gauche vers l’apparition. En raison de sa virtuosité flamboyante et de son expressivité, on a longtemps pensé que l’œuvre avait été peinte par le père de Giovanni Domenico, Giovanni Battista, mais depuis 1939, il est accepté comme un chef-d’œuvre précoce par le jeune Tiepolo. En raison des ressemblances stylistiques avec les peintures de Giovanni Battista, on pense qu’il a été peint peu de temps après sa mort, c’est-à-dire 1770, lorsque Giovanni Domenico portait encore le manteau de son père tout en commençant à développer son propre style, plus réaliste et même naturaliste (ici visible dans la corbeille en trompe-l’œil au bord inférieur du tableau).

Le tableau fut acheté en 1898 par Wilhelm von Bode au marchand d’art florentin Elia Volpi, et entra dans les collections en 1900″.

5. Jean-Baptiste Siméon Chardin. Nature morte, 1756, Huile sur toile.

« Jean Siméon Chardin, né à Paris  le 2 novembre 1699 et mort dans la même ville le 6 décembre 1779. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels.

Chardin se consacre à nouveau à la nature morte depuis 1748.. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres… Il semble s’intéresser davantage aux volumes et à la composition qu’à un vérisme soucieux du détail, voire des effets de trompe-l’œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière ».

Pierre Rosenberg : En un premier temps, l’artiste peint par larges touches qu’il dispose côte à côte sans les fondre entre elles (…) ; après avoir pendant quelques années, vers 1755-1757, multiplié et miniaturisé les objets qu’il éloigne du spectateur, tenté d’organiser des compositions plus ambitieuses, il accordera une place de plus en plus grande aux reflets, aux transparences, au « fondu »; de plus en plus ce sera l’effet d’ensemble qui préoccupera l’artiste, une vision synthétique qui fera surgir d’une pénombre mystérieuse objets et fruits, résumés dans leur permanence.

6. Joseph-Marie Vien (Montpellier, 1716 – Paris 1809), La Vertueuse athénienne, 1762, huile sur toile

Détail

« Élève de Natoire, languedocien comme lui, Vien remporta le grand prix en 1743 et partit l’année suivante pour Rome, où il resta jusqu’en 1750. Fortement influencé par J.-F. de Troy, alors directeur du palais Mancini, il donna quelques tableaux hérités du style de ce dernier et de celui des maîtres bolonais (Guerchin). 

Vien fut agréé en 1751 et reçu académicien en 1754 (Dédale et Icare). C’est vers la fin des années 1750 qu’il rompit brusquement avec la tradition rococo d’un Boucher (mort en 1770) et s’orienta vers un nouveau style, qui devait déterminer la peinture française pour de nombreuses années.

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Largillerre et ses 4 500 portraits

Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français. Il est l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Cette chronique n’en présente que cinq ! Sources : Wikipédia et visite des musées mentionnés (Lille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Tours).

Fin 17ème. Autoportrait. Cartel de l’œuvre (musée de Nantes). « Comme souvent dans ses autoportraits, l’artiste s’est représenté avec une certaine magnificence, un port de tête altier et le buste de profil, regardant le spectateur. Cette pose élégante et fière, qui affirme son statut social, est souvent utilisée dans les portraits de la fin du 17ème

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Sa pratique artistique se nourrit de son apprentissage à Anvers et puis en Angleterre avec le peintre hollandais Peter Lely, de son vrai nom Pieter Van der Faes (1618-1680, est un peintre d’origine néerlandaise. Il a connu une immense popularité comme portraitiste en Angleterre où il s’établit dans les années 1640. C’était aussi un grand amateur d’art, qui possédait une belle collection de dessins d’artistes. Après cette formation, Largillerre retourne à Paris et entre à l’Académie ».

1686. « Alternant les commandes officielles pour des ex-voto ou des allégories avec les portraits de la noblesse et de la haute bourgeoisie, son talent lui permet de gravir les échelons de la hiérarchie de l’Académie royale de peinture et de sculpture, où il est admis le 30 mars 1686, non seulement comme peintre de portraits, mais en qualité de peintre d’histoire, avec le portrait en pied de Le Brun (Paris, musée du Louvre) comme morceau de réception ».

1699. « Il épouse Marguerite-Élisabeth Forest, la fille d’un peintre de paysages nommé Jean Forest, peintre du roi et officier en l’Académie. Le portrait de son beau-père (palais des beaux-arts de Lille) où il reconnait sa dette envers Rembrandt, Rubens, Van Dyck, est curieux ».

Dans son Histoire des Peintres, Charles Blanc écrit à propos de ce tableau : Forest était un homme original, fantasque. Son gendre se fit un plaisir de le peindre dans le bizarre costume qui lui était familier, d’autant plus qu’il devait être las d’avoir toujours devant les yeux les mêmes modèles, toujours des magistrats avec leurs perruques in-folio et des bourgeois avec leurs perruques à boudin. Il représenta donc son beau-père en cheveux courts avec une sorte de bonnet de margrave à fond de soie et une hongreline doublée de fourrure. Assis dans un fauteuil, la main, le sourcil en mouvement, l’œil mouillé, le portrait respire, il est vivant.

1703. La Belle Strasbourgeoise (musée des Beaux-arts Strasbourg).

« Portraitiste célèbre de la haute bourgeoisie parisienne et protecteur du jeune Chardin, Largillierre, lui même auteur de natures mortes, a été formé en Flandre où il acquiert une grande richesse chromatique et un goût prononcé pour le rendu somptueux des étoffes et des matières. La même attention au réel caractérise le portraitiste et le peintre de nature morte.

Le costume porté par cette jeune femme est celui du patriciat de la Cité entre 1688 et 1730. Sous Louis XIV ce costume connaît son plus somptueux épanouissement. Il est composé d’une jupe rouge recouverte d’un grand tablier noir, de manches larges serrées au coude par des rubans plissés et terminées par des manchettes de dentelles, d’un buste lacé, d’un châle blanc bordé de dentelle et surtout d’un extravagant chapeau garni de dentelle noire. C’est l’étrangeté de ce chapeau qui a incité l’artiste à en faire le nœud du tableau.

L’identité du modèle reste encore mystérieuse, vraie strasbourgeoise, Parisienne portant un costume ou peut être la sœur du peintre ».

1707. L’Autoportrait de Nicolas de Largillierre (Musée de Tours) est une belle réplique d’atelier de l’autoportrait acquis par la National Gallery de Washington. L’original signé et daté 1707 représente l’artiste âgé alors de cinquante et un an dans l’intimité de son atelier.

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18ème. Portraits, peints ou sculptés

Le portrait, peint ou sculpté : dix œuvres du 18ème siècle au Musée d’arts de Nantes. Dans cette chronique, six portraits de célébrités du temps : un conseiller à la Grand’Chambre du Parlement de Paris, son fils, un trésorier des États de Bretagne, un sculpteur attitré de Louis XV, un pape – Clément XIII -, un premier architecte de la ville de Nantes.

Diaporama de 31 photos.

En guise d’introduction. Ressource pédagogique : Portrait et pouvoir aux 17ème et 18ème siècles. Service culturel des musées d’Orléans, dossier réalisé par les enseignants détachés, Hervé Finous, Nadine Mazier, Odile Ringuedé, Dominique Massardier, 27 pages.

« Aux origines du portrait. Lié à la conception religieuse et à l’organisation sociale et politique d’une société, le portrait est initialement associé à la notion de survie et à la transmission de l’image d’une personne aux générations futures. Il témoigne de l’apparence d’un individu à un moment donné de sa vie et représente un moyen de conjurer l’état éphémère lié à la condition humaine. Par conséquent, le portrait joue un rôle social important… :

Des portraits de pouvoir. A une époque où la peinture d’histoire se situe au sommet de la hiérarchie des genres, le portrait est d’autant plus légitime qu’il est au service de l’histoire, qu’il est un portrait d’un personnage engagé dans l’histoire. Aussi les portraits des 17ème et 18ème siècles sont-ils bien souvent des portraits de pouvoir, qui, d’une manière ou d’une autre, exaltent chez la personne portraiturée la possession ou la pratique d’un pouvoir.

L’exaltation du pouvoir peut s’exprimer à travers des accessoires, des attributs symboliques : regalia du souverain, ordres religieux et militaires, coiffure et costume révélateurs du rang social ou caractéristiques de la fonction, instruments propres à une profession… Elle peut se manifester à travers la richesse du décor, la somptuosité de la mise en scène. Elle peut aussi s’étendre à l’ensemble de la personne portraiturée : sa pose, ses gestes, son regard. Elle peut enfin prendre une tournure allégorique par le truchement d’une identité d’emprunt qui se superpose à l’identité réelle du modèle »…

A. Charles-Paul-Jean-Baptiste de Bourgevin de Vialart de Saint-Morys, Conseiller à la Grand Chambre du Parlement de Paris par Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), œuvre de la 2nde moitié du 18ème, huile sur bois.

« La Chambre au Plaid, devenue ensuite la Grand’Chambre, est le cœur du Parlement. Elle juge en appel les sentences des juridictions inférieures de son ressort. Les cas de crime de lèse-majesté lui sont soumis, ainsi que les procès concernant les pairs, les apanages, les parlementaires et les affaires de la régale. Au total y siègent plus de cent magistrats (premier président nommé par le roi, présidents à mortier, conseillers) et les princes du sang, ducs et pairs, qui tiennent particulièrement à ce grand privilège.

En 1753, translation de la Grand Chambre du Parlement à Pontoise ; dispersion et exil des magistrats des autres chambres en province ; enfin exil des magistrats de la Grand Chambre à Soissons (jusqu’à l’automne 1754) ».

Monsieur de Saint-Morys

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B. Cartel de l’œuvre du musée de Nantes. « Monsieur de Saint-Morys a certainement commandé ce portrait en même temps que celui de son fils.  A cette époque, la famille dispose d’une grande fortune grâce à l’héritage échu au jeune garçon, dont ses  parents avaient l’usufruit. Greuze connaît très bien la famille chez qui il a séjourné à plusieurs reprises. Cette relation explique sans doute l’approche directe et intime de ce portrait ».

C. Portrait de Monsieur 0live, trésorier des États de Bretagne, et de sa famille, par Marie-Geneviève Bouliard (Paris, 1763 – Château d’Arcy, 1825), 1791 ou 1792, huile sur toile.

« Les États de Bretagne s’assemblaient à partir de 1632 tous les deux ans, le plus souvent en hiver, après les récoltes et principaux travaux agricoles. Comme tous les états provinciaux, ceux de Bretagne comportaient en 1755 un nombre fixe de cent quatre sièges. Le vote se faisait par ordre et non par tête, chaque ordre ayant une voix. Aux représentants de la province s’unissait une vingtaine de commissaires du roi. Dans l’intervalle entre les assemblées, divers agents et organes assuraient l’exécution des décisions prises, dont le trésorier ».

Cartel de l’œuvre. « Ce portrait collectif n‘insiste pas sur le statut social du trésorier Olive, mais sur la représentation du bonheur conjugal et familial. Ceci illustre la nouvelle approche de l’éducation et de la place des enfants au sein de la famille, en écho aux écrits de Jean-Jacques Rousseau.

La carrière de Marie-Geneviève Bouliard, élève de Joseph Duplessis, témoigne de l’importance grandissante des femmes artistes à la fin du 18ème, comme Elisabeth Vigée Le Brun ».

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