SUP. Penser la pédagogie d’après

Comprendre les phases du confinement dans le supérieur pour préparer l’après, 21 mai 2020 par Jean-Marie Gilliot URL: https://www.innovation-pedagogique….

Depuis le début du confinement, les choses évoluent finalement très vite. Même si le fait de rester confiné chez soi semble rendre le temps particulièrement long, nous constatons qu’un changement rapide est en cours, et qu’il va se prolonger largement après cette « courte » période. Si dans un premier temps la communauté du supérieur s ‘est mobilisée pour gérer l’urgence, les sujets apparus dernièrement nous démontrent que « l’école d’après » reste à être définie aussi dans le supérieur.

Phase 1 : « l’urgence de la continuité pédagogique »

Mi mars, en quelques jours il a fallu passer d’un enseignement présentiel (mais aussi souvent déjà hybride, puisque souvent le numérique permet a minima de communiquer et partager des supports de cours) à un enseignement à distance. Il a donc fallu jongler entre outils existants, qui couvraient certains besoins et trouver des solutions pour compléter. Si certains s’inquiétaient de n’utiliser que des solutions « officielles », beaucoup de solutions alternatives ont été explorées, discutées, et retenues. Discord a ainsi fait une entrée remarquée dans les solutions intéressantes, car permettant de soutenir le travail en petits groupes.

Le passage du présentiel à la distance a posé comme question centrale l’organisation des séances synchrones (cours en amphi, TD, TP). Les établissements ont eu recours à des systèmes de visio, dans lesquels Zoom a pris une place importante. Plusieurs débats en ont découlé :

  • Techniques – est ce que les outils tiennent la charge, permettent l’interactivité ? La réponse est que oui globalement, si les infrastructures sont suffisantes. Dit autrement, il a souvent fallu passer par des solutions externes aux établissements pour cette raison. Et pour l’interactivité, beaucoup de solutions actuelles permettent de créer des petits groupes facilement.
  • Éthiques et sécurité – un large débat a eu lieu autour des failles de sécurité et des fuites de données liées à Zoom. Cet outil a de fait géré une crise de croissance exponentielle, qui démontre d’une part la capacité des solutions informatiques modernes a changer d’échelle, mais les limites des solutions proposées par des startups. Le débat est classique, avec toujours les mêmes arguments entre cloud, logiciel libre et directions des systèmes d’information, mais il ne trouve toujours pas d’issue satisfaisante ;
  • Pédagogiques – la distance met en avant le temps limité pendant lequel quelqu’un peut écouter de manière efficace, et les problèmes d’agenda. Il a fallu apprendre à limiter la durée des amphis, pour aller à l’essentiel, trouver des moyens pour renforcer les interactions, privilégier le travail en petits groupes. L’enregistrement de la séance est devenue indispensable pour les absents. L’absence n’est plus une faute, mais due à des causes multiples (techniques, obligation extérieure, décalage horaire, …). Beaucoup de choses ont été testées, et de nombreuses leçons en ont été retirées, sur lesquelles il va falloir capitaliser.

Bref, cette remise en question soudaine, imposée mais légitime, a permis de se reposer beaucoup de questions sur nos pratiques, a généré énormément de travail, mais permet de dessiner de nouvelles perspectives.

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37,9% des apprentis à Bac+2 ou plus

Émilie Cupillard, Les contrats d’apprentissage en 2018. Une hausse des entrées plus forte dans le privé que dans le public, DARES Résultats, mai 2020, n°017, 10 pages.

Citation d’extraits de ce DARES Résultats. « Les entrées en apprentissage ont fortement augmenté en 2018, avec 317 300 nouveaux contrats enregistrés, soit une hausse de 7,6 % par rapport à 2017. Pour la première fois depuis 2013, ce dynamisme est plus marqué dans le secteur privé (302 100 nouveaux contrats, +7,7 % par rapport à 2017), que dans le public (15 200 nouveaux contrats, +5,1% par rapport à 2017).

Le niveau de formation préparé en apprentissage continue d’augmenter. La part des nouveaux apprentis préparant une formation de niveau bac+2 ou plus augmente de deux points entre 2017 et 2018, passant de 35,9 % à 37,9 %. Le secteur tertiaire est surreprésenté parmi les embauches d’apprentis préparant un niveau de diplôme bac +2 ou plus (I à III) (65,1 %),

Cliquer ici pour agrandir l’image

Les entrées en apprentissage des 26 ans et plus augmentent de 44,6 %, ceux-ci étant majoritairement recrutés dans le cadre de l’expérimentation, commencée en 2017 et poursuivie en 2018, élargissant l’accès des 26-30 ans à l’apprentissage.

L’apprentissage dans le public. Une baisse des entrées dans les services de l’État. Le nombre de contrats enregistrés dans le secteur public non industriel et commercial augmente de 5,1 % en 2018, passant de 14 500 environ en 2017 à 15 200 en 2018. Le dynamisme du secteur public est ainsi moins important que celui du secteur privé.

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1715. Louis XV a 5 ans

Suite des chroniques du blog sur le 18ème siècle en France et en Europe.

Louis XIV meurt le 1er septembre 1715, à l’âge de 77 ans. Quand le Roi Soleil meurt, son arrière-petit-fils, le duc d’Anjou, a 5 ans et demi (il est né le 15 février 1710 et il n’est pas alors le dauphin). L’arbre généalogique ci-dessous montre qu’en 1710 son accès à la royauté – sous le nom de Louis XV – est même fort improbable.

Plusieurs héritiers ont en effet la priorité sur lui et sont encore bien vivants à cette date : un fils de Louis XIV (Monseigneur le Grand Dauphin, âgé de 49 ans) ; trois petits fils du même Louis XIV (Louis, duc de Bourgogne, âgé de 28 ans, Philippe, futur roi d’Espagne, âgé de 27 ans, Charles, duc de Berry, âgé de 25 ans) ; et même un arrière petit-fils de Louis XIV, Louis, second duc de Bretagne, âgé de 3 ans.

En 4 ans (de 1711 à 1714), tous les successeurs potentiels meurent. La voie est « dégagée » pour le futur Louis XV, mais il n’est évidemment pas responsable de cette hécatombe. Mais certains proches parents seront soupçonnés – à tort – d’empoisonnement.

Dans cette hécatombe, les causes de mort furent diverses, sachant que le dernier né de Marie-Adélaïde de Savoie et de Louis, duc de Bourgogne, a failli mourir lors de sa naissance. La mortalité infantile demeure importante au 18ème siècle.

in François Bluche, Louis XV, Perrin, Tempus, page 15

Louis XIV meurt « d’une ischémie aiguë du membre inférieur, causée par une embolie liée à une arythmie complète, compliquée de gangrène«  (Wikipédia).

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Confédération des jeunes chercheurs

Confédération des jeunes chercheurs (CJC), Communiqué de presse, Paris, 13 mai 2020.

Quelles mesures d’urgence COVID pour les jeunes chercheur-es ? Les demandes de la CJC et les réponses de la ministre.

La Confédération des jeunes chercheurs (CJC) s’est entretenue avec madame Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, aux côtés de l’Association nationale des docteurs (ANDès), le jeudi 9 avril dernier. Ce rendez-vous a été l’occasion pour la CJC d’alerter la ministre sur la situation difficile des jeunes chercheur-es dans cette période de crise et de faire valoir nos demandes de mesures d’urgence spécifiques.

  • Paiement des enseignant-es vacataires
  • Prolongation des contrats de recherche doctorale
  • Prolongation des CDD de recherche pour docteur-es (« postdocs ») et ATER
  • Réinscriptions administratives
  • Soutenances de thèse

Résumé. Un paquet interministériel budgétaire et réglementaire « jeunes chercheur-es » est en préparation et devra être précisé dans les semaines qui viennent. Ce paquet devrait inclure une enveloppe aux employeurs publics de jeunes chercheur-es (doctorant-es et chercheur-es contractuel-les docteur-es) afin de financer largement des prolongations de contrat sur tout le territoire, une enveloppe à l’ANRT afin de financer des prolongations de Cifre, et des mesures de neutralisation de la période vis-à-vis de la durée réglementaire de réalisation du doctorat.

La CJC sera vigilante quant au volume de ce paquet budgétaire, qui ne saurait être inférieur à plusieurs dizaines de millions d’euros, pour être crédible. Le risque serait, si le gouvernement ne prenait pas ses responsabilités, que les établissements employeurs arbitrent entre la prolongation des recherches mises à l’arrêt ces dernières semaines et les recrutements à venir, c’est-à-dire entre sacrifier une génération de jeunes chercheur-es ou la suivante.

La ministre nous a par ailleurs indiqué que toutes les heures de vacations qui avaient été prévues pour le semestre seraient, en dernière instance, payées, ce qui est une satisfaction. Nous demandons de plus que tou-tes les doctorant-es se réinscrivant en doctorat en 2020-2021 soient exempté-es du paiement des frais d’inscription, afin de ne pas faire porter le poids de la prolongation exceptionnelle des recherches sur leurs épaules.

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Mesures pour les Jeunes chercheurs

Communiqué de Frédérique Vidal, 23 avril 2020. Épidémie de Covid-19 : prolongation des thèses, contrats doctoraux et post-doctoraux impactés par la crise sanitaire.

  • Dans la chronique immédiatement à suivre, la Confédération des Jeunes Chercheurs (communiqué du 13 mai 2020) exprime sa satisfaction à l’égard des mesures annoncées par la Ministre. Toutefois, elle estime qu’un paquet interministériel budgétaire et réglementaire soit précisé dans les semaines qui viennent… Elle sera vigilante quant au volume de ce paquet budgétaire, qui ne saurait être inférieur à plusieurs dizaines de millions d’euros, pour être crédible.

Texte du communiqué de Frédérique Vidal. « Afin de préserver les activités de recherche négativement impactées par la pandémie de Covid-19, Frédérique Vidal autorise la prolongation si nécessaire des thèses, contrats doctoraux et post-doctoraux, ainsi que des contrats d’ingénieurs et techniciens.

La recherche et le personnel scientifique et universitaire français sont aujourd’hui pleinement mobilisés, de concert avec leurs homologues de par le monde, pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et apporter des solutions aux graves problèmes médicaux, sociaux et économiques qu’elle soulève.

Pour autant, comme de nombreux secteurs, la recherche est également fortement affectée par cette crise. Un grand nombre de projets et de travaux de recherche à l’échelle nationale, européenne et internationale sont ralentis voire arrêtés. Le confinement et la fermeture des établissements ont forcé de nombreux techniciens, ingénieurs, chercheurs et doctorants, dans l’ensemble des disciplines, à interrompre leurs travaux expérimentaux en laboratoire ou encore à suspendre leurs enquêtes et études de terrain.

Prolongation des thèses, contrats doctoraux et post-doctoraux lorsque jugé nécessaire, jusqu’à 1 an

Afin de tenir compte de ce contexte exceptionnel lié à la pandémie de Covid-19 et de limiter ses effets négatifs sur la recherche et l’activité des laboratoires, Frédérique Vidal a décidé d’autoriser les organismes et établissements qui accueillent des doctorants à prolonger la durée de thèse ainsi que celle du contrat doctoral, lorsque l’impact de la crise actuelle l’aura rendu nécessaire. Cette prolongation, pouvant aller jusqu’à 1 an, permettra de compenser l’impact des interruptions des travaux de recherche dues à cette crise.

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OVE. Changement de tutelle

31 ans pour changer la tutelle de l’Observatoire de la Vie étudiante ! Exit la tutelle de Jean-Michel Blanquer ; remplacement par celle de Frédérique Vidal. En avril, période de confinement, était-ce un évènement politiquement important ou n’était-ce qu’une querelle d’ego ou encore un non-évènement ? Je ne sais. Mais était-ce urgent de changer la tutelle de l’OVE ?

Pourquoi les deux ministres ne se sont-ils pas plutôt mis d’accord sur : comment faire face au Sale temps pour les enquêtes (sur les conditions de vie des étudiants et sur le devenir professionnel des diplômés) ?

Observatoire de la vie étudiante, BO du 21 mai 2020, arrêté du 23 avril 2020 modifiant l’arrêté du 14 février 1989

Vu Code de l’éducation, notamment articles L. 811-3, L. 822-1 à L. 822-4 ; arrêté du 14-2-1989 modifié

Article 1. Dernier alinéa de l’article 2 de l’arrêté susvisé, les mots : ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des sports sont remplacés par les mots : ministre chargé de l’enseignement supérieur.

Article 2. Au septième alinéa du même article les mots le directeur général pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle et le directeur du centre national des œuvres universitaires et scolaire sont remplacés par les mots le directeur général de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle et le président du centre national des œuvres universitaires et scolaire.

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Classé dans AA. Universités et COVID 19

Lionel Larré, un nouveau président

Communiqué de l’université. Ce mercredi 20 mai 2020, Lionel Larré a été élu président de l’Université Bordeaux Montaigne à l’issue du 1er tour de scrutin. Il succède à Hélène Vélasco-Graciet, présidente depuis 2016 qui ne se représentait pas. Lionel Larré prend immédiatement ses fonctions, son mandat est de 4 ans.

  • La large victoire de Lionel Larré était pronostiquée dans la chronique du blog du 6 mai 2020, Qui présidera Bordeaux Montaigne ?
  • Les élus étudiants (5 sur 6) et les personnalités extérieures élues (4 sur 4) ont fait l’élection du président. Il y a là un problème de gouvernance dans les universités : 11 des 22 voix recueillies par Lionel Larré émanent d’administrateurs ne faisant pas partie des personnels de l’université ; Patrick Baudry n’en a recueilli que 2.
  • Nicolas Champ (MCF d’Histoire contemporaine) a été élu VP du Conseil d’Administration. Sa thèse. Religion et territoire. L’espace public entre présence confessionnelle et sécularisation dans la France du XIXe siècle. Le cas de la Charente-Inférieure (1801-1914).

« Les représentants des personnels et représentants des étudiants élus en février 2020, ainsi que les personnalités extérieures désignées en mars 2020 qui composent le nouveau Conseil d‘administration de l’université (36 membres) ont élu ce 20 mai 2020 le président de l’Université Bordeaux Montaigne.

Étaient candidats à cette élection

  • Lionel Larré, professeur de civilisation américaine, directeur de l’UFR Langues et civilisations
  • Patrick Baudry, sociologue, professeur en sciences de l’information et de la communication, directeur de la MSHA

Les votes

  • 22 voix pour Lionel Larré
  • 11 voix pour Patrick Baudry
  • 3 votes blancs »

Qui est Lionel Larré ? Quelle est la profession de foi de la liste qui a soutenu sa candidature à la présidence ?

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Classé dans C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes)

ParcourSup. 6 500 dossiers hackés

Faïza Zerouala et Jérôme Hourdeaux, Parcoursup. 6 500 dossiers confidentiels d’élèves ont été diffusés sur Internet, Médiapart, 19 mai 2020.

Ce n’est pas comme si la Cour des comptes n’avait pas prévenu (chronique du Blog : ParcourSup épinglé par la Cour)

  • « Le dispositif présente ainsi un risque de rupture de service. Il n’est pas non plus à l’abri d’une intrusion comme en témoigne un autre audit de sécurité du code source, réalisé en juillet 2018 à la demande du ministère, et qui souligne un risque de sécurité très élevé pour l’application ».

Introduction de l’article de Médiapart. « Plusieurs milliers de lycéens candidats à une classe préparatoire au lycée Janson-de-Sailly, à Paris, ont vu leur dossier pour Parcoursup fuiter, selon nos informations. Toutes leurs données confidentielles ont été visibles par des tiers.

Près de 950 000 élèves de terminale, étudiants en réorientation et reprise d’études ont découvert mardi s’ils étaient admis, refusés ou en attente d’une place dans l’enseignement supérieur – c’est la première phase de Parcoursup qui démarre.

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Classé dans C. Ile-de-France

Qu’avez-vous fait Mme la Présidente?

A propos des examens en ligne et de l’égalité de traitement entre les candidats. Chroniques du blog sur l’adaptation des modalités de contrôle des connaissances durant le confinement.

Lettre ouverte de Gildas Loirand, enseignant-chercheur, à Madame Sylvie Retailleau, Présidente de l’Université Paris-Saclay, à la suite de la suspension du professeur Jean-Pierre Dubois au motif de graves manquements à ses obligations d’universitaire fonctionnaire (7 pages).

Extraits de la Lettre de 7 pages.

« Par une décision en date du 13 mai 2020, vous avez pris le parti de prononcer à titre conservatoire une suspension de toute activité professionnelle à l’encontre du Professeur Jean-Pierre Dubois, spécialiste de droit constitutionnel, au motif de graves manquements à ses obligations de fonctionnaire. Jean-Pierre Dubois, qui aurait proposé une épreuve simplifiée à ses étudiants et modifié frauduleusement les paramétrages informatiques d’une épreuve dématérialisée aurait alors de ce fait méconnu « l’obligation de préserver l’égalité entre les candidats, conformément à la législation en vigueur ». La faute disciplinaire reprochée au Professeur Jean-Pierre Dubois dans votre décision serait donc d’avoir organisé par ses pratiques potentiellement coupables une rupture d’égalité de traitement entre les candidats. Rien d’autre.

Il semble d’ailleurs que vous ayez fini par vous persuader vous-même de la faiblesse ou de la fragilité des charges retenues contre Jean-Pierre Dubois puisqu’on a appris, par suite du recours gracieux déposé devant vous par l’intéressé, que vous renonciez finalement à la mesure de suspension qui le visait. À moins que la pression syndicale et le bon millier de signatures recueillies en moins de deux heures par une pétition dédiée vous aient amenée à plus de mesure, pour ne pas dire ramenée à la raison.

Si je m’autorise à prendre parti dans cette sordide affaire, c’est que j’ai moi-même été suspendu de toutes mes fonctions d’enseignant-chercheur pour une durée de quatre mois, en mai 2018, pour des faits que j’ai contestés avec la plus grande vigueur et que je dois encore continuer de contester deux ans après les événements qui m’avaient valu les poursuites engagées par le président de mon université d’exercice. Dès lors, je peux me prévaloir d’une expérience toute personnelle et intime des effets délétères d’une suspension professionnelle tant sur le moral et la santé psychologique de celui qui en a fait l’objet que sur sa famille, ses proches, ses relations de travail habituelles, sa réputation et sur l’exercice même de son métier au quotidien…

… De ce florilège non exhaustif il ressort sans nul doute, comme il l’était clairement prévu et dénoncé par plusieurs enseignants-chercheurs, que l’organisation d’épreuves dématérialisées en ligne a par elle-même introduit et généralisé de manière inédite une immense rupture d’égalité entre les candidats. Sans reprendre l’ensemble des arguments largement développés ailleurs, il est certain qu’aucune épreuve en ligne n’a permis de garantir en quoi que ce soit l’égalité prescrite, quelles qu’en aient été les précautions techniques prises en la matière. Cela pour la simple raison que l’égalité de traitement lors d’un examen s’apprécie nécessairement et en tout, de la toute première seconde de chaque épreuve jusqu’à la remise des copies aux surveillants. Or, nulle modalité dématérialisée d’examen ne permet de satisfaire cette exigence cardinale fixée par la loi et dont le respect incombe formellement aux établissements. Et non pas aux étudiants eux-mêmes comme a pourtant tenté de le faire admettre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche en prescrivant aux établissements…

Aussi, la question des motivations et des mobiles qui vous ont conduit à prendre une décision de suspension s’impose-t-elle à moi avec force. Je n’entends pas chercher à y répondre en tout mais je me trouve nécessairement conduit, au regard de la démonstration qui précède, à adhérer fortement à la vision des choses cultivée par le SNESUP-FSU, syndicat qui « se demande dans quelle mesure l’attaque portée à Jean-Pierre Dubois n’a pas vocation à servir d’exemple et à dissuader les enseignant·es et les enseignant·es – chercheur·es de faire preuve d’humanité dans un contexte de crise difficile pour toutes et tous. »…

Le second élément qui plaide en faveur d’une volonté de faire un exemple nous ramène à un passé encore relativement récent. En 2017 vous avez été saisie d’une dénonciation visant un professeur de l’Université de Paris Sud-Orsay que vous présidiez à ce moment. Preuves fournies à l’appui, celui-ci y était mis en cause pour plusieurs infractions graves au cumul des emplois et des rémunérations. Par suite des poursuites que vous avez diligentées à son encontre, il s’est confirmé que l’intéressé – finalement faiblement sanctionné par une interdiction d’exercice de ses fonctions d’enseignement durant un an à mi-traitement – avait durant près de dix années doublé frauduleusement le montant de son traitement annuel de professeur. Ceci en se livrant à des activités d’enseignement et de recherche dans divers établissements supérieurs privés proposant des formations directement concurrentes de celles dans lesquelles il était investi dans l’université publique que vous présidiez alors. Pour le dire autrement et plus brutalement, en vendant sa force de travail à des écoles supérieures privées, le professeur d’université en cause avait en quelque sorte illégalement « soustrait » à son employeur public une somme totale d’environ 850 000 euros, faute d’avoir sollicité et obtenu les autorisations de cumul requises…

Tout me porte à penser que vous avez usé d’une mesure de suspension pour « punir » un enseignant-chercheur qui n’avait pas dû manquer d’exprimer – en vous déplaisant sans doute – des réserves responsables à l’adresse des épreuves dématérialisées que vous aviez pris le parti d’organiser dans votre établissement en dépit des problèmes bien identifiés qu’elles posaient. En tout état de cause, et en prenant acte des positions exprimées par Jean-Pierre Dubois sur le thème des examens en ligne, il m’apparaît que vous ayez pu tenter de le contraindre par force à changer sa position optant ainsi pour un pouvoir arbitraire plutôt que de chercher à faire autorité

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Classé dans C. Ile-de-France, C. Pays de Loire

1737. Émilie du Châtelet

Suite des chroniques du blog sur le 18ème siècle en France et en Europe.

Source des citations et de la photo. Camille Vignolle, Émilie du Châtelet (1706 – 1749). Première Femme savante, Hérodote.net.

Extraits. « Fille du baron de Breteuil, Émilie appartient à la riche noblesse de robe. Son père lui donne, fait rare, la même éducation qu’à ses garçons et Émilie saisit cette chance pour s’instruire avec avidité sur tous les sujets. Surdouée, elle s’initie à de nombreuses langues et à toutes les disciplines scientifiques. Elle manifeste aussi de grands talents en équitation comme au clavecin ou au théâtre…

… Émilie, agnostique, ne se soucie guère de la vie éternelle promise par l’Église mais voudrait survivre dans la mémoire des hommes à travers son œuvre.

Elle se jette à corps perdu dans la science, ce qui justifie de la qualifier de première « femme savante » de l’Histoire, au sens propre et sans l’ironie que Molière a attachée à cette expression ».

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Classé dans AG. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Sciences