Goethe et la belle Alsacienne

Goethe et la belle Alsacienne, Frédérique Brion.

Johann Wolfgang von Goethe, né en août 1749 à Francfort et mort en mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, scientifique, théoricien de l’art et homme d’État allemand.

Goethe par Georg Melchior Kraus (1775-1776). Cliquer sur les images pour les agrandir

Lors de son séjour à Strasbourg (1770-1771), il s’éprend de Frédérique Brion.

Frédérique Brion par Georges Engelbach, milieu du 19ème siècle

Cinq sources mobilisées pour cette chronique.

A. Les notices de Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

B. Poésie et Vérité, souvenirs de ma vie

Titre original : Aus meinem Leben. Dichtung und Wahrheit) est une « autobiographie de l’écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe, que celui-ci écrivit entre 1808 et 1831 et dans laquelle il décrit des épisodes marquants de son enfance et de sa jeunesse, de 1749 à 1775 ».

« C’est dans Poésie et vérité que Goethe relate, entre autres, son principal amour de jeunesse pour Friederike Brion, la fille du pasteur de Sessenheim en Alsace, qui inspira le célèbre personnage de Gretchen dans Faust. Friederike n’était pas le premier amour du jeune Goethe qui avait rencontré auparavant à Francfort-sur-le-Main une Gretchen au sein d’une société de jeunes gens peu recommandables.

C’est pour oublier Gretchen que le jeune homme quitta une première fois sa ville natale pour se rendre à Leipzig.

Après un second départ de la ville de son enfance, eut lieu l’important séjour en Alsace avec la découverte de la cathédrale de Strasbourg en même temps que la fréquentation de Herder. À Strasbourg, où il devait terminer ses études de droit, au cours d’un curieux imbroglio, le jeune Goethe était tombé amoureux de la plus jeune fille du professeur de danse auprès duquel il prenait des leçons pour se produire dans la haute société, tandis que la seconde fille plus âgée du professeur de danse était tombée amoureuse de lui : celle-ci, en conflit avec sa sœur, maudit Goethe pour qui ce fut le second échec amoureux de sa jeunesse ».

C. Paul Decharme, Goethe et Frédérique Brion, Hachette, Paris, 1908, 65 pages (thèse complémentaire de Lettres de l’université de Caen).

D. Ernest Seillière, La vraie Marguerite de Faust : Frédérique Brion dans la légende et dans la réalité, Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 3, 1911 (p. 146-172).

« Le jeune Wolfgang Gœthe poursuivait en Alsace ses études de droit lorsqu’il fut présenté à ces braves gens par un camarade au mois d’octobre 1770.

Le soir même du jour où il regagna Strasbourg après cette courte villégiature, le 14 octobre 1770, il écrivait à l’une de ses correspondantes : J’ai passé quelques jours à la campagne, chez des gens bien agréables. La société des aimables filles de la maison, ce joli pays et ce ciel souriant ont remué dans mon cœur des sentiments trop longtemps assoupis, y réveillant le souvenir de tous ceux que j’aime.

Et à Frédérique Brion elle-même, il s’adressait le lendemain en ces termes : Chère nouvelle amie, je n’hésite pas à vous donner dès à présent ce nom. Si en effet je me connais le moins du monde en fait de regards, j’ai trouvé dans le premier de ceux que nous avons échangés l’espoir de cette amitié que j’invoque à présent, et je jurerais que nos cœurs vont se comprendre. Comment donc, bonne et tendre ainsi que je vous connais, ne seriez-vous pas un peu favorable à qui vous aime autant que je le fais ?… Chère, chère amie, que j’aie en ce moment quelque chose à vous dire, cela n’est aucunement douteux en vérité, mais que je sache au juste pourquoi je vous écris dès à présent et ce que je voudrais vous écrire, c’est une autre affaire ! En tout cas, certaine agitation que je ressens me fait juger à quel point je voudrais me sentir encore près de vous. Un petit morceau de papier devient une consolation sans égale en pareil cas : il me fournit une sorte de cheval ailé qui me permet d’échapper à ce bruyant Strasbourg, comme vous le tenteriez vous-même dans votre calme retraite si seulement vous déploriez l’absence de vos amis…

L’épître est aimable autant que naturelle : il n’en est pas beaucoup de ce ton dans la correspondance de son auteur. Mais c’est malheureusement, à peu de chose près, tout ce que nous possédons d’authentique sur les relations des deux amoureux et nos sources directes s’arrêtent au prologue de leur aventure ».

E. Frédérique Brion, l’amour alsacien de Goethe, par Paul Christian Wolff, 21 février 2021.

« S’il est une Alsacienne devenue célèbre, c’est bien Frédérique Brion. Célébrité acquise bien malgré elle, pour être uniquement due à Goethe. Pour lui, jeune étudiant en droit à Strasbourg en 1770-1771, qui la courtisait régulièrement chez ses parents au presbytère de Sessenheim et où il la revit brièvement en 1779, ce ne fut pas le dernier flirt. Mais il l’a révélé avec un souvenir ému dans Dichtung und Wahrheit et dans ses Sesenheimer Lieder. Pour elle, cette idylle resta sans lendemain.

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1726-1743. Fleury, 1er ministre

Source : extraits d’André Larané, 11 juin 1726. 11 juin 1726, Fleury, Premier ministre de Louis XV, Hérodote-net, novembre 2019.

« Le 11 juin 1726, André-Hercule de Fleury (73 ans) devient Ministre d’État de Louis XV suite à la disgrâce du duc de Bourbon. Tout en prétextant se passer de Premier ministre comme son trisaïeul Louis XIV, le jeune roi (16 ans) va de fait lui confier la direction des affaires.

L’ancien précepteur du jeune roi de France (16 ans) reçoit peu après du pape la barrette de cardinal. Il sera le quatrième chef du gouvernement dans ce cas, comme avant lui Richelieu, Mazarin et Dubois.

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Bénédicte Bach. Portée aux nues

Bénédicte Bach. Portée aux nues. Diaporama de 15 photos.

Portée aux nues. Cliquer sur les images pour les agrandir

Strasbourg, 13 juin 2021, c’est déjà  la fin de la deuxième édition de l’Industrie Magnifique, collectif né en 2016 de la volonté de rapprocher artistes et entreprises. Cinq reportages et photos :

Cinquième reportage : Bénédicte Bach. Portée aux nues.

Bénédicte Bach a été amenée à collaborer avec les Tanneries Haas dès 2018 pour une première installation, l’Envolée Chromatique, puis cette année pour une deuxième manifestation, Portée aux Nues.

Bénédicte Bach est artiste plasticienne. Son site. Une vidéo de 1’57, réalisée chez Haas.

Leather Fashion Design lui a donné la parole : Bénédicte Bach, le grain de poésie dont l’industrie du cuir a besoin.

« J’ai un parcours un peu atypique bien que je sois issue d’une formation universitaire classique (Droit – Sciences Po). Après quelques années de travail dans le domaine de l’insertion sociale et professionnelle, j’ai fermé la porte de mon bureau, j’avais besoin d’exprimer autre chose, de donner toute la place à cette expression-là. La vie d’artiste n’est pas une vie conventionnelle, pas simple économiquement parlant mais en même temps c’est une vie incroyablement riche de rencontres et d’expériences, de découvertes et de réflexion ».

Les Tanneries Hass. Le site. Une vidéo de 14’45

« C’est en Alsace, terre de tanneurs, que depuis 1842, six générations se sont succédées à la tête des Tanneries Haas.

Elles ont su traverser les épreuves du temps et s’adapter aux nouvelles techniques pour imprimer leur marque dans le monde du cuir.

Elles sont passées des tannins à base d’écorce de chêne et de châtaignier à l’utilisation du chrome, et de la production du Box Calf puis du veau filature à la création du Novocalf® et du Novonappa®. Les Tanneries Haas se sont ensuite développées dans les secteurs de la maroquinerie et de l’habillement ».

Présentation de Portée aux nues. « Après l’envolée chromatique en 2018, Bénédicte Bach poursuit l’exploration de la matière cuir et sa dimension narrative avec Portée Aux Nues. Nuée blanche et légère, le cuir devient cumulus, délicatement ciselé. Faisant écho à l’univers du luxe, la texture et la forme de la nébuleuse évoquent la délicatesse, la fragilité et l’ultime raffinement. Une couleur mise en lumière par un travail de finition du cuir dans les ateliers : un léger relief, irrégulier s’apparentant à une mousse légère, vaporeuse et nacrée. Le Carré d’Or se fait écrin pour les nuages. Dans ce cœur historique, commercial et touristique de Strasbourg, Portée Aux Nues est une respiration poétique, une invitation à l’imaginaire. Un moment de rêve dans lequel luxe rime avec volupté ».

« Qu’il s’agisse de porter aux nues des nuages, de montrer une envolée d’insectes ou de stopper la chute des feuilles, la mécanique est la même, figer le temps. Donner à voir cette subtile mélodie de ce qui va disparaître. La fixer. On voit là évidemment un des enjeux de la photographie, qui permet par magie de capturer un instant qui n’est pas seulement celui décisif. L’artiste ne raconte pas un événement qui se serait produit mais construit son propre imaginaire, donne à voir ce qui résulte de sa poétique du détail, de sa vision symbolique d’un monde. Le réel est trop peu poétique à ses yeux, trop cynique, aux contingences économiques trop prononcées. Le réel ne fait pas rêver ».

2020, la petite collection. Elle se compose de pièces uniques.

​ »Ces papillons de cuir sont réalisés à partir de chutes de peaux produites par les Tanneries Haas.

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Strasbourg entre 1765 et 1775

Strasbourg entre 1765 et 1775. 1765. Louis XV, alors âgé de 55 ans, confie la modernisation de Strasbourg à son architecte royal, Jacques-François Blondel (1705-1774).

Carte du Plan Blondel. Cliquer sur les images pour les agrandir

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi (son père Louis XV meurt en effet après-lui, en 1774). Mais il sera le père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X… Chronique du blog : 1729-1765. Louis de France, dauphin.

Sources. Citations des textes de l’exposition du Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021, Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie.

Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

« Les nouveaux plans d’aménagement que Blondel conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux.

Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé : l’Aubette (1766-1767). Il s’agit d’un long immeuble de facture classique ». Diaporama de 24 photos de l’Aubette aujourd’hui.

Pour sa part, l‘architecte strasbourgeois, Samuel Werner, dessine les deux bâtiments qui auraient dû jouxter l’Aubette. Chronique du blog : S. Werner (1720-1775), architecte.

« Parmi les loisirs des Strasbourgeois auxquels Goethe s’adonne régulièrement, la promenade occupe une place importante. Les Contades, le Waken ou la Montagne Verte figurent parmi les lieux incontournables ».

Avril 1770 – août 1771, Goethe est à  Strasbourg. Il y mène ses études de droit (1770-1771. Goethe à Strasbourg). Il assiste à la remise de Marie-Antoinette au représentant du roi (1770. Goethe et Marie-Antoinette).

Au final cependant, il faut bien conclure à l’Échec du plan Blondel.

« Le séjour de Goethe coïncide avec l’un des plus importants chantiers de la cathédrale, visant à supprimer les boutiques qui jalonnaient le monument. L’architecte Jean-Laurent Goetz les remplace, peu après le départ de Goethe, par des galeries toujours en place aujourd’hui ».

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Goethe, place de l’université

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Diaporama de 14 photos de Pierre Dubois.

Source : citations d’Archi-Wiki. « Le monument dédié à Goethe fait suite à un concours réalisé en 1899.

Il est l’œuvre du sculpteur berlinois Ernst Waegener. L’État allemand a accordé 50 000 marks au projet.

Implanté place de l’Université, il est inauguré le 1er mai 1904 en souvenir des études universitaires de Goethe à Strasbourg ». Chronique du blog : 1770-1771. Goethe à Strasbourg.

« Entouré de Melpomène (muse de la tragédie) et de Polymnie (muse de la poésie lyrique), le jeune étudiant s’avance avec une canne à la main, un manteau jeté sur le bras gauche, la tête haute, un vague sourire aux lèvres ».

« Les bas-reliefs évoquent les rencontres sur la plate-forme de la cathédrale et l’idylle de Sessenheim ».

Le sculpteur Ersnt Waegener, né en 1854 et après des études à la Berliner Akademie et dans la classe de perfectionnement de Reinhold Begas, s’est fixé à Berlin, commençant une longue carrière marquée par l’empreinte du baroque et du néoclassicisme.

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Mathern. Mausolée pour Goethe

4ème chronique en photos sur L’industrie Magnifique, Strasbourg, édition 2021.

Stéphanie-Lucie Mathern, Tombeau pour le Romantisme allemand, place de l’université.

Diaporama de 23 photos de Pierre Dubois.

Des bouquets de fleurs chatoyantes pour un Homme illustre.
Cliquer sur les images pour les agrandir.

Source : à propos de l’œuvre. « Stéphanie-Lucie Mathern est une peintre née en 1985, entre France et Allemagne. Elle a couplé les beaux-arts (à Nancy) avec la théologie (à Strasbourg), maniant le sacré comme une arme sur des grandes toiles colorées à l’expression sans repentirs.

Un travail sur le médium même, l’harmonie et la dissonance des couleurs, des gestes, et même des mots (le titre claque comme un manifeste). La philosophie est post-pop, d’une décadence gonzo renforçant la puissance de la forme. Un arrêt sur image où le brutalisme a remplacé le sfumato. Un travail instinctif qui donne la priorité à l’émotion tout en étant imprégné des siècles de culture dont nous découlons.

Le projet consiste à la mise en valeur de la statue de Goethe en la recouvrant d’un chapiteau à la manière d’un mausolée. Une phrase extraite de Faust, L’espionnage, semble-t-il, est dans tes goûts, en lettres capitales, fait figure d’épitaphe (inscription funéraire). La mystique enseigne le caché pour mieux révéler, l’art appuie cette idée en effaçant pour mieux émerveiller. Dissimulée sous une bâche, la statue engendre une curiosité et une beauté nouvelles. Le chapiteau est détourné de sa fonction première, de festif il passe à commémoratif. C’est aussi une chapelle de dévotion, un moyen magique de rendre présent l’absent ».

Mehr Licht, Plus de Liberté, sont les derniers mots que Goethe prononça avant sa mort. Pourquoi n’ont-ils pas été choisis pour être inscrits sur la façade du mausolée ?

Pourquoi donc cet épitaphe pour le Mausolée ? Il m’a mis mal à l’aise : Goethe serait-il venu espionner le Royaume de France à Strasbourg d’avril 1770 à août 1771 ? Lire mes chroniques : 1770-1771. Goethe à Strasbourg, 1770. Goethe et Marie-Antoinette

Reportage vidéo 2’57 dans les DNA 25 mai : échanges entre l’artiste plasticien et le mécène. Photos de 2021 sur Instagram

Stéphanie-Lucie Mathern parle de son œuvre, lors de l’exposition à la Galerie Pascal Gabert, 2019. 

« La peinture est pour moi un acte érotique, quelque chose qui vient (et doit toucher) la viscère. Et en même temps, elle représente une trace matérielle de l’intelligence. L’important est le style et au commencement était l’émotion. Disait Céline. C’est certainement ce qui m’importe, créer une incompréhension qui finira en attraction contradictoire. Mais les résonances immédiates et les alliés instantanés sont aussi les bienvenus. Mon idée est d’électriser les masses indécises par la profusion picturale. Le moment où les gestes deviennent des clashs colorés, où les touches entremêlées font se confondre les espèces.

On peint pour oublier de se suicider (chaque toile étant déjà un fragment qu’on laisse de soi), pour intégrer le mal (et le représenter positivement), pour en finir avec cette difficulté à exister. Le processus de destruction est intégré, et les arrangements laissés à l’abandon. La probabilité du meurtre (de Francis Heaulme à Charles Manson) est partout, toujours couplée à l’espoir, celui du surgissement de l’événement. Nous attendons la sensation, le bon rythme, l’accord (presque) parfait.

Les œuvres iront à ceux qui ont la foi, en Dieu (qui gagne à être connu) comme dans un trait. A ceux qui savent plier le genou pour obtenir, à ceux qui croient sans avoir vu. L’art a cette dimension sacrée, il faut puiser dans ses mythes (du moine copiste à la rock star) car le spontané de l’homme c’est sa culture disait Barthes. Il y a des siècles d’histoire dans un geste, et c’est à nous d’accommoder les restes. C’est en se confrontant à la matière et en intégrant la présence de la mort (à l’eau de rose) qu’on s’inscrit dans le monde avec intensité. L’expressionnisme est brutal comme la vérité. A l’intact, j’ai toujours préféré le tranchant. Et ce tranchant je le veux ambigu.

On égorgera les combinaisons d’atomes, on dissociera, on interpellera, on exterminera, on foudroiera, on sera la perfection des derniers morts ou la singularité des nouveau-nés, on fera les choses vite, on percevra sur un mode inhabituel. On aura le degré de liberté que notre audace aura réussi à conquérir. Pour le moment, ici, l’odeur des fleurs rendra l’estime du sexe. Tout finit en pyrotechnie, énergie fulgurante en pure perte, dans le charme d’un bouquet final ».

Entreprise Mècène : Espace Couvert

« Espace Couvert est une entreprise leader du Grand est, spécialisée dans l’installation de chapiteaux et de halls de stockage provisoires pour les entreprises et les particuliers.

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Jupeoner. Bulbe bleu sur le Rhin

L’industrie Magnifique à Strasbourg, édition 2021, place Broglie.

Bulbe bleu de Jupeoner : à propos de l’œuvre

Diaporama de 11 photos

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Photo de l’artiste plasticien, publié par Coze, l’Agenda culturel alsacien, 7 juin 2021.

« Georges Eric Majord alias JUPEONER vit et travaille à Strasbourg. Il y pratique le spraycan art depuis plus de 20 ans. Aussi à l’aise devant un écran d’ordinateur que devant un mur, il décline un style retro-futuriste en marge du graffiti classique. Les comics books américains, Transformers et classic gaming ont fait de son travail un univers singulièrement cosmique peuplé de lettres et formes géométriques.

Bulbe bleu. Dans cette fresque mobile, l’univers technique et industriel qui inspire l’artiste rencontre celui d’EDF. Pour les 50 ans de la centrale hydroélectrique de Strasbourg, Georges-Eric s’est glissé dans ses entrailles : un lieu qui fascine tant par son gigantisme que par ses lignes graphiques qu’il a souhaité valoriser dans Bulbe Bleu. On y retrouve simultanément la linéarité robuste de l’architecture et les courbes du mouvement de l’eau ; celle du Rhin dont l’énergie est transformée en continu en une électricité performante et durable. Le container symbolise la navigation sur le fleuve assurée par EDF à Strasbourg comme à l’amont » (source : texte pour l’Industrie magnifique).

Mécénat d’EDF. « En service depuis 1970, l’aménagement hydroélectrique EDF de Strasbourg est l’une des dix grandes centrales EDF du Rhin franco-allemand.

Source. EDF Centrale de Strasbourg

Il est composé d’un barrage, des écluses, d’une centrale de production et d’une passe à poissons. La centrale « au fil de l’eau » est située en amont du port fluvial de Strasbourg. Elle est équipée de six groupes turbines d’une puissance totale de 150 mégawatts, installés en extérieur pour alléger la structure du bâtiment. La hauteur de chute entre l’amont et l’aval du barrage est d’environ 13 mètres.

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Museum of the Moon. Mélancholia

Museum of the Moon et Mélancholia. A l’occasion de la 2ème édition de L’Industrie magnifique : une lune géante de Luke Jerram, suspendue dans la cathédrale de Strasbourg.

Diaporama de 30 photos

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Titre de l’œuvre : Museum of the Moon (2016). Son auteur : « Luke Jerram, né en 1974, artiste basé à Bristol, diplômé de la Cardiff School of Art (1997). Il crée des sculptures, des installations de grande envergure et des projets d’arts vivants. Il a voyagé dans des endroits extrêmes pour développer des idées pour son art, de la Laponie aux dunes de sable du désert du Sahara,

Site de Museum of the Moon  : photos de quatre lieux qui ont invité La Lune à les éclairer, à les dynamiser, à les plonger dans une contemplation mélancolique. Le temps de quelques semaines lunaires… 

L’Œuvre : vidéo officielle de 2’49.

“Measuring seven metres in diameter, the moon features 120dpi detailed NASA imagery of the lunar surface. At an approximate scale of 1:500,000, each centimetre of the internally lit spherical sculpture represents 5 km of the moon’s surface.

As it travels from place to place, it gathers new musical compositions and an ongoing collection of personal responses, stories and mythologies, as well as highlighting the latest moon science.

The installation is a fusion of lunar imagery, moonlight and surround sound composition. Each venue also programmes their own series lunar inspired events beneath the moon”.

Museum of the Moon, Melanchoilia et sérénité.

La lune de Luke Jerram m’a fait penser à Melancholia, film écrit et réalisé par Lars von Trier, sorti en 2011.

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Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

L’Industrie magnifique à Strasbourg, édition 2021.

Diaporama de 22 photos.

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Mardi 1 juin 2021, 17 heures 45. Devant le Palais de Justice de Strasbourg. Trois containers gris, peints en gris taupe. Sur celui placé au centre, des pièces métalliques d’un m² environ, percées, assemblées en une tour bancale. Chutes d’une entreprise mécanique de la région, récupérées par l’artiste. Le titre de l’œuvre : Eros et Tetanos. 

Je n’ai pas envie d’un monde de containers, qui se disséminent partout comme de gros virus patauds ; et je regrette qu’une entreprise révèle aux yeux de tous qu’elle ne recycle pas tous ses déchets métalliques. Eros et Tetanos, représentés par des morceaux de métal rouillé qui peuvent blesser et provoquer l’infection : un clin d’œil trop facile à Eros et Thanatos.  

Mardi 1 juin, 18 heures. J’ai l’humeur triste en gagnant la place Broglie, par la rue de la Fonderie. Découverte d’une autre œuvre. Aucune explication n’en est donnée. Normal. L’édition 2021 de l’Industrie magnifique ne commence que le 3 juin. Visible du milieu de la place et en son extrémité, un cône de briques de couleur rouge, ocre, brune / noire. J’aime.

 

Oui, j’aime les briques du Nord, celles de surface rouge et vernissée de la maison de mes parents construite à Tourcoing au début des années 30.

A Strasbourg, à la base de l’œuvre de l’industrie magnifique, une importante couche de briques cassées, comme jetées au hasard.  La conséquence d’un bombardement aérien ? Je me rappelle aussitôt que mes parents ont vécu la première et la seconde guerre mondiale en territoire occupé.

Deux œuvres et une inquiétude : demain sera-t-il encore un monde de millions de containers, de déchets industriels non recyclables ou non recyclés, de briques creuses volatilisées par des bombardements ?

Le lendemain, mardi 2 juin, 18 heures, soleil, chaleur, et belle lumière du soir. Le cône de briques sous un autre angle : bien sûr, c’est une Tour de Babel !

L’artiste plasticien est présent. Patrick Bastardoz vit et travaille à Strasbourg. Études d’Arts Plastiques à l’UFR arts de Strasbourg et CAPES d’Arts Plastiques en 1992. Liste des expositions.

Terre de Ciel. Appeler l’œuvre Tour de Babel aurait mis le doigt sur l’impossibilité technique de construire un édifice permettant de s’élever jusqu’au ciel, une des raisons de l’échec étant l’impossibilité de faire coopérer efficacement des hommes qui parlent des langues différentes.

Patrick Bastardoz a peint une dizaine de Tours de Babel avant d’en concevoir et de pouvoir en réaliser une en trois dimensions.

Pour en savoir plus sur la Tour de Babel.  

Présentation de l’œuvre, Patrick Bastardoz, Terre de Ciel.

« Le travail artistique de Patrick Bastardoz porte sur l’espace de la ville. Son regard est fasciné par les formes architecturales aux perspectives complexes. Il peint des lieux en devenir, des bâtiments en cours de transformation, plusieurs séries s’inspirent également du mythe de la tour de Babel. Terre de Ciel. L’artiste repense ces ouvrages à travers un jeu de lumière et de relief, s’appuyant sur des couleurs rompues, des terres d’ombre ou terres de sienne, auxquelles il superpose des glacis.

De la terre nait la brique, de la brique nait la tour qui s’élève vers le ciel, symbole d’une construction libre et créative. L’œuvre Terre de Ciel prolonge en 3 dimensions le travail du peintre.

Habillée de tuiles et de briques fabriquées dans les 3 usines du groupe Wienerberger en Alsace, cette sculpture monumentale de plus de 7 mètres de haut appelle à l’imaginaire de chacun. Les produits en terre cuite, façonnés, coupés et sélectionnés par l’artiste sont une source d’inspiration multiple, mêlant diversité des formes et des teintes ».

Près de 400 heures de travail ont été nécessaires pour réaliser Terre de Ciel.

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18ème. 5 architectes pour Dijon

18ème siècle. Cinq architectes embellissent Dijon.

  • A. Aménagement de la Place Royale et Statue équestre de Louis XIV.
  • B. Transformations du Palais des Ducs et du Palais des États au 18ème siècle. Diaporama de 33 photos.
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A. Dijon, 1686-1792. Place Royale et Statue équestre de Louis XIV. Source : citations d’un document du Musée des Beaux-arts.

1686-1692. « Aménagement de la Place Royale par l’architecte Martin de Noinville, place en hémicycle constituée d’une succession d’arcades couronnées d’une balustrade devant servir d’écrin à la statue royale. Les Élus des États de Bourgogne avaient en effet décidé de faire élever une statue équestre de Louis XIV.

Le 18 mai 1686, un marché est passé avec Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, formé dans l’atelier de J. Sarrazin, bronzier réputé.

Le modèle est achevé en 1690. La fonte est entreprise immédiatement. En 1692, la statue du roi et le cheval sont acheminés par la Seine et l’Yonne jusqu’à Auxerre. Le mauvais état des routes et le poids de l’œuvre empêchent de continuer le transport ».

Source : Musée des Beaux-arts de Dijon

« Les sculptures sont alors remisées dans une grange du village de La Brosse pendant 27 années.

Ce n’est qu’en 1718 que l’on réussit à acheminer par route la statue jusqu’à Dijon : elle est déposée dans la Cour du Logis du Roi ; il faut attendre encore quatre années pour que les Etats décident de faire dessiner un socle, celui choisi à l’origine n’étant plus de leur goût. Ils s’adressent à Jacques-Ange Gabriel, architecte ordinaire du roi, pour le piédestal qui sera achevé en 1725 ; l’inauguration a enfin lieu le 15 avril 1725, mais le décor du socle ne sera complètement achevé et entouré d’une grille qu’en 1742 ; les plaques des inscriptions commémoratives ne seront posées qu’en 1747.

Pas moins de 62 ans et de nombreuses péripéties auront été nécessaires pour que le monument soit enfin achevé.

La statue va disparaître 45 ans plus tard, victime du vandalisme révolutionnaire. La sculpture est brisée le 15 août 1792. Le bronze est envoyé, partie à la Monnaie de Dijon, partie aux fonderies de canons du Creusot ».

B. Dijon, 18ème siècle. Palais des ducs et Palais des États. Source : Musée des Beaux-Arts, Histoire de l’Architecture.

En 1688, l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) propose de transformer les bâtiments disparates du palais en un ensemble cohérent, avec une cour d’honneur dans l’axe de la place et deux ailes en retour.

1710. A l’arrière, du côté du jardin des ducs, Robert de Cotte (1656-1735) édifie une nouvelle aile pour les appartements du Prince de Condé.

1731-1736. Jacques Gabriel (1667-1742) édifie le grand escalier des États et, en 1736-1738, la chapelle des Élus (chronique à venir).

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