Archives de Tag: Autonomie

18ème. Déclin de la maîtrise ès Arts

Boris Noguès, La maîtrise ès arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Rites universitaires, épreuves scolaires et usages sociaux d’un grade, in Histoire de l’éducation, 124 | 2009, Institutions et pratiques scolaires dans la longue durée (XVIe-XIXe siècles), p. 95-134.

L’article de Boris Noguès démontre une rupture dans la gouvernance du cursus universitaire au cours de l’époque moderne. La maîtrise ès Arts n’est plus sous le contrôle de la corporation universitaire, représentée par le Recteur élu ; elle passe sous la coupe du Chancelier de l’évêque. Le contrôle de l’église sur la collation des grades et les carrières professionnelles des diplômés auront raison de la collégialité des maîtres et de l’autonomie des universités à la mode médiévale. C’est ainsi l’église qui précipite la mort des universités ; c’est elle qui donne le champ libre à la Révolution pour décréter la fin des corporations (Loi Allarde de 1791, Loi Le chapelier de 1792), entrainant la fermeture des universités et la disparition de la maitrise (celle-ci ne réapparaitra qu’avec la réforme de 1966).

Extraits de l’article. « Quelles fonctions remplit la maîtrise ès arts aux XVIIe et XVIIIe siècles ? … Elle ne marque plus l’entrée dans la communauté des maîtres universitaires et ne représente plus la garantie d’un statut social ou d’un accès privilégié aux bénéfices ecclésiastiques. Si elle reste indispensable pour obtenir les degrés de certaines facultés supérieures, elle semble donc surtout révéler l’adhésion des récipiendaires aux valeurs universitaires et cléricales traditionnelles…

15. Le grade de maîtrise ne correspond plus aux XVIIe et XVIIIe siècles à aucune épreuve (ou simulacre d’épreuve), mais à une cérémonie fortement ritualisée autour duquel se nouent encore tous les enjeux liés à l’autonomie et à la nature de la corporation universitaire. Le futur maître s’approche du méritissime chancelier de l’Église et de l’université de Paris, s’agenouille et lui prête serment. Celui-ci prononce alors la formule consacrée : « En vertu de l’autorité apostolique, je te donne le pouvoir d’enseigner, de lire, de régenter et de faire tous les actes de la maîtrise ès arts, ici et partout ailleurs »… Il dépose alors le bonnet sur la tête du nouveau maître. Ce dernier est par la suite inscrit dans les registres de sa nation, signés du chancelier et du recteur, et se voit remettre un diplôme de maîtrise au nom de l’université.

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Les universités abandonnées

Les universités sont abandonnées par la Ministre Frédérique Vidal. La Conférence des présidents d’université laisse faire ; où son président, Gilles Roussel, se confine-t-il ?

Facettes de l’abandon, de la maltraitance

  • les universités sont fermées jusqu’à la rentrée, ce qui veut dire qu’aucun cours en présentiel n’aura lieu avant septembre. Pourquoi les classes supérieures des Lycées (STS et CPGE) vont-elles être rouvertes et non les licences et les IUT ?
  • les universités sont fermées, ce qui veut dire qu’elles ne peuvent organiser de contrôle des connaissances en présentiel.
  • fermées, les universités doivent pourtant « assurer la continuité pédagogique ». Ce n’est pas l’enseignement à distance qui pose problème.
  • ce qui pose problème, c’est le contrôle des connaissances, la validation du second semestre. Rappelons que celui-ci a commencé en janvier 2020; 5 à 7 semaines de cours (sur un total de 12) ont donc eu lieu ; des contrôles continus se sont déroulés durant cette période. Auditeur libre en Histoire et en Histoire de l’art, j’en ai été témoin à l’université de Strasbourg.

Les universités sont abandonnées. La Ministre et la CPU les laissent aller au casse-pipe, comme si elles étaient en mesure d’exercer leur pleine autonomie.

Aucun conseil, aucune consigne, aucune règle, aucun cadre : le silence absolu. Tout se passe comme si, en donnant aux universités la responsabilité de faire tout et n’importe quoi, au nom de l’égalité de traitement entre étudiants, Ministre et CPU fermaient les yeux sur les risques évidents de contentieux en Tribunal administratif et d’annulations de décisions universitaires qui s’ensuivraient.

Comme l’indiquent les deux pages d’accueil des sites du MESRI et de la CPU, la Ministre ne s’intéresse qu’aux examens nationaux, aux concours de recrutement des grandes écoles… ; la CPU s’intéresse à la recherche sur le Covid-19 et à l’offre sportive riche, proposée par les universités.

Cliquer ici pour accéder au site du MESRI

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Saison 7. Bloguer en confinement

Mars 2020. Le Covid-19 s’installe durablement en France. Le Grand-Est et l’Ile de France sont particulièrement touchés.

Avant le confinement du lundi 16 mars 2020, le blog continue ses chroniques sur les élections, élections universitaires (conseils et présidence), élections municipales du 15 mars (7 ex-présidents d’université y prennent une veste).

A partir du 16 mars, les chroniques donnent une large part à la pandémie au travers de nouvelles rubriques du blog.

Les deux premières chroniques sur la pandémie : Terribles épidémies, Coronavirus et élections à l’université.

La fermeture des universités pose évidemment un grand nombre de problèmes. Les solutions expérimentées laissent envisager une transformation possible et nécessaire des universités, sous peine de leur disparition : calendrier, continuité pédagogique, télétravail, visioconférence, classe inversée, cours à distance et en ligne, organisation des examens, formation continue, alternance, stages, règles de sécurité et astreinte, mobilité internationale, communication de crise, gouvernance, formation par la recherche appliquée à certains aspects de la pandémie.

Le champ des innovations est immense. Elargiront-elles la coopération ou accentueront-elles les inégalités sociales ? Se feront-elles dans un contexte de plus grande responsabilité individuelle et collective ou sous un autoritarisme de plus en plus fort ? Rien n’est encore joué !

Le confinement, c’est aussi la fermeture de tous les lieux culturels. Pour combien de temps ? J’ai encore eu la chance, le 29 février et le 1er mars, de visiter l’Exposition Hopper à la Fondation Beyeler à Riehen-Bâle et le Campus Vitra à Weil-am-Rhein.

Février 2020. Les chroniques du mois ignorent encore l’épidémie du Coronavirus qui touche pourtant de plein fouet la Chine, comme si la France allait être épargnée.

Mes chroniques restent centrées sur le monde universitaire :

Février, c’est aussi un mouvement de Rectrices et Recteurs d’Académie. Six ex-présidents sont concernés. Chroniques sur Sophie Béjean et Fabienne Blaise

En février, le serpent de mer des regroupements d’établissements poursuit ses méfaits, à Strasbourg, à Marne-la-Vallée, à Reims

Deux expositions locales visitées à Strasbourg : le 5ème Lieu, Focus, Tomi Ungerer photographe

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T. Coulhon veut présider le Hcéres

Pourquoi Thierry Coulhon veut-il présider le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur français ? Pourquoi quitte-t-il la fonction de conseiller d’Emmanuel Macron ? Plusieurs hypothèses pour expliquer cette volonté de mobilité. Je pense, au vu de sa trajectoire professionnelle, que l’ancien président de l’université de Cergy Pontoise aime enchaîner des missions de durée limitée et bien rémunérées. Dans l’immédiat, l’examen des candidatures à la présidence Hcéres est suspendu.

En effet, plus de 1300 chercheurs et enseignants-chercheurs sont candidats (point B de la chronique).

A. Questions orales posées au Sénat (3 mars 2020). Question concernant la Présidence du Hcéres. Intervention de Pierre Ouzoulias et réponse de Frédérique Vidal.

M. Pierre Ouzoulias. La présidence du Hcéres est vacante depuis le 31 octobre 2019.

Au moins cinq personnalités ont déposé leur candidature, mais votre Gouvernement a considéré qu’elles n’étaient pas recevables et a publié un nouvel appel au Journal officiel du 26 décembre 2019.

Selon la presse, confirmée par l’intéressé, M. Thierry Coulhon, conseiller à la présidence de la République, a fait acte de candidature, mais il aurait lui-même participé à l’examen des premières candidatures rejetées par votre ministère.

Plus de 1 300 chercheurs et enseignants-chercheurs ont déposé un dossier dans les formes. Selon quel protocole global seront-elles examinées, ainsi que celle de Thierry Coulhon ?

Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.  Je tiens à rendre hommage à l’immense travail réalisé par Michel Cosnard à la présidence du Hcéres.

La nomination du président de cette instance en conseil des ministres est une compétence du Président de la République. Conformément à la loi organique précisant les dispositions de l’article 13 de la Constitution, un appel à candidatures a effectivement été ouvert par mon ministère pour préparer cette nomination, qui ne pourra intervenir qu’après consultation des commissions permanentes compétentes des deux assemblées et vous serez donc informés du nom de la personne pressentie.

Une candidature collective a été présentée, mais elle n’a pas été retenue, comme mon ministère l’a indiqué la semaine dernière.

En effet, le décret du 14 novembre 2014 qui régit l’organisation de la Hcéres désigne le président du collège comme une personne nommée par décret en conseil des ministres, sa fonction n’est donc pas collective et c’est donc bien le Haut Conseil lui-même qui est le lieu de la collégialité et non pas sa présidence.

J’aurais l’occasion de m’exprimer sur ce sujet le 24 mars prochain, lorsque se tiendra le débat sur la politique de recherche publique que votre groupe a demandé.

M. Pierre Ouzoulias.  Vous n’avez pas infirmé que M. Coulhon a été juge et partie. Donc vous le confirmez. Je poserai donc de nouveau cette question à M. Coulhon en commission de la culture.

Quant aux autres candidatures, il ne s’agit pas, madame la ministre, d’une candidature collective, mais de 1 300 candidatures individuelles. Chacune doit être examinée, de la même façon que celle de M. Coulhon.

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Le marronnier de l’autonomie

Cela fait 50 ans que les gouvernements successifs disent souhaiter renforcer l’autonomie des universités. Depuis 2009, 190 chroniques d’Histoires d’universités sur l’autonomie.

Première loi sur l’autonomie. 12 novembre 1968, loi d’orientation de l’enseignement supérieur (loi Faure)

  • titres IV à VII. Quatre principes fondamentaux : autonomie, participation, pluridisciplinarité, objectivité du savoir liée à la tolérance des opinions…
  • autonomie des universités en matière statutaire (nécessité d’une majorité des deux tiers pour voter les statuts), financière (contrôle a posteriori, globalisation des ressources affectées aux établissements, diversification des financements) et pédagogique (possibilité par exemple de créer des diplômes d’université).

Université d’été de la CPU : discours de Frédérique Vidal (28 août 2019). La Ministre ne déroge pas à la règle du marronnier automnal : « je souhaite que nous franchissions ensemble une nouvelle marche dans l’autonomie des universités, et cette nouvelle marche implique nécessairement un repositionnement de nos échanges, de l’exercice de la « tutelle », car les universités sont arrivées à l’âge de leur majorité ! »;

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CPU. L’autonomie du n’importe quoi

La conférence des présidents d’université (CPU) joue avec le feu en proposant une autonomie complète de chacune des universités

Heureusement, la CPU n’a plus aucune influence sur le gouvernement : ses propositions ne seront jamais retenues. D’ailleurs, elle se fait harakiri : chacun pour soi et pour faire n’importe quoi. Il s’agit là d’une trahison de ses statuts et d’une déclaration de guerre aux représentants des personnels, au niveau national et dans chacun des établissements

La CPU pour une approche proactive de l’autonomie, communiqué du 21 mai 2019.

« La question de l’autonomie des universités, à laquelle la CPU a consacré son colloque annuel 2019, revêt aujourd’hui une importance considérable, elle correspond à la nécessité de repenser dès maintenant l’identité et le rôle des universités françaises dans le monde et la société d’aujourd’hui. Parmi les nombreuses mesures nécessaires pour une autonomie véritable, la CPU en identifie cinq à ses yeux essentielles.

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Les chancelier, préteur, professeur

30 septembre 1681. Capitulation de Strasbourg. « C’est le nom de l’acte par lequel la ville libre et impériale de Strasbourg s’est placée sous la protection des rois de France », Louis XIV (1638-1715), Louis XV (1710-1774).

1685. Création de la charge de préteur royal de Strasbourg. Source

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Mai 68 et le SNESUP…

Mai 68 et le SNESUP… cinquante ans après. Dossier coordonné par Michelle Lauton et Danielle Tartakowsky. 8 pages.

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Cinq autres chroniques du blog sur mai 1968

Mai 1968. Je termine mon doctorat de sociologie sur les délégués du personnel dans l’industrie textile

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Loi ORE : le silence de la CPU

La Conférence des présidents d’université est devenue muette sur la loi Orientation et Réussite des Étudiants. Un silence assourdissant que chacun peut constater sur son site

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Depuis qu’une large majorité des présidents d’université ou directeurs d’établissement d’enseignement supérieur ont signé un texte de soutien à la réforme ORE, sous condition de l’attribution par l’État des moyens nécessaires, c’est silence sur les ondes.

La CPU est devenue une courroie de transmission du gouvernement et du président de la République. La Conférence a renoncé à l’autonomie que lui donne la loi (statuts de la CPU).

Elle relaie systématiquement la parole jupitérienne :

1.ParcoursSup, c’est mieux qu’APB. Verdict le 22 mai : combien de candidats n’auront pas une seule réponse positive à leurs 10 vœux ?

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Les quatre silences de F. Vidal

Depuis le 31 mars 2018, nouvelle étape de la procédure d’admission ParcourSup. Les établissements, qui ont été l’objet d’au moins un vœu des élèves candidats à l’enseignement supérieur, ont accès à leurs dossiers, ont jusqu’au 21 mai pour les traiter, et devront faire des propositions à partir de cette date (acceptation ou refus de l’admission). Du 14 au 31 mars, les candidats au SUP avaient à constituer leurs dossiers et à confirmer leurs vœux. Le calendrier

Dans ce contexte, quatre silences de la Ministre Frédérique Vidal ne sont pas admissibles, surtout parce qu’ils émanent de quelqu’un qui a promis la transparence totale de la procédure d’admission.

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