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Le bureau de la CPU. Tristesse !

Communiqué de presse. Le 17 décembre 2020, l’assemblée générale de la Conférence des Présidents d’Université (CPU) a élu les trois membres de son bureau. Ils étaient les seuls candidats et ont été élus avec 90% des voix (ne sont pas indiqués le nombre d’électeurs inscrits, d’exprimés, le mode de scrutin – en présentiel, à distance, par correspondance). Liste unique et score à la soviétique : bonjour tristesse !

La profession de foi, en annexe du communiqué d’hier, me rend en effet fort triste, triste bien sûr à cause de la fermeture inédite des universités pendant deux confinements successifs. Elle ne comprend aucune proposition d’avenir, aucune innovation qui prendrait en compte les premières leçons de la pandémie. Résumé : « les défis auxquels sont confrontées les universités aujourd’hui sont majeurs. Le nouveau Bureau en a listé les principaux : des urgences liées à la crise sanitaire, en direction principalement des étudiants, et dont les effets se feront sentir sur toute l’Université ; l’insuffisante autonomie des universités françaises et leur retard de financement ; la nécessité de redonner à l’Université la place qu’elle mérite dans la société et sur la scène internationale ; son rôle actuel et à venir dans les territoires ; l’importance d’un dialogue exigeant avec l’État ; la nécessité pour la CPU, d’être l’interlocutrice des agences, conseils nationaux et des établissements qui interviennent dans les différentes missions portées par l’Université et celle de représenter les universités et de relayer leur parole auprès d’autres institutions ou organisations nationales ou internationales« .

L’idée de tenir des Assises sur l’avenir de l’enseignement supérieur – une idée qui ne mange pourtant pas de pain – n’est pas venue à l’esprit du bureau nouvellement élu. Est-ce étonnant ? En fin de mandat à la CPU, dans deux ans, les trois présidents auront été aux manettes de leur université depuis plus de 10 ans. Se sont-ils fait élire au bureau de la CPU parce qu’ils s’ennuyaient dans l’exercice de leurs responsabilités locales ? Ou pour envisager une nomination comme Recteur d’académie (chronique du 7 février 2020 : Sale temps pour les Recteurs), ou comme Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), voire une carrière politique ? Chronique du 16 mars 2020 : Municipales : échec de 8 ex-présidents ?

Quant à penser l’avenir en terme d’Instituts d’Enseignement Supérieur dédiés au 1er cycle et d’une quinzaine d’universités de recherche dédiées au Master et au Doctorat, j’imagine que l’idée ne mobilisera pas les pensées des 3 membres du nouveau bureau. Chronique du 6 janvier 2012 : les IES en 20 propositions. 216 chroniques du blog sur les IES depuis 2009.

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1779. L’épidémie de dysenterie

Définition de la dysenterie. C’est une diarrhée accompagnée de sang et/ou de mucus, et potentiellement mortelle. Cette maladie est fréquente lorsque les conditions sanitaires sont insuffisantes, en particulier lorsque les aliments et l’eau ne sont pas propres. De manière générale, la prévention passe par l’amélioration des conditions d’hygiène.

L’épidémie de dysenterie de 1779, pages 175 à 182 du livre de François Lebrun, Se soigner autrefois. Médecins, saints et sorciers aux 17e et 18e siècles, Temps actuels, 1983. Cliquer ici pour accéder à l’intégralité des huit pages.

Résumé. Le nombre des victimes de l’épidémie de dysenterie de 1779 n’est pas comparable à celui des grandes épidémies pesteuses du 17ème siècle. Il est cependant le plus important observé entre la peste de 1720 et le choléra de 1832.

L’épidémie de 1779 a été particulièrement importante dans certaines régions : la Bretagne, le Maine, l’Aunis, la Saintonge, la Normandie, la Picardie et les Flandres… elle n’a été que sporadique dans les provinces méridionales et dans toutes les villes, mêmes celles des provinces les plus maltraitées.

Dès le mois d’octobre et après enquête, Vicq d’Azyr, secrétaire de la Société Royale de Médecine, diagnostique la dysenterie.

Les symptômes observés : fort cours de ventre avec tranchées violentes et ténesmes très douloureux, matières glaireuses et sanguinolentes devenant purulentes, puis vermineuses, vomissements continuels avec hoquet, fièvre accompagnée de sueurs froides. Dans les premiers temps de l’épidémie, l’issue fatale survient souvent au bout de quelques jours.

Circonstance qui a favorisé la diffusion rapide de la dysenterie à partir de certains des foyers initiaux : les déplacements de troupes  convergeant vers la  Bretagne nord aux fins de débarquer en Angleterre pour  limiter l’envoi  de renforts en Amérique, dans le cadre de ce qui sera appelé la Guerre d’indépendance des colons anglais, soutenue par la France… La tentative de débarquement fut abandonnée en septembre à cause du constant mauvais temps sur la Manche, du retard de l’escadre espagnole alliée, de l’état sanitaire déplorable des troupes de terre et des marins décimés…

La tâche des médecins qui arrivent de toutes les villes du Nord-Ouest est immense. Que peuvent-ils faire ? L’épidémie est fille de la misère, non pas la misère exceptionnelle résultant d’une année de cherté (1779 est une année de bonne récolte céréalière), mais la misère structurelle résultat du sous-développement matériel et culturel de la plus grande partie des campagnes de l’Ouest…

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18ème. L’âge d’or de la faïence

Céramique, Porcelaines tendres et porcelaines dures. Source Wikipédia : le biscuit.

La porcelaine tendre. « Bien que fabriquée sans kaolin la pâte est très blanche et résiste à la cuisson. On la composait en faisant fondre dans une poêle de fer ou de cuivre cinquante livres de salpêtre, que l’on saupoudrait d’une demi-livre de fleur de soufre, pour obtenir ce qu’on appelait le cristal minéral. On ajoutait à ces cristaux refroidis et piles trois fois plus de sable de Fontainebleau, de petites quantités de sel marin, de soude d’Alicante, d’alun de Rome, de gypse, que l’on mêlait bien : le tout était déposé en couche d’un pied d’épaisseur sur un banc de sable, sous lequel on allumait un feu gradué, qui devait cuire cinquante heures le mélange. Cette dernière cuisson donnait la fritte, une pâte de verre et de cristal, qui demeurait opaque et blanche, n’ayant pas été soumise à la température nécessaire pour opérer la vitrification (Émile Bourgeois, Le biscuit de Sèvres au XVIIIe siècle). L’inconvénient de cette pâte étant peu de consistance, on lui donne du corps en la mélangeant avec un tiers de craie et de marne calcaire ».

La porcelaine dure. « La substitution de la pâte dure à la pâte tendre date des années 1770. Le kaolin donnait aux porcelaines de Chine et de Saxe un éclat que n’avait pas la porcelaine de Sèvres. La découverte de la présence d’un beau kaolin en France permit son utilisation. Elle ne fut cependant que progressive car des évolutions techniques étaient nécessaires ː la cuisson devait se faire à un feu quatre fois plus fort. Pour la pâte le kaolin est mélangé, en proportion à peu près égale, du feldspath destiné à fournir la transparence, un peu de craie et de sable pour faciliter le façonnage et éviter les fissures à la cuisson ».

Histoire des manufactures de céramique (faïence et porcelaine). Source Bseditions.

16ème siècle. La faïence rouennaise apparaît au XVIe siècle avec Masseot Abaquesne. Ce contemporain de Bernard Palissy qui avait complété sa formation auprès des maîtres italiens de Faenza, la petite ville d’Italie qui a donné son nom à la « faïence » fabriqua de magnifiques carreaux de céramique représentant des scènes historiées, des motifs d’arabesque, des emblèmes et des armoiries dans le style italien prépondérant à la Renaissance. Il créa aussi nombre de récipients de pharmacie et d’épicerie au décor également d’inspiration italienne.

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1748. Louis XV, abolition des galères

27 septembre 1748, Abolition des galères, dossier d’André Larané, fondateur d’Herodote.net en 2004.

« Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l’institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale. Les forçats sont désormais internés dans des prisons côtières ou dans des navires hors service, notamment à Toulon, dans ce qui sera le bagne.

Depuis 1560, où une ordonnance de Charles IX avait institué une peine de réclusion d’un minimum de dix ans, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. À leurs côtés, les engagés volontaires n’étaient pas enchaînés. Quand la galère coulait, ceux-ci pouvaient tenter de survivre si, du moins, ils savaient nager… Les condamnés quant à eux coulaient avec l’épave. Les uns et les autres formaient… la chiourme.

Naissance de la Royale. Les galères s’étaient multipliées au siècle précédent, sous le règne de Louis XIV. Le Roi-Soleil avait manifesté sa volonté de dominer les mers comme le continent et il avait confié à son ministre Colbert le soin de créer une marine digne de ce nom, rivale des marines anglaise et hollandaise.

Colbert avait d’abord acheté des navires à l’étranger avant de lancer une industrie navale en France même. Dès 1677, la France comptait 116 vaisseaux dont douze de premier rang, avec 74 à 120 canons. Au total plus de 6000 canons.

Les galères royales basées à Toulon étaient au nombre d’une quarantaine. Ces bateaux longs et bas, à un pont et deux mâts, étaient armés de canons à l’avant. À l’arrière, ils étaient surmontés du carrosse ou tabernacle, où se tenaient les officiers… Lire la suite

Pour aller plus loin. Extrait du dossier de Wikipédia, Galères.

« La marine recrutait ses galériens auprès des tribunaux qui condamnaient, dans un premier temps les criminels et, par la suite, les petits délinquants, les faux-sauniers, les contrebandiers, les déserteurs, les mendiants, les vagabonds, les protestants, les révoltés contre les nouveaux impôts.

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Villes ardentes. Travail et révolte

Musée des Beaux-Arts de Caen, Les villes ardentes. Art, travail, révolte, 1870-1914, du 11 juillet au 22 novembre 2020. L’exposition est présentée dans le cadre de Normandie impressionniste, 2020.

Cette chronique n’est pas seulement liée à l’exposition visitée fin août, mais aussi au débat du projet de loi Programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, débat à l’Assemblée nationale en procédure accélérée, à compter du 21 septembre 2020. Le titre de cette chronique aurait pu être : Les villes assoupies. Recherche et silence assourdissant.

« Du souvenir des événements de la Commune à la veille de la première guerre mondiale, la France traverse une période d’importantes mutations, économiques, politiques et sociales. La société industrielle centrée sur le travail inspire un certain nombre de peintres. Les impressionnistes, post-impressionnistes et naturalistes se retrouvent autour de ce même motif, marqués par une sensibilité à la réalité de leur temps.

En s’attachant à la représentation des scènes de travail en ville entre 1870 et 1914, le musée des Beaux-Arts de Caen souhaite tout autant déplacer les oppositions habituelles de style, de genre et d’école, qu’élargir le regard porté sur l’art impressionniste, plus volontiers considéré comme un art d’agrément, attentif à la société de loisirs plus qu’à celle du travail ».

Diaporama de 30 photos

« L’exposition mêle quelques cent cinquante œuvres dessinées, peintes et sculptées réparties en huit grandes sections, pour une approche du paysage, des hommes et des femmes, de l’histoire sociale du travail en peinture ».

Paul-Louis Delance (1848-1924)

Grève à Saint-Ouen (1908). Texte de Pierre Sesmat

« Ville située dans la banlieue industrielle du nord de Paris, Saint-Ouen compte au début du XXe siècle de nombreux ateliers métallurgiques et des entreprises de divers secteurs (fabriques de cirage, imprimeries, construction automobile…). Le mouvement social y est anciennement enraciné et s’appuie sur la tradition de sociabilité de l’artisanat bien plus vivante que dans la grande industrie comme au Creusot. La conscience politique y a même permis l’installation entre 1887 et 1896 d’une des premières municipalités socialistes révolutionnaires.

A la vague de grèves et à la poussée syndicale spectaculaire que connaît toute la France dans les années 1904 à 1907, la population de Saint-Ouen apporte bien sûr sa participation : plus particulièrement en 1907, ce sont les boulangers et les gaziers, puis, au début de 1908, c’est au tour des terrassiers du chantier du métro parisien. La grève est toujours scandée de manifestations et de meetings, de chants révolutionnaires et de drapeaux rouges, brandis pour provoquer le pouvoir en place qui l’a interdite.

Cette agitation entraîne parfois des violences mortelles : des patrons ou la troupe tirent sur les manifestants, faisant des morts comme à Cluses en 1904, à Longwy en 1905 ou à Courrières après la catastrophe de 1906.

L’événement relaté par Delance n’est pas connu avec précision. Il est toutefois aisé de déceler l’origine du long cortège qui surgit de l’horizon hérissé de cheminées d’usines, à droite : deux corbillards dont on voit émerger les dais et les cochers de part et d’autre du drapeau central.

L’hypothèse est qu’il s’agit de l’enterrement de deux ouvriers tués lors d’une manifestation. Pendant que les manifestants crient ou chantent à droite, d’autres s’inclinent à gauche au passage des corbillards qu’illuminent les rayons du soleil perçant le ciel gris.

Mais le peintre relègue l’événement au second plan et laisse toute la place au vieil ouvrier porte-drapeau et plus encore, parce qu’ils regardent le spectateur, à la jeune mère et à son enfant. Cette participation des vieillards, des femmes et même des bébés est attestée dans toutes les grèves et les manifestations ouvrières au tournant du siècle ».

Maximilien Luce (1858-1941)

« Militant libertaire, il produit de nombreuses illustrations engagées politiquement. Il est également graveur, portraitiste et affichiste.

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Hommage à Richard Biéganski (3)

Troisième chronique d’hommage à mon ami Richard : comment s’était-il préparé – certes inconsciemment – à la vie post covid-19, à un avenir durablement menacé par les pandémies ? Il pouvait être l’homme du passé rétif aux outils modernes de communication (chronique 2). Mais il était aussi et surtout un homme d’avenir consommant moins, achetant à proximité, fréquentant les puces pour y trouver des occasions inespérées et même des produits neufs, jamais utilisés.

Diaporama de 34 photos. Marseille et Kerblaise, Cuisine et Brocante

Richard, un homme d’avenir pratiquant la pluriactivité. Il exerçait le métier de sociologue et celui de maître-ouvrier polyvalent dans le logement ancien. Il avait d’autres potentialités : tenir un restaurant en étant en même temps chef de salle et cuisinier, créer une brocante aussi riche de produits qu’une caverne d’Ali Baba.

Kerblaise 2012. Petits farcis

Nous nous sommes plusieurs fois entretenus au téléphone cette année, durant et après le confinement. Richard ne sortait plus guère, vu ses difficultés respiratoires, accentuées par les sévères montées et descentes dans le quartier du Panier à Marseille, et par les deux étages pour atteindre, sans ascenseur, son appartement.

Quartier du Panier, La Vieille Charité, photographiée en 2009

Je lui disais qu’il regardait trop la télé, BFM TV en particulier ; quitte à être addict à l’information en continu, je l’incitais à regarder plutôt la chaîne publique, France Info Canal 27.

Nous avons discuté des résultats des élections municipales de mars et de juin, de notre contentement de la défaite de la LREM dans les grandes villes, même si nous ne sommes pas allés voter. Richard a souvent pratiqué l’abstention au cours de sa vie ; pour moi, c’était nouveau. Je m’en suis expliqué dans la chronique l’alliance inattendue.

Durant cette période de confinement, son second fils, Baptiste, lui a tenu compagnie. Que se sont dits le père et le fils ? Qu’a dit le père à son fils ?

A. La pluriactivité. Se développera-t-elle dans la société post-covid ? Pluriactivité : exercer deux ou trois métiers qualifiés au cours de la journée ou de la semaine ou dans des périodes rapprochées. Cela suppose de repenser le système de formation initiale, continue, et à distance, l’évaluation et la certification des acquis de l’expérience, les règles du marché du travail.

Tailler les haies, à Kerblaise, en 1999

Toute sa vie, Richard a mené de front deux activités principales. La sociologie (hommage à Richard 1). La rénovation d’appartements anciens. Il avait le don d’en dénicher, d’en estimer le prix et de prévoir l’importance des travaux à y effectuer. Il se devait d’être hyper-réactif quand une vente allait s’afficher chez un notaire ou dans une agence immobilière. Il avait la capacité de réaliser les travaux en partie lui-même. Il rénovait avant d’habiter, de louer ou de revendre. Une seule exception : arrivant à Marseille, il est devenu propriétaire d’un appartement dans la Cité radieuse construite par le Corbusier ; il n’était bien sûr pas autorisé à y modifier quoi que ce soit.

Richard avait un rêve : le Gaga-Club. Il en a parlé durant une vingtaine d’années. Plutôt que de terminer sa vie dans un EHPAD, il voulait vivre sa retraite dans un château avec une bande d’une dizaine de copains, qui auraient acquis chacun le même nombre de parts d’une société immobilière à créer ; ils auraient expérimenté l’autogestion. Il avait plusieurs arguments : plus un édifice est grand, moins il est cher au m² ; un château à 1 million d’euros se trouve ; y ajouter 200 ou 300 K€ pour la rénovation et l’aménagement adapté aux personnes âgées. Il se voyait déjà maître d’œuvre, chef de chantier et résidant, prenant son café dans le parc du château.

Richard préférait ne pas en avoir de voiture. Un temps, il avait eu une vieille camionnette brinquebalante : elle lui servait pour transporter ou entreposer les matériaux dont il avait ou allait avoir besoin sur « ses chantiers ».

Que de poussière avalée quand il fallait casser un mur ou un carrelage ! Son père mineur était mort de la silicose. Richard est mort de poumons devenus trop malades.

B. Richard le cuisinier. Il avait les qualités pour exercer d’autres métiers encore. Faire fonctionner un restaurant et y pratiquer une cuisine simple, goûteuse, de bonne qualité et à prix raisonnable. Richard aimait la bonne chère, et il était heureux quand on le félicitait pour les plats qu’il avait cuisinés.

Il aimait les fruits de mer et le poisson et s’assurait de leur fraicheur en allant les acheter chez les ostréiculteurs, ou sur les quais au retour des bateaux de pêche. Il faisait coup double : la dépense était moindre, la vente se faisant sans intermédiaires.

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Hommage à Richard Biéganski (2)

Le premier hommage à mon ami Richard a porté sur sa carrière en sociologie du travail, de l’emploi, de la formation initiale et continue, et de la négociation collective dans plusieurs branches professionnelles. Il se termine par quelques conclusions partagées, tirées de notre expérience du métier de sociologue.

Richard en 2004 à Paris

Ces dernières années, à cause des difficultés respiratoires qu’il connaissait en raison de son emphysème, Richard avait dû abandonner des plaisirs simples mais dont il était fier : se promener dans Marseille, se mettre au courant des actualités de la ville, repérer les appartements en vente et leurs prix, discuter avec d’autres promeneurs le plus souvent possible, s’asseoir sur une place chauffée au soleil pour lire le journal et boire l’apéro, faire la cuisine, ne pas manquer le coucher du soleil, assis près du MUCEM.

Richard était apparemment un homme du passé. Dans la chronique 3, j’expliquerai comment il s’est préparé, depuis toujours, à être l’homme d’un avenir plus vert, d’une économie plus frugale et fondée sur la pluriactivité, d’un avenir constamment menacé par les pandémies.

Richard à Kerblaise en 1999

Un homme du passé. Bien sûr, c’était quelquefois énervant ! L’informatique, il refusait de connaître ; il n’a jamais envoyé un courriel de sa vie. Le téléphone portable, il ne l’utilisait pas, privilégiait le fixe, mais ne laissait pas toujours de message sur la boite vocale de son correspondant. Le DAB, il n’y retirait pas de l’argent liquide car il n’a jamais possédé de carte bancaire. La photographie numérique ? Je ne l’ai jamais vu prendre une seule photo. J’ignore s’il possédait une liseuse. Il n’était pas un fan des musées – logique : le silence y est de rigueur. Les quelques fois où nous avons visité ensemble un musée, il n’avait que faire des audioguides proposés.

Ses arguments imparables : vivait-on plus mal quand ces outils techniques, dits innovants, n’existaient pas ? Les relations sociales étaient-elles plus pauvres autrefois ? Pas sûr !

Richard aimait discuter, faire de nouvelles connaissances, recherchait la conversation, participait aux fêtes auxquelles il était invité.

Diaporama de fête en fête : 26 photos.

  • 1995. 50 ans d’Annette, de Claude et de Pierre à Port-Royal des Champs

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J-B. de La Salle (1651-1719)

Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719). Source de la biographie : article de Wikipédia

1651. Né dans une famille noble de juristes, aîné de onze enfants, il est le fils de Louis de La Salle, conseiller au Présidial de Reims, et de Nicole de Moët de Brouillet. La famille vit dans l’Hôtel de La Salle, encore visible, actuellement.

1662 (11 ans). Jean se sent la vocation religieuse. Tonsuré à 11 ans, il se destine à la prêtrise. Formé à la Sorbonne et au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, dont la spiritualité le marque profondément.

1667 (16 ans). Il devient dès janvier chanoine à Reims.

1670 (19 ans).  Il étudie la théologie à Paris à partir de 1670

1678 (27 ans). Il est ordonné prêtre le 9 avril.

1679 (28 ans). Dans sa ville natale, on lui confie la fondation d’écoles paroissiales pour enfants pauvres.

1680 (29 ans). Il est reçu docteur en théologie.

1683 (32 ans). Il résigne son canonicat.

1684 (33 ans). Il fonde la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes (chronique du blog). Par la suite, il ouvre des écoles professionnelles, des écoles du dimanche, des maisons d’éducation pour les enfants des rues. Beaucoup s’opposent à la fondation des Frères des écoles chrétiennes, mais Jean-Baptiste de La Salle insiste et va jusqu’au bout de son projet.

1688 (37 ans). Il ouvre les premières écoles à Paris, la première au 12 rue Princesse dans le VIe arrondissement, où il vient s’installer.

1692 (41 ans). Il ouvre à Vaugirard le premier noviciat. Il recrute de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisserait cependant leur caractère laïque. À leur intention, il rédige une sorte de règle dans cet esprit. Ainsi se forme le noyau du futur Institut des Frères des écoles chrétiennes, voué à l’instruction et à l’éducation des enfants des milieux populaires.

1694 (43 ans). Il est élu supérieur de la nouvelle congrégation et la dote d’une règle plus élaborée. Il poursuit son œuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d’ouvrages à l’intention des maîtres.

1695 (44 ans). Un des plus anciens traités de politesse, Les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne.

1698 (47 ans). Il achève de mettre au point les règles de la Congrégation.

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SUP. Penser la pédagogie d’après

Comprendre les phases du confinement dans le supérieur pour préparer l’après, 21 mai 2020 par Jean-Marie Gilliot URL: https://www.innovation-pedagogique….

Depuis le début du confinement, les choses évoluent finalement très vite. Même si le fait de rester confiné chez soi semble rendre le temps particulièrement long, nous constatons qu’un changement rapide est en cours, et qu’il va se prolonger largement après cette « courte » période. Si dans un premier temps la communauté du supérieur s ‘est mobilisée pour gérer l’urgence, les sujets apparus dernièrement nous démontrent que « l’école d’après » reste à être définie aussi dans le supérieur.

Phase 1 : « l’urgence de la continuité pédagogique »

Mi mars, en quelques jours il a fallu passer d’un enseignement présentiel (mais aussi souvent déjà hybride, puisque souvent le numérique permet a minima de communiquer et partager des supports de cours) à un enseignement à distance. Il a donc fallu jongler entre outils existants, qui couvraient certains besoins et trouver des solutions pour compléter. Si certains s’inquiétaient de n’utiliser que des solutions « officielles », beaucoup de solutions alternatives ont été explorées, discutées, et retenues. Discord a ainsi fait une entrée remarquée dans les solutions intéressantes, car permettant de soutenir le travail en petits groupes.

Le passage du présentiel à la distance a posé comme question centrale l’organisation des séances synchrones (cours en amphi, TD, TP). Les établissements ont eu recours à des systèmes de visio, dans lesquels Zoom a pris une place importante. Plusieurs débats en ont découlé :

  • Techniques – est ce que les outils tiennent la charge, permettent l’interactivité ? La réponse est que oui globalement, si les infrastructures sont suffisantes. Dit autrement, il a souvent fallu passer par des solutions externes aux établissements pour cette raison. Et pour l’interactivité, beaucoup de solutions actuelles permettent de créer des petits groupes facilement.
  • Éthiques et sécurité – un large débat a eu lieu autour des failles de sécurité et des fuites de données liées à Zoom. Cet outil a de fait géré une crise de croissance exponentielle, qui démontre d’une part la capacité des solutions informatiques modernes a changer d’échelle, mais les limites des solutions proposées par des startups. Le débat est classique, avec toujours les mêmes arguments entre cloud, logiciel libre et directions des systèmes d’information, mais il ne trouve toujours pas d’issue satisfaisante ;
  • Pédagogiques – la distance met en avant le temps limité pendant lequel quelqu’un peut écouter de manière efficace, et les problèmes d’agenda. Il a fallu apprendre à limiter la durée des amphis, pour aller à l’essentiel, trouver des moyens pour renforcer les interactions, privilégier le travail en petits groupes. L’enregistrement de la séance est devenue indispensable pour les absents. L’absence n’est plus une faute, mais due à des causes multiples (techniques, obligation extérieure, décalage horaire, …). Beaucoup de choses ont été testées, et de nombreuses leçons en ont été retirées, sur lesquelles il va falloir capitaliser.

Bref, cette remise en question soudaine, imposée mais légitime, a permis de se reposer beaucoup de questions sur nos pratiques, a généré énormément de travail, mais permet de dessiner de nouvelles perspectives.

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Le travail étudiant en confinement

Le travail étudiant en période de confinement, Elsa Martin et Simon Paye, Université de Lorraine, UFR SHS Nancy, département de sociologie, avril 2020, 22 pages.

Extraits du rapport. « Ce compte-rendu d’enquête vient s’ajouter à ceux déjà publiés par des collègues des universités de Grenoble, de Nanterre, de Dauphine, de Paris 8, ainsi que de Rennes 2.

A Nancy, le conseil de formation de l’Université de Lorraine a indiqué que des possibilités d’examen à distance sont bien réelles et opérationnelles. Il appartient à chacun d’adapter l’évaluation au regard des possibilités offertes.

Nous souhaitions avant tout vérifier s’il était possible pour tous les étudiants de poursuivre leurs études à distance et sans interaction en présentiel avec leurs enseignants et leurs camarades de promotion. Sont abordés ici les aspects matériels de la question du travail à distance, ce qui constitue à nos yeux une des bases essentielles pour l’appréhender sereinement.

Quelques résultats de l’enquête.

  • 89 étudiants sur 299 n’ont pas répondu au sondage. Les problèmes identifiés dans ce compte-rendu, calculés sur les seuls répondants au sondage, sont sans doute sous-estimés
  • Seuls 17,6% des répondants déclarent avoir une connexion stable, rapide et illimitée
  • Près de la moitié (44,8%) disent rencontrer des problèmes de connexion sur une ou deux des dimensions (stabilité, rapidité et quantité illimitée)
  • Plus d’un tiers des répondants (37,6%) n’ont pas de connexion individuelle ou, s’ils en ont une, cumulent les trois problèmes de connexion (instabilité, lenteur et limitation)

Les décisions relatives au maintien des évaluations du deuxième semestre ou du calendrier universitaire ne peuvent faire l’économie des faits qui sont ici exposés.

Il convient pour finir de rappeler que ce sondage sur les conditions matérielles de travail à distance n’a traité que des dimensions techniques du problème. En ce sens, nous n’abordons ici que la partie visible de l’iceberg.

 La dégradation des conditions d’études et de travail liée à l’assignation à domicile provient également de la détérioration des conditions de vie (économiques, sociales, psychologiques) et de l’atomisation des enseignants et des étudiants ».

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