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L’agriculture au siècle des Lumières

L’agriculture au siècle des Lumières. Chronique en quatre parties : 1. Agriculture dans l’encyclopédie, 2. Le rôle de Bertin, 3. Les Sociétés royales d’agriculture, 4. L’émergence d’une médecine vétérinaire.

Partie 1. Agriculture. Source : extraits du long article de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, volume 1, 1751, pages 183 à 190.

« L’agriculture est, comme le mot le fait assez entendre, l’art de cultiver la terre. Cet art est le premier, le plus utile, le plus étendu, & peut-être le plus essentiel des arts…

Henri III. Charles IX. Henri IV. se sont plûs à favoriser par des Reglemens les habitans de la campagne. Ils ont tous fait défenses de saisir les meubles, les harnois, les instrumens & les bestiaux du Laboureur. Louis XIII. & Louis XIV. les ont confirmés. Cet article n’auroit point de fin, si nous nous proposions de rapporter toutes les Ordonnances relatives à la conservation des grains depuis la semaille jusqu’à la récolte. Mais ne sont-elles pas toutes bien justes ? Est-il quelqu’un qui voulût se donner les fatigues & faire toutes les dépenses nécessaires à l’agriculture, & disperser sur la terre le grain qui charge son grenier, s’il n’attendoit la récompense d’une heureuse moisson ?

La Loi de Dieu donna l’exemple. Elle dit : « Si l’homme fait du dégât dans un champ ou dans une vigne en y laissant aller sa bête, il réparera ce dommage aux dépens de son bien le meilleur. Si le feu prend à des épines & gagne un amas de gerbes, celui qui aura allumé ce feu supportera la perte ». La loi des hommes ajoûta : « Si quelque voleur de nuit dépouille un champ qui n’est pas à lui, il sera pendu, s’il a plus de quatorze ans ; il sera battu de verges, s’il est plus jeune, & livré au propriétaire du champ, pour être son esclave jusqu’à ce qu’il ait réparé le dommage, suivant la taxe du Préteur. Celui qui mettra le feu à un tas de blé, sera fouetté & brûlé vif. Si le feu y prend par sa négligence, il payera le dommage, ou sera battu de verges, à la discrétion du Préteur…

Pour cultiver les terres avec avantage, il importe d’en connoître la nature : telle terre demande une façon, telle autre une autre ; celle-ci une espece de grains, celle-là une autre espece. On trouvera à l’article Terre & Terroir en général ce qui y a rapport, & aux plantes différentes le terroir & la culture qu’elles demandent : nous ne réserverors ici que ce qui concerne l’agriculture en général ou le labour.

Proportionnez vos bêtes & vos ustenciles, le nombre, la profondeur, la figure, la saison des labours & des repos, à la qualité de vos terres & à la nature de votre climat.

Si votre domaine est de quelqu’étendue, divisez-le en trois parties égales ou à peu près ; c’est ce qu’on appelle mettre ses terres en soles.

Semez l’une de ces trois parties en blé, l’autre en avoine & menus grains, qu’on appelle mars, & laissez la troisieme en jachere.

L’année suivante, semez la jachere en blé ; changez en avoine celle qui étoit en blé, & mettez en jachere celle qui étoit en avoine.

Cette distribution rendra le tribut des années, le repos & le travail des terres à peu près égaux, si l’on combine la bonté des terres avec leur étendue. Mais le Laboureur prudent, qui ne veut rien laisser au hasard, aura plus d’égard à la qualité des terres qu’à la peine de les cultiver ; & la crainte de la disette le déterminera plûtôt à fatiguer considérablement une année, afin de cultiver une grande​ étendue de terres ingrates, & égaliser ses années en revenus, que d’avoir des revenus inégaux en égalisant l’étendue de ses labours ; & il ne se mettra que le moins qu’il pourra dans le cas de dire, nia sole de blé est forte ou foible cette année.

Ne dessolez point vos terres, parce que cela vous est défendu, & que vous ne trouveriez pas votre avantage à les faire porter plus que l’usage & un bon labourage ne le permettent.

Vous volerez votre maître, si vous êtes fermier, & que vous décompotiez contre sa volonté, & contre votre bail ».. .

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Partie 2. Henri-Léonard Bertin et le développement de l’agriculture au siècle des Lumières. Source : Note historique de Georges Pédro dans Sciences direct.

Partie 3. Les Sociétés royales d’agriculture (1757-1793). Source : extraits de l’article de Bernard Herencia. Histoire et contributions de leurs membres et correspondants au Journal de l’agriculture (1765-1783), Histoire des Techniques, X-1, 2022.

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1786. Réorganisation des arsenaux

La réorganisation des arsenaux. Ordonnance du roi pour diviser les forces navales en neuf escadres. Source en ligne : Gallica BnF. Ordonnance promulguée par le ministre de la Marine de Castries le 1er janvier 1786. 5 escadres à Brest, 2 à Toulon, 2 à Rochefort.

A suivre. Chroniques et photos du blog Histoires d’universités sur l’Arsenal de Rochefort.

Partie 1. Histoire de la marine française sous Louis XIV et Louis XV. Source Wikipédia : bonnes feuilles sur la réorganisation des arsenaux.

« Tirant les premières leçons du conflit [Guerre d’indépendance des États-Unis], de Castries ordonne dès 1783, une réorganisation des arsenaux car ceux-ci ont eu du mal à suivre l’effort de guerre prolongé ».

De Castries, par Joseph de Broze

Arsenal de Brest. « Le premier concerné est celui de Brest. La guerre a mis en lumière son engorgement avec de trop nombreuses tâches à accomplir : assurer la subsistance des escadres et des matelots ; réparer en trois mois d’hiver une armée de 25 vaisseaux ; armer plus de 300 voiles. Les ingénieurs se sont aperçus qu’aucun bassin de radoub de Brest ne peut recevoir les vaisseaux à trois-ponts, voire ceux de 80 canons, sauf aux marées exceptionnelles. La répartition interne de l’arsenal n’est pas commode. Les magasins touchent à la montagne. Les quais sont trop étroits, les cales mal aérées et trop proches les unes des autres. Les services réciproques des ateliers sont constamment mêlés. Dans la perspective d’un nouveau conflit qui semble inévitable à moyen terme, il faut littéralement repenser l’arsenal de Brest, ainsi que la plupart des autres.

Les ordres du maréchal de Castries du 9 août 1783 et du 20 mars 1784 envoyés aux commandants et intendants de chaque arsenal exigent d’eux la confection d’un plan d’aménagement réglé sur les forces navales destinées à chaque base. Les plans d’aménagement et les textes qui les accompagnent révèlent une redistribution spatiale imposée par la rationalisation des procédés de fabrication et de stockage, ainsi que par un meilleur découpage des phases de production et de montage. L’arsenal est modelé, organisé en aires, terrasses, rampes, bassins où s’effectuent des types précis de travaux. L’accumulation des stocks de matières premières et d’agrès oblige à la multiplication des structures de conservation : magasins, halles, hangars, fosses. Les fonctions de construction développent le nombre de bassins, de cales, d’amarrages. L’arsenal est redessiné en fonction de la rapidité et de l’aisance du service, ainsi qu’en fonction du nombre de navires à traiter simultanément. Il devient aussi une zone de communication et de mouvements où homme, matériaux et vaisseaux doivent passer d’un point à un autre selon un ordre et un sens de circulation précis ».

Partie 2. Construction de l’Arsenal de Cherbourg. « En réalité, les plans élaborés ne sont pas immédiatement appliqués sur le terrain. Les réaménagements demandent de nombreuses années car l’Histoire, les habitudes, la géographie et les infrastructures existantes ralentissent l’évolution. C’est Cherbourg, construit à partir de 1783, qui mobilise toute l’attention du ministère et qui bénéficie d’une organisation entièrement pensée sans avoir à tenir compte du passé. Créer une grande base dans la Manche face à la Grande-Bretagne est une préoccupation centenaire depuis Vauban, Le Havre et Dunkerque étant incapables d’accueillir les gros vaisseaux à fort tirant d’eau. Après hésitation entre deux rades, celle de la Hougue et celle de Cherbourg, le choix se fixe sur cette dernière. Cherbourg est à ce moment là une modeste bourgade de pêche donnant sur une rade foraine, c’est-à-dire complètement ouverte. L’idée est de construire un arsenal donnant directement sur la mer, et non plus enfermé dans une rivière comme Rochefort ou au fond d’un goulet protecteur comme Brest.

Pour édifier l’arsenal et le protéger des attaques britanniques (comme en 1758), il faut créer un site artificiel de relâche en fermant la rade par une immense digue capable d’accueillir entre 60 et 100 vaisseaux français et espagnols. Louis XVI approuve les plans de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Louis-Alexandre de Cessart qui propose de construire 90 caissons coniques en chêne devant être immergés et placés à une soixantaine de mètres les uns des autres. Chaque caisson mesure 20 mètres de haut pour 50 mètres de diamètre à la base et doit être lesté de pierres et de moellons, relié à son voisin par des chaines et filets de fer puis complété par des amas de pierres perdues. La digue, qui doit passer à 4 km au large doit être longue elle-même de 4 km à peu près puis être garnie de batteries d’artilleries. Ce projet original, gigantesque, est estimé à 30 millions de livres, sans commune mesure avec la digue de La Rochelle imaginée par Richelieu en son temps ».

« Après des essais effectués au Havre, le premier caisson est remorqué puis coulé le 6 juin 1784 devant une foule de 10 000 personnes massées sur tout le rivage de Cherbourg, alors que la rade est couverte d’embarcation chargées d’autres spectateurs. Cette même année, de Castries vient voir les travaux. »Après des essais effectués au Havre, le premier caisson est remorqué puis coulé le 6 juin 1784 devant une foule de 10 000 personnes massées sur tout le rivage de Cherbourg, alors que la rade est couverte d’embarcation chargées d’autres spectateurs. Cette même année, de Castries vient voir les travaux.

En mai 1786, c’est au tour du comte d’Artois, frère du roi, de faire de même. En juin, c’est Louis XVI, sur proposition de Calonne, qui vient inspecter le chantier en compagnie du ministre de la Guerre et de la Marine. Le roi, qui suit avec passion le développement de sa marine voit la mer pour la première fois. Le 23 juin, Louis assiste à l’immersion du neuvième caisson en présence de l’escadre d’évolution, sous les vivats des équipages, de la foule et des salves des batteries côtières. Le roi déjeune sur la plate-forme de l’un des caissons précédemment immergé puis monte à bord du Patriote, vaisseau neuf de 74 canons aux ordres d’Albert de Rions. Il prend à bord deux autres repas et étonne les officiers par l’étendue de ses connaissances navales.

Le 24, Louis préside à la revue navale depuis le Patriote et assiste à des exercices de tir. Le 25, il inspecte la pointe de Querqueville où un fort doit s’élever puis visite à l’improviste plusieurs corvettes et frégates. L’enthousiasme populaire ne faiblit pas. Marie-Antoinette – qui n’est pas présente car elle est enceinte – décrira ce voyage comme la démarche la plus marquante que le roi ait faite pendant son règne. Dans les faits, il s’agit effectivement de l’une des dernières grandes manifestations d’attachement populaire envers Louis XVI dans les années qui précèdent la Révolution. Au comte d’Hector, commandant de la Marine à Brest qui a fait le voyage à Cherbourg, Louis annonce qu’il a l’intention de visiter tous ses ports. Les évènements vont en décider autrement ».

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Socio-économie havraise en ligne

Cahiers de sociologie économique et culturelle : collection en ligne sur Persée (années 1984 à 2015).

Partie 1. L’histoire de la Revue. « Les Cahiers de sociologie économique et culturelle sont une revue pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, fondée en 1984 par Albert Nicollet, et publiée par l’Institut de sociologie économique et culturelle (ISEC) de l’université du Havre. Elle fait suite à deux publications antérieures de l’Institut, La Revue de psychologie des peuples (1946-1971) et Ethnopsychologie (1971-1982).

Les articles publiés par les Cahiers s’inscrivent dans trois ensembles thématiques :

  • La rencontre des peuples, des nations, des cultures, dans ses dimensions contemporaines et historiques : relations interculturelles, migrations, transferts et hybridations, identités, stéréotypes,
  • Les dimensions sociales et culturelles (au sens anthropologique) des pratiques et des représentations économiques (travail, entreprise, échanges, consommation, argent…),
  • La sociologie des activités culturelles (artistiques, scientifiques, sportives).

Les Cahiers sont publiés avec le soutien de l’Université Le Havre Normandie, à laquelle l’Institut est lié par une convention de partenariat ».

Partie 2. Numéro Spécial, n°56, 2013. L’insertion des jeunes

« Présentation. D’une enquête de terrain à un cycle de conférences

Une génération « indignée » ? Les jeunes face à la crise en Europe 

Les jeunes à l’épreuve des institutions locales d’encadrement

Les épreuves de l’insertion des jeunes. Les limites de l’idée adéquationniste

Frontières scolaires et fractures de la jeunesse française

Quand le lycée professionnel contribue à l’émergence des projets chez les jeunes. Analyse sociologique d’une mutation

Quelques enseignements d’une recherche réalisée avec la Mission locale de l’agglomération havraise« 

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Marine Royale. Réformes 1776, 1786

Marine Royale. Réformes de 1776, 1786. Louis XVI, contrairement à ses habitudes, s’est personnellement impliqué dans ces réformes.

Louis XVI, roi de France et de Navarre, par Joseph Siffred Duplessis, 1778

Partie 1. Les Ordonnances du 27 septembre 1776. Contexte : deuxième année de la guerre d’indépendance des 13 colonies britanniques. Recueil d’ordonnances qui conduiront à la réorganisation administrative de la Marine royale et qui permettront notamment à la France de rivaliser avec l’Angleterre dans les années 1780.

Source 1. Gallica BNF

Source 2. Gazette Drouot. Descriptif de vente aux enchères.

Ordonnance du roi, concernant la régie et administration générale & particulière des Ports & Arsenaux de Marine. De l’Imprimerie royale, 1776. In-4, basane marbrée, titre en capitales dorées sur trois lignes sur le premier plat, dos orné, tranches marbrées (reliure de l’époque).

Reliées à la suite :

Ordonnance du roi, pour régler les fonctions dont les Officiers de la Marine seront chargés sur les escadres & à bord des Vaisseaux, relativement aux Consommations & Remplacements des Munitions & des Effets, & aux revues des Équipages dans le cours des Campagnes.

Ordonnance du roi concernant les Officiers de Port.

Ordonnance du roi pour la suppression du Corps des Officiers d’Administration & des Écrivains de la Marine.

Ordonnance du roi, portant établissement de Commissaires généraux & ordinaires des Ports & Arsenaux de Marine, & de Gardes-magasins.

Ordonnance du roi, portant établissement de Commissaires & de Syndics des Classes.

Ordonnance du roi, portant établissement de Contrôleurs de la Marine.

Ordonnance du roi du 19 novembre 1776, portant Règlement sur les Pavillons & marques de commandement que ses Vaisseaux porteront à la Mer.

Partie 2. Les services extérieurs de la marine. Source : Alain Berbouche, Marine et justice, chapitre 2. Les services extérieurs de la Marine et leurs personnels, Histoires, Presses Universitaires de Rennes, Open Edition Books, pp 41-70.

« C’est essentiellement dans les ports et arsenaux royaux que se trouvaient les services extérieurs de la Marine royale. Ils étaient chargés de la gestion des matériels de la Flotte et surtout de la direction de ses personnels ».

Administration des ports & Arsenaux du Roi.

« À la fin de l’Ancien Régime, l’organisation territoriale de la Marine royale partageait le littoral métropolitain du royaume en six départements maritimes : Brest, Toulon, Rochefort, Le Havre, Dunkerque et Bordeaux ; dans cet ordre d’importance stratégique fixé par l’article premier de l’Ordonnance du Roi Portant établissement de Commissaires généraux & ordinaires des Ports & Arsenaux de Marine, & de Gardes-Magasins du 27 Septembre 1776. Cherbourg n’était encore qu’un port de commerce en travaux pour devenir un port militaire ; et l’Orient (sic), l’ancienne base de la Compagnie des Indes annexée par la Marine en 1770, n’était plus qu’une annexe de Brest depuis 1776″.

État des Gens de mer recensés dans chaque département des Classes au 1er Décembre 1777

« En application de l’Article Premier de l’Ordonnance du Roi pour diviser les forces Navales en neuf Escadres du 1er Janvier 1786, la Marine de Louis XVI était divisée en neuf escadres : cinq desquelles entretenues au port de Brest & dépendances, deux à celui de Toulon, & les deux autres à celui de Rochefort. Le cœur de ces départements maritimes était l’arsenal de son port militaire.

Au XVIIIe siècle, ces arsenaux étaient devenus des établissements industriels complexes : cales de constructions et formes de radoubs, fosses pour la conservation des bois immergés en eau saumâtre, parcs à bois séchant, réserves d’ancres et de gueuses de plomb, parcs à boulets rangés en pyramides, chantiers d’artillerie, mâtures et machine à mâter, dépôts et magasins de stockage des matériaux bruts et œuvrés, forges et ateliers de fabrication, services et bureaux de gestion ; logements du personnel : des riches hôtels où résidaient le commandant et l’intendant, aux casernes des soldats et des matelots, en passant par les maisons mises à la disposition des ouvriers et des autres personnels vivant en famille dans l’arsenal etc. Ainsi que les salles de force de la Prévôté de la Marine, l’hôpital et le bagne. Dans les ports secondaires, tels que celui de Saint-Malo qui dépendait de Brest, la Royale se contentait d’installations de moindre importance, tant pour ses services administratifs que pour ses établissements techniques ». Lire la suite…

Partie 3. Les Ordonnances de 1786. Contexte : Les traités de Paris et de Versailles (septembre 1783) reconnaissent l’indépendance des États-Unis d’Amérique. La France de Louis XVI est intervenue sur mer et sur terre pour soutenir les 13 colonies britanniques. Les ordonnances de 1786 consolident la Marine royale, cherchant à lui donner la même puissance que celle de la Marine anglaise.

Source 1. Gallica BNF.

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1779. Expédition ratée en Angleterre

Le 8 juillet 1778, la flotte française sort de Brest avec l’ordre de chercher le combat. Sous le commandement du comte d’Orvilliers, la bataille d’Ouessant, le 27 juillet 1778, est indécise mais montre l’esprit combatif de la Marine royale française, beaucoup mieux préparée que pendant la guerre précédente.

Louis Guillouet, comte d’Orvilliers (1710-1792) est un officier de marine et aristocrate. Il sert pendant cinquante ans au sein de la Marine royale pendant la guerre de Succession d’Autriche et la guerre de Sept Ans. Lieutenant général des armées navales et Commandeur de Saint-Louis il se distingue particulièrement pendant la guerre d’indépendance des États-Unis et notamment à la bataille d’Ouessant en juillet 1778,

D’Orvillers avec ses insignes d’amiral et montrant du doigt la flotte anglaise qui fuit

Partie 1. Calendrier de l’alliance franco-espagnole en 1779. Source : article de Wikipédia.

12 avril. Traité d’Aranjuez. Renouvellement du Pacte de famille entre les Bourbons. La France promet à l’Espagne de recouvrer Gibraltar, Minorque, Mobile et Pensacola.

Été. La dysenterie dans l’ouest de la France fait 175 000 morts.

16 juin. Charles III d’Espagne déclare la guerre à la Grande-Bretagne.

L’entrée en guerre de l’Espagne est saluée avec joie par des neutres comme le Danemark et la Suède. Au printemps 1779, la Grande-Bretagne est totalement isolée sur le plan diplomatique. Lord Sandwich peut écrire au roi George III : nous n’avons aucun allié ou ami pour nous assister : au contraire, tous ceux que nous tenions pour nos amis, excepté le Portugal, agissent contre nous et fournissent à nos ennemis les moyens d’équiper leurs flottes

24 juin : début du siège de Gibraltar par la France et l’Espagne (fin le 6 février 1783).

25 juin. Une flotte franco-espagnole de 66 vaisseaux et de 14 frégates se réunit à la Corogne sous les ordres du comte d’Orvilliers. Elle croise en Manche pendant trois mois sans être inquiétée, mais doit se retirer face à la tempête, la disette et l’épidémie; Elle rentre à Brest le 14 septembre.

juillet-septembre : tentative d’expédition en Angleterre.

Partie 2.  L’Armada de 1779. Source : article de Wikipédia.

« L’Armada de 1779 fut une entreprise d’invasion de la Grande-Bretagne par des navires français et espagnols en 1779, lors de la guerre franco-anglaise issue de la guerre d’indépendance des États-Unis. L’objectif de cette invasion était la prise d’abord de l’île de Wight puis de la ville de Portsmouth en Angleterre. Cette invasion forcerait les Britanniques à divertir leurs ressources à la défense de leur propre territoire, loin des théâtres militaires d’outre-mer. Finalement, aucune bataille n’a eu lieu dans la Manche ».

Partie 3. L’Espagne dans la guerre d’indépendance. Tentative d’expédition en Angleterre. Source : extraits de l’article de Wikimonde.

« Les Français voulaient, avant la fin de l’été, mener un débarquement en Angleterre avec le concours des Espagnols ; une autre attaque était prévue contre Gibraltar. 40 000 hommes de l’armée française sont rassemblés sur les côtes de Bretagne et Normandie. Le lieutenant général Louis Guillouet d’Orvilliers commande la flotte française, forte de 30 vaisseaux et 10 frégates, rassemblée dans la rade de Brest : il met la voile vers les côtes d’Espagne pour faire la jonction avec l’escadre espagnole mais celle-ci n’est pas au rendez-vous. C’est seulement le 2 juillet que l’escadre venue de La Corogne, 8 vaisseaux et 2 frégates sous le lieutenant général Antonio González de Arce, se présente au point prévu, suivie, le 22 juillet, par la flotte de Cadix, 28 vaisseaux, 2 frégates, 2 corvettes et 8 brûlots, sous le lieutenant général Luis de Córdova. 20 vaisseaux espagnols se mettent sous les ordres de d’Orvilliers, les autres, commandés par Luis de Córdova, accompagnent à distance comme escadre d’observation. Celle-ci comprend 15 vaisseaux dont la Santísima Trinidad, vaisseau amiral de 110 canons, et 2 frégates.

Ce retard est lourd de conséquences car les Français n’ont pas prévu de provisions pour une longue croisière. En outre, ils viennent trop tard pour intercepter un convoi britannique venu des Antilles qui arrive en Angleterre le 4 août. La flotte combinée se rassemble devant Ouessant et fait voile vers la baie de Torbay dans le Devon mais les équipages manquent déjà d’eau et de vivres et sont affectés par une épidémie. À partir du 17 août, la manœuvre est gênée par des forts vents d’est ; le conseil d’état-major décide que la croisière ne doit pas être prolongée au-delà du 8 septembre. Les Espagnols étaient d’avis de débarquer les troupes sans attendre, l’Angleterre étant alors mal préparée pour une telle attaque, mais l’amiral français voulait d’abord livrer bataille à la flotte adverse et la détruire. Avec 50 000 soldats, la force de débarquement franco-espagnole aurait largement surclassé les 10 000 soldats de l’armée britannique disponibles en Angleterre à cette date.

Le 31 août, la flotte combinée arrive en vue de la flotte britannique, comptant 43 vaisseaux (38 selon William Coxe) sous le commandement de l’amiral Charles Hardy : celui-ci, ne se trouvant pas en force, bat en retraite ; les Franco-Espagnols restent en attente pour surveiller une autre escadre signalée à l’est, qui se trouve être un convoi marchand hollandais venant de Surinam. Huit jours plus tard, conformément aux décisions prises, la flotte combinée se retire vers Ouessant, puis Brest où elle arrive le 14 septembre avec un grand nombre de malades. Le 9 septembre, Luis de Córdova quitte Brest avec 15 vaisseaux et 2 frégates, laissant le reste à Brest sous le lieutenant général Miguel Gastón. Les Espagnols avaient perdu 3 000 hommes par les maladies et les Français au moins autant. Le seul gain de cette campagne est la capture d’un vaisseau anglais de 64 canons, le HMS Ardent, qui s’était aventuré par erreur au milieu de la flotte franco-espagnole en la prenant pour des compatriotes.

L’approche de l’armada franco-espagnole avait provoqué une panique en Angleterre ; cependant, celle-ci prend conscience du danger et entreprend de renforcer les défenses de l’île. L’armée britannique crée plusieurs nouveaux régiments de troupes régulières et de défense territoriale (en Écosse, les Fencibles ). Sur 71 000 hommes de troupes terrestres en Grande-Bretagne à la fin de l’été 1779, beaucoup sont des nouvelles recrues, ou mal encadrées, et leur valeur tactique est incertaine ».

Partie 4. Patrick Villiers, Quand l’épidémie de 1779 sauve l’Angleterre ou la tentative franco-espagnole de débarquement en Angleterre de 1779.

« Une partie des retards français s’explique par les problèmes d’équipage en France. Comme souvent, les équipages basés à Brest ont été frappés par la maladie pendant l’hiver. Fin mars, il manquait quatre mille matelots, c’est-à-dire l’élite des marins. Pour disposer d’un nombre de matelots suffisant par vaisseau, d’Orvilliers a décidé de désarmer plusieurs bâtiments et d’embarquer deux mille soldats pour servir de matelots de pont et bien entendu de recruter de nouveaux marins : les novices.

Dans un premier temps, les maladies semblent avoir disparu. La correspondance échangée au cours du mois de juin entre d’Orvilliers et Sartine ne signale pas de problèmes spécifiquement liés à la santé des équipages ».

Buste d’Antoine Gabriel de Sartine par J-B. Defernex, château de Versailles, 1767

« Cependant, début juillet, la Ville de Paris, le Bien-Aimé, l’Auguste, le Caton, le Saint-Esprit et la Couronne signalent un nombre important de malades. Le commandant en chef ordonne d’envoyer successivement ces navires au repos à la Corogne. Dans ce port, le chef d’escadre Ternay signale sur le Saint-Esprit 130 malades et 87 à bord du Bien-Aimé soit près de 15% de l’équipage.

La pathologie des maladies à bord des vaisseaux est relativement bien connue. Outre les maladies respiratoires, c’est évidemment le scorbut qui domine le plus souvent. Les marins du XVIIIe siècle ont tous remarqué que les premiers symptômes apparaissent au bout de 40 jours de confinement. Le départ ayant eu lieu le 3 juin (mais les marins sont à bord depuis au moins 15 jours) les 40 jours sont largement dépassés le 12 juillet. C’est logiquement que d’Orvilliers envoie les vaisseaux en repos à la Corogne et embarque des vivres frais.

La situation sanitaire s’aggrave à partir du 15 juillet mais d’Orvilliers pense pouvoir la juguler. Le 20 juillet, il propose une nouvelle organisation des malades à bord pour pouvoir combattre la flotte anglaise compte-tenu du nombre élevé de malades ».

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18ème. Nouvelle Orléans (Louisiane)

Louisiane et Nouvelle Orléans au 18ème. Chronique en 7 parties à l’occasion de l’exposition du musée du quai Branly, Black Indians de la Nouvelle Orléans.

Deux diaporamas : 1684 – 1743 (35 photos), 1756 – 1804 (37 photos).

Costumes, coiffes, masques, armes.

Partie 1. Black Indians de la Nouvelle Orléans, Exposition au Musée du Quai Branly Jacques Chirac, jusqu’au 15 janvier 2023.

« If you go to New Orleans you ought to go see the Mardi Gras, entonne Professor Longhair dans son titre emblématique, Mardi Gras in New Orleans (1949). Car s’il y a un événement qui incarne l’identité de La Nouvelle-Orléans, c’est bien son carnaval, ses chars et ses fanfares défilant dans le Vieux Carré de la ville. En marge de ces festivités héritées de l’époque coloniale française, une tradition longtemps passée sous silence perdure depuis plus de 150 ans : les spectaculaires défilés de Black Indians, aux magnifiques costumes ornés de perles, sequins et plumes ».

« Popularisées par la série Treme de David Simon (HBO) dans les années 2010, ces parades constituent un puissant marqueur social et culturel pour les Africains-Américains de Louisiane. Portées par les percussions et les chants des Big Chiefs et Queens issus d’une quarantaine de « tribus », elles célèbrent la mémoire de deux peuples opprimés, amérindiens et descendants d’esclaves. Elles témoignent de la résistance de la communauté noire aux interdits de la ségrégation raciale et aux festivités de Mardi Gras dont elle était autrefois largement exclue. Tout en rendant hommage aux communautés amérindiennes ayant recueilli les esclaves en fuite dans les bayous.

À travers un parcours géographique et chronologique jalonné d’entretiens, de costumes contemporains et d’œuvres traditionnelles, l’exposition révèle une culture singulière, construite par plus de trois siècles de résistance contre les assauts de la domination sociale et raciale, encore présente aujourd’hui.  

Cette exposition est organisée par le musée du quai Branly Jacques Chirac avec le précieux soutien du Louisiana State Museum« .

Partie 2. La création de la Nouvelle Orléans (17I8). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En 1691, les explorateurs français arpentent la région du delta du fleuve Mississippi. Les coureurs des bois et trappeurs français et canadiens parcourent le territoire et troquent la fourrure avec les Natifs américains. En 1701, un premier comptoir de la fin du XVIIe siècle est transformé en poste de traite fortifié sous le nom de Fort Saint-Jean.

La ville fut fondée par les Français sous la direction du colon Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, en 1718. Le nom de la ville fut choisi en l’honneur du régent, Philippe, duc d’Orléans » (peinture de Jean-Baptiste Santerre, 1717).

« Au départ simple comptoir de la Compagnie du Mississippi, elle devint la capitale de la Louisiane française en 1722.

Des fortifications devaient l’entourer dès le début, mais elles ne furent jamais réalisées. Ce n’est qu’en 1760 qu’une palissade en bois fut construite en urgence.

Les plans de La Nouvelle-Orléans furent dessinés par Adrien de Pauger et Le Blond de la Tour sur le modèle traditionnel des villes nouvelles, c’est-à-dire un damier symétrique, dont la taille maximale devait être de 88 hectares divisés en 66 îlots, avec une place où se trouvaient l’église (la future cathédrale Saint-Louis), la maison du gouverneur et des casernes. Sur les quais furent aménagés des magasins, un hôpital et le couvent des Ursulines ».

« Le royaume de France procéda à l’envoi de contingents de femmes pour la Nouvelle-France et notamment pour la Louisiane française. Des Filles de la Cassette furent envoyées dès la fin du XVIIe siècle. Les cas de bigamie n’étaient pas rares et beaucoup de colons français prenaient de jeunes Amérindiennes et surtout des jeunes femmes noires comme maîtresses, qu’ils installaient dans leur propriété grâce au système du plaçage, le Code noir empêchant tout mariage interracial.

De 1726 à 1733, le gouverneur colonial de la Louisiane française est Étienne Perier (1687-1766) ».

Partie 3. Le code noir. 1685-1802. De l’esclavage (chronique d’Histoires d’universités, 11 mai 2021).

  • 1685. Le Code noir : condition juridique des esclaves et des affranchis.
  • 1794. Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
  • 1802. Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage dans les colonies sucrières.

Partie 4. Les ports français et le développement de l’économie de plantation et de la traite

Source 1. Le livre scolaire (classe de seconde), pp. 250-251.

« Au cours du XVIIIe siècle, la traite d’esclaves africains s’accroît fortement. Le commerce triangulaire atteint son apogée et fait la fortune des négociants occidentaux. Les navires européens achètent des captifs sur les côtes africaines, puis les vendent, principalement aux Antilles et au Brésil, après un voyage effectué dans de terribles conditions. Ils repartent enfin avec des denrées produites par des esclaves (sucre, café, tabac, coton), vendues à haut prix en Europe. On estime qu’entre la fin du XVIIe et la fin du XIXe siècle, les navires français ont transporté plus de 1 300 000 esclaves, dont plus de 200 000 sont morts durant la traversée.

Les intérêts des commerçants nantais. La traite qui se fait aux côtes d’Afrique est très avantageuse à la navigation, au commerce et aux colonies françaises. Elle encourage la construction et l’armement des vaisseaux ; elle occupe un nombre infini d’ouvriers, de matelots et navigateurs ; elle procure de grands débouchés aux denrées et marchandises ; enfin, sans elle, il serait impossible de pouvoir cultiver nos îles de l’Amérique. Les retours qui proviennent de la traite consistent en Noirs, en poudre d’or, en gomme, en ivoire, en cire et en vivres pour les navires qui fréquentent ces parages.

Le travail des Nègres fournit à la France le sucre, le café, le cacao, l’indigo, le coton et autres denrées qui enrichissent continuellement le royaume, qui augmentent les revenus de l’État et l’aisance publique : il convient donc de protéger et d’encourager ce commerce par toutes sortes de moyens. Mémoire des négociants de Nantes envoyé à M. Antoine de Sartine, secrétaire d’État de la Marine et des Colonies, 25 septembre 1777″.

Source 2. Nantes. Guillaume Grou (1698-1774), armateur négrier (chronique d’Histoires d’universités du 15 septembre 2021). « 1748, il joue un rôle important dans la croissance de la société Grou et Michel, fondée en 1748, deuxième plus important opérateur de la traite négrière en France après la Société d’Angola. 1748-1751. La nouvelle société Grou et Michel, dotée de capitaux supplémentaires, représente 21 % des expéditions négrières au départ de Nantes. La guerre de Sept Ans donne cependant un coup de frein à son activité. 1774. La fortune Grou s’élève à près de 4,5 millions de livres. Son testament comporte d’importants legs en faveur de l’humanité« .

Source 3. Michel Adanson (1727-1806), explorateur du Sénégal ((chronique d’Histoires d’universités du 30 août 2021). Michel Adanson, né le 7 avril 1727 à Aix-en-Provence et mort le 3 août 1806 à Paris, est un naturaliste français d’ascendance écossaise. Il a exploré des régions peu connues des Européens, comme le Sénégal ou les Açores. Principalement botaniste, systématicien original, auteur d’un mémoire célèbre sur le baobab, il a aussi apporté des contributions à la zoologie, à la géographie, à l’ethnographie et aux recherches sur l’électricité. Lire aussi le roman de David Diop, La Porte du voyage sans retour, éditions du Seuil, 2021, 256 pages.

Partie 5. Les traités concluant la guerre de sept ans (1754-1763). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

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Pépite. Entrepreneuriat Étudiant

Pépite. Tremplin pour l’Entrepreneuriat Étudiant (2022).

  • Partie 1 de la chronique. Remise des prix de la 9e édition du Prix (6 octobre 2022)
  • Partie 2. Dossier de candidature
  • Partie 3. 5 projets PEPITE en région
  • Partie 4. Première Évaluation du Plan Pépite (2019).

Prochaine chronique. Devenir en 2022 de trois diplômés de l’université (Séverine Sigrist, Rémy Perla, Jérémy Wies) qui avaient participé aux Journées du Réseau des Alumni de l’université de Strasbourg (13-15 mars 2015) : Créer son entreprise : obstacles

Partie 1. La remise des prix de la 9e édition du Prix Pépite a eu lieu le 6 octobre 2022. 33 lauréats ont été récompensés. Dossier de presse. L’intégralité de la cérémonie peut être regardée en vidéo (2 heures 24).

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « Parce que la liberté d’entreprendre est aussi soutenue par nos institutions, le prix Pépite vise à éclairer et saluer des parcours qui méritent d’être soutenus par l’État. Les lauréats sont également une source d’inspiration pour les générations à venir. Cette liberté, si chère à la jeunesse, est portée par le réseau des 33 Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat qui contribuent à former à l’entrepreneuriat et le reconnaître ». 

Partie 2. Dossier de candidature Prix Pépite 2022, Mode d’emploi. Source : MESRI.

« Le Prix Pépite est depuis 2018 réservé aux bénéficiaires du Statut National d’Étudiant-Entrepreneur. Ce Statut permet aux étudiant(e)s et aux jeunes diplômé(e)s d’élaborer un projet entrepreneurial dans un Pépite : suivi de projet individuel par un.e chargé.e de projet du Pépite, ateliers tout au long de l’année sur les sujets incontournables liés à la création d’activité (BMC, business plan, statut juridique, communication, financements, etc.), mentorat, aménagement d’études, substitution de stage, accès à un espace de travail, développement du réseau  professionnel, entrée dans une communauté d’étudiants, entrepreneurs favorisant les échanges et l’entraide…

Le diplôme d’établissement « étudiant-entrepreneur » (D2E) accompagne le statut d’Étudiant-Entrepreneur. Il permet de mener à bien son projet avec un maximum de sécurité et de visibilité ».

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Les candidat·es doivent déposer leur dossier à partir du 9 mai 2022. La clôture des candidatures est
fixée au vendredi 17 juin 2022 à 12h.

Le Champion ou son Dauphin le cas échéant, bénéficiera d’un prix numéraire de 10 000 € financé par
le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui sera versé à
l’entreprise qui concrétisera le projet présenté par le champion. La création d’une entreprise sur la
base d’un projet différent n’est pas éligible. Cette création devra être effective au plus tard au 30 juin
2024″.

Partie 3. Quelques projets PEPITE en région

A. Alsace. Le Prix Champion Pépite ETENA est attribué à Pierre Maillard et Léa Abossolo Foh PimLeaf , étudiants à l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace).

Le projet vise une gestion et un suivi simplifiés des informations produit permettant aux épiceries vrac de gagner en temps et en sérénité au quotidien. « Entreprendre, c’est sauter d’une falaise et construire un plan pendant la descente. Grâce aux programmes d’accompagnement d’ETENA, nous avons acquis des compétences clés en entrepreneuriat ».

B. Bretagne. Le prix Pépite Bretagne 2022 attribué à Marine Bizouarn et Gaëlle Marrot (22 et 23 ans) pour Delienn : premier dissolvant solide.

« Le projet Delienn :  premier dissolvant solide, 100% d’origine naturelle éco-responsable sensoriel.qui offre, en plus, un soin pour les ongles. Le petit bloc aux odeurs suaves et fruitées explose déjà les scores sur la plateforme de crowdfunding Ulule. Rencontre avec Gaëlle Marrot et Marine Bizouarn, étudiantes entrepreneures et cofondatrices de la marque ».

C. Languedoc Roussillon. Prix PEPITE 2022 – 9ème édition. Tremplin pour l’Entrepreneuriat Etudiant

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Rennes Université : la désunion

Rennes Université (projet UNIR) : la désunion institutionnalisée. En conclusion de cette chronique : les deux tentatives de regroupement d’établissements, au niveau de la Bretagne (en 2007), puis au niveau de la Bretagne et des Pays de Loire (en 2016) !

David Alis, né le 7 mars 1968, professeur de sciences de gestion, est réélu, en juin 2020, président de l’Université de Rennes 1. pour la mandature 2020-2024. Le président sortant a été réélu au premier tour de scrutin à la majorité absolue des voix (il a recueilli 23 voix, Yvan Lagadeuc 5 voix et 7 administrateurs se sont abstenus).

Entre 2008 et 2016, David Alis a été premier vice-président et vice-président du conseil d’administration de Rennes 1, en charge des ressources humaines depuis 2012. Chronique d’Histoires d’universités relative à la situation financière (1 mars 2017) : Rennes 1 : encore des efforts !

Si le projet UNIR (Université de Rennes) voit le jour en janvier 2023, si David Alis en est élu président et s’il est réélu 4 ans plus tard, il aura alors occupé les plus hautes fonctions administratives dans l’université de Rennes pendant une durée cumulée de 23 ans. En 2031, il aura 63 ans, bénéficiera d’une année sabbatique et pourra partir en retraite.

La loi française permet à un enseignant-chercheur de ne plus l’être durant la seconde partie de sa vie active. Faut-il changer la loi pour ne plus avoir de présidents, élus à l’âge de 40 ans, et qui sont désireux et décidés à l’être à vie ? Ma réponse est : OUI !

Les statuts du projet UNIR n’ont pas encore été votés. Certains Conseils d’administration des établissements, parties prenantes d’UNIR, vont peut-être entrer en résistance. La prétention d’UNIR de réunir sept établissements ne résiste pas aux faits : UNIR institutionnalise la désunion.  

Mercredi 19 janvier 2022, les deux universités et les cinq grandes écoles rennaises ont annoncé la création de l’Université de Rennes, un établissement public expérimental (EPE) qui verra le jour le 1er janvier 2023.

  • l’Université de Rennes 1 se transforme en EPE, ses composantes de formation et de recherche ainsi que ses services deviennent ceux de l’Université de Rennes,
  • l’École nationale supérieure de chimie de Rennes, l’ENS Rennes et Sciences Po Rennes se positionnent comme établissements-composantes au sein de l’EPE et conserveront à ce titre leur personnalité morale et juridique.

A quoi correspond le statut d’établissement-composante ?

  • l’Université Rennes 2, moteur pour l’interdisciplinarité sur le site, souhaite devenir université associée,
  • l’INSA Rennes opte pour le positionnement d’établissement associé,
  • l’EHESP envisage de devenir établissement-composante ou établissement associé de l’EPE et se positionnera d’ici la fin du premier trimestre.

Pour comprendre le constat de la désunion, il faut lire deux dossiers, disponibles sur le site de Rennes 1 : le modèle rennais et le dossier de presse qui l’accompagne.

La désunion, c’est la juxtaposition de cinq types d’établissements. Rennes 1 est seule à demander le statut d’établissement public expérimental (EPE), l’université de Rennes 2 n’étant qu’associée (c’est-à-dire sans aucune obligation réelle). L’échec de la fusion entre les deux universités va donc être gravé dans le marbre de la loi. 14 ans de retard pour UNIR ; les trois universités de Strasbourg n‘ont-elles pas fusionné au début de 2009 ?

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1719-1720. Que la fête commence (1)

Que la fête commence, film de Bertrand Tavernier (1975) avec Philippe Noiret (le Régent), Jean Rochefort (l’abbé Dubois) et Jean-Pierre Marielle en marquis de Pontcallec, révolté breton.

Le film se déroule en 1719 et en 1720, à mi-parcours de La Régence (1715-1723). Louis XIV est mort en 1715. Louis XV, son arrière-petit-fils, est son successeur mais il n’a que 5 ans. La Régence est exercée par Philippe d’Orléans (1674-1723) ; Guillaume Dubois, dit l’Abbé Dubois parce qu’il avait été tonsuré dans son jeune âge, est son principal Ministre d’État.

Interview des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage et du film illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Éléments contextuels pour la Régence, repris par Tavernier. De l’intérêt pédagogique d’un tel type de film !

  • un libertinage assumé par le Régent et l’abbé Dubois,
  • une contestation de la monarchie par la Bretagne (ses nobles et ses paysans),
  • des tensions au sein de l’Europe (l’alliance avec les Anglais et les Provinces Unies et la guerre larvée contre l’Espagne),
  • une éducation militaire du jeune Louis XV par l’incompétent Maréchal de Villeroy,
  • la création du papier-monnaie par John Law, la colonisation de la Louisiane et la course à l’enrichissement rapide et facile (c’est aussi le cas l’abbé Dubois dans sa conquête de bénéfices ecclésiastiques de plus en plus importants),
  • les médecins à l’œuvre, Pierre Chirac en tête.

Cette chronique est dédiée aux biographies résumées des 3 personnages historiques principaux

A. Le Régent Philippe d’Orléans (né en 1674) et l’abbé Dubois (né en 1656) ont une différence d’âge de 18 ans. Mais, hasards de l’Histoire, ils meurent tous les deux en 1723 (le premier le 2 décembre, le second l’a précédé dans la mort, le 10 août).

Louis XV est sacré le 25 octobre 1722. En février 1723, à 13 ans et un jour, il devient  majeur, et la Régence cesse. Philippe d’Orléans continue d’assurer la réalité du pouvoir, d’abord au travers du cardinal Dubois, principal ministre. A la mort de Dubois (22 août 1723), il se fait nommer principal ministre par Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection.

Le 2 décembre 1723, Philippe d’Orléans meurt lui aussi. Lui succède l’impopulaire duc de Bourbon, son neveu, chef d’une autre branche cadette de la famille royale et petit-fils de Louis XIV par sa mère, une autre fille légitimée que le feu roi avait eu de madame de Montespan.

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1778-1793. La Frégate Hermione

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine.

Histoire de l’Hermione. Source : larges extraits du site éponyme.

1778-1779 : une construction éclair. « La décision de la mise en chantier de l’Hermione sur proposition du ministre De Sartine, est entérinée en novembre 1778, par le conseil du port de Rochefort.

Modèle de la Dédaigneuse, construite à Bordeaux en 1766 (Musée de la marine, Rochefort)
  • « Tout comme l’Hermione, la Dédaigneuse est une frégate de XII, c’est-à-dire comportant un pont unique muni de canons tirant des boulets de 12 livres. Son équipage est composé de 260 hommes. Entre 1748 et 1798, les arsenaux français mettent à l’eau une centaine de frégates semblables.
  • La frégate, navire de guerre léger et rapide, est au cœur des préoccupations stratégiques des nations maritimes. Trop faiblement armées pour participer aux combats dits en ligne, où s’affrontent les puissants vaisseaux à deux ou trois ponts, les frégates ont d’abord un rôle d’assistance et d’accompagnement.
  • Pour participer pleinement au combat, on les dote d’un armement plus efficace. La frégate de XII incarne dès lors cet idéal d’unité rapide réunissant la marche et la force. Elle connaît son heure de gloire durant la guerre d’indépendance américaine ».
  • Diaporama de 9 photos de la Dédaigneuse (musée de la marine à Rochefort).

« C’est l’ingénieur constructeur de marine, Pierre Chevillard dit l’aîné, qui est chargé de la construction de l’Hermione ainsi que d’une autre frégate, la Fée d’après le dessin qui a déjà servi à la Courageuse et à la Concorde, les deux premières de cette série de quatre.

L’Hermione est mise en chantier sur la rive droite de la Charente au sein de l’arsenal, à partir de décembre 1778. Outre les savoir-faire techniques, la rapidité de sa construction s’explique également par l’urgence de la guerre, une main d’œuvre importante et la disponibilité des matériaux sur le site de l’arsenal. Des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, cloueurs, calfats… bagnards sont ainsi mobilisés pour un total de plus de 35 000 journées de travail.

L’Hermione appartient à la catégorie des frégates, dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité. C’est une frégate de 12 armée de 32 canons : 26 canons de 12 sur son pont de batterie et 6 canons de 6 sur son pont de gaillards. Le chiffre de 12 correspond à 12 livres (unité de mesure au XVIIIe siècle), soit un peu moins de 6 kilos ».

Mesurant 66 mètres de long hors tout sur 11,5m de large, sa mâture est constituée de trois mâts verticaux aux dimensions modulables, d’une superficie de voiles pouvant atteindre 3 300m² et un gréement complexe de 26 km  de cordages, nécessitant un équipage de 250 à 300 personnes« .

1779-1780. Première campagne d’essai dans le golfe de Gascogne. L’Hermione effectue des missions de surveillance des côtes et de protection du commerce.  Cette campagne se conclut par la prise de trois navires de commerce et trois corsaires anglais. Au cours du mois de janvier 1780, la coque de l’Hermione reçoit un doublage de cuivre constitué de 1 100 feuilles de métal. Ce doublage est destiné à protéger la coque des attaques des tarets, et à éviter la fixation des algues et des coquillages sur la carène, ce qui améliore la vitesse de la frégate ».

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