Barbe tirée par les cheveux

Notre-Dame (Savigny, Manche), église romane du 12ème siècle.

Album de 49 photos : extérieur (clocher en bâtière et modillons sculptés) ; intérieur (martyre de Sainte-Barbe, peinture murale du 14ème, statue de Sainte-Barbe du 16ème). Album de 13 photos : la Cène (peinture murale du 14ème).

1.Histoire de l’église (source des citations : wikipédia). « L’église fut donnée en 1165 par Geoffroy de Brucourt à la collégiale de Sainte-Barbe-en-Auge, qui possédait déjà à Savigny un prieuré fondé en 1107, installé un peu à l’écart de l’église paroissiale. Le sanctuaire aurait donc été dédié en 1128 par un personnage nommé Turchetillus ou Toruldus d’après le reste d’une inscription mutilée. On sait d’ailleurs que le premier prieur du prieuré Sainte-Barbe de Savigny se nommait Turoldus ».

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2. Extérieur de l’église (source des citations : wikimanche). « L’historien Charles Duhérissier de Gerville, qui visita l’église en octobre 1818, en dit qu’il est porté « à croire qu’aucune église du diocèse de Coutances n’est plus ancienne que celle-ci ». D’après l’appareil des pierres des soubassements des murs de la nef, il est probable qu’une église antérieure à l’église actuelle ait pu exister au 10e siècle et qu’il y a eu réemploi. L’église actuelle est du 11e siècle, n’a pas de transept et se termine par une abside en cul-de-four ».

Clocher en bâtière (toit à deux pentes inclinées). « C’est une forme adoptée le plus souvent pour des églises rurales. La plus grande concentration de clochers en bâtière de France se trouve en Basse-Normandie, dont plus de 340 exemples dans 325 communes se trouvent dans le seul département de la Manche ».

Les murs sont garnis de près d’une cinquantaine de modillons du 12e siècle (photos). L’inspiration est variée : animaux divers, prêtres, figures grotesques, objets de la vie quotidienne, moulures en forme de palmette.

3. Intérieur de l’église. « Un important décor peint a été remis au jour en 1888 et en 1893 par l’abbé Joubin et restauré par un certain Jacquier. Un premier cycle consacré à sainte Barbe occupe les arcades de l’abside. Un second cycle représentant la Cène, est peint sur le mur nord de la nef. Ces deux ensembles datent du XIVe siècle ».

Le martyre de Sainte Barbe (photos).

« Les peintures murales du 14ème siècle occupent le plein des arcades du 12e siècle. La représentation se lit de droite à gauche.

Dans la première arcade, Barbe est représentée en son jardin, à côté d’un arbre tout en entrelacs. La deuxième scène représente les bourreaux qui la dévêtissent avant de la supplicier.

Dans la troisième arcade, le père de Barbe s’apprête à lui trancher la tête avec son épée alors que la foudre, représentée par des traits jaunes, s’abat sur lui. La dernière arcade contient une scène peinte à la fin du 19e siècle pour remplir un espace trouvé vide. Barbe, portant son auréole de sainte, est représentée en prières,accueillie par la main de Dieu et un ange ».

La Cène (13 photos)

« Sur le mur nord de la nef, le Christ est représenté de front, au centre d’une composition équilibrée à quatorze personnages (chiffre inhabituel pour une Cène qui normalement compte 13 personnes). Les apôtres sont représentés de profil.

Judas fait face au Christ, assis de l’autre côté de la table. Un relevé datant de 1898 et détenu par les Monuments historiques, montre qu’il reçoit à manger du Christ un morceau de pain tandis que celui-ci le bénit.

À la gauche du Christ est représenté saint Paul, reconnaissable à son épée (instrument de son supplice) et à son crâne chauve, alors qu’en fait, il n’était pas présent au dernier repas du Christ avec ses Apôtres. À côté de saint Jean qui se penche sur l’épaule du Christ, saint Pierre détient une immense clef.

Les autres convives sont représentés sans attributs et dans les attitudes familières des gens à table ».

Statuaire. « La plus remarquable statue est datée du 16e siècle. Il s’agit d’une sainte Barbe en pierre calcaire (photos). On y retrouve les attributs classiques de la sainte : la tour (où son père l’enferma), le livre, la palme. Située dans la chapelle Nord, elle en orne l’autel ».

4. Barbe, la grande martyre (source des citations : wikipédia)

« Sainte Barbe aurait vécu au milieu du 3ème siècle après Jésus Christ en Bithynie (pan nord-ouest de l’Anatolie) sous le règne de l’empereur Maximien. Son père, Dioscore, aurait été un riche édile païen d’origine phénicienne. Un jour, son père décida de marier Sainte Barbe à un homme de son choix ; elle refusa et décida de se consacrer au Christ. Pour la punir, son père l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa3.

Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était chrétienne. Furieux, le père mit le feu à la tour. Barbe réussit à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîna devant le gouverneur romain de la province, qui la condamna au supplice. Comme la jeune fille refusait d’abjurer sa foi, le gouverneur ordonna au père de trancher lui-même la tête de sa fille. Elle fut d’abord torturée : on lui brûla certaines parties du corps et on lui arracha les seins, mais elle refusa toujours d’abjurer sa foi. Dioscore la décapita mais fut aussitôt châtié par le Ciel. Il mourut frappé par la foudre. Quant au berger qui l’avait dénoncée, il fut changé en pierre et ses moutons en sauterelles ».

Attributs. « Sainte Barbe est généralement représentée en jeune fille, avec une palme de martyre, elle peut porter une couronne, un livre. Une tour à trois fenêtres (en référence à son adoration de la Sainte Trinité), un éclair constituent également d’autres attributs de la sainte. De même, elle peut porter une plume de paon, symbole d’éternité ou fouler à ses pieds son père qui est aussi son persécuteur ».

Patronne, modèle et protectrice. « D’aucuns peuvent demander les prières de sainte Barbe pour être protégés de la foudre, mais elle est aussi la patronne, le modèle et la protectrice des architectes, des géologues, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des ingénieurs de combat, des métallurgistes, des démineurs et autres corporations liées au feu, les pétroliers militaires, les foreurs et les personnels de l’industrie des turbines à gaz, les carillonneurs, les égoutiers. Sainte Barbe est aussi la patronne de l’École polytechnique ».

5. Pour aller plus loin. Notice de la Fondation du Patrimoine.

Lucien Musset. Normandie romane. I : La Basse-Normandie. II : La Haute-Normandie, 1967/74, La Nuit des Temps, n°25 et 41. Compte-rendu par Jean Bony, Cahiers de civilisation médiévale, Année 1978, Volume 2, Numéro 81 pp. 67-68.

 

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