Simplifions : une structure de + !

Tous les jours, une pièce inédite jouée au Théâtre de la Sinistre Farce. Au programme, Simplifions : une structure de plus dans la bureaucratissime organisation de l’enseignement supérieur et à la recherche.

Simplification. Thierry Mandon, 29ème dans la liste des ministres et secrétaires d’État, a prolongé le délai pour la consultation pour le plan de simplification pour l’ESR. Il faudrait s’en féliciter, mais on a déjà donné (Assises de l’ESR). Gageons que les propositions formulées par les un(e)s et les autres, seront congelées au moins jusqu’à l’automne 2017.

Une structure de plus. Au même moment, l’ANR lance un appel à projets pour la création d’Instituts Convergence. Le dossier pour répondre : 13 pages à lire. Dossier financier : 12 pages de règles (financement par le PIA2, intérêts annuels sur la dotation en capital).

P1420847Pourquoi ce « nouveau » type d’Instituts ? Prière de ne pas rire en lisant les deux paragraphes qui suivent ! Et si possible, prière de ne pas répondre à un appel à projets de complexification.

L’ambition de l’action « Instituts Convergences » est d’initier une nouvelle démarche visant à structurer quelques centres rassemblant des forces scientifiques pluridisciplinaires de grande ampleur et de forte visibilité pour mieux répondre à des enjeux majeurs, à la croisée des défis sociétaux et économiques et des questionnements de la communauté scientifique.

Les projets d’ Instituts Convergences réuniront les trois conditions suivantes :
• rassembler, dans un partenariat organisé en un lieu donné, des compétences de recherche diversifiées visant à produire des savoirs nouveaux par la mobilisation conjointe de différentes compétences disciplinaires ;
• développer, en lien avec ces recherches interdisciplinaires, des formations d’excellence innovantes aux niveaux master et doctorat, en formation initiale comme en formation continue ;
• déployer dans la durée une dynamique de structuration autour de l’enjeu principal du centre, appuyée sur une ambition scientifique de haut niveau international, sur une véritable stratégie d’emploi scientifique et sur une gouvernance simple et efficace.

Chargé de cette action à l’ANR, Yves Lecointe. Au moins, les actions ANR constituent pour quelques enseignants-chercheurs une chaise musicale dans un parcours professionnel de plus en plus éloigné de l’enseignement et de la recherche. Yves Lecointe (63 ans) a été président de l’université de Nantes (2007-2012), puis délégué scientifique à l’AERES (photo des RUE 2013 à la droite de Geneviève Fioraso). Le voici casé à l’ANR jusqu’à la retraite !

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Les Instituts Convergences, pluridisciplinaires ou interdisciplinaires (les deux mots sont employés indifféremment dans les deux paragraphes ci-dessus) : une histoire qui tourne en rond. 1989 à 1991 : durant deux ans, au siège du CNRS alors logé au quai Anatole France à Paris, j’ai été directeur-adjoint du PIRTTEM (programme interdisciplinaire de recherche sur la technologie, le travail, l’emploi et les modes de vie). 1994 à 1998 : durant quatre ans, à Paris X Nanterre, j’ai été directeur de FURET (fédération CNRS d’unités de recherche sur l’emploi et le travail) : une centaine de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, de doctorants allocataires, en sociologie, économie et gestion, droit privé et sciences politiques. Deux expériences d’interdisciplinarité : ce n’est pas ce dont je suis le plus fier dans ma vie professionnelle !

4 Commentaires

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4 réponses à “Simplifions : une structure de + !

  1. Marianne

    Pouvez vous expliquer pourquoi vous n’êtes pas fier de vos deux expérience d’interdisciplinarité? Ca n’a pas bien marché? C’est compliqué et/ou tiré par les cheveux à mettre en oeuvre?

  2. Marianne

    Ma question est une question de simple curiosité: on nous pousse souvent à l’interdisciplinarité et ce n’est ni simple ni vraiment reconnu. J’aimerais avoir d’autres points de vue…

  3. @ Marianne Expérience 1. PIRTTEM. J’ai compris un peu tard que ma mission était de fermer ce programme interdisciplinaire national ! Expérience 2. FURET. Les fédérations de recherche étaient à la mode au CNRS (cette volonté de concentrer existe toujours) ; aucun projet de recherche commun à deux ou trois équipes de la Fédération n’est apparu durant les 4 ans du contrat avec le CNRS, en dépit du fait que ces équipes travaillaient dans le même bâtiment. Au bout de 4 ans, le maintien de FURET n’a pas été demandé au CNRS. L’interdisciplinarité : mieux vaut en faire que d’en parler ou que de créer des structures ad hoc !

  4. Marianne

    Dit comme ca ca donne pas envie! Effectivement la vraie interdisciplinarité, c’est pas simple, ca prend du temps et surtout ca ne se décrète pas

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