Universités, Guerre de 100 ans

Plusieurs chroniques du blog vont être consacrées aux conséquences de la Guerre de Cent ans sur les universités (sur leur nombre, leur localisation, leur fonctionnement, leurs privilèges, le nombre et la pratique de leurs étudiants, la carrières de leurs maîtres, devenus par exemple évêques disposant d’un temporel).

Des universitaires en fonction ou d’anciens diplômés de l’université interviennent dans le conflit ou dans les guerres civiles qu’il entraîne au moment des négociations de paix ou de trêve. Ils sont la pièce centrale de certains procès, fruits des guerres, Jean Petit pour légitimer l’assassinat du duc d’Orléans, Pierre Cauchon pour faire condamner Jeanne d’Arc.

Ils sont enfin directement parties prenantes dans les conflits entre l’église – la papauté – et le roi et les princes (reddition ou soustraction d’obédience, participation aux conciles de Pise et de Constance pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident, puis au concile de Bâle pour réformer l’église – primauté du concile sur le pape ou inversement).

Six universités existaient sur le territoire de la France d’aujourd’hui, avant le déclenchement de la guerre de Cent ans : Paris fondée en 1200, Toulouse en 1229, Montpellier en 1289, Avignon en 1303, Orléans en 1305, Cahors en 1331.

Cette guerre dura en fait plus de cent ans, de 1337 à 1475 (traité de Picquigny), voire 1558 (reprise de Calais par le duc de Guise). Douze universités sont créées au cours de la période : Grenoble (1339), Perpignan (1350), Angers (1364), Orange (1365), Aix (1409), Dôle (1423), Poitiers (1431), Caen (1432), Bordeaux (1441), Valence (1452), Nantes (1461), Bourges (1463). A la date de leur fondation, deux seulement de ces universités se situaient dans le domaine royal stricto sensu.

Source Riché et Verger. Cliquer sur les images pour les agrandir

La guerre franco-anglaise de cent ans naît de la querelle autour de la succession du dernier des trois fils de Philippe le Bel, Charles IV le Bel mort sans enfant mâle. Elle est provoquée en 1337 par le roi d’Angleterre Édouard III (1312-1377) qui n’accepte pas l’élection en 1328 de son cousin Philippe de Valois, à la tête du Royaume de France. Édouard III va faire la guerre pour faire valoir ses propres droits à la succession et devenir roi de France, à la place de Philippe VI (né en 1293, roi de 1328 à 1350).

Il faut pointer ici le pourquoi des querelles de succession. Elles résultent des contradictions des pratiques matrimoniales médiévales. Les trêves ou les traités de paix prévoient des échanges matrimoniaux, de filles ou de sœurs de roi ou de prince en l’occurrence. Les liens matrimoniaux créés favorisent la paix ou… la guerre (quand le bénéficiaire de l’épousée estime pouvoir prendre la place du père ou du frère de celle-ci, mort sans successeur mâle)

De Louis IX à Philippe VI

La guerre de cent ans n’est pas une guerre de chaque jour. Les épisodes guerriers au sens large du terme ont une durée très limitée eu égard à l’ensemble de la période : réflexions sur la stratégie et la tactique, confirmation et/ou élargissement des alliances, mise en défense du pays par la création ou le renforcement des forteresses, autorisation de lever un impôt et collecte de celui-ci, recrutement (et formation) des troupes, déplacement des soldats anglais vers le continent ou préparation d’un débarquement des français en Angleterre, regroupement des troupes en un lieu commun, chevauchées dévastatrices et/ou batailles rangées, sièges de forteresses ou de villes, démolition des forteresses prises, gestion des prisonniers et fixation du montant des rançons, production de l’artillerie qui s’avère de plus en plus importante à la fin de la guerre.

De Louis IX à Charles VI dit le Bien aimé ou le Fol

Autres raisons d’épisodes guerriers limités dans le temps

  • il n’y a pas d’armées de métier (les compagnies d’ordonnances ne verront le jour qu’à la fin de la guerre)
  • les troupes sont licenciées quand il n’y a plus d’argent pour les payer
  • les armées ne combattent pas en hiver
  • des trêves ou des prolongations de trêves sont négociées et peuvent durer plusieurs années
  • les troupes licenciées écument le territoire ; il faut pousser ces écorcheurs ailleurs (croisade contre les turcs et défaite de Nicopolis, conflits exportés vers la Lorraine, la Suisse)
  • les épidémies de peste déciment la population et limitent le recrutement de troupes et le prélèvement d’impôt
  • les conflits au sein des ou entre les familles princières (périodes de régence, assassinat du duc d’Orléans en 1407, de Jean sans peur en 1419, conflit entre les armagnacs et les bourguignons) sont une poursuite de la guerre franco-anglaise, mais sur un autre terrain
  • la pauvreté, conséquence des épidémies et des territoires décimés par les troupes licenciées, engendre des révoltes rurales ou urbaines. Leur répression devient prioritaire par rapport à la guerre.

La France à la fin de la guerre de Cent ans

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Classé dans A. Histoire médiévale, E. Droit et Sciences politiques, E. Mobilité internationale, E. Sciences humaines et sociales

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