Saint-Denis. La nécropole royale

Source et citations : Saint-Denis, la basilique et le Trésor (dossiers d’Archéologie, mars 2001, article de François Baron). Autres chroniques et photos sur la basilique de Saint-Denis.

« Au début de son histoire, la nécropole de Saint-Denis n’est rien d’autre qu’un cimetière que l’on choisissait, dans son testament, afin d’être enterré aux côtés de saint Denis et de ses compagnons, Rustique et Eleuthère, tous trois martyrs renommés de l’Église.

Selon les historiens, la reine Arnegonde (morte vers 565-570) aurait été la seule personne de sang royal à choisir Saint-Denis – et à titre personnel. Dans les faits, les rois mérovingiens préféraient être enterrés dans un lieu où ils possédaient quelque attachement : leur résidence habituelle, un palais qu’ils appréciaient ou encore un établissement religieux dont ils étaient fondateur ou bienfaiteur. On trouvait ainsi des sépultures royales à Poitiers, Soissons, Metz ou Arras. Et, bien sûr aussi, à Paris.

Le tombeau de Dagobert

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Dagobert, mort en 639, choisit Saint-Denis, mais parce qu’il y avait des attaches : il était tout simplement le bienfaiteur de l’abbaye ! Avec la dynastie carolingienne naissante, le choix de Saint-Denis s’impose à Charles Martel et Pépin le Bref (Pépin y avait reçu l’onction en 754). Suivirent Charles le Chauve et cinq membres de sa famille.

Il revient aux Capétiens de faire reconnaître la nécropole de l’abbaye comme le lieu obligé du repos des rois de France. Il y a à cela deux explications : d’une part, reprendre la tradition carolingienne, c’est affirmer sa légitimité ; d’autre part, certains des premiers rois capétiens furent tout bonnement abbés laïques de Saint-Denis. Vont s’y faire enterrer : Eudes et Hugues Capet, Robert le Pieux et Henri Ier.

Sans oublier que l’énergie de Suger, au XIIe siècle, fit de cette habitude une véritable loi. Quand Philippe Ier choisit Saint-Benoît-sur-Loire, en 1108, et Louis VII Le Jeune, en 1180, l’abbaye cistercienne de Saint-Port de Barbeau qu’il avait fondée, les moines de Saint-Denis réagirent par un tollé.

Néanmoins le lien entre l’abbaye et la Couronne se renforça : Louis VI le Gros lui reconnut un droit de dépouilles ; elle fut désormais considérée comme la gardienne officielle des objets symboliques de la royauté : les Regalia.

Le principe de l’abbatiale comme nécropole royale était désormais respecté. Hormis Louis XI, Louis XVI et Louis XVII, tous les rois de France de Louis VII à Louis XVIII furent enterrés à Saint-Denis… Aujourd’hui la nécropole compte plus de 70 gisants et tombeaux. C’est un lieu unique en Europe ».

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