Feu la COMUE Bretagne-Loire

Communiqué de presse de la coordination des sections SNESUP des établissements du supérieur des régions Bretagne et Pays de la Loire.

En Bretagne et Pays-de-la-Loire, le projet de COMUE UBL porté par les présidences d’universités fut fondé sur un double pari, la fusion des deux régions et surtout l’obtention d’une IDEX. Il a été doublement perdu. Le récent rejet, sans recours possible, de l’IDEX UBL+ signe l’échec patent d’une stratégie sourde aux aspirations des personnels et prompte à se soumettre aux injonctions du ministère et des pouvoirs locaux. Notes du Jury international rejetant le projet d’IDEX Université Bretagne Loire.

Face à cette situation inédite et lourde de menaces pour les personnels de l’Université et le service public, les bureaux de section du SNESUP-FSU se sont réunis les 28 avril et 4 mai et lancent l’appel suivant avec le SNCS-FSU, le SNASUB-FSU et le SNEP-FSU.

Où va l’UBL ? Lire également la chronique Bretagne-Loire : 160.000 !

Suite du Communiqué. Après le vote des statuts de la COMUE UBL dans les universités de Brest (UBO), Rennes 1 et Nantes, les conseils d’administration des universités de Bretagne Sud, Le Mans, Angers et Rennes 2 vont maintenant être appelés se prononcer. Le vote rapide des premières doit-il laisser croire qu’il y aurait des établissements en Bretagne et Pays de la Loire qui seraient enthousiastes pour cette COMUE et d’autres qui seraient en retrait, subissant le mouvement initié par les premiers ? Au-delà de négociations opaques et à géométrie variable entre les présidences et entre présidences et ministère, il y a plutôt une constante et un fait commun : dans toutes les universités, les Comités Techniques ont rejeté les statuts, souvent à l’unanimité (voir ci-dessous le détail), et les votes en Conseil d’Administration qui ont déjà eu lieu, quoique positifs, ne sont pas glorieux. Ce fait, qui n’est ni connu ni commenté en public, devrait retenir toute l’attention des personnels, de notre communauté, de nos tutelles et de nos collectivités territoriales.

Personne ne peut raisonnablement souhaiter fonctionner selon le cadre des COMUE que nous donne la loi ESR. Les meilleurs statuts ne peuvent protéger les universités contre l’essence même de la loi. Sous couvert d’un renforcement de la coopération entre établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche d’un site, l’État a voulu organiser des mégapôles du supérieur, susceptibles d’être visibles dans les « classements internationaux » et qui seraient ses seuls interlocuteurs, à la fois pour la dotation des établissements et pour l’accréditation de leur offre de formation. Une fois fondée, la COMUE vivra sa vie et, quelles que soient les limites à ses domaines de compétences définies par les statuts, elle pourra, de par la loi ESR, les étendre sur décision de ses seules instances décisionnelles (article 718-8 du Code de l’Éducation). Les incertitudes que l’on découvre aujourd’hui sur la gouvernance ou le périmètre des écoles doctorales, qui ne relèverait plus que de la COMUE, en donne un avant-goût.

Alors comment comprendre l’empressement des présidents qui sont les plus ouvertement favorables à la COMUE (Rennes 1, UBO, Nantes) à faire exister l’UBL ? C’est qu’il y avait le calendrier, non seulement de l’application de la loi mais celui du jury « international » (non élu) des IDEX et qu’il convenait de montrer sa bonne volonté de « coopération » afin de mettre les meilleures chances de son côté de gagner le gros lot et de s’inscrire durablement dans une politique de financement de la recherche férocement concurrentielle. Ainsi notre avenir à tous a-t-il été joué sur un pari, celui de gagner une « course » dont les concurrents sont nos établissements frères, avec lesquels nous partageons les mêmes missions et les mêmes difficultés budgétaires. Que le projet UBL+ ait été mauvais ne serait-ce que par la relégation des disciplines ALL-SHS, que le financement qu’il promettait ait été non pérenne, inégalement réparti entre disciplines, laboratoires et territoires ne nous réconforte guère et son rejet n’en résonne pas moins comme un camouflet. Il nous met de toute façon dans la difficulté car les établissements de la future et encore hypothétique COMUE pourraient se retrouver cruellement démunis, tant les moyens actuels pour faire vivre l’ESR de manière correcte sont faibles au regard des besoins.

Dans le contexte de l’échec de la politique qui a consisté à lancer le processus de mise en place de la plus grande des COMUE sur le territoire national dans la précipitation et pour un objectif spécifique qui était l’obtention de l’IDEX, il est sans doute temps de reprendre la discussion entre établissements et aussi avec le ministère pour monter un projet de coopération non imposé par le haut, avec un financement à la hauteur des ambitions légitimes de nos établissements. En d’autres termes, il est temps de construire une alternative à ce que les présidents de Rennes 1, Brest (UBO) et Nantes avaient envisagé de façon irréaliste, une alternative qui prendrait en compte à la fois nos objectifs communs et les spécificités de chacun de nos établissements qui assurent leur mission de maillage du territoire en terme d’offre de formation avec des moyens quasi dérisoires.

C’est pourquoi nous appelons les personnels à participer aux réunions qu’organiseront prochainement la FSU et toutes les autres organisations syndicales qui en seront d’accord, afin que s’expriment enfin les voix des personnels et des usagers, et que le service public d’enseignement et de recherche puisse être défendu en Bretagne et Pays-de-la-Loire.

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