Médecine, d’Orléans à Zagreb

Copie de noir

C’est le blog SLU Orléans qui a révélè l’affaire de la prépas MOZ, il y a une quinzaine de jours.

Quelle affaire ? Un résumé, puis revue de presse. Résumé. Il s’agit d’une année de préparation aux études de médecine, organisée à Orléans par une association, appelée Prépa MOZ, pilotée par un enseignant chercheur de l’université, domiciliée dans une résidence universitaire. A noter que l’université d’Orléans ne possède pas de faculté de médecine.

Formation en anglais pour une cinquantaine d’étudiants, payant des droits d’inscription élevés (5000 euros), les 15 premiers parmi eux pourraient, l’année suivante, s’inscrire en Medical Studies in English à Zagreb (Croatie). Ces étudiants aisés (frais d’inscription à Zagreb : 7000 euros par an) court-circuiteraient ainsi le concours de fin d’année de PACES et son numerus clausus. Pour aller plus loin : Virginie Bertereau, La PACES, un gouffre financier.

Selon le principe du droit à la mobilité de l’emploi au sein de l’Union européenne, ces étudiants pourraient revenir dans six ou sept ans, passer les Épreuves Classantes Nationales et, sous condition de réussir ces ECN, faire leurs stages d’Internat en France (chronique à suivre).

La Rectrice d’académie, Marie Reynier, est intervenue dans l’affaire. La prépa MOZ ne pourra ouvrir à la rentrée 2016, car, formation de l’enseignement supérieur privé, elle doit obtenir, selon la loi ESR de juillet 2013, un agrément. Ce qui n’est pas le cas, puisqu’un dossier n’a été transmis au Rectorat que tardivement. La Rectrice souhaite, par ailleurs, que cette affaire fournisse l’occasion de clarifier la question de la formation à la médecine française dans le cadre européen.

Revue de Presse. Sept articles du 8 au 18 juillet 2016, recensés par le blog SLU Orléans et reproduits dans un ordre inversement chronologique.

 

18 juillet 2016. L’ouverture de la prépa orléanaise à la faculté de médecine de Zagreb reportée, LaRép, par Marie Guibal et Lilian Maurin

Prépa MOZ entendait préparer des étudiants à un cursus de médecine en Croatie dès la rentrée. Récit d’un projet avorté. « Nous vous informons qu’après accord du rectorat, la rentrée est repoussée à une date qui n’est pas encore fixée ». Message similaire sur le répondeur et le site Internet : Prépa MOZ (Médecine Orléans Zagreb) n’ouvrira pas à la rentrée sur le campus de La Source, comme prévu.

Depuis une semaine, la filière suscite un buzz médiatique. La Rep’ a enquêté et fait le tri, entre la réalité de la prépa privée, ses zones d’ombre et les critiques acerbes dont le rectorat de l’académie s’étonne.

À l’origine. Prépa MOZ désigne un enseignement privé et l’association qui le gère. Son but : préparer, à Orléans, après une probable session de rattrapage en septembre 2016, à l’entrée en 1 re année à l’école de médecine de l’université de Zagreb (Croatie). Un cursus présenté comme « une première en France », s’adressant « aux bacheliers et étudiants en premier cycle de profil scientifique ». Son coût : la bagatelle de 5.000 €.

Des doutes sur une ouverture future. Au programme : anglais, anatomie, biologie, chimie, physique et histologie durant un an. À l’issue de la formation, les quinze premiers, sur 50 étudiants, peuvent étudier à l’école de médecine de Zagreb. Objectif : devenir « médecin international », soit, selon le flyer, allier « excellence médicale et anglais courant ».

Aujourd’hui ? L’ouverture est reportée sine die, faute d’agrément. Mais la prépa verra-t-elle le jour ? « Nous sommes en train de voir avec le ministère comment nous allons procéder pour la suite. Nous avons le temps de voir s’il y a une forme légale ; j’en doute pour l’instant », confirme Marie Reynier, recteur de l’académie. Y avait-il des candidats ? Oui, semble-t-il, d’Orléans et de l’étranger notamment. Mais le rectorat ne disposait pas du nombre. Pas plus qu’il connaissait le contenu de la formation ou des heures de cours (qui devaient avoir lieu en dehors des enseignements sous-entendus par l’inscription à l’université exigée). Et rien sur l’équipe pédagogique.

Distance. Président de l’université d’Orléans depuis juin, Ary Bruand évoque « une collaboration assez forte » entre Orléans et Zagreb. Il confirme : « Depuis deux, trois ans, des liens sont apparus autour de ce que fait l’école de médecine de Zagreb. L’université a été effectivement présente et informée. Ensuite, le sujet semble retomber du côté d’Orléans. J’aurais du mal à dire qu’il n’y a pas eu de liens. Il y a eu des premiers éléments de réflexion ». Prépa MOZ annonçait son arrivée sur le campus d’Orléans. Aucun rapport avec l’université, répond Ary Bruand : « Il n’y a rien de la part de collègues au titre de leurs fonctions universitaires ». Il reconnaît en revanche « une affaire privée à laquelle participent un ou plusieurs collègues », et avoir demandé de « mettre une distance » avec la prépa .

Colère. Le doyen de la faculté de médecine de Tours – qui n’a pas été associée, ni informée – a contacté il y a une semaine l’Ordre régional des médecins, qui a saisi l’Ordre national. Ce dernier est en train de vérifier de quels titres dispose le Pr Hechmi Toumi, le président de Prépa MOZ, aussi vice-président de l’Institut de prévention et de recherche sur l’ostéoporose, structure mixte dépendant à la fois du CNRS, de l’université et de l’hôpital. Il se présente, sur son site, comme « consultant médical », ce qui ne veut rien dire d’après le Dr Crossonneau, président de l’Ordre des médecins du Loiret. Espérant qu’aucun jeune n’a été arnaqué, il précise qu’en France, il n’existe pas de prépa en amont mais plutôt en parallèle de la première année de médecine.

 

14 juillet 2016. Faire sa médecine entre Orléans et Zagreb ? La future filière aurait-elle du plomb dans l’aile ? Blog de Jean-Yves Nau, Journalisme et Santé publique.

Brexit ou pas, MOZ a des ratés. Il n’y aura pas, à la rentrée, de réseau franco-croate permettant de faire la nique au numérus clausus hexagonal. Pas d’aller direct Orléans-Zagreb avec retour open dans l’Union européenne. Une escroquerie ? On en débattra encore longtemps. Pour l’heure La Nouvelle République du Centre Ouest a, sinon levé le lièvre, du moins découvert sa boîte aux lettres. Elle se niche, cela ne s’invente pas, rue de la Folie, à Orléans.

« C’est de là que l’affaire de la prépa MOZ pour Médecine Orléans-Zagreb a éclaté. A cette adresse, une boîte aux lettres dans une résidence universitaire au nom de l’« Association prépa MOZ ». Derrière cette association, une formation privée à 5.000 euros l’année préparant des étudiants à l’entrée à la faculté de médecine de Zagreb, en Croatie. L’établissement aurait pu se fondre dans la nuée des écoles privées qui prospèrent en France. N’aurait été le bond qu’a fait le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine en apprenant fin juin l’ouverture de cette école « de médecine internationale » aux contours très flous. »

Totale arnaque. Il y eut, dans la cité des vinaigriers ou ailleurs, quelques discrets lanceurs d’alertes.  C’est alors que le ministère de l’Enseignement supérieur se  pencha sur le dossier – puis on sortit du tiroir la loi Fioraso : elle rend obligatoire (depuis 2013) l’obtention d’un agrément pour toute formation privée, particulièrement si elle touche à la médecine. « La rentrée 2016 n’aura pas lieu, mais le dossier reste ouvert sur une nébuleuse de questions » observe La Nouvelle République. Des questions bien dérangeantes

Qui a-t-il vraiment, rue de la Folie, derrière la boîte aux lettres, la vitrine du site internet, le numéro de téléphone et l’indispensable page Facebook.  Où est l’équipe pédagogique ? Où se cache la direction ? Où se dressent les locaux ? Qui a-t-il derrière la mystérieuse ligne rouge qu’évoque le président de l’université d’Orléans Ary Bruand, ingénieur agronome de formation ? Peut-on vraiment parler de « totale arnaque comme le fait désormais le Pr Patrice Diot, doyen de la faculté de médecine voisine de Tours. Le Pr Diot va jusqu’à évoquer « l’éthique universitaire douteuse » du Pr Hechmi Toumispécialiste des pathologies musculo-squelettiques et doyen du collégium de sciences et techniques de l’université d’Orléans. Il explique que la faculté de médecine croate propose un « cursus international » de six ans (7.000 euros l’année) et qu’elle cherche à recruter

Rue Saint-Flou. Le Pr Toumi a parlé La Nouvelle République : « C’est une association privée qui compte une vingtaine de membres. Ce projet a été monté à la demande de l’université de Zagreb. Nous n’avons pas pour objectif de contourner le système français, mais de proposer une formation médicale en anglais pour préparer un diplôme européen ». Frédéric Ros, directeur du Technopole Orléans Val-de-Loire aurait signé une convention avec l’université de Zagreb. Ce dernier n’a pas accepté de répondre au quotidien régional.

« Les membres de l’association se sont mis à la disposition du rectorat dans l’objectif d’ouvrir cette école dans un cadre légal », précise la rectrice de l’académie Orléans-Tours Marie Reynier. Celle-ci ajoute que cette affaire nébuleuse « a le mérite de reposer la question de la formation à la médecine française dans le cadre européen, un sujet qu’il faut clarifier ». La clarification trouvera-t-elle sa source rue de la Folie, dans la capitale du Loiret, cité du vinaigre et des vinaigriers ? A deux pas de la Loire la rue de la Folie donne dans la rue Saint-Flou.

 

13 juillet 2016. Médecine : la filière orléano-croate mise à mal, par Mariella Esvant, La Nouvelle République.

Rue de la Folie à Orléans. C’est de là que l’affaire de la prépa MOZ pour Médecine Orléans-Zagreb a éclaté. A cette adresse, une boîte aux lettres dans une résidence universitaire au nom de l’Association prépa MOZ. Derrière cette association, une formation privée à 5.000 euros l’année préparant des étudiants à l’entrée à la faculté de médecine de Zagreb, en Croatie. L’établissement aurait pu se fondre dans la nuée des écoles privées qui prospèrent en France. N’aurait été le bond qu’a fait le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine en apprenant fin juin l’ouverture de cette école de médecine internationale aux contours très flous.

Jugée hors des clous par le ministère de l’Enseignement supérieur. L’alerte donnée, le ministère de l’Enseignement supérieur s’est penché sur le dossier, et jugé l’école hors des clous : la loi Fioraso rend obligatoire depuis 2013 l’obtention d’un agrément pour toute formation privée, particulièrement si elle touche à la médecine. La rentrée 2016 n’aura pas lieu, mais le dossier reste ouvert sur une nébuleuse de questions.

L’école d’abord. La vitrine est là : un site internet, un numéro de téléphone et une page Facebook. Aucune indication en revanche sur l’équipe pédagogique, la direction, ni même les locaux. Rien d’autre que la promesse que les « quinze premiers » au concours final intégreront l’université de médecine de Zagreb. En évoquant des « frais d’inscription universitaire », et en incluant dans leur vidéo de présentation des images du campus orléanais, cette école privée joue par ailleurs sur « des ambiguïtés qui frôlent la ligne rouge », dénonce le président de l’université d’Orléans Ary Bruand.

Repenser la place de la formation à la médecine en France et en Europe. « C’est une arnaque totale », s’insurge Patrice Diot, le doyen de la faculté de médecine de Tours. Il pointe notamment le vague laissé sur le contenu des cours et surtout « l’éthique universitaire douteuse » de l’homme qui porte cette école, Hechmi Toumi. Le doyen du collégium de sciences et techniques de l’université d’Orléans est en effet la seule personne apparaissant derrière cette prépa privée orléano-croate.

« Ce projet a été monté à la demande de l’université de Zagreb » explique ce dernier. L’université de médecine croate propose en effet un cursus « international » de six ans, à 7.000 euros l’année, et cherche à recruter. « Nous n’avons pas pour objectif de contourner le système français, se défend Hechmi Toumi, mais de proposer une formation médicale en anglais pour préparer un diplôme européen ». Sur la structure de l’école et ses financeurs, il reste vague : « C’est une association privée qui compte une vingtaine de membres » qu’il refuse de nommer. Seul celui de Frédéric Ros, directeur du Technopole, a été mentionné par différentes sources, pour avoir signé une convention avec l’université de Zagreb. Ce dernier n’a pas accepté de nous répondre.

« Les membres de l’association se sont mis à la disposition du rectorat dans l’objectif d’ouvrir cette école dans un cadre légal », tempère la rectrice d’académie Marie Reynier. Elle ajoute : Cette affaire a le mérite de reposer la question de la formation à la médecine française dans le cadre européen, un sujet qu’il faut clarifier. »

Marie Reynier, rectrice d’académie. « L’Europe existe, et avec elle le principe que les étudiants peuvent circuler d’un pays à l’autre, acte Patrice Diot. La conférence des doyens des facultés de médecine travaille à un examen qui autorise l’entrée dans un 3e cycle de médecine en France ». Actuellement, l’examen national donnant accès à l’internat (équivalent à la 7e année de médecine), classe les candidats sans critère éliminatoire. Une faille du très sélectif système de formation médical français, qui ouvre la voie aux filières européennes permettant de le contourner. Et au développement de passerelles très lucratives…

 

13 juillet 2016. L’ouverture controversée de la prépa MOZ reportée (au moins) à 2017., Journal international de médecine, par Aurélie Haroche.

Dès l’annonce, qui a fait grand bruit la semaine dernière, du projet d’ouverture d’un cours préparatoire aux études de médecine en vue d’une intégration à la faculté de Zagreb, Marie Reynier, rectrice de l’Académie Orléans-Tours avait prévenu que la réalisation de ce projet était compromise. La prépa MOZ (pour Médecine-Orléans-Zagreb) vise à sélectionner une cinquantaine de jeunes bacheliers ou étudiants en premier cycle dans une filière scientifique souhaitant devenir médecin, moyennant un droit d’inscription de 5 000 euros. A l’issue d’une année de préparation et d’un concours se déroulant en langue anglaise à Orléans, les 15 premiers pourraient être intégrés à la faculté de médecine de Zagreb en Croatie.

Sage décision. Les contours flous de ce cursus ont été accueillis par une immédiate levée de boucliers. Le coût de ce cours préparatoire et la volonté apparente de contourner le concours de PACES ont cristallisé l’hostilité contre ce dispositif. La réaction du rectorat a été rapide : des vérifications ont été réalisées pour déterminer si les promoteurs de cette formation s’étaient bien conformés aux obligations induites par la loi Fioraso. Il a été confirmé rapidement que différentes démarches n’avaient pas été réalisées de manière conforme aux prescriptions législatives. L’ouverture sera donc repoussée d’un an. « Les membres de l’association se sont mis à la disposition du rectorat dans l’objectif d’ouvrir cette école dans un cadre légal » indique Marie Reynier dans les colonnes du quotidien local La Nouvelle République, tandis que le président de l’association qui est derrière la prépa MOZ, le professeur Hechmi Toumi, vice président au sein du Centre hospitalier d’Orléans de l’Institut de Prévention, de diagnostic et de traitement de l’ostéoporose confirme : « Reporter d’une année paraît une sage décision ».

Diplôme européen ? Cette année supplémentaire permettra en effet d’affiner les contours d’une organisation dont le manque de clarté n’a pu que renforcer le climat de défiance. Bien que très attractif et présenté en français et en anglais, le site internet de la prépa MOZ comportait de nombreuses lacunes, ne serait-ce que l’adresse du site où auront lieu les cours (rue de la Folie, à Orléans, siège de l’association ?). Aucune trace non plus de l’équipe pédagogique qui assurera la qualité des enseignements dispensés : Hechmi Toumi se contente de préciser qu’elle est composée de vingt membres sans vouloir préciser leurs noms. Ces mois de réflexion supplémentaires permettront également d’affiner le discours autour de ce projet. Hechmi Toumi se défend en effet de vouloir créer un système permettant de contourner le difficile concours de PACES. Il s’agirait de rendre plus visible une formation médicale internationale récemment créée à la faculté de Zagreb. « Ce projet a été monté à la demande de l’université de Zagreb (…) Nous n’avons pas pour objectif de contourner le système français  mais de proposer une formation médicale en anglais pour préparer un diplôme européen », précise dans les colonnes de la Nouvelle République Hechmi Toumi.

A quand une véritable réflexion sur les études de médecine ? Si les semaines qui viennent devraient donc offrir plus de lumière sur ce dossier, elles n’atténueront cependant certainement pas les critiques qui pèsent sur le coût de cette formation. Cependant, à l’instar de la formation également controversée (et retoquée) proposée par l’université portugaise Fernando Pessoa, cette affaire pourrait inviter à repenser une nouvelle fois l’organisation de la formation médicale en France à l’aune des collaborations européennes.

 

13 juillet 2016. Santé : la prépa privée Médecine Orléans Zagreb recalée pour 2016, Par Virginie Bertereau, EducPros.

La prépa privée MOZ (Médecine Orléans Zagreb) repousse son ouverture, prévue initialement pour la rentrée 2016. Pour accueillir ses premiers étudiants, cette formation doit se mettre en conformité avec la loi Fioraso. Un dossier qui n’est pas sans rappeler l’affaire Clesi-Pessoa.

La promesse de la prépa MOZ (Médecine Orléans Zagreb) – « devenir médecin international » – faite aux étudiants français ne sera finalement pas tenue à la rentrée 2016. Marie Reynier, la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, a annoncé que l’organisme de formation n’avait pas fourni tous les documents nécessaires à son ouverture conformément à loi Fioraso.

Celle-ci indique notamment que toute demande d’agrément de formation médicale doit être faite au plus tard six mois avant l’ouverture. La prépa privée a confirmé l’information sur son site Internet : « Avec accord du rectorat, la rentrée de la première promotion prépa MOZ est reportée. » « La date n’est pas encore fixée« , précise le répondeur de la structure.

Faire médecine à l’étranger : une tendance. Un quart des médecins qui s’inscrivent chaque année au Conseil de l’ordre sont étrangers. En juin 2016, 413 étudiants européens ont passé les ECNi (épreuves classantes nationales informatisées), permettant d’accéder à l’internat. Soit plus du double qu’en 2013. Surfant sur cette « tendance », la prépa MOZ entend offrir une alternative à la Paces (première année commune aux études de santé) et aux études de médecine « classiques » en France.

La cinquantaine d’étudiants recrutés sur dossier devaient passer un an à Orléans avant – potentiellement – de poursuivre leurs études à la faculté de médecine de Zagreb. En effet, seuls les 15 premiers élèves (30 % des effectifs) auraient décroché leur passeport pour la Croatie, le nouvel eldorado des études médicales. Le concours, en anglais, devait porter sur trois unités d’enseignement : la biologie, la physique et la chimie. Comme le concours d’entrée aux IFMK (instituts de formation en masso-kinésithérapie), condamné à disparaître en 2017. Coût de l’année : 5.000 €.

Des zones d’ombre dans la formation MOZ. Il existe de nombreuses prépas privées, coûteuses, qui préparent à la Paces en toute légalité en France. Quelles différences avec la prépa MOZ ? À Orléans, les élèves sont censés être formés à la médecine à Zagreb uniquement. En outre, on en sait peu sur l’équipe pédagogique et la formation, notamment clinique, en l’absence d’un partenariat avec une université et un CHU (centre hospitalo-universitaire) français. Autre sujet de questionnement : le site Internet de la prépa indique qu’une « inscription universitaire est requise ». L’organisme, injoignable, n’a pu nous éclairer.

Les doyens contre-attaquent. Si les universités françaises ne peuvent plus lutter contre un contournement de la Paces via les études en Europe, elles ont décidé de « contre-attaquer » en proposant que le CCC (certificat de compétence clinique), qui sanctionne aujourd’hui la fin du second cycle, devienne un préalable au passage de l’ECN de sixième année. L’idée est de s’assurer que la formation clinique des futurs médecins soit in fine de qualité.

En attendant, la prépa MOZ doit se mettre en conformité avec la loi. Histoire de ne pas connaître les déboires juridiques de l’Esem (ex-Clesi, ex-antenne Fernando-Pessoa), précurseur sur ce marché de la prépa aux études de santé à l’étranger.

 

12 juillet 2016. L’homme à l’origine d’une formation très polémique à la médecine défend son projet, France Bleu Orléans, par Stéphane Barbereau et Christophe Dupuy,

France Bleu Orléans révélait l’information le 7 juillet : un établissement privé propose une prépa médecine d’un an à Orléans avant de poursuivre ses études à l’université de Zagreb, en Croatie. Face à la polémique, l’homme à l’origine de cette formation s’explique.

Orléans a beau être capitale régionale, la ville ne forme toujours pas de médecin. Le Centre Hospitalier Universitaire est à Tours et entend bien conserver son pré-carré. Une situation qui explique, en partie, le manque de médecins dans le Loiret. Face à cette situation, un universitaire orléanais propose une prépa médecine. Enfin, c’est ce qui était expliqué, dans un premier temps, dans le communiqué de presse envoyé aux médias.

Marche arrière toute pour la prépa MOZ. Une association, baptisée Prépa Moz, propose ainsi une première année de formation à la médecine à Orléans avant de poursuivre ses études à l’université de Zagreb, en Croatie. L’élève doit débourser 5 000€ pour bénéficier de cette formation. Aujourd’hui, l’homme à l’origine de cette initiative affirme qu’il n’a jamais été question de créer une prépa médecine concurrente de la seule et unique formation reconnue en France, celle de la faculté de médecine (installée à Tours, pour notre région). Cet homme, c’est le professeur Hechmi Toumi, directeur du collégium sciences et techniques sur le campus d’Orléans : dans les prépas médecine, on fait des cours d’anatomie, des cours spécifiques pour la médecine. Nous, c’est une préparation linguistique, donc ce n’est pas une préparation pour la médecine.

Écoutez les arguments de l’initiateur de la Prépa Moz. Hechmi Toumi affirme que la formation qu’il proposera sera constituée de 300 heures de cours en anglais, à Orléans, dispensée par des enseignants chercheurs recrutés en Europe, aux Etats-Unis, en Australie. Le flou qui a accompagné ce projet dans un premier temps a vivement inquiété les médecins de la région.

Le 7 juillet, sur France Bleu Orléans, le doyen de la faculté de médecine de Tours, Patrice Diot, s’étonnait que personne à l’Université d’Orléans ou à la mairie ne réagisse à l’annonce de cette « prépa médecine »« J’ai peine à croire qu’on puisse ignorer ce projet qui a fait l’objet d’une campagne d’envoi de mails auprès des étudiants d’Orléans. C’est notre responsabilité à tous de protéger les personnes qui pourraient se laisser abuser ».

Les mises en garde du doyen de la fac de médecine de Tours.  L’enseignant orléanais qui souhaite ouvrir cette nouvelle formation affirme qu’il agit seul et qu’il va respecter le cadre légal : « ce projet n’a aucun lien avec l’université ou l’Hôpital ».

Une demande d’agrément doit ainsi être déposée auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur, 6 mois avant l’ouverture de cette formation. Une demande qui n’est toujours pas parvenue à la rectrice de l’académie Orléans-Tours, Marie Reynier, qui a de sérieux doutes sur cette formation : « L’ensemble des informations semblerait démontrée qu’elle n’est pas acceptable dans les règles actuelles des formations liées à la médecine. Si cette formation n’était qu’une formation d’anglais, ça voudrait dire qu’il n’y aurait besoin que de professeurs de langues, ce n’est pas le cas ».

L’ordre national des médecins enquête sur un éventuel exercice illégal de la médecine de la part du professeur Hechmi Toumi concernant ses activités au sein de l’Hôpital d’Orléans.

 

8 juillet 2016. Étudiant en médecine : après la Roumanie, la Croatie, Journal international de médecine, par FH.

La prépa MOZ (Médecine Orléans Zagreb), propose pour 5 000 euros de préparer à partir de la prochaine rentrée des étudiants français à la première année de médecine puis d’intégrer 30 % d’entre eux à la faculté de Zagreb en Croatie pour le reste de leur cursus, afin de contourner le numerus clausus : « ces 50 étudiants maximums recrutés auront la chance de suivre une formation de haut niveau en adéquation avec la médecine internationale », explique cette « école ». À l’issue de l’année, seuls les quinze meilleurs élèves obtiendront la possibilité d’étudier à l’université croate.

Le Pr Jean-Luc Dubois-Randé, président de la conférence des doyens a exprimé sa désapprobation dans les colonnes du Quotidien du médecin : « la conférence est totalement opposée à ce genre de pratiques. C’est une escroquerie comportant des risques pour l’avenir de l’étudiant, un abus de confiance des jeunes et de leur famille ».

Marie Reynier, rectrice de l’Académie Orléans-Tours a quant à elle saisi le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon :  « Le site ne pourra pas ouvrir ses portes à la rentrée car l’association ne rentre pas dans les clous de la loi Fioraso », souligne-t-elle.

Ces disposions prévoient une déclaration préalable, notamment au recteur académique. De plus, dans le cadre d’une formation médicale, un dépôt de dossier de demande d’agrément doit être fait au plus tard six mois avant la date d’ouverture de la structure, ce qui n’a pas été le cas ici de la prépa MOZ.

Plus généralement, concernant les difficultés grandissantes pour les étudiants français qui le souhaitent, d’effectuer des études de médecine dans leur pays et dans de bonnes conditions, laissons la parole à la CSMF (Confédération des Syndicats Médicaux Français), qui a conclu dans un communiqué sur cette « affaire » : « quelle faillite du système universitaire français ! Quelle faillite de l’ascenseur social ! »

Commentaire de Martine Bertou : Titre racoleur inapproprié. « Après la Roumanie, la Croatie avant l’escroquerie » : franchement le titre de votre article est honteux.

Le système croate que vous décrivez effectivement ressemble réellement à une escroquerie. Mais pourquoi le comparer aux études en Roumanie ? Cela n’a rien à voir. Pour faire ses études en Roumanie (ou en Belgique ou au Portugal ou en Espagne ou Allemagne) on présente un dossier scolaire et éventuellement universitaire qui après étude de la fac concernée est accepté OU refusé. Oui vous lisez bien, tous les postulants ne sont pas intégrés. Ensuite il y a un cursus universitaire comparable aux programmes français. Notre pays manque de médecins et de chirurgiens dentistes car les études étant gratuites les gouvernements successifs depuis plus de 20 ans ont divisé par 2 les places universitaires pour faire des économies…On pourrait discuter longtemps… Mais arrêtez de tirer à boulets rouges sur des étudiants français qui ont le courage de partir faire les études pour lesquelles ils ont une vocation…On ne peut pas en dire autant de tous les praticiens issus de la filière française.

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