Habiter le temps de Lee Ufan

Lee Ufan. Habiter le temps. Exposition au Centre Pompidou Metz, jusqu’au 30 septembre 2019. Trois albums et 66 photos

  • Présentation. « Ce qu’il y a à voir est ce que vous ne voyez pas » (Lee Ufan). Les œuvres de cet artiste à la fois peintre, sculpteur, poète, philosophe, créateur d’environnements, agissent comme autant de révélateurs. Elles attirent l’attention sur le vide, la tension créée par les zones vierges de la toile, ou bien sur la distance entre deux éléments d’une sculpture, sur la position du spectateur, sur les reflets et les ombres : tout ce que nous n’avions pas vu au premier regard, et qui pourtant est là, participe de l’œuvre d’art.
  • Album 1, 15 photos. Le Centre Pompidou, l’affiche de l’expo, les œuvres en coton, pierre et acier.

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16 mars 2019, 10 heures, peu ou pas de monde dans les 19 salles du niveau 1 du Centre Pompidou. J’ai l’espace pour habiter le temps de Lee Ufan. Au final, une émotion profonde née d’une œuvre modeste et en même temps puissante.

Une expérience inusitée pour moi. Grâce aux multiples angles d’éclairage des œuvres, la possibilité d’y glisser subrepticement mon ombre. Rejoindre temporairement le temps de Lee Ufan dans le peint de sa toile ou dans sa partie vierge de peinture, dans son non-peint, dans son vide.

Album 2, 14 photos. Mon ombre se projette dans les œuvres

Confrontations de temps entre les matériaux utilisés. Le temps immémorial des roches brutes, puis arrondies au fil de leur voyage dans le temps. Le temps récent, industriel des supports d’acier ou de verre. Verre et acier recyclés dans un futur pas si lointain

Confrontation entre le point, la ligne qui accumule des points de temps et la surface. Couches superposées de peinture, appliquées par une large brosse, en un mouvement continu, puis le temps d’un recommencement à l’identique : application d’une deuxième couche. A gauche de la toile, un large et épais bourrelet de peinture ; à droite, une peinture qui disparaît progressivement, qui se noie dans le vide. Vide du temps, vide de l’espace. L’ombre de ma tête qui rejoint l’espace peint, qui succède quant à lui au temps du peindre.

Confrontation entre le mou et le dur, entre la blancheur tendre du coton et la noirceur froide de l’acier.

Confrontation entre la peinture murale et la peinture ensevelie, celle-ci donnant lieu à l’usage d’autres matériaux, le sable et le gravier. C’est le temps des fouilles, la poursuite du temps enseveli.

Confrontation entre la perception et la réalité, entre la mesure figée, normalisée par le temps de la science, et la mesure démesurée : le mètre de caoutchouc étiré par le poids de la pierre.

Pour aller plus loin

Le site de l’artiste : Studio Lee Ufan. Biographie

Lee Ufan, Atelier A, vidéo de 8 minutes, 2017. Ne pas respirer en peignant, laisser l’œuvre vivre dans l’espace et le temps, et ne pas « coloniser » toute la surface, voilà les ingrédients principaux de l’artiste Lee Ufan. Un moment de retenue poétique et sensible qui synthétise la pratique de cet artiste, pour qui le rétinien n’est qu’une des clefs de l’expérience artistique.

Lee Ufan habite le temps, Télématin, mars 2019, vidéo de 5 minutes.

Lee Ufan au Centre Pompidou-Metz : l’artiste sud-coréen fait dialoguer les matières, France Info, 26 février 2019. L’artiste sud-coréen propose des dialogues silencieux entre roches, verres, aciers : un art dépouillé qui se passe de mots et de concepts pour mieux faire sentir l’espace et le temps.

Le Monde, 1 mars 2019. Lee Ufan dans ses éléments. Le Centre Pompidou offre une rétrospective à l’artiste coréen, né en 1936, aux œuvres minimales, faussement simples.

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